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 La chute du prix du pétrole et le risque de crise

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Xuan
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   Posté le 18-12-2014 à 00:19:23   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Les Echos publient un long article, très technique, sur certaines conséquences de la baisse du prix du pétrole.
On devine que quelles que soient les causes, volontaires ou pas, de la baisse des cours du pétrole, l'impérialisme US risque de provoquer une nouvelle crise mondiale dont il ne sortirait pas lui-même indemne :




De la chute du pétrole pourrait jaillir le prochain krach, selon certains opérateurs

15/12/14 à 10:32 - Investir.fr


La baisse des taux et l’abondance des liquidités provoquées par les actions massives des banques centrales à travers le monde ont poussé les investisseurs, à la recherche de rendement, à prendre des risques. Ils ont notamment financé la frénésie de forage de pétrole de schiste aux Etats-Unis. La chute des cours de l’or noir oblige les hedge funds à vendre leurs actifs les plus liquides pour rembourser les sommes empruntées pour spéculer sur le boom énergétique américain.


De la chute du pétrole pourrait jaillir le prochain krach, selon certains opérateurs | Crédits photo : Shutterstock

La chute des cours du pétrole pourrait bien provoquer le prochain krach boursier, s’inquiètent des opérateurs de marché, abasourdis par la dégringolade de 45% du prix du baril de brut en six mois, passé sous 61 dollars pour le Brent (référence de la Mer du Nord) et sous 58 dollars pour leWTI (brut léger américain), au plus bas depuis cinq ans et demi. « Pour le moment, ce n’est qu’une simple correction emmenée par la chute des actions des compagnies pétrolières, mais ça pourrait bien vite se transformer en krach » , craint un trader suisse. Un krach qui trouverait son origine dans la faiblesse des taux, l’abondance de liquidités et un ratio risque/récompense progressivement de moins en moins attractif sur les actions.

Les investisseurs, en recherche désespérée de rendement, se sont massivement tournés vers les obligations dites à haut rendement, rémunératrices mais aussi très risquées puisqu’émises par des entreprises dont le risque de faillite est jugé élevé par les agences de notation qui classent leurs émissions de titres de dette dans la catégorie spéculative.
« Le rush sur le ‘high yield’ (HY), comparable à celui sur le S&P 500, a débuté en 2009 » , rappelle Etienne de Marsac, gérant de performance absolue chez Ikano pour qui ce « choc pétrolier à l’envers » est « une catastrophe pour un pan entier de l’industrie américaine, celui du pétrole de schiste, dont les coûts de production sont élevés » tellement la chute des cours du brut a été forte et rapide. Il y a, selon lui, « une analogie évidente entre la bulle Internet qui a éclaté aux Etats-Unis en 2000 et la bulle de l’extraction pétrolière qui éclate aujourd’hui sous nos yeux. » La chute du prix du brut ne « produira des effets positifs sur l’économie qu’avec un décalage de six mois à un an, avec un effet bénéfique sur la consommation, le secteur automobile ou l’aéronautique. »

Les hedge funds ont largement contribué au financement de la frénésie de forage dans le pétrole de schiste qui agite les Etats-Unis depuis cinq ans. Depuis que « les cours du gaz naturel ont chuté outre-Atlantique, rendant plus rentable la production depétrole de schiste, résume Alexandre Andlauer, responsable du secteur énergie au sein du cabinet d’analyses AlphaValue, qui fait partie des très rares spécialistes à avoir prédit la chute des cours du brut, entrevoyant, il y a deux ans, la possibilité d’un baril à 50 dollars à la fin 2015. Certains acteurs sont même passés de société gazière à société pétrolière, comme EOG Resources. »

Crédits photo : Energy Information Administration (EIA)
De la chute du pétrole pourrait jaillir le prochain krach, selon certains opérateurs


Un boom énergétique qui a contribué au redressement de l’économie américaine après la crise financière de 2008, à hauteur de 0,3 à 0,6 point de pourcentage du PIB, selon Steen Jakobsen, chef économiste de chez Saxo Bank, interrogé sur sa vision de l’évolution des cours du pétrole mercredi, en marge de la présentation des « prévisions chocs » de la banque pour 2015. Lui qui avait également anticipé la chute des cours du brut (à 80 dollars), n’est pas très optimiste pour l’évolution à venir du prix de l'or noir. Il juge que la dégringolade pourrait amputer le PIB américain de 0,5 point de base et n’exclut pas - idée controversée - la nécessité pour l’Etat de devoir venir en aide aux compagnies pétrolières et aux banques qui leur prêtent de l’argent, provoquant l’ire de l’opinion publique.

L’énergie, poids lourd du « high yield »

Dans l’univers du « high yield », les obligations du secteur énergétique se taillent la part du lion outre-Atlantique. Elles comptent pour 16% du marché américain, selon Fitch, dépassant celles du secteur pharmaceutique (8,5%) après une flambée de 155% depuis la fin 2009.
Le stock de la dette a été multiplié par quatre entre 2005 et 2014 pour atteindre 210 milliards de dollars, à comparer avec un marché américain du haut rendement de presque 1.400 milliards. Les titres de crédit notés « B- » ou en deçà (catégories très spéculatives) repésentent 77 milliards de dollars, recense Fitch, compartiment sur lequel figurent essentiellement des sociétés spécialisées dans l’exploration et la production qui, au total, comptent pour la moitié des obligations à haut rendement du secteur de l’énergie.
Ces acteurs sont petits, fragmentés et très sensibles à la chute des cours pétroliers de par leur structure de coûts. Leur activité nécessite en effet un effort important et constant d’investissement, d’où la mise en garde de Deutsche Bank il y a quelques semaines : le passage du baril de brut WTI sous 60 dollars mettra en péril le haut rendement du secteur énergétique.

Au cours des derniers jours, la dette de ces sociétés d’exploration et de production a été particulièrement attaquée, leurs obligations massivement vendues sur le marché secondaire, comme celles de Laredo Petroluem (-60% depuis septembre), de Sanchez Energy (-70%), de Devon Energy (-20%), recentré cet été dans l’exploration et la production, de Continental Resources qui a découvert le gisement géant de Bakken (Dakota du Nord, qui compte pour la quasi-totalité de la production actuelle de pétrolede schiste) ou encore du gros producteur Linn Energy (-20% depuis septembre), dont la dette représentait à cette époque 71% du capital, selon Morningstar.
Avec, en corollaire, une flambée des rendements associés et donc un renchérissement des coûts de financement pour ces sociétés, et aussi pour les autres, toutes celles de l’univers de l’énergie par effet de contagion - parmi les obligations qui ont le plus chuté, figurent celles des groupes de services pétroliers Transocean (-30%) et Hercules Offshore (-45%) - et encore au-delà.
« Le secteur énergétique a clairement entraîné le marché du haut rendement vers le bas, l’aversion pour le risque s’est propagée à l’ensemble des obligations des catégories spéculatives » , écrit Adrian Miller, directeur de la stratégie obligataire chez GMP Securities à New York, dans une note.

Selon l’indice Markit CDX North America High Yield, qui mesure le coût d’une assurance contre un défaut de paiement de 100 entreprises en catégorie spéculative, la prime a bondi de plus de 50 points de base la semaine dernière, à presque 400 points, sa plus forte progression hebdomadaire en deux mois, tandis que l’ETF de BlackRock spécialisé dans le haut rendement - le plus gros existant dans cet univers (14 milliards de dollars) – est tombé à son plus bas niveau depuis juin 2012.

Le rendement de la dette souveraine américaine n’avait pas chuté autant depuis deux ans

L’aversion pour le risque se reflète d’ailleurs dans le taux de rendement des obligations souveraines à dix ans des Etats-Unis, qui revient flirter avec le seuil de 2% pour la première fois depuis le mini-krach d’octobre, « qui n’a été qu’un avant-goût de ce qui nous attend » , juge un opérateur de marché.
La dette américaine est perçue comme un actif refuge, ce qui explique le regain d’intérêt des investisseurs pour les Treasuries.
Mais la hausse des cours des obligations américaines à dix ans (et donc la baisse des rendements) s’explique également par des rachats de positions baissières par les hedge funds qui, depuis le début de l’année, parient sur une chute des cours avec la fin du programme de rachats d’actifs de la Réserve fédérale américaine. Sous cette impulsion, le taux de rendement du dix ans américain a connu la semaine dernière sa plus forte baisse en deux ans.

Crédits photo : Bloomberg
Le rendement du taux à 10 ans américain proche de 2%


Pris de court par le retour du risque politique en Grèce, les hedge funds, dopés au levier, doivent également faire face à des pertes sur le marché grec (actions et dette) et doivent, pour rembourser les sommes qu’ils ont empruntées pour spéculer (les faibles taux motivant la pratique), consentir à de grosses pertes pour sortir de ces positions illiquides et vendre également (à perte ou non) des actifs plus liquides. « Voilà comment un sell-off en Grèce et sur le ‘high yield’ se propage à l’ensemble des actifs » , s’agace un gérant obligataire.

Le « high yield », à l’exact opposé du marché de la dette souveraine américaine, « est l’un des marchés les plus illiquides au monde » , soulignait mercredi Steen Jakobsen. Un manque de liquidités « exacerbé pendant cette période d’avant Noël , pointe Eric Pictet, directeur du bureau de Paris de Muzinich, spécialiste de la gestion obligataire à haut rendement. Après Thanksgiving, les acteurs sont moins actifs aux Etats-Unis. Muzinich, « en dehors des télécoms et des médias en 2000 et des banques en 2008 » , admet « avoir une allocation dans l’énergie dans ses portefeuilles HY US proche de l’indice qui pèse 15%. »
Et d’expliquer que ce secteur traitait avec des spreads (prime de risque) moyens inférieurs à 101 points de base depuis treize ans. Désormais, ces rendements offrent une prime de 250 points de base par rapport à l’indice élargi du marché du haut rendement, ce qui signifie que les investisseurs réclament, pour détenir des obligations HY du secteur énergétique plutôt qu’un panier d’autres obligations HY, une prime de rendement de 250 points de base.

Selon Eric Pictet, un baril de brut à 60 dollars pendant un an « n’est pas problématique » et n’engendrerait « aucun défaut » dans les portefeuilles de Muzinich « car les sociétés ont du cash et beaucoup ont mis en place des couvertures. » Et à plus long terme ? « 25% de défaut » à trois ans dans le secteur est possible « mais il est probable que les prix se réajustent car l’offre devait baisser à ces niveaux de prix. »

La chute des cours des obligations à haut rendement aux Etats-Unis a fait basculer l’indice général haut rendement mesuré par Bank of America Merrill Lynch en dessous de 100 depuis quelques jours, indiquant que les obligations HY s’échangent en moyenne en dessous de leur prix d’émission. Quant aux rendements, toujours selon les données de la banque d’affaires, ils s’élèvent désormais à près de 9,5%, contre un point bas de 4,87% en juin. Cette situation a « pour le moment, assez peu d’effet sur le marché européen, le secteur de l’énergie y est petit (1%). »

Il est par ailleurs « possible mais peu probable » , selon Etienne de Marsac, que les titres de dette des entreprises bien notées par les agences (catégorie investissement) subissent des dégagements aussi massifs que ceux observés sur les obligations à haut rendement du secteur énergétique américain, « étant donné le stock de plus-values latentes chez les gérants d’actifs. Cette année encore, les performances sur les fonds de crédit ‘investment grade’ (IG) sont excellentes : entre 7,5% et 8,5% de rendement. »
Un autre opérateur recadre toutefois : « Je ne suis pas sûr que les gérants d’actifs traditionnels soient les plus chargés en dette d’entreprises IG. Si ce sont effectivement les hedges funds qui tiennent le marché, c’est inquiétant. L’année n’est vraiment pas bonne pour eux. Ils se sont plantés sur le papier à dix ans des Etats-Unis, sur la Russie, sur la Grèce, le rachat de Shire par Abbvie… Ils ont besoin de payer leurs appels de marge et de vendre ce qu’ils ont en portefeuille, à commencer, s’ils ne veulent pas empirer leur situation financière, par ce qui est liquide et bénéficiaire.» Au cours du premier semestre, 461 hedge funds ont fait faillite, selon le cabinet Hedge Fund Research, pour qui cette année s’annonce comme la plus funeste pour les fonds alternatifs depuis 2009.

Les primes de risque à leur niveau d’avant crise

Les spreads de crédit sur le haut rendement (450 points de base) comme sur celles des obligations classées dans la catégorie investissement (100 points de base) se traitent aux Etats-Unis « sur les niveaux de pré-crise. Ajustés du levier, ces niveaux sont encore plus chers. […] Ces niveaux extrêmement chers de prime de risque rendent le marché du crédit particulièrement vulnérable » , reconnaît néanmoins Etienne de Marsac.

Crédits photo : BoAML, FactSet, Bloomberg, CreditSights
Les primes de risque, en hausse depuis cet été, explosent ce mois-ci


Le gérant de performance absolue nous explique par ailleurs que les obligations HY sont assorties de « covenants », « c'est-à-dire de mécanismes de protection destinés à protéger le créancier. Typiquement, si le ratio dette nette sur Ebitda (excédent brut d’exploitation corrigé des dépréciations et des provisions) dépasse un certain niveau, alors le débiteur se voit couper ses lignes de crédit. Ce mécanisme protège le créancier, mais assomme le débiteur au moment où celui-ci a le plus besoin de financement. C'est l'effet ‘Jump to Default’, typique du marché du HY » qui, s’il se produit, se reflètera par une augmentation brutale des CDS (Credit Default Swap, sorte d’assurance contre la faillite), trop brutale pour que le créancier ne puisse modifier son appel de marge.

Toutefois, poursuit-il, « le marché pourrait se stabiliser sous l’impact d’opérations de fusions-acquisitions. Les majors de type Exxon, Shell ou Repsol pourraient profiter de l’actuelle consolidation du secteur. »

Alexandre Andlauer ne verse pas non plus dans la fascination du pire : « les ‘big oil’ ont assez d’actifs qu’elles peuvent vendre si ça dégénère ; à bas prix, mais qu’elles peuvent vendre tout de même pour rembourser leur dette. Elles génèrent du cash-flow, même s’il est en baisse. Elles peuvent aussi couper dans le dividende. » Cela dit, « lepétrole dans le Dakota est proche de 45 dollars le baril, c’est une zone qui devient dangereuse et des coupes massives en termes de production auront lieu sous les 40 dollars. Ces coupes ne seront visibles que dès le mois d’avril-mai, une fois que les couvertures arrivent à expiration. »

Moins de production, donc moins d’argent et encore plus de mal à trouver des financements. Le printemps pourrait donc être meurtrier, au moins pour les acteurs les plus fragiles et leurs créanciers.

Marjorie Encelot (@marjoriencelot)


Edité le 18-12-2014 à 00:19:51 par Xuan




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   Posté le 06-02-2015 à 22:56:05   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un article du site communistes



Les cours du pétrole chutent, pourquoi ?


En quelques mois, les cours du pétrole ont chuté de moitié, de 100 dollars le baril à moins de 50 dollars. Dégageons quelques tendances à ce phénomène. Face à une production qui ne faiblit pas et qui a même tendance à croître du fait, à la fois du maintien de la production des grands pays pétroliers en particulier l’Arabie Saoudite, la Russie, le Venezuela, l'Algérie, l’Iran…. et de l’introduction de quantités importantes sur le marché des pétroles de schistes en provenance des USA, la consommation elle stagne du fait du ralentissement de l’économie mondiale et en particulier de celle de la Chine mais aussi d'une diversification en matière d'énergie de ce grand pays.

L'explication, couramment présentée et qui se base sur le rapport de l’offre et de la demande ne permet pas d’expliquer un tel effondrement. La mise en service de nouveaux gisements qui ont demandé des lourds investissements aux majors pétroliers, investissements qui doivent devenir profitables pèsent aussi dans la tendance à la baisse. Ainsi, loin d’une pénurie de ressources énergétiques pétrolières nous sommes confrontés à une perspective durable de surproduction qui contribue à peser sur les marchés.

Dans le même temps, la guerre entre les monopoles pétroliers et les Etats à leur service fait rage pour la conquête des ressources, leur contrôle et leur transport. Un certain nombre de pays du Golfe, comme l'Arabie Saoudite, entendent maintenir des cours bas et une production importante pour amener les producteurs américains de gaz et de pétrole de schistes à sortir du marché car au-dessous de 40 dollars la rentabilité capitaliste de ces productions n’est pas assurée. Ainsi, selon des analystes, certains pays riches de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) comme les Emirats Arabes Unis sont prêts à accepter un prix bas pour pousser les producteurs de pétrole de schiste, en premier lieu les Etats-Unis, hors du marché.

Il ne faut pas sous-estimer l'enjeu de la bataille économique que se livrent les monopoles pétroliers autour de la question des gaz de schiste. Ils représentent maintenant une grande partie de la production d'hydrocarbures aux USA assurant leur quasi indépendance énergétique. Si la baisse des cours conduit à la faillite des sociétés d'exploitation, elle entraîne aussi des concentrations capitalistes qui permettront aux grands majors pétroliers de s'assurer la domination dans ce domaine et à terme d'imposer aux marchés des augmentations substantielles. Ainsi le nouveau PDG de Total estime que les évolutions techniques dans ce domaine peuvent permettre une rentabilité d'exploitation à moins de 50 dollars le baril. Les USA qui sont devenus les leaders de l'exploitation des hydrocarbures de schistes espèrent donc que leur monopole dans ce domaine leur ouvrira les gisements potentiellement importants de l'Europe centrale. Cela explique aussi leur volonté de contrôler directement cette partie de l'Europe face à la Russie.

Cet affaiblissement des cours du pétrole a des conséquences économiques directes sur l'emploi. Après Schlumberger il y a 3 semaines, Baker Hughes a annoncé le 21 janvier la suppression de 7000 postes. Les budgets d'explorations sont en baisse drastique et selon une étude de Goldman Sachs les investissements non rentables (au dessous d'un prix du baril à 70 Euros) représentent 2.000 milliards de dollars et une production de 2 millions de baril/jour. Cette baisse considérable des investissements dans la prospection va jouer à terme sur la production elle même et ouvrir un boulevard aux producteurs de pétrole de schistes déjà en embuscade.

Il faut mesurer que la question pétrolière est aussi fortement corrélée à la domination du Dollar comme monnaie de référence. En effet le marché pétrolier s'effectue pour l'essentiel sur la base du Dollar. Ces pétrodollars sont une absolue nécessité pour maintenir la domination de l'impérialisme US. Pour eux le danger vient du fait que de plus en plus des producteurs importants comme la Russie et l'Iran tentent de se dégager de cette contrainte et négocient des contrats dans leur propre monnaie. Affaiblir durablement ces concurrents c'est donc pour les USA un moyen de préserver leur capacité de domination.

Leur volonté d’affaiblir des concurrents se double aussi de visées politiques. Les grands pays producteurs du Golfe qui n’ont que des populations peu nombreuses, sont moins sensibles à la baisse des cours et peuvent attendre une remontée qui leur permettra de s’imposer. Mais d’autres pays comme l’Iran, la Russie, l'Algérie et le Venezuela dont une grande partie des ressources est liée à l’exportation du gaz et du pétrole, sont eux extrêmement vulnérables à la baisse de leurs cours. Ainsi le Président iranien vient-il de déclarer : « que l'économie (de son pays) pouvait surmonter la chute des cours » et il a prévenu les partisans d’une baisse des cours qu’ils "souffriront plus" que l'Iran ». « Ceux qui ont planifié la baisse des prix du pétrole contre certains pays devraient savoir qu'ils le regretteront » .
La Russie déjà sous embargo du fait de la crise ukrainienne voit son économie souffrir de cette situation.
Il en va de même pour le Venezuela et l'Algérie.
Ces effets ne sont pas pour déplaire aux forces impérialistes sous domination US qui veulent affaiblir ces pays. Ainsi Obama dans son discours sur l'état de l'Union vient-il d'affirmer qu'avoir : « mis en lambeaux l'économie de la Russie » était pour lui un sujet de fierté. Dans le même temps, cette crise entretenue à la fois pour des raisons économiques et politiques avive les tensions au Moyen-Orient et rend encore plus nécessaire aux yeux de l’impérialisme US et de ses alliés concurrents le repartage et le contrôle de cette région en éliminant les Etats qui par leur politique d’indépendance refusent la main- mise des forces impérialistes.

Ainsi, la concurrence capitaliste des monopoles pétroliers et des Etats qui les servent augmentent-elle le niveau de tension dans le monde et contribue à l’élévation du danger de guerre.

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   Posté le 14-02-2015 à 00:21:59   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Quelques indications


Le début de l'année a été marqué par une forte baisse du cours du pétrole.
Bien que cette baisse affecte la rentabilité du gaz de schiste produit aux USA avec l'argent des QE, on peut se demander si la guerre des prix entre les USA et l'Arabie Saoudite ne sert pas les intérêts géostratégiques des USA.

En effet ceci a pour effet de plomber la balance commerciale de la Russie et a provoqué une chute historique du rouble. Cette opération vise aussi le Venezuela, l'Algérie..

Officiellement l'Arabie Saoudite baisse son cours pour contrer la production du gaz de schiste US. Mais il semble que cette décision soit intervenue juste après la visite d'un émissaire US d'une part.
D'autre part les USA viennent de mettre sur le marché une grande quantité de pétrole afin de faire chuter de nouveau les cours, au moment où se déroulent les négociations sur l'Ukraine.

Le pétrole repart en forte baisse, lesté par l'offre américaine record


Romandie

New York - Les cours du pétrole ont nettement reculé mercredi à New York et Londres, lestés par les sommets historiques atteints à la fois par les réserves et la production de pétrole aux Etats-Unis, dans un marché déjà plombé par le surplus d'offre.

Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en mars a perdu 1,18 dollar, à 48,84 dollars, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour même échéance a fini à 54,66 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 1,77 dollar.

Dès l'ouverture, les prix de l'or noir s'étaient affichés en baisse, les opérateurs pressentant un nouveau gonflement de l'offre aux Etats-Unis, le premier consommateur de brut au monde.

La parution de chiffres confirmant ces craintes ont ainsi naturellement fait chuter les prix en première partie de séance, a observé James Williams, de WTRG Economics, avant qu'ils n'effacent quelques-unes de leurs pertes en cours de journée.


Les réserves de brut ont atteint un nouveau record historique, démontrant qu'à court terme, le marché va rester plombé par une offre surabondante, même si à plus long terme, les choses vont évoluer, a-t-il détaillé.

La dégringolade des prix du brut depuis l'été dernier a rendu moins rentable l'extraction de pétrole en Amérique du Nord notamment, où la production en plein boom est nourrie par l'or noir issu du schiste. Elle s'est ainsi traduite par une réduction des dépenses des entreprises du secteur et un déclin du nombre de puits de forage en activité dernièrement.

Lors de la semaine achevée le 6 février, les réserves de brut ont augmenté de 4,9 millions de barils, contre une hausse de 3,6 millions attendue par les experts, à 417,9 millions, selon le département américain de l'Énergie (DoE).

A ce niveau, les stocks se situent à un nouveau plus haut depuis 1982, date des premières publications hebdomadaires du DoE, et depuis novembre 1930 sur la base des données mensuelles, lorsqu'ils avaient atteint 517,021 millions.

La production américaine s'est elle établie à 9,226 millions de barils par jour (mbj), battant un nouveau record depuis 1983 au moins.

- Baisse des produits distillés -

Surveillées de près par les courtiers, les réserves du terminal pétrolier de Cushing (Oklahoma, centre-sud), qui servent de référence au pétrole échangé à New York, le WTI, ont encore augmenté, de 1,2 million de barils, pour la dixième semaine d'affilée.

Les réserves d'essence ont elle aussi progressé plus que prévu, augmentant de deux millions de barils.

Cependant, au vu de la vague de froid actuellement en cours dans certaines régions des Etats-Unis, le fioul de chauffage est très demandé et les stocks de produits distillés en ont souffert, ce qui a limité la baisse globale du marché, a noté John Kilduff, de Again Capital.

Ces réserves, qui incluent en effet le fioul de chauffage mais aussi le gazole, ont plongé de 3,3 millions de barils cette semaine-là. Mais elles sont en hausse de 16,1% par rapport à la même période en 2014.

...

ppa/jld/as

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   Posté le 12-06-2017 à 09:21:42   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un article du site réactionnaire contrepoints : l'hégémonie US s'effondre réellement avec le monopole financier et commercial des pétrodollars. Cet épisode pourrait constituer un tournant très important de la reconfiguration à l'échelle mondiale.

Et si la Chine payait le pétrole en yuans ?

By: Adrian Korte - CC BY 2.0

La Chine est en train de modifier les modalités de son commerce pétrolier avec l’Arabie Saoudite. Va-t-elle payer le pétrole saoudien en yuans chinois plutôt qu’en dollars ?

Par Byron King.

La Chine est en train de modifier les modalités de son commerce pétrolier avec l’Arabie Saoudite. Plus précisément, la Chine planche sur un accord pour payer le pétrole saoudien en yuans chinois, ce qui représente une menace directe pour le dollar.
Si cet accord entre Chinois et Saoudiens est conclu – des yuans contre du pétrole – une nouvelle étape sera franchie, qui rapprochera le pétrodollar de sa fin. Le pétrodollar domine la finance mondiale depuis 1974.
Pour rappel, le pétrodollar s’affaiblit parce que le dollar perd de son pouvoir en tant que monnaie de réserve mondiale. C’est ce qui s’est passé pour la livre sterling, peu à peu tombée en disgrâce avec le déclin de l’empire britannique. Certes, la disparition du dollar n’est pas pour demain mais nous assistons aujourd’hui à une nouvelle étape de son déclin.
Depuis 1974, les Saoudiens acceptent le paiement de la quasi-totalité de leurs exportations de pétrole – vers tous les pays – en dollars. En effet, sous l’égide du président Nixon, un accord entre l’Arabie Saoudite et les États-Unis avait été passé.
Il y a une quinzaine d’années, la Chine a cessé d’être auto-suffisante en pétrole et a commencé à acheter du pétrole saoudien. Comme tous les clients, la Chine devait payer en dollars. Même aujourd’hui, la Chine paye encore le pétrole saoudien en dollars US et pas en yuans, ce qui contrarie beaucoup le gouvernement chinois.

LA CHINE, PREMIER IMPORTATEUR MONDIAL DE PÉTROLE, NE VEUT PLUS LE PAYER EN DOLLAR

Depuis 2010, les importations chinoises de pétrole ont pratiquement doublé. Selon Bloomberg News, la Chine a dépassé les États-Unis pour devenir le premier importateur au monde de pétrole. Voici un graphique qui montre bien cette tendance :
À mesure qu’augmentent leurs importations de pétrole, il devient de plus en plus impérieux pour les Chinois de payer ce pétrole en yuans au lieu de le payer en dollars. La Chine ne veut pas utiliser des dollars pour acheter du pétrole. C’est pourquoi elle commence à faire pression sur l’Arabie Saoudite en abaissant fortement ses achats de pétrole saoudien.

Actuellement, les trois plus importants fournisseurs de pétrole de la Chine sont la Russie, l’Arabie Saoudite et l’Angola. Outre ces trois principaux fournisseurs, la Chine se fournit également en Iran, en Irak et à Oman, ce qui permet aux Chinois de diversifier leur chaîne d’approvisionnement.
Ces dernières années, Pékin a diminué ses achats de pétrole auprès des Saoudiens alors que les exportations de pétrole russe sont passées de 5% à 15% du total des importations chinoises.
La Chine importe plus de pétrole de Russie, d’Iran, d’Irak et d’Oman et moins d’Arabie Saoudite.
La part des Saoudiens dans les importations chinoises a chuté, passant de plus de 25% en 2008 à moins de 15% aujourd’hui. Pendant ce temps, les concurrents des Saoudiens – la Russie, l’Iran, l’Irak et Oman – ont vendu plus de pétrole à la Chine.
L’Arabie Saoudite aimerait bien inverser cette tendance.
Toutefois, il existe une bonne raison pour laquelle les ventes de pétrole russe à la Chine augmentent. Les flux commerciaux et financiers sont souvent étroitement liés. Au cours de ces dernières années, la Chine a accru ses échanges commerciaux avec la Russie – aujourd’hui, la Chine paie le pétrole russe en yuans. En échange, la Russie utilise le yuan pour acheter des marchandises en Chine.

CHINE, RUSSIE ET LE RETOUR FURTIF DE L’ÉTALON-OR

Au-delà du commerce de marchandises, au cours des six derniers mois, la Russie a installé une branche de la Banque de Russie à Pékin. De là, la Russie peut utiliser ses yuans pour acheter de l’or sur la Bourse de Shanghai. En un sens, le commerce pétrolier sino-russe est aujourd’hui soutenu par un « étalon-or. »
À l’avenir, l’Arabie Saoudite se retrouvera progressivement mise à la porte du marché pétrolier chinois si elle n’accepte pas de vendre du pétrole contre des yuans. Les Saoudiens doivent s’éloigner des dollars US – et des pétrodollars – s’ils veulent garder et augmenter leur accès au marché du pétrole chinois.
Si les Saoudiens commencent à accepter des yuans contre du pétrole, tous les paris sont ouverts sur le pétrodollar. Le « pétroyuan » bouleversera fortement la dynamique monétaire des flux d’énergie mondiaux. Selon moi, le dollar américain ne pourra en sortir qu’affaibli.
Les informations sur le pétroyuan sont publiques. Pourtant, pour une étrange raison, les décideurs politiques et les médias occidentaux font preuve d’une forme d’aveuglement au sujet des implications de ce pétroyuan. L’idée leur paraît si saugrenue que beaucoup de responsables politiques préfèrent tout simplement l’ignorer.
Qu’ils continuent à ignorer. Mais un beau matin nous pourrions bien nous réveiller au cœur d’une énorme crise monétaire avec une baisse du dollar et une violente hausse des prix du pétrole.
Vous connaissez notre antidote contre cette crise : achetez de l’or tant qu’il est accessible. Il cote actuellement moins de 1 300 $ l’once… mais jusqu’à quand ?

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