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 Un article du PRCF sur Asselineau

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Xuan
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   Posté le 31-03-2017 à 19:38:17   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur Initiative-communiste :


United Colors of Asselineau – par Aymeric Monville


[img]http
s://i1.wp.com/www.initiative-communiste.fr/wp-content/uploads/2017/03/Asselineau-UPR-droite.png?resize=300%2C175[/img]

La récente initiative d’un libraire parisien, connu (entre autres) de la mouvance communiste, éveille auprès de nombreux camarades, une inquiétude légitime.
L’idée de confronter François Asselineau à des marxistes et/ou à des communistes n’était pas mauvaise en soi. Nous sommes néanmoins restés sur notre faim, tout simplement parce qu’il n’y a pas eu confrontation mais meeting électoral.
Des années avant que Asselineau ne quitte l’UMP, les communistes se battaient déjà pour le Frexit, et sortir du système … capitaliste !


affiche du PRCF de 2005 pour le non à toute constitution européenne, à l’époque Asselineau militait à l’UMP !

Face à une bienveillance désarmante des épigones pourtant déclarés de feu « l’homme au couteau entre les dents », F. Asselineau a pu s’étendre en long et en large, comme s’il l’avait inventé tout seul, sur ce qui fait le plus petit commun dénominateur entre lui et « nous » : la défense de l’intégrité et de la souveraineté nationales, les trois sorties, euro- UE, OTAN.

« Une révolution sans révolution ? »

La quatrième sortie (celle du capitalisme), Asselineau nous demande de la mettre en veilleuse, pour ne pas être trop « clivants ». Ce n’est pourtant pas seulement une question de stratégie électorale mais de cohérence intellectuelle minimale, dont l’absence compromet tout le discours de campagne.
Comment des marxistes peuvent-ils laisser dire qu’on pourrait revenir aux services publics d’antan, à un colbertisme intemporel, propre au génie français selon Asselineau, dans le cadre actuel du capitalisme actuel ? Et pourquoi pas au prétendu compromis fordiste d’après-guerre ? Aux Trente glorieuses ? Aux forteresses ouvrières de la grande industrie ? Cette époque, propre à la période de reconstruction d’après-guerre, ne reviendra pas. Elle est entrée en crise, une crise dont nous n’avons pas fini de sortir. Et l’une des raisons majeures, en termes de rapport des forces politiques, est que l’opportunisme ravageur, celui qui promet tout en échange de l’abandon du but final révolutionnaire, c’est qu’entre-temps, le grand PCF marxiste-léniniste de Thorez et Duclos a été détruit et dénaturé par ses chefs « mutants », pendant que le super-mutant planétaire Gorbatchev et son rival Eltsine ont liquidé le camp socialiste : c’est sur ce rapport des forces mondial et national entre le capital et le travail, entre le capitalisme et le socialisme, que reposait la possibilité même du gaullisme en tant que – tout en restant dans le camp capitaliste – le Général savait « naviguer » à l’international entre les USA et ce qu’il appelait « la Russie soviétique ». Si bien que même pour penser le gaullisme, il faut prendre en compte la confrontation entre les classes, confrontation que l’UPR se fait gloire de contourner. La seule solution au pourrissement du mode de production, c’est le socialisme, et non je ne sais quelle robinsonnade passéiste.

Le coup d’Etat perdurant : la question démocratique, celle des institutions, de la VIe République, sociale et faisant place aux travailleurs

Je suis aussi resté surpris du silence complet d’anciens militants communistes face à la question des institutions, non pas européennes, mais tout simplement nationales.
Comment ne pas réagir lorsque François Asselineau nous fait comprendre à mi-mot, que son grand avantage est que, contrairement à Marine Le Pen, il sera plus clément et bienveillant avec nous dans l’emploi de l’article 16. Nous ne faisons pas de procès d’intention en fascisme à M. Asselineau, qui certes ne va « pas commencer à soixante ans une carrière de dictateur ». Mais enfin, ce n’est pas seulement une question de personne. La tension sociale est partout grandissante. Nous n’avons pas besoin de l’article 16 sur les pleins pouvoirs et qui, dans la pratique, permettrait d’instaurer le fascisme en France. Nous refusons cette constitution instituée par le coup d’Etat, avalisé et « légalisé » par la SFIO de Guy Mollet, du 13 mai 1958.
D’accord pour sortir du carcan européen, mais sortons aussi du carcan de la Cinquième ! Certes, Mélenchon ne donne pas assez de garanties sur le premier point. Nous avons dit que notre soutien critique s’inscrivait dans une volonté de le faire évoluer sur ce point. Mais sur le deuxième point, Asselineau n’en donne aucune. Il s’inscrit parfaitement dans cette prise d’otage de la politique française par les hommes providentiels au dessus des partis, à l’instar du « Young Leader » Macron, ou désignés par le système des primaires « à l’américaine ». Or formes et contenus vont de pair. On ne pourra pas couler l’insurrection citoyenne indispensable à l’émancipation sociale et nationale de la France dans le moule d’institution faites de A à Z pour minorer le peuple, écarter la classe ouvrière. Rappelons d’ailleurs que la constitution de 58 est aux antipodes du CNR et de son programme « Le Jours heureux » qui appelait à « mettre le monde du travail au centre de la vie nationale ».

Et quelles garanties donne-t-il pour répondre à la fascisation en cours, à la répression syndicale (deux mille syndicalistes poursuivis actuellement, certains même pour « jets de confettis » : aucune puisque, que l’on sache, on n’a pas vu l’UPR montrer une grande sensibilité quand des milliers de militants CGT ont été réprimés au printemps dernier. On ne saurait en vouloir exagérément à M. Asselineau qui ne vient pas de notre classe, mais on peut s’agacer que des militants communistes fascinés par l’UPR aient tout bonnement oublié qu’un front, fût-il patriotique, ne peut qu’avorter ou déraper dès lors que la classe ouvrière y aliène son indépendance politique, qu’elle abdique en pratique la tâche de s’organiser en « parti indépendant de toutes les fractions bourgeoises » (Marx), qu’elle prétend mettre un mouchoir « provisoirement » sur son objectif socialiste/communiste. Quelle différence avec le PRCF qui, sans mépriser en rien les patriotes bourgeois pour autant qu’au final ils préfèrent au moment décisif leur patrie à leur classe massivement pro-Maastricht (et seule l’histoire dira s’ils sont finalement capables d’un tel choix), s’efforce de tenir « tous les bouts » de la chaîne : reconstruction du parti de classe, unité dynamique des buts patriotiques et de l’objectif révolutionnaire, reconstruction du syndicalisme de classe, mise en place d’un large Front contre l’UE où d’emblée, les perspectives progressistes doivent être présentes et très visibles : faute de quoi la classe ouvrière ne « portera » pas le « Frexit » et celui-ci ne sera qu’un pétard mouillé aux mains des hommes politiques de la bourgeoisie « patriote ».

Pour Asselineau, l’OTAN était utile…

Et même sur ce sur quoi nous sommes d’accord, comme la sortie de l’OTAN, regardons en détail. Asselineau avait-il besoin de dire que l’OTAN nous a été utile dans le passé [1], contre le Pacte de Varsovie (pourtant fondé en réponse au premier et longtemps après l’OTAN !), comme il l’a récemment déclaré au journal de 20 h ? Comment prétend-il mobiliser les soutiens internationalistes dont il aura besoin pour sortir de l’OTAN avec des positions pareilles ? Est-ce aux Cubains qu’il va dire quelque chose du genre : « L’OTAN, c’était bien mais c’est plus ça » ? La solidarité internationale, l’internationalisme prolétarien, l’Europe des luttes sociales, la lutte contre l’hégémonisme allemand, seraient-ils eux aussi des sujets « clivants » ?
Le gaullisme : comment il est né, comment il a vécu, comment il a perdu son caractère organique

Bref, malgré certaines sympathies naturelles, certains souvenirs historiques en commun entre gaullistes et communistes, malgré le fait historique établi que De Gaulle et le PCF clandestin ont fait front ensemble dès 1943 pour éviter qu’avec Giraud et l’AMGOT, la France ne devienne une colonie directe des USA, j’ai le regret de conclure que la nostalgie du gaullisme d’antan n’est pas la solution mais une partie du problème : comme l’a expliqué G. Gastaud dans un texte récent intitulé Frexit progressiste, classe ouvrière et socialisme,

« En 45, un compromis historique était possible à l’international (Yalta) et à l’échelle nationale (France, Italie, Belgique…), non seulement pour des raisons de rapport des forces, non seulement parce qu’un objectif de classe non négligeable était d’empêcher Washington de mettre la France sous tutelle directe (AMGOT, monnaie américaine). C’est déjà pour contrer cet objectif antinational que le PCF clandestin s’était rapproché de de Gaulle, isolant ainsi le général Giraud, la marionnette maladivement anticommuniste et néo-pétainiste que voulaient imposer Londres et Washington. A l’époque, un courant politique de masse comme le gaullisme était encore historiquement possible : ce courant, certes bourgeois et impérialiste, pouvait alors « naviguer » entre les deux Grands issus de la guerre, l’américain et le soviétique, pour permettre à la France capitaliste, sortie très affaiblie de la guerre, de tirer son épingle du jeu sur le plan international (en clair, de tenir en respect les Anglo-Saxons tout en restant dans le camp capitaliste). La mission de classe du gaullisme était aussi de préparer les fusions monopolistes qui, à l’époque, devaient alors encore s’opérer principalement à l’échelle nationale. Bref, la grande bourgeoisie – qui n’a jamais été réellement patriote, ni même gaulliste, et qui ne le sera jamais, sa seule patrie étant son tiroir-caisse – pouvait alors miser conjoncturellement sur un courant bourgeois patriotique légitimé par la « France libre ». Et bien sûr elle était aussi forcée de le faire parce que le courant patronal collabo était sorti discrédité de la défaite commune de Hitler et de Pétain. Et ce fut la mission principale du pouvoir gaullo-pompidolien, entre 1958 et 1974, que de constituer avec l’aide de l’Etat ces géants financiers et industriels nationaux que furent Rhône-Poulenc, la BNP, Péchiney-Ugine-Kulhmann, Schneider-Creusot-Loire, etc.
Or cette ère « nationale » de la grande bourgeoisie hexagonale est pour l’essentiel révolue pour deux raisons.
Parce que l’URSS est tombée, que les nouveaux rapports de forces entre puissances capitalistes ont globalement desservi l’impérialisme français à l’avantage des USA et de l’Allemagne « unifiée », codirigeants de l’UE libre-échangiste, antirusse et re-colonisatrice des pays de l’Est. Il y a donc moins d’espace géopolitique pour un néo-bonapartisme gaullien (au sens que Marx donne au mot « bonapartisme » dans son 18 Brumaire de Louis Bonaparte) naviguant entre l’Est et l’Ouest. Mais il y avait aussi bien moins d’espace « intérieur » pour des fusions monopolistiques purement nationales : à l’heure de la mondialisation américaine et de l’Europe allemande, la concentration capitaliste s’opère en effet au minimum à l’échelle continentale et transcontinentale : Renault- Nissan, PSA/Opel, Alsthom/General Electrics, France-Télécom/ « Orange », etc. D’où le « besoin d’aire » de l’oligarchie patronale « française » (dans le temps on osait dire : « espace vital » ou « Lebensraum »). D’où la germanophilie mâtinée d’atlantisme de « notre » bourgeoisie profondément honteuse de ce qui fait notre fierté, les acquis sociaux, et qu’elle nomme dédaigneusement l’ « exception française ». D’où le basculement des oligarques et de tous les snobs qui la courtisent à l’English Mother Tongue (l’anglais langue maternelle). D’où ce couple morbide que forment la xénophobie d’Etat et de l’auto-phobie nationale dont nous avons révélé les racines de classe dans un autre article. Si bien qu’aujourd’hui, si les bases d’une union du peuple de France formée contre le grand capital et centrée sur la classe travailleuse existent plus que jamais (ce que le PRCF nomme le FR.APPE), les bases d’un compromis historique « national » du type de celui qui se forma très brièvement en 1945, où le rôle dominant était tenu par le Général, et dont le socialisme n’était pas l’objectif à court terme, se sont effilochées. Aujourd’hui, la reconstitution des acquis sociaux du CNR et la sortie connexe de l’UE atlantique qu’impose cette reconstitution ne pourraient conduire qu’à de rapides et brutaux affrontements de classes entre le bloc populaire conduit par la classe ouvrière et le bloc maastrichtien de plus en plus fascisant conduit par l’oligarchie hexagonale et par ses alliés extérieurs (notamment, l’Axe Washington-Berlin). Ainsi, non seulement le Frexit progressiste n’ajournerait pas sine die le socialisme pour la France, mais – si les communistes et les syndicalistes de classe jouent vraiment leur rôle – il rapprocherait au contraire, de manière concrète et sur des bases de masse, la « lutte finale » entre capital et travail, entre capitalisme et socialisme » .


Le Frexit populaire pour que tout change, pour faire place aux travailleurs
« On n’emporte pas le peuple à la semelle de ses souliers »

Aujourd’hui, la grande bourgeoisie française, MEDEF et CAC-40 en tête, est tellement engagée dans l’euro-dissolution atlantique du pays (cf le manifeste « Besoin d’aire » édité par le MEDEF : « Etats-Unis d’Europe », tout-anglais, « Union transatlantique », quasi-fusion franco-allemande, etc.) qu’un indépendantisme français tant soit peu cohérent ne peut que provoquer d’intenses affrontements de classes entre le bloc populaire et le bloc maastrichtien, si bien que le Frexit ne sera pas une tranquille promenade vers le « retour à la normale » dont rêvent les souverainistes bourgeois, mais un moment de lutte intense qui se traduira au final, soit par la sortie de la France de l’UE et du capitalisme, soit par son maintien dans le capitalisme avec dissolution finale de la nation dans le bloc euro-atlantique : tertium non dabitur ! Ce sera alors la noblesse de certains bourgeois, à titre individuel, redisons-le, que de préférer leur pays à leurs privilèges de classe, mais qui peut douter du choix de classe global d’une oligarchie qui, dès aujourd’hui, liquide jusqu’à sa langue maternelle pour entrer de plain-pied dans l’ « élite » mondialisée ? A l’inverse, pas plus qu’avant-hier sous la Commune, ou hier durant la Résistance, la classe ouvrière n’aura à choisir entre sa classe et son pays. Déjà les Communards se battaient à la fois contre Bismarck et contre Thiers, qui rampait devant la Prusse. Et hier c’étaient très majoritairement les ouvriers qui « montaient de la mine » et les paysans qui « descendaient des collines » pour défendre la « France profanée » (dixit F. Mauriac) pendant que Louis Renault et le Comité des Forges fabriquaient des tanks pour Hitler. C’est bien pourquoi la question de l’indépendance de classe du prolétariat dans la lutte pour le Frexit, le caractère antifasciste, progressiste, anticapitaliste du Frexit doit d’emblée en indiquer le sens pour permettre à notre classe de se porter à la tête du combat indépendantiste et de le porter jusqu’à son terme : le socialisme. C’est si vrai que M. Madelin a d’emblée vendu la mêche sur la signification de classe de l’UE de Maastricht quand il a déclaré que cette Union, directement sortie de l’annexion de la RDA et de la recolonisation capitaliste de l’Europe de l’Est, était une « assurance tous risques contre le socialisme ». Encore une fois, on comprend que des bourgeois patriotes veuillent sauver la France SANS lutter pour le socialisme et en mettant à leur remorque des communistes qui cherchent une voie courte au lieu de reforger patiemment leurs outils de classe et leur propre stratégie patriotique. Mais on ne comprend pas que des communistes, que dis-je, des marxistes se piquant même de léninisme ou de gramscisme, puissent « marcher » dans ce découplage anti-dialectique et anti-historique des objectifs patriotiques et des objectifs proprement socialistes qui ne sont pas des « étapes » compartimentées, mais des moments d’une seule et même rupture révolutionnaire.

Quant au gaullo-communisme, si ce mot a un sens, il désigne un compromis issu d’un rapport de forces, et certainement pas un état d’esprit intemporel.
Un grand, fort et solide parti communiste, organisé et franchement communiste, condition pour que le peuple gagne

Sans les communistes et les sacrifices immenses qu’ils ont consentis, de Gaulle restait cet interventionniste qu’il fut contre la Russie bolchevique, l’ancien secrétaire de Pétain, l’homme encombré des cagoulards à la Bénouville et des « vychisto-résistants » à la Papon. Et ce fut sa grandeur, par conscience patriotique, d’avoir accepté de parrainer un CNR où le PARTI communiste était représenté comme tel et où le programme social portait encore plus loin les avancées du Front populaire… que le général avait combattu avant-guerre et qu’il combattra hélas, se mettant à la merci des Pompidou et des Giscard, quand il sera au pouvoir de 1958 jusqu’en 1968, où la classe ouvrière durement réprimée sous la Cinquième commençante (Charonne !) se rappela durement à tous ceux qui croyaient que la « grandeur française » pourrait durablement être rétablie contre le monde du travail.

Que sont les léninistes devenus?

Faut-il que certains d’entre nous, aveugles aux efforts des plus organisés d’entre nous, n’aient en tête les conditions de classe minimales d’une alternative politique pour qu’un sauveur suprême, si sincère soit-il (je ne fais pas de procès d’intention) arrive parmi certains d’entre nous comme en terrain conquis ?
Enfin, et je crois que c’est là le plus grave, je déplore l’utilisation qui est faite de positions conjoncturelles dans les élections bourgeoises pour diviser les camarades et les détourner des luttes et de la tâche urgente de reconstruire une organisation marxiste, disciplinée, liée au syndicalisme de classe, liant les tâches démocratiques immédiates aux tâches stratégiques du communisme.
Le communisme, c’est aussi le centralisme démocratique, c’est l’expérience prise au sein d’organisations en symbiose avec les luttes, et pas seulement les foucades et les engouements personnels. C’est la poursuite, sous des conditions nouvelles des « 21 conditions » de 1920 qui permirent à notre classe de devenir un vrai sujet historique, et pas seulement une masse éparpillée suivant passivement les grandes figures du moment : ce qui ne veut pas dire s’isolant des autres classes antioligarchiques mais maîtrisant, pensant, conduisant elle-même de manière organisée sa stratégie d’alliance. C’est la solidarité militante, c’est aussi la discipline léniniste. Au vu de ce que je vois, certains camarades uniquement centrés sur les débats théoriques ont encore des progrès à refaire et de saines habitudes de travail militant à reprendre.
Aymeric Monville
________________________________________
[1] voici les propos exacts de M Asselineau tenu au micro de LCP le 20 mars 2017
LCP 20 mars 2017 – source chaine youtube de l’UBR
sur l’OTAN qui était utile jusqu’à la chute de l’URSS
« De Gaulle avait dit un jour à Alain Peyrefitte que lorsque le communisme s’effondrerait l’OTAN n’aurait plus de raison d’être. Il n’y a plus de raison d’être assujetti à l’OTAN, d’autant que l’OTAN nous assujettie à la politique de Washington. A la géopolitique vis à vis de la Russie, vis à vis de la libye, de la Syrie, du Moyen Orient. »
sur les nationalisations, qui ne serons ni nombreuses ni totale, et qui serons payées par les travailleurs
« Le renationalisation peut être une nationalisation partielle… »
Sur les 35 h : Asselineau approuve la Loi Travail et la loi Macron et veut achever de faire sauter le code du travail
» Moi je ne suis pas dogmatique, je pense qu’il y a des situations où il faut que les gens puissent travailler 35h, d’autres notamment des métiers nouveau, je ne sais pas moi, sur internet, ce genre de choses, où les gens ne comptent pas leurs heures. D’ailleurs vous savez très bien que les cadres dans les entreprises ne comptent pas leurs heures. Donc personnellement je serai en faveur d’une grande souplesse. Je ne suis pas en faveur d’une réglementation très précise. »
Asselineau, ni gauche ni droite vraiment ? il revendique pourtant son amitié avec la droite dure…
« Mr Longuet pour qui j’éprouve de l’amitié »
http://youtu.be/PSLDWdMLCz8

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Xuan
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   Posté le 31-03-2017 à 19:42:08   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

A propos du texte d'Aymeric Monville :

La mise au point sur Asselineau montre que le PRCF s’en tient sur le fond à des positions de classe, mais elle constitue aussi une forme d’échec pour un Front Uni en vue du frexit.

Aymeric Monville pose une question de fond :
« Comment des marxistes peuvent-ils laisser dire qu’on pourrait revenir aux services publics d’antan, à un colbertisme intemporel, propre au génie français selon Asselineau, dans le cadre actuel du capitalisme actuel ? »

Ceci contredit la perspective d’un « frexit progressiste »
Le frexit se réalise soit dans le cadre du capitalisme, soit dans celui de la dictature du prolétariat.
Peut-il exister un cadre différent qui serait un capitalisme non actuel ?
Quelle classe serait au pouvoir dans ce « frexit progressiste » ? Si c’est la bourgeoisie il s’agit de la dictature de la bourgeoisie dans le cadre actuel du capitalisme actuel, sinon c’est la dictature du prolétariat dans le cadre du socialisme. Il y a dans le frexit progressiste une ambiguïté que l’épisode Asselineau aurait dû lever.

Revenons aux conditions historiques du Front Uni mondial contre le fascisme.
Monville écrit : « Quant au gaullo-communisme, si ce mot a un sens, il désigne un compromis issu d’un rapport de forces, et certainement pas un état d’esprit intemporel. »
Le « gaullo-communisme » est apparu dans une situation historique fort bien décrite aussi par Aymeric, où la contradiction principale opposait la nation française à l’occupant nazi. Mais dès que l’ennemi nazi fut vaincu, chassé du sol français, la contradiction entre la bourgeoisie et la classe ouvrière, qui n’avait jamais disparu mais qui était devenue secondaire, reprit le dessus et redevint la contradiction principale.
Le gaullisme apparut alors clairement comme ce qu’il n’avait jamais cessé d’être, un parti représentant les intérêts de la bourgeoisie monopoliste.
Les massacres colonialistes en Algérie et à Madagascar l’ont particulièrement illustré dès la Libération.

Aymeric reprend un texte de Gastaud : « La mission de classe du gaullisme était aussi de préparer les fusions monopolistes qui, à l’époque, devaient alors encore s’opérer principalement à l’échelle nationale. » , qui se poursuit ainsi :
« Bref, la grande bourgeoisie - qui n’a jamais été réellement patriote, ni même gaulliste, et qui ne le sera jamais, sa seule patrie étant son tiroir-caisse – pouvait alors miser conjoncturellement sur un courant bourgeois patriotique légitimé par la « France libre »… »
Pourquoi établir une distinction entre gaullisme et grande bourgeoisie ? Pour démontrer que celle-ci n’était pas patriote tandis que De Gaulle l’aurait été ?
Nous pensons qu’« un se divise en deux », matériellement. C’est-à-dire que les intérêts matériels de la grande bourgeoisie se divisaient entre la collaboration et la résistance. De Gaulle incarnait virtuellement, potentiellement ces intérêts avant de les représenter comme chef d’Etat, et son patriotisme n’était pas intemporel lui non plus mais présentait un caractère de classe, tout comme celui d’Asselineau.

La bourgeoisie française auparavant divisée par rapport au nazisme s’est divisée alors par rapport à l’impérialisme US. La fraction gaulliste s’est s’opposée à l’impérialisme US pour protéger les restes de l’empire colonial, mais lorsque l’impérialisme US est devenu hégémonique, la quasi-totalité de la bourgeoisie monopoliste a dû se plier et accepter de gérer les confettis de l’empire sous la suzeraineté des USA.
Aujourd’hui l’hégémonisme US a pris fin, les USA s’en prennent à leurs anciens alliés, de nouvelles recompositions et de nouvelles divisions de la bourgeoisie sont en cours et nous devrions y être attentifs, sans oublier qu’il s’agit de contradictions au sein de la bourgeoisie et de la concurrence entre les monopoles à l’échelle mondiale.

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En ce qui concerne le front uni et ses alliances de classe, il dépend de la contradiction principale et des objectifs que nous nous fixons. Aujourd’hui il s’agit d’un Front uni contre les monopoles capitalistes parce que la contradiction principale dans notre pays oppose la classe ouvrière et ceux-ci.
Il ne s’agit pas d’un front uni avec des personnalités ou des groupes, fussent-ils proches, afin de les propulser au gouvernement, mais d’un front uni qui regroupe des catégories sociales proches de la classe ouvrière et de son parti afin de prendre le pouvoir.

La France n’est pas opprimée par l’Europe, elle fait partie des pays oppresseurs. En 2005 les souverainistes ont présenté le plombier polonais comme une menace pour les salariés français. La réalité des choses est que les salaires des ouvriers polonais reflètent les rapports de domination en Europe et l’état de dépendance de leur pays. La contradiction entre la France et l’Allemagne relève de la concurrence entre grands monopoles, et la défense de la patrie dans ce domaine ne nous concerne pas. Notre propos est l’unité des peuples d’Europe contre la domination impérialiste, dont celle de notre pays.
Les partis souverainistes (quelle que soit d’ailleurs leur étiquette) défendent donc des intérêts chauvins, impérialistes, il est hors de question d’établir un front commun avec eux et l’épisode Asselineau montre que leurs intérêts sont foncièrement opposés à ceux de la classe ouvrière et du peuple.

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   Posté le 02-04-2017 à 00:16:39   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Pour éclaircir le sujet il faut indiquer plusieurs articles éditoriaux sur le site de la librairie Tropiques :

vous avez dit conspiration ? le 20/3/17, signalant une soirée débat le 23 mars

Asselineau : la conspiration qui vient
le 25/3/17
Comprend une partie de la vidéo de la conférence-débat et signale l'hostilité du Monde et de France Inter (notamment Patrick Cohen) envers Asselineau accusé de conspirationnisme. Il est annoncé un débat contradictoire entre Asselineau et des communistes .
l’état des luttes politiques en France (une information) le 26/3/17 comprenant deux vidéos et notant l'intervention d'Antoine Lubrina et d'Edmond Janssen à un meeting d'Asselineau le lendemain de la réunion-débat.

Lors de la soirée-débat la librairie Tropiques, Asselineau fait l'unanimité autour de lui. Notamment Jean Lévy du comité Valmy propose l'unité d'action avec Claude Beaulieu, et Asselineau acquiesce.
Une seule personne questionne Asselineau sur la lutte des classes. Asselineau rappelle alors qu'il n'est pas communiste mais que le programme du CNR voulait l'union de tous les français au-dessus des classes, des patrons et des ouvriers, et qu'il n'était pas un programme léniniste (48')
Un des participants enfonce alors le clou en déclarant que l'opposition à l'Europe et l'OTAN est une lutte de libération nationale et que par conséquent c'est la lutte des classes. (55'). La conférence se clôt dans une ambiance conviviale et consensuelle.

Lors du meeting de l'UPR interviennent successivement dans la vidéo Edmond Janssen membre du PCF et cofondateur des éditions Delga, qui explique pourquoi les communistes doivent soutenir Asselineau et non Mélenchon et décrit le programme de l'UPR comme « la seule offre politique depuis Georges Marchais ou Jacques Duclos » . Il est applaudi chaleureusement par la salle.
Lui succède Antoine Lubrina, lui aussi membre du PCF « dès les premières minutes j’ai compris que ce que disait cet homme correspondait exactement à ce dont a besoin une France qui est écrasée tous les jours par la dictature de l’argent" . Lui aussi est salué debout par des tonnerres d'applaudissements et par des militants gaullistes brandissant leurs drapeaux tricolores, ébahis que des "communistes" fassent un tel éloge de leur chef et le soutiennent sans la moindre réserve ni la moindre condition.

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   Posté le 02-04-2017 à 07:44:23   Voir le profil de Finimore (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Finimore   

Le PRCF, Friot etc. sont un peu dans la situation de l'arroseur arrosé ou du syndrome de Frankenstein.

Que des militants sincères se posent des questions sur les liens divers avec l'UPR d'Asselineau avec leur organisation, ne doit pas faire écran de fumée sur la responsabilité de ces organisations qui entretiennent et alimentent la confusion sur le Comité Valmy, l'Union Populaire Républicaine, les clubs Penser la France etc.

Il est cependant un point important à signaler, c'est depuis quelques années tout le discours autour de la Résistance et des liens entre le PCF et les gaullistes, la mise en place du CNR, la sécu...

Le succès du film de Gilles Perret sur "les jours heureux", la mise en avant du CNR, la sécu... cachent (et idéalise) en fait toute une partie de l'histoire du mouvement ouvrier et du PCF qui dés cette époque s'engage sur une voie opportuniste et réformiste (sans parler du crétinisme parlementaire). Ce qui pose la question des luttes de lignes internes entres révolutionnaires et réformistes au sein du PCF à la libération.
Ces luttes seront tranchées dans la pratique par le désarmement des milices patriotiques, par le soutien à la reconstruction de la France capitaliste, la bataille de la production.

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Ni révisionnisme, Ni gauchisme UNE SEULE VOIE:celle du MARXISME-LENINISME (François MARTY) Pratiquer le marxisme, non le révisionnisme; travailler à l'unité, non à la scission; faire preuve de franchise de droiture ne tramer ni intrigues ni complots (MAO)
Xuan
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   Posté le 02-04-2017 à 23:22:41   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Il y a dans la conférence-débat chez Tropiques une remarque d'Asselineau (à 48' de la vidéo) où il répond d'abord qu’il n’est pas communiste, se moque un peu du pcf qui « n’est plus communiste » , et rappelle que le programme du CNR voulait l’union de tous les français au-dessus des classes, des patrons et des ouvriers, et qu’il n’était pas un programme léniniste.
Il y a donc une contradiction à défendre ce programme au nom de la lutte des classes et a fortiori prétendre qu'un changement de société pourrait en découler.

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