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 Il faut briser l'anticommunisme

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Jameul
pas de justice pas de paix
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   Posté le 08-07-2006 à 12:03:51   Voir le profil de Jameul (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Jameul   

voilà pour lancer le débat et pour pouvoir le définir véritablement

je vous présente le sujet touver sur lescommunistes.org

http://www.lescommunistes.org/rubrique.php3?id_rubrique=86


Edité le 11-09-2014 à 12:44:17 par Xuan


Xuan
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   Posté le 11-09-2014 à 12:56:44   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Je relance ce sujet initié par Jameul il y a plusieurs années.
A la faveur de la restauration du capitalisme en URSS une campagne anticommuniste sans précédent a été lancée, tout particulièrement à l'initiative des socialos.
Des "révolutionnaires" ou des gauchistes repentis se sont déchaînés et affiché leur haine viscérale de la classe ouvrière et de la dictature du prolétariat.
L'arrivée au pouvoir de Mitterrand a ouvert les vannes de cette propagande réactionnaire.
Mais peu après la révolte de mai 68 elle avait déjà recommencé à se manifester.

Il est nécessaire de combattre et de briser cette propagande, frein idéologique à la révolution sur lequel s'arc-boute la classe capitaliste avec la dernière énergie.
Nous devons réhabiliter l'idéal communiste face à l'exploitation, à la misère, aux crises, et aux guerres.

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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Finimore
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Finimore
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   Posté le 11-09-2014 à 16:17:24   Voir le profil de Finimore (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Finimore   

Ce sujet de l'anticommunisme est en effet important. Pour bien comprendre ses origines, je me suis plongé dans ma propre expérience, car dans les années 77 j'ai été tenté par ce courant pendant quelques mois. Il faut dire que j'avais été très influencé par les journaux gauchistes du style Charlie Hebdo (pas celui de Val !!!) et par La Gueule Ouverte.

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Actuel, « nouvelle philosophie », maoïsme et antitotalitarisme

En septembre 1974 j’achète au bureau de tabac le magazine Actuel n°46 « spécial parano et plein de SF… ». Actuel est dans la filiation du mouvement hippie, des communautés, du gauchisme et fait souvent référence à Jean-Paul Sartre et au maoïsme ainsi qu’à la défense des drogues douces et à la réalisation de parodies d’autres journaux…ainsi que la publication des BD de Robert Crumb et des Fabuleux Freak Brothers crée par Gilbert Shelton en 1968. (voir le livre Actuel par Actuel : chronique d’un journal et de ses lecteurs 1970 – 1975 –Dire/Stock 2- 1977-). Au n°54 de mai 1975, Actuel sort un « numéro violent » dans celui-ci à la page 14, un entretien avec André Gluksmann intitulé « De la violence » au sujet de la sortie de son livre « La Cuisinière et le mangeur d’hommes Essai sur l’État, le marxisme, les camps de concentration » , où il établit un parallèle entre le nazisme et le communisme.

J’avais aussi un intérêt pour l’anarchisme et au nom de la lutte contre « le goulag » et l’Etat, j’avais lu en 1976 L'Archipel du Goulag d' Alexandre Soljenitsyne et je m’étais intéressé en 1977 à la « nouvelle philosophie » dont Bernard Henri Lévy et André Glucksmann étaient les représentants, depuis le lancement médiatique tapageur dont ils avaient bénéficiés, notamment pour leurs livres parus en 1977 ( Les maîtres penseurs –A.G- et La barbarie à visage humain –BHL-). Je m’étais également abonné (fin 77) à un mensuel Belge édité par Anthony de Meeus : les Cahiers du Samizdat . Le n°48 –novembre-décembre 1977. Le contenu de ce mensuel, est tout à fait caractéristique de l’idéologie « anti-totalitaire » de l’époque et précurseur de tout un courant politique anticommuniste (drapé dans l’anti-stalinisme).

Aux pages 20-21 des Cahiers du Samizdat n°48, un article de I. Dyatkine : « Statistiques » revient sur le chiffrages des « victimes » du pouvoir soviétique depuis 1917. Il est intéressant de voir que le chiffre de 60 millions de « victimes » (chiffre avancé par Kourganov puis Soljénitsyne) est obtenu en additionnant les victimes de l’intervention impérialiste contre l’URSS, la collectivisation, les épurations, la seconde guerre mondiale. Ce type d’amalgames totalement crapuleux sera bien entendu repris par Stéphane Courtois en 1997. Cet aussi le cas pour l’article de la page 21 à 24 « Nous ne pardonnons pas », d’un certain Mikhaïl Makarenko (juif d’origine roumaine, rien à voir avec Anton Séménovitch Makarenko l’excellent auteur des Poëmes pédagogiques). Dans son article il parle de la commémoration en 1977 d’une « journée de Deuil national à la mémoire des millions de compatriotes tués ou tourmentés à mort par la faim, le froid, les maladies et le travail inhumain dans les camps de concentration et les prisons depuis le début du pouvoir soviétique. » Après avoir dénoncé le « décret honteux » de la RSFR du 5 septembre 1918 légalisant « la terreur rouge » instituant « les premiers camps de concentration de l’histoire » l’auteur pousuit en page 22 par « C’est ainsi que pour la première fois apparut aussi dans notre pays l’effroyable prototype des futurs camps de la mort d’Hitler. Ainsi le PCUS a devancé les fascistes allemands de près de deux décennies, en donnant par son décret du 5 septembre 1918 une impulsion juridique au plus grand carnage de l’histoire, qui a progressivement englouti plus de 60 millions de nos compatriotes. Même Hitler, qui s’est inspiré plus tard de l’expérience soviétique, s’est limité à la mise à mort de 200 000 allemands dans les camps de concentration d’Allemagne » plus loin l’auteur rappel le tribunal de Nuremberg contre le nazisme et regrette que « le système répressif soviétique » (…) « continue à écraser des millions de gens ». Nous avons là le type même de ce que la propagande anticommuniste peut produire et qui sera repris par tous les fascistes.

Le contexte de 1977, le fait est que malgré la lecture plus ou moins épisodique d’une partie de la presse marxiste-léniniste, j’ai pendant quelques mois été « séduit » par cette campagne des « nouveaux philosophes » contre le « totalitarisme ». Le livre de Michael Christofferson publié en 2009 « » ) retrace bien la chronologie, le contexte, l’apparition, la justification et la banalisation de ce courant politique.

Il ne faut pas s’étonner si en 2010 après la publication de « La propagande dans la BD : Un siècle de manipulation en images » par Fredrik Strömberg -Eyrolles- nous trouvons la critique suivante sur internet : « Propagande auto-contenue et erreurs : L'auteur emploie parfois des termes assez particuliers qui en disent long sur ses propres opinions. Il va ainsi évoquer notamment un "anti-communisme primaire". L'expression mérite que l'on s'y attarde. Aurait-on l'idée de parler d'anti-nazisme primaire ? Certainement pas tant il est admis, avec raison, qu'une condamnation, même virulente, des exactions liées au national-socialisme est tout à fait fondée. Or, universitaires et historiens s'accordent à dire que le nombre des victimes des régimes communistes s'élève maintenant à près de 100 millions (65 millions dans les estimations les plus optimistes), ce qui en fait l'idéologie politique la plus criminogène de l'histoire de l'humanité. La condamner, même avec maladresse, ne peut donc rien avoir de primaire, sauf à penser que les meurtres de masse peuvent se justifier lorsqu'ils sont de gauche. »

http://comicsmarvel.blogspot.fr/2010/10/la-propagande-dans-la-bd.html


Les principaux « représentants » de cette « nouvelle philosophie » (Glucksmann, Maurice Clavel, BHL, Christian Jambet et Guy Lardreau) avaient été plus ou moins proches du maoïsme et s’opposaient d’une façon très fermes et virulentes au PCF, au goulag, à Brejnev, au totalitarisme….

Je me suis apperçu qu’en fait « la nouvelle philosophie » n’était qu’un prétexte pour recycler les thèses de Soljénitsyne , de Claude Lefort auteur du livre « Un homme en trop » réflexions sur ‘L’Archipel du Goulag’ –1976-, l’anticommunisme, l’antisoviétisme, la lutte contre le marxisme, le rejet de la révolution, la mise en équivalence du stalinisme et du nazisme pour en arriver de fait à une banalisation du nazisme…

Ces thèses furent développés par la suite et plus tard par François Furet , Ernst Nolte et … Stéphane Courtois (ancien maoïste du groupe VLR) notamment dans « Le livre noir du communisme » en 1997.

Le magazine « L’Express » joua un rôle non-négligeable dans la diffusion des thèses anticommunistes des « nouveaux philosophes ». Dans les années 70 L’Express est dirigé par Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud . Le comité éditorial est notamment composé de Jean-François Revel, Raymond Aron, Olivier Todd et Max Gallo.

Sur le site http ://www.lexpress.fr/actualite/media-people/vaccines-contre-le-stalinisme_729998.html

Max Gallo
revient en 2009 sur cette période dans un article intitulé : « Vaccinés contre le stalinisme ». Il précise qu’à L’Express : « Ce qui unissait les journalistes, à ce moment-là, était l’antistalinisme. » (…)

« il y avait une totale unanimité. L’Express était uni dans son antistalinisme. Il n’y a donc jamais eu, au sein du comité éditorial ou de la direction du journal, la moindre tentation stalinienne. » (…)

« L’Express était antistalinien, donc anticommuniste. Il avait mené une campagne très dure contre le PC et Georges Marchais, notamment par l’intermédiaire de Jean-François Revel. » (…)

« La fréquentation d’Aron et de Revel avait contribué à me vacciner contre les illusions de la gauche, notamment sur l’Union soviétique. ».

Jean-François Revel avait sorti en 1970 « Ni Marx ni Jésus » en 1976 « La tentation totalitaire ».

Le 3 décembre 1997 sur FR3, nous retrouvons Jean-François Revel pour l’émission « la Marche du siècle » présentée par Jean-Marie Cavada et consacrée au «Livre noir du communisme». L’émission était dédiée à l’historien François Furet qui est mort avant d’avoir pu préfacer ce livre.

C’est finalement Stéphane Courtois qui avait réalisé la préface de cet ouvrage collectif, dont il avait la direction. A la sortie du « Livre noir du communisme » la moitié des auteurs avaient protesté publiquement contre le chapitre introductif de Stéphane Courtois, ils y refusaient son rapprochement du génocide nazi et de la répression stalinienne, ainsi que le calcul du nombre de victimes, dont ils contestaient à la fois l’opportunité et les chiffres utilisés, qui pour certains étaient augmentés sans justification par Courtois. Dans son introduction au Livre noir, Stéphane Courtois établissait une comparaison entre nazisme et communisme, une partie des crimes du communisme était selon lui assimilables à un « génocide de classe » équivalent au « génocide de race ».

Le 29/11/96 et le 8/12/96, j’avais dèjà dans plusieurs articles, dénoncé l’amalgame nazisme-communisme, critiqué les positions de Stéphane Courtois le 15/11/97 dans un article publié dans le BIP et Solidaire (hebdo du PTB).

Dés le passage de cette émission de FR3, je fais un texte le 4/12/97 contre le « livre noir » et les attaques de Courtois envers Ludo Martens (auteur du livre « Un autre regard sur Staline ». Cet article est publié le 17/12/97 dans le n°50 de Solidaire.

Le 26 décembre 1997, je fais une analyse critique de cet ouvrage. Le texte sera publié dans EP-Infos n°3 et Solidaire.
http://editions-proletariennes.fr/page19.htm


Je montre notamment que l’amalgame nazisme-communisme est non seulement faux mais qu’en dernière analyse il aboutit à la banalisation du nazisme. Que l’antistalinisme est à la fois un moyen et un prétexte à l’anticommunisme. Qu’il y a un lien tout à fait cohérent entre les « nouveaux philosophes » de 1977 et la campagne anticommuniste de 1997. Depuis 97 de nombreux éléments ont montrés la justesse et la pertinence de mon analyse. L’évolution vers la social-démocratie d’un Robert Hue (qui était aussi un des invités de l’émission « La marche du siècle » ne fait que confirmer mes propos.

Benoît Rayski en 2001 publie « L'Enfant juif et l'enfant ukrainien : Réflexions sur un blasphème » aux Éditions de l'Aube. Quelque soi l’évolution de son auteur (qui se déclare très antistalinien), il n’en reste pas moins vrai que ce qu’il écrit en 2001 au dos de son livre et tout à fait juste : « le parallèle Goulag/Auschwitz constitue une abjection et un blasphème. ».

Une présentation du livre, précise : " Communisme-nazisme... Le débat français se nourrit de comparaisons entre "les deux abominations du XXème siècle". Mais derrière les intentions affichées de rétablir la vérité historique, que se cache-t-il réellement ? Dans un pamphlet aux accents indignés, B. Rayski instruit le procès des procureurs de l'anti-communisme : Stéphane Courtois, Jean-François Revel, Alain Besançon et l'Allemand Ernst Nolte. Il démontre que le choix des exemples, des notes de bas de page, des parenthèses n'est jamais innocent. Que pour mieux noircir le communisme, on en vient à banaliser le nazisme. Que non, la mort d'un enfant ukrainien ne "vaut" pas la mort d'un enfant juif, et qu'il s'agit là d'une pure imposture historique. Et "que d'être historien ou penseur n'autorise pas à passer en contrebande une marchandise avariée habillée d'érudition ".

Le creuset idéologique des « nouveaux philosophes » a débouché sur une conversion à l’atlantisme des néoconservateurs (Reagan et Tatcher) s’appuyant sur l’antitotalitarisme puis par la création en 2001 du

« Cercle de l’Oratoire » et la revue « Le Meilleur des Mondes » en 2006. Les fiches wikipédia donnent le ton et les noms concernant cette revue : http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Meilleur_des_mondes_(revue)

et ce Cercle : http://fr.wikipedia.org/wiki/Cercle_de_l%27Oratoire


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Ni révisionnisme, Ni gauchisme UNE SEULE VOIE:celle du MARXISME-LENINISME (François MARTY) Pratiquer le marxisme, non le révisionnisme; travailler à l'unité, non à la scission; faire preuve de franchise de droiture ne tramer ni intrigues ni complots (MAO)
Xuan
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   Posté le 13-09-2014 à 23:24:26   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Je publie ce sujet communiqué par un camarade des EP :

Trust et l'anticommunisme


L’anticommunisme, est aussi véhiculé par des chanteurs, chanteuses et groupe musicaux.
De ce point de vue là, je me suis intéressé à un groupe célèbre de Hard-Rock : Trust dont la chanson « antisocial » est très connu. En 1980, L'HUMANITÉ ROUGE
BIMENSUEL organe central du Parti Communiste Marxiste-Léniniste n°69 - 1196 - Nouvelle série. du 23 janvier au 6 février 1980, publie un article très intéressant sur ce groupe.

http://editions-proletariennes.fr/Dochml/presse/sommaires/humarouge/bimensuel/1980/hrb069.htm

HR Magazine - Vu, lu, entendu
Musique : Groupe Trust : Des ambiguïtés à éclaircir
-pages 28-29-


Un groupe de Hard-rock, rien à dire musicalement. Le hard, c'est le hard. Musique dure, énergique, elle remplit une fonction sociale précise : expression " primaire " directe, crue, d'une violence accumulée dedans, elle en est en même temps, la thérapeutique. Soupape de sécurité, défoulement de fin de semaine pour se venger de la haine accumulée, colère rentrée.
Qu'on aime ou pas, force est de constater que le hard-rock reste la forme la plus populaire (par son public).

Groupe Trust : Des ambiguïtés à éclaircir (Michel David)


Mais Trust, c'est un groupe français , avec des chansons très politiques qui parlent, avec les mots de tous les jours, du boulot, des syndicats, du goulag et des flics. Ça pète comme un slogan sur un mur.
Le groupe Trust mérite toute notre attention. Car Trust s'impose. Découvert en septembre 1978, lors d'une tournée de AC/DC (septembre 1978, la date est d'importance), ils ont vendu 50 000 disques de leur premiers album et, alors qu'ils ne passent pas à la radio, depuis deux mois de tournée ils emplissent les salles chaque soir. Public de jeunes lycéens, jeunes prolétaires. Moyenne d'âge : 17 ans. Voilà déjà qui est un phénomène sociologique.
Car si Trust rencontre un tel succès, c'est parce qu'il correspond à une réelle forme de révolte chez les jeunes, parce qu'il répond à une demande, demande d'une telle musique, d'un tel langage. Trust dit très fort des idées qui couvent. Groupe-reflet, il nous renseigne sur la réalité.

Voyons ça de plus près. Et d'abord, attention à certaine sirènes qui nous annonce avec Trust le groupe révolutionnaire, prolo, d'extrême-gauche.
Prolos, ils le sont sans tricher " Je suis d'une classe sociale où l'on a souvent mal " .
De droite, ils ne le sont pas, ça c'est sûr aussi. Ils n'auraient pas terminé leur tournée.
Par contre, quand ils chantent " Police-Milice " , où ils se moquent d'un jeune qui entre dans la police à 20 ans, la salle gueule avec eux, et, à ce moment, il ne fait pas bon porter un képi.
Alors l'expression d'un courant " ni droite ni gauche " ? Ça se précise. Pour Trust, la gauche, ça sent mauvais. Ils ne sont pas d'après mars 1978 pour rien : " La gauche qui virevolte la droite qui s'enrhume. J'écoute et dans mes poches j'ai toujours pas une tune " . Et surtout deux chansons (" L'élite " et " H&D " ) consacrées à la dénonciation de l'URSS, voilà qui est rare et sacrément positif. On peut déjà prendre les paris : seront-ils invités à la fête de l'Humanité ?
C'est là dans l'analyse qu'il ne faut pas s'arrêter. Le courant " ni droite ni gauche " est loin d'être uni. Et on y trouve aussi des aspects négatifs : rejet de toute politique, du syndicat etc..
C'est là qu'est tout le problème : tout est à deux facettes dans leur discours. Ils expriment comme un tourbillon la confusion d'esprit d'une couche de la classe ouvrière, dont la situation économique et politique tranche avec la classe ouvrière " classique ", traditionnellement représentée par le Parti communiste français : jeunes marginalisés, travailleurs temporaires, intérimaires, chômeurs. Un potentiel énorme de révolte qui peut déboucher sur le meilleur mais aussi, il faut le dire sur le pire.
Qu'on en juge : Goulags, la chanson consacrée à l'URSS, mérite d'être citée en entier. Mais, en même temps, transparaît, à travers les textes, la vieille trouvaille des " nouveaux philosophes " comme quoi tous les socialismes conduisent au goulag.

Ce titre est extrait de l'album " L'élite " du groupe Trust :
Année de sortie : 1979
L'élite


Tes procès on le sait ne sont pas fondés
Dans tes camps on le sait on supprime sans gants
Elle se dit l'élite des peuples civilisés
Elle pourrait arborer sans aucune gêne la croix gammée
Elle a pour principe de protéger les gens
De leur littérature de leurs pensées de leurs chansons
Elle dit que c'est fondé sur l'esprit de liberté
Elle ne fait que parjurer les traités déjà signés

[Refrain] :
L'élite est entrée sans prévenir
Devant ses chars d'assaut vous n'aviez que des idées
Renforçons l'amitié proclament vos slogans
Amitié enfermant des gens nommés dissidents

Elle fut scandalisée en voyant ce génocide
Elle a combattu et vaincu quel homicide
La seule leçon qu'elle ait su en tirer
C'est de financer des états policiers
[Refrain]


Extraits de " Bosser huit heures " album L'élite -1979-

Le syndicat se moque de toi
Regarde Séguy rempli de vinasse
Il ne t'arrive pas à la godasse
(…)
Quant aux manifs t'as bien raison
Là ils te font passer pour un con
T'ouvres ta grande gueule de prolétaire
Prends donc la peine de regarder derrière
Ce syndicat qui défend ton fric
Tu verras tout n'est que politique


Rejet de la politique politicarde, antisyndicalisme viscéral. Positif-négatif. Violence. Là encore quelle violence ? Il y a celle de la zone :

" Le fils du dessus en pardessus
S'en va trimer comme un damné "

" Depuis tout petit il est prolo "

" Au bout de dix heures en atelier
Il rentre chez lui il est flippé "


Des paroles qui tapent au cœur. Quel avenir pour ce damné ?

" Pour lui l'avenir dur à définir
Entre l'usine et la combine
L'augmentation ou l'agression "


Alors reste le samedi soir :

" Le week-end venu bonjour la frime
Elle frappe juste sa barre à mine "


Violence-désespoir. Violence individuelle, violence-destruction :

" Je ne peux que prêcher la déraison la destruction
Quelle sensation la destruction
Tas de viande avariée vous allez payer "


Encore et toujours l'ambiguïté : il, son compris que la légalité ça ne changera rien, mais la seule violence qu'ils imaginent c'est le terrorisme :

" Je me suis remémoré un certain mois de mai
Où les gens ici bas ne pensaient que par le pavé "
(…)
"Alors il faut que l'on bouge on s'appelle Brigades Rouges"
(…)
"Dans ce putain de pays on n'a toujours rien compris"

(extraits de Dialogue De Sourds)

Curieuse macédoine. Révolte : " Je crache à la gueule de tout ce système " , individualisme anar : " Je vais où je veux je pense comme je veux " et une sacrée exigence " Pensez avec votre tête il en est encore temps ". " reviendra le jour pur, Où des maîtres-penseurs on fera de l'ordure " . N'est-il pas étonnant de trouver là ce mot de " maîtres-penseurs " qui est le titre d'un célèbre écrit de notre éminent nouveau philosophe Glucksmann ? Influences latentes.
Le courant " ni droite ni gauche " est actuellement l'enjeu d'une offensive de la bourgeoisie qui essaie de transformer la déception devant la gauche et les syndicats en rejet du socialisme et de l'organisation. Un combat à mener.
Le groupe inspirateur de Trust s'appelle AC/DC. Ça veut dire courant positif/courant négatif. Très bien choisi ce titre ! Attendons le prochain disque pour voir le courant principal.
Michel DAVID.

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Finalement, le groupe Trust va continuer jusqu’au bout (2008) d’entretenir non seulement des ambiguïtés, mais surtout de surfer sur l’anticommunisme ce sera le cas avec l’album Marche Ou Crève en 1981 avec notamment le titre : Les brutes
(extraits) :


« Autour de moi les gosses tombent sous la mitraille
Au loin, je vois des drapeaux qui vacillent
J'aperçois les marteaux pas les faucilles »
(…)
« Brutes bien entraînées, propagande guérilla,
Qui d'un seul geste, d'un seul te mettent au pas
Idéologie construite sur vos cadavres
Ecoutez-les chanter le fusil pointé
Ecoutez-les vanter leur système politique
Où tu marche dans le rang par la trique et les flics
Devinez-les courtois si tu bouges je t'abats
Devinez-les féroces quand au napalm ils brûlent vos gosses »
(…)
« Crachez-leur au visage dans l'ultime dans le sauvage
Prenez-les dans vos mires, visez la tête sans fléchir
Au loin, faites que je ne voit jamais de drapeaux
Que les gosses continuent à rire à être beaux
Autour faites que s'épanouissent les familles
Sans le poids d'un marteau ni l'ombre d'une faucille »


En 1983, Trust sort un album étiqueté Idéal ou Trust IV, si la face B du disque est basé sur le thème de la damnation de Faust, la face A contient notamment la chanson Varsovie dont voici le texte :

« La Pologne est à l'Est une gangrène
La Pologne est à l'Ouest un embarras
Dans le silence
Une survie dans la violence.
Aussi loin que l'on puisse remonter
La Pologne a toujours été asservie sans espoir
Despotes éclairés, camarades politiques conseillés
Les situations se répètent, suivent le cours de l'histoire
Varsovie son ghetto, souviens-toi Varsovie
Le drapeau du tyran de couleur a changé
[Refrain] :
L'Homme de marbre s'est défendu
L'Homme de marbre n'est pas vaincu
Ce soir un rideau noir est tombé, à voilé vos désirs toutes vos idées
Vont-ils le faire, vont-ils oser, vont-ils entrer ?
La répression se fait armée si tu milites, si tu hésites
Le vent souffle sur la plaine et colporte la haine
Ceux qui étaient partisans sont devenus syndicalistes
La milice et les blindés ont sillonné la ville
Ta femme et tes enfants eux dorment tranquilles
[Refrain]
Après Prague, la Hongrie, la Pologne aspirait à la vie
Les semaines sont passées, l'état de siège s'est installé
Les beaux jours venus, c'était une cause perdue
Socialisme et goulag ensemble font bon ménage
Dans les pays de l'Est la peur sert de breuvage
Un mouvement populaire rien ne peut le faire taire
C'est peine perdue si vous les internez
D'autres prendront la relève par solidarité
Solidarité Solidarité Solidarité
[Refrain] »


Cette chanson se situe après le coup d’Etat en Pologne en décembre 1981 et dit clairement : « Varsovie son ghetto, souviens-toi Varsovie
Le drapeau du tyran de couleur a changé
(…)
Socialisme et goulag ensemble font bon ménage »


C’est aussi évidemment le soutien au syndicat « Solidarnosc » : « Solidarité ».
Derrière le soutien au syndicat Solidarnosc, ce qui domine c’est surtout l’anticommunisme. Les orgas ML ont aussi dans un contexte international précis, au nom d’une critique justifié et d’une analyse basée sur la lutte contre le social-impérialisme russe, contribuer sans le vouloir à une propagande réellement anticommuniste en soutenant Lech Walésa et Solidarnosk.
En juillet 2012, le blog du FN d’Aubervilliers met en ligne la vidéo de Trust « Varsovie » et fait le commentaire suivant :
«Socialisme et Goulag Font Bon Ménage : Bernie Bonvoisin et son groupe de métal (de mon temps, on disait "hardrock" ) auront eu le courage, dans les années 80, d'être quasiment les seuls représentants de la scène rock française de gauche (pléonasme) à dire merde aux Rouges. Qu'ils en soient remerciés. Leur album de 1983, "Idéal" est un bijou, leur meilleure production musicale. »

En janvier 2007 le journal 20 minutes publie cet article : Bernie Bonvoisin trust(e) Bayrou
Le chanteur et réalisateur a confié sur France Inter soutenir le président de l'UDF
Bernie Bonvoisin, le chanteur du groupe de rock mythique des années 80, Trust, a déclaré sur France Inter lundi soutenir François Bayrou. Séduit par le discours du président de l'UDF sur l'archaïsme du clivage gauche-droite, le chanteur d'"Anti-Social" trouve sa "démarche intelligente". "Il y a des choses à prendre dans tous les courants", poursuit l'artiste qui est passé de la musique au cinéma.



Edité le 19-09-2014 à 08:25:45 par Finimore




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   Posté le 14-09-2014 à 08:39:33   Voir le profil de Finimore (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Finimore   

Je dirais que Trust illustre les ambiguïtés d’un discours pseudo-radical, proche des anars qui finalement n’est qu’un prétexte à la confusion pour servir la soupe anti-communiste sous un emballage de gauche au profit de la social-démocratie.

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   Posté le 25-09-2014 à 17:24:31   Voir le profil de Finimore (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Finimore   

Des journaux dit d'extrême gauche ont aussi largement développés l'anticommunisme. C'est par exemple le cas de Politique Hebdo.

Politique Hebdo :
Paul Noirot crée la revue en 1970 après son exclusion du Parti communiste français. De gauche, d'influence "communiste libérale", l'hebdomadaire a été ouvert à de nombreuses sensibilités de gauche : socialistes, communistes, trotskystes, écologistes, maoïstes, catholiques de gauche, auto-gestionnaires.
Ont notamment écrit dans Politique Hebdo: Paul Blanquart, Philippe Roqueplo, Claude-Marie Vadrot, Jérôme Clément, Jean Duflot, Roger Dosse, Madeleine Rebérioux, Hervé Hamon, Patrick Rotman, Claude Angeli; on y trouvait aussi comme dessinateurs, entre autres, Jean-Marie Kerleroux, Gébé, Julem

Politique hebdo, Pour et Le point
L’histoire de Politique Hebdo est lié à celle du mensuel « Le point ». En fait " Le point " est un journal belge d’extrême-gauche crée en 1969 par Jean-Claude Garot qui lance le 13 mars 1973 le journal POUR (1973-1982). " Le Point " avait été interdit par Raymond Marcellin et figure dans les annexes du " Dictionnaire des livres et journaux interdits " de Bernard JOUBERT. « Le point » avait été interdit à deux reprises de mise en vente en France avec l'article 14 de la loi de 1881 sur les publications étrangères.
En juin 1969, tentative d'éditer en France le mensuel d'extrême gauche belge interdit par arr. 24 avril 1969. Politique hebdo relancera le titre en 1972.

« Le point » et… « Le point »
Un autre « Le point » est lancé par le groupe Hachette et Claude Imbert en 1972. Il y a donc de ce fait deux titres identiques mais avec des lignes politiques diamétralement différentes : celui de Paul Noirot (d’extrême-gauche) et celui d’Hachette-Imbert (de droite).
Dans le n°15 Paul Noirot annonce que "Le point" va rejoindre Politique Hebdo et dans le n°16 de février 1973 l'article (édito) "A bientôt camarades ?" donne des infos sur le combat contre le groupe Hachette qui publie un autre "Le point" à partir de septembre 1972.
Dans le n°46 de Politique hebdo du 28 septembre 1972, Paul Noirot en page 3 sous le titre "Pourquoi "le point" ?" revient sur le combat contre le groupe Hachette et les démarches judiciaires pour garder le titre "Le point".
Le sujet revient dans l'édito de Paul Noirot dans Politique Hebdo n°49 d'octobre 72.
Finalement c’est « Le point » du groupe Hachette qui s'impose (avec son fric à la suite d’une bataille juridique) face au " point " (d'extrême-gauche).
Gébé, va publié sa bande dessinée « l’an 01 » à partir de 1970 sous forme de série dans Politique Hebdo , puis dans Charlie Mensuel . Cette BD sera reprise en film par Jacques Doillon en 1973.
http://www.sami.is.free.fr/gebe/

« Politique Hebdo contre le stalinisme »
Politique Hebdo crée par des transfuges antistaliniens du PC suivra une ligne déformant systématiquement l’Histoire de l’URSS et du mouvement communiste international. Il sera aussi un vecteur de la diffusion de certaines idées anticommunistes et de certains amalgames, comme en témoigne l’article page 25 « Le stalinisme ordinaire » d’un certain Pierre Ivanov dans le n°70 (15 mars 1973) et le dossier de 5 pages du n°71 (22/03/1973) intitulé « Nazisme & Stalinisme » réalisé par Louis-Jean Calvet. Dans ce dossier, Pierre vidal-Naquet et Jean-Pierre Faye développent des analyses qui pourraient aujourd’hui paraîtrent sobres sur le sujet, mais qui provoquèrent des réactions très vives de la part de certains lecteurs de PH. Dans le n°76 (jeudi 26 avril 1973), Politique Hebdo publie un « droit de réponse » avec le titre « Où l’on reparle du stalinisme ». En publiant ce « droit de réponse » PH essaye de se justifier et de se donner le beau rôle : « Cela dit, comme nous ne sommes pas des staliniens et que nous préférons discuter avec nos adversaires politiques que les exterminer, nous leur donnons la parole. ».
Les lettres de cinq lecteurs sont publiées en pages 24 et 25. Mais ces lettres dont certaines développent des points de vue politiques et historiques très justes sur le sujet de l’URSS et de Staline, sont publiées pour discréditer leurs auteurs. C’est maintenant une pratique et une technique médiatique bien connue et rodée pour disqualifier les intervenants critiques dans une assemblée ou un débat télévisé (ridiculiser, dénigrer, caricaturer…). Il n’en reste pas moins que PH à apporter sa pierre à l’édifice de l’anticommunisme évidemment en se camouflant derrière l’antistalinisme d’une certaine extrême-gauche se voulant radicale et qui a finit par sombrer dans le réformisme le plus plat et le soutien au PS.

Divers liens :

Politique Hebdo
http://fr.wikipedia.org/wiki/Politique_hebdo

Caricadoc
http://www.caricadoc.com/article-politique-hebdo-84250249.html

Pour, Le point et J-C Garot
http://fr.wikipedia.org/wiki/POUR_(hebdomadaire)

"Le point" de -Jean-claude Garot
http://fr.wikipedia.org/wiki/POUR_(hebdomadaire)

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Ni révisionnisme, Ni gauchisme UNE SEULE VOIE:celle du MARXISME-LENINISME (François MARTY) Pratiquer le marxisme, non le révisionnisme; travailler à l'unité, non à la scission; faire preuve de franchise de droiture ne tramer ni intrigues ni complots (MAO)
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   Posté le 25-09-2014 à 17:55:17   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

je me rappelle de la revue Maintenant,que je lisais quand j étais ado,et qui était pour les séparatistes tchetchenes et pour les minorités ethniques de Birmanie;ce magazine libertaire existe t il encore?

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   Posté le 26-09-2014 à 05:16:37   Voir le profil de Finimore (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Finimore   

marquetalia a écrit :

je me rappelle de la revue Maintenant,que je lisais quand j étais ado,et qui était pour les séparatistes tchetchenes et pour les minorités ethniques de Birmanie;ce magazine libertaire existe t il encore?


Cette revue n'existe plus, je me rappel leur avoir fait un courrier de protestation...

J'aurai peut-être l'occasion d'y revenir, il faut que je consulte les numéros de ce magazine.

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   Posté le 26-09-2014 à 10:29:03   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

quand on est ado on passe souvent par une période "anar",sur fond de Trust ou de Nirvana.il est certain qu une revue qui accusait Jacques Chirac d antisémitisme et d antimaconnisme n etait pas très crédible....


Edité le 26-09-2014 à 10:40:05 par marquetalia




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   Posté le 01-11-2014 à 06:44:57   Voir le profil de Finimore (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Finimore   

Voici une nouvelle version (augmentée) de l'analyse sur l'anticommunisme, j'y ai introduit de nouveaux éléments :

Actuel, « nouvelle philosophie », maoïsme et antitotalitarisme

En septembre 1974 sort le magazine Actuel n°46 « spécial parano et plein de SF… ». Actuel est dans la filiation du mouvement hippie, des communautés, du gauchisme et fait souvent référence à Jean-Paul Sartre et au maoïsme ainsi qu’à la défense des drogues douces et à la réalisation de parodies d’autres journaux…ainsi que la publication des BD de Robert Crumb et des Fabuleux Freak Brothers crée par Gilbert Shelton en 1968. (voir le livre Actuel par Actuel : chronique d’un journal et de ses lecteurs 1970 – 1975 –Dire/Stock 2- 1977-). Au n°54 de mai 1975, Actuel sort un « numéro violent » dans celui-ci à la page 14, un entretien avec André Glucksmann intitulé « De la violence » au sujet de la sortie de son livre « La Cuisinière et le mangeur d’hommes Essai sur l’État, le marxisme, les camps de concentration » où il établit un parallèle entre le nazisme et le communisme.

J’avais aussi dans cette période un intérêt pour l’anarchisme et au nom de la lutte contre « le goulag » et l’Etat, j’avais lu en 1976 L'Archipel du Goulag d'Alexandre Soljenitsyne et je m’étais intéressé en 1977 à la « nouvelle philosophie » dont Bernard Henri Lévy et André Glucksmann étaient les représentants, depuis le lancement médiatique tapageur dont ils avaient bénéficiés, notamment pour leurs livres parus en 1977 ( Les maîtres penseurs –A.G- et La barbarie à visage humain –BHL-). Je m’étais également abonné (fin 77) à un mensuel Belge édité par Anthony de Meeus : les Cahiers du Samizdat . Le contenu de ce mensuel n°48 –novembre-décembre 1977, est tout à fait caractéristique de l’idéologie « anti-totalitaire » de l’époque et précurseur de tout un courant politique anticommuniste (drapé dans l’anti-stalinisme).

Aux pages 20-21 des Cahiers du Samizdat n°48, un article de I. Dyatkine : « Statistiques » revient sur le chiffrage des « victimes » du pouvoir soviétique depuis 1917. Il est intéressant de voir que le chiffre de 60 millions de « victimes » (chiffre avancé par Kourganov puis Soljenitsyne) est obtenu en additionnant les victimes de l’intervention impérialiste contre l’URSS, la collectivisation, les épurations, la seconde guerre mondiale. Ce type d’amalgames totalement crapuleux sera bien entendu repris par Stéphane Courtois en 1997. Cet aussi le cas pour l’article de la page 21 à 24 « Nous ne pardonnons pas », d’un certain Mikhaïl Makarenko (juif d’origine roumaine, rien à voir avec Anton Séménovitch Makarenko l’excellent auteur des Poèmes pédagogiques). Dans son article il parle de la commémoration en 1977 d’une « journée de Deuil national à la mémoire des millions de compatriotes tués ou tourmentés à mort par la faim, le froid, les maladies et le travail inhumain dans les camps de concentration et les prisons depuis le début du pouvoir soviétique. » Après avoir dénoncé le « décret honteux » de la RSFR du 5 septembre 1918 légalisant « la terreur rouge » instituant « les premiers camps de concentration de l’histoire » l’auteur poursuit en page 22 par « C’est ainsi que pour la première fois apparut aussi dans notre pays l’effroyable prototype des futurs camps de la mort d’Hitler. Ainsi le PCUS a devancé les fascistes allemands de près de deux décennies, en donnant par son décret du 5 septembre 1918 une impulsion juridique au plus grand carnage de l’histoire, qui a progressivement englouti plus de 60 millions de nos compatriotes. Même Hitler, qui s’est inspiré plus tard de l’expérience soviétique, s’est limité à la mise à mort de 200 000 allemands dans les camps de concentration d’Allemagne » plus loin l’auteur rappel le tribunal de Nuremberg contre le nazisme et regrette que « le système répressif soviétique » (…) « continue à écraser des millions de gens ». Nous avons là le type même de ce que la propagande anticommuniste peut produire et qui sera repris par tous les fascistes.

Le contexte de 1977, le fait est que malgré la lecture plus ou moins épisodique d’une partie de la presse marxiste-léniniste, j’ai pendant quelques mois été « séduit » par cette campagne des « nouveaux philosophes » contre le « totalitarisme ». Le livre de Michael Christofferson publié en 2009 « Les Intellectuels contre la gauche. L’idéologie antitotalitaire en France (1968-1981) » ) retrace bien la chronologie, le contexte, l’apparition, la justification et la banalisation de ce courant politique.

Les principaux « représentants » de cette « nouvelle philosophie » (Glucksmann, Maurice Clavel, Bernard Henri Lévy, Christian Jambet et Guy Lardreau) avaient été plus ou moins proches du maoïsme et s’opposaient d’une façon très fermes et virulentes au PCF, au goulag, à Brejnev, au totalitarisme….

Je me suis aperçu qu’en fait « la nouvelle philosophie » n’était qu’un prétexte pour recycler les thèses de Soljenitsyne, de Claude Lefort auteur du livre « Un homme en trop » réflexions sur ‘L’Archipel du Goulag’ –1976-, l’anticommunisme, l’antisoviétisme, la lutte contre le marxisme, le rejet de la révolution, la mise en équivalence du stalinisme et du nazisme pour en arriver de fait à une banalisation du nazisme…

Ces thèses furent développées par la suite et plus tard par François Furet, Ernst Nolte et … Stéphane Courtois (ancien maoïste du groupe VLR) notamment dans « Le livre noir du communisme » en 1997.

Le magazine « L’Express » joua un rôle non-négligeable dans la diffusion des thèses anticommunistes des « nouveaux philosophes ». Dans les années 70 L’Express est dirigé par Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud. Le comité éditorial est notamment composé de Jean-François Revel, Raymond Aron, Olivier Todd et Max Gallo.

Sur le site http ://www.lexpress.fr/actualite/media-people/vaccines-contre-le-stalinisme_729998.html

Max Gallo revient en 2009 sur cette période dans un article intitulé : « Vaccinés contre le stalinisme ». Il précise qu’à L’Express : « Ce qui unissait les journalistes, à ce moment-là, était l’antistalinisme. » (…)

« il y avait une totale unanimité. L’Express était uni dans son antistalinisme. Il n’y a donc jamais eu, au sein du comité éditorial ou de la direction du journal, la moindre tentation stalinienne. » (…)

« L’Express était antistalinien, donc anticommuniste. Il avait mené une campagne très dure contre le PC et Georges Marchais, notamment par l’intermédiaire de Jean-François Revel. » (…)

« La fréquentation d’Aron et de Revel avait contribué à me vacciner contre les illusions de la gauche, notamment sur l’Union soviétique. ».

Jean-François Revel avait sorti en 1970 « Ni Marx ni Jésus » en 1976 « La tentation totalitaire ».

Le 3 décembre 1997 sur FR3, nous retrouvons Jean-François Revel pour l’émission «la Marche du siècle » présentée par Jean-Marie Cavada et consacrée au « Livre noir du communisme ». L’émission était dédiée à l’historien François Furet qui est mort avant d’avoir pu préfacer ce livre.

C’est finalement Stéphane Courtois qui avait réalisé la préface de cet ouvrage collectif, dont il avait la direction. A la sortie du « Livre noir du communisme » la moitié des auteurs avaient protesté publiquement contre le chapitre introductif de Stéphane Courtois, ils y refusaient son rapprochement du génocide nazi et de la répression stalinienne, ainsi que le calcul du nombre de victimes, dont ils contestaient à la fois l’opportunité et les chiffres utilisés, qui pour certains étaient augmentés sans justification par Courtois. Dans son introduction au Livre noir, Stéphane Courtois établissait une comparaison entre nazisme et communisme, une partie des crimes du communisme était selon lui assimilable à un « génocide de classe » équivalent au « génocide de race ».

Le 29/11/96 et le 8/12/96, j’avais déjà dans plusieurs articles, dénoncé l’amalgame nazisme-communisme, critiqué les positions de Stéphane Courtois le 15/11/97 dans un article publié dans le BIP et Solidaire (hebdo du PTB).

Dés le passage de cette émission de FR3, je fais un texte le 4/12/97 contre le « livre noir » et les attaques de Courtois envers Ludo Martens (auteur du livre « Un autre regard sur Staline ». Cet article est publié le 17/12/97 dans le n°50 de Solidaire .

Le 26 décembre 1997, je fais une analyse critique de cet ouvrage. Le texte sera publié dans EP-Infos n°3 et Solidaire .

Je montre notamment que l’amalgame nazisme-communisme est non seulement faux mais qu’en dernière analyse il aboutit à la banalisation du nazisme. Que l’antistalinisme est à la fois un moyen et un prétexte à l’anticommunisme ! Qu’il y a un lien tout à fait cohérent entre les « nouveaux philosophes » de 1977 et la campagne anticommuniste de 1997. Depuis 97 de nombreux éléments ont montré la justesse et la pertinence de mon analyse. L’évolution vers la social-démocratie d’un Robert Hue (qui était aussi un des invités de l’émission « La marche du siècle » ne fait que confirmer mes propos.

Benoît Rayski en 2001 publie « L'Enfant juif et l'enfant ukrainien : Réflexions sur un blasphème » aux Éditions de l'Aube. Quelque soi l’évolution de son auteur (qui se déclare très antistalinien), il n’en reste pas moins vrai que ce qu’il écrit en 2001 au dos de son livre et tout à fait juste : « le parallèle Goulag/Auschwitz constitue une abjection et un blasphème. ».

Une présentation du livre, précise : " Communisme-nazisme... Le débat français se nourrit de comparaisons entre "les deux abominations du XXème siècle". Mais derrière les intentions affichées de rétablir la vérité historique, que se cache-t-il réellement ? Dans un pamphlet aux accents indignés, B. Rayski instruit le procès des procureurs de l'anti-communisme : Stéphane Courtois, Jean-François Revel, Alain Besançon et l'Allemand Ernst Nolte. Il démontre que le choix des exemples, des notes de bas de page, des parenthèses n'est jamais innocent. Que pour mieux noircir le communisme, on en vient à banaliser le nazisme. Que non, la mort d'un enfant ukrainien ne "vaut" pas la mort d'un enfant juif, et qu'il s'agit là d'une pure imposture historique. Et "que d'être historien ou penseur n'autorise pas à passer en contrebande une marchandise avariée habillée d'érudition ".

Le creuset idéologique des « nouveaux philosophes » a débouché sur une conversion à l’atlantisme des néoconservateurs (Reagan et Tatcher) s’appuyant sur l’antitotalitarisme puis par la création en 2001 du « Cercle de l’Oratoire » et la revue « Le Meilleur des Mondes » en 2006. Les fiches wikipédia donnent le ton et les noms concernant cette revue : http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Meilleur_des_mondes_(revue)

et ce Cercle : http://fr.wikipedia.org/wiki/Cercle_de_l%27Oratoire

En septembre 2010 sort le livre « La propagande dans la BD : Un siècle de manipulation en images » par Fredrik Strömberg -Eyrolles-. Dans l’avant-propos Fredrick Strömberg indique (page 11) « Une autre période riche en propagande (dessinée entre autres) est la guerre froide, qui fera l’objet du troisième chapitre, « Meurs, pourriture communiste ! », lequel aurait aisément pu constituer un livre à lui seul tant les exemples de BD propagandiste foisonnent durant cette époque, que ce soit du côté capitaliste ou communiste ». Ce chapitre 3 (pages 62 à 83) est divisé en 11 points :
La guerre froide des comics p. 62
Les rouges aux portes de l'Amérique ! p. 64
Ces mécréants de communistes p. 66
L'Oncle Picsou, chantre de l'impérialisme ? p. 68
Le petit livre (d'images) rouge p. 70
L'équilibre de la terreur p. 72
Les héros de la Révolution : collectionne-les tous ! p. 74
Octobriana p. 76
Grenada p. 78
Au grand jour ? p. 80
Tintin chez les anars p. 82

Ce livre de 176 pages contient 7 chapitres, illustrants sous de nombreux aspects la propagande dans la BD. Ce livre bien documenté, ne peut en aucun cas être soupçonné d’être « pro-communiste ».

L’auteur du blog UMAC –Univers Marvel et autres Comics- consacre une page en date du 9 octobre 2010 à ce livre : « Il est organisé en sept grandes parties thématiques abordant les stéréotypes raciaux, la propagande de guerre, l'anti-communisme, les sujets de société, la religion, le sexe et la politique en général. L'ensemble est évidemment richement illustré et chaque sujet est composé d'un texte venant situer et analyser les oeuvres ainsi que de dessins et planches servant d'exemple. Si l'auteur puise la plus grande partie de ses références dans les comics, la BD européenne et le manga sont également abordés.
Voyons tout cela dans le détail.
» plus loin nous trouvons la critique suivante : « Propagande auto-contenue et erreurs : L'auteur emploie parfois des termes assez particuliers qui en disent long sur ses propres opinions. Il va ainsi évoquer notamment un "anti-communisme primaire". L'expression mérite que l'on s'y attarde. Aurait-on l'idée de parler d'anti-nazisme primaire ? Certainement pas tant il est admis, avec raison, qu'une condamnation, même virulente, des exactions liées au national-socialisme est tout à fait fondée. Or, universitaires et historiens s'accordent à dire que le nombre des victimes des régimes communistes s'élève maintenant à près de 100 millions (65 millions dans les estimations les plus optimistes), ce qui en fait l'idéologie politique la plus criminogène de l'histoire de l'humanité. La condamner, même avec maladresse, ne peut donc rien avoir de primaire, sauf à penser que les meurtres de masse peuvent se justifier lorsqu'ils sont de gauche. »

http://comicsmarvel.blogspot.fr/2010/10/la-propagande-dans-la-bd.html

Ce passage du blog UMAC –Comics & Pop culture- montre parfaitement comment et où mène l’anticommunisme. Il mène à la confusion, à l’amalgame pour terminer par la relativisation, la justification et la banalisation du fascisme et du nazisme. Voir ce sujet (dans l’année 2014 le 28 juillet et à l’annexe 175) en lien avec les thèses négationnistes de Faurisson et les justifications de Garaudy.

Pour bien comprendre l’origine, les thèses et l’évolution des « nouveaux philosophes », il faut aussi étudier dans son contexte le principal courant qui est en la matrice (la deuxième gauche) et ceux qui en sont les propagandistes principaux. Le rôle des « maoïstes » dans cette affaire est déterminant.

Si la mayonnaise idéologique de la « nouvelle philosophie » a eu un tel impact, c’est grâce à la conjonction de plusieurs éléments. C’est l’antisoviétisme qui s’appuyant sur le rejet ou les critiques justifiées de l’URSS (notamment contre l’invasion de la Tchécoslovaquie), les divergences et oppositions résultantes de l’éclatement du mouvement communiste international en 1963, et de l’interprétation anarchiste et gauchiste de la révolution culturelle chinoise, présentée comme une révolte anti-autoritaire.

Qui dans le contexte de mai 1968, va être largement utilisé pour alimenter et cautionner un anticommunisme au sens large. Ce n’est donc pas un hasard si les chefs maos (là je ne parle pas du PCMLF) ont non seulement idéalisé mai 68 et la GRCP –révolution culturelle Chinoise- à outrance dans la caricature, mais directement participer à la campagne idéologique réactionnaire contre le marxisme.

Le nouveau héros de nos petits-bourgeois maoïstes fut Soljénitsyne, le marxisme fut accusé de tous les maux lorsque l’opération médiatique des « nouveaux philosophes » fut enclenchée.

Quelques rares auteurs essayèrent de s’y opposer, mais sans grands succès, par exemple : François Aubral et Xavier Delcourt qui ont publié en 1977 aux éditions Gallimard « Contre la nouvelle philosophie » ou bien plus récemment Roger Mondoue dans " Nouveaux philosophes et antimarxisme : Autour de Marx est mort de Jean-Marie Benoist" -L'harmattan- novembre 2009-.

La caution et l’adhésion aux thèses antimarxistes vont avoir un effet réel dans la construction d’un corpus idéologique réactionnaire faisant le lien entre la « nouvelle gauche », les « maoïstes », la droite anticommuniste et l’extrême-droite. Un parti comme le P « C »F ne pourra pas du fait de sa porosité idéologique (lié a son opportunisme et à sa dégénérescence révisionniste) faire face à ce rouleau compresseur. Il reprendra des thèmes et des idées venant de ce corpus, et accélérera par là-même, la confusion idéologique et un rejet total de l’expérience née de la révolution de 1917.

Quand en 1997 « Le livre noir du communisme » (dirigé par Courtois) sort, 20 ans après la campagne des « nouveaux philosophes », le P « C »F est totalement dépourvu pour y faire face et il en reprend d’ailleurs certaines « idées ».

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Voici d'autres éléments :

Le 27 mai 1977 dans un entretien au quotidien Le Matin –proche du PS-, Bernard-Henri Lévy avait déclaré :

" Chacun sait aujourd'hui que le rationalisme a été un des moyens, un des trous d'aiguille par quoi s'est faufilée la tentative totalitaire. Le fascisme n'est pas issu de l'obscurantisme, mais de la lumière. Les hommes de l'ombre, ce sont les résistants… C'est la Gestapo qui brandit la torche. La raison, c'est le totalitarisme. Le totalitarisme, lui, s'est toujours drapé des prestiges de la torche du policier. Voilà la "barbarie à visage humain" qui menace le monde aujourd'hui. "
http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http://www.lilianelazar.com/images/la_barbarie_a_visage_humain/lematin77.pdf&title=Entretien%20avec%20Bernard-Henri%20L%C3%A9vy


Au dos de son livre (La barbarie à visage humain -BHL-) il est écrit : « La vie est une cause perdue » (…) « et l’homme une espèce ratée. La révolution est un leurre et le pouvoir une fatalité » (…) « D’autres ont instruit le procès du stalinisme, du léninisme, du marxisme. Bernard-henri Lévy remonte plus haut encore, il franchit le dernier pas et consomme le paricide : c’est au « progressisme » en général qu’il s’en prend cette fois » (…) « C’est le socialisme lui-même qu’il vise ».
Dans l’avant-propos, il dit « Je suis l’enfant naturel d’un couple diabolique, le fascisme et le stalinisme » (…) « Je ne sais d’autre Révolution, dont le siècle puisse s’illustrer, que celle de la peste brune et du fascisme rouge. »
Dans son avant-propos il salut Christian Jambet et Guy Lardreau -auteur de l’Ange-, Jean-Marie Benoist, Jean-Paul Dollé, Gilles Hertzog et son père.

De 1976 à 1996, les thèses des « nouveaux philosophes » ont aussi trouvés un écho notamment en 1989 quelques mois avant la chute du mur de Berlin. Lors de la préparation du bicentenaire de la Révolution française. Michel Vovelle est nommé par le Ministre Jean-Pierre Chevènement président de la Commission Historique pour la préparation du Bicentenaire. François Furet est nommés membre de la Commission. L’offensive idéologique dans l’opinion publique se caractérise par les idées de François Furet qui entend mettre « la Révolution au banc des accusés. ». Pour le courant représenté par Furet, la Révolution débouche sur la Terreur « toute insurrection, pour Furet, même démocratique, est par nature totalitaire. » relève François Cusset « La Décennie. Le grand cauchemar des années 1980 » La Découverte, 2006. Pour Furet, 1789 contient en germe le Goulag « Le Goulag conduit à repenser la Terreur en vertu d’une identité de projet. » : François Furet « Penser la Révolution Française » Gallimard, 1979, p. 26.


Edité le 10-11-2014 à 08:33:15 par Finimore




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En janvier 2013 c’est au sujet d’un moment (contre-révolutionnaire) de la Révolution française que Marion Maréchal-Lepen (FN) et Lionnel Luca (UMP) vont lancer une campagne contre le "génocide vendéen". Cette campagne est également relayée par Franck Ferrand sur FR3.
Depuis plusieurs années Franck Ferrand fait campagne contre Robespierre et le « génocide Vendéen » le 31 octobre 2011 sur Europe 1 dans son émission (Au coeur de l'Histoire) : « Vendée : un génocide en France » Son invité : Reynald Secher auteur de La Vendée – Vengé : le génocide franco-français (1986), et Vendée : du génocide au mémoricide : Mécanique d’un crime légal contre l’humanité (préfaces d’Hélène Piralian, Stéphane Courtois et Gilles-William Goldnadel), éditions du Cerf, 2011.
La fiche Wikipédia de Reynald Secher indique aussi :
« Le 6 octobre 2012, le journaliste Christophe Barbier (en tant que lauréat 2011) a décerné à Reynald Secher le 14e Prix Combourg « pour son livre Vendée. Du génocide au mémoricide et pour l'ensemble de son œuvre »
« Il est notamment proche de l'Action française, et a participé au 53e Camp Maxime Réal Del Sarte, l'université d'été du mouvement, qui s'est tenu du 17 au 28 août 2006, au château de Lignières. Le 25 août, il a fait une conférence sur : « Les racines du totalitarisme ». De même, lors de la journée portes ouvertes du 26 août, il est intervenu à une table ronde sur le thème de « Vendées et chouanneries », avec notamment Anne Bernet, Francis Bergeron, personnalité nationale-catholique et solidariste, président de l'Association Rétaise des Amis de Henri Béraud, ou André Boscher, président de l'association Présence de La Varende et vice-président de l'Association des Amis de Jean Mabire. »
« De même, il a tenu une conférence pour le camp d'hiver de Chrétienté-Solidarité, association nationale-catholique d'extrème-droite présidée par Bernard Antony, qui s'est déroulé dans le Morbihan, fin 2006 »
La revue Historia n’est pas en reste non plus, par exemple son numéro 777 de septembre 2011 était consacrée à "Robespierre, le psychopathe légaliste".
Régulièrement quelques députés réactionnaires à l’Assemblée Nationale, déposent une proposition de loi pour « la reconnaissance du génocide vendéen »
---C’est le cas le 6 mars 2012 : « PROPOSITION DE LOI visant à reconnaître officiellement le génocide vendéen de 1793-1794 présentée par Mesdames et Messieurs : Dominique SOUCHET, Véronique BESSE, Bernard CARAYON, Hervé De CHARETTE, Nicolas DHUICQ, Marc LE FUR, Lionnel LUCA, Jacques REMILLER et Jean UEBERSCHLAG »
http://www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion4441.asp
---Puis le 16 janvier 2013 : PROPOSITION DE LOI relative à la reconnaissance du génocide vendéen de 1793-1794 présentée par Mesdames et Messieurs :
Lionnel LUCA, Véronique BESSE, Jacques BOMPARD, Alain LEBOEUF, Marion MARÉCHAL-LE PEN, Alain MARLEIX et Yannick MOREAU.

France 3 a diffusé le mercredi 7 mars 2012 un documentaire « réalisé par Richard Vargas et raconté par Franck Ferrand » intitulé « Robespierre : bourreau de la Vendée ? ».
Le 15 mars 2012, le site Révolution française dénonce très clairement cette émission comme étant « une splendide leçon d’anti-méthode historique »
http://revolution-francaise.net/2012/03/15/476-robespierre-bourreau-de-la-vendee-une-splendide-lecon-danti-methode-historique
Le 23 janvier 2013, Franck Ferrand sur FR3 dans son émission « L’ombre d’un doute » revient sur le thème « Robespierre, bourreau de la Vendée ? » avec en introduction…. Stéphane Courtois
http://www.youtube.com/watch?v=dRqLQdctMZU&feature=player_embedded
Sur un blog de Médiapart, un article en date du 23 janvier et intitulé « Oui, Robespierre et ses amis n'ont commis aucun Génocide en Vendée, ni dirigé une Terreur...terrible » analyse très pertinemment l’émission de FR3 et critique très fortement Franck Ferrand : « Au moment même où des extrémistes de droite veulent faire reconnaître par "la République", un "génocide en Vendée", France 3 se précipite pour leur offrir une émission de propagande scandaleusement mensongère. Je dénonce ici "l'Histoire" anti républicaine de M. Frank Ferrand, de ses amis ET DE SES PROTECTEURS ».
http://blogs.mediapart.fr/blog/jcg/230113/oui-robespierre-et-ses-amis-nont-commis-aucun-genocide-en-vendee-ni-dirige-une-terreurterrible-quoiquil-en
A noter que lors de « l’Affaire Renault » en 2011, Annie Lacroix-Riz fut qualifié par Franck Ferrand « d’historienne stalinienne ». Comme par hasard Alain Soral reprend le même qualificatif contre Annie Lacroix-Riz.


Ferrand, Courtois, Secher, Goldnadel, Luca, Marechal Lepen, Barbier... du beau monde.

(Barbier invité récurrent de C dans l'air d'Yves Calvi)... la nausée.


Edité le 10-11-2014 à 11:49:18 par Finimore




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Ni révisionnisme, Ni gauchisme UNE SEULE VOIE:celle du MARXISME-LENINISME (François MARTY) Pratiquer le marxisme, non le révisionnisme; travailler à l'unité, non à la scission; faire preuve de franchise de droiture ne tramer ni intrigues ni complots (MAO)
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nouvelles précisions :

Au nom de la lutte contre « les nouveaux tsars », la nouvelle constitution de Brejnev (lutte qui était juste si elle s’appuyait sur une critique marxiste pour dénoncer l’évolution de l’URSS depuis Krouchtchev), le PCRml avait publié dans son organe central « Le Quotidien du Peuple », sous la plume de Joëlle FECLAZ, une série d’articles sur « La constitution de Brejnev : La loi des nouveaux tsars » (n°564 –24/11/1977, n°565 –25/11/1977, n°566 –26/11/1977, n°567 -dimanche 27 lundi 28 novembre 1977). L'article du n°564 porte la mention " Cahiers du Samizdat " et annonce l'article du lendemain comme " extraits des Cahiers du Samizdat ". Les articles suivants font seulement mention du Samizdat. Cette série d’articles « popularise » le terme de « Samizdat » et dénonce la répression dans l’URSS de Brejnev, dans un contexte où une offensive idéologique réactionnaire et anticommuniste (dont je ne percevais pas toutes les implications) faisait rage. Involontairement, j’ai moi aussi apporté de l’eau au moulin à cette offensive. Pouvions-nous, pouvais-je faire autrement ? L’interprétation d’une déclaration de Mao : « En Union Soviétique, à l'heure actuelle, c'est la dictature de la bourgeoisie, celle de la grande bourgeoisie, une dictature de type fasciste allemand, une dictature de type hitlérien » le 11 mai 1964, a aussi contribué à alimenter une surenchère, des amalgames et des confusions dont se sont servis les « nouveaux philosophes ».

Dés le début de l’année 1977 était paru le livre « Deuxième retour de Chine » écrit par le couple Claudie et Jacques Broyelle anciens militants maos passés de l’UJCML au PCMLF. Ce livre avait notamment été critiqué dans Front Rouge (mensuel) n°14 de mars 1977 « notes de lecture « Deuxième retour de Chine » de C et J Broyelle et Tschirhart. Un pamphlet anti-communiste » -pages 28-29-30-31.
Bernard Pivot invitera les époux Broyelles dans Apostrophes du 6 janvier 1978, sur le thème "vivre en Chine".

Quelques articles intéressants contre les "nouveaux philosoqphes" furent publiés dans la presse ML :
-L'Humanité Rouge Bimensuel n°10 : Journal des communistes marxistes-léninistes de France
- du 24 juillet au 7 août 1977 « Les "Nouveaux Philosophes" : De vieux boulets de carton pâte contre le marxisme-léninisme (Pierre Delaube)....page 27 »
-Front Rouge n°2 –trimestiel- (nouvelle série) Revue théorique et politique du PCRml de nov-dec 1977- « A propos des "nouveaux philosophes" : -Un livre de Glucksmann : "La cuisinière et le mangeur d’hommes" –pages 105 à 112-
-Le Marxiste-Léniniste n°24 : Journal central du Groupe pour la fondation de l’Union des Communistes de France Marxistes-léninistes – Mensuel (20 janvier-20 février 1978) « Les nouveaux "penseurs" de l’impérialisme –pages 13-14-

Le creuset idéologique des « nouveaux philosophes » a débouché sur une conversion à l’atlantisme des néoconservateurs (Reagan et Tatcher) s’appuyant sur l’antitotalitarisme puis par la création en 2001 du
« Cercle de l’Oratoire » et la revue « Le Meilleur des Mondes » en 2006. Les fiches wikipédia donnent le ton et les noms concernant cette revue : http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Meilleur_des_mondes_(revue)
et ce Cercle : http://fr.wikipedia.org/wiki/Cercle_de_l%27Oratoire
Les fiches indiquent également : « Le Cercle de l'oratoire publie la revue "Le meilleur des mondes" depuis 2001. Le cercle lance une première pétition en faveur de l'intervention des troupes anglo-américaines dans la guerre d'Afghanistan. Elle prend la forme d'une tribune publiée dans le journal Le Monde le 8 novembre 2001 : «Cette guerre est la nôtre". Cette tribune est signée par Susanna Dorhage, journaliste; Hans Joachim Kruse, journaliste; Michel Taubmann, journaliste; Stéphane Courtois, historien; Denis Lefebvre, historien; Jean Louis Panne, historien; Pierre Rigoulot, historien; Ilios Yannakakis, historien; gérard Grunberg, politologue; Pascal Perrineau, politologue; Claudie Broyelle, écrivain; et Jacques Broyelle, écrivain. ».
Cette liste est intéressante et caractéristique :
---Michel Taubmann : ancien militant à l’OCT
---Stéphane Courtois a milité de 1968 à 1971 à l'organisation marxiste-léniniste maoïste Vive le communisme, qui changea de nom en 1969 pour Vive la révolution (sources Wikipédia)
---Pierre Rigoulot a été membre de la Fédération des cercles marxistes-léninistes de France (FCMLF, stalinien) de 1964 à 1967. De 1976 à 1982, il est membre du Comité de direction des Temps Modernes, la revue de Jean-Paul Sartre et de Simone de Beauvoir. Il quitte les Temps modernes qu’il juge insuffisamment critique à l’encontre du communisme. En 1984, il entre à l'Institut d'Histoire sociale, fondé par Boris Souvarine en 1935 pour lutter contre l'influence soviétique. Il anime divers colloques et rencontres tenus sous l'égide de l'Institut d'histoire sociale, devient rédacteur en chef de sa revue trimestrielle Les Cahiers d'histoire sociale qu’il transformera en 2006 en Histoire et liberté, une publication dont il est encore le directeur et qui se réclame de la tradition antitotalitaire de Souvarine à Jean-François Revel. (sources wikipédia). Concernant l’IST lire « L’Institut d’histoire sociale, une officine anti-sociale » par Annie Lacroix-Riz sur http://www.editions-proletariennes.fr/Histoire/ihs.htm
Pierre Rigoulot a été invité plusieurs fois à C dans l’air par Calvi pour parler de la Corée du Nord car… il a collaboré au Livre noir du communisme, dirigé par Stéphane Courtois, pour le chapitre sur la Corée du Nord.
---Ilios Yannakakis : né en 1931 au Caire, est un historien, politologue et intellectuel français.
Engagé dans la défense de la liberté et des droits de l'homme et partisan d'une ouverture du Parti communiste tchécoslovaque, il est l'un des animateurs du Printemps de Prague qui va ouvrir la crise du PCT. En août 1968, l'entrée des chars soviétiques à Prague l'amène à quitter le pays. Il émigre en France où il obtient un poste d'enseignement d'histoire contemporaine à l'Université de Lille. (sources Wikipédia)
---Denis Lefebvre est un journaliste et un historien français, né en 1953 à Arras.
Journaliste professionnel, il est rédacteur en chef des publications de l'OURS, et directeur de la revue Histoire(s) socialiste(s).
Il préside depuis 1996 le centre Guy Mollet (association créée en 1976) et, depuis 1992, il exerce les fonctions de secrétaire général de l'Office universitaire de recherche socialiste (OURS, fondé en 1969 par Guy Mollet).
Il a été conseiller municipal de Bondy (Seine-Saint-Denis) de 1983 à 1995.
---Pascal Perrineau (né en 1950) est un politologue français et un spécialiste de sociologie électorale. Il a été le directeur du CEVIPOF, le Centre de recherches politiques de Sciences Po Paris, (Sciences Po, CNRS) entre 1994 et 2013. Il est professeur des Universités à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po Paris) où il a la charge de plusieurs cours sur le vote, l'analyse des comportements et des attitudes politiques, la science politique et l'extrême droite en France et en Europe (sources Wikipédia). C’est un invité récurrent d’Yves Calvi à C dans l’air comme Gérard Grunberg.
---Hans-Joachim Kruse, Journaliste allemand qui a travaillé sur Arte.
---Gérard Grunberg est directeur de recherche émérite CNRS au CEE, Centre d'études européennes de Sciences Po. Souvent invité par Yves Calvi où il le présente comme spécialiste du PS.
---Claudie et Jacques Broyelle anciens militants maos passés de l’UJCML au PCMLF.
---Susanna Dörhage : Après des études de lettres à Montpellier et de journalisme à Mayence en Allemagne, Susanna Dörhage a débuté son parcours professionnel à l’Agence France Presse, d’abord à Bonn puis à Strasbourg. En 1994 elle a rejoint Arte en tant que journaliste de la rédaction, puis elle a dirigé pendant six ans le bureau parisien de l’information. Depuis avril 2010, elle présente les informations de 12h45 en alternance avec Meline Freda.


Edité le 19-11-2014 à 11:16:45 par Finimore




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Une vidéo de 2008 "Les maoïstes : voyage au bout de la révolution" est visible sur :
http://www.wat.tv/video/maoistes-voyage-bout-revolution-1oxim_2fqwb_.html il s'agit d'une émission "le grand débat" présenté par l'ancien trotskiste Michel Feld sur la Chaine Histoire (de Patrick Buisson -ancien directeur de Minute).
Dans cette émission consacrée au livre de Claire Brière-Blanchet nous retrouvons :
-Jacques Broyelles ancien UJCML-PCMLF auteur de "deuxième retour de Chine"
-Claire Brière-blanchet ancienne de la GP auteur de "Les maoïstes : voyage au bout de la révolution"
-Stéphane Courtois ancien mao de VLR
-Pierre Rigoulot ancien FCML
l'émission est également animée par.... Eric Zemmour

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le film "Hannibal,les origines du mal"fait l amalgame entre nazisme et urss,le héros repartant en union soviétique-aux pays baltes-sous régime soviétique pour y venger l assassinat de sa soeur....assassinée par des membres de la waffen ss!

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   Posté le 16-01-2015 à 06:30:22   Voir le profil de Finimore (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Finimore   

Oui des amalgames de ce type tu en trouveras des centaines dans les films américains. Cela va de l'amalgame grossier à la propagande plus diffuse et plus subtile. Mais il ne suffit pas de dire ça, il faut autant que possible être précis et démonter clairement comment cette propagande procède et comment la combattre.

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   Posté le 16-01-2015 à 20:05:30   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

l amalgame entre"bolchevisme" ou "sovietisme" avec le nazisme va de paire avec la sacralisation des Etats Unis d Amérique,présenté comme le"pays de la liberté";John Kerry dans son allocution sur le terrorisme passe du coq à l ane en parlant de la nécessité des sanctions contre la Russie,qui,meme capitaliste,demeure pour les anticommunistes primaires une"menace" -sic-pour l Occident.il faut lutter contre l anticommunisme et le racisme anti-russe qui sont liés.

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   Posté le 26-02-2015 à 17:08:42   Voir le profil de Finimore (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Finimore   

Attaques et défense du marxisme

Les attaques idéologiques, philosophiques et idéologiques contre le marxisme ont évolués depuis longtemps. La période des années 70 à vu notamment des campagnes antimarxistes, antisoviétiques et anticommunistes d’importances : Soljenitsyne en 1974, le Portugal en 1975, Cambodge 1975 et 1978-1979, Plioutch, Bukovski –dissidents- 1976, les “nouveaux philosophes” 1976-1977, les « boat people » en 1978, l’Afghanistan 1979, la Pologne 1980-1981…
Tous ces points mériteraient d’être étudiés sérieusement, d’autant plus qu’ils ne sont pas réductibles uniquement à leur aspect anticommuniste. Entendons nous bien, si l’anticommunisme sert à masquer des positions fascisantes (c’est souvent le cas), la critique de cet anticommunisme ne doit pas masquer non plus des problèmes, des questions réelles ou des justifications au reniement du marxisme sous la forme d’une soit-disant rénovation qui n’est finalement que de l’opportunisme.
L’offensive idéologique contre le marxisme a aussi visé des organisations et des partis qui n’avaient plus qu’un lien vraiment lointain avec le marxisme ou qui en avaient des références purement formelles.
Quand la « nouvelle philosophie » fut lancée en 1976, puis hypermédiatisée en 1977, le pouvoir Giscardien a compris qu’il pouvait se servir des « nouveaux philosophes » contre la gauche qui s’apprêtait à arriver au pouvoir en 1978. C’était d’ailleurs un des aspects direct et immédiat de cette omniprésence médiatique des « nouveaux philosophes » et des nombreuses polémiques qu’ils ont suscités.
En septembre 1978, un livre fait un premier bilan intitulé « Faut-il brûler les nouveaux philosophes ? –Le dossier du « procès » établi par Sylvie Bouscasse et Denis Bourgeois –Nouvelle éditions Oswald-.
Dans le chapitre intitulé « De gauche ? De droite ? » -pages 125 à 166.
Les auteurs indiquent que « La droite n’en croit pas ses yeux. L’Élysée se frotte les mains de l’aubaine. A quelques mois d’une échéance électorale qui promet d’être décisive, voilà qui pourrait bien constituer un précieux renfort d’autant qu’en dépit des sondages, toute la classe politique pressent que l’écart sera faible qui séparera les deux parties. » -page 125- « La sortie en librairie de La Barbarie à visage humain donne à l’Élysée l’occasion de lancer dans ses filets en faisant circuler le bruit selon lequel le président se « serait montré très intéressé » par l’ouvrage de Bernard-Henri Lévy, qui on le rappelle haut et fort, a été le conseiller de François Mitterrand. » -page 126-. A la question les « nouveaux philosophes » sont-ils de droite ? Sont-ils de gauche ? les auteurs répondent « Si la question est posée, avec une telle acuité, c’est parce qu’il s’agit à l’évidence d’une philosophie pétrie de politique. Mais si cette question est restée sans réponse, c’est parce que cette philosophie nouvelle se situe sur un autre terrain. Peut-être celui d’une nouvelle anarchie. » -page 128-.
Les « nouveaux philosophes » sont à la fois de droite, de gauche mais ce qui les unis tous ensembles c’est l’anticommunisme, c’est l’antimarxisme. Ils ont pu se donner une image radicale, se présenter comme des opposants à tous les pouvoirs et même flirter avec l’anarchisme. Le 18 septembre 1977, TF1 diffuse en fin de soirée l’émission « Questionnaire » animée par Jean-Louis Servan-Schreiber qui reçoit André Glucksmann pour parler du thème « La philosophie contre le pouvoir » (le texte intégrale de l’émission fut publiée par TF1 sous forme dactylographiée). Dans sa présentation JLSS explique que pour Glucksmann, le goulag avec ses 60 millions de morts, c’est l’application logique du marxisme.
A la page 16 de la version dactylographiée, Jean-Louis Servan-Schreiber au cours de la discussion aborde le sujet du pouvoir.
Pour notre « nouveau philosophe » A. Glucksmann : « prendre l’Etat, c’est toujours le fait d’une petite élite, d’une petite poignée de gens. Les marxistes disent : « Il y a une petite poignée de capitalistes et on va la remplacer par nous. Nous, les représentants du peuple » Mais qui sont les représentants du peuple ? Le comité directeur du parti machin et le comité central du parti chose. Cette idée de prendre l’Etat c’est une idée de continuer à priver les gens, ceux qui ne sont pas l’Etat –les simples gens, ceux qui ne sont pas des dirigeants- de leur initiative. C’est les appeler à déléguer leurs pouvoirs, à déléguer leurs initiatives, à déléguer leurs espoirs. Demain, on rasera gratis parce qu’on sera l’Etat. ».

Quelle riposte ?
La question de la prise en compte des attaques contre le marxisme est très justement relevé dans un article de Pour Le Socialisme n°2 -du 21 au 27 mai 1980- : « Pour la défense du marxisme » : « Qu'importe, diront certains, si quelques intellectuels, après s'être égarés dans la phrase révolutionnaire et l'exaltation pour les mouvements de libération nationale ou la révolution culturelle chinoise, retournent au bercail, n'en va-t-il pas ainsi avec ces êtres instables, ces compagnons de route, qui, périodiquement, renient leur engagement précaire ? L'essentiel n'est-t-il pas ailleurs, dans l'effort à engager pour que le prolétariat mène avec force sa lutte contre la bourgeoisie ?
Un tel point de vue n'est pas réaliste, pour la raison suivante que l'essor du mouvement révolutionnaire ne peut être dissocié d'une avancée idéologique et d'une participation active à la lutte d'idées, qui parcourt la société toute entière. S'il ne borne pas ses intentions à devenir seulement un groupe de pression, dans les limites de la société capitaliste, mais s'il se présente comme porteur d'une société alternative, le mouvement ouvrier ne peut se désintéresser de la bataille d'idées, il ne peut prendre son parti du surgissement, sous les habits du nouveau, de conceptions, de théories, de systèmes d'explication qui remodèlent l'idéologie dominante, exercent une influence allant bien au-delà des couches exploiteuses, mais concernent de larges couches de la jeunesse scolarisée, des intellectuels, mais aussi des syndicalistes et des militants d'associations et de mouvements divers.
Or, en nous bornant ici à une présentation plus que schématique, comment se présente dans ses grands traits, cette remise en cause du marxisme, par une intelligentsia qui fait grand bruit, parfois frauduleusement d'ailleurs, de son passé militant et de ses rêves perdus ?
Elle se présente sous la forme du désenchantement, de la découverte et du refus.
Désenchantement par rapport au cours, sinueux certes, des systèmes socialistes, désenchantement (et adieux) vis à vis du prolétariat. Découverte du «goulag» devenu l'horizon indépassable de toute pensée politique aujourd'hui.
Refus d'un système cohérent d'explication du réel, jugé mystificateur et porteur du projet totalitaire. En fait, on assiste à la substitution d'un jugement philosophique à une analyse opératoire de réalités historiques et concrètes. C'est bien pour cela que ce qu'on appelle la «nouvelle philosophie» a connu la vogue que l'on sait, même si sa stérilité commence
aujourd'hui à apparaître, et si l'on découvre peu à peu, dans toute l'argumentation élaborée avec artifice, l'extrême simplicité du raisonnement, réduit à la réhabilitation du libéralisme.
Mais, dans le même temps, et de divers côtés, la réinterprétation de l'histoire, comme dans l'évaluation des découvertes scientifiques, on assiste à une série de tentatives qui visent à présenter le réel comme un ensemble disparate et discontinu de processus, obéissant chacun
à sa logique propre, on assiste à un morcellement et à un éclatement de l'objet même de la connaissance. Tout système cohérent d'explication de la réalité est récusé en tant que système, tout sens est dénié à l'histoire. (…)
Les communistes ne sauraient subir, sans réagir, cet assaut idéologique de grande envergure. Il y va de leur capacité à construire une nouvelle hégémonie.
Pour cela, ils doivent à la fois, démontrer, à la lumière du marxisme, les procès qui sont faits — et avec quelle désinvolture aujourd'hui — à leur doctrine, et s'efforcer de l'enrichir, de la refonder, là où elle a été insuffisamment développée ou dénaturée par l'économisme et le révisionnisme. Ils doivent aussi associer, à cette tâche, tous ceux, qui, même pour partie, se sentent concernés par la défense et l'enrichissement du marxisme et qui ne baissent pas la tête dès que, l'idéologie de la guerre froide à la bouche, on essaie de les faire taire. »

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   Posté le 20-04-2015 à 16:07:09   Voir le profil de Finimore (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Finimore   

Le Pape François a déclaré le 12 avril 2015 :
"Au siècle dernier, notre famille humaine a traversé trois tragédies massives et sans précédent. La première, qui est largement considérée comme le premier génocide du XXe siècle a frappé votre peuple arménien. Les deux autres ont été ceux perpétrés par le nazisme et par le stalinisme. Et plus récemment d'autres exterminations de masse, comme celles au Cambodge, au Rwanda, au Burundi, en Bosnie."

Nazisme et stalinisme même combat !!! Voilà ce que dit le prétendu "pape des pauvres...".
En fait le Pape François est ni plus ni moins autant réactionnaire que ses prédécesseurs Benoit ou JP2.

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il en va de meme avec le groupe de rap Assassin,dans la chanson "démocratie fasciste",qui assimile les Etats Unis sous l emprise des néo-conservateurs à "Lénine et Staline"!

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   Posté le 20-04-2015 à 18:21:25   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

le pape a sciemment évité de parler des guerres d Algérie et d Indochine,qui ont toutes deux ete des boucheries,l armée francais y ayant utilisé les soldats de la Wehrmacht capturés lors de la chute du IIIème Reich,et meme du Guatemala-ce qui prouve que ce souverain pontife n est pas du courant de la"théologie de la libération",Ignacio Ramonet,qui s en revendique,prone un "marxisme chrétien" et soutient la révolution bolivarienne.

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   Posté le 18-05-2015 à 08:37:26   Voir le profil de Finimore (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Finimore   

-L'Humanité Rouge n°184 –jeudi 12 avril 1973- page 8-
Lettre d’un lecteur à « Politique Hebdo »
A propos de la campagne antistalinienne

sur :
http://www.editions-proletariennes.fr/Dochml/presse/articles/humarouge/dates/1973/avril/hr184p8.htm

A signaler que Politique Hebdo n°76 (jeudi 26 avril 1973) publiera la lettre de Jean Sarfati (publier dans l'HR).... mais seulement un petit extrait.

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une carte de l Europe hitlérienne de Wikipedia qui accuse l Union Sovietique d avoir cherché à se partagerun espace vital en Europe aux cotés de l Allemagne d Hitler,l Italie de Mussolini et la Hongrie de Horty!

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   Posté le 25-05-2015 à 20:20:27   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Neues_Ordnung.jpg


Edité le 25-05-2015 à 20:21:06 par marquetalia




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