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 autoentrepreneurs : salariat déguisé et précaire

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Xuan
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   Posté le 13-08-2016 à 13:53:16   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Présentée comme plus libre que le salariat, la condition d'autoentrepreneur comporte de nombreuses variantes.

Lorsqu'elle se rapproche de l'artisanat, sa fonction aboutit à baisser les prix et en fait les revenus de l'ensemble des artisans et des autoentrepreneurs.

Fréquemment elle fournit à des entreprises donneurs d'ordre des équivalents salariés dépourvus de toute sécurité, garantie ou avantage. Quand ce ne sont pas ces entreprises elles-mêmes qui obligent leurs salariés à accepter ce statut.


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Sur Boursorama

Take Eat Easy : les coursiers veulent se battre pour un meilleur statut


Boursorama avec AFP le 12/08/2016 à 08:36

Obligés de travailler sous le statut d'auto-entrepreneurs, les livreurs à vélo de l'enseigne belge se sont retrouvés sans rien lorsque l'entreprise a fait faillite fin juillet. Regroupés en collectif, ils envisagent de saisir les prud'hommes.


Des livreurs Deliveroo, qui propose le même service que Take Eat Easy, le 31 mars 2016 à Paris (Illustration). ( AFP / ERIC FEFERBERG )

Depuis 2013, Take Eat Easy proposait un service de livraison de repas, issus de divers restaurants, à domicile par l'intermédiaire de coursiers à vélo. Faute d'avoir réussi sa dernière levée de fonds, l'entreprise belge a mis la clé sous la porte le 25 juillet dernier. Une faillite qui a également coûté cher aux milliers de coursiers, entre 2.000 et 3.000 en France et 4.000 en Europe.

La particularité de ces coursiers, comme des chauffeurs d'Uber ou de certaines aides à domicile travaillant pour l'économie collaborative, est qu'ils ne sont pas salariés mais indépendants et ont un statut d'auto-entrepreneur, une condition obligatoire pour travailler pour ce type d'entreprises et start-up vendant des services par le biais de plateformes. Un statut leur permettant d'avoir un revenu plus avantageux mais qui ne leur assure aucune garantie de salaire en cas de faillite et pas de chômage. En juillet, ils n'ont pas été payés.

"LE COLLECTIF COURSIER FRANCILIEN" PRÊT À ATTAQUER

Un collectif de coursiers, dont beaucoup travaillaient pour l'enseigne belge, s'est alors créé pour obtenir la "requalification" de leurs contrats "très précaires". Baptisé "le collectif coursier francilien" et détenteur d'un compte Facebook, il revendique quelque 700 membres dont "150 se disent prêts à attaquer la plateforme" devant les prud'hommes afin de percevoir leurs revenus de juillet et d'obtenir la "requalification de leurs contrats" de travail, "très précaires" , selon Matthieu Dumas, son président âgé de 22 ans, qui travaillait pour Take Eat Easy depuis octobre 2015.

Au-delà des coursiers de Take Eat Easy, au nombre de 2.000 à 3.000, selon les sources, le collectif espère fédérer "tous les coursiers indépendants à travers toute la France" , explique Matthieu Dumas. Il entend lutter pour une "meilleure protection" de ces travailleurs indépendants en obtenant la "requalification de leur contrat commercial" et "obliger les plateformes collaboratives à leur assurer une protection sociale" , inexistante à ce jour.

UN "MODÈLE ÉCONOMIQUE CAPITALISANT SUR LA MISÈRE"

"Ces start-up nous vendent le statut d'auto-entrepreneur comme le Saint Graal sans jamais nous parler des inconvénients" , dit Matthieu Dumas. Il dénonce un "modèle économique capitalisant sur la misère" , qui permet à des étudiants, jeunes professionnels sans emploi ou chômeurs en fin de droit de trouver facilement une activité rémunérée, mais reposant sur des tâches accomplies par des personnes à leur compte, flexibles et pour lesquelles il n'y a aucune charge sociale à acquitter.

L'idée du collectif lui est venue, explique Matthieu Dumas, après un email de Take Eat Easy "en janvier, nous annonçant que les bonus pour les week-ends travaillés et les tarifs minimum garantis par créneau horaire étaient supprimés, sans aucune explication. Ca faisait passer mes revenus mensuels de 1.800 à 1.200 euros" .


Edité le 13-08-2017 à 22:57:10 par Xuan




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   Posté le 13-08-2017 à 22:49:46   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Deux articles de Challenges révèlent comment l'ubérisation n'est qu'un salariat déguisé, mais sous une forme plus précaire encore.

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Deliveroo, Uber… quand les travailleurs de l'ubérisation se rebellent


Par Marion Perroud le 15.10.2016 à 16h12 Challenges

Ils sont chauffeurs de VTC ou livreurs à vélo. Uber, Deliveroo, Foodora et autres plateformes de l'économie collaborative leur avaient vendu l'eldorado du travail indépendant, à l'heure du numérique. Aujourd'hui, un nombre croissant de ces travailleurs de l'ubérisation s'en mord les doigts... et contre-attaque.



L’association du Collectif des coursiers franciliens s’est créée après le placement en redressement judiciaire de la start-up belge Take Eat Easy fin juillet.
(C) TEE


Pierre Serra est coursier pour le compte de la plateforme collaborative de livraison à vélo Stuart depuis environ un an et demi. En tant qu'indépendant autoentrepreneur, il travaille en moyenne "40 à 60h" par semaine pour un chiffre d'affaires mensuel qui oscille entre 2000 et 3000 euros.
"Le système est vraiment souple. On choisit notre mode de rémunération, nos horaires sans jamais avoir un patron pour nous dire d'aller plus vite ou nous donner des ordres." Comme 66%* des autoentrepreneurs* inscrits sur ce type de plateformes de services aux particuliers, Pierre Serra affirme être satisfait de l'expérience. "C'est un bon tremplin lorsqu'on a des projets en parallèle" , juge le jeune coursier qui s'investit par ailleurs dans la musique.

D'autres n'ont pas toujours cette chance. C'est notamment le cas de Jérôme Pimot, également coursier autoentrepreneur. TokTokTok, Take Eat Easy, Deliveroo… Pendant près de deux ans, il est passé par presque toutes les plateformes de livraison de plats à vélo de la capitale. "On me répétait que j'étais indépendant et en même temps on m'imposait des tas de contraintes comme celle de porter l'uniforme de la marque, de réaliser un maximum de courses ou d'accepter un mode de tarification par défaut. Deliveroo m'a d'ailleurs "remercié" en avril dernier car je ne voulais pas porter leur veste" , lâche-t-il amer lors des 4ème assises de l'autoentrepreneur, organisées par la Fédération des autoentrepreneurs (Fedae), qui se sont tenues le 29 septembre.

Avec le recul, celui qui se surnomme aujourd'hui sur les réseaux sociaux comme un "sniper combattant l'ubérisation" , s'estime floué par ces plateformes "qui sont des vendeurs de pelles de l'Eldorado et exposent en réalité leurs livreurs à tous les dangers sans les former ni les informer" . Pour lui, "cette économie ne marche pas sans lien de subordination pour la simple et bonne raison que ces sites ont besoin d'afficher une image de marque forte et une qualité de service uniforme qui supposent un protocole et des process quasi impossibles sans avoir recours au salariat." Raison pour laquelle, le coursier réfléchit désormais à attaquer Deliveroo pour "travail déguisé" .

"Suis-je un salarié ou un indépendant?"

Un risque de requalification de la prestation de services en contrat de travail, auquel de plus en plus d'entreprises sont exposées. Avec à la clé, de lourdes sanctions potentielles (rappels des salaires, dommages et intérêts, redressement URSSAF…) pour celles dont les abus seraient avérés.
Le phénomène est pour l'heure difficile à quantifier –aucune statistique officielle ne recense le nombre d'entreprises attaquées aux prud'hommes ni le nombre de redressements URSSAF sur ce motif– mais une chose est sûre, il inquiète. L'enjeu est de taille: les professionnels de l'économie collaborative ont pour la plupart fondé leur modèle économique et leur attractivité sur le recours à une collectivité de travailleurs indépendants vis-à-vis desquels ils n'ont aucune responsabilité sociale ou juridique. Les reconnaître en tant que salariés reviendrait tout bonnement à balayer d'un revers de main la viabilité de leur activité.

En la matière, les pratiques des sites de livraison de plats à domicile sont loin d'être les seules dans le viseur. Uber(chauffeurs VTC) ou encore Click and Walk (partage d'informations sur des produits et magasins contre rémunération) font déjà l'objet de procédures pour "travail dissimilé". En cause, un flou juridique latent encadrant la requalification éventuelle en contrat de travail, appuyée non pas par des critères précis mais qui doit être fondée sur un faisceau d'indices concordants tels que l'attribution de matériels, laissant ainsi une large place à l'interprétation des inspecteurs du travail et des juges. "J'aimerais que la loi se prononce sur cette question: suis-je un salarié ou un indépendant?", insiste Jérôme Pimot.

A l’heure où la France compterait plus de 13 millions de travailleurs indépendants au sens large (en complément d’une activité ou à plein temps), le gouvernement commence à prendre très au sérieux cet épineux sujet. Si bien que la loi travail, promulguée en août dernier, crée dans le cadre de son article 60 une forme de responsabilité sociale de ces plateformes vis-à-vis des indépendants, notamment en matière de couverture des risques professionnels (accidents de travail, maladie...) et de formation professionnelle.
Elle introduit également le droit pour ce type de collectivité d’indépendants de constituer une organisation syndicale et de "défendre leurs revendications professionnelles". "Je ne sais pas si le gouvernement aura le temps de sortir tous les décrets d’ici la fin du quinquennat mais c’est déjà une belle avancée technique" , salue Grégoire Leclercq, président de la Fedae. La clarification du statut de travailleur indépendant attendra, elle, pour plus tard.

L'union fait la force

Certains n’ont pas attendu la promulgation de la loi pour faire valoir leurs droits collectivement. En juin dernier, 350 chauffeurs VTC travaillant avec Uber ont ainsi lancé une campagne de crowdfunding –qui n'a finalement pas abouti- pour attaquer en justice la plateforme afin de demander une requalification des contrats passés avec Uber en contrat de travail. L’association du Collectif des coursiers franciliens s’est par ailleurs créée après le placement en redressement judiciaire de la start-up belge Take Eat Easy fin juillet.

L’objectif: mener "une action collective pour requalifier tout coursier le souhaitant en salarié" pour le travail réalisé. Plus de mille personnes ont d’ores et déjà rejoint le groupe Facebook, parmi lesquelles Jérôme Pimot. "Il a fallu que je passe à l’autoentrepreneuriat pour me syndiquer!" , plaisante-t-il.

Lui planche actuellement à la création d’une coopérative de coursiers à vélo en Ile-de-France pour passer de "l’économie collaborative à l’économie sociale et solidaire" en garantissant "une vraie protection pour les livreurs" . Une initiative soutenue entre autres par Danielle Simmonet, élue Front de gauche conseillère municipale à la mairie de Paris, qui défend actuellement sur les planches sa pièce de théâtre résolument engagée "Uber, les salauds et mes ovaires" , dans le 19e arrondissement de la capitale.

Face à ces revendications de plus en plus médiatisées, certains acteurs de l’économie collaborative tentent de sortir du lot en proposant des services spécifiques aux autoentrepreneurs avec lesquels ils collaborent, tels que BeeBoss, plateforme de mise en relation entre travailleurs indépendants et clients de grandes entreprises partenaires pour des prestations variées (ex: garde d’enfant, montage de meubles, assistance informatique, coiffure…).
"Notre responsabilité c’est de faire preuve de bienveillance sociale vis-à-vis des 'talents' présents sur notre site. Caution bancaire, formation, assurances, centrale d’achat… nous leur permettons d’accéder à un ensemble de services" , liste Sergine Dupuy, fondatrice de BeeBoss.
D’autres, à l’instar de SOS Jober, proposent aux indépendants une sorte de certification de l’expérience acquise via sa plateforme.

Les géants de l'économie collaborative risquent-ils d’être à leur tour "ubérisés" par ces nouveaux venus et autres Scop de travailleurs indépendants qui tentent de les concurrencer sur le plan social? Difficile à dire... Uber, Deliveroo et autres Foodora n'ont en tout cas pas fini de se casser les dents avec ce modèle social plus que contesté.

*Sondage Fédération des auto-entrepreneurs Juin 2016


Edité le 13-08-2017 à 23:03:46 par Xuan




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   Posté le 13-08-2017 à 22:55:26   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La fronde prend de l'ampleur chez les coursiers à vélo de Deliveroo


Par Challenges.fr le 11.08.2017 à 13h04, mis à jour le 12.08.2017 à 09h51

Des livreurs Deliveroo dénoncent une modification de leur contrat qui leur ferait perdre une partie de leurs revenus.


La société de livraison de repas à vélo compte 7.500 coursiers en France.
SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA


Une quarantaine de livreurs de l'entreprise de livraison de repas à domicile Deliveroo se sont rassemblés vendredi à Paris pour réclamer une augmentation du prix de leur course, a constaté une journaliste de l'AFP. La manifestation a rassemblé au total une centaine de personnes, en majorité des militants politiques et syndicaux. Elle était soutenue par la CGT et Solidaires commerce et services.

"La rue est notre usine, les forçats du bitume relèvent la tête" , proclamait une banderole. A Lyon, une vingtaine de coursiers se sont rassemblés pour mener une une campagne de "sensibilisation" auprès de plusieurs restaurateurs du centre, selon leur porte-parole, Diego Guglieri. "Il y aura d'autres actions à la rentrée quand les clients de Deliveroo seront rentrés" , a-t-il affirmé.

Soumis à un nouveau contrat depuis fin août 2016, la majorité des coursiers "ne sont plus payés à l'heure mais seulement à la commande, au prix de 5,75 euros à Paris et 5 euros en province, un tarif qu'ils souhaitent voir passer à 7,50 euros" , avec un "minimum de deux courses par heure" , a expliqué à l'AFP Jérôme Pimot, à la tête du collectif parisien qui les représente, le Clap. Il dit vouloir notamment se battre pour l'instauration d' "un minimum garanti" . Auparavant, les coursiers, au statut d'indépendants, étaient payés 7 euros de l'heure auxquels s'ajoutait une prime de 2 à 4 euros. Deliveroo a donné jusqu'à fin août à ceux qui travaillent encore à ces conditions pour changer de contrat.

8% des livreurs concernés

Dans un communiqué diffusé vendredi, la direction de Deliveroo assure que seuls "8%" de ses "7.500 livreurs" sont encore soumis à l'ancienne tarification. Elle dit "vouloir faire converger l'ensemble des contrats" dans un objectif d'équité et assure également que "la tarification à la course permet (...) de générer en moyenne plus de 14 euros de l'heure" .

A Bordeaux, des livreurs ont manifesté à plusieurs reprises fin juillet pour dénoncer les changements dans leur contrat de travail qui les "précarisent" davantage, selon le syndicat CGT des coursiers à vélo de la Gironde.
Depuis la mise en place de la nouvelle tarification, Deliveroo a recruté massivement, notamment à Paris.
"Ce nouveau régime, auquel s'ajoute une quantité incroyable d'entreprises de délivrance de repas à domicile dans la capitale, aggrave les conditions de travail et les précarise" , insiste Jérôme Pimot. "Un bon coursier réalise au mieux 2,2 courses à l'heure lorsqu'il est bien rôdé; un nouveau une seule par heure voire aucune" , dit-il, dénonçant une "flexibilisation à outrance". Selon Deliveroo, ses livreurs "collaborent en moyenne 22 heures par semaine" .

(Avec AFP)

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