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 il faut un parti de la classe ouvrière

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Xuan
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   Posté le 14-07-2009 à 14:49:57   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

En 1976, le PCMLF réactualisait dans "les carnets du militant" un texte extrait des cours du PCF sur la cellule d'entreprise , datant de 1928.

Ce document ne résout pas le problème ni de la création ni de la ligne politique du nouveau parti de la classe ouvrière, mais aborde essentiellement les questions pratiques et organisationnelles, à travers lesquelles le parti se lie aux masses, en partant des besoins des masses.

Ces conseils apparemment anodins et de bons sens reflètent pratiquement l'application de la ligne de masse et de classe dans l'organisation du parti communiste.

Outre son intérêt historique, il montre la nécessité d'édifier un parti enraciné dans la classe ouvrière, dont les organisations de base partagent la vie et les combats du prolétariat.







“Les Carnets du Militant” sont une brochure périodique éditée par la Parti Communiste Marxiste Léniniste de France.
Sa raison d’être est d’aider les militants ouvriers dans la solution de leurs problèmes d’organisation de la lutte. Les quelques numéros parus ont ainsi abordé différentes questions comme : “Quelle attitude à avoir face à la répression et à la justice bourgeoise” (cet article sera réédité prochainement) ou “Comment développer l‘agitation et la propagande par ses propres forces”, etc.
Le N°1 des Carnets du Militant, épuisé depuis longtemps, était le fac-similé d’un texte de 1928 édité par le Parti communiste français, un cours sur la cellule.
Nous avons saisi l’occasion du rassemblement national ouvrier pour le rééditer. Ce texte est en effet fondamental, car, aux grandes directives de notre époque : lutter classe contre classe, arracher la classe ouvrière au révisionnisme moderne, une seule solution : la révolution prolétarienne, s’accole encore et toujours la question du comment?
A cette question, la classe ouvrière a répondu depuis longtemps : s’organiser. Depuis la trahison de la clique dirigeante du P”C”F, s’organiser signifie, pour la classe ouvrière, reconstruire son Parti de classe, édifier le Parti communiste . Sans Parti communiste, pas de révolution possible.
L’élément de base, l’épine dorsale d’un tel Parti, c’est la cellule, la cellule d’entreprise. Qu’est-ce qu’une cellule d’entreprise ? Comment se constitue-t-elle? Comment vit-elle? Comment développe-t-elle ses liens avec la classe ouvrière? Comment dirige-t-elle les luttes de sa classe? Voilà les questions auxquelles ce texte de 1928 répond en détail.
°°°°°°°°°°°
N.B. Quelques remaniements ont été nécessaires pour une bonne compréhension de ce texte. Par exemple, des formes d’organisation usitées à l‘époque comme “le rayon” et le “sous- rayon”, n’ont plus cours aujourd’hui. Nous avons alors inclus dans le texte, le nouveau vocabulaire, mais à aucun endroit nous n’avons changé le sens ou le fond du texte.
Les Carnets du Militant
Le 14 février 1976



LA CELLULE DU PARTI


SOMMAIRE
I- LA CELLULE D’ENTREPRISE
1 - Composition
2 - Organisation
3 - Travail de la cellule
4 - Moyens de réalisation
5 - Méthodes de travail
6 - Formation politique des adhérents
7 - Liaison avec le comité de Parti

II- II- LA CELLULE LOCALE


I - LA CELLULE D’ENTREPRISE


Composition de la cellule

La cellule d’entreprise doit être composée des communistes travaillant dans l’entreprise donnée. Une cellule peut être constituée avec trois camarades.
Dans son effort de recrutement, la cellule doit s’attacher à recruter plus particulièrement parmi les ouvriers les plus exploités : manœuvres, manœuvres spécialisés et femmes. Cette orientation spéciale du recrutement résulte de deux facteurs : 1° politique de rationalisation de la bourgeoisie; 2° composition sociale de notre parti.
La rationalisation amène l’élimination progressive du travail qualifié et son remplacement par une main d’œuvre qui n’a subi aucun apprentissage (manœuvres, femmes). Cette main d’œuvre représente la figure centrale de l’industrie rationalisée, elle est aussi la plus exploitée. Nos cellules d’entreprises doivent être composées en grande partie des éléments appartenant à cette masse essentielle du prolétariat industriel, car c’est la condition d’une liaison étroite de la cellule avec la majorité des ouvriers de l’entreprise. C’est ainsi que la cellule pourra connaître exactement l’état d’esprit et les besoins de la masse ouvrière de son entreprise et par conséquent la diriger effectivement .

Cette nécessité d’améliorer la composition sociale de nos cellules d’entreprise apparaît encore plus clairement quand on tient compte du deuxième facteur : leur composition actuelle. Ce sont en majorité des ouvriers qualifiés professionnels, parmi lesquels se forme justement l’aristocratie ouvrière qui est la base de l’opportunisme dans le mouvement ouvrier. Cela ne veut dire aucunement que ces ouvriers sont de mauvais communistes. Seulement une telle composition sociale constitue une base propice aux déviations opportunistes. D’autre part, quand on tient compte des traditions encore fortement enracinées dans l’industrie, des cloisons étanches qui séparent les ouvriers professionnels qui se considèrent comme une couche supérieure, de la grande majorité des ouvriers non qualifiés, il est clair que nos cellules sont faiblement liées à la masse essentielle de l’entreprise, ne connaissent pas son état d’esprit et ses besoins, ne savent pas par conséquent la diriger dans la lutte contre le régime capitaliste.

Un deuxième problème important ayant trait a la composition de la cellule d’entreprise est celui des rattachés. En règle générale nous devons être contre la présence des rattachés à la cellule d’entreprise. Mais les difficultés de vie politique et du travail pratique de la cellule d’entreprise nécessitent l’affectation des rattachés (discussion, diffusion du journal d’entreprise).

Le nombre de rattachés doit âtre réduit au strict minimum. Les autres doivent être affectés dans les cellules de leur lieu d’habitation.


Organisation de la cellule


Pour le bon fonctionnement de la cellule, la constitution d’un bureau composé de 2 à 3 camarades est indispensable. Le bureau doit :

a) Préparer l’ordre du jour de la réunion de la cellule en solutionnant lui-même les questions secondaires et en organisant la discussion de façon à utiliser au maximum la courte durée de la réunion de la cellule d’entreprise;

b) Contrôler l’exécution des tâches confiées aux différents camarades (assurer pendant les heures de repas une liaison permanente avec les éléments de la cellule; par là même, contrôler l’exécution des tâches confiées aux différents camarades, etc.);

c) Assurer une liaison étroite avec le comité de parti;

d) Se réunir et prendre des décisions en cas d’ urgence, dans l’intervalle des réunions de la cellule.

Sans un bureau, la cellule ne peut pas remplir convenablement son râle, elle risque de compromettre gravement l’ action du Parti dans des moments importants (Ex.: une manifestation convoquée en 48 heures, déclenchement brusque d’un mouvement dans l’entreprise, etc.).
Le bureau de la cellule doit désigner en son sein, un secrétaire politique et au moins pour chaque tâche importante un responsable, c’est à dire

— un secrétaire pour le travail syndical (ou de masse pour les cellules de quartier), dont la tâche consistera plus particulièrement à suivre le travail de la section syndicale de l’usine;

— un secrétaire pour l’agitation et la propagande, qui s’occupera spécialement de l’organisation des réunions d’ usine et de sympathisants; qui réunira les articles pour le journal d’entreprise ; qui organisera la diffusion du matériel d’agitation et de la littérature du parti; qui conseillera les membres de la cellule pour leurs lectures; qui, s’il y a lieu, organisera une école, etc.;

— un secrétaire à l’organisation dont le rôle consistera à veiller à la régularité des réunions; à lutter contre les absences injustifiées; à fournir aux organismes dirigeants des petits rapports sur la marche de la cellule — c’est lui qui, par exemple, quand il est décidé d’organiser une réunion de sympathisants, a pour tâche de trouver le local, de repérer dans l’usine (avec l’aide de tous les membres de la cellule) les sympathisants qu’il faut inviter, etc., et surtout, c’est lui qui a à organiser le recrutement individuel et collectif.

Dans la pratique, ces tâches sont difficilement séparables. C’est pourquoi la direction de la cellule doit être collective; toutes les tâches doivent être discutées par le bureau de la cellule et l’exécution doit en être assurée par toute la cellule sous la direction de tel ou tel responsable selon la tâche à accomplir. Pour faciliter l’éducation de tous les camarades de la cellule on doit faire passer successivement le maximum de camarades dans le bureau.

Tous les trois ou six mois, la cellule doit faire le bilan de son activité et renouveler partiellement son bureau et les responsables aux différentes tâches, en veillant à assurer la continuité du travail, c’est à dire en conservant dans le bureau les camarades qui se sont révélés les plus capables et les plus dévoués.

Travail de la cellule

La cellule doit être pour les ouvriers de l’entreprise ce qu’est le Parti pour l’ensemble des travailleurs : leur chef politique, leur état—major, leur détachement organisé. Le travail de la cellule doit donc être dirigé vers la conquête de la masse de l’usine.

A) Etude de l’entreprise . — La cellule doit dresser un plan économique de l’entreprise, connaître ses procédés de production, ses bénéfices, dans la mesure du possible, sa direction et ses liaisons industrielles et financières. Elle doit, d’autre part, rassembler tous les renseignements concernant le personnel (composition, salaires, durée du travail, les traditions de lutte, les forces politiques en présence, etc.). Cette étude doit être systématiquement complétée, particulièrement en ce qui concerne les conditions de travail et les revendications du personnel.

B) Lutte pour les revendications immédiates -La cellule doit minutieusement examiner les revendications immédiates dans l’entreprise et organiser systématiquement la lutte pour
aboutissement. (Nous verrons plus loin de quelle façon elle doit le faire afin de na pas se substituer à la section syndicale d’entreprise, dont la tâche essentielle est la défense des revendications immédiates des ouvriers).

Mais la cellule doit toujours lier les revendications immédiates aux mots d’ordre généraux du Parti communiste, en montrant aux ouvriers la liaison indissoluble des luttes économiques et politiques, en orientant ainsi les ouvriers sur la base de la lutte pour les revendications immédiates, vers la lutte politique contre le régime capitaliste. La cellule doit toujours agir dans la ligne de la tâche essentielle du P.C., la préparation du prolétariat à la conquête révolutionnaire du pouvoir.

C) Campagnes du Parti .— La cellule doit mener toutes les campagnes du Parti à l’intérieur de son entreprise autour des mots d’ordre du Parti. Les fautes dans l’activité du Parti, qui ont nécessité la politique de rectification, résultaient dans une large mesure de ce que les campagnes du Parti n’avaient pas pour centre de gravité les entreprises. La cellule doit adapter chaque campagne du Parti aux conditions particulières de son entreprise et trouver les meilleurs moyens pour la faire aboutir sur son terrain d’action.

D) Mouvements ouvriers . — Les communistes doivent âtre à la tête des mouvements ouvriers. La cellule doit préparer, organiser et diriger les mouvements dans son entreprise par l’intermédiaire du comité d’usine, de la section syndicale, etc., et à l’aide de ses propres moyens d’action (journal d’ usine, appels du Parti, etc.).

E) Organisations ouvrières . - La cellule doit diriger politiquement toutes les organisations ouvrières se trouvant sur le terrain de son entreprise : section syndicale, secours rouge prolétarien, comité de grève...

F) Formation politique des adhérents . - C’est une partie intégrante du travail de la cellule. Nous en parlerons à part.

Moyens de réalisation

Nous allons voir les moyens principaux qui se trouvent à la disposition de la cellule pour réaliser ses tâches.

Le matériel courant dont la cellule doit se servir constamment, ce sont les tracts, les affiches, et surtout les papillons et les bombages. Ce matériel doit diffuser nos mots d’ordre et préparer les réunions d’entreprise qu’on peut classer en deux catégories

Réunion d’agitation à l’entrée ou à la sortie. —Ces réunions sont faites par un agitateur qui n’est pas de la cellule, et qui vient à la porte parler aux ouvriers de l’usine. Ces réunions ont un grand intérêt pour couronner le travail intérieur fait par la cellule dans l’usine ou pour annoncer une assemblée générale de l’usine ou une manifestation.

Réunion de sympathisants . — Elle n’est pas annoncée à toute l’entreprise, on convoque individuellement les ouvriers qui sont le plus près de nous. C’est un bon moyen de propagande et de recrutement pour le Parti. Quand cela s’impose, pour éviter la répression, les camarades de la cellule ne se mettront pas au bureau de la réunion, ni ne prendront la parole. Le bureau sera formé avec l’aide des camarades mis à la disposition de la cellule par le comité de parti; l’orateur sera désigné par ce dernier.

Le journal d’entreprise est le meilleur moyen de réaliser le travail de la cellule. Il est d’une importance capitale pour extérioriser le travail de la cellule malgré la répression patronale.

Le journal doit être le journal de toute l’entreprise et avoir la collaboration des sans—parti. Naturellement, il ne doit rien contenir qui soit contre la ligne du Parti, ni sa figure communiste ne doit en rien être atténuée sous prétexte de gagner les masses arriérées. L’utilisation de la correspondance ouvrière qui se développe actuellement autour du journal national est une excellente façon de faire du journal d’entreprise, le journal de l’ensemble des ouvriers de l’entreprise qui est l’écho de leur misère et qui défend leurs revendications.

Présentation : le journal doit être facilement lisible. Le titre ne doit pas être général (Aube rouge, Drapeau rouge, L’Etincelle ou la reprise du titre national) mais adapté à l’usine avec une bonne caricature (Ex. : La Flamme rouge pour une usine à gaz; L’Agitateur, journal d’une usine chimique).

Contenu
: surtout, pas de grands articles politiques découpés dans l’Humanité nouvelle ou le journal national et tenant presque toute la place. Le journal de l’entreprise ne doit pas être une copie maladroite de l’organe central.

L’article politique, obligatoire, doit être court, écrit simplement et faisant comprendre, autant que possible à partir de la situation de l’usine, un des mots d’ordre du parti et il doit aboutir à une conclusion pratique, relative à l’entreprise. Le gros du journal doit être composé par les faits de l’entreprise, mais traités de façon à en tirer une conclusion communiste . Les deux grands défauts à éviter, c’est de faire un journal uniquement politique ou un journal relatant uniquement des faits de l’entreprise. Les dessins sont excellents pour animer le journal.

Confection : le journal doit être absolument écrit par les membres de la cellule. Il faut que la cellule le tire elle— même. C’est surtout important dans les conditions de l’illégalité, pour le développement de l’autonomie technique des cellules et la protection des points de tirage plus importants.

Cellule et section syndicale

Nous examinerons le travail de la cellule à travers l’organisation ouvrière la plus importante. Comme tous les membres du Parti doivent être obligatoirement syndiqués, la cellule constitue le noyau de la section syndicale d’entreprise . La cellule doit par conséquent examiner le travail syndical à faire, prendre des décisions et les faire politiquement adopter et réaliser par la section syndicale.

C’est en apportant les meilleures solutions et en étant les meilleurs militants sur le terrain syndical que les communistes exerceront le rôle dirigeant du Parti dans la section syndicale. La cellule, tout en dirigeant la lutte pour les revendications immédiates à travers la section syndicale, doit prendre position en tant que Parti sur toutes les questions intéressant les ouvriers, y compris les questions économiques, dans son journal, dans des tracts, papillons, etc. Elle exercera aussi publiquement la critique du travail syndical et des mouvements dans l’entreprise au nom du Parti. Les deux grands défauts à éviter, c’est de substituer la cellule à la section syndicale ou d’effacer le rôle du Parti et son expression en tant que tel, dans les luttes économiques du prolétariat intimement liées à ces luttes politiques.

Méthodes de travail de la cellule

A) Une bonne organisation . — Nous soulignons encore une fois l’importance d’une bonne organisation pour l’accomplissement des tâches de la cellule. Résumons ses principes : a) bureau de cellule; b) responsables aux différentes taches; c) liaison étroite avec le comité de parti; d) contrôle systématique de l’accomplissement du travail décidé.

B) Travail d’organisation . — Dans ce domaine, deux problèmes doivent être pratiquement résolus

a) un plan de travail établi pour une période de quelques mois est une base excellente pour un travail systématique et efficace;

b) division du travail il faut entraîner dans le travail tous les membres de la cellule sans exception - en pratiquant une répartition judicieuse des tâches; ne pas surcharger un camarade de tâches, surtout un nouvel adhérent qui doit s’éduquer progressivement au travail;

c) résultats d’organisation après chaque campagne: le Parti souffre de la disproportion entre son influence toujours grandissante et son organisation en état de stagnation; la raison essentielle en réside dans le travail trop restreint à l’agitation et la propagande, et qui n’aboutit pas à des résultats d’organisation; la cellule doit donc toujours envisager la façon dont elle va profiter du point de vue d’organisation du travail qu’elle accomplit, par le recrutement et l’organisation des ouvriers avancés.

d) Travail clandestin. — La répression patronale démolit trop souvent nos cellules d’entreprise à cause du manque total des mesures de précautions élémentaires. Nous en citons quelques unes :
a) se réunir dans un lieu non repéré, le changer dès le premier soupçon; (ne pas venir directement de l’usine à la réunion);
b) seul le secrétaire doit connaître les noms et les adresses des adhérents, dans la cellule ils doivent tous porter un pseudonyme ressemblant à des noms réels ;
c) ne pas afficher sa qualité de membre du Parti dans l’entreprise sans analyse des conditions;
d) être prudent dans les conversations dans les lieux publics et accomplir son travail à l’intérieur de l’entreprise en prenant toutes précautions utiles.Deux défauts sont à éviter : 1° de ne pas prendre au sérieux les mesures élémentaires du travail clandestin ;le Parti en souffre, étant obligé de reconstruire pendant de longs mois une cellule démolie; 2° de se replier sur soi—même et de ne pas extérioriser le travail de la cellule. La lutte contre le mouchardage et la répression est une tâche importante de la cellule.

D) Initiative . — Le développement de l’initiative des membres de la cellule est une chose excellente pour le travail de la cellule. Il ne faut pas prendre les directives des organismes du Parti à la lettre, mais dans la pratique trouver les meilleurs moyens de les appliquer aux conditions de l’entreprise. Il ne faut pas non plus attendre toutes les directives pour entreprendre quelque chose, mais agir par sa propre initiative à tous les événements (Ex. :répression, grèves, solidarité...).

Formation idéologique et politique

C’est un travail important de la cellule, car la faiblesse idéologique des membres du Parti se répercute dans les faiblesses d’accomplissement de ses tâches. Les adhérents doivent être formés par :
a) l’examen de l’actualité politique générale et intérieure au Parti;
b) l’éducation marxiste—léniniste et la pensée maotsétoung;
c) la répartition des responsabilités.

Les moyens suivants se trouvent à la disposition de la cellule :
a) discussion autocritique du travail accompli, du point de vue politique et pratique;
b) examen des faits politiques de la semaine;
c) discussion des ordres du jour du Parti;
d) auto-éducation et étude collective.

Le matériel Courant à utiliser est : les circulaires, le Bulletin Intérieur, les Carnets du Militant et le journal central.

Liaison avec le comité de parti

Cette liaison doit s’établir réciproquement. De la part de la cellule : en envoyant les secrétaires aux sections ou départements de travail organisation et agit’prop, presse, syndicaux, etc.); en envoyant des délégués aux réunions des cadres, d’information, aux conférences, etc. De la part du comité de Parti : en visitant régulièrement les cellules, en faisant faire des comptes rendus de son travail par les membres de la cellule.

II LA CELLULE LOCALE


Composition : La cellule locale est composée des communistes habitant le territoire d’action de la cellule (localité, quartier, rue, maison). Les communistes sont affectés à leur cellule d’habitation seulement quand il n’y a pas de cellule dans l’entreprise où ils travaillent. Ils sont transférés dans cellule de leur entreprise dès que celle—ci est formée.
La question importante, c’est le contrôle régulier de la composition des cellules locales, afin de retrouver les camarades qui doivent militer dans leurs entreprises et de les envoyer à la cellule correspondante.

Organisation : Mêmes principes que pour la cellule d’ entreprise. Mais certaines activités (logement, associations d’amitié, contrôle de la distribution de la presse... ) prennent une plus grande importance.

Travail de la cellule

Nous ne faisons qu’énumérer les tâches de la cellule locale
a) Aider à la création des nouvelles cellules d’entreprises.
b) Agitation et propagande locales, diffusion de la presse centrale.
c) Travail syndical.
d) Organisations proches du Parti.
Les moyens de réalisation, la méthode de travail, la formation politique des adhérents et la liaison avec le comité de parti doivent être appropriés aux tâches de la cellule locale.

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Xuan
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   Posté le 02-08-2016 à 23:43:21   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le réseau "faire vivre" met en ligne un important article de M. Thorez "formons nos cellules", publié dans l'Enchaîné en 1924.

A noter la publication des "thèses sur la bolchévisation" au Comité élargi de l'IC du 25 mars au 16 avril 1925.

Le résultat ne tarde pas à se faire sentir puisque l'action centrée sur les grèves économiques et politiques dans les entreprises apparaît cinq ans plus tard dans "la grève politique de masse"


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« Formons nos cellules » par Maurice Thorez en 1924



Le tout jeune parti communiste français, issu de la social-démocratie en 1920, cherche à s’organiser en un parti révolutionnaire. De l’organisation en sections jugées inefficaces, la Section française de l’Internationale communiste (c’est ainsi que le PCF s’appelait), par la plume de Maurice Thorez, originaire du Pas-de-Calais, s’exprime sur la nécessité de s’organiser en cellules, beaucoup plus en prise avec les luttes et le terrain des entreprises. Les deux textes ci-dessous sont tirés de "L’Enchaîné" et daté des 21 et 28 juin 1924. L’histoire est une source d’informations indispensables aux communistes...

Lepcf.fr


Formons nos cellules !...


Mais alors, que deviennent nos sections ? se demandent anxieusement nos camarades. Est-ce que notre cellule, ajoutent-ils, ne sera pas un organe inutile, entravant notre action en la morcelant ? Ne risque-t-elle pas de nuire au travail réel, positif, accompli présentement par la section ?

Voyons si la section suffit tellement à notre action, qu’il soit superflu et même dangereux de vouloir la remplacer par un organisme plus jeune et plus approprié aux luttes futures du Parti communiste.

Ce n’est pas la première fois que nous sommes amenés à faire la critique du groupe local tel que nous l’avons hérité du Parti unifié.

Il n’est aucun communiste sérieux qui n’ait constaté le manque de vie de la plupart des sections. Il n’existe pas une liaison vraiment efficace entre le Centre fédéral et les adhérents par le canal de la section. Le plus souvent, la moitié des membres, pour diverses raisons, n’assistent pas aux réunions, – mensuelles en général. La discussion des mots d’ordre du parti n’est pas poussée à fond. On paie la cotisation, on lit le procès-verbal de la réunion précédente, parfois la circulaire du secrétariat permet une rapide diversion.

On se chamaille aussi sur un potin local, on se referme dans une étroite conception du mouvement, ne visant qu’aux intérêts immédiatement perceptibles, et c’est tout. En voila pour un mois. Nos camarades se contentent de recevoir des idées du Parti par notre presse, notoirement insuffisante, – quoique sa situation exceptionnelle la classe au premier rang des organes prolétariens.

La moitié des adhérents du Parti a assisté à la réunion du groupe, mais combien accomplissent ensuite leur tâche communiste. On passe dans les sections et on entend l’éternelle plainte : « ce sont toujours les mêmes qui travaillent ». Peut-on imputer seulement à la mauvaise volonté de nos camarades, cette anomalie choquante de quelques communistes obligés de remplir toutes les charges de l’organisation ?

Évidemment non ; il y a une raison autrement plus profonde qui explique ce regrettable état de choses, et c’est la mauvaise organisation actuelle du Parti, organisation non conforme aux buts que nous prétendons atteindre.

A la section, il suffit d’un secrétaire actif, débrouillard, qui lit les papiers et dirige la discussion ; d’un trésorier collant soigneusement les timbres et gardant religieusement le "trésor" (quelques francs, hélas !) ; et aussi de quelques bons causeurs qui raisonnent à tout propos et hors de propos.

Les autres camarades n’ont aucune tâche définie à remplir ; ils ne sentent pas peser sur eux la responsabilité qu’entraîne l’accomplissement d’une fonction au sein de l’organisation révolutionnaire du prolétariat.

Ainsi s’établit le laisser-aller, le "j’men-foutisme" dans le groupe local. On laisse à quelques-uns le soin de parer à l’inertie de tous les autres.

Or, dans notre Parti communiste, il ne s’agit pas de posséder une carte et de laisser une dizaine, une centaine, voire un millier de militants se consumer dans une besogne écrasante et lourde de conséquences, mais de se mettre soi-même à l’œuvre. Autant de membres du Parti, autant de militants, autant d’agitateurs qui s’emploient selon leurs aptitudes, selon leurs possibilités.

La section actuelle n’offre pas le moyen de parvenir à un tel résultat. Seule la cellule d’entreprise, de mine, d’usine, permettra au Parti de confier enfin à chacun de ses adhérents, une part dans l’effort commun, condition préalable de la commune satisfaction : le communisme.

Maurice Thorez
L’Enchaîné , le 21 juin 1924


N.-B. – Nous invitons, d’une façon pressante, tous nos camarades à adresser leurs objections, suggestions et toutes critiques ou avis concernant les "cellules", à la Rédaction qui tiendra compte, dans la plus large mesure, de cette collaboration souhaitée et insèrera volontiers les (?) intéressantes.





Formons nos cellules

(suite)

Dimanche matin, pour la deuxième fois cette année, nos camarades sont convoqués en assemblée fédérale, avec, à l’ordre du jour, l’importante question des cellules.

Il n’est sans doute pas inutile de rappeler la parfaite réussite de l’assemblée de Lens, en février. Plus de deux cents communistes du rang, suivirent avec attention l’exposé purement théorique de Jerram et ratifièrent ensuite les mesures d’organisation pratique suggérées par le Bureau fédéral.

Et cependant les résultats sont loin, dans leur ensemble, d’être satisfaisants. Il y a plusieurs raisons qui expliquent les lenteurs apportées au travail de réorganisation de notre Parti, et aussi la non activité de plusieurs cellules déjà constituées.

D’abord la période électorale, qui a absorbé pendant plusieurs semaines tous nos militants. Puis les grands problèmes politiques qui se sont posés devant le Parti et l’Internationale durant ces derniers mois. Mais il y a surtout l’ignorance du rôle de la cellule, ignorance qui se couvre parfois sous des mots et des phrases, et qui est partagée aussi bien par des "militants" que par des stagiaires.

C’est cette ignorance passagère que doit détruire l’assemblée fédérale de dimanche. Démontrer pratiquement ce que peut être, dès maintenant, la cellule communiste d’usine, ce qu’elle sera au fur et à mesure du développement de la bataille sociale, ce qu’elle deviendra dans l’époque de transition, pendant la période de dictature du prolétariat, telle est la tâche de notre conférence.

A cette réunion, il faudra surtout que les objections soient formulées, que les critiques soient précisées ; il faudra aussi que les résultats déjà obtenus soient communiqués, de façon que l’expérience acquise par quelques-uns puisse servir à tous les autres.

Pour accomplir une tâche, il faut la bien comprendre. Pour créer et faire fonctionner nos cellules, il faut avoir bien compris leur nécessité et leur importance décisive pour le succès de nos luttes futures.

C’est à ce premier travail de défrichement et de mise au point que sera consacrée notre assemblée fédérale. Puisse-t-elle permettre aux ouvriers communistes du Pas-de-Calais de prouver autrement que par des paroles, leur attachement à l’Internationale et leur volonté de combattre selon ses mots d’ordre, dont le plus essentiel reste toujours : « Formez vos cellules ! ».

Maurice Thorez
L’Enchaîné, le 28 juin 1924

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