| | | | | | | | Xuan | | Grand classique (ou très bavard) | | 18513 messages postés |
| Posté le 09-10-2009 à 00:17:05
| Le site de Michel Collon publie un article de Peter Fransen sur le modèle de développement chinois Bien entendu, on comprendra que les différentes expériences tentées au cours des 60 ans de la Chine Nouvelle ne peuvent pas être détaillées dans cet article. On notera que les aspects négatifs de la réforme, au moins tels quils sont décrits dans la presse officielle, n'y sont pas développés. Enfin, la question de la ligne révisionniste au sein des partis communistes ny est nulle part abordée. Cela dit, larticle présente dintéressantes données économiques sur le développement de la Chine depuis 1949, qui doivent être prises en compte et méritent de ce fait une étude attentive.
Chine: la quête dun modèle de développement Par Peter Franssen La République populaire de Chine fête son 60e anniversaire. Pays extrêmement pauvre et sous-développé en 1949 et où la plupart des gens navaient pratiquement rien à manger et ne couraient quen haillons, la Chine sest muée en la seconde nation industrielle et la troisième économie du monde. Pour y arriver, elle a dû projeter et élaborer elle-même un modèle de développement. Son succès na pas seulement transformé la Chine, il a également modifié la relation entre le Nord et le Sud dans le monde. LAsie, lAfrique et lAmérique latine disent que la collaboration avec la Chine « leur offre de nouvelles possibilités de développement indépendant » . Cest sous son influence que lhégémonie américaine seffrite de jour en jour. Au moment où Mao Zedong proclamait la République populaire de Chine, le niveau de vie ny était pas plus élevé que celui de lAfrique noire. Dans la première période de construction, de 1949 à 1979, le pays enregistrait de nombreux succès dans la lutte contre la pauvreté. Mais ce fut dans la seconde période, de 1979 à nos jours, que les progrès furent les plus importants. La Banque mondiale écrit : « Entre 1981 et 2004, la partie de la population disposant de moins dun dollar par jour est passée de 65 à 10 pour cent. Entre 1981 et 2004, plus de 500 millions de Chinois ont été sortis de la pauvreté. » Dans les autres domaines du développement humain aussi, les progrès sont impressionnants. En 1949, 90 pour cent des Chinois étaient analphabètes. Aujourdhui, 87 pour cent des femmes et 96 pour cent des hommes de plus de 15 ans savent lire et écrire. En 1949, le Chinois vivait en moyenne 35 ans. Aujourdhui, 72. Il y a actuellement 4 millions de lits dhôpital et 6 millions dinfirmiers, médecins et pharmaciens à temps plein. Le nombre de médecins pour 10.000 habitants est aujourdhui de 16, soit la moitié en plus quen 1978. En 1949, aller à lécole était un privilège pour les riches. Aujourdhui, la Chine a le plus grand réseau décoles du monde. Lenseignement gardien compte 23 millions denfants. Les enseignements primaire, secondaire et supérieur comptent respectivement 105, 92 et 20 millions délèves et détudiants. Chaque année, plus de 6 millions détudiants des universités et des écoles supérieures terminent leurs études. Lenseignement emploie 13 millions denseignants à temps plein. La clé : léconomie Au cours des 60 années écoulées, la Chine na jamais trouvé de solutions « clé sur porte » aux problèmes qui sont immenses dans un pays où vit un bon cinquième de lhumanité et qui, en 1949 encore, faisait partie des plus pauvres de la planète. Le Parti communiste a commis bien des fautes, dont de très graves aussi, et il ne fait pas de doute quil en commet encore aujourdhui. Mais on ne peut évaluer correctement ces fautes et erreurs sans les placer dans un contexte de progrès très rapide. Aucun grand pays ne peut présenter un palmarès comme celui de la Chine. Son voisin, lInde, qui compte aussi plus dun milliard dhabitants, la précédait de loin, en 1949, sur le plan du développement humain. Aujourdhui, la situation sest inversée. La Chine compte 7 pour cent denfants sous-alimentés. LInde 44 pour cent. En Chine, 98 pour cent des enfants de moins de 12 ans vont à lécole. En Inde, 50 pour cent. En 1950, le revenu national chinois par habitant était dun quart inférieur à celui de lInde. Aujourdhui, il est trois fois plus élevé. La clé du succès chinois se situe bien sûr ici : plus vite léconomie croît, plus vite on peut résoudre les problèmes de la nourriture, de lhabillement, du logement, des soins de santé, de lenseignement, de lemploi, de lurbanisation. Depuis 1980, léconomie chinoise croît chaque année de 10 pour cent en moyenne, soit plus du double de la croissance de la période 1949-1979. Aujourdhui, la Chine est à même de nourrir toute sa population : 22 pour cent de lhumanité, même si la Chine ne possède que 9 pour cent de toutes les terres cultivables du globe. Ses réserves céréalières sont deux fois plus importantes que la moyenne mondiale. En 1952, le produit intérieur brut (ce qui est produit dans tous les secteurs) de la Chine était de 68 milliards de yuan. En 2008, de 30.000 milliards de yuan. En 1950, la Chine produisait moins de 3 pour cent de ce qui était produit dans le monde entier. Aujourdhui, 12 pour cent. Des 22 principales catégories industrielles, il y en a 7 dans laquelle la Chine est le premier producteur mondial. Les numéros un, deux et trois du monde bancaire international sont chinois et tous trois appartiennent à lÉtat. En 1950, la Chine produisait 160.000 tonnes dacier, juste de quoi fabriquer un petit couteau de cuisine pour chaque habitant. Lan dernier, la production dacier a été de 500 millions de tonnes cest plus que la production des États-Unis, du Japon et de la Russie ensemble. En 2008, la Chine réalisait 22 pour cent de la croissance économique totale dans le monde. Daprès l'ONU, cette année, elle franchira le cap des 50 pour cent. Alors que le monde entier soupire et gémit sous la crise économique, la Chine connaîtra cette année aussi une croissance économique dau moins 8 pour cent. À titre de comparaison : les 16 pays qui utilisent leuro ont cette année une croissance négative de 4 pour cent. La pratique réclame à cor et à cris un nouveau modèle économique Au fil des années, le Parti communiste chinois a projeté un modèle quil appelle « économie socialiste de marché ». « Cest à cela que nous devons notre succès économique » , dit-il. Ce modèle a été mis sur pied progressivement à partir de 1979, en tant qualternative au modèle soviétique classique, léconomie planifiée, modèle que la Chine a connu elle aussi jusquen 1979. Le modèle soviétique est né dans les années 1927-1929, après la mort de Lénine, le fondateur de lUnion soviétique. Tous les pays socialistes ont appliqué ce modèle après la Seconde Guerre mondiale. Léconomie planifiée, dans laquelle lÉtat accorde aux entreprises les moyens disponibles telles les matières premières et les finances, a connu ses succès et ses revers. Le modèle a permis à lUnion soviétique dévoluer en très peu de temps, passant dune situation de pays sous-développé au rang de seconde nation économique sur terre. Il a également permis à lUnion soviétique de vaincre le nazisme et, après la guerre, de se remettre rapidement sur pied sur le plan économique. Mais, à partir des années 1960, léconomie soviétique régressait sur le plan de la croissance de la productivité, de lefficience et du progrès économique en général. La planification centrale ne pouvait empêcher la prospérité et le bien-être des gens de ne croître que très modérément, pas plus quelle ne pouvait empêcher quintervînt une pénurie de longue durée de denrées de première nécessité et de biens de consommation. À partir des années 1960, léconomie capitaliste des centres États-Unis et Europe occidentale connaissait une croissance plus rapide que celle de lUnion soviétique. Trente ans plus tard, çallait être lune des causes de la disparition de lUnion soviétique. À la fin des années 1970, la Chine a connu une situation comparable à celle de lUnion soviétique au début des années 1960. Au cours du Premier Plan quinquennal, de 1952 à 1957, la planification centrale assurait une croissance économique spectaculaire mais, par la suite, le taux de croissance se mit à baisser sans arrêt. Durant le Premier Plan quinquennal, la croissance de la productivité dans toute léconomie fut en moyenne de 8,7 pour cent par an. Durant le Troisième Plan quinquennal (1965-1970), elle était descendue à 2,5 pour cent et, durant le Quatrième Plan quinquennal (1970-1975), elle nétait plus que de 1,3 pour cent en moyenne par an. Durant le Premier Plan quinquennal, les salaires réels dans les entreprises dÉtat augmentèrent de 5,4 pour cent en moyenne par an. Durant le Quatrième Plan quinquennal, cette croissance fut négative : - 0,1 pour cent en moyenne par an. Entre 1957 et 1978, la consommation privée dans les campagnes augmenta de 1,9 pour cent par an et par habitant. Dans les villes, cette hausse fut de 2,6 pour cent. Aujourdhui, cette hausse, tant à la campagne que dans les villes, est de trois à quatre fois plus élevée. Entre 1958 et 1978, la production de céréales naugmenta en moyenne que de 2,08 pour cent par an. Cest à peu près la même croissance que celle de la population. En 1952, le rapport entre le nombre des habitants des campagnes et celui des villes était de 4,9/1. En 1978, ce rapport était exactement le même. En 1952, 85 pour cent de la main-duvre dans les campagnes était employée dans lagriculture. En 1978, ce pourcentage était presque le même. À la fin des années 1970, la majorité des entreprises dÉtat étaient déficitaires. Bref, la pratique réclamait à cor et à cris un nouveau modèle économique susceptible dassurer une croissance plus rapide de la productivité, des bénéfices pour les entreprises dÉtat, une plus grande efficience dans loctroi et lutilisation des moyens disponibles et la mise sur pied plus rapide dune nation industrielle et moderne. Ce modèle devait allouer plus despace à léconomie individuelle et capitaliste et plus dautonomie aux entreprises dÉtat sans compromettre, ni perdre le contrôle de la base du socialisme, la propriété des secteurs les plus performants de léconomie plus (+) le pouvoir de lÉtat. Ainsi, la pratique contraignit à abandonner les vieux dogmes, peu efficients. Quand, en 1979, la Chine introduisit timidement les premiers mécanismes du marché dans lagriculture, celle-ci connut une croissance explosive. Ce fut un encouragement à persévérer. Dans les quinze années qui suivirent, la Chine put mettre en place son modèle cohérent déconomie socialiste de marché. Le marché socialiste et capitaliste Trois caractéristiques font la différence entre léconomie socialiste de marché et léconomie capitaliste de marché. Dans léconomie socialiste de marché, lÉtat, via ses entreprises et holdings, a en main les piliers et les déterminants de la direction de léconomie, comme le secteur bancaire, la sidérurgie, les télécommunications, les transports, le secteur de lénergie, lexploitation minière
En outre, lappareil dÉtat nest pas aux mains dentrepreneurs capitalistes. Ceux-ci ne peuvent pas, comme cela sest passé sous le capitalisme, sunir en une classe socioéconomique prédominante et, par conséquent, ils ne déterminent pas non plus la politique socioéconomique de la nation. Enfin, il y a des différences dans le fonctionnement du marché. Sous le socialisme, il y a une relation dunité et de lutte entre lÉtat et le marché, relation dans laquelle lÉtat est le facteur le plus fort et celui qui décide. Bien que le marché soit le principal instrument de répartition des moyens disponibles parmi les entreprises, il nest pas libre pour autant. Sous le socialisme, le marché fonctionne dans les limites du système social. Cest ce qui définit le caractère du marché. Ainsi, dans ses Plans quinquennaux et dans sa politique journalière, lÉtat chinois établit quelles sont les priorités, où et comment des percées seront réalisées, où et comment certains aspects vont devoir être corrigés. LÉtat encourage le parties individuelle et capitaliste de léconomie mais sa préférence va néanmoins aux entreprises dÉtat. En octobre 2008, lÉtat chinois a révélé quil allait lancer toute une série dincitants pour une valeur de 4.000 milliards de yuan. Au moins 80 pour cent de ce montant colossal sera consacré à des commandes pour les entreprises dÉtat. Dans la libre économie capitaliste de marché, il y a également planification de lÉtat et intervention de lÉtat, mais seulement pour une part très minime et toujours axée sur la rentabilité des entreprises privées. Durant des périodes de crise et de guerre, la libre économie capitaliste de marché embraie rapidement sur un système où la planification et la coordination nationales sont beaucoup plus fortes. Mais, là aussi, le profit des entreprises privées est le principe prioritaire. Dans léconomie socialiste de marché, par contre, le développement socioéconomique général de la nation est le principe directeur. Il ne fait absolument aucun doute que léconomie socialiste de marché crée de nouvelles contradictions. La principale est celle-ci : au fur et à mesure que léconomie croît et que les entreprises capitalistes deviennent elles aussi des géants, une tendance croîtra chez les capitalistes à vouloir assumer le contrôle de lappareil de lÉtat. Comme ce fut toujours le cas, ces 60 dernières années, dans les moments cruciaux, la cohésion interne et la fermeté sur les principes du Parti communiste seront alors déterminantes. La Chine change le monde Léconomie socialiste a fait croître la Chine comme jamais aucun autre grand pays dans lhistoire ne la fait. La chose nest pas passée inaperçue dans les pays dAsie, dAfrique, dAmérique latine, où vit 80 pour cent de la population mondiale. Depuis les années 1990, se met en place dans ces pays ce quon appelle le « consensus de Beijing » , une approbation générale du modèle chinois de développement. Le consensus de Beijing prend de lampleur au fur et à mesure que le consensus de Washington ne cesse de saffaiblir. Le consensus de Washington est synonyme de néolibéralisme, privatisation, démantèlement des programmes sociaux de lÉtat, vente aux États-Unis, à lEurope occidentale ou au Japon des parties les plus rentables de léconomie nationale, octroi de tous les avantages aux couches les plus riches de la population
Tout cela allait en fin de compte faire grand bien aux pays du tiers monde, prétendaient les défenseurs du consensus de Washington. Le chemin serait bien çà et là, de temps à autre, douloureux mais il allait déboucher sur un avenir rayonnant. Cest le contraire, qui sest produit : la pauvreté a augmenté, les revenus ont stagné ou baissé, lenseignement et les soins de santé sont allés à vau-leau. Le démantèlement des programmes sociaux a provoqué en Thaïlande une propagation plus grande du sida et, en Indonésie, la diminution des subsides alimentaires à ceux qui souffraient de la faim. Cerise sur le gâteau, le néolibéralisme provoquait de plus en plus de crises économiques en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Ces trente dernières années, il y a eu plus de cent crises économiques graves dans des pays en voie de développement considérés individuellement. Le consensus de Washington a reçu le coup de grâce en 2008, quand les institutions financières de lOccident, qui se croyaient supérieures, qui avaient toujours de bons conseils à vendre aux pays du tiers monde, se sont effondrées lamentablement, après quoi il sen est suivi un chaos sans perspective dans toute léconomie capitalisme. Peu de gens dans le tiers monde ont oublié comment les spécialistes des institutions financières occidentales les ont mis en garde, des années durant, contre leffondrement des banques chinoises. Mais le tiers monde voit aujourdhui comment ces mêmes banques chinoises doivent courir pour venir en aide au trésor américain, sans quoi le numéro un mondial va se retrouver en faillite, ou comment les chefs de bien des multinationales américaines se mettent à plat ventre pour remercier le seigneur Dieu quil existe un marché chinois, sans quoi ils peuvent prendre leurs cliques et leurs claques et fermer la boite. La revue daffaires américaine Forbes écrit : « Ces prochaines années, la prospérité des États-Unis dépendra de ce qui se passera en Chine. Nous dépendons du bon vouloir des Chinois afin de pouvoir financer nos déficits budgétaires. Mais notre dépendance va plus loin. Notre commerce, notre sécurité, notre diplomatie, notre compétitivité ne peuvent croître si les choses ne vont pas bien en Chine. » La punition encourue par le capitalisme hautain et arrogant qui, à partir du trafic des esclaves, sest cru supérieur aux « Untermenschen » , à ces 80 pour cent de la population mondiale vivant en Asie, en Afrique et en Amérique latine, cette punition est complète. Cela incite à une réflexion fondamentale. Le lauréat du prix Nobel et professeur déconomie Joseph Stiglitz écrivait récemment : « Cette crise passera. Mais aucune crise grave ne passe sans laisser de traces. De lhéritage de cette crise fait partie le combat à léchelle mondiale entre les idées et à propos de la question de savoir quel système économique est le meilleur pour le peuple. Nulle part ce combat nest mené avec plus dacharnement que dans le tiers monde, parmi les gens dAsie, dAmérique latine et dAfrique. Ici fait rage la bataille des idées entre le capitalisme et le socialisme. (
) Les pays du tiers monde sont de plus en plus convaincus que lon ne doit pas embrasser les idéaux économiques américains, mais quon doit sen écarter le plus rapidement possible. » Les relations commerciales mettent sens dessus dessous les relations internationales La bataille des idées et le rejet du modèle américain sont aussi une conséquence de la modification des relations économiques dans le monde. La croissance économique de la Chine a fait que le pays est devenu de plus en plus actif sur la scène économique internationale. En vingt ans à peine, voilà ce qui a mis les relations sens dessus dessous. Dans un volumineux rapport sur la collaboration économique entre lAfrique et la Chine et lAfrique et lInde, la Banque mondiale écrit : « Des décennies durant, le commerce mondial a été une question entre les pays développés du Nord et les pays en voie de développement du Sud, et entre les pays du Nord mutuellement. Mais, aujourdhui, il y a un large courant dinvestissements et de commerce entre lAfrique et lAsie. En lan 2000, 14 pour cent des exportations africaines allaient vers lAsie. Aujourdhui, il sagit de 27 pour cent. Cest presque autant que les exportations vers les États-Unis et lEurope, les traditionnels partenaires commerciaux de lAfrique. La part ouest-européenne des exportations africaines sest réduite de moitié, durant la période 2000-2005. » Le moteur de la collaboration économique entre lAfrique et lAsie est la Chine. Quarante pour cent des exportations africaines vers l'Asie sont destinées à la Chine. Le commerce entre la Chine et les autres pays du tiers monde part du principe gagnant-gagnant : les deux partenaires doivent tirer avantage tous deux du commerce. En règle générale, cela signifie que la Chine fournit des infrastructures en échange de minerais et de pétrole. Ainsi, fin 2007, un vaste accord a-t-il été conclu entre le Congo-Kinshasa et la Chine, dans lequel il est écrit quen échange de minerais, la Chine va prendre en charge la construction de 31 hôpitaux (de 150 lits chacun), 145 cliniques ou centres de soins de santé (de 50 lits chacun), 4 grandes universités, 20.000 habitations sociales, la distribution deau de la ville de Lubumbashi, un nouveau siège du Parlement, 3.300 km de routes, 3.000 km de voies ferrées. Lors de la signature du contrat, le ministre congolais de lInfrastructure, Pierre Lumbi, a déclaré : « Pour la première fois dans lhistoire, le peuple congolais sait à quoi vont servir notre cobalt, notre nickel et notre cuivre. » Le journal The Economist écrit : « Cinquante ans daide européenne et américaine nont pas rapporté grand-chose à lAfrique. Il en va autrement avec la Chine. En échange de pétrole et de matières premières, la Chine met en place les infrastructures africaines. » Il est évident que, de la sorte, la Chine suscite beaucoup de bonne volonté et se fait de nombreux amis en Afrique et ce, au détriment des liens entre lAfrique et les États-Unis et entre lAfrique et lEurope. La même chose se passe en Amérique latine. Là aussi, les liens économiques ont déjà mené à la conclusion de traités de « partenariat stratégique » entre, dune part, la Chine et, dautre part, le Brésil, le Venezuela, le Mexique, lArgentine, le Pérou, Cuba, la Bolivie et le Chili. LAsie elle aussi connaît ces changements. Déjà, en 2003, le New York Times constatait : « La domination américaine en Asie, vieille de cinquante ans, seffrite de plus en plus. Aujourdhui, les pays asiatiques se tournent en premier lieu vers la Chine. » Entre-temps, la situation a tellement évolué que même les rapports entre les États-Unis et le Japon, Taiwan et la Corée du Sud, les trois principaux alliés des États-Unis en Asie, se retrouvent sous pression. En 1995, la Corée du Sud et Taiwan exportaient chacune deux fois plus vers les États-Unis que vers la Chine. Dix ans plus tard, les deux pays exportaient déjà davantage vers la Chine. En 1995, le Japon exportait trois fois plus vers les États-Unis que vers la Chine. Lan dernier, la Chine est devenue la première destination des exportations japonaises. Un rapport adressé au Congrès américain dit : « Les courants commerciaux modifiés changent également les rapports de dépendance. Le Japon, Taiwan et la Corée du Sud sont désormais davantage dépendants de la Chine. (
) Les relations économiques font en sorte quil y a aujourdhui plus de collaboration politique et dentente entre la Chine et le Japon, Taiwan et la Corée du Sud. » Cela coïncide avec leffritement de plus en plus prononcé de linfluence américaine en Asie. Sur les trois continents du tiers monde, se produit le même phénomène. Partout semble venir la fin de la période coloniale. Au siècle dernier, et surtout après la Seconde Guerre mondiale, des dizaines de nations du tiers monde ont arraché leur indépendance. Mais, dans de très nombreux cas, cette indépendance ne fut quapparente et elle changea très peu de chose à leur sous-développement. La présence de la Chine sur la scène internationale contribue désormais à une réelle indépendance de ces pays et à leur développement. Source: infochina.be Références bibliographiques Basu, Kaushik. Asian Century | A Comparative Analysis of Growth in China, India and other Asian Economies (Le siècle asiatique. 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Edité le 09-10-2009 e 00:29:22 par Xuan
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