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 25 /11/1956 : Fernand Iveton est condamné à mort

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Xuan
Grand classique (ou très bavard)
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   Posté le 01-02-2016 à 00:45:01   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Cela s’est passé un 25 novembre 1956, Fernand Iveton est condamné à mort


Histoire et Société
31
JAN

j’adhère au parti en 1956 et la première cellule dans laquelle j’arrive se baptise Iveton. On me confie aussitôt le CDH de la cellule, je suis étudiante, je n’ose pas faire payer les gens pauvres, je me ruine et je ne vis plus que de cafés avec un maximum de sucres. Je suis dans un tel état d’exaltation politique qu’un prof d’université du quartier déjà abonné à l’Humanité dimanche n’ose me la refuser, Guy Mollet qui a reçu les pleins pouvoir pour faire la paix en Algérie décide d’envoyer les jeunes de ma génération faire la guerre. Nous passons des nuits à la belle étoile en chantant « le déserteur », des jeunes communistes choisissent effectivement de déserter. Comme le dit Michel Sportisse dans le commentaire que nous reproduisons(1): Mitterrand, alors garde des sceaux était appelé le guillotineur. J’ai eu beaucoup de mal à croire à ces gens là et quand je vois la manière dont ils ont tenté de passer pour la gauche et comment certains intellectuels de ma génération on feint e les croire par désir de pouvoir, je ne peux éprouver que du mépris, surtout que le règne du PS a été depuis Mitterrand ce qu’il a été et aujourd’hui il renoue avec l’état d’urgence et la répression ouvrière de mon adolescence. Danielle Bleitrach

Nov 25, 2014

Militant du Parti communiste algérien (PCA), Fernand Iveton est condamné à mort par la justice coloniale française le 25 novembre 1956 pour avoir rejoint la lutte armée pour l’indépendance de l’Algérie.



Adhérant à la Jeunesses Communistes Algérienne en 1943, Fernand Iveton milite aux côtés d’Henri Maillot et d’Ahmed Akkache, puis à l’Union de la Jeunesse Démocratique Algérienne et dans plusieurs syndicats. En 1955, il rejoint les groupes armés des Combattants de la Libération au côté de Abdelkader Guerroudj, Félix Collosi, Mohamed Hachelaf, Yahia Briki, Georges Accampora…

Et suite à l’accord FLN-PCA, lorsque les Combattants de la Libération sont intégrés dans l’ALN-FLN, Fernand fait partie du commando du Grand Alger et participe à plusieurs actions, dont des sabotages de wagons au niveau du port et l’incendie des Bouchonneries Internationales.

C’est dans ces dispositions qu’en octobre 1956, Fernand propose (ou se voit confier, selon deux sources différentes), de poser une bombe à l’usine à gaz du Hamma où il travaille. Son objectif est de provoquer une panne électrique dans la ville, c’est dans ce sens et pour éviter qu’il y ait mort d’homme qu’il insiste pour que l’explosion soit réglée après le départ des ouvriers, à 19h30.Un contact est désigné pour lui remettre l’engin explosif, il s’agit de la militante Jacqueline Guerroudj, épouse d’Abdelkader Guerroudj.

Le mercredi 14 novembre 1956, Jacqueline transporte deux bombes fabriquées par Abderrahmane Taleb et Daniel Timsit, mais Fernand n’en prend qu’une, certainement pour éviter d’être remarqué. A 14 heures, il dépose l’engin dans le placard d’un local désaffecté de l’usine. Mais un contremaitre le voit entrer dans la local avec un sac et en ressortir sans et court prévenir son responsable. Ce dernier va inspecter les lieux et entendant la minuterie comprend qu’il s’agit d’une bombe. La police est alertée et Fernand Iveton est arrêté vers 16h30. L’engin est désamorcé.

Quant à Fernand, du mercredi 14 au samedi 17 novembre, il subit les pires tortures au commissariat central d’Alger. La police tente de lui faire avouer les noms de ses complices, d’autant qu’on a retrouvé sur lui un bout de papier où il est noté des précisions sur l’heure de l’explosion des deux bombes. Le message est rédigé par Taleb Abderrahmane, mais Fernand ignore les noms de ses complices. Et face au supplice qu’il subit, il finit par craquer et donner deux noms de son groupe, sachant que les militants devaient automatiquement prendre la fuite lors de l’arrestation de l’un des leurs.

Le 25 novembre suivant, Fernand Iveton se retrouve au tribunal pour être jugé. L’assistance est chargée à block et des cris de haine et de mort s’élèvent dans la salle. Lors de cette parodie de procès, le militant est condamné à mort pour «tentative de destruction d’édifice à l’aide d’explosifs ».

Le 3 décembre, le pourvoi d’Iveton devant le tribunal de cassation militaire est rejeté. Et le 10 féverier 1957, c’est au tour de son recours en grâce d’être refusé par le président de la République, René Coty, avec l’accord du garde des Sceaux de l’époque, François Mitterrand, ainsi que du chef du gouvernement socialiste, Guy Mollet.

Fernand Iveton est guillotiné le 11 février 1957, dans la cour de la prison de Barberousse, à Alger. Deux autres militants son également exécutés : Mohamed Lakhnèche, dit « Ali Chaflala », et Mohamed Ouennouri, dit « P’tit Maroc ». « Ils marchent courageusement au supplice. Les 3 hommes s’embrassent et clament « Vive l’Algérie libre ! » au pied de la guillotine tandis que, de la prison tout entière, s’élève un grand cri de solidarité, de colère, d’espérance. Les détenus politiques pleurent, entonnent des chants patriotiques, ébranlent de leurs poings les portes des cellules. » (*)

Fernand Iveton est le seul Européen parmi les 198 prisonniers politiques guillotinés de la guerre d’Algérie. Il devait servir d’exemple.

Deux phrases pleines de sens seront retenues de Fernand qui se sentait entièrement algérien. La première extraite de sa dernière lettre à son avocat Me José Nordmann : « Pour moi, seuls la lutte de notre peuple et l’appui désintéressé du peuple Français sont les gages de notre libération. »

La seconde est celle qu’il dira avant son exécution, elle est rapportée par son autre avocat comis d’office Me Albert Smadja (*) : « La vie d’un homme, la mienne, compte peu. Ce qui compte, c’est l’Algérie, son avenir. Et l’Algérie sera libre demain. Je suis persuadé que l’amitié entre Français et Algériens se ressoudera. »

Synthèse Z.M.

Sources :

« La guerre d’Algérie » tome 2, ouvrage sous la direction d’Henri Alleg).
Mustapha Boutadjine, « Biographie de Fernand Iveton » sur www.alger-republicain.com
(*) Récit de maître Albert Smadja, commis d’office pour assister Lakhnèche, et Ouennouri dans leurs derniers moments, dans Fernand Iveton, guillotiné pour l’exemple, documentaire de Daniel Edinger, série Aléas, France 3, le 20 avril 2004
(1) Le 5 juin 1956, le Conseil supérieur de la magistrature se réunit pour examiner les dossiers des deux premiers patriotes algériens condamnés à mort. A la tête de cet organisme judiciaire, le Président de la République Coty et le Garde des Sceaux, François Mitterrand. Les deux condamnés seront guillotinés le 19 juin. Cette double exécution déclenchera immanquablement un cycle de représailles qui contribueront à lancer la « fameuse » Bataille d’Alger. Durant 500 jours, c’est une justice, particulièrement active, sous la pression des Européens d’Algérie, des militaires et des tribunaux d’exception qui traduira 45 patriotes – dont le communiste Iveton – sous la guillotine. Un record. On appellera François Mitterrand, « le guillotineur ». C’est avec Robert Badinter, comme Garde des Sceaux que le même Mitterrand abolira la peine de mort. En matière de transformisme, Mitterrand battait aussi des records. C’est, pourtant, cet homme-là que la gauche – communistes compris – porta au pouvoir. Fils bien rangé de la bourgeoisie provinciale la plus étroite et la plus réactionnaire, Mitterrand n’avait aucune lucidité politique. A ses débuts, il ne put qu’émarger dans les couloirs vichyssois. Son univers c’était celui de Jacques Chardonne et Charles Maurras. Comment un tel homme aurait-il pu être socialiste ? Voire radical. Le communisme l’effrayait, l’Islam lui était étranger. C’est pourquoi il les confondit allègrement avec les gens du FIS qu’il accueillit en France. Tout comme Pétain et De Gaulle, pour lui la France ne pouvait être que blanche et catholique.

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