Sujet :

Nouveau développement de la crise

Xuan
   Posté le 11-09-2015 à 13:46:22   

L’article de Commnuistes ci-dessous ne tient pas compte du recentrage de l’économie chinoise et de l’internationalisation du yuan. Ce sont pourtant les deux éléments majeurs qui, associés à la baisse de la consommation dans les pays riches et au renchérissement du dollar, sont à l’origine des soubresauts économiques et financiers.

Communistes répète comme un perroquet les doctes sentences des Echos :


"Qui pourrait croire en effet que la première puissance économique, profondément intégrée a celle du Monde, ne soit pas touchée par la crise de suraccumulation du capital qui est à l'origine de la crise globale du capitalisme ?"

Les solutions appliquées par la Chine consistent à augmenter les investissements dans l’économie réelle, augmenter les revenus des masses et compléter la protection sociale, et diminuer les impôts.
Elles sont aux antipodes des mesures d’austérité des pays impérialistes où les investissements sont essentiellement absorbés par la spéculation financière, où les prix et les taxes augmentent, et où les salaires et les pensions diminuent.


Communistes affirme que l’économie chinoise est « intégrée au système impérialiste », ce qui n’a aucun sens en économie politique.
Soit un pays vit en autarcie complète, soit il s’intègre au commerce mondial.
Dans le second cas ceci n’implique pas qu’il soit colonisé ou colonisateur, dominé ou impérialiste. Affirmer que la Chine a choisi un développement capitaliste ne correspond pas aux faits non plus car la Chine associe plusieurs modes de production.
Sous cette formule floue Communistes insinue que la Chine est une puissance impérialiste. On aurait pu dire de la même façon que la guerre du pétrole était impérialiste parce qu’elle sonnait le glas des 30 glorieuses.

Communistes reprend la propagande de la presse économique bourgeoise en affirmant que le monde s’enrhume parce que la Chine éternue.
En réalité c’est la crise des pays impérialistes qui affecte les économies émergentes, parce qu’elles sont encore dépendantes au dollar et à la consommation des pays riches
.

________________


Nouveau développement de la crise du capitalisme mondial

Communistes
5/9/15

Les bourses chinoises sont, depuis le début de l'été, au centre de soubresauts de la finance mondiale. En premier lieu, ce constat valide le fait que la Chine est désormais une puissance économique majeure. Son poids économique, ses capacités financières, sa place dans les échanges internationaux et sa puissance militaire pèsent lourdement et en font un acteur majeur des rapports internationaux. C'est aussi parce que la Chine a choisi un développement capitaliste s'intégrant dans le système impérialiste que lorsque elle éternue le monde s'enrhume.

Ces nouvelles sur la Chine, font l'objet d'un débat serré dans la presse économique et politique sur la nature des processus en cours. Est-ce un phénomène purement financier, celui d'une bulle spéculative qui éclaterait et purgerait le système d'un trop plein de liquidités ou s'agit-il d'un phénomène plus profond en rapport avec le développement même de la crise du capitalisme mondial ? Bien entendu, ceux qui depuis des mois nous répètent que la crise est surmonté et que la croissance est de retour sont-ils douchés par ces mouvements boursiers et tentent de les attribuer à des fluctuations des marchés des capitaux sans tenir compte de la réalité de l'économie mondiale. Ce n'est pas l'avis de commentateurs plus avisés qui voient dans cette crise des facteurs plus fondamentaux.
Qui pourrait croire en effet que la première puissance économique, profondément intégrée a celle du Monde, ne soit pas touchée par la crise de suraccumulation du capital qui est à l'origine de la crise globale du capitalisme ? Dans ces conditions, le ralentissement de son économie, les goulots d'étranglements liés à un système social encore faible pèsent-ils énormément sur les échanges et la production mondiale. Ce ralentissement global est constaté par le FMI qui note l'influence qu'il a sur les prix des matières premières en particulier dans le domaine énergétique.

Mais le ralentissement ne s'observe pas qu'en Chine, les pays émergents en particulier le Brésil, le Russie et d'autres censés tirer l'économie mondiale, sont-ils rentrés dans une période de récession. Les pays européens les plus puissants, comme les USA et le Canada, rentré lui aussi en récession, peinent à retrouver une croissance dynamique. Si les pays émergents et tout particulièrement la Chine avaient dopé l'économie mondiale pendant des années, la situation nouvelle crée un choc pour l'économie mondiale et le journal « Les Echos » d'ajouter : « Si les investisseurs frissonnent, c'est qu'ils ne voient pas bien qui peut sérieusement et durablement prendre le relais » .

Autant dire que la crise mondiale du capitalisme est en train de prendre une dimension nouvelle qu'il convient d'analyser et d'en mesurer les conséquences. La première, c'est évidemment l'accroissement des contradictions au sein du système impérialiste et les tentatives de les régler par la force, c'est à dire par la guerre. L'autre c'est que plus que jamais le capitalisme a un besoin impérieux de s'attaquer au prix de la force de travail en liquidant partout dans le Monde les acquis des luttes ouvrières.

Les luttes économiques et pour la paix, les luttes pour abattre le capitalisme et construire une société socialiste sont donc plus que jamais le pivot de toute action révolutionnaire visant à mette un terme au système d'exploitation capitaliste.
Xuan
   Posté le 07-12-2015 à 00:57:56   

Les journaux ne font plus leurs gros titres sur les difficultés de la Chine et le risque de crise mondiale. Mais l'effondrement de la consommation dans les pays riches avec ses conséquences se poursuit.

Il apparaît que le Baltic Dry Index s’effondre à un plus bas historique, en baisse de plus de 60 % sur 12 mois.



Le Baltic Dry Index est une image du commerce mondial.

Un index sur la navigation et le commerce a été créé par le Baltic Exchange basé à Londres qui mesure l’évolution du coût de transport des matières premières telles que les métaux, les céréales et les combustibles fossiles par la mer. Le Baltic Exchange est directement en contact avec des courtiers d’expédition pour évaluer les niveaux de prix pour un itinéraire donné, les produits à transporter et les temps de livraison (vitesse).
Le Baltic Dry Index est un composite de trois sous-indices qui mesurent différentes tailles de vraquiers (navires marchands), Capesize, Panamax et Supramax. De multiples itinéraires géographiques sont évalués pour chaque index pour donner de la profondeur à la mesure composite de l’indice.
Il est également connu comme le Dry Bulk Index.
Investopedia
Xuan
   Posté le 15-12-2015 à 00:31:39   

http://www.goldbroker.fr/actualites/fed-vote-fin-mandat-original-preteur-dernier-ressort-banques-888 Publié le 5 déc. 2015

LA FED MET FIN À SON MANDAT ORIGINAL DE PRÊTEUR DE DERNIER RESSORT DES BANQUES


En attendant la décision importante de la Réserve fédérale en décembre au sujet des taux d’intérêt, la banque centrale américaine a tenu deux réunions d’urgence au cours des dernières semaines, dont le contenu a peu filtré auprès du grand public. Cependant, une décision intéressante et, peut-être, controversée, a été prise lors de ces discussions :
la Fed a édicté une nouvelle loi, le 30 novembre, qui élimine un de ses mandats originaux de 1913, qui est d’être le prêteur de dernier ressort des banques.

Dans une décision basée sur l’expectative d’une nouvelle crise bancaire ou financière, la Réserve fédérale a choisi, lundi, de mettre fin à la doctrine du « too big to fail » et de laisser les banques faire faillite sans qu’elles aient la possibilité d’emprunter de l’argent à la banque centrale en cas d’urgence.

Lorsque la loi sur la Réserve fédérale (Federal Reserve Act) fut adoptée, il y a un peu plus de cent ans, la banque centrale a été crée avec deux mandats principaux, afin de protéger le public et le système bancaire de toute panique pouvant survenir à la suite d’une panique due à un problème de liquidité ou de solvabilité se propageant dans le système financier. Être le prêteur de dernier ressort était le plus important de ces mandats.

« La Réserve fédérale américaine a adopté une loi destinée à limiter ses propres pouvoirs en matière de prêts d’urgence à des institutions financières en difficulté. Selon la nouvelle réglementation, les institutions financières ne pourront plus recevoir des fonds d’urgence de la Fed, et cela en toutes circonstances, même si elles sont menacées de faillite. Cette décision constitue la plus récente mesure d’une série de réformes visant à prévenir la prochaine crise financière. ‘Il existe encore quelques failles que la Fed pourrait exploiter pour sauver des institutions financières gigantesques,’ a déclaré la sénatrice Elizabeth Warren à CNN Money. Durant la crise financière de 2008, la Fed avait refusé de sauver la banque d’investissement Lehman Brothers. Lehman est devenue la plus grosse faillite de l’histoire des États-Unis. » (Russia Today)

De tous les programmes et actions implémentés par la Réserve fédérale depuis la crise du crédit de 2008, celui-ci est celui qui apporte le plus de confusion, puisqu’il va à l’encontre de la principale raison pour laquelle la banque centrale fut instituée en 1913. Changer soudainement de direction sept ans après que la dernière crise financière ait ébranlé le système bancaire mondial, en choisissant de fermer le robinet de liquidité, en dit beaucoup sur la solvabilité de la Fed elle-même et sur ce que pensent les gouverneurs de la Fed à propos de ce qui se profile et qui justifierait le fait de laisser les banques faire faillite.

Avec le Dodd-Frank Banking Reform Act, qui permet maintenant aux banques de ré-hypothéquer l’argent et les comptes de leurs propres clients dans le cas d'une crise de liquidité, cela démontre que la banque centrale américaine n’a désormais plus à suivre son mandat original – être le prêteur de dernier ressort – puisque c’est maintenant le public qui fournira les fonds pour sauver les banques lors des futures crises. Avec cette nouvelle loi, qui n’est pas promulguée par le Congrès, mais par la Fed elle-même, on doit se demander si nous avons encore besoin d’une banque centrale, étant donné que son rôle premier de protéger le système bancaire de la banqueroute ou de l’insolvabilité est abandonné.


Source: Examiner.com


La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors que "GoldBroker.fr tous droits réservés" est mentionné accompagné d'un lien vers cette page.
Xuan
   Posté le 24-12-2015 à 00:38:43   

Sur mondialisation .ca un article sur la petite hausse du crédit décidée par la FED, première hausse des taux en 9 ans :



La Réserve fédérale américaine commence un «resserrement accommodant»


"...la Réserve fédérale américaine a annoncé mercredi une hausse d’un quart de pourcent du taux d’intérêt des fonds fédéraux, le taux d’intérêt que les banques font payer l’une à l’autre pour les prêts à un jour des réserves conservées à la banque centrale. C’était la première augmentation de la Fed depuis juin 2006, le taux directeur est passé d’une fourchette de zéro à 0,25 pour cent, où il était resté depuis le pic de la crise financière en décembre 2008, à une fourchette allant de 0,25 pour cent à 0,50 pour cent...."


Edité le 24-12-2015 à 00:39:07 par Xuan


Xuan
   Posté le 24-12-2015 à 23:39:32   

La Chine accroît ses réserves d'or et vend des dollars


La presse économique s'est demandé récemment pourquoi les réserves de changes en dollar de la Chine fondaient à vue d’œil, en se posant beaucoup de questions sur la convertibilité du yuan, sur des mesures destinées à freiner sa dépréciation, sur des calculs destinés à favoriser les exportations :


écrivait Romandie le 7 décembre :

Pékin (awp/afp) - Les colossales réserves de changes chinoises ont fondu en novembre à leur plus bas niveau en près de trois ans, selon des chiffres officiels publiés lundi: une facture salée due aux ventes de dollars massives auxquelles procède Pékin pour soutenir la valeur du yuan.
Fin novembre, les réserves de la Chine s'établissaient à 3.438 milliards de dollars, au plus bas depuis février 2013, après une baisse de 87,2 milliards de dollars sur un mois, a indiqué l'Administration d'Etat chargée des marchés des changes (SAFE).
Le repli s'avère très supérieur aux attentes des analystes interrogés par l'agence Bloomberg. En tout, ces réserves ont reculé de plus de 404 milliards de dollars depuis le début de l'année --même si elles restent de loin les premières du monde.
Une partie de ce reflux s'explique par les fluctuations du marché des changes, qui ont amenuisé d'environ 30 milliards de dollars la valeur des avoirs chinois dans d'autres devises (euros, yens...), selon Julian Evans-Pritchard, analyste du cabinet Capital Economics.
Du coup, "cela signifie que la banque centrale chinoise (PBOC) a vendu pour quelque 57 milliards de dollars (de ses devises étrangères) le mois dernier" pour enrayer la dépréciation du yuan, ajoutait-il.
Pékin avait ébranlé les marchés mondiaux en août en dévaluant soudainement d'environ 5% le yuan face au dollar, expliquant avoir modifié son mode de calcul du taux de référence de sa monnaie.
Signe de la défiance suscitée, les pressions négatives sur le renminbi (autre nom du yuan) se sont exacerbées depuis, forçant la PBOC à intervenir activement pour stabiliser sa monnaie, en achetant des yuans contre des dollars ou autres devises.
Cette stabilité était jugée cruciale aux yeux de Pékin, dans l'attente d'une importante décision du Fonds monétaire international (FMI): celui-ci a finalement donné son feu vert fin novembre à l'inclusion du yuan dans le panier de devises déterminant son unité de compte, en faisant ainsi une monnaie de réserve.
Soucieux d'éviter des fuites de capitaux incontrôlées, Pékin impose toujours de fortes restrictions aux mouvements de fonds hors du pays, et encadre étroitement sa devise: le yuan ne peut fluctuer face au dollar que dans une marge de 2% autour d'un taux-pivot officiel.
Malgré ces restrictions, les flux de capitaux hors de Chine continuent néanmoins de s'accélérer par divers canaux, encouragés par la dégradation de la conjoncture économique et par l'anticipation générale d'une dépréciation continue du yuan.
Les flux de capitaux nets sortis de Chine ont atteint en novembre un "niveau record" de 113 milliards de dollars (en incluant les ventes de devises par la banque centrale), contre 37 milliards de dollars en octobre, selon des estimations de Capital Economics.
Ces sorties de capitaux restent aussi alimentées par la divergence grandissante des politiques monétaires en Chine, où la PBOC multiplie les assouplissements pour stimuler l'économie, et aux Etats-Unis --où la Réserve fédérale américaine (Fed) devrait relever prochainement ses taux... ce qui rendra plus rémunérateurs et attractifs les placements en dollars.
Maintenant que le FMI a rendu sa décision, certains investisseurs estimaient que la Chine pourrait se résoudre à laisser sa devise s'affaiblir, en réduisant ses interventions.
Un scénario que rejette Julian Evans-Pritchard: "Un yuan déprécié offrirait un coup de pouce à la compétitivité des exportateurs chinois, mais la PBOC redoute qu'une dépréciation marquée entrave les efforts de Pékin pour doper l'usage du renminbi dans le monde et pour rééquilibrer son économie" , a estimé l'analyste.
Et ce même si les autorités ont promis "une libre convertibilité" du yuan d'ici à 2020.
De leur côté, les réserves d'or de la Chine étaient évaluées fin novembre à 59,52 milliards de dollars, contre 63,26 milliards un mois auparavant, d'après la SAFE, en raison du fort repli des cours du métal jaune.


_______________


"Repli des cours du métal jaune" conclut cet article, mais pas des achats d'or par la Chine et la Russie, car on lisait en septembre de cette année dans bullionvault :

Pékin achète deux fois plus d’or, en fait, en termes de poids. Entre avril 2009 et juin 2015 l’état chinois a ajouté une moyenne de 8 tonnes d’or par mois à ses réserves, et entre juillet et août de cette année l’ajout est monté à 17,5 tonnes.
la Banque populaire de Chine entraîne ses réserves dans la direction opposée de celle des réserves étrangères, achetant 2,1% d’or en plus depuis juin, alors qu’elle a vendu 10% de ses dollars, ses euros et les autres devises qu’elle détient. Son but semblait de vouloir provoquer le plongeon du yuan sur le marché des changes au cours de l’été.


Challenges faisait le même constat cet été
Et sur le site Or-Argent en novembre :


Or : l’appétit gargantuesque des pays de la Route de la Soie


Article de Jesse Café, publié le 24 novembre 2015 :



« La demande totale des pays de la Route de la Soie, qui inclut l’augmentation officielle des réserves d’or et les importations commerciales, est passée de 1493 tonnes en 2000 à plus de 27.000 tonnes en 2015.

On assiste cependant à une accélération de la tendance depuis la crise financière de 2008, cette augmentation s’étant élevée à 450 % durant ces sept dernières années. (…)
La demande des pays de la Route de la Soie a aisément surpassé la production minière mondiale durant ces deux dernières années. Ce qui signifie qu’il faut trouver de l’or ailleurs que dans les mines. Via le recyclage ou l’achat d’or détenu par d’autres entités.
S’agit-il d’une tendance cantonnée au seul gouvernement chinois ? Cela semble difficile à croire. La demande de la Chine et de la Russie ne représente qu’environ 11,4 % de l’augmentation de la demande d’or parmi les pays de la Route de la Soie :



Il est intéressant de mettre ces faits en perspective avec le déclin continu de la quantité d’or présente dans les coffres occidentaux ainsi que l’augmentation des leviers dans les ETF, ce que certains appellent l’or synthétique un phénomène devenu particulièrement apparent depuis 2013 :



Dans le graphique ci-dessous, on peut voir la comparaison entre les livraisons de métal physique à la bourse de Shanghai (rouge) et au Comex de New York (bleu) :



Mon but n’est pas de convaincre qui que ce soit, de débattre ou encore moins de vendre quelque chose. Ce sont des faits établis, chacun sera libre d’en tirer les conclusions qu’il souhaite. (…)

Les pays de la Route de la Soie ont fait l’acquisition de plus de 25.000 tonnes d’or durant les quinze dernières années. Les mines ne sont pas en position d’augmenter leur production ou de chercher de nouveaux filons. De nombreuses années sont nécessaires pour rendre une mine opérationnelle.

D’après les chiffres de Nick Laird, la production mensuelle mondiale d’or et de 260 tonnes tandis que la demande mondiale et de 357 tonnes. D’où viendra l’or pour satisfaire la demande des pays de la Route de la Soie dans les cinq années à venir alors que la demande continue d’y progresser plus vite que la production ainsi que le recyclage du métal jaune ? »


_______________


Après la crise de 2008, la Chine a non seulement lancé la "route de la soie", mais aussi la réorientation de son modèle de croissance, pour tourner "l'usine du monde" vers la consommation intérieure. A cette fin d'importants investissements ont été lancés visant à développer les transports vers l'ouest, l'accès universel à l'électricité. Egalement le nouveau plan quinquennal s'est fixé pour but l'élimination de la pauvreté d'ici 2020.

Parallèlement, sur le plan international, la Chine établit des relations commerciales indépendantes du dollar, ainsi avec la Russie depuis novembre 2010.

On peut donc se demander si la politique monétaire et financière de la Chine n'a pas tout simplement pour objectif de se mettre à l'abri d'un effondrement du dollar et d'une nouvelle crise.
Xuan
   Posté le 03-01-2016 à 18:05:16   

futur rouge


2016 : la planète noyée sous le pétrole
Analyse de l’OC-FR sur le marché pétrolier


2016 va battre un nouveau record : jamais le coût du pétrole et donc des carburants n’a été aussi faible. Les prix des matières premières et des produits miniers de façon générale (or, charbon, cuivre, gaz…) ont chuté de 10 à 50%. Toutes ces matières premières ont chuté sur le marché en 2015, mais celles qui ont la visibilité et la conséquence la plus immédiate, sont les hydrocarbures. Jamais les impérialistes n’ont exploité autant les énergies fossiles que sont le pétrole et le gaz de schiste. A force de pomper, tout les records ont été battus en 2015.
Cette donne change donc de la situation du début de la crise économique mondiale, en particulier en Juillet 2008 lorsque le prix du pétrole s'était envolé du fait de la spéculation (les médias parlaient alors de "nouveau choc pétrolier"). La spéculation permet de faire circuler les capitaux lorqu'il n'y a pas de débouchés dans la production du fait de crises. Ils viennent faire monter le cours de l'or, de l'immobilier, du pétrole de façon artificielle jusqu'à ce que la bulle éclate et qu'ils aillent se fixer ailleurs. Un cours du pétrole élevé entraînait des investissements dans l'extraction du pétrole et les activités et sociétés associées.
Cette époque est finie. Aujourd’hui, le prix du gazole, principal carburant en France, vaut en moyenne 99,35 centimes d’euros le litre.

Cette baisse s’explique par la surproduction et donc la surexploitation des réserves pétrolières, et des matières premières ; ce qui provoque une suroffre. C’est la conséquence de la compétition inter-impérialiste mondiale dans la lutte pour dominer le marché, écouler les stocks et asphyxier les concurrents. (C’est la même logique qu’avec les surplus agricoles : l’intensification de la production agricole amène les agriculteurs à supprimer une partie de leur production pour maintenir sa valeur, et ne pas voir les grandes surfaces baisser les prix auxquels elles leur achètent les légumes, la viande, le lait etc.)
C’est aussi la conséquence de l’augmentation effrénée des capacités de production depuis plusieurs décennies, notamment avec la fracturation hydraulique. Elle permet aux Etats-Unis de doubler leur production de pétrole, et de largement diminuer leur besoin d’importer.
D’autres états, comme la Chine, l’Afrique du Sud, l’Australie, la Russie et le Canada, prennent la même voie que les Etats Unis, ce qui déstabilise les pays du golfe qui intensifient la course aux prix les plus bas et à l’extraction pétrolière, pour tenter de conserver leur hégémonie sur le marché. Or plus les prix baissent, plus il faut extraire. C’est un cercle vicieux dont on ne se sort que par une crise.
Pendant ce temps, la Chine, premier importateur mondial de pétrole, baisse sa demande, en même temps que sa croissance ralentit. Il y a donc de plus en plus de pétrole sur la marché, mais de moins en moins de demandeurs.
Dans le même temps, les investisseurs sont de moins en moins nombreux à être attiré par les activités pétrolières, du fait de la faiblesse du prix du pétrole, excepté pour l'extraction de gaz de schiste. Or les activités pétrolières et leurs fournisseurs sont eux-mêmes consommateurs de pétrole. C'est le serpent qui se mord la queue.

La consommation de pétrole a pourtant fortement augmenté dans le monde. Jamais il n’y a eu autant de livraisons de carburants routiers qu’en 2015 !
Les principaux acteurs de cette concurrence mondiale sont les Etats-Unis, et les pétro-monarchies arabes du golfe (Arabie Saoudite, Qatar, Emirats Arabes Unis, Koweit…). Ce sont ces acteurs qui fixent les prix avec le cartel de l’OPEP, cette dernière contrôlant 30% de la production brute mondiale.
La situation devrait s’intensifier avec la fin de l’embargo pétrolier sur l’Iran, qui détient 13 % des réserves mondiales de pétrole, au grand détriment de ses rivaux voisins, en particulier l’Arabie Saoudite. Le prix du baril devrait donc rester en dessous de 60 dollars en 2016. L’OPEP maintient ses quotas de production à 32,12 millions de barils par jour. De son côté, la production Russe atteint le record de 10,78 millions de barils par jour.

La France prend sa part, en particulier en Afrique. Elle utilise aussi ses colonies pour accéder à des réserves d’hydrocarbures. C’est le cas au large de la Guyane, et potentiellement dans les territoires en Antarctique, au large des îles Eparses dans l’Océan Indien et dans les terres australes.
Lors de la campagne présidentielle, François Hollande avait promis de réformer le code minier, pour limiter les prospections pétrolières. Au contraire, après avoir été élu, l’une de ses premières mesures a été de donner à Total et Shell des droits d’exploration et d’exploitation en Guyane. Depuis, les forages d’hydrocarbures se sont enchainés sur le territoire de l’état français métropolitain et d’outre-mer.
Des prospections pour le gaz de schiste sont également menées dans la vallée du Rhône, en Ardèche, dans les Cévennes, en Seine et Marne… Si ce gaz venait à être exploité, cela modifierait définitivement la géographie et la géologie de ces territoires. Les populations se verraient expropriées et chassées au nom du service public énergétique, véritable enjeu stratégique pour l’impérialisme français. L’état Français et l’UFIP (le lobby des pétroliers français) connaissent la place centrale dans la politique d’exportation et de commerce extérieur que constituent les éléments d’hydrocarbures et énergétiques. Ce n’est pas pour rien si la France concentre autant de centrales nucléaires, et exploite à travers le monde autant de mines de charbon et de gaz. L’état Français investit directement et massivement dans ce secteur, pilotant la politique de grands groupes monopolistiques. Elle organise des entreprises publiques, et participe au capital des entreprises privées. L’état détient par exemple plus de 10% du capital de CGG, une entreprise française dont le rôle est de trouver à travers le monde de nouveaux gisements. Elle est particulièrement active en Afrique et au Proche Orient.
La France participe à une lutte pour la conquête de nouveaux territoires vierges, et riches en ressources, en particulier aux cercles polaires. Avec la fonte des glaces et le réchauffement climatique, de nouvelles zones à explorer s’ouvrent pour les impérialistes, peu importe les conséquences mondiales que cela pourra avoir sur la planète et l’humanité.

Dans cette concurrence effrénée, un nouvel acteur est entré sur le marché mondial : Daech, qui contrôle 60% des champs pétroliers en Syrie, et certains puits en Iraq et en Libye. A l’échelle internationale c’est un petit producteur, mais à l’échelle régionale il commence à faire de l’ombre aux monarchies arabes. Daech a une capacité de production de 40.000 barils de pétrole par jour. A titre de comparaison, Total fournit 2,3 millions de barils de pétrole par jour. Rien d’étonnant donc, à ce que la France soit en guerre en Iraq et en Syrie, et a priori bientôt en Libye.

La crise pétrolière sera inévitable. Les réserves ne sont pas illimitées, cette source d’énergie n’est pas renouvelable.
Les conséquences seront mondiales et dévastatrices. Cette crise impactera l’ensemble de l’économie tant les industries dépendent du pétrole. Elle amènera dans son sillage crises de production et crises alimentaires.
Qu’il s’agisse de l’industrie de la chimie, agricole, plastique, automobile, textile, ferroviaire, aéronautique, aéronavale, aérospatiale… Toutes dépendent des hydrocarbures et conditionnent notre mode de vie d’aujourd’hui.
L’agriculture intensive étant un secteur particulièrement dépendant des hydrocarbures, la crise du pétrole amènera des crises de production agricoles et alimentaires. Cela signifiera l’expansion des famines et des émeutes de la faim comme en 2008 lors de la crise alimentaire mondiale.
Cette crise pétrolière plongera des états comme le Venezuela ou l’Angola (qui sont au bord de la faillite, et dont les économies, non diversifiées, dépendent exclusivement de ces ressources) dans le désastre. Ils ne peuvent déjà plus suivre, aujourd’hui, les quotas imposés par l’OPEP. Ces états dont la source principale de revenu provient du pétrole devront trouver d’autres sources financières, et réduiront drastiquement leurs budgets, avec les risques que cela implique pour la population. Le Nigéria avait par exemple réussi à faire effacer une partie de sa dette, mais la crise pétrolière l’obligera à s’endetter massivement à nouveau pour faire face à ses obligations budgétaires. Les pays impérialistes feront tout pour les faire payer.
Même l’Arabie Saoudite, leader mondial sur le marché du pétrole, se rapproche de la crise. L’agence de notation américaine Standard & Poor’s prévoit qu’en 2016 son déficit budgétaire atteigne 16% de son PIB, alors qu’il n’était jusque là que de 1,5%. Cette course effrénée qui vise à écouler les stocks est aussi une course effrénée vers la chute. C’est pourquoi ce pays a tout intérêt à s’opposer à l’Iran, qui le concurrencera directement. L’Arabie Saoudite mène déjà une politique belliciste à l’égard de ses voisins qui peuvent lui faire de l’ombre sur le marché pétrolier. Elle domine la vie politique de voisins comme le Bahreïn. Avec l’Egypte, et les armes vendues par la France, l’AS est actuellement en guerre au Yemen pour soumettre le pays et sa population à des plans d’hégémonie régionale.

Pour l’OC-FR il est urgent de construire l’unité anti-impérialiste. Les grandes puissances nous mènent à perte et à la destruction. Elles vident nos ressources sans se préoccuper de l’avenir, elles détruisent nos territoires sans se préoccuper des peuples, elles saccagent nos conditions de vie et de travail en exploitant la classe ouvrière tant qu’elles peuvent. Lutter est une question de survie.
Il faut stopper cette sur-production qui caractérise le système capitaliste et l’anarchie de son mode de production. C’est urgent.
Avec la crise économique, et la baisse tendancielle du taux de profit, les capitalistes se sentent obligés de trouver de nouveaux moyens pour préserver leurs parts de marchés, au détriment des peuples et des classes populaires.
Il faut exproprier les multinationales et toutes les compagnies pétrolières. Il faut planifier notre production, et prendre en compte nos besoins réels de consommation. Tout cela n’est possible qu’avec le socialisme, si nous faisons une révolution.

Cette situation est l’héritage que les capitalistes nous laisseront et que nous devrons gérer, le jour où nous construirons le socialisme après la révolution. Nous ne voulons pas avoir la responsabilité des désastres mondiaux des capitalistes. Nous voulons hériter d’un monde sain, propre, cultivable, et non du chaos. Il faut donc lutter dès maintenant contre les projets des capitalistes. Il faut nous opposer aux nouveaux forages, aux prospections minières, les empêcher d’épuiser nos sols, de rendre notre air irrespirable, et nos eaux empoisonnées.


A bas l’impérialisme ! Vive le socialisme !
Xuan
   Posté le 04-02-2016 à 23:55:39   

Sur Sputnik

La dette du gouvernement fédéral américain a officiellement passé la barre des 19.000 milliards de dollars - soit 103% du PIB national - fin janvier, rapporte le Washington Times.


13.700 milliards de dollars concernent directement la dette publique détenue par les entreprises et les particuliers, et encore 5 300 milliards représentent la dette nationale du gouvernement envers la Réserve fédéral américaine (Fed).

Depuis l'accession de Barack Obama à la présidence, la dette de l'État a augmenté de 8.000 milliards de dollars en sept ans pour pratiquement doubler pendant son mandat. La même dynamique avait été enregistrée par les obligations de l'État à l'époque de son prédécesseur George W.Bush.
Le 2 novembre 2015, Obama a approuvé l'augmentation du plafond des emprunts pour le gouvernement. Les autorités américaines comptent revenir à la question du plafond créancier en 2017. D'ici là, la dette publique devrait atteindre 20.000 milliards de dollars.

En juillet 2015, l'ex-sénateur républicain Ron Paul avait appelé à régler le problème de l'immense dette américaine. Selon lui, une crise similaire à la Grèce attendrait le pays dans le cas contraire. Il pense que les États-Unis devraient réduire "les dépenses militaires, les dépenses sociales et réduire les privilèges pour les entreprises" .
Xuan
   Posté le 09-02-2016 à 16:27:46   

Extrait deGeab

Chronique d'une crise annoncée


[…]AU 13 janvier, les indicateurs montrent une tempête déflationniste croissante, avec pour baromètres :

> l'indice GSCI des Commodités : 284,7 (la valeur la plus faible depuis 2004)
> l'indice Baltic Dry: 402 (la valeur la plus faible depuis 1985, date de sa création!)
> la banque centrale chinoise a vidé ses dollars de réserves de change depuis Juin 2014 à un rythme continu de 37 milliards de dollars par mois, ce qui est plus rapide que son accroissement initial
> la banque centrale saoudienne est dans la même situation
> les banques centrales du Brésil, du Japon et de la Russie,
> la BoE (Bank of England) ou de la BCE voient diminuer des réserves, même si le rythme est plus lent.
Les Etats les plus importants détenteurs de dettes en dollars vendent simultanément des dollars.


évolution mensuelle des réserves de change en Chine, 1980-2015;source: tradingeconomics


___________________________


Note Xuan :

Le S&P GSCI est un indice boursier développé par la banque d'investissement américaine Goldman Sachs, puis passé sous le contrôle de l'agence Standard & Poors, et qui sert notamment de repère sur le marché des commodités pour les participants du Chicago Mercantile Exchange.
L'indice se compose de 24 matières premières issues de tous les secteurs (métaux industriels, agriculture, énergie, bétail, métaux précieux). Le secteur de l'énergie, en particulier les activités pétrolières, représente la majorité de ses indices.

Le Baltic dry est l'indice des prix pour le transport maritime de vrac sec. C'est un indicateur des échanges commerciaux mondiaux.


__________________________________________________________


Les marchés ne croient plus au processus de resserrement monétaire de la Fed


Ils n’anticipent plus aucune nouvelle hausse des taux cette année et une seule sur 2017, ce qui fait dévisser le dollar.
Par Patrick Aussannaire le 05/02/2016 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

La Fed a-t-elle fait en décembre la grosse erreur de politique monétaire de son histoire? Les marchés n'anticipent en tout cas plus de nouvelle hausse des taux de la Réserve fédérale américaine cette année, et une seule de 25 pb (points de base) en 2017. Or, la première hausse de 25 pb mi-décembre était accompagnée de la promesse d'un processus de resserrement progressif, renouvelée le 27 janvier.
Le rendement à 2 ans des Treasuries s'est détendu de 37 pb depuis fin décembre, alors que ceux du Schatz allemand et des JGB japonais ont reculé d'environ 15 pb. Le spread des taux s'est resserré de près 20 pb sur la période, malgré de probables nouvelles mesures d'assouplissement prises par la Banque centrale européenne à sa prochaine réunion de mars, et le passage en taux de dépôt négatif de la Banque du Japon la semaine dernière.

Dans ce contexte, le dollar a décroché de 3,2% en moyenne depuis lundi contre les six autres principales devises suivies par l'indice Bloomberg DXY pour revenir à ses niveaux de début novembre. Sa chute atteint même 3,7% contre euro et 3,5% contre yen. Le billet vert a également enregistré un recul moyen de plus de 3% face aux devises émergentes suivies au sein de l'indice JPMorgan FX EM depuis son point haut du 21 janvier. «Le catalyseur de cette chute a été déclenché par les propos tenus mercredi par le président de la Fed de New York William Dudley qui a alerté sur le resserrement inquiétant des conditions financières et ajouté que la Fed en tiendra compte dans sa décision de relever ou pas ses taux à sa prochaine réunion de mars» , estime BNP Paribas.

L'indice de stress des conditions financières aux Etats-Unis de la Fed de Cleveland est au plus haut depuis mi-2012. «Les investisseurs répondent de plus en plus aux inquiétudes que les premiers signes de surperformance du cycle de croissance de l'économie américaine commencent à s'inverser» , estime Citigroup. Après un ralentissement de la croissance du PIB à 0,7% au dernier trimestre 2015, l'activité du secteur manufacturier s'est enfoncée en zone de récession en janvier et a baissé dans les services. SG CIB estime néanmoins à 3% la probabilité d'une récession aux Etats-Unis sous 12 mois. «Les pressions habituelles de fin de cycle ont à peine commencé à se matérialiser et l'épargne élevée des ménages et sociétés devrait servir d'amortisseur aux chocs externes» , explique SG CIB.
Xuan
   Posté le 04-06-2016 à 00:38:42   

La reprise aux USA : en panne

Douche froide pour l’économie américaine : les créations d’emplois au plus bas depuis six ans

LE MONDE ECONOMIE - 3.06.2016 à 17h41 - Par Stéphane Lauer (New York, correspondant)

extrait :

Est-ce le début de la fin du cycle de reprise aux Etats-Unis ? En tout cas, le fait que l’économie américaine n’ait créé que 38 000 emplois en mai a jeté un froid sur la solidité de la croissance. Pour retrouver un chiffre aussi faible, il faut remonter à septembre 2010. Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, le département du travail a également annoncé, vendredi 3 juin, avoir drastiquement révisé à la baisse les statistiques de mars et d’avril avec respectivement 186 000 et 123 000 créations. La chute est impressionnante par rapport à la moyenne observée en 2015 qui avait été de 219 000 créations par mois.

Donald Trump, le candidat à l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle, jamais avare de catastrophisme, a qualifié ces chiffres de l’emploi de « bombe ». Sans aller jusque-là, force est de constater qu’ils ont pris à contre-pied tous les économistes qui tablaient en moyenne sur 160 000 créations d’emplois.

Bérézina

La seule bonne nouvelle dans ces statistiques est, elle-même, en trompe-l’œil. Si le taux de chômage est en effet tombé à 4,7 %, c’est avant tout pour de mauvaises raisons. Il n’y a pas nécessairement moins d’Américains à la recherche d’un emploi. La baisse s’explique essentiellement par la quantité de gens qui, par découragement, sortent des statistiques. C’est ce que montre clairement l’évolution du taux de participation. La proportion d’Américains qui ont un travail ou qui en recherchent effectivement un, chute à 62,6 % contre 63 % en mars, soit 458 000 personnes. C’est le plus mauvais chiffre depuis le début de l’année et un niveau proche de celui de la fin des années 1970.

Autre paramètre inquiétant : le nombre de personnes qui travaillent à temps partiel, alors qu’elles souhaiteraient occuper un poste à plein-temps a fait un bond spectaculaire passant de 6 millions en avril à 6,4 millions en mai.

Sur le plan sectoriel, mis à part le domaine de la santé qui a recruté 46 000 personnes en mai, c’est la bérézina. Le secteur de l’extraction minière est toujours sur la même tendance récessive avec 11 000 destructions d’emplois. L’industrie en a perdu 18 000, les services aux entreprises 10 000, les entreprises de construction 15 000 et le secteur des télécommunications et de l’information 34 000.

A propos de ce dernier secteur, certains expliquent que la grève chez l’opérateur de télécoms Verizon a pu jouer un rôle dans la chute des créations d’emplois. Une interprétation qui est relativisée par Andrew Zatlin, analyste chez SouthBay Research : « La dernière fois que Verizon a affronté une telle grève, en août 2011, cela avait eu un faible impact sur les créations d’emplois » , ajoutant que les 35 000 grévistes, qui n’ont plus été comptabilisés dans les statistiques du département du travail, sont globalement compensés par le recrutement d’intérimaires pour les remplacer. Or, le secteur de l’intérim a lui aussi souffert en mai avec la perte de 21 000 postes.
marquetalia
   Posté le 16-06-2016 à 01:04:43   

La Chine appuie des gouvernements marxistes en Amérique Centrale -au Nicaragua et au Salvador-et soutient de facto la résistance de Zelaya,le Honduras étant un allié régional de Taiwan.
Xuan
   Posté le 20-10-2016 à 14:00:13   

Dégradation continue de l'économie US


Les médias économiques ont fait beaucoup de bruit sur les déboires de la Deutsche Bank.
Après la BNP, c'est cette banque qui a été mise à l'amende par le ministère américain de la Justice à hauteur de 14 milliards de $, mi septembre. Le cours de ses actions a dégringolé.

Mais on parle moins de la situation aux USA.


Ci-dessus : Croissance officielle de l’économie US par trimestre (en rythme annualisé ) depuis janvier 2015. Source : Trading Economics.


Taux d’emploi (bleu, échelle de gauche) et de chômage (rouge, échelle de droite) aux États-Unis depuis 2007. Source : FRED.

Ces deux graphiques permettent de comprendre les transformations en cours dans la politique US : à la fois le développement du populisme chez Trump et le bellicisme de Clinton.
Xuan
   Posté le 07-02-2017 à 20:52:13   

Si on met en parallèle les articles précédents, il paraît que la Chine remplace progressivement ses dollars par de l'or, afin de se prémunir contre une nouvelle crise et de préserver son indépendance. En décembre 2015 (voir article plus haut) on notait : "La presse économique s'est demandé récemment pourquoi les réserves de changes en dollar de la Chine fondaient à vue d’œil". Cette fois les montants de 2015 sont triplés.


La Chine s'abreuve d'or en provenance de Suisse



Les raffineries helvétiques, les plus puissantes du monde, ont livré en décembre un montant record de métal jaune à Shanghai. Les Chinois, premiers consommateurs devant les Indiens, en ont besoin pour offrir et investir alors que Pékin veut réorganiser le marché mondial
source :http://www.letemps.ch/economie/2017/02/07/chine-sabreuve-dor-provenance-suisse

[...]Les lingots sont estampillés «Credit Suisse» et «Valcambi», le nom d’une raffinerie tessinoise. Quatre-vingts pièces d’un kilo au total, qui tapissent le sol à l’entrée de l’Emperor. Ce grand casino de Macao a affiché au mur la copie d’une lettre de HSBC Guyerzeller. Envoyée fin 2005 de Zurich, elle certifie l’authenticité des lingots.
Cette attraction parmi d’autres dans cet enfer du jeu illustre à la fois la fascination des Chinois pour ce métal précieux et le rôle unique que joue la Suisse, centre majeur du raffinage. L’an passé, près d’une tonne exportée sur quatre par Valcambi et ses concurrents Metalor ou Pamp avait pour destination la Chine.

Encore provisoires, les chiffres publiés fin janvier par l’Administration fédérale des douanes ont surpris le monde du négoce de l’or. En décembre, la Suisse a envoyé 158 tonnes en Chine, cinq fois le volume de novembre et près de trois fois celui de décembre 2015. En outre, ces exportations ont surclassé celles au départ de Hongkong, comme l’indique le Département hongkongais des statistiques. A 52,1 tonnes, ces dernières étaient pratiquement au même niveau qu’en novembre. Pourtant, l’ancienne colonie britannique est habituellement le premier fournisseur de l’économie chinoise, «devant la Suisse, suivie de l’Australie et de la Grande-Bretagne», remarque Koos Jansens, spécialiste du marché chinois de l’or pour BullionStar, un courtier singapourien.

Shanghai, capitale de l'or

Pour expliquer le bond de décembre pour la Suisse, Koos Jansen voit «les possibles effets d’une stratégie» échafaudée par Pékin. En 2002, le monopole du négoce de l’or en Chine a été donné à Shanghai. La mégalopole est depuis devenue le marché physique le plus grand au monde. Pourtant, «Londres reste le centre le plus influent. Ses prix font référence, Shanghai ne fait que suivre», poursuit l’analyste de BullionStar. En 2014, les autorités chinoises y ont alors créé un marché international. Une façon de prendre des affaires à sa concurrente directe, la place de Hongkong. Petit à petit, les investisseurs sont incités à se passer d’elle. Pékin privilégierait alors la place suisse, la seule en mesure de répondre à sa demande.

Andrew Driscoll ne valide pas complètement cette théorie. Cependant, le spécialiste des matières premières auprès du courtier hongkongais CLSA reconnaît que les autorités chinoises mènent des réformes pour attirer les investisseurs étrangers, hongkongais compris. Un accord récent permet d’ailleurs aux courtiers hongkongais d’aller passer leurs ordres sur le marché de l’or de Shanghai, sans que la réciproque soit possible.
Le soudain appétit des Chinois pour les lingots en fin d’année s’expliquerait lui par deux phénomènes. «Comme les Indiens, ils en offrent beaucoup, en particulier à l’occasion du Nouvel an chinois», décrypte Andrew Driscoll. Selon lui, les bijoutiers ont pu passer des ordres supplémentaires pour préparer l’année du Coq, qui a commencé la semaine passée. Deuxième explication: la baisse du cours de l’or, notamment après l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. «En Occident, les investisseurs achètent lorsque le cours de l’once grimpe. Les Chinois font le contraire», constate Koos Jansen.

La Chine puise dans ses réserves

Andrew Driscoll pointe un troisième facteur. Pour soutenir le yuan, la Banque centrale chinoise (PBOC) puise dans ses réserves de changes. Hier, elle a d’ailleurs annoncé que fin 2016, elles étaient passées sous les 3000 milliards de dollars, leur plus bas niveau en six ans. Comme cela ne suffit pas, la PBOC renforce le contrôle sur les capitaux pour qu’ils ne quittent pas la Chine, et affaiblissent le renminbi. Or «il est plus facile pour les Chinois d’acquérir de l’or que des dollars», relève l’analyste de CLSA. L’achat de lingots constitue donc une alternative à la sortie des capitaux, et permet ainsi aux fortunes chinoises «de diversifier leurs avoirs», ajoute-t-il.

La Suisse profite de cet intérêt des Chinois grâce à sa force industrielle. L’an dernier, la Chine a importé un total de 770 tonnes d’or de Hongkong, et 442 tonnes de Suisse. A fin novembre, l’Australie lui en avait fourni 53 tonnes, Royaume-Uni 16 tonnes. A ces importations, il faut ajouter la production domestique, évaluée l’an passé à plus de 450 tonnes, selon l’association chinoise de l’or. Elle consomme ainsi plus d’or que l’Inde. La publication des chiffres des prochains mois permettra de vérifier la théorie de mise à l’écart de Hongkong.

Reste une dernière variable, les achats d’or par la PBOC. Officiellement, la banque centrale n’en possède que 1843 tonnes, mais la plupart des observateurs estiment que ses coffres en détiennent bien davantage. «En recoupant les indices que j’ai recueillis, j’estime que ses réserves approchent les 4000 tonnes», avance Koos Jansen, qui souligne l’opacité des opérations de la PBOC. Les réserves de la Chine seraient ainsi les deuxièmes au monde après celles des Etats-Unis (plus de 8000 tonnes) et devant l’Allemagne, la Suisse se situant au 7e rang, avec quelque 1000 tonnes, selon le Conseil mondial de l’or.


Edité le 07-02-2017 à 20:57:32 par Xuan


Xuan
   Posté le 08-02-2017 à 23:13:01   

Marché obligataire US un cours historiquement bas.


Plusieurs sites économiques signalent que le marché obligataire n'est jamais descendu aussi bas depuis 1871, et pas seulement des spécialistes de la catastrophe imminente.
Généralement les déclarations alarmistes s'appuient sur la "fin de la croissance chinoise", les "bulles immobilières chinoises", les investissements dispendieux, etc. pour annoncer la fin du monde. En fait ce sont la Chine et les pays émergent qui ont amorti la crise mondiale des puissances impérialistes.
Mais la Chine notamment a tiré de leçons de cette crise et de la dégringolade des marchés occidentaux qui sont précisément à l'origine du ralentissement de son économie, et elle l'a réorienté vers le marché intérieur.

Mais on retrouve cette information un peu partout, avec plus ou moins de détails.
Sur Bloomberg version anglaise on trouve quelques graphiques sur ces rendement historiquement au plus bas :





La crise financière de 2007 à 2011 a vu les rendements des obligations atteindre un niveau historiquement bas.
Une obligation n'est pas un titre de propriété mais un titre de créance. Là où une action est une part du capital social d'une entreprise, l'obligation est une part de la dette d'une entreprise que celle-ci s'engage à rembourser.
Les obligations présentent trois risques principaux :

- Le défaut de paiement : Lorsque la solvabilité d'une entreprise ou d'un Etat est en cause, un risque de non-remboursement des emprunts obligataires existe. Les créanciers risquent alors une perte partielle ou totale de leur investissement (hors intérêts déjà versés).

- Les moins-values : La valeur d'une obligation à taux fixe est inversement proportionnelle à l'évolution des taux d'intérêt. Lorsque ces derniers augmentent, la valeur nominale des obligations diminue engendrant des risques de moins-values en cours de vie. Plus la durée de vie de l'obligation est longue, et plus elle est sensible à l'évolution des taux d'intérêts.

- La liquidité : La revente d'une obligation peut se heurter au manque d'acheteurs. Le marché obligataire est peu liquide et les investisseurs peuvent donc attendre longtemps avant de réussir à revendre leurs titres.

Sur la Tribune :

La flambée du Dow Jones depuis l’élection de Trump annonce-t-elle un mouvement violent de « grande rotation » des actifs au détriment des obligations ? Certains stratégistes mettent en garde les investisseurs. D’autres experts croient plus en des pics de volatilité, sans effondrement des marchés de la dette, soutenus par la politique de rachats de la BCE.
« La "bulle obligataire" est-elle sur le point d'éclater ? » , s'interroge Mark Burgess, le responsable de l'investissement en Europe du gérant d'actifs Columbia Threadneedle, qui avait déjà émis l'idée que « l'élection de Donald Trump pourrait être le catalyseur qui fait éclater la bulle » . Dans sa note sur les perspectives 2017, il relève ce lundi que « des milliers de milliards de dollars d'obligations affichent des rendements négatifs, ce qui signifie que les rendements ne sont pas du tout en adéquation avec la croissance et l'inflation » . Selon cet expert, « le cycle de crédit n'est pas encore arrivé à son terme, mais l'heure est à la prudence. » Et cela fait déjà plusieurs mois que l'on voit poindre cette inquiétude.
L'ancien patron de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, l'a déclaré à plusieurs reprises : ce n'est plus « l'exubérance irrationnelle » des marchés actions qui le préoccupe mais les multiples de valorisation des marchés obligataires qui sont « hors des clous. »

Un "bull market" depuis 30 ans !

Le stratégiste en chef de Bank of America Merrill Lynch, Michael Hartnett, a récemment prévenu que le point d'inflexion remontait au 11 juillet dernier :
« Ce jour-là a signé la fin du plus important marché haussier jamais vu sur l'obligataire » a-t-il déclaré, prédisant une « grande rotation » des actifs vers les actions qui serait « très violente » .
Un marché haussier (ou "bull market" ) qui dure depuis ... plus de trente ans !

Or les chiffres parlent d'eux-mêmes : au mois de novembre, la capitalisation obligataire mondiale s'est contractée de 1.700 milliards de dollars. L'indice phare de ces marchés, le Bloomberg Barclays Global Aggregate Total Return qui inclut des obligations d'Etat et d'entreprises de tous horizons, a connu sa plus forte chute (-4%) depuis sa création en 1990. Il a quasiment effacé tous ses gains de l'année.
[...]



Edité le 08-02-2017 à 23:24:52 par Xuan


Xuan
   Posté le 13-02-2017 à 21:06:04   

La Chine et le Japon se détournent de la dette américaine



Le Temps
Pour la première fois depuis 2001, les créanciers internationaux des Etats-Unis ont davantage vendu qu’acheté des obligations souveraines en 2016. Les investisseurs locaux compensent

Donald Trump croit aux dictons. Surtout le suivant: si vous devez 100 dollars à une banque, vous avez un problème. Mais si vous lui devez 100 millions de dollars, c’est elle qui a un problème. Il a appliqué la même logique aux créanciers de l’Amérique, estimant lors de la campagne présidentielle que le pays avait un pouvoir «énorme» sur la Chine et le Japon, ses deux plus importants créanciers étrangers.

Or, depuis, les deux pays se sont mis à vendre la dette souveraine américaine qu’ils détiennent. Plus que les propos du nouveau président, d’autres facteurs expliquent néanmoins cette tendance, qui prend de l’ampleur, surtout pour la Chine.

La Chine a réduit ses obligations souveraines, au plus bas depuis sept ans
Selon les derniers chiffres disponibles du Trésor américain, Pékin détenait 1049,3 milliards de dollars d’obligations souveraines, à fin novembre. Un an plus tôt, elle en comptait 1264,5 milliards. Soit près de 20% de baisse en douze mois et le niveau le plus bas depuis sept ans. Un recul qui va de pair avec une réduction des réserves de change de la banque centrale chinoise. En deux ans, ces dernières ont chuté de 25% à 3000 milliards de dollars, selon les chiffres de fin janvier.

Jusqu’à fin novembre, les Chinois semblaient les plus pressés de vendre des obligations américaines. Mais depuis, les Japonais ont suivi la même tendance. Redevenus créanciers numéro un de l’Amérique l’an dernier, ils ont eux aussi réduit leurs positions. Selon des chiffres du ministère japonais des Finances relayés par Bloomberg, les investisseurs de ce pays, y compris privés, ont retiré un montant net de 21,3 milliards de dollars en décembre, soit le deuxième mois consécutif de sorties de fonds. «A mesure que les rendements souverains des autres économies majeures reviennent en territoire positif, il y a moins de motivation à chercher du rendement ailleurs», explique Gianni Pugliese, analyste à la banque Mirabaud.

Une demande moins globale et plus locale
L’expert confirme que «la provenance géographique des acheteurs de bons du Trésor américain est en train de changer». La demande passe de «globale à locale». Pour la première fois depuis 2001, les créanciers internationaux des Etats-Unis ont davantage vendu qu’acheté des obligations souveraines en 2016. Dans le même temps, les investisseurs locaux (caisses de pension, assurances, banques et fonds de placement) en ont acheté davantage que ces dernières années.

Avec 2463,4 milliards de dollars, en hausse de 140% en cinq ans, c’est la Réserve fédérale américaine qui est le plus important détenteur de la dette souveraine du pays. Dans ce contexte, le scénario «inquiétant» existe: «Une baisse de la demande de «Treasuries» aggravée par la hausse de l’endettement suite aux plans de relance de Donald Trump. Le tout au moment où la Fed appliquerait des mesures pour rétrécir son bilan» , explique Gianni Pugliese.

De son côté, la Suisse a aussi réduit son portefeuille en fin d’année. A fin novembre, elle comptait encore 229,5 milliards d’emprunts américains, soit toujours plus du double d’il y a cinq ans.
Xuan
   Posté le 11-08-2017 à 16:05:35   

Cet article prend le contre-pied des analyses des économistes occidentaux sur la faillite prochaine de la Chine. En outre il ressort que l'économie mondiale est entraînée par l'économie chinoise.
Elle est aussi entraînée par le développement des anciennes colonies et bientôt par le continent africain.
Il est impossible de comprendre pourquoi la crise de 2008 n'a pas conduit à un effondrement économique généralisé sans en tenir compte, et nous avons fait souvent l'erreur de considérer la crise mondiale d'un point de vue unilatéral purement occidental.
Pour autant le nouveau développement de l'économie mondiale, lié au développement économique des pays émergents, et dans un monde multipolaire, ne met pas fin aux contradictions du système capitaliste, à son développement inégal et à ses crises.
La déclaration de Janet Yellen est très imprudente, si on prend en compte par exemple aux USA les 3850 milliards de retraite des fonctionnaires non provisionnés, les prêts étudiants, ou l'arnaque des emprunts automobiles ("subprimes" automobiles)


__________________________________


Dix ans après la crise des subprimes, le système financier mondial se stabilise et l'économie chinoise brille


Publié le 2017-08-11 à 19:17 french.xinhuanet.com

NEW YORK, 11 août (Xinhua) -- Le système financier international est redevenu stable et l'économie mondiale reprend tièdement avec à sa tête la Chine, après avoir fait face à la crise financière mondiale qui a commencé il y a dix ans, selon les experts.
Le 9 août 2007, date généralement considérée comme le début de la crise financière mondiale, la banque française BNP Paribas, une des plus grandes banques d'Europe, a gelé trois fonds réclamés par les investisseurs suite à la révélation de la crise des subprimes américains.

Cette décision a provoqué la pire crise financière que le monde ait connue depuis la Grande Dépression de 1929.

LA CHINE MENE LA REPRISE

Lorsque l'économie mondiale a subi les pressions de la crise, la Chine s'est battue et a aidé le monde à éviter de reculer.
Dix ans maintenant et la reprise économique mondiale est plus stable, la Chine, quant à elle, est la plus grande contributrice à la croissance économique mondiale et continue d'accroître son économie rapidement.

"La tendance de la croissance mondiale continue à la hausse malgré des taux d'intérêt extrêmement bas dans des économies développées comme les Etats-Unis, l'Europe et le Japon" , a déclaré Brendan Ahern, responsable des investissements à Krane Funds Advisors, mercredi à Xinhua.
"Les interprétations économiques solides de la Chine sont un signe fort que l'économie mondiale continue de sortir de la crise économique qui a débuté il y a dix ans" , a analysé M. Ahern.

Au premier semestre de cette année, l'économie chinoise a continué son expansion régulière avec un PIB annuel de 6,9%, bien au-dessus des estimations des économistes, ont montré les données du Bureau national des statistiques en juillet.
"L'économie chinoise continue de croître à un taux bien supérieur à celui de ses pairs au niveau mondial" , selon M. Ahern.

Le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la hausse la croissance de la Chine en 2017 à 6,7%, soit 0,1 point de pourcentage plus haut que ses dernières estimations. De nombreuses grandes banques, comme JPMorgan et Citigroup, ont également revu à la hausse leurs prévisions annuelles de croissance pour la Chine.
"La Chine continuera de jouer un rôle pivot dans l'économie mondiale" , a estimé M. Ahern.
"Nous pensons que la consommation domestique continuera de prendre de l'importance et de renforcer l'ensemble de l'économie chinoise" , a poursuivi l'expert. "Les décideurs politiques devraient être félicités pour avoir valorisé la consommation domestique en favorisant les bonus économiques et les réformes d'appui" .

UN LONG HERITAGE

Le lendemain de la crise des crédits continue de nous apprendre une leçon sur la régulation financière.
Il y a dix ans, la crise des crédits a sonné comme une alarme, et les banques centrales du monde entier voulaient absolument sauver le système financier mondial et le rendre plus résilient.

La Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et leurs homologues ont acheté des actifs toxiques, abaissé les taux d'intérêt et injecté des liquidités par le biais de programmes d'achats d'obligation.
Les réformes des infrastructures économiques et financières ont, dans une certaine mesure, conduit l'économie mondiale à une reprise stable depuis la crise financière.
La reprise de la croissance mondiale se poursuit, a fait savoir le FMI dans son dernier rapport "Perspective économique mondiale" , maintenant ses précédentes prévisions de croissance mondiale à 3,5% et 3,6% respectivement pour les années 2017 et 2018.
"L'économie mondiale s'améliore progressivement" , a déclaré Mark Newton, analyste technique et fondateur de Newton Advisors."

Les institutions financières ont appris à limiter le commerce spéculatif grâce à une série de régulations financières plus dures, dont la loi Dodd-Frank aux Etats-Unis.
Toutes les grandes banques américaines ont réussi les tests de stress imposés par la Fed et ont des niveaux solides de capitaux pour résister à une grave récession.
La présidente de la Fed, Janet Yellen, a récemment déclaré qu'elle ne pense pas qu'il y aura une autre crise financière "de notre vivant" , et que le système bancaire est "bien plus fort" .


Edité le 12-08-2017 à 00:05:35 par Xuan


Xuan
   Posté le 29-01-2018 à 09:55:51   

PCF Littoral, "entre Lez et Vidourle" Lattes-Grande Motte-Lansargues- Mauguio-Palavas -Pérols

Trump rattrapé par la dette


L'échec des négociations au Sénat sur un compromis budgétaire entraînera aux États-Unis une fermeture partielle des administrations. Suite à l’échec d’un vote crucial, la Maison-Blanche a accusé les démocrates de prendre les Américains «en otages».

En raison du vote au Sénat contre la prolongation à court terme des financements nécessaires, les États-Unis se retrouvent dans une situation de «shutdown» le jour du premier anniversaire de l'investiture de Donald Trump.

Jeudi, la Chambre des représentants a adopté une proposition de loi visant à prolonger le financement du gouvernement fédéral jusqu'au 16 février, mais le Sénat a voté contre par 50 voix contre 49 tandis qu'il fallait une majorité de 60 votes pour que le texte passe.

Dans ce contexte, le gouvernement fédéral va devoir fermer pour la première fois depuis 2013 certaines agences à travers le pays et suspendre le versement des salaires des fonctionnaires.

Nous avons une autre lecture de ces faits relatés par la presse. Il ne fait aucun doute qu'un accord se fera. Mais cela signifie, ce que les chiens de garde ne disent pas, que la dette américaine ne cesse d'augmenter, le dollar monnaie mondiale remplissant de moins en moins son office. Il faut emprunter sur le marché boursier mondial en dépassant le montant autorisé par les élus. C'est désormais le peuple américain qui payera la politique insensée de ses dirigeants successifs , et non le monde entier. Cela complique la tâche des élus, qui réclament des baisses d'impôts au moment où il faudrait les augmenter.

Le peuple américain devra résoudre cette contradiction.
Xuan
   Posté le 06-02-2018 à 13:40:04   

Un document de Natixis conclut à la justesse des déductions de K. Marx. Il apparaît selon les graphiques de cet article que le taux de profit tend à décroître.
Les causes sont multiples et il existe des effets inverses, mais dans l'ensemble le capital constant (capital fixe + capital circulant), qui comprend les moyens de production en machines et matières premières, augmente par exemple avec d'achat de nouvelles technologies, tandis que le capital variable comprenant les salaires diminue.
C'est la volonté des capitalistes de diminuer le capital variable notamment en réduisant les effectifs, en baissant les salaires, en supprimant les cotisations, en augmentant le temps de travail non rémunéré.

Mais tandis que le taux de plus-value est le rapport du surtravail au travail effectivement payé (c'est le taux d'exploitation), le taux de profit est le rapport de la plus-value sur l'ensemble du capital (constant + variable). Nécessairement ce taux diminue avec la baisse des salaires et des effectifs.

Marx écrit :


Le capitaliste isolé (ou même l'ensemble des capitalistes d'une industrie), dont la vue est bornée, croit avec raison que son profit ne provient pas exclusivement du travail que lui ou son industrie met en œuvre, car il en est ainsi de son profit moyen; mais il ignore absolument, et les théoriciens bourgeois ne lui ont rien appris a cet égard, jusqu'à quel point ce profit dérive de l'exploitation de tout le travail social par l'ensemble des capitaux et des capitalistes.

Une épargne de travail - non seulement une réduction du travail nécessaire pour obtenir un produit déterminé, mais une diminution de l’ensemble des ouvriers occupés - et une plus grande application de travail matérialisé (capital constant) constituent une opération qui parait très rationnelle au point de vue économique, mais qui à première vue ne semble devoir affecter ni le taux général du profit, ni le profit moyen.

Comment le travail vivant serait-il la source exclusive du profit, puisque non seulement une diminution du travail nécessaire à la production ne parait pas affecter le profit, mais semble même, dans certaines circonstances, être le moyen le plus efficace pour l'augmenter, du moins pour un capitaliste particulier ?

[Livre 3 - section 2 - formation d'un taux moyen du profit]

Il en résulte que la course au profit maximum aboutit à la spéculation, usant d'artifices pour créer des surprofits, mais aussi par le pillage de l'Etat (privatisations, baisse d'impôts, optimisation fiscale, paradis fiscaux, etc.),la dépossession c'est-à-dire pillage de patrimoines d'entreprises concurrentes mais aussi de particuliers, la rente par position dominante (détention d'actifs immatériels brevets etc.)
Mais la valeur réelle des marchandises n'a pas d'autre source que le travail humain, qu'il s'agisse des machines, des matières premières ou du produit final.
Extrait de Natixis:


"Synthèse : la logique de cette dynamique du capitalisme est assez implacable
On retrouve bien dans les évolutions récentes la dynamique du capitalisme décrite par K. Marx :

- recul de l’efficacité des entreprises qui pourrait réduire le rendement du capital ;
- réaction à la baisse du rendement du capital par la déformation du partage des revenus en faveur des profits et au détriment des salariés ;
- quand cette déformation atteint sa limite, utilisation d’activités spéculatives pour accroître la rentabilité du capital.

Cette dynamique aboutit nécessairement d’une part à la hausse des inégalités de revenu,
d’autre part à des crises financières"



Edité le 06-02-2018 à 23:20:54 par Xuan


Xuan
   Posté le 06-02-2018 à 14:04:38   

Cet article arrive précisément au lendemain d'une alerte sérieuse causée par la crainte d'un relèvement des taux par la FED et la "hausse des salaires en janvier aux USA" (baisse de l'armée de réserve des chômeurs) :

sud ouest : Marchés financiers : hausse des salaires et inflation affolent les bourses
Les indices boursiers américains se sont effondrés hier lundi 5 février, perdant en une séance toute la croissance qu'ils avaient enregistrée pendant l'année écoulée. [Sputnik]

Les personnes les plus riches du monde ont perdu 114 mds USD en une journée[id.]
Les Echos : les raisons d'un mini krach
Boursier

Sur Le Progrès :

Une chute incroyable. Le Dow Jones Industrial Average, la bourse américaine, située à New York, a soudainement dévissé en deuxième partie de séance, et enfoncé en moins d’une heure les seuils des 500, 1.000 et 1.500 points perdus. Il a finalement clôturé en baisse de 4,60%. Au plus bas, il a chuté de plus de 10%.
L’indice Nasdaq, à forte coloration technologique, a perdu 3,78% et l’indice élargi S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises cotées aux Etats-Unis, a cédé 4,10%.

Cette correction intervient le jour de l’arrivée à la tête de la banque centrale américaine de Jerome Powell, qui remplace Janet Yellen, seule femme à avoir jamais dirigé cette institution. Mais elle était attendue de longue date par de nombreux observateurs, les indices ayant enchaîné les records ces derniers mois. Le S&P 500 a ainsi enregistré en janvier son meilleur début d’année depuis 1997.

Donald Trump s’en est souvent félicité dans des tweets ou dans ses interventions publiques et en avait fait un de ses arguments favoris pour séduire les milieux d’affaires lors du dernier forum économique de Davos en Suisse. Lundi, la Maison Blanche a assuré [i]«être toujours inquiète quand le marché perd de la valeur»
. Mais un porte-parole, mettant en avant « la fluctuation des marchés à court terme» , a un peu plus tard rappelé que l’économie américaine restait « très solide» et « allait dans le bon sens ». Le taux de chômage aux Etats-Unis est actuellement au plus bas depuis 17 ans et la croissance du PIB s’est établie en 2017 à 2,3%.
Signe de l’inquiétude ambiante dans les salles de marché, l’indice qui mesure la volatilité à Wall Street, le VIX, s’affichait lundi à son plus haut niveau depuis l’été 2015.
Entamée la semaine dernière, la débâcle a été déclenchée par un regain de nervosité des investisseurs face à la hausse des taux d’intérêt.
Outre la fébrilité ambiante, il a été lesté par la chute de 9,22% de la banque Wells Fargo, responsable d’un scandale massif de comptes fictifs: la Fed lui a interdit d’augmenter son chiffre d’affaires avant d’avoir pris des mesures pour corriger ses erreurs.
D'une manière générale, les bourses mondiales étaient à la baisse ce lundi, sous le coup de la faiblesse de Wall Street. La bourse de Paris a ainsi fini en net recul de 1,48%[/i]


Aujourd'hui les bourses ouvrent de nouveau en baisse.

A noter : le Baltic Dry Index cité plus haut, après une hausse en dent de scie importante depuis juin 2016 - passant de l'indice 300 à 1700 début décembre - est redescendu à 1200 fin janvier.


Edité le 06-02-2018 à 23:16:52 par Xuan


Xuan
   Posté le 07-02-2018 à 11:08:25   

L'avis d'un économiste sur Global Times :

La faiblesse du chef de la Fed signifie que le monde fait face à des dollars américains excédentaires


Par Wu Qing Source: Global Times Publié: 2018/2/6 23:53:40


L'assouplissement quantitatif (QE) est terminé aux États-Unis, mais une politique d'argent facile continue. C'est la position de politique monétaire actuelle adoptée par la Réserve fédérale américaine. En conséquence, le dollar américain a commencé en 2018 avec un déclin rapide.

La plongée a pris beaucoup de gens au dépourvu. La performance de l'indice US Dollar, qui s'est ouvert à 102,39 au début de 2017 et a chuté de plus de 10 points de pourcentage tout au long de l'année, a surpris de nombreux observateurs. Certains investisseurs pensent que le dollar américain a touché le fond, que la reprise économique américaine est essentiellement conforme aux attentes, que la Fed continuera de relever ses taux d'intérêt et que d'autres facteurs favorables soutiendront la devise américaine.

Compte tenu de ces hypothèses, le dollar américain pourrait rebondir à tout moment. Mais la situation actuelle est exactement le contraire de ce à quoi s'attendaient ces investisseurs.

Pourquoi semble-t-il que le dollar américain pourrait être faible tout au long de 2018? Parlons d'abord de la poursuite d'une politique monétaire neutre. Si l'orientation de la politique monétaire de la Fed est neutre (ni resserrée ni assouplissante), que devrions-nous observer? Si la politique monétaire est véritablement neutre, les commentaires des membres votants du Federal Open Market Committee (FOMC) devraient montrer une distribution normale.

Cependant, selon mon analyse de données, c'est loin d'être le cas. Le nombre de membres du FOMC qui pensent que les taux d'intérêt devraient être relevés dépasse de loin ceux qui pensent le contraire.

Si tout le monde s'attend à ce que la Fed relève les taux, cela suggère que la politique monétaire américaine actuelle est dans un état d'assouplissement et que la Fed est sur le point d'augmenter les taux d'intérêt (resserrer la politique monétaire).

Deux présidents successifs de la Fed (Ben Bernanke et Janet Yellen) n'ont pas permis le retour d'une politique monétaire neutre, et il est peu probable que Jérôme Powell, qui a pris le pouvoir le 3 février, soit très différent.

Powell n'a pas été dans la Fed depuis très longtemps et il n'a pas fait beaucoup de marque là-bas. Il n'a pas non plus de solides antécédents académiques comme Bernanke. En outre, il est peu probable qu'il ait un fort pouvoir de persuasion au sein du FOMC. Il est susceptible d'être un président de la Fed plus faible, celui qui aura du mal à contrôler la situation globale.

Plus le président de la Fed est faible, plus il a de chances de choisir un chemin de hausse des taux à sens unique. Il y a des raisons à la fois rationnelles et irrationnelles de choisir une telle stratégie.

De 2014 à 2015, le marché des devises a pris en compte les ajustements possibles de la politique monétaire de la Fed. Ainsi, l'effet de la politique monétaire de la Fed se reflète déjà dans les taux de change, et la Fed peut ralentir le rythme des taux d'intérêt. Si les taux d'intérêt augmentent trop rapidement, entraînant un atterrissage brutal des prix des actifs, cela pourrait entraîner des problèmes. C'est la raison rationnelle.

De manière générale, si la politique monétaire est neutre, les faibles hausses et baisses des taux d'intérêt sont normales. Cependant, Bernanke et Yellen étaient réticents à voir toute baisse forcée des taux d'intérêt après des hausses rapides au cours de leurs mandats, leur donnant la réputation de «relever les taux d'intérêt trop vite». C'est la raison irrationnelle pour laquelle les hausses de taux à sens unique peuvent durer si longtemps.

Jusqu'à présent, les raisons de la décision de la Fed de relever unilatéralement les taux d'intérêt n'ont pas changé, et elle pourrait donc continuer dans cette voie. Par conséquent, nous pouvons prédire en toute sécurité: le dollar américain sera faible, la liquidité mondiale sera assouplie, les prix des actifs auront la possibilité d'atteindre de nouveaux sommets et les devises non américaines, y compris le yuan, continueront de subir une appréciation continue.

Le monde sera de nouveau confronté au problème de l'excès de liquidité du dollar américain, apparu au début de ce siècle.

L'auteur est économiste en chef de China Orient Asset Management Co. bizopinion@globaltimes.com.cn

_________________


Sur le même site Hu Xijin explique (en anglais malheureusement) les causes structurelles de la fluctuation du dollar. Il observe entre autres que l'économie US a dormi sur ses lauriers mais n'a pas développé de nouvelles technologies y compris sur internet.


Edité le 07-02-2018 à 11:31:21 par Xuan


Xuan
   Posté le 07-02-2018 à 11:47:26   

“LE KRACH DE 2018 SERA PIRE QUE CELUI DE 1987 !”


PUBLIÉ LE 06/02/2018 À 18H52 MIS À JOUR LE 07/02/2018 À 11H01

Capital

Cherté des actions, remontée de l’inflation, craintes sur les taux d’intérêt… La situation actuelle n’est pas sans rappeler celle qui prévalait en 1987, juste avant un krach mémorable. Elle est toutefois jugée plus inquiétante qu’alors par un économiste...
Les investisseurs en actions font grise mine, ces derniers temps, la plupart des Bourses de la planète accusant déjà de lourdes pertes par rapport à leurs récents sommets de janvier. Certains intervenants redoutent un krach comparable à celui de 1987, d’autant que la situation actuelle n’est pas sans rappeler celle qui prévalait alors : cherté globale des actions, développement effréné du trading algorithmique, frémissement de l’inflation, craintes de remontée des taux d’intérêt à long terme et même… nouveau président de la Réserve fédérale des Etats-Unis. Jay Powell vient en effet d’être intronisé à la tête de l’institution financière la plus influente au monde.

Au-delà de ces similitudes, certains experts, tels que Marc Touati, président du cabinet ACDEFI, estiment même que le contexte actuel est plus inquiétant qu’alors. Ainsi, selon cet économiste, les investisseurs en actions n’ont encore rien vu, le krach de 2018 risquant fort d’être “plus douloureux que celui de 1987 !” .
A l’époque, le cycle d’expansion du PIB des Etats-Unis, la première puissance de la planète, “était moins avancé qu’aujourd’hui, tandis que les fondamentaux de l’économie mondiale étaient plus solides que maintenant. Les autorités n’avaient pas épuisé leurs marges de manoeuvre, tant budgétaires que monétaires, alors qu’aujourd’hui, on se demande bien comment elles pourraient relancer la machine en cas de choc” , souligne-t-il. Voici, point par point, une analyse comparée de la situation actuelle et de celle qui prévalait il y a 30 ans.

Cherté des actions, en particulier outre-Atlantique

Aujourd’hui, comme en 1987, les actions affichent des multiples de valorisation très élevés, surtout à Wall Street.
Une façon de jauger leur cherté consiste à examiner le PER (capitalisation boursière rapportée aux bénéfices) corrigé du cycle, mis au point par le prix Nobel 2013 d’économie et professeur de l’Université de Yale Robert Shiller.
Cet indicateur, aussi appelé PER de Shiller, compare la capitalisation boursière du S&P 500 à la moyenne des bénéfices réels (c’est-à-dire en tenant compte de l’inflation) sur 10 ans. Il est actuellement à 32, un score historiquement élevé.
Depuis 1900, il n’a été plus haut que lors de la bulle Internet des années 90. S’il était inférieur à 20 en 1987, les actions américaines étaient néanmoins aussi considérées comme chères alors, au vu notamment de la concurrence des obligations d’Etat à long terme, dont la rémunération dépassait 9%.

Evolution du PER de Shiller (cliquez sur l'image pour agrandir)


Multpl.com
A lire aussi - Les 10 risques pouvant provoquer un nouveau choc financier, selon Deutsche Bank

Le trading algorithmique en partie incriminé
Sur la seule séance du 19 octobre 1987, le Dow Jones avait plongé de pas moins de 22,6%. Pour expliquer une chute d’une telle ampleur, les systèmes de trading automatiques ont été largement incriminés. “Le Lundi noir a été le premier effondrement des marchés financiers imputable (à ces systèmes). Ces opérateurs ‘programmatiques’ avaient en effet choisi de vendre massivement des titres qui étaient en train de chuter, afin de limiter l’impact sur leurs propres portefeuilles. Toutefois, quand tout le monde s’est mis à vendre, le krach n’en a été que plus violent” , explique James Bateman, directeur de la gestion diversifiée chez Fidelity International.
30 ans après, faut-il s’attendre à un remake de ce sombre épisode ? David Lafferty, stratégiste de marché en chef de Natixis Global Asset Management, voit du moins des “vulnérabilités structurelles” rappelant le chaos d’alors. “Les systèmes de trading automatiques et les stratégies de protection de portefeuille ont à l’évidence joué un rôle clé dans le krach de 87. Il semble que la leçon n’ait pas été retenue, alors qu’on a constaté ces dernières années un développement astronomique des stratégies quantitatives et de trading algorithmique” , susceptibles “d’amplifier les pertes” en cas de choc de marché, selon l’expert.
Le trading algorithmique a “déjà été jugé responsable d’autres krachs de marché, notamment en 2010, lorsque l’indice S&P500 a cédé 6% en seulement vingt minutes” , souligne de son côté James Bateman.

En 1987, le cycle économique était bien moins mature que l’expansion actuelle
Le krach de 1987 a été “un simple ajustement boursier” - certes violent - sur les niveaux de valorisation des actions, “sans grande conséquence économique”, juge Marc Touati. Il relève qu’à l’époque, le cycle de croissance économique n’avait que près de quatre ans, alors que le cycle d’expansion actuel, déjà très mature, est un des plus longs de l’Histoire des Etats-Unis (il a été initié après la crise de 2008-2009). Malgré le choc boursier de 1987, le cycle d’expansion économique, moins vieux, avait pu se poursuivre quatre années de plus.


Longueur du cycle d’expansion économique américain (en mois), cliquez sur l’image pour agrandir
Pictet Asset Management (Source : Pictet Asset Management, NBER)

Suite au krach de 1987, les autorités avaient des cartouches. Elles sont aujourd’hui démunies…
En 1988, la croissance économique a été très forte, relève l’expert. En effet, suite au krach de 1987, la Réserve fédérale a pu réagir, puisqu’elle avait de la marge pour réduire son taux directeur - ce qu’elle a fait. Les autres banques centrales lui ont emboîté le pas… A contrario, les taux directeurs restent actuellement historiquement bas de part et d’autre de l’Atlantique, et la Banque centrale européenne n’a de son côté toujours pas mis un terme à son programme de rachats d’actifs massifs. De même, au vu de l’ampleur de la dette publique - celle des Etats-Unis dépasse son PIB ! -, les puissances occidentales n’ont plus vraiment de marges de manoeuvre budgétaires, alors qu’il y a 30 ans, elles avaient les moyens de mettre en oeuvre des mesures de soutien.

1987 et 2018, des années de changement à la tête de la Réserve fédérale
Le flash krach (krach éclair) actuel coïncide avec la prise de fonction de Jay Powell à la présidence de la Réserve fédérale. Or, en 1987, son n°1 d’alors, Alan Greenspan, avait pris la tête de l’institution juste quelques mois avant le plongeon de Wall Street. “Alors qu’il avait initialement fait part de sa volonté de durcir la politique monétaire, il a dû revoir sa copie suite au krach, et a abaissé le taux directeur. Alors qu’aujourd’hui, Jay Powell n’aurait plus cette marge de manoeuvre en cas de véritable krach sur les marchés d’actions” , souligne Marc Touati.

De mêmes craintes de remontée des taux d’intérêt à long terme
Les investisseurs redoutent actuellement une remontée plus forte que prévu de l’inflation, qui ferait bondir les taux d’intérêt à long terme. Pour autant, “de nombreux facteurs structurels forts - tels qu’une concurrence mondiale exacerbée - devraient freiner la remontée de l’inflation”
, juge Marc Touati, qui précise que c’est surtout sur les prix des actifs - actions, immobilier, obligations et cryptomonnaies - que l’on peut actuellement parler d’inflation.
Malheureusement, même en l’absence de vrai retour de l’inflation, les taux d’intérêt à long terme pourraient grimper, selon lui, en cas de montée des craintes sur l’endettement des Etats. On risquerait alors d’assister à l’éclatement simultané des quatre bulles précitées, alors que seules les actions avaient chuté en 1987...
Xuan
   Posté le 07-02-2018 à 18:13:14   

L'Humanité reprend le sujet en préconisant de "se montrer bien plus sélectif pour diriger cet argent, non plus vers la finance, mais vers l’emploi, la formation, la préservation du climat ou les services publics, bref, vers ces investissements utiles à l’humanité" . Bruno Odent ne juge pas nécessaire de rappeler que la cause de la crise est toujours le capitalisme, et encore moins la nécessité d'une société socialiste.
Il préconise de "diriger cet argent, non plus vers la finance, mais vers l’emploi, la formation, la préservation du climat ou les services publics, bref, vers ces investissements utiles à l’humanité" . Or le capitalisme dirige nécessairement l'argent vers la spéculation comme le montre le document de Natixis cité plus haut..



Marchés financiers. Un parfum de krach envahit la planète boursière

BRUNO ODENT
MERCREDI, 7 FÉVRIER, 2018
L'HUMANITÉ



tout s’est envenimé lundi quand les opérateurs boursiers ont acquis la conviction que la hausse progressive des taux pourrait être beaucoup plus rapide et précipitée qu’annoncée par la Fed. Scott Olson/Getty images/AFP
Après Wall Street (– 5 % lundi), toutes les places du globe ont dévissé hier, sur fond de crainte d’inflation, synonyme de hausse des taux d’intérêt. L’enflure financière du moment est, en fait, au cœur de cette montée des périls économiques.
Il règne comme une ambiance de krach depuis quelques jours sur les places financières de la planète. Wall Street a connu un mini-lundi noir, perdant près de 5 % ce 5 février en une seule séance. Après une semaine "baissière", le CAC 40 et les autres Bourses du globe dévissaient à leur tour hier de façon spectaculaire. Le retour de l’inflation et la crainte d’un resserrement généralisé des politiques monétaires qui fait surgir le spectre d’une hausse des taux d’intérêt alimentent la fébrilité des traders. Ces gros « investisseurs » des marchés boursiers considèrent d’un très mauvais œil l’entrée dans une période où le coût de l’argent se renchérirait. Car cela provoquerait mécaniquement une baisse des rendements de leurs opérations financières.
Les craintes sont d’autant plus fondées que les nuages s’accumulent depuis des semaines sur l’horizon boursier. Les records battus presque tous les jours par les différentes places, et singulièrement par Wall Street, la plus puissante d’entre elles, portent en effet la marque d’une enflure financière plus imposante encore que celle atteinte à la veille des krachs les plus retentissants (2007-2008, 1987 et 1929).
L’écart entre cette monstrueuse protubérance et l’économie réelle est devenu intenable. Le total de la seule capitalisation des actions a ainsi dépassé en 2017, à 90 000 milliards de dollars le total du PIB mondial, soit l’ensemble des richesses créées l’an dernier sur la planète.

Juguler une remontée du risque d’inflation

Pour combattre la léthargie qui a suivi la dernière déflagration financière en 2007-2008, les banques centrales avaient ramené leurs taux respectifs quasiment à zéro. Dans l’espoir que cet argent gratuit déversé sur le système financier "ruisselle" vers l’activité réelle et permette de terrasser un risque lancinant de récession. Il faudrait désormais changer complètement de perspective pour juguler une remontée du risque d’inflation, à la faveur du regain de croissance constaté ces dernières semaines dans les pays développés. Et programmer un retour à une politique monétaire "normale" .
Les banques centrales, et surtout la Réserve fédérale des États-Unis (Fed) où la croissance est la plus forte, ont amorcé précautionneusement la manœuvre. Ce qui semblait jusqu’alors ne pas troubler outre mesure les opérateurs boursiers. Mais tout s’est envenimé lundi à Wall Street quand ceux-là ont acquis la conviction que la hausse progressive des taux pourrait être beaucoup plus rapide et précipitée qu’annoncée par la Fed.

Suprême révélateur des logiques parasitaires du système : c’est une hausse plus élevée que prévu des salaires aux États-Unis qui est à l’origine du mouvement de panique chez les agioteurs. L’évolution des rémunérations constitue en effet l’unique baromètre de la finance pour mesurer le risque inflationniste. Le rôle des énormes boursouflures financières apparues au fil de ces dernières années est ignoré. Pourtant, à y regarder de plus près, ce sont elles qui pèsent aujourd’hui le plus lourdement sur l’indice des prix. Comme celui de l’immobilier, par exemple, dans tous les grands centres urbains. Ce qui provoque autant de crises du logement avec une amputation du pouvoir d’achat des salariés ordinaires qui, à son tour, est à l’origine de la langueur de l’activité économique.

Si l’on veut se prémunir de l’inflation, telle qu’elle est constituée aujourd’hui, il faut donc réduire d’urgence l’enflure financière. L’instrument classique, une hausse brutale et généralisée du loyer – assortie de surcroît d’une intensification de la guerre économique dans la foulée du dumping fiscal pratiqué par Donald Trump –, étoufferait dans l’œuf le fragile retour de la croissance et ne pourrait que conduire à l’éclatement d’un krach en bonne et due forme.
Voilà qui signale le besoin, non pas de revenir sur les politiques de crédits quasi gratuits pratiquées par les banques centrales, mais de se montrer bien plus sélectif pour diriger cet argent, non plus vers la finance, mais vers l’emploi, la formation, la préservation du climat ou les services publics, bref, vers ces investissements utiles à l’humanité. Ainsi, à un moment où les craquements boursiers deviennent si assourdissants, un immense défi d’émancipation et de civilisation frappe-t-il aussi à la porte.

Bruno Odent
Journaliste
Xuan
   Posté le 08-02-2018 à 20:45:53   

Europe : Les Bourses européennes, chahutées, finissent en net recul


zonebourse
08/02/2018 - 18:34


PARIS (awp/afp) - Les Bourses européennes ont fini jeudi en net recul dans des marchés en proie à de fortes turbulences depuis le début de la semaine, la baisse s'accélérant en fin de séance après la publication de bons chiffres de l'emploi américains.

Les marchés restent "encore assez nerveux" après les fortes baisses enregistrées en début de semaine sur les places financières internationales, juge Andrea Tuéni, analyste de Saxo Banque,.
"Il y a encore un traumatisme du côté des investisseurs par rapport à ce qui s'est passé" , ajoute le spécialiste.
Même s'il observe "une baisse de volatilité", celle-ci "reste plus élevée que ce à quoi on était habitué" et "il y a encore beaucoup d'hésitation, d'incertitude, et de nervosité sur les marchés" .

Aux Etats-Unis, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont enregistré une baisse surprise pour descendre à leur deuxième plus bas niveau en 45 ans, à 221.000 demandes d'allocations au chômage pour la semaine close le 3 février. Ces bons chiffres pourraient entraîner "normalisation plus rapide de la politique monétaire" américaine. [...]


Ce dernier paragraphe impliquerait une hausse des intérêts.
Xuan
   Posté le 12-09-2018 à 23:24:20   

Ci-dessous un extrait de l'article de Badia BENJELLOUN dans "le grand soir"
Une pyramide est en cours d’écroulement - 12 septembre 2018:


Les trois dettes et le nécessaire déficit commercial


Le Ponzi presque parfait.

L’entité gouvernée à Washington se débat depuis des décennies avec les effets de sa domination économique.

En premier, le déficit commercial chronique et abyssal qui a connu une hausse importante de 12% en 2017 indique l’inefficacité au moins pour cette année des sanctions, la dépendance de la consommation en biens et services importés moins coûteux fait loi. Il est la traduction de la spécialisation du centre capitaliste mondial en dispensateur de services financiers, distribuer de la dette et faire porter le poids de la sienne par la périphérie qui se consacre à la production de ‘vrais biens’.

La dette fédérale, dépassant les US$ 21 000 est le deuxième terme qui configure l’économie étasunienne. Elle est condamnée à s’aggraver car les différents gouvernements ne cessent de la creuser par une baisse des revenus fiscaux, 1000 milliards de dollars en trois ans en raison de la dernière réforme fiscale de décembre 2017 et une augmentation du budget alloué à la défense. Voté par le Sénat, il est officiellement de 716,3 milliards pour 2019 avec un programme de modernisation de l’arsenal nucléaire et le développement d’armes nucléaires de petite puissance. L’AIEA, c’est juste pour l’Iran. La hausse présumée du PIB à 4%, fruit très temporaire de l’allègement des impôts, permet de la situer cette année à 105,4% du produit intérieur brut à peine moins que les 105,8% de 2017.

75% de cette dette est disponible sous forme d’obligations du Trésor sur les marchés financiers. Dix ans après la catastrophe de 2008, les pouvoirs publics ont assaini la situation des institutions financières qui basaient leurs activités spéculatrices sur des créances douteuses à forte rentabilité. La Fed, conglomérat de banques privées, s’est lancée dans une politique de rachat de la dette du Trésor et estime qu’il est temps de rémunérer confortablement les obligations qu’elle détient. Reprenons. Les créances toxiques ont été épongées par le Trésor. Le Trésor prête de l’argent et à des taux réels négatifs aux établissements financiers qui rachètent leurs propres dettes. Pour ce faire, le Trésor émet des obligations détenues par des entités privées et publiques étrangères mais de plus en plus acquises par la Fed.
La boucle quasi-circulaire Fed-Trésor fonctionne grâce à l’injection par le Japon et la Chine d’une partie de leur surplus de dollars obtenus contre leurs exportations, à peu près 2 500 milliards sur 21 0000, mais cette part représente la garantie et le moteur de ce circuit. Le relèvement des taux directeurs de la Fed rend plus cher l’accès au crédit des entreprises et plus coûteux le remboursement des dettes contractées en dollars des pays émergents comme la Turquie. Il est très profitable pour les détenteurs de la dette, justement la Fed mais aussi la Chine. La Chine ne retirera que ce qu’il faut pour tendre un peu plus les taux, traduction d’un plus grand risque et meilleure profitabilité mais ne retirera massivement ses avoirs que si elle estime qu’il lui faut engager une guerre totale où elle perdra ses obligations, ruinera les Usa et la part du commerce international encore dépendant du dollar.

Le gigantisme de la dette publique fédérale la fait considérer comme risquée par les investisseurs les plus audacieux et inévitablement, il faut qu’elle soit davantage rémunérée. Son coût va devenir de plus en plus lourd pour le budget de l’Etat, menaçant sévèrement sa solvabilité. C’est ce que prévoit avec lucidité le Congressionnal Office of Budget dans son rapport de mars 2017, nous ne sommes plus dans une évaluation critique externe de la part du FMI, il s’agit de l’avis d’un organisme de l’administration étasunienne. L’actuel taux de base relevé deux fois en 2018 par l’actuel pilote de Fed, à 1,75 puis 2%, est encore en dessous du niveau de l’inflation, sous-estimé à 2%. Ainsi, ce que Wall Street nomme resserrement du crédit est encore de l’argent distribué gratuitement. Une telle manne, vrai miracle de multiplication des petits pains, a permis un marché boursier haussier sur la plus longue période de l’histoire. Pour cette seule année, les 120 premières entreprises capitalisées en bourse ont distribué pour 500 milliards de dividendes selon les Echos de 21 août.

L’argent gratuit ‘emprunté’ sert à cela, racheter les actions, maintenir leur cours artificiellement haut, de plus en plus haut et s’auto-distribuer des coupons. Perfection rarement atteinte d’une pyramide de Ponzi défendue par les GI.

La dette privée, celle des ménages et entreprises non financières, permet le maintien de la consommation, les salaires sont depuis longtemps insuffisants, et une part des revenus des banques privées. Elle flirte avec le niveau de 13 000 milliards de dollars et représente selon Preqin, une société de conseil en placements de fonds privés, les deux-tiers des deals dans le monde au troisième trimestre en 2017. L’Europe pour sa part en consomme 29% ne laissant au reste du monde soit près de 6,5 milliards d’individus que 4% validant le vieil adage, l’argent va à l’argent ce qui ne peut qu’accentuer les inégalités devant les ressources. Ce « soutien » à la consommation, 70% du PIB des Usa, a modifié depuis les facilités de crédit la composition sociale dans le monde occidental, tout salarié (le prolétaire dans le vocabulaire maintenant honni du 19ème siècle) est devenu esclave quasiment à vie, enchaîné à sa (ses) dette(s).

La courbe du crédit à la consommation, carte de crédit, crédit automobile et prêts étudiants, est abrupte, elle accuse une pente de 48% depuis 2008. L’analyse montre par ailleurs que l’accroissement du crédit est plus rapide que la croissance du PIB et de l’inflation, démontrant que c’est la bulle de l’endettement à la consommation qui soutient le PIB et non l’inverse. Il commence à être recensé pour les petites banques un défaut de paiement à 30 jours en nette augmentation sur les cartes de crédit, elles sont maintenant dites subprime. Pendant que les prêts étudiants ont bondi de 78% en dix ans, l’embauche des diplômés du supérieur connaît une véritable dépression.

Une nouveauté à noter dans le domaine du rating des consommateurs. Facebook vend des informations de solvabilité et d’habitudes de consommation de ses abonnés aux banques, agences de crédit, mutuelles et employeurs.

La partie de la dette publique fédérale étasunienne détenue sous forme d’obligations par les organismes sociaux, échangées contre leurs liquidités excédentaires, s’élève à plus de 5000 milliards de dollars. Bientôt les cotisants seront moins nombreux que les bénéficiaires en raison des politiques d’austérité et se posera le problème du paiement des pensions aux retraités. Tout le monde s’accorde sur l’ampleur du problème posé par le sous-financement du régime des retraites des fonctionnaires américains. La solution de renégocier à la baisse les pensions en cours de versement a été rendue possible dès 2014 sur le plan législatif ‘ à condition que ces mesures améliorent la solvabilité des fonds de pension’. La réduction de 60% des retraites des fonctionnaires de la petite ville de Loyalton a été mise en œuvre en 2017 par l’organisme chargé de gérer les retraites des fonctionnaires en Californie. La généralisation de cette escroquerie si elle est étendue à tous les retraités publics présente des risques de soulèvements sociaux. Cependant, cette catégorie sociale à laquelle a été demandée une première solidarité générationnelle pour payer les retraites de ses aînés et maintenant réquisitionnée pour aider ses enfants et petits enfants est plutôt démunie de moyens de protestation.
Xuan
   Posté le 13-09-2018 à 00:09:26   

De la crise des subprimes à la crise des sans-abri


31/08/2018
http://www.franceculture.fr/emissions/le-magazine-de-la-redaction/de-la-crise-des-subprimes-a-la-crise-des-sans-abri


Près de 9 millions de logements ont été vendus aux enchères à des prix cassés après la chute de Lehman Brothers. Qui a profité de cette grande braderie ? Et qui en pâtit aujourd'hui ? Reportage à Phoenix, l'une des villes des États-Unis les plus touchées par la bulle immobilière et son explosion.


Downtown Phoenix et les abords du centre de sans abri où squattent de nombreux américains sans logement• Crédits : Marie Viennot

Vous vous souvenez peut être des villages de tentes qui avaient éclos après la crise financière aux États-Unis...

vidéo :http://youtu.be/xGfHyOg4eVo

Que sont devenus les gens qui, expulsés de leur maison, avaient dû trouver ces habitations précaires ? C'est cette question qui m'a poussé à enquêter du côté de l'immobilier, et en Arizona.

Pourquoi l'Arizona ? Parce que ce fût l'un des Etats les plus affecté par la crise immobilière qui a précédé et suivi la faillite de Lehman Brothers, avec la Floride, la Californie, et le Nevada. Ces quatre Etats (regroupés autour de l'appellation Sand States, comme sable) ont compté à eux quatre plus de 40% des saisies immobilières post crise. Ici une étude en anglais à ce sujet http://www.fdic.gov/bank/analytical/quarterly/2009-vol3-1/vol3-1-sand-states.pdf.

Pourquoi Phoenix ? Parce que c'est la ville qui a le plus attiré les fonds financiers venus de Wall Street (Hedge funds, et private equity). Profitant de la baisse vertigineuse des prix de l'immobilier, ces fonds ont acheté aux enchères des milliers de maisons au plus fort de la crise, qu'ils louent aujourd'hui. Ils sont devenus, au niveau fédéral des acteurs majeurs de la location, et des bailleurs peu fréquentables à lire de très nombreux articles. Ici, et ici.

http://theintercept.com/2018/01/20/you-think-your-landlord-is-bad-try-renting-from-wall-street/
http://eu.azcentral.com/story/money/business/consumers/2018/08/17/invitation-homes-refunds-family-arizona-republic-article-landlord-problems/1023354002/


Ces acquisitions ont été facilité par la politique très accommodante de la Réserve Fédérale américaine, qui pour sortir de la crise a inondé le marché de liquidité, et ainsi exacerbé les inégalités, dénonce Danielle Di Martino Booth, ancienne conseillère réserve fédérale, que l'on entend dans le reportage.
http://dimartinobooth.com/

Cette razzia sur les maisons vendues aux enchères a été si spectaculaire, que la télé en a fait un reality show, tourné à Phoenix, et dont j'ai rencontré deux protagonistes, Lou et John.
vidéo http://youtu.be/xXWQNxeLljw

Aujourd'hui, Phoenix est la deuxième ville américaine où il y a le plus d'expulsion locative http://www.citylab.com/equity/2017/10/where-evictions-hurt-the-most/544238/,
et où les prix de l'immobilier sont le plus remontés. Ils ont même retrouvé le niveau qu'ils avaient avant l'explosion de la bulle. La ville fait aussi face à une augmentation continue des sans abris.
http://eu.azcentral.com/story/news/local/phoenix/2018/04/07/phoenix-homeless-stabbing-death-curtis-bagley/494972002/

Quel lien entre la crise des subprimes, les saisies qui ont suivi, les difficultés des plus modestes à se loger et la crise des sans abri qui sévit sans bruit sur la côte Ouest des États-Unis ?

C'est ce que raconte ce reportage de Marie Viennot, réalisé par François-Charles Domergue.
Invité : Norbert Gaillard, docteur en économie, spécialisé dans les agences de notation, la régulation financière.

A Los Angeles, la ville a déclaré l'état d'urgence pour cette crise des sans abri. Ici un très beau reportage photohttp://www.cbsnews.com/pictures/homeless-crisis-los-angeles-skid-row-portland-san-diego-seattle/13/,
et ci-dessous une vidéo édifiante.
http://youtu.be/KbTSDuQET94

Pour aller plus loin....

- The State of the Nation housing, 2018, étude d'Harvard.
http://www.jchs.harvard.edu/state-nations-housing-2018

- Out Of Reach 2018: infographie qui vous permet de voir États par États combien d'heures vous devez travailler (au salaire minimum) pour louer un deux-pièces
http://nlihc.org/oor

- Arizona Central, le journal local de Phoenix, lire les articles de Catherine Reagor
http://eu.azcentral.com/

- Le site de Matthew Desmond, Pullitzer Prize pour son livre: Evicted: poverty and profit in the american city, livre qui m'a accompagné tout au long de mon enquête. Une plongée dans la vie de ceux et celles qui luttent pour avoir un toit, et de ceux qui les expulsent (jamais de gaieté de cœur..)
http://www.evictedbook.com/
Xuan
   Posté le 13-10-2018 à 09:00:39   

La chute des bourses américaines: à qui la faute?


© Sputnik . Natalia Seliverstova
http://fr.sputniknews.com/international/201810121038481016-bourses-americaines-chute-marche/
17:21 12.10.2018



Le marché boursier américain a subi une chute soudaine mercredi, marquant une baisse record depuis plusieurs mois. Cet effondrement s'est répercuté sur les bourses asiatiques et les plateformes commerciales européennes, et a même attiré dans son sillage les marchés des matières premières.

Avec la chute des bourses américaines les prévisions sur le caractère inévitable d'une nouvelle crise mondiale commencent-elles à se réaliser?

Une chute globale

La chute des indices boursiers américains qui a commencé mercredi est la plus importante que la marché a été amené à subir depuis des mois. Le Dow Jones a fléchi de 3,15% — la dernière fois qu'il avait connu une telle baisse remonte à février, quand des robots hors de contrôle avaient organisé une vente massive et non autorisée d'actions.

Wall Street
© AP PHOTO / JIN LEE
Un ministre russe commente la chute des bourses américaines
L'indice S&P 500 a diminué jusqu'à son minimum depuis trois mois, et celui des compagnies de hautes technologies NASDAQ 100 a perdu 4,4% — la plus forte baisse depuis juin 2016. Le site économique américain MarketWatch est catégorique: «Nous avons assisté au pire début de semestre en bourse depuis deux ans.»
L'effondrement des marchés américains a entraîné la baisse la plus importante de ces derniers mois sur les plateformes asiatiques. Les actions ont perdu 3 à 4% au Japon, en Australie et à Singapour, alors que l'indice Shanghai composite, qui reflète la valeur des plus grandes compagnies chinoises, et le taïwanais Taiex, ont fléchi de presque 6%.

Jeudi, avec l'ouverture des échanges, la chute s'est répercutée sur les bourses russe et européennes, mais de manière modérée. L'indice MICEX a perdu 2,5% et les bourses européennes 1 à 2%.

Les marchés des matières premières n'y ont pas échappé non plus: le baril de Brent, qui encore mardi était vendu à plus de 85 dollars, s'échange à présent pour moins de 82 dollars.

Une conséquence de la politique de Trump?

La principale raison de cette vente massive d'actions est l'approche du bilan trimestriel: à partir de vendredi, les plus grandes compagnies américaines publient leurs résultats du troisième trimestre. Les investisseurs sont persuadés qu'ils n'annoncent rien de bon.

Les prévisions les plus pessimistes concernent les hautes technologies, dont les actions sont manifestement surestimées. Les plus grands perdants sont donc les représentants de l'industrie des technologies de l'information: les actions ont chuté de 8,47% pour Twitter, de 8,38% pour Netflix, de 4,63% pour Apple et de 3,76% pour Intel.

Cependant, comme l'indique la baisse des indices industriels Dow Jones et S&P 500 (qui reflètent la valeur des entreprises dans les secteurs économiques traditionnels), il ne s'agit pas seulement d'un dégonflement de la bulle technologique. Les principales craintes des investisseurs sont liées à la politique commerciale de Donald Trump.

Il est clair dès à présent que les taxes d'importation sur l'acier et l'aluminium ont conduit à l'augmentation des frais des producteurs américains, allant de Coca-Cola, dont les dépenses pour les canettes en aluminium ont augmenté, au fabricant d'électroménager Whirpool.

Par ailleurs, les entreprises américaines auraient été encore plus touchées par les restrictions décrétées par Washington contre les compagnies étrangères et les guerres commerciales contre la Chine. Et notamment par les sanctions contre les plus grandes entreprises russes.

Un garçon tient des drapeaux chinois et américain à Pékin
© AP PHOTO / SHANNON STAPLETON, POOL
Œil pour œil: la Chine prépare la plus grande vente d'obligations américaines
Les sanctions contre la compagnie russe Rusal ont engendré une forte hausse des prix de l'alumine: le prix de cette manière première qui sert à fabriquer l'aluminium a augmenté mi-septembre de 60% par rapport à l'an dernier.
Comme l'indiquent les analystes de CRU Research, la hausse du prix de l'alumine n'a pas encore débouché sur l'augmentation des prix de l'aluminium, c'est pourquoi la sidérurgie essuie systématiquement des pertes.

Ainsi, le bénéfice net de l'américaine Alcoa au premier semestre a baissé d'un quart. Il y a fort à parier que le bilan du troisième trimestre sera encore plus mauvais, car durant l'été le prix de l'aluminium a chuté de presque 15%.

Un autre grand producteur américain d'aluminium primaire, Century Aluminium, avait averti encore en août que l'augmentation du prix de l'alumine provoquerait au troisième trimestre une diminution de ses revenus d'environ 40 milliards de dollars.

La Chine entre en jeu

L'agriculture américaine traverse une période non moins difficile. Avec l'adoption des taxes américaines sur les produits chinois, Pékin a considérablement réduit ses importations de produits agricoles américains.

Depuis fin mai, les prix du marché du soja ont baissé de 18% (leur plus bas niveau depuis dix ans) et de 12% pour le maïs. Le prix du blé a diminué de 5% en Amérique, et celui du porc de 29%. Par conséquent, le bilan des compagnies agricoles ne devrait pas non plus réjouir les investisseurs.

Le début du mois d'octobre a également déçu ceux qui se tournent traditionnellement vers les actions des compagnies pétrolières et gazières. Ces derniers mois, les tarifs mondiaux des hydrocarbures augmentaient — et avec eux un certain optimisme.

Mais les guerres commerciales ont encore tout gâché: la semaine dernière a été annoncée la suspension des fournitures pétrolières américaines en Chine et mardi dernier, Reuters a annoncé que la Chine avait suspendu ses achats de gaz naturel liquéfié (GNL) aux USA. Cela a entraîné un risque de surproduction sur le marché gazier américain, et donc d'effondrement inévitable des prix du gaz.

«Cela fait longtemps que les investisseurs craignent que les guerres commerciales affectent les revenus des compagnies, et c'est ce qui pourrait se produire aujourd'hui», écrit l'agence Bloomberg.

La situation est d'autant plus dangereuse dans un contexte d'augmentation du coût des emprunts à cause de l'augmentation du taux directeur de la Réserve fédérale (Fed) et de la hausse du rendement des obligations américaines.

Elon Musk accusé de fraude par le gendarme de la Bourse américaine
En d'autres termes, les compagnies américaines n'ont plus la possibilité de faire appel aux emprunts bon marché: les crédits deviennent plus coûteux à cause de la politique de la Fed. Les emprunts via l'émission d'obligations valent de plus en plus cher car le rendement des obligations publiques augmente: le rendement des obligations sur 10 ans a atteint 3,26% mardi — un record depuis sept ans.
«L'argent bon marché était un combustible pour les actions, les investisseurs y effectuaient leurs placements depuis deux ans parce que c'était la seule opération qui assurait un bon rendement sur le marché. Désormais, les investisseurs préfèrent retirer leur argent à cause du calendrier plus agressif des taux directeur de la Fed. C'était attendu depuis longtemps, mais la fuite vient seulement de commencer», explique Stephen Innes, analyste d'Oanda Corporation.

Crise ou changement?

Les analystes sont partagés. Les optimistes sont persuadés que nous avons affaire à un changement éphémère et que c'est le moment propice pour acheter activement les actions qui ont perdu de la valeur. C'est notamment la position officielle de l'administration américaine.

Depuis que le chute des indices boursiers a été rapportée au président américain Donald Trump, l'administration de la Maison blanche a publié un communiqué indiquant qu'il ne s'agissait que d'un «simple changement sur le marché orienté à la hausse».

«C'est probablement un phénomène sain. La baisse des actions va s'arrêter et l'économie américaine restera forte», affirme Washington.

Les pessimistes pensent que l'effondrement qui s'est produit marque le début d'une nouvelle grande crise, qui suit un cycle économique de dix ans pratiquement inévitable après les crises de 1997-1998 et 2007-2008.

Les analystes de la compagnie d'investissement américaine Phoenix Capital dans un rapport intitulé «Avertissement: nous nous trouvons dans la même situation que fin 2007» déclarent que l'indice boursier S&P 500 augmente depuis plusieurs mois indépendamment des indicateurs de l'état de l'économie réelle, qui sont en baisse.

Ainsi, la construction de logements chute depuis le début de l'année et depuis juin, c'est le cas de la demande en cuivre, le métal qui, selon Phoenix Capital, «est le plus lié aujourd'hui à la croissance économique». Le prix du bois de sciage chute depuis cinq mois consécutifs.

«Nous voyons que bien que même si le prix des actions reste très élevé, les actifs liés à la hausse de l'économie réelle ont chuté», concluent les analystes de la compagnie d'investissement américaine.

Et de conclure: «Les chiffres indiquent que le système financier des USA se trouvent actuellement dans le même état que fin 2007. Nous savons tous ce qui suivra».

D'ici deux semaines, après la publication du bilan des plus grandes compagnies américaines, nous saurons qui, des pessimistes ou des optimistes, avait raison.

Si leurs résultats s'avéraient meilleurs que les attentes des analystes, les investisseurs pourraient réinvestir dans les actions en gonflant davantage la bulle du marché.

Sinon, un long déclin commencerait sur le marché et il serait plus difficile pour les compagnies d'attirer des financements supplémentaires.

En fin de compte, une grande compagnie serait confrontée à un manque de liquidités. Ce qui pourrait constituer le même déclencheur d'une vaste crise mondiale que la faillite de Lehman Brothers en 2008.
Xuan
   Posté le 09-11-2018 à 22:25:48   

Comment les banquiers centraux assurent leurs arrières derrière les élections américaines et d’autres…


07
NOV

http://histoireetsociete.wordpress.com/2018/11/07/comment-les-banquiers-centraux-assurent-leurs-arrieres-derriere-les-elections-americaines-et-dautres/#comments


En seconde partie nous vous présentons l’analyse d’une société financière ultralibérale. Celle-ci qui s’adresse à des investisseurs de faible niveau, des « boursicoteurs », a l’avantage de mettre en perspective ce que l’on présente comme la réussite économique de Trump avec son formidable endettement qui repose encore sur le rôle du dollar dans les échanges mondiaux .
il est clair que non seulement « les banques centrales » croient de moins en moins à cette « réussite », mais plus généralement n’ont pas d’issue alternative.,Il existe une situation qui de fait ne peut continuer à reposer sur le service d’une dette financière qui accable la quasi totalité de l’humanité, cette dette le répérterons nous assez n’est pas dûe à un excès de bien vivre des travailleurs mais au cancer financier que l’endettement américain trduit assez bien. Tout le monde sait que cela ne pourra pas durer, mais on fait comme Trump, on crie à la victoire du système d’asphyxie généralisé.
Cette réalité dont personne ne peut plus faire abstraction sauf en imagination, rend illusoire l’espèce d’équilibre instable dans lequel partout le système politique tente de perdurer, avant le grand écroulement, en tentant d’éciter la transformation nécessaire. C’est aussi une donnée de la période mais à ce titre un marxiste doit voir ce qui est derrière ces choix des banques centrales, essentiellement la conscience des menaces d’un krach mondial et l’impossibilité d’y faire face. Pourquoi ?

La première caractéristique de la situation est bien souvent énoncée: la crise financière de 2008 n’a pas été dépassée, en général comme DSK après ce constat on note que les banques ont poursuivi leurs pratiques nocives, mais cela va bien au-delà. Parce que 2008 a certes éclairé les pratiques financières et il a été admis que l’on ferait payer ces pratiques aux peuples, aux classes défavorisées, tout en poursuivant sur la même lancée.

mais dix ans après un marxiste peut et doit faire une autre analyse. Il s’agit d’une crise de celles qu’analysaient Marx quand il parlait de surproduction et pourtant ce n’est pas une crise cyclique ordinaire mais bien une crise organique du capital. Ce qui le démontre d’abord c’est le caractère poussif des reprises, alors que dans les crises cycliques y compris celle des années trente, la reprise a toujours été importante. En ce sens la comparaison avec les années trente est erronée, le capital se débat pour reconquérir un taux de profit.

Mais le phénomène le plus important est que le choix du capital d’imposer dans tous les pays des mesures pour faire payer leur crise par des mesures d’austérité ont constitué un terrain d’explosions sociales d’une ampleur inouÏe. Dans le contexte d’un développement des forces productives, le capitalisme s’avère incapable d’augmenter la productivité du travail humain dans les conditions matérielles imposée aux travailleurs et aux pays émergents. Nous sommes donc passés d’une crise cyclique à une crise systémique.

Deux phénomènes importants, chute de la productivité globale, croissance lente au meilleur des cas et parfois arrêt comme au Mexique. Chute qui correspond à des niveaux d’investissement historiquement bas.

la création brute de capital dans l’Union Européenne et aux Etats-Unis est tombée sous les 20 % du PIB pour la première fois depuis les années 60, tandis que la consommation et la dépréciation du capital sont en hausse. Dans les pays ex-coloniaux, le boom du prix des matières premières a déclenché une brève augmentation de l’investissement, mais il est retombé à nouveau ces dernières années. POurtant l’éconmie regorge de liquidités qui n’ont pas le champ d’investissement désiré. C’est comme si toute la plus value que le système n’arrête pas d’extraire jusqu’au sang n’avait plus d’usage productif. Ce qui se traduit par des reprises poussives qui loin de correspondre à l’amélioration de la situation des travailleurs ne cesse d’entraîner sa dégradation. Avec ce transfert continue d’énormes masses d’argent au profit de la classe capitaliste, déséquilibre qui ne cessé de s’aggraver.

La dette mondiale avec en son centre celle des Etats-UNis a atteint plus de 330% du PIB, suivi par les autres centres capitalistes japon; Royaume uni, Espagne, France, italie et Corée du sud. Cette dette dont nous venons de voir le mécanisme et qui consiste à reboucher sans cesse le gigantesque trou financier et bancaire alors même que les riches refusent de payer des impôts fait que les Etats n’ont plus d’argent et ne cessent d’inventer des moyens d’en extorquer. Tout le monde sait bien que la seule façon de sortir de ce cercle vicieux est de dénoncer cette dette, ce système fou qui ne cesse de creuser les inégalités. La recherche d’une issue politique qui permette de le maintenir est donc comme dirait lénine un concentré d’économie

Pour compléter cette analyse, il s’avère indispensable de la compléter par le cas de la Chine dans ce contexte. Disons brievement que la Chine n’échappe ni à la stagnation, ni à la bulle du crédit, mais qu’elle a un atout fondamental c’est un fort secteur public en particulier en matière financière. C’est pour cela que le Manifeste s’avère le seul texte qui met le parti en état sinon de résoudre ces questions du moins à les aborder avec réalisme.

Danielle Bleitrach


___________________




Vous avez peut-être vu passer cela dans vos journaux : les banquiers centraux ont acheté de grandes quantités d’or au troisième trimestre 2018 (26,6 tonnes) – parmi ces acheteurs des nouveaux venus tels que l’Inde, la Pologne et la Hongrie. Les plus gros acheteurs restent la Russie, la Turquie et le Kazakhstan.

En réalité, le marché de l’or ne s’en ressent que peu car ces pays achètent la production de leurs propres mines ou passent leurs transactions sur le très opaque marché de Londres.

Durant ce même trimestre, les ETF (ou ETC ou trackers, produits financiers censés détenir en stock autant de métal jaune que de parts ou de certificats émis) ont été vendeurs de plus de 116 tonnes.

En fait, le plus impressionnant est que malgré la vente massive des ETF, l’or ait si peu baissé…

Finalement, si l’on examine tous les mouvements sur ce trimestre ,l’augmentation nette de la demande mondiale n’est que d’un montant modeste de 6,2 tonnes.

Cela n’empêche pas de s’interroger sur la motivation des banquiers centraux acheteurs. Banques centrales et or font plutôt mauvais ménage et l’or est censé sommeiller dans des chambres fortes sans attirer l’attention du public.

Pour comprendre les mobiles de ces banquiers centraux, il faut revenir sur le fonctionnement de la mondialisation.

Comme l’explique Bill Bonner, le commerce mondial consiste pour les pays développés à acheter à crédit aux pays émergents – Chine en tête – des choses produites à bas coût.

Par conséquent, les Occidentaux importent et paient à crédit. Les pays développés exportent et souscrivent aux dettes publiques de leurs « riches » clients.

L’argent créé par les Occidentaux ne produit pas d’inflation puisqu’il est stocké par leurs fournisseurs low cost.

Bill Bonner l’explique :



« Les banques centrales étrangères étaient autrefois des acheteurs fidèles de bons du Trésor US… absorbant jusqu’à 90% des nouvelles émissions obligataires pendant une bonne partie du XXIème siècle. A présent, elles sont vendeuses.

La Chine, le Japon et l’Inde ont réduit leurs détentions d’obligations US. Le Wall Street Journal rapporte que la quantité de dette fédérale américaine détenue par des investisseurs étrangers a baissé de 50% en cinq ans.«


Moins d’appétit pour la dette en dollar mais toujours besoin de dollar


Toutefois, ce n’est pas parce que la dette en dollar n’attire plus les foules que les pays excédentaires n’ont plus besoin de dollars.

Voici l’usage des plus grandes devises dans le commerce mondial. Vous constatez que le dollar reste très largement utilisé en tant que « réserves », en tant que support de dette internationale, mais aussi comme monnaie de facturation des importations et enfin pour les paiements. Vous constatez aussi que la monnaie chinoise est quasi-inexistante.



Constatons aussi que l’abandon progressif de la dette en dollar n’est pas dû à la mauvaise rentabilité des bons du Trésor.

Voici les taux d’intérêt réels (taux d’intérêt diminués de l’inflation) des emprunts de différents pays. Finalement, les emprunts fédéraux américains font plutôt bonne figure. Mieux vaut, pour un banquier central, stocker un bon du Trésor US qui lui rapportera 1,1% qu’un bund allemand ou une OAT française qui ne rapportent pas assez pour conserver leur pouvoir d’achat en euro



Par conséquent, si certains banquiers centraux se créent en ce moment un matelas d’or plutôt que de dollars, l’explication ne tient pas au rendement net de la dette en dollar.

L’explication est plutôt politique. Elle a deux volets : les menaces américaines et la crainte du défaut de la part des acteurs surendettés.

Si un pays se voit frapper d’embargo et exclu du commerce en dollar (notre regard se tourne, au hasard, vers l’Iran ou la Russie) que peut-il faire ? Si un pays qui commerce avec un pays paria du dollar se voit lui-même exclu du dollar (notre regard se tourne, au hasard, vers les partenaires commerciaux de l’Iran ou de la Russie) que peut-il faire ?

Par ailleurs, n’importe quel banquier central sait aussi que le monde est surendetté et qu’une partie de cette dette ne sera jamais payée. Les « riches » clients occidentaux tirent de plus en plus la langue sous le poids de leurs dettes alors que pourtant les taux d’intérêt sont encore très faibles.

Voici la part du PIB absorbé par le service de la dette publique dans un certain nombre de pays européens.



Le niveau déjà élevé du service de la dette en Europe va encore s'aggraver en raison du ralentissement de la croissance et de la normalisation monétaire de la BCE

Pour un banquier central raisonnable, pas de quoi penser que l’euro soit une alternative crédible. Au passage, remarquez que le service de la dette absorbe 15% du PIB de la France. Ne vous étonnez pas que le gouvernement Macron soit désespérément en recherche d’argent et taxe tout ce qui bouge encore.

Nous allons vers une grave crise monétaire internationale. Il faudra bien organiser un jubilé, une remise de dette. Dans ce processus une énorme quantité d’épargne se verra aussi détruite.

Les banquiers centraux s’en protègent en augmentant leurs stocks d’or par rapport à leur épargne en réserve de change.
Xuan
   Posté le 11-11-2018 à 22:18:44   

Un article pas très récent puisqu'il date du printemps, est paru dans Capital sous le signature de Touati.
Il reflète les inquiétudes des affairistes dont la courte vue est évidente, et qui s'affolent de voir la Chine planifier des objectifs à long terme.
Malgré le caractère mondial systémique - et non plus simplement cyclique - de la crise du capitalisme, la capacité de la Chine à poursuivre son développement, à juguler les bulles spéculatives, le shadow banking, à contourner la mévente à l'étranger pour en faire un atout par le développement du marché local, à utiliser les sanctions US sur la high tech pour la développer par ses propres moyens, etc.
Tout ceci démontre que le développement de la Chine ne repose pas sur des bases identiques à celles des pays impérialistes.


________________________________



LA PROCHAINE CRISE FERA UNE GRANDE GAGNANTE : LA CHINE !
MARC TOUATI
PUBLIÉ LE 25/04/2018 À 16H38

http://www.capital.fr/entreprises-marches/la-prochaine-crise-fera-une-grande-gagnante-la-chine-1284887


Pour notre chroniqueur Marc Touati, économiste et président du cabinet ACDEFI, les pays développés ont grillé trop de cartouches financières pour pouvoir traverser sereinement la prochaine crise financière. Qui profitera essentiellement à l'Empire du Milieu.

Selon les dernières estimations et projections du FMI, publiées le 17 avril, la croissance mondiale a atteint 3,8 % en 2017 et devrait avoisiner les 3,9 % tant en 2018 qu’en 2019. Formidable ! Pourtant, à côté de cet optimisme de façade, le FMI n’a pas manqué de souligner que l’économie mondiale devenait de plus en plus fragile, notamment à cause d’une dette galopante à travers la planète. Selon l'Institute of International Finance (IIF), celle-ci a atteint 237 000 milliards de dollars fin 2017, soit 317,8 % du PIB mondial, un record absolu. De plus, compte tenu de l’aggravation des risques géopolitiques et d’augmentation du protectionnisme, sans oublier d’une inévitable guerre des monnaies et du dégonflement des bulles boursières, le FMI a de plus en plus de mal à cacher son inquiétude.

Autrement dit, sans vouloir affoler les foules, le FMI est en train de préparer l’opinion à l’imminence d’une nouvelle crise internationale. Face à cette dernière, une question s’impose : quels sont les pays les mieux armés contre une nouvelle tempête économico-financière internationale ? Malheureusement, il ne s’agit pas des pays développés. Et pour cause : ces derniers ont déjà utilisé toutes leurs cartouches de soutien à l’activité : taux d’intérêt monétaires historiquement bas (même s’ils remontent légèrement aux Etats-Unis depuis plus d’un an) ; « planche à billets » pléthorique, dont les effets ont été particulièrement mitigés ; flambée de la dette publique, qui dépasse les 100 % du PIB des deux côtés de l’Atlantique, sauf dans certains pays, principalement l’Allemagne. Dès lors, en cas de nouvelle crise, la grande majorité des pays développés ne pourra pas relancer la machine, comme cela a pu être le cas en 2008.


Il faudra donc se tourner vers les pays émergents, pour savoir si ces derniers pourront, une nouvelle fois, sauver la croissance mondiale. Mais là aussi, les inquiétudes sont nombreuses : ralentissement en Inde et dans de nombreux Tigres et Dragons d’Asie, convalescence prolongée de l’Amérique latine, faiblesse récurrente de la croissance dans de nombreux pays africains et du Moyen-Orient...

En fait, comme en 2008, 2011 et 2015, la Chine pourrait, une nouvelle fois, tirer son épingle du jeu. En effet, comme nous l'avons d’ailleurs souvent expliqué, notamment dans ces mêmes colonnes, les autorités chinoises disposent d'un sens de l'anticipation très développé. Ainsi, pendant que les Occidentaux peinent à se transposer à un horizon de six mois, les Chinois n'hésitent pas à faire des prévisions à dix ans, voire sur plusieurs décennies. C'est en partie grâce à cette vision de long terme qu'ils ont pu connaître une croissance exceptionnelle et quasiment ininterrompue depuis le début des années 80.
De 1980 à 2017, le PIB chinois a ainsi progressé de 2 862 % en volume, c'est-à-dire hors inflation (selon les statistiques du FMI). Sur la même période, l'augmentation du PIB réel atteint 869 % en Inde, 165 % aux Etats-Unis et 91 % en France. C'est dire l'ampleur du « miracle » chinois.

Conséquence logique de ce rattrapage détonnant, la part de la Chine dans le PIB mondial (mesuré en parité de pouvoir d'achat) est passée de 2,3 % en 1980 à 18,7 % aujourd'hui. Celle de l'Inde de 2,9 % à 7,6 %, celle des Etats-Unis de 21,7 % à 15,5 % et celle de la France de 4,4 % à 2,1 %.

Seulement voilà, les arbres ne montent pas au ciel, quand bien même s'agirait-il de séquoias. Autrement dit, depuis une quinzaine d'années, les Chinois savent qu'une crise financière et une crise de croissance sont inévitables. Conformément à leur sens aigu de l'anticipation, ils ont ainsi confectionné deux armes déterminantes, que nous avons coutume d'appeler « airbags », à utiliser en cas de difficultés économiques et a fortiori de crise. En l'occurrence, un taux de change manipulable à l'envi et des réserves de changes surabondantes qui, au plus haut, sont montées à 4 056 milliards de dollars en juin 2014.

Lors de la crise de 2015, les autorités chinoises ont ainsi puisé plus de 1 000 milliards de dollars dans leurs réserves de changes pour stopper l'hémorragie, ce qui a permis à la croissance de l’Empire du milieu de repartir sans difficulté. Si bien que, depuis le début 2017, les réserves de changes chinoises sont reparties à la hausse, atteignant actuellement 3 143 milliards de dollars.
De plus, si en 2017, les Chinois ont laissé le yuan se réapprécier, ils ne manqueront pas de réactiver l'arme du taux de change, en dévaluant le yuan en cas de nouvelle crise.

Et oui, les Chinois de 2018 ne sont pas les Japonais de la fin des années 1980, qui avaient accepté d'apprécier fortement le yen, pour faire plaisir aux Américains et aux Européens, pensant au passage faire du Japon la première puissance mondiale. Ainsi, le yen était passé de 200 yens pour 1 dollar à 80 yens en quelques trimestres. Mais cette décision fut en fait l'erreur stratégique de trop et constitua le point de départ d'une descente aux enfers que les plus grands « Bears » de l'époque n'auraient pu imaginer. Et pour cause : qu'elles soient immobilières, boursières ou bancaires, toutes les bulles qui s'étaient formées dans l'Archipel éclatèrent les unes après les autres, plongeant le Japon dans une crise et une déflation de plus de vingt ans, qui ne sont d'ailleurs toujours pas complètement terminées aujourd'hui.

Bien loin de ce « péché d'orgueil » doublé d'un manque de discernement dramatique, les dirigeants chinois restent maîtres de leur devise et empêcheront toute appréciation excessive du yuan.

En conclusion, lors de la prochaine et imminente crise mondiale, la Chine renforcera encore sa puissance économique et financière vis-à-vis des Etats-Unis, de la zone euro et du reste du monde.
Xuan
   Posté le 15-11-2018 à 21:13:39   

"Pourquoi une nouvelle crise est inévitable"


Les garde-fous mis en place après la crise de 2008 et les taux très bas ont entraîné un déplacement des capitaux vers des sources de profits plus rentables et moins sûres.
les dettes ont cru de façon vertigineuse.
Les états capitalistes ne peuvent pas maîtriser ces capitaux à cause de l'énarchie du système capitaliste et en définitive de la propriété privée des moyens de production et des capitaux.

http://www.youtube.com/watch?reload=9&v=dfXtCIbWHuc
Xuan
   Posté le 03-12-2018 à 18:44:28   

Un scénario catastrophe qui présente des éléments utiles à la compréhension des contradictions en cours dans les sociétés capitalistes occidentales, et qui éclaire aussi les rapports de classe en France, qui ont causé le mouvement des gilets jaunes.
On relativisera dans la mesure où une partie de la bulle alimente les investissements productifs dans des pays pauvres en cours de développement.


_______________________


La crise de 2019, celle qui ridiculisera toutes les autres ?

http://www.capital.fr/entreprises-marches/la-crise-de-2019-celle-qui-ridiculisera-toutes-les-autres-1317882
NICOLAS GALLANT PUBLIÉ LE 29/11/2018 À 17H22

La prochaine crise pourrait être dévastatrice !

La prochaine crise pourrait être un véritable tsunami, selon l’économiste Georges Nurdin, consultant et écrivain.

Le ciel s’obscurcit, l’horizon se rétrécit, les première gouttes arrivent... La prochaine crise qui s’annonce sera probablement “plus proche du typhon dévastateur que de l’averse passagère de printemps” , juge l’économiste et consultant Georges Nurdin, ex-directeur d'une Grande École de Management et écrivain (Les multinationales émergentes, Le temps des turbulences, Wanamatcha !). Elle risque d’être d’envergure car qu’elle devrait être “à la fois financière, économique et sociétale - l’ordre d’occurrence des facteurs étant indifférent”, estime l’expert.

Il faut dire que la volatilité des Bourses de la planète tend à s’accentuer - elle s’est d’ailleurs littéralement envolée en octobre. Et l’essor du trading algorithmique (transactions effectuées par des robots) n’arrange rien. Du côté de l’économie, un long cycle d’expansion pourrait bientôt prendre fin, tandis que la dette mondiale n’a jamais été aussi élevée. Quant aux niveaux de valorisation des actions et des obligations, ils sont historiquement élevés - et cette bulle monumentale devrait finir par éclater. Et, contrairement à la crise de 2008-2009, nous n’avons plus d’amortisseurs pour encaisser un nouveau choc…

>> A lire aussi - Ce graphique qui fait craindre un krach sur les actions

Crise financière

“La volatilité des marchés est prégnante, augmentée de singularités massives, presqu’au sens de trous noirs, que pourtant personne ne voit venir” , relève Georges Nurdin, citant la banque danoise Danske Bank (blanchiment potentiel de l’ordre de la moitié du PIB danois, qui se serait évanouie via les pays baltes, égratignant ainsi le modèle danois), le dieselgate qui a affecté le groupe Volkswagen et ébranlé toute l’industrie automobile mondiale, l’affaire Nissan-Renault qui secoue jusqu’aux sommets des Etats...

La résilience systémique ainsi que la cybersécurité sont loin d’être établies, relève l’expert. “Au mieux, ce sont des work in progress, un peu comme l’était la ligne Maginot en 1940. Aujourd’hui, la moitié des transactions en Bourse aux Etats-Unis (et un tiers en Europe) est effectuée par des robots - le trading à haute fréquence -, effectuant plusieurs centaines de millions de transactions par seconde” , souligne-t-il. Une algorithmique de nature à amplifier les micro-variations naturelles des marchés. “Schématiquement, dès que ça baisse un peu, le robot vend, mécaniquement - sans lien avec les fondamentaux, précise Marko Kolanovic, de New York University, le célèbre patron des produits dérivés chez JP Morgan - … et la baisse s’accentue. Ainsi démarre l’effet domino… qui se poursuit à la vitesse de l’éclair : c’est le krach éclair” , explique l’économiste.

>> A lire aussi - 10 graphiques inquiétants pour l’économie mondiale

Crise économique

L'enchaînement des cycles économiques est à l’image des marées : à une marée haute succède toujours une marée basse. “Nous venons de vivre dix ans de cycle haussier : un record. Il faut donc se préparer au retournement de ce Juglar (cycle des affaires, NDLR), entrant en résonance avec la fin d’un Kondratiev (cycle puissant de 50 ans - “grande marée séculaire”). Mécaniquement, en butée de cycle, ça va “percuter” très fort” , met en garde Georges Nurdin.

Le poids de la dette - 164.000 milliards de dollars (225% du PIB mondial !) en 2018 - n’a jamais été aussi élevé : il dépasse celui du début de la dernière crise financière… “Vertigineux… et insoutenable. La croissance est atone, du moins en Europe, quant à celle des Etats-Unis, elle est obtenue justement au prix de déficits budgétaires abyssaux : 1.000 milliards de dollars, afin de financer les réductions d’impôts de l’administration Trump, destinées à donner un coup de fouet temporaire - jusqu’à sa réélection ? - à la croissance”, souligne l’économiste. Selon lui, ceci donne sérieusement corps au spectre de la “stagnation séculaire”, scénario porté par des économistes tels que Larry Summers (ex-président de Harvard University) et Paul Krugman (Prix Nobel d'économie).

Le temps des bulles est de retour. D’après Alan Greenspan, l’ancien président de la banque centrale américaine, il y a deux bulles prêtes à éclater au nez du marché : celles des actions et celles des obligations. Les actions américaines sont historiquement chères, leur PER de Shiller (valeur boursière des entreprises rapportée à la moyenne des bénéfices des 10 dernières années) ressortant à 30 - exactement le même niveau que celui du fameux “jeudi noir” (krach) de 1929… “Il faut avoir une foi aveugle en la croissance pour justifier de tels niveaux de manière soutenable. Une croissance qui est malheureusement aux abonnés absents. Autre bulle, immense : celle provoquée par la “généreuse” politique dite de Quantitative Easing - la planche à billets à plein régime -, décidée par les banques centrales dans la panique après 2008 pour éviter une crise de liquidité. Un peu comme si on tentait d’enfouir le réacteur fondant de Tchernobyl sous des pelletées de sable” , décrypte Georges Nurdin.

“L’effet pervers est que cette politique de QE a généré une bulle géante sous forme de crédit à taux historiquement bas, voire nuls ou négatifs, ce qui, aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises, a poussé à l’endettement et au surendettement”, dénonce-t-il. “Les fonds d’investissement ont surfé sur cette vague de cash gratuit et réalisé de nombreuses acquisitions par de la dette. Or, comme la plupart de ces fonds ne sont (toujours) pas obligés de publier leurs comptes, ni la composition de leur actionnariat, il est impossible de mesurer l’ampleur réelle de ce phénomène. Effet de ciseaux garanti en cas de baisse de croissance ou de retour de l’inflation (qui pousse les taux à la hausse, NDLR)” , met-il en garde. Or, nous ressentons déjà les prémisses des deux à la fois : la stagnation et l’inflation (ou stagflation), “un mal que l’on croyait éradiqué à jamais depuis les années 70. Un peu comme un retour de grippe espagnole et de la variole” , relève-t-il. Il y a aussi la bulle des prêts étudiants - 1.400 milliards de dollars rien qu’aux Etats-Unis en 2017, 6 fois plus qu’en 2004 -, “dont la capacité à rembourser est directement liée à la capacité de trouver un emploi rémunérateur. Or, le taux de chômage des jeunes est actuellement des plus élevés” , souligne l’expert.

Enfin, les tensions géopolitiques virent au rouge, voire à l’écarlate. “Exit la “mondialisation heureuse” (Minc), “la terre est plate” (Friedman) ou encore la “fin de l’histoire” (Fukuyama). C’est Hutchington (“Le choc des civilisations”) qui avait vu juste dès 1992”, relève Georges Nurdin. “Les Etats-Unis viennent de déclarer une guerre économique sans merci à la première puissance économique de demain : la Chine. La Turquie rebâtit l’Empire Ottoman, les Chinois et l’Asie centrale ouvrent la nouvelle Route de la soie, dernière étape sur l’autoroute avant l’Europe. La Russie s’arme, domine le cyberespace et affirme ses ambitions territoriales” , met-il en garde. “L’Europe catatonique, devenue le terrain d’expression et d’expansion du terrorisme international, sur fond de dislocation sociétale (voir ci-après) et d’atonie économique, est quant à elle toute occupée à discuter du “sexe des anges”, exactement comme l’était Constantinople en 1453, la veille de sa chute aux mains de Mehmed II” , dénonce l’expert.

Crise sociétale

Au niveau sociétal, les inégalités n’ont cessé d’augmenter comme le démontre le rapport s'appuyant sur le travail d'une centaine de chercheurs de renom, dont Thomas Piketty. “Le coefficient de Gini (qui mesure les disparités dans une population, NDLR) s’aggrave au sein même des Nations. Et ce, même si au niveau mondial la “pauvreté” recule - au sens où il y a moins de gens qui vivent avec moins d’un dollar par jour et un peu plus qui vivent avec moins de deux dollars par jour” , ironise Georges Nurdin.
L’accroissement des inégalités a été l’un des éléments majeurs de la fragmentation des sociétés et nations européennes, au point qu’il existe aujourd’hui “une grande incertitude quant à la survie de l’Union Européenne telle que nous la connaissons” , met-il en garde. “Les Britanniques ont déjà décidé de larguer les amarres. L’Italie, membre fondateur de l’UE, prend en main la vision du déficit qui lui convient. Les pays d’Europe centrale ne partagent plus totalement certains dogmes. Les Hollandais, qui avaient déjà dit non à la Constitution Européenne - tout comme les Français - en 2005 montrent des signes de fractionnement dans leur opinion. Idem pour l’Espagne, dont la province économiquement la plus efficace a vu son vote pour l’indépendance refusé par Madrid” , souligne l’expert. “ L’Autriche affirme son sens de la nation. L’Ecosse a failli gagner son indépendance d’un cheveu. Sans parler de la Belgique, capitale de l’Europe Unie, dont la partition entre Wallons et Flamands n’a jamais été aussi vive. La Grèce, dont le PIB ne représente que 1,2% de celui de l’UE, a pu faire trembler l’euro sur ses bases” , ajoute-t-il.

La crise de 2008, dont la faillite de Lehman Brothers a été le révélateur, a entraîné une augmentation massive des déficits et des dettes. La contamination s’est très rapidement répandue de la sphère financière à la sphère économique réelle, avec la faillite d’entreprises industrielles que l’on croyait indéboulonnables, comme General Motors ! “ Les gouvernements, surpris dans la panique la plus totale et au nom de l’axiome du too big to fail (entreprises trop importantes pour qu’on puisse se permettre de les laisser faire faillite, NDLR), ont repris à leur compte ces dettes immenses et les ont transférées au contribuable via des impôts, des taxes et une envolée de 72.000 milliards de dollars de l’endettement mondial depuis 2007. Or, après 1929, les taxes avaient baissé…” , relève Georges Nurdin

Ainsi, contrairement à 2007-2008, la société n’a actuellement plus d’amortisseurs pour encaisser un nouveau choc. “Elle est sur les rotules, entre le chômage de masse, les taux des prélèvements obligatoires - la France est championne dans cette discipline, avec 48% de prélèvements, contre 34% en moyenne dans l’OCDE - qui filent vers le maximum de la courbe Laffer (“trop d'impôt tue l'impôt”, en détruisant la base sur laquelle il porte, NDLR) et la croissance plate, voire la stagflation” , souligne l’expert. “En même temps, et comme expédient à l’atonie des innovations technologiques et des percées commerciales (par exemple, la part de la France dans le commerce International a fondu de 17 à 12% entre 2000 et 2017), on a vu la flexibilisation du travail faire son entrée, qui a entraîné à sa suite son lot d’uberisation, de précarité (87% des embauches en France en 2017 ont été des CDD, dont 88% l’ont été pour une durée inférieure à un mois), d’auto-entreprenariat (en majorité des “petits boulots”). Une véritable spirale de paupérisation” , dénonce Georges Nurdin.

Rien qu’en France, de 2007 à 2017 - après la crise financière, donc -, le pouvoir d’ achat des Français a diminué en moyenne de 500 euros, avec une intensité particulière pour les classes dites moyennes, vient de rapporter l’Insee. Un peu plus tôt, Oxfam et Basic nous apprenaient que la France était en 2017 la championne d’Europe de la distribution de dividendes : 67% des bénéfices sous forme de dividendes et de rachats d'actions. “Les réinvestissements n’ont représenté quant à eux que 27% des bénéfices - ce qui, en soi, est faible et ne participe pas suffisamment au renforcement des fonds propres, nécessaire pourtant pour l’investissement de conquête technologique et commercial” , relève l’économiste.

“Ces signaux pour le moins contradictoires ont fortement contribué à non seulement générer et amplifier un puissant sentiment d’injustice chez ceux qui ont essuyé au bout du compte les débordements de la crise financière. D’où une lente mais inexorable dislocation de l’unité nationale, un délitement sociétal profond, avec à la clé un grand désenchantement, ou plutôt une véritable défiance, voire un sourd ressentiment à l’égard des dirigeants économiques et politiques” , met en garde l’expert. Ceci est vrai en France, mais aussi à l’échelle européenne et internationale. “C’est probablement un des ressorts qui a propulsé au pouvoir Donald Trump ou Jair Bolsorano. La résilience sociétale ainsi que le réservoir du capital confiance ont donc été quasiment entièrement consommés, brûlés, évaporés au cours de ces dix dernières années : on roule désormais sur la réserve… et encore”, avertit-il.

Quand éclatera la crise ?

Pour un économiste, c’est la question la plus difficile. L’économie, même si elle utilise beaucoup de modèles mathématiques “est avant tout une science d’essence sociale, comme l’a rappelé Richard Thaler, le Prix Nobel 2017. Richard Thaler, le premier professeur d’école de commerce (Chicago Booth) à recevoir un Prix Nobel, insiste à raison sur les dimensions “fondamentalement psychosociologiques qui commandent l’économie”, à l’opposé de la vue purement mécanique, monétariste, simplificatrice voire simpliste d’un Hayek (Nobel 74) ou d’un Friedman (Nobel 76), qui continue pourtant d’inspirer la politique “de ruissellement” (qui veut que l’enrichissement des plus aisés finit par profiter au reste de la population, NDLR) de certains Présidents européens actuels”, souligne Georges Nurdin.

Et pourtant, les théories ont évolué en un demi-siècle. Il faut donc s’ajuster au vrai (nouveau) monde. “La dimension psychosociologique nous intéresse particulièrement ici, dans l’exercice de la prévision, car elle induit un élément fortement aléatoire et subjectif à tout niveau : financier, économique et sociétal. Bref, 2019 est une échéance assez probable pour une telle convergence des occurrences…” , met en garde l’expert.


Edité le 03-12-2018 à 18:46:13 par Xuan


Xuan
   Posté le 22-12-2018 à 09:19:15   

A lire http://www.abcbourse.com/marches/wall-street-accuse-sa-pire-debacle-hebdomadaire-depuis-la-crise-financiere_457780_DJIAx.aspx

La guerre économique de l'hégémonisme US contre la Chine Populaire enregistre se premières conséquences négatives.
Xuan
   Posté le 24-04-2019 à 22:49:23   

Pourquoi les États rapatrient-ils leur or des États-Unis?


https://fr.sputniknews.com/economie/201904241040873237-pourquoi-les-etats-rapatrient-ils-leur-or-des-etats-unis 19:31 24.04.2019


Pendant des décennies, de nombreux pays conservaient leur or aux États-Unis. La situation a pourtant connu de sérieux changements l'an dernier quand la Turquie a rapatrié toutes ses réserves des coffres américains, puis que l'Allemagne et les Pays-Bas ont suivi partiellement son exemple. Aujourd'hui, l'Italie a annoncé qu'elle comptait faire de même.

Y a-t-il de l'or dans les coffres?

La volonté des banques centrales d'accumuler un maximum d'or serait tout à fait légitime: c'est l'unique actif de change à n'être pas soumis aux risques inhérents aux monnaies. A présent que la géopolitique est passée au premier plan, que des guerres commerciales se sont déclarées, que les économistes s'attendent à l'effondrement du marché boursier américain, promettent un avenir flou au dollar et une récession globale, les lingots sont particulièrement d'actualité.

Il y a dix ans, près de 60 pays stockaient leur or aux États-Unis - essentiellement pour protéger les réserves en cas de conflits armés et accroître la liquidité. Après tout, la bourse de New York (NYMEX) effectue les plus grandes transactions de ce métal précieux.
L'or est stocké à proximité de la plateforme commerciale pour réduire les frais de transport, qui sont très élevés dans le cas des métaux précieux à cause du coût des assurances dans ce secteur. Des frais de plusieurs millions dans le cadre du transport de l'or ne sont donc versés qu'en cas de nécessité politique ou économique extrême.
La volonté de rapatrier les lingots des États-Unis est donc très révélatrice, d'autant que ces dernières années circulent de plus en plus de doutes autour du fait que les Américains stockent correctement l'or d'autres pays.
Le Trésor américain affirme que 261 millions d'onces d'or sont conservées à Fort Knox et dans d'autres coffres. Mais le dernier audit remonte aux années 1960; et toutes les tentatives d'organiser une nouvelle vérification ont été bloquées par le Congrès.
Certains supposent que les Américains utilisent tout simplement l'or des autres à leurs fins: ils le louent aux banques qui l'utilisent sur le marché afin de contrôler la valeur du métal précieux.
D'où une question légitime: Washington est-il prêt à rendre à tout moment l'or n'appartenant pas aux États-Unis? De plus en plus de pays rapatrient leurs lingots pour ne pas prendre de risques.

Rendez ce qui ne vous appartient pas

La vague de rapatriement de l'or a commencé en 2012, quand le Venezuela a annoncé qu'il faisait revenir des USA ses 160 tonnes d'or - soit 9 milliards de dollars environ. Le président Hugo Chavez avait déclaré à l'époque qu'il fallait rapatrier d'urgence les lingots car ils risquaient devenir des otages de Washington et se transformer en instrument de pression.

C'est exactement ce qui s'est produit six ans plus tard. En octobre-novembre 2018, la Banque d'Angleterre a bloqué le transfert d'or au Venezuela pour la somme de 1,2 milliard de dollars. L'agence de presse Bloomberg avait alors informé que Washington serait derrière cette décision.
En 2014, la Banque centrale des Pays-Bas a fait revenir de New York à Amsterdam 120 tonnes d'or - soit presque 4 millions d'onces. Il ne reste donc plus aux États-Unis que 30% des réserves d'or néerlandaises contre 50% auparavant.
A Amsterdam, où se situe le siège de la Banque centrale, on expliquait alors qu'il était «déraisonnable et inutile» de continuer de stocker la moitié des réserves d'or au même endroit: «C'était peut-être d'actualité pendant la Guerre froide, mais plus maintenant».
Les analystes sont persuadés que les Pays-Bas continueront de rapatrier leur or des États-Unis afin de moins dépendre des actions imprévisibles de Donald Trump.

La Bundesbank a également récupéré ses lingots. Berlin a lancé en 2012 le programme de rapatriement partiel des réserves d'or stockées aux États-Unis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les coffres de la Banque centrale de Francfort-sur-le-Main ont fait revenir 300 tonnes de ce métal précieux.
Enfin, en avril 2018, la Turquie a terminé l'évacuation de son or. L'an dernier, la Banque centrale turque a acheté 187 tonnes d'or pour devenir le plus grand acheteur souverain de ce métal précieux après la Russie. Au total, Ankara en possède 591 tonnes (données de fin décembre), dont 27,8 tonnes ont été transportées des États-Unis et placées dans un coffre sur le territoire national.

Une perte de confiance

Le reflux d'or des États-Unis est pratiquement ininterrompu, pour des raisons évidentes: la hausse des taux d'intérêts de la Réserve fédérale (Fed), la pression sur l'euro et d'autres monnaies, le renforcement des risques géopolitiques et les guerres commerciales déclenchées par Washington contre le monde entier.
Sur cette toile de fond, l'économie mondiale s'efforce de réduire sa dépendance envers le dollar. L'or est un moyen de protection fiable contre la crise et les troubles financiers, mais il n'est plus confié aux Américains. Rien ne prouve que Washington, qui recourt de plus en plus à la pression financière, ne gèlera pas les actifs des pays «indésirables».
Quant à la Russie: aucune inquiétude à avoir. Sa Banque centrale stocke ses réserves d'or dans le pays. C'est ce qu'Anatoli Aksakov, président de la commission pour le marché financier de la Douma (chambre basse du parlement russe), avait déclaré dès l'an dernier: «Personne ne pourra mettre la main sur l'or [russe]. Nous ne confierons notre or à personne».
pzorba75
   Posté le 25-04-2019 à 05:03:04   

Reprendre ses réserves d'or et les stocker sur son territoire est une marque d'indépendance.
Se retirer de l'Internet mondial, géré par les administrations américaines, est priorité pour conserver un petit peu d'indépendance. À ce jour, seule la Russie de Poutine menace de le faire, sans donner de détails sur ses moyens ni sur les capacités de communication avec l'Internet américain.
À mon sens, lâcher l'Internet américain est plus urgent et plus prudent que de rapatrier ses lingots d'or.
Xuan
   Posté le 15-05-2019 à 20:39:53   

Je ne crois pas que la Chine rapatrie des réserves d'or de façon massive, en vendant les obligations US. C'est un fusil à un coup.

Sur le risque d'une nouvelle crise aux USA, un article de Global Times :


Les risques sont dissimulés dans l'ombre des données économiques apparemment robustes des États-Unis


Par Mei Xinyu Source: Global Times Publié le: 2019/5/15 21:54:58
http://www.globaltimes.cn/content/1150063.shtml


Les chiffres économiques semblent indiquer que l'économie américaine prospère et surpasse les autres économies développées. Le PIB américain a augmenté de 3,2% par an au premier trimestre. En avril, le nombre total de personnes employées non agricoles dans la masse salariale a augmenté de 263 000, dépassant de loin les attentes de Wall Street.


Illustration: Luo Xuan / GT

Face à ces données économiques apparemment robustes, les attentes des acteurs du marché et des responsables américains vis-à-vis de l'économie sont élevées et beaucoup pensent qu'il est possible de maintenir la prospérité à long terme. Toutefois, compte tenu des cycles économiques aux États-Unis, la "reprise plus la croissance" qui dure depuis près de 10 ans s’approchant, elle va bientôt parvenir à un tournant. Une analyse plus poussée de la macroéconomie en plein essor aux États-Unis révèle des risques majeurs.

L'exagération de la croissance économique se reflète principalement dans le PIB, l'emploi et le marché boursier. Au premier trimestre, la croissance économique américaine a été en grande partie attribuable à l'amélioration de la balance commerciale trimestrielle et à l'augmentation des stocks, imputables au chargement anticipé d'importations par les entreprises en raison des préoccupations suscitées par la guerre commerciale. Étant donné que les achats préalables de ce type se sont terminés à la fin du premier trimestre, cette croissance économique n’est pas durable.

En termes d’emploi, le taux de chômage américain est tombé à son plus bas niveau en près de 50 ans, mais ce chiffre pose des problèmes statistiques. Beaucoup de nouveaux emplois sont des emplois à court terme plutôt que des emplois à temps plein. De plus en plus de personnes en âge de travailler se sont retirées du marché du travail, ni au travail ni à la recherche d'un emploi, ce qui a entraîné un taux d'activité historiquement bas. Beaucoup ont quitté le marché du travail pour la rééducation ou la formation. À leur retour dans quelques années, le marché du travail sera soumis à une pression accrue.

En ce qui concerne la reprise des actions, le marché boursier américain est généralement à la hausse depuis l'an dernier, en grande partie grâce aux bénéfices réalisés à l'étranger par les sociétés américaines ramenées dans le cadre du projet de loi de réforme fiscale de 2017. Faute d'opportunités d'investissement dans l'économie réelle, ces fonds ne peuvent être investis que sur le marché boursier, notamment sous la forme d'un rachat des actions propres de leur entreprise, faisant ainsi monter les cours des actions. Bien que les dirigeants d’entreprise et les investisseurs puissent être satisfaits de l’utilisation de ces fonds, ils ne favorisent pas un développement durable à long terme de l’économie américaine.

Entre-temps, après des années d'assouplissement quantitatif, de nombreuses "sociétés zombies" se sont établies sur le marché américain. Elles ne disposent d'aucun revenu ni d'aucun bénéfice durable et doivent compter sur un financement continu. Avec la normalisation de la politique monétaire, les coûts de financement des entreprises zombies vont augmenter, indiquant une pression de faillite croissante.

Dans une récente interview, le vice-président américain Mike Pence a appelé la Réserve fédérale à abaisser les taux d’intérêt. Mais une telle demande va à l’encontre de la logique économique normale. Compte tenu des bonnes données économiques, les opérations normales devraient consister à resserrer les politiques monétaire et budgétaire afin de laisser une marge de manœuvre lors du prochain cycle de crise. Malgré des chiffres économiques robustes, les hauts responsables américains ont demandé à plusieurs reprises à la Fed de baisser les taux d’intérêt et même de relancer l’assouplissement quantitatif. Il semble que, au fond, les politiciens américains n’ont pas beaucoup confiance dans l’économie américaine et espèrent reporter la crise financière jusqu’à la fin de l’élection présidentielle américaine l’année prochaine grâce à une politique monétaire souple.

Les cycles économiques sont fondamentaux pour l'économie de marché. Depuis la révolution industrielle du 19ème siècle, la macro-économie américaine n'a jamais été capable de se débarrasser de ces cycles. Avant la Seconde Guerre mondiale, le délai entre deux crises n'excédait pas 10 ans. Même après la Seconde Guerre mondiale, avec une gestion macroéconomique avancée, une expansion économique continue a rarement duré 120 mois.

La reprise économique américaine amorcée au troisième trimestre de 2009 se poursuit depuis près de 10 ans. Dans le climat optimiste suscité par une croissance économique robuste, de nombreux acteurs du marché ont tout investi dans le marché boursier américain. Mais le problème est que la prospérité à long terme doit reposer sur le progrès scientifique et technologique révolutionnaire. Dans les années 90, la nouvelle révolution technologique représentée par les technologies de l’information était révolutionnaire et avait pénétré dans presque tous les secteurs de l’économie nationale. Les États-Unis sont-ils maintenant engagés dans une nouvelle révolution technologique révolutionnaire? J'ai bien peur que non.

En outre, l'économie américaine s'est largement appuyée sur une politique monétaire non conventionnelle, telle que l'assouplissement quantitatif, pour se remettre de la crise des prêts hypothécaires à risque, de sorte que sa politique monétaire est loin de revenir à la normale. Les déficits budgétaires et le fardeau de la dette sont sans précédent. Une fois que la récession économique et la crise financière se reproduiront, les États-Unis disposeront d'une marge de manœuvre réduite par rapport à la crise précédente.

Croyez-vous vraiment que l’économie américaine peut maintenir sa prospérité actuelle pour longtemps?

L'auteur est chercheur à l'Académie chinoise du commerce international et de la coopération économique du ministère du Commerce . L'article a été publié pour la première fois sur yicai.com. bizopinion@globaltimes.com.cn
Xuan
   Posté le 31-05-2019 à 23:45:25   

Alertes sur les taux, les Etats-Unis « sous surveillance de récession »


https://investir.lesechos.fr/marches/actualites/alertes-sur-les-taux-les-etats-unis-sous-surveillance-de-recession-1852428.php
PAR MARJORIE ENCELOT - INVESTIR.FR - LE 30/05/19 À 14:13


La croissance des Etats-Unis pourrait rapidement tomber à moins de 1% cette année. La première économie mondiale est même « sous surveillance de récession », selon Morgan Stanley. Le marché de la dette envoie des signaux d’alarme. Et en plus de soixante ans, il ne s’est que très rarement trompé.


Le « cette fois-ci, c’est différent » a du plomb dans l’aile. Ces derniers mois, les boursiers ont beau eu se raccrocher à cette pensée magique, il semblerait tout de même que l’inversion de la courbe des taux augure, là encore, d’une récession prochaine aux Etats-Unis, première puissance économique mondiale. Le taux d’emprunt à trois mois (2,35% pour le souverain) y est, là-bas, supérieur au taux à dix ans (moins de 2,1% mercredi, au plus bas depuis septembre 2017), et ce depuis maintenant presque trois semaines, chose inédite depuis 2006-2007, recense le cabinet d’analyses MKM Partners. La courbe s’était déjà inversée une première fois en mars.

Pourquoi est-ce inquiétant ? Quand l’économie se porte bien, emprunter à long terme revient plus cher qu’emprunter à court terme. Plus l’échéance est lointaine, plus l’incertitude est grande, plus les risques sont gros (problème de remboursement, inflation…) et plus les prêteurs demandent une prime élevée. Donc, par raisonnement réciproque, s’il y a inversion, si les emprunts à court terme deviennent plus coûteux que les emprunts à long terme, c’est qu’il y a une tuile, le symptôme que quelque chose ne tourne plus rond. Et en ce moment, vus du marché de la dette, les risques à un an (avec un taux de 2,3%) sont perçus comme plus élevés que ceux à dix ans.


L'inversion de la courbe des taux d'intérêt n'est pas qu'un signal d'alarme, elle joue également un rôle actif dans la récession. « Elle nuit à l’offre de crédit à l’économie », rappelle en plus l’économiste Véronique Riches-Flores, de RF Research. La raison ? Les banques, qui sont le cœur de l’économie, l’organe qui injecte l’argent dans le système, empruntent à court terme pour prêter à long terme. « En période d’inversion, la rentabilité de leurs activités de crédit s’en trouve mécaniquement réduite, puisque le coût de financement tend à se rapprocher de celui auquel elles vont prêter. Leur incitation à exercer leur métier de prêteur s’en trouve réduite. »

« Intérêt continu pour le court terme »
Même les investisseurs institutionnels, pourtant à la recherche de rendement, préfèrent acheter des obligations souveraines à dix ans, qui rapportent moins, plutôt que des bons à trois mois. « L'appétit des investisseurs pour les actifs sans risque [la dette à long terme de pays bien notés comme les Etats-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande] ne milite pas pour des anticipations positives sur la croissance américaine, ou mondiale, explique Christian Parisot, économiste de marché chez Aurel BGC. Les incertitudes politiques poussent les taux longs sur des niveaux de plus en plus bas. Les investisseurs s'inquiètent en particulier de plus en plus de l'escalade des tensions commerciales entre les deux premières puissances économiques mondiales. Les déclarations contradictoires de Donald Trump ne sont pas un élément de stabilité. »

Antoine Lesné, directeur de la stratégie chez SPDR, filiale ETFs de State Street Global Advisors, est toutefois plus nuancé. « Les flux des investisseurs sur ces dernières semaines montrent un intérêt continu pour les expositions obligataires de court terme, soit ‘investment grade’, soit souverain (en dollars, en euros, en livres sterling), nous indique-t-il. Côté actions, les stratégies défensives sont plébiscitées, telles que le ‘Low Volatility’. Néanmoins, pour que l’on puisse parler de récession via les flux, nous attendrons de voir un renforcement des positions dans la partie intermédiaire de la courbe, ce qui n’a pas encore eu lieu. Ce signal traduirait encore plus une forte inquiétude quant à la fin du cycle. Pour le moment, l’inversion entre les dix ans et la partie courte est peut-être un signe d’attente avant une remontée potentielle si une désescalade devait arriver entre Chine et États-Unis. » Jusqu’ici, l’inversion est surtout le fait d’une chute rapide du taux à dix ans (-35 points de base en moins d’un mois), plutôt qu’une brusque poussée du taux à trois mois (globalement stable depuis le début de l’année).


Avant chaque récession, inversion
« Les investisseurs obligataires ne sont pas mieux informés que les investisseurs actions » , répétait en début d’année un stratégiste actions... Mais, de toute évidence, si, ils le sont. D’après les données de la Réserve fédérale, depuis 1955, à chaque fois (sauf une) que les taux courts ont dépassé les taux longs, les Etats-Unis sont entrés en récession en moins de deux ans en moyenne. « La courbe des taux est l’un des meilleurs (si ce n’est le meilleur) indicateurs de récession. […] Les inversions [les] annoncent peut-être, mais elles n’affectent pas tant les performances du marché » , rassurait Jeroen Blokland, gérant multi-actifs chez Robeco, à la mi-mai. « Les quatre dernières inversions de courbe ont été suivies de hausses de l’indice S&P 500 sur les deux années qui ont suivi » , corrobore Lazard Frères Gestion. « Les copains des marchés d’actions sont tout le temps bullish » , moquait récemment un stratégiste obligataire. En tout cas, pour ce qui est sûr, toutes les récessions aux Etats-Unis depuis 1955 (neuf en tout) ont été précédées par une inversion de la courbe des taux.

Déjà, le coup de frein économique est manifeste. Un moment attendue à plus de 2% en rythme annualisé, la croissance américaine pour le deuxième trimestre devrait finalement être plus proche de 1,5% (après +3,2% au premier trimestre et +2,9% en 2018). +1,41% selon le modèle de prévision Nowcast de l'antenne de New York de la Réserve fédérale. +1,3% à en croire le modèle GDPNow de Fed d’Atlanta. Ces prévisions intègrent les derniers indicateurs économiques publiés aux Etats-Unis, et notamment les ventes au détail et la production industrielle pour avril, ressorties en dessous des attentes, et la chute brutale de l’activité dans le secteur privé (l’indice PMI Markit est tombé à 50,9 en mai, manquant de peu de tomber en zone de contraction, c’est-à-dire en dessous de 50).

La Fed à la rescousse
Pour le second semestre, les économistes sont nombreux à avoir revu fortement à la baisse leurs projections de croissance. Chez JP Morgan, la plus grosse banque du monde, ils la voient désormais tomber à 1%, contre 2,25% précédemment. Leur patron, Jamie Dimon, disait pourtant, lors de la publication des comptes trimestriels de la banque, en avril, que le cycle de croissance, déjà vieux de dix ans, pouvait « durer des années. […] L’Australie connaît une croissance depuis vingt-huit ans. » Lui ne s’attend pas à une récession « dans les années à venir » vu « la bonne forme du consommateur », « les gens [qui] retournent au travail », « la confiance des entreprises élevée . »

Chez Morgan Stanley, on projette que le PIB des Etats-Unis ne progressera que de 0,6% au second semestre. Le responsable des investissements de la banque, Mike Wilson, va même plus loin en disant que la première économie mondiale est « sous surveillance de récession. » « Les récents indicateurs suggèrent que l’économie et les bénéfices des entreprises sont plus à risque que ce que la plupart des investisseurs ne le pensent. » Par exemple, les chiffres du PMI de mai montrent que le ralentissement de l’activité a été « notable » dans les services, une source importante d’emplois (dans la santé notamment). Mais, pour lui, la croissance américaine montrait des signes de faiblesse bien avant que le conflit avec la Chine ne s’envenime. Juste retour de manivelle. La faute à Donald Trump qui, avec sa relance budgétaire, a provoqué l’an dernier une surchauffe économique (hausse des coûts de la main d’œuvre, stocks excessifs, trop d’investissement). Ce qui expliquerait pourquoi la courbe des taux, corrigée de des interventions de la Fed, s’est inversée en fin d’année dernière. « En novembre dernier [exactement], et [elle] est demeurée en territoire négatif depuis, dépassant le temps minimum requis pour être un signal de ralentissement économique valable et significatif. » Sachant que, en moyenne, moins de deux ans séparent la récession de l'inversion, que six mois se sont déjà écoulés, l'année prochaine, à la même époque, les Etats-Unis seront donc peut-être en récession. « Quelle que soit l’issue de la guerre commerciale, le ralentissement de l'économie américaine et les risques de récession sont bien là. »


Le directeur de l'investissement chez Morgan Stanley fait remarquer que la courbe des taux, ajustée des interventions de la Fed, « s'est inversée en novembre dernier et est demeurée en territoire négatif depuis, dépassant le temps minimum requis pour être un signal de ralentissement économique valable et significatif. » Crédits photo : Morgan Stanley

Au vu des risques qui pèsent sur la croissance, la Bourse s’attend à ce que la Fed annonce, fin septembre, le relâchement de son taux d’intérêt directeur, dans la fourchette de 2%-2,25%. Les investisseurs tablent aussi sur deux nouvelles baisses, d’un quart de point chacune, l’année prochaine. Voilà qui explique pourquoi, sur le marché obligataire, tous les taux d’emprunt de deux à dix ans sont aujourd’hui inférieurs au taux actuel de la banque centrale (2,25-2,5%).
Xuan
   Posté le 24-06-2019 à 14:20:46   

Un des signes avant-coureurs d'une crise économique est la hausse du taux de l'or. La guerre économique déclenchée par les USA contre la Chine aboutit à cette hausse.


«L'or pourrait devenir le seul gagnant de la guerre commerciale entre les USA et la Chine»
© Sputnik . Pavel Lisitsyne

22:04 22.06.2019 https://fr.sputniknews.com/economie/201906221041498601-lor-pourrait-devenir-le-seul-gagnant-de-la-guerre-commerciale-entre-les-usa-et-la-chine/

La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine a fait grimper les cours de l’or, et pour la première fois depuis des années, vendredi 21 juin, le métal jaune a coûté plus de 1.400 dollars l'once. Un analyste établi à Pékin a commenté la situation pour Sputnik.

Les cours de l’or ne cessent de monter, et son prix augmentera encore à moins qu'un nouvel accord commercial américano-chinois ne soit conclu entre Donald Trump et Xi Jinping lors du G20 les 28 et 29 juin, a estimé dans un entretien accordé à Sputnik l'analyste de la Télévision centrale de Chine (CCTV) Tom McGregor.
«La guerre commerciale avec les États-Unis incite la Chine à acheter de l’or en tant que valeur refuge. La frénésie d’achat d’or se poursuit en Chine depuis un sixième mois d’affilée. Il semble que la Chine réduise son exposition aux bons du Trésor américain, tout en augmentant ses réserves d’or, ce qui incite à supposer que Pékin doublerait son or dans une transition loin du dollar. Néanmoins, ce n'est pas le cas» , a déclaré l’interlocuteur de l’agence.

Selon ce dernier, la Banque populaire de Chine (BPC) se prépare tout simplement à une nouvelle grande tempête dans l'économie mondiale, cherchant à utiliser l'or comme une haie servant d'abri contre le vent.
«L’or a tendance à monter en flèche lors d’un ralentissement économique mondial, quand des guerres éclatent ou une crise internationale déstabilise l’ordre mondial. […] L'or est un investissement refuge, et la Chine augmente ses réserves d'or de crainte que les relations avec les États-Unis ne se détériorent encore plus» , a expliqué l’expert.

La guerre commerciale sino-américaine se poursuit depuis mars 2018, lorsque Donald Trump a annoncé l'introduction de droits de douane élevés sur l'acier et l'aluminium. Depuis lors, Washington et Pékin ont convenu d'une trêve commerciale qui a été rompue brusquement par les États-Unis le 10 mai, à l'issue des négociations, sans qu'aucun accord ne soit trouvé. Le monde attend maintenant le sommet du G20 à Osaka, au Japon, en se demandant si les deux plus grandes économies se réuniront à la table des négociations.

«Entre-temps, l'or pourrait devenir le seul gagnant de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, le prix du métal précieux étant en hausse constante» , a constaté l’interlocuteur de Sputnik.
Et de prévenir que si, en outre, les États-Unis se trouvaient entraînés dans un conflit direct avec l'Iran, ils verraient l'or s'élever encore plus haut, au-dessus de 2.000 dollars l'once.

M.McGregor estime toutefois que la flambée des prix du métal jaune pourrait être stoppée et même inversée «si Donald Trump et Xi Jinping se rencontraient lors du prochain sommet du G20 et avaient des discussions fructueuses» .

Le 18 juin, le Financial Times a annoncé que les avoirs du Trésor américain en Chine avaient atteint leur plus bas niveau en deux ans. Les stocks d'obligations et de billets américains à Pékin ont diminué de 7,5 milliards de dollars en avril, ce qui porte le total des stocks chinois du Trésor américain à 1.100 milliards de dollars, en baisse de 90 milliards par rapport à août 2017. Quoi qu’il en soit, la Chine reste le principal détenteur non américain de la dette des États-Unis.
Lors de deux entretiens distincts avec Bloomberg et CNBC, l'investisseur milliardaire Paul Tudor Jones a estimé que la Fed devrait réduire ses taux d'intérêt en 2019 en raison de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, qui entraînerait l'affaiblissement du dollar américain et le renforcement de l’or.

Le 21 juin, le métal précieux a dépassé 1.400 dollars l'once, atteignant son plus haut niveau depuis septembre 2013 et pourrait continuer à grimper.
Xuan
   Posté le 05-09-2019 à 20:26:30   

Cinq questions pour comprendre la menace d'une crise économique mondiale

Un peu plus de dix ans après la crise des subprimes aux Etats-Unis, la perspective d'une récession mondiale dans les mois ou années à venir effraie économistes et investisseurs. Contexte géopolitique instable, course à l'or, taux d'intérêt négatifs... Un nouveau séisme économique est-il imminent ?

Noémie Leclercq
franceinfo
France Télévisions https://www.francetvinfo.fr/economie/crise/cinq-questions-pour-comprendre-la-menace-d-une-crise-economique-mondiale_3594351.html
Mis à jour le 05/09/2019

A chaque déclaration de Donald Trump sur la guerre commerciale entre Washington et Pékin, Wall Street voit rouge. A tel point qu'en mars dernier, après l'annonce de l'augmentation des droits de douanes sur certains produits chinois, la courbe des taux américains, indicateur le plus fiable sur la santé économique mondiale, s'est inversée pour la première fois depuis 2007 : les obligations du Trésor américain sont devenues plus rentables à court terme que sur dix ans, ce qui signifie que les investisseurs sont pessimistes pour l'avenir.

Cette inversion, qui est à la fois le symptôme et l'indicateur d'un ralentissement de l'économie, a fait couler beaucoup d'encre : depuis 1955, chaque récession a été précédée d'une inversion de la courbe des taux. Il n'y a qu'un cas recensé, en 1960, où l'inversion de la courbe des taux n'a pas engendré de récession. En 2001, la récession est survenue huit mois après l'inversion de la courbe ; en 2007, c'était 22 mois plus tard. Franceinfo fait le point sur la possibilité d'une crise économique dans les mois et années à venir.

1 - Quelles sont les sources d'inquiétude chez les économistes ?
"La crise fait partie du cycle économique traditionnel , assure Bertrand Badré, ex-directeur général de la Banque mondiale. La croissance éternelle n'existe pas, il faut s'habituer à vivre avec des ruptures. " Logiquement donc, la première raison de cette inquiétude tient au fait qu'il y a longtemps qu'une crise n'a pas eu lieu. "Les Etats-Unis étant dans la phase d'expansion la plus longue de leur histoire, il y a forcément des interrogations sur le moment où cela va s'arrêter."

La croissance des économies dites "avancées" membres du G20 a déjà "fortement ralenti", "passant de 2,1% en 2018 à 1,7% pour 2019 et à 1,4% en 2020" , pointe l'agence de notation Moody's dans sa dernière publication des perspectives macroéconomiques, que franceinfo a pu consulter. La stabilité économique est "menacée" par les tensions géopolitiques, et même les taux d'intérêt exceptionnellement bas ne parviennent pas à relancer la consommation.

Le principal point d'inquiétude est la guerre commerciale que se livrent Pékin et Washington. Une hausse des tarifs douaniers nuirait fortement à l'économie américaine et mondiale, comme l'indiquait le Fonds monétaire international (FMI) le 21 août dernier. Mais d'autres facteurs géopolitiques viennent s'ajouter à ce conflit. L'Allemagne, moteur de l'économie européenne des dix dernières années, est à deux doigts de la récession, faute d'exportations suffisantes. Au Royaume-Uni, le Brexit n'est toujours pas résolu, et l'Italie est en pleine crise politique.

Sans vouloir "jouer les Cassandre", Jézabel Couppey-Soubeyran, économiste spécialiste d'économie monétaire et financière et professeur à Paris-1, est elle aussi très pessimiste sur l'avenir immédiat de l'économie mondiale. "Alors qu'en 2008, la finance faisait peser un risque sur l'économie réelle, aujourd'hui, c'est plutôt l'économie réelle et la géopolitique qui peuvent avoir des incidences sur la finance" , estime-t-elle. Toutes ces tensions commerciales créent un ralentissement des économies avancées et émergentes. "Etant donné la forte intégration des chaînes de production" entre la Chine, les Etats-Unis (20% des importations américaines viennent de Chine) et le reste du monde, les investisseurs se méfient et le système financier se retrouve paralysé.

Un cercle vicieux se met alors en place : les économies sont interdépendantes, et, comme avec un château de cartes, il suffit qu'un élément flanche pour faire s'écrouler la structure tout entière. S'ensuivraient alors une augmentation généralisée des faillites d'entreprises et du chômage, terreau fertile aux tensions sociales.

2 - Mais des mesures de prévention ont bien été adoptées après la crise de 2008 ?
Après la chute de Lehman Brothers, les crises financières, économiques et des dettes souveraines de la dernière décennie, des mesures ont été prises pour éviter que la situation ne se répète à l'avenir.

Au niveau européen, une trentaine de directives ont été adoptées. La principale instance compétente sur la question, la Banque centrale européenne (BCE), a notamment décidé d'encadrer l'activité bancaire. Une union bancaire a été créée en 2014, entre les 130 plus grosses banques de la zone euro, pour assurer un mécanisme de sûreté et éviter qu'en cas de faillite, une banque n'entraîne son pays d'origine dans sa chute.

Un conseil de stabilité financière a également vu le jour, au niveau international, avec pour objectif une meilleure coopération inter-étatique sur les questions financières. Les banques ont été soumises à un encadrement plus strict de leurs activités, avec des obligations de fonds propres plus exigeantes.

De leur côté, les Etats-Unis ont toujours préféré des systèmes de régulation internes, affaiblissant les traités internationaux. Barack Obama, en 2009, a mis en place un plan de régulation des firmes financières, renforçant notamment le rôle de la Réserve fédérale (Fed) dans le contrôle des instances. En 2010, la loi dite "Dodd-Frank" régulait encore davantage le marché bancaire et protégeait les épargnants en cas de faillite.

3 - Et ces mesures ne sont pas efficaces ?
Ces dispositions ont été assouplies, voire abandonnées, dès lors que la croissance est repartie à la hausse. Donald Trump a pris des mesures pro-finance en mai 2018. Estimant que la finance est un indicateur de bonne santé économique – et donc, d'une politique efficace –, il a considérablement assoupli le contrôle des institutions financières américaines, replongeant les Etats-Unis dans une phase de dérégularisation bancaire et financière.

En décembre de la même année, la BCE a entériné l'arrêt du programme de soutien à l'économie en zone UE, le "quantitative easing" (QE) – assouplissement quantitatif –, en mettant fin aux achats nets de dettes privées et publiques. Ce programme, en place depuis 2015, devait soutenir le commerce et était l'un des fers de lance de l'arsenal anti-crise de la zone euro : entre le lancement et la fin du QE, 2 600 milliards d'euros ont été injectés sur le marché européen pour stimuler l'activité économique.

Le problème, c'est que faute de plan budgétaire durable, la fin de ces mesures monétaires bouleverse l'équilibre économique. "Les autorités de toutes les économies principales n'ont mis en place qu'une gestion monétaire sans se soucier de l'aspect budgétaire, ce qui a favorisé les investissements à risques" , analyse Jézabel Couppey-Soubeyran. "On aurait pu profiter des taux d'intérêt bas pour investir dans l'avenir, avec la transition écologique par exemple. Mais finalement, ils ont surtout profité aux investissements financiers et nourri des bulles d'actifs. Ça n'a pas eu l'effet escompté d'entraînement pour l'économie réelle."

Avec la possibilité de se financer avec des prêts à taux d'intérêt très bas, les investisseurs peu scrupuleux ont investi dans des actifs plus risqués. L'ancien patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, expliquait déjà en septembre 2018 qu'il fallait "éponger" : les liquidités créées pour sortir de la crise ont été laissées dans la nature, "dans les poches de certains" .

En somme, souligne Bertrand Badré, "l'interrogation sous-jacente depuis quatre ou cinq ans, c'est de savoir si le système s'est véritablement ajusté après la crise." La croissance est plus faible, les investisseurs sont plus frileux, la transition climatique et le vieillissement de la population posent de nouveaux enjeux. "Il y a beaucoup d'inconnues, qui suscitent des inquiétudes."

4 - Peut-on empêcher une nouvelle crise ou est-ce vraiment trop tard ?
Selon Jézabel Couppey-Soubeyran, il est encore possible "d'éviter la catastrophe" , mais le contexte est "très peu propice" à une coordination internationale. Dans son rapport d'août 2019, Moody's estime par exemple à 15% seulement les chances d'une amélioration de la situation entre Washington et Pékin, alors que la probabilité de l'escalade des tensions serait de 40%.

Lors du sommet du G7 à Biarritz, du 24 au 26 août, la question de la relance budgétaire pour endiguer une récession mondiale a également été évoquée par Emmanuel Macron. "On doit se poser la question, pour les pays qui en ont la capacité, de la pertinence d'une relance budgétaire. C'est un sujet qui est posé à l'Europe, à la France, à l'Allemagne et à d'autres pays" , a soutenu le président français, appelant à davantage de souplesse outre-Rhin.

A Berlin, la tendance est pourtant à l'austérité : Angela Merkel, la chancelière allemande, tient son cap et refuse toute augmentation des dépenses publiques. Or, une relance ne peut fonctionner que si l'ensemble des pays d'une zone commerciale la mettent en place. Sinon, il y a un risque de créer un déséquilibre et de favoriser encore plus l'endettement des Etats.

De manière générale, la situation géopolitique mondiale est un frein aux mesures économiques d'ampleur. "Les Etats-Unis sont bien moins coopératifs, la Chine, plus autonome et Londres, capitale financière de l'Europe, menacée par le Brexit, égrène Bertrand Badré. On arrive dans des situations jamais expérimentées auparavant, comme les taux d'intérêt négatifs, et c'est très difficile d'anticiper les effets sur l'économie."

5 - Si la crise éclate, quelle en serait l'ampleur ?
Difficile à dire. "Certains estiment que ce serait une récession tout ce qu'il y a de plus classique" , indique Bertrand Badré. En clair, la croissance continuerait d'augmenter, mais moins rapidement. "D'autres, en revanche, pensent qu'au vu des indicateurs, il faut s'attendre à un choc encore plus violent qu'en 2007-2008. Il y a un consensus sur le fait qu'une crise est attendue, mais ni sur la date, ni sur les modalités, ni sur la brutalité de cette crise."

Le financier jauge également qu'il est compliqué de savoir si une récession va se transformer en crise majeure. "Les Etats sont encore en mesure de piloter une récession. Mais un choc brutal serait plus difficile à gérer : il faudrait repousser encore les limites de la politique monétaire." Les dettes souveraines étant déjà à des niveaux jamais atteints, et les taux directeurs historiquement bas, la manœuvre semble compliquée. Et encore une fois, la coopération internationale nécessaire à une sortie de crise est loin d'être garantie.

"Il y a deux questions auxquelles nous n'avons pas répondu après la crise de 2007, analyse Bertrand Badré. Quelle économie voulons-nous, et comment pouvons-nous la financer ?" Les transitions écologique et démographique sont notamment des pistes vers lesquelles l'économie doit tendre, insiste-t-il. "Le modèle néo-libéral, c'est celui du XXe siècle."
Xuan
   Posté le 05-09-2019 à 23:57:28   

La pression à la baisse sur l'économie mondiale s'accumule


Li Xiangyang

Éditions populaires le 21/09/2013
Source: People's Daily
http://www.ccpph.com.cn/gj/201909/t20190903_264037.htm


Avec la récurrence de la courbe de rendement des marchés financiers américains, les préoccupations des investisseurs concernant la récession économique américaine et mondiale se sont accrues. L'expérience historique montre que la courbe de rendement est à l'envers dans la plupart des cas en période de récession. Les opposants estiment toutefois que la politique d'assouplissement quantitatif mise en œuvre par les banques centrales des pays développés après la crise financière internationale a déprimé les taux d'intérêt à long terme et que l'inverse de la courbe des rendements n'est plus un indicateur précoce de la récession économique. Malgré tout, la pression à la baisse sur l’économie mondiale s’accumule. Récemment, le Fonds monétaire international a ramené le taux de croissance économique mondiale à 3,2% cette année, son taux le plus bas depuis 10 ans.

Premièrement, depuis le déclenchement de la crise financière internationale, malgré la faible croissance économique des principaux pays développés, il n’ya pas eu de récession économique statistiquement significative. Poussé par les facteurs cycliques, le cycle de croissance de plus de 10 ans est difficile à poursuivre. Au cours de cette période, deux tendances importantes méritent notre attention.

Premièrement, la nouvelle révolution technologique qui soutient la croissance économique n’a pas joué un rôle de premier plan et les nouvelles industries fondées sur la nouvelle révolution technologique n’ont pas pris forme. La croissance économique mondiale bénéficie encore largement de la politique d'assouplissement quantitatif des grands pays.

Deuxièmement, le commerce international, moteur de la croissance économique mondiale, a progressivement perdu le rôle qui lui revient. Au cours de la plupart des dix dernières années, les taux de croissance du commerce ont été à peu près égaux, voire inférieurs, aux taux de croissance économique. Cela contraste nettement avec la tendance selon laquelle le taux de croissance du commerce d'après-guerre est deux à trois fois plus élevé que le taux de croissance économique. Le taux de croissance du commerce international a rebondi de 2017 à 2018, mais cette tendance a été interrompue à nouveau au premier semestre de 2019. Le taux de croissance des exportations mondiales ne devrait être que de 1,8% en 2019.

Deuxièmement, à court terme, la courbe des rendements est à l'envers, la surestimation des marchés boursiers dans les pays développés est grave et les États-Unis provoquent unilatéralement des frictions économiques et commerciales, etc., ce qui accélérera l'arrivée du point de retournement du cycle économique. La courbe de rendement à l'envers reflète les inquiétudes des investisseurs quant à l'avenir. Selon les estimations de Deutsche Bank, le marché obligataire mondial actuel compte près de 16 billions de dollars d'obligations proches de zéro, soit 27% des transactions obligataires mondiales. Dans le même temps, le Japon et la Banque centrale européenne ont maintenu des taux d’intérêt négatifs. Ce phénomène de prêteurs payant des emprunteurs fausse gravement le mécanisme de prix des marchés financiers. Bien que ce phénomène n’ait pas affecté le marché des obligations du Trésor américain, la Fed a récemment abaissé ses taux d’intérêt et il n’est pas impossible d’avoir un rendement négatif de la dette publique à l’avenir. En ce qui concerne le marché boursier dans les pays développés, les avantages des politiques de relance économique à long terme ont été mis en avant, tels que la politique de réduction des impôts du gouvernement américain. Dans ce contexte, les États-Unis ont unilatéralement provoqué l’impact considérable des frictions économiques et commerciales sur le marché financier.

En outre, la marge de manœuvre des grands pays développés pour la mise en œuvre de politiques de relance économique se réduit. Les taux d’intérêt à court terme du Japon et de la Banque centrale européenne sont actuellement négatifs, et les conséquences de l’assouplissement quantitatif n’ont pas encore été traitées. Dans le domaine de la politique budgétaire, selon le budget du Congrès américain, le déficit budgétaire du gouvernement fédéral Il dépassera le billion de dollars américains, bloqués inévitablement par des mesures telles que l'augmentation des dépenses publiques et la réduction des impôts. La difficulté de coordonner les politiques économiques.

Réduire les risques et les aléas du ralentissement économique mondial nécessite une coopération entre les grandes puissances plutôt qu'une priorité nationale et une stratégie de chacun pour soi.

(L'auteur est doyen de l'Institut de stratégie globale pour la région Asie-Pacifique de l'Académie chinoise des sciences sociales)

Quotidien du Peuple (03 septembre 2019, 17ème édition)

Rédacteur en chef: Wang Xiyuan
Xuan
   Posté le 02-10-2019 à 22:53:38   

Nouveau soubresaut du serpent de mer.


Le fait est que les signes avant-coureurs et les conditions d'une crise s'accumulent.
La guerre commerciale déclenchée par Trump ne trouve toujours pas d'issue et devient une guerre prolongée.
La subversion provoquée à Hong Kong y entraîne le ralentissement du commerce qui se répercute sur les bourses occidentales.
Le Brexit se prolonge sans trouver d'issue.
La guerre commerciale s'est étendue à l'Europe. Loin de s'atténuer elle s'aggrave.
Le cours de l'or a commencé à monter, les cours des bourses mondiales subissent des chutes à répétition.
Voir aussi ici
Les ralentissement US sont guettés comme l'huile sur le feu, comme l'indice manufacturier.

En France s'ajoute le nombre de transactions immobilières, dopé par les taux bas, qui atteint un record historique de 1 020 000 entre juillet 2018 et août 2019.
Ceci traduit un endettement des ménages. par rapport à leurs revenus, une évolution encouragée par les conditions de moins en moins strictes demandées par les banques, sur fond de vive concurrence dans le secteur. Les banques demandent ainsi aux ménages de verser moins d'argent au début, ce qui augmente mécaniquement la somme à rembourser par la suite. Quant aux durées élevées des remboursements, elles allègent les échéances mais elles augmentent aussi le risque d'un problème personnel sur une période aussi longue.

Certains économistes envisagent une crise financière dans les trois mois

_____________________


Un article tiré des crises

[RussEurope-en-Exil] Une (mini) crise de mauvais augure ? Par Jacques Sapir

Le marché du refinancement bancaire (REPO) à New York a connu, les mardi et mercredi 17 et 18 septembre, une crise courte mais violente. Cette crise est le signe de la grande fragilité des marchés interbancaires qui ne se sont, en réalité, jamais remis de la crise financière de 2008-2009. Le fait que le « gendarme des marchés », la Réserve Fédérale de New York (FRoNY), ait du intervenir massivement, sur ordre de la Réserve Fédérale, pour ramener le calme et empêcher un blocage complet des marchés de la liquidité bancaire – blocage qui aurait entrainé la faillite en quelques jours des banques dites « systémiques » – constitue un symptôme clair d’une situation où, sans l’action des Banques centrales, le système serait paralysé.
Cette crise est-elle l’annonce d’un nouvel effondrement financier ? Probablement pas dans l’immédiat, car les Banques Centrales ont appris à réagir vite. Mais, cette crise met en lumière l’extrême fragilité de l’ensemble de l’architecture financière internationale, et ce en dépit du renforcement des mesures prudentielles qui a été pris justement à la suite de la crise financière de 2008.


Au cœur du problème, la question du refinancement des banques


La question du refinancement des banques est cruciale pour le bon fonctionnement de l’économie. Sans un refinancement permanent, les banques se trouveraient rapidement à court de liquidités, et le crédit disparaitrait. Pourtant, les banques sont des institutions qui gèrent des masses d’argent colossales. Pourquoi, alors, ont-elles besoin de refinancement ?

La raison essentielle vient des délais de remboursement des crédits qu’elles consentent opposés aux délais relatifs aux emprunts qu’elles souscrivent. Il y a déjà longtemps que les banques n’opèrent plus avec leurs « fonds propres ». Elles empruntent, soit au public – et ce sont les dépôts à vue de la population et des entreprises – soit aux marchés financiers.
Ces derniers emprunts sont, en règle générale, à court terme alors que les actifs des banques, autrement dit les crédits qu’elles ont consentis, à la population, aux entreprises et aux Etats, sont à long terme. C’est ce que l’on appelle la transformation de dettes à court terme en actifs à long terme. Elles sont donc obligées de renouveler leurs emprunts régulièrement pour maintenir l’équilibre de leur bilan.
Cette question, il faut le souligner, n’a rien à voir avec la solvabilité des banques. Une banque peut être solvable (avoir un bilan équilibré et se trouver, à un moment donné en situation de manque de liquidité autrement dit que ses actifs immédiatement liquides soient inférieurs aux remboursements qu’elle doit faire dans l’immédiat. Si les banques étaient isolées, si elles devaient travailler sans l’appui de la Banque Centrale ni celui du marché interbancaire, les activités de crédits seraient bien plus réduites qu’elles ne le sont. C’est pourquoi, dès le XIXème siècle, le principe que veut que la Banque Centrale soit un « préteur en dernier ressort » s’est imposé. C’est aussi pour que les banques puissent faire face à leurs à-coups de liquidités que les gouvernements ont cherché à développer le marché interbancaire (et ne France, cela a pris, entre autres, la forme de la loi de 1973[1]). On comprend l’importance cruciale du marché de la liquidité bancaire. Pour gérer les situations d’excès ou de pénurie de liquidité, les banques peuvent, alors, s’adresser à deux compartiments du marché à Wall Street :

Elles peuvent emprunter au jour le jour auprès de la Banque Centrale , en mettant en « pension » certains de leurs actifs, comme des bons du Trésor. Cela correspond à ce que l’on appelle en anglais le overnight bank funding rate (OBFR) ou taux de financement bancaire au jour le jour. Ce taux est une mesure des coûts de financement bancaire globaux, non garantis, au jour le jour. Il est calculé à l’aide des transactions en fonds fédéraux, de certaines transactions en euros et de certaines transactions en dépôts domestiques.
Le marché des fonds fédéraux comprend les emprunts intérieurs, non garantis, en dollars américains par les établissements de dépôt auprès d’autres institutions de dépôt et certaines autres entités, principalement des entreprises parrainées par le gouvernement.

Elles peuvent aussi avoir recours au « REPO ». Il s’agit d’un instrument de financement sécurisé pour les banques par le biais de contrats de banques à banques. Il est rapidement devenu incontournable. Un établissement vend des actifs – par exemple des obligations d’Etat françaises ou américaines ou toute autre obligation – à un autre établissement et s’engage à les lui racheter à une date donnée et à un prix fixé à l’avance. Il obtient donc de la liquidité, moins un « discount » de 10% qui correspond à l’assurance prélevée par le second établissement. Au bout de 24h ou plus, suivant les termes du contrat, il rend l’argent emprunté à l’autre établissement, plus un taux d’intérêt de 1%, et en contrepartie il récupère ses titres. S’il ne dispose pas des fonds nécessaires pour procéder au rachat au terme du contrat, l’autre établissement reste propriétaire des titres apportés en garantie de l’opération et peut les revendre. Dans ce que l’on appelle des « REPO » tripartites, un « agent » intervient entre les banques et s’assure que la valeur des actifs suffit à garantir le montant qui a été prêté tout au long de la transaction. Les « REPO » reposent donc sur des contrats entre deux personnes morales (les banques). A New York, c’est la Réserve Fédérale de New York (FRoNY) qui tient les comptes, au jour le jour, de ces contrats.


Graphique 1

Schéma de fonctionnement d’un REPO





Le marché des « REPO »

Le marché des « REPO » représente donc un élément clef du refinancement des établissements financiers. Avec un volume annuel de 2 à 4,5 trillions (mille milliards) de dollars, on comprend son importance. Le fait que la base de ce marché soit constituée par des obligations, bons du Trésor de l’Etat américain, titres émis par des agences fédérales et par des entreprises d’Etat (et oui, il y a des entreprises publiques aux Etats-Unis), voire des obligations d’entreprises (notées AAA) assure – en théorie – que ce marché soit sûr du fait de la colatéralisation des emprunts. Outre le fait de permettre à des établissements financiers d’obtenir de la liquidité à court terme, le marché des « REPO » permet aussi une diversification des actifs détenus.

Pourtant, on peut constater que ce marché ne s’est jamais réellement remis de la crise de 2008. Le montant des transactions était à l’époque d’environ 4,5 trillions de dollars par an. Il est tombé, en 2016 et 2017 aux alentours de 2,5 trillions, soit une baisse de -45%.



Graphique 2



Source : FRoNY

La crise du mardi 17 et du mercredi 18 septembre, crise qui s’est prolongée le jeudi 19 et le vendredi 20 septembre, est donc survenue sur le marché des « REPO ». Elle a, par la suite, contaminée le marché des « OBFR ».

Compte tenu de l’importance cruciale du marché des « REPO », elle a provoqué un véritable choc pour les marchés financiers et un avertissement important pour les établissements financiers.



Les faits


Dans la journée de mardi, les volumes demandés (le « total submited volume » dans le graphique 3) ont excédé les volumes acceptés d’habitude dans le cadre des contrats entre banques par une marge très importante. L’importance soudaine des demandes de liquidité a donc fait flamber les taux des opérations de « REPO » qui sont, de manière normale, compris entre 1% et 2%. Ces derniers sont alors montés à près de 10 %, ce qui constitue l’un de leurs plus hauts taux historiques, après avoir déjà grimpé à 6 % lundi. Il y avait donc un danger immédiat que les banques se retrouvent en situation d’illiquidité, autrement dit qu’elles soient dans l’incapacité d’honorer leur signature. Or, ceci aurait provoqué la mise en faillite des grands établissements bancaires avec toutes les conséquences que l’on imagine.



Graphique 3

La crise des 17 au 20 septembre



Source : FRoNY

Il faut rappeler que les « REPO » constituent un véritable lubrifiant dans les rouages des marchés financiers. Les opérations de « REPO » permettent aux banques de trouver la liquidité nécessaire à leur activité rapidement et à un coût abordable. Le taux d’intérêt est en principe calé sur le taux des fonds fédéraux, taux qui sont pilotés par la Réserve Fédérale.

La crise vient donc de l’accroissement énorme des besoins en « REPO ». On le voit sur le graphique 3, alors que les jours précédents les besoins étaient compris entre 2 et 12 milliards, ils ont bondi, le mardi, à plus de 55 milliards et ils ont atteint près de 100 milliards le mercredi. Ces volumes, s’ils s’étaient maintenus, auraient impliqué un montant annuel de 13 à 25 trillions de dollars… On a avancé que ces besoins en liquidités venaient de la nécessité pour les banques de payer leurs impôts. Cette hypothèse, possible, est cependant très incomplète. On a ajouté la crise de liquidité en Arabie Saoudite suite à la destruction de l’oléoduc par lequel passent environ 50% des exportations de pétrole brut. C’est aussi une explication possible. Mais, ces explications montrent surtout qu’il suffit d’un « accident », de fait mineur, pour perturber complètement le marché. Le mardi, et les jours suivants, les montants demandés (le besoin de liquidité ont excédé les montants offerts. Le risque d’une crise généralisée de liquidité des banques était donc bien réel.


La FRoNY, la Réserve Fédérale de New York, a donc injecté le mardi 17 septembre 53 milliards de dollars dans le système financier puis 75 milliards le mercredi. C’est cette branche régionale de la Réserve fédérale américaine qui gère les opérations sur les marchés à Wall Street. C’est donc elle qui a dû réagir, et réagir vite, pour enrayer un phénomène dont les conséquences – un blocage général du marché monétaire – aurait pu être cataclysmiques.

L’intervention de la FRoNY s’est aussi faite sentir sur les taux d’intérêts du financement bancaire au jour le jour (OBFR). Alors que le taux d’intérêt sur les opérations OBFR avait brutalement monté, l’intervention de la FRoNY a provoqué sa baisse immédiate (graphique 4).

Graphique 4



Source : FRoNY

Le taux, en effet et comme on peut le voir dans le graphique, était stable à 2,1%, il est brutalement monté à 2,25% le 17 septembre avant de retomber, du fait de l’intervention de la FRoNY à 1,85% le 19 septembre. La baisse a été plus importante que la hausse. Elle est de -12% par rapport au niveau d’avant la crise et de 17,8 par rapport au niveau maximal atteint pendant la crise.



L’annonce de la crise à venir ?


Une crise de liquidité, répétons le, est la pire menace pour les banques. En effet, même si elles sont solvables, elles peuvent être emportées par une crise de liquidité en 2 ou 3 jours. Et l’on se rappelle de spectaculaire faillite de le Bear Stearns en 2008, qui s’était produite le 17 mars et qui avait été le coup de semonce avant la crise des « subprimes » et la faillite de Lehman Brothers.

Les analogies sont tentantes ; ce sont elles qui ont engendré l’inquiétude des spécialistes, mais elles ne sont pas nécessairement justifiées, du moins à court terme. L’activisme des Banques centrales, leur capacité à mettre sur le marché d’énormes volumes de liquidités, nous prémunit – à court terme, il convient de le répéter – d’une nouvelle crise financière. Mais, et ce point est essentiel, les événements de la semaine dernière montrent que les marchés ne peuvent survivre sans une action quasi-quotidienne de ces mêmes Banques Centrales. De fait, il n’y a plus de « marché » interbancaire car les transactions y seraient impossibles sans le soutien constant des Banques Centrales. Nous sommes ici de retour, sans le dire, dans la finance administrée. Or, ce marché interbancaire est la matrice de tous les autres marchés. Pourquoi n’a-t-il pas fonctionné les mardi et mercredi 17 et 18 septembre, autrement dit pourquoi l’offre de liquidité ne s’est-elle pas alignée sur la demande ? Plusieurs hypothèses sont possibles.

La première est, naturellement, que les banques « créditrices » sur le marché des « REPO » n’avaient pas les liquidités nécessaires. Ce fut certainement vrai techniquement mais le débouclage de la crise montre qu’elles ont fini par trouver ces liquidités, avec l’aide de la Banque Centrale il est vrai. Cela renverrait, alors, à une hypothèse de sous-liquidité structurelle du marché des « REPO ». Mais pourquoi ?

Cela conduit à la seconde hypothèse. Les banques n’ont que peu confiance dans les titres qu’elles s’échangent sur ce marché. Or, il s’agit – pour l’essentiel – de bons du Trésor. Ce manque de confiance dans les produits utilisés pour faire fonctionner le marché des « REPO » peut alors traduire une méfiance généralisée envers les obligations et la crainte que ne survienne, de manière inopinée, un « krach obligataire » . Il est vrai qu’entre spécialistes, on en parle beaucoup…

Une troisième hypothèse est possible. Les banques qui ont de la liquidité veulent la conserver à tout prix. Cela expliquerait, alors, pourquoi un « accident » prévisible (le paiement des impôts aux Etats-Unis) ou inopiné (une demande de liquidités de l’Arabie Saoudite) a pu provoquer cet à-coup sur le marché des « REPO ». Le chiffre de 55 milliards de dollars est, effectivement, largement supérieur aux montants antérieurement demandés. On serait alors dans une situation où les banques et les sociétés financières cherchent à se procurer de la « liquidité de marché » pour ne pas entamer leurs propres actifs liquides. Une telle situation correspondrait à la « trappe à liquidité » dont parle Keynes dans la Théorie Générale. L’incertitude latente sur le marché est tellement élevée que les agents financiers sont très réticents à se dessaisir de la liquidité qu’ils détiennent. Ils préfèrent, alors, utiliser différentes méthodes pour se procurer cette liquidité, quitte à accepter un coût supplémentaire, plutôt que de toucher aux réserves de liquidités qu’ils possèdent, s’ils en possèdent.
Ces hypothèses font émerger, alors une méta-hypothèse qui pourrait donner tout son sens à la crise de la semaine dernière. L’incertitude et la méfiance, héritées de la crise de 2008-2009, n’ont en fait jamais disparu. Les marchés financiers ne cessent de regarder par-dessus leur épaule pour voir si une nouvelle crise n’est pas en train de survenir. Cette inquiétude et cette méfiance traduisent le fait que les activités financières, de plus en plus déconnectées de l’économie « réelle », sont en réalité de moins en moins légitimes. Que le marché des « REPO » ne puisse plus fonctionner de manière autonome en dit donc long sur l’état du système financier en général, un système devenu désormais complètement dépendant de l’action des Banques Centrales. Or, chacune des actions prises par ces Banques Centrales pour stabiliser la situation ne fait, à terme, qu’aggraver l’inquiétude et la méfiance. Nous sommes ainsi un peu dans la situation d’un cycliste obligé d’accélérer pour ne pas tomber mais qui, au fur et à mesure que sa vitesse augment, découvre qu’il y a un jeu important dans sa direction…

Cela, en retour, pose aussi le problème du statut des Banques Centrales. Leur « indépendance » fut théorisée au nom d’une efficience des marchés et de la crainte de l’inflation[2]. Cette « indépendance » avait théoriquement pour but d’assurer l’efficacité des interventions des Banques Centrales. Or, désormais, les marchés sont devenus dépendants des Banques Centrales, on l’a vu avec le marché des « REPO » mais cela s’applique aussi aux marchés des actions, tout comme ces dernières sont – de part leur bilan qui contient désormais un volume important de titres – devenues dépendantes en réalités des marchés. L’indépendance des Banques Centrales empêche ces dernières d’avoir justement cette position d’extériorité face aux marchés qui est pourtant nécessaire à leur action. Au-delà, quand des institutions comme les Banques Centrales ont un tel impact sur l’activité économique et sont à ce point nécessaire au fonctionnement au jour le jour de l’économie, est-il normal qu’elles soient dites « indépendantes » ? Ne devraient-elles pas être directement intégrées dans les processus gouvernementaux pour être mises sous le contrôle des citoyens ?


La mini-crise du mardi 17 septembre est donc un rappel nécessaire de la fragilité intrinsèque du système financier international et de la nécessité urgente de le réformer en redonnant aux Etats un plus grand contrôle sur les instruments qui permettent le fonctionnement des marchés.

[1]https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000334815&dateTexte=19931231

[2] Natixis, Flash Economie, n°1280, 24 septembre 2019.


___________________


Voir aussi https://leseconoclastes.fr/2019/09/marches-financiers-les-signes-de-la-degradation/vers une récessoin


Edité le 02-10-2019 à 23:07:24 par Xuan


Xuan
   Posté le 05-10-2019 à 09:51:34   

POINT HEBDO-La menace d'une récession se précise

REUTERS•04/10/2019 à 15:05

https://www.boursorama.com/bourse/actualites/point-hebdo-la-menace-d-une-recession-se-precise-2a213a13ac4c665275a8282cc1ac85d9

* Les signes d'un ralentissement de l'économie s'accumulent
* Le secteur manufacturier souffre, les services aussi
* Les tensions commerciales continuent de peser
* La volatilité grimpe sur les marchés d'actions
* Une nouvelle baisse de taux par la Fed anticipée

par Patrick Vignal
PARIS, 4 octobre (Reuters) - La crainte d'une récession généralisée qui pèse sur les marchés financiers depuis plus d'un an vient d'être alimentée par des signes concrets attestant d'une contagion des maux du secteur manufacturier à celui des services, relativement épargné jusqu'à présent.

Le conflit commercial entre les Etats-Unis et leurs principaux partenaires commerciaux, qui continue de jouer son rôle d'accélérateur de l'essoufflement de l'économie mondiale, menace ainsi clairement de précipiter la mort d'un cycle
économique particulièrement vieux.
L'inquiétude des intervenants de marché les conduit à anticiper désormais massivement une nouvelle baisse de taux par la Réserve fédérale à la fin du mois, alors qu'ils étaient encore très partagés il y a quelques jours.
La dernière vague d'alertes a commencé à déferler mardi avec la publication d'un indice ISM manufacturier traduisant une contraction de l'activité du secteur aux Etats-Unis en septembre. Cette annonce a précipité les indices boursiers dans le rouge et fait grimper la volatilité des deux côtés de l'Atlantique.
Le lendemain, mercredi, les investisseurs apprenaient que le secteur privé américain avait créé moins d'emploi qu'attendu en septembre et l'Organisation mondiale du commerce (OMC) autorisait Washington à appliquer des droits de douane sur 7,5 milliards de dollars d'importations de l'Union européenne par
an, une décision liée à la querelle sur les aides publiques accordées à Airbus.
Résultat : l'une des pires journées de l'année pour les Bourses européennes avec un notamment un repli de plus de 3% pour le CAC 40.

L'ÉCONOMIE DE LA ZONE EURO À L'ARRÊT

D'autres mauvaises nouvelles allaient suivre avec la publication, jeudi, des résultats des enquêtes réalisées par IHS Markit auprès des directeurs d'achat (PMI) montrant que le secteur privé de la zone euro avait calé le mois dernier.

"L'économie de la zone euro s'est arrêtée en septembre, les enquêtes PMI dressant le tableau le plus sombre depuis le début de la période d'expansion en cours, mi-2013", a commenté Chris Williamson, chef économiste d'IHS Markit. "Le ralentissement montre également des signes de propagation du secteur manufacturier vers celui des services."
Dans ce contexte, une récession technique, soit deux trimestres consécutifs de contraction du produit intérieur brut (PIB), paraît désormais inévitable pour l'Allemagne, première économie d'Europe, en première ligne dans la guerre commerciale en raison de sa forte dépendance à l'exportation de sa production industrielle.
Quelques heures plus tard, on apprenait que l'indice ISM évaluant l'activité des services aux Etats-Unis était tombé à son plus bas niveau depuis trois ans en septembre. Wall Street a d'abord baissé avant de se retourner à la hausse sur des
anticipations que l'accumulation des signes inquiétants conduise la Fed à annoncer une nouvelle baisse de taux lors de sa prochaine réunion
Si l'emploi résiste encore, comme en atteste le rapport mensuel publié vendredi par le département du Travail , les services, soutien essentiel de l'économie américaine, paraissent donc affectés à leur tour par le ralentissement qui a frappé en premier lieu l'industrie, ce qui n'est pas rassurant du tout, selon Phil Blancato, directeur général de Ladenburg Thalmann Asset Management à New York.
"Je suis plus préoccupé à ce stade que je ne l'ai jamais été depuis le début de l'année", a-t-il confié. "La question clé porte sur le moment à partir duquel la récession des entreprises aura un impact sur le consommateur, ce qui nous mènera à une récession complète".
Il faudrait encore parler, pour l'Europe, de l'interminable feuilleton du Brexit, avec la menace toujours présente d'un divorce sans accord entre Londres et Bruxelles, et aussi, pour les Etats-Unis, de la peur d'un assèchement du crédit que
viennent de raviver les tensions observées sur le marché interbancaire.
Pas vraiment de quoi se réjouir, donc, même si une embellie reste possible sur le front du commerce à quelques jours de la reprise des négociations entre Washington et Pékin.
Certains font valoir que les deux camps ont intérêt à une forme d'accord mais d'autres leur répondent que la lutte que se livrent les deux géants pour la suprématie mondiale n'est pas près de s'éteindre.

"BULL MARKET" PAS MORT ?
Autre élément d'espoir, tout au moins de soutien pour les actifs risqués, la promesse faite par les grandes banques centrales de rester accommodantes pour contrer le risque d'une entrée de l'économie mondiale en récession.
"La mise en place de politiques monétaires plus souples est l'une des principales raisons pour lesquelles le risque d'une récession mondiale à court terme nous paraît limité", écrit Jean Boivin, responsable mondial de la recherche pour le BlackRock Investment Institute, dans une note étonnamment optimiste
publiée juste avant les résultats des dernières enquêtes sur l'activité des services aux Etats-Unis.
"Des conditions de financement plus accommodantes devraient selon nous réduire la probabilité que la faiblesse du secteur industriel global se traduise par un ralentissement plus marqué de l'économie", ajoute l'expert du numéro un mondial de la gestion d'actifs. "Nous prévoyons une reprise de la croissance
mondiale au cours des six à 12 prochains moins, à mesure que les politiques de relance vont se répercuter sur l'économie mondiale", ajoute-t-il.
Les stratèges de Citi partagent son point de vue et pensent que les banques centrales continueront à porter les actions, notamment aux Etats-Unis, où l'actuel mouvement de hausse ("bull market"), qui dure depuis dix ans, est selon eux, "vieux mais pas mort".
S'ils reconnaissent que la menace d'une récession est le principal risque pesant sur les marchés, ils n'en voient pas moins les actions mondiales progresser encore de 9% d'ici à fin 2020.
D'autres considèrent que les largesses des instituts d'émission ont atteint leurs limites et qu'il est urgent que les politiques de relance budgétaire prennent leur relais.
Ils n'en écouteront pas moins attentivement les discours que doit prononcer lundi et mardi le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, et décortiqueront soigneusement les comptes rendus des réunions monétaires de septembre de la Fed, mercredi, puis de la Banque centrale européenne, jeudi.


(édité par Marc Angrand)
Xuan
   Posté le 21-10-2019 à 19:15:22   

"Les temps sont durs pour le secteur bancaire" écrit sans rire Claire Domenech.
Mais le fait est que la course au profit élimine les plus faibles.
Fin septembre, au moins dix banques européennes ont annoncé depuis le début de l'année la suppression de plus de 44.000 postes, confirmant "la passe très difficile" que traverse un secteur confronté aux taux d'intérêt bas et aux tensions politico-commerciales, selon le Figaro :


Société Générale
Le groupe français était l'un des premiers en 2015 à annoncer la refonte de son réseau de détail en France, face à la baisse de fréquentation des agences et au virage du numérique. Entre 2016 et 2020, Société Générale, qui emploie plus de 147.000 personnes, a programmé la suppression de 3450 postes.
Les 530 nouvelles suppressions de postes dans le réseau français, présentées vendredi aux syndicats, viennent s'ajouter aux 1600 suppressions dans le monde, dont environ 750 en France dans la banque de financement et d'investissement principalement, annoncées en avril.

Commerzbank
En crise depuis plusieurs années, la deuxième banque allemande a annoncé vendredi la suppression de 4300 emplois dans le monde et de 200 agences. Parallèlement, elle compte créer 2000 emplois. En 2016, elle annonçait déjà un plan de réduction de 9600 postes à l'horizon 2020 qui a déjà été bouclé.
Commerzbank, dont l'État allemand est actionnaire à hauteur de quelque 15%, entend également se séparer de sa lucrative filiale polonaise mBank. Cela pour financer sa transition vers le numérique et le recentrage de ses activités en l'Allemagne dans la banque de détail et auprès des petites entreprises.

Deutsche Bank
La première banque allemande a annoncé début juillet le plus grand plan de restructuration de son histoire avec la suppression de 18.000 emplois d'ici à 2022. L'an dernier, elle avait déjà supprimé 6000 postes.
Deutsche Bank, qui ne s'est jamais remis de la crise financière de 2008, compte désormais se concentrer sur l'Europe et l'Allemagne dans la banque de détail et des entreprises, dans ce plan considéré comme celui de la dernière chance.

HSBC
Le géant bancaire britannique HSBC a annoncé début août le départ surprise de son patron John Flint, moins de deux ans après son arrivée, et la suppression de 4000 emplois.
HSBC, établie à Londres mais active à travers le monde et surtout en Asie, est très vulnérable à la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis. Autre défi de taille: le Brexit et le caractère «hautement incertain» de la nature et de l'impact de la sortie de l'UE.
En France, le groupe a entamé un «examen stratégique de ses activités de détail» sans donner plus de précisions mais «des économies opérationnelles» sont à attendre, selon une source interne.

Barclays
Après plusieurs années de résultats en dents de scie, la banque britannique, minée par des litiges aux États-Unis et dans son pays, est revenue dans le vert en 2018. Début août, la banque a indiqué avoir supprimé 3000 postes lors du deuxième trimestre 2019 et vouloir augmenter la réduction de ses coûts.

BNP Paribas
Fin août, la première banque française a confirmé envisager la suppression d'environ 20% des effectifs de sa filiale de conservation de titres en France, soit une réduction de 446 à 546 postes d'ici à 2021.
En mars, BNP Paribas Fortis, sa filiale belge, avait confirmé réduire de 40% son nombre d'agences et supprimer quelque 2200 emplois d'ici trois ans. En Italie, la banque a lancé cet été un plan de départs anticipés à la retraite, réduisant ses effectifs de 1500 postes à horizon 20201.

Santander
La banque espagnole a annoncé en juin la suppression de 10% de ses effectifs en Espagne, soit 3200 emplois. Cette restructuration est la conséquence de l'absorption en 2017 de sa rivale Banco Popular.
Au début de l'année, la première banque de la zone euro par la capitalisation boursière avait annoncé la réduction de son réseau au Royaume-Uni, entraînant la suppression de 1270 emplois.

CaixaBank
La troisième banque espagnole CaixaBank a négocié avec les syndicats un plan de départs volontaires prévoyant la suppression de plus de 2000 postes d'ici à la fin 2020.

Et aussi...
Le bancassureur belge KBC compte supprimer 1400 emplois en Belgique d'ici à 2022 afin d'améliorer son «efficacité opérationnelle».
La banque régionale allemande HSH Nordbank compte supprimer 700 emplois sur un total de 1700, une mesure intervenant peu de temps après son rachat par des investisseurs privés.

chiffres à réactualiser. Par exemple HSBC supprime 10.000 emplois supplémentaires :
« Nous savons depuis des années que nous devons faire quelque chose au sujet de nos coûts de fonctionnement, dont la composante la plus importante concerne les employés » , a déclaré une source anonyme citée par le Financial Times. « Il y a une modélisation très difficile en cours. On se demande pourquoi nous avons autant de gens en Europe alors que nous avons des rendements à deux chiffres dans certaines parties de l’Asie. »
Il n'empêche que son bénéfice net publié au premier semestre 2019 a augmenté de 18,6 % par rapport à l’année précédente pour s’établir à 8,5 milliards de dollars.




_____________________


UN TIERS DES BANQUES POURRAIENT FERMER EN CAS DE CRISE FINANCIÈRE


https://www.capital.fr/entreprises-marches/un-tiers-des-banques-pourraient-fermer-en-cas-de-crise-financiere-1353271

CLAIRE DOMENECH PUBLIÉ LE 21/10/2019

Une étude réalisée par le cabinet de conseil McKinsey révèle qu'en cas de retournement de conjoncture, une banque sur trois pourrait mettre la clé sous la porte.
Les temps sont durs pour le secteur bancaire. Selon une étude de McKinsey, relayée par Les Échos, 354 banques seraient en grande difficulté. Des établissements majoritairement situés en Europe de l'Ouest et en Asie. Ainsi, une banque sur trois présenterait une rentabilité anormalement faible, qui pourrait lui être fatale notamment en cas de ralentissement de la croissance.

"Ce qui peut rendre particulièrement alarmiste, au-delà des enjeux industriels et stratégiques déjà connus pour les banques, c'est le ralentissement de la croissance. On pourrait arriver en bout de cycle" , s'inquiète Sébastien Lacroix, senior partner chargé du secteur financier chez McKinsey.

Dans l'étude que doit publier le cabinet de conseil mardi 22 octobre, 35 % des 1.000 banques passées au crible dégagent une rentabilité moyenne d'à peine 1,6 %. Pire, 80% d'entre elles détruisent de la valeur au lieu d'en créer. Le signe que la rentabilité des fonds propres est inférieure à leur coût moyen. Certains experts s'interrogent donc de l'utilité de certains établissements bancaires. Une situation qui ne devrait pas s'arranger avec des prévisions de croissance revues à la baisse. Le Fonds monétaire international ne prévoit qu'une hausse de 3% du PIB mondial.

L'heure des choix
Plusieurs milliers de postes ont d'ailleurs été supprimés ces dernières années dans le secteur bancaire. Comme le rappellent Les Échos, 600.000 emplois ont disparu entre 2008 et 2018, rien que dans l'Union européenne. Objectif pour les banques : améliorer leur rentabilité. Selon Sébastien Lacroix, pour s'en sortir, les établissements vont devoir "choisir leurs batailles".

"Les banques doivent désormais se concentrer sur leur cœur de métier, sachant que ce cœur de métier va fortement varier d'une banque à l'autre : il peut s'agir d'une focalisation en termes de segmentation de clientèle, de géographie ou même de métiers."

Un choix que certaines ont déjà fait. La Société Générale et la BNP Paribas ont par exemple déjà décidé d'abandonner leurs activités de trading. La Deutsche Bank a quant à elle mis de côté son ambition de conquérir les marchés action outre-Atlantique. Par ailleurs, HSBC pourrait très prochainement annoncer renoncer au marché de détail en France.


Edité le 21-10-2019 à 20:07:49 par Xuan


Xuan
   Posté le 31-10-2019 à 23:48:11   

Sputnik publie un article sur le risque de crise aux USA.
Cet article n'est pas vraiment déterminant, mais les indications qu'il donne peuvent servir ultérieurement. En attendant les Bourses sont au plus haut.




Les 12 signes indiquant que la récession économique est imminente aux États-Unis



© AFP 2019 KAREN BLEIER
20:00 15.08.2019
Par Vestifinance.ru

La longue guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine - les deux plus grandes économies du monde - et la détérioration des prévisions de croissance économique mondiale inquiètent les investisseurs qui pensent que l'ère du leadership américain touche à sa fin.
La guerre commerciale américano-chinoise a entraîné une nouvelle récession économique aux États-Unis, estiment les économistes interrogés par l'agence de presse Reuters. Ils prédisent également que la Réserve fédérale (Fed) réduira de nouveau son taux directeur en septembre, puis l'an prochain, écrit le site d'information Vestifinance.
Les économistes de Morgan Stanley pensent que la guerre commerciale a sapé la confiance des investisseurs, c'est pourquoi ils ont revu à la baisse leurs prévisions de croissance économique mondiale.
D'après les prévisions de Morgan Stanley, si les USA augmentaient les taxes sur tous les produits importés de Chine jusqu'à 25% d'ici 4 à 6 mois et que la Chine prenait des contremesures, l'économie américaine entrerait en récession.
Les analystes pointent 12 signes d'une récession imminente de l'économie américaine.

• Le rendement des obligations
A l'issue de la journée de mercredi les indices boursiers américains avaient perdu 3% en moyenne. Après une courte pause, les marchés mondiaux ont de nouveau plongé. La situation fait vraiment penser à l'effondrement de l'an dernier.
L'exode des investisseurs vers les actifs sûrs a inversé la courbe du rendement des obligations américaines. Autrement dit, les taux à court terme sont supérieurs aux taux à long terme. Depuis plus de 50 ans, cet indicateur présage une récession prochaine.

• Le chômage
Le taux de chômage et le nombre de demandes primaires de chômage augmentaient juste avant ou dans les premiers jours des deux dernières récessions, avant que recommence une croissance soudaine. Actuellement, le taux de chômage aux États-Unis est à son minimum depuis 50 ans.
Néanmoins, les économistes avertissent de la nécessité de suivre attentivement le taux de chômage aux États-Unis pour capter en temps utile les signaux de détérioration de la situation au vu de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, qui a sapé les pronostics de croissance économique et la situation sur les marchés financiers. Ce qui a entraîné à son tour une détérioration de la situation sur le marché du travail.

• L'écart de production
L'écart de production est la différence entre le volume de la production réelle et potentielle. Cet indicateur est utilisé pour évaluer l'état de l'économie.
S'il est positif, comme aujourd'hui, cela montre que l'économie fonctionne au-delà de son potentiel.
En règle générale, l'économie fonctionne bien en-dessous du potentiel à la fin d'une récession et augmente significativement au-dessus du potentiel vers la fin d'une période de croissance.
Cependant, cet indicateur peut rester positif pendant de nombreuses années avant le début d'une récession.

• La confiance des consommateurs
La demande de consommation est une locomotive importante de l'économie américaine. Historiquement, la confiance des consommateurs diminue en période de déclin économique. A l'heure actuelle, la confiance des consommateurs est au plus haut niveau.

• La bourse
La chute des marchés boursiers pourrait être un signal de l'approche ou du début d'une récession. Une telle baisse avait été observée à la veille des récessions de 2001 et de 2008. La récente baisse des actions américaines a suscité des craintes d'une récession imminente parmi les investisseurs.

• Le baromètre Boom-Bust
Le baromètre Boom-Bust élaboré par Edward Yardeni mesure les prix spot sur les marchandises industrielles comme le cuivre, l'acier et le plomb, et les divise par les demandes primaires d'allocations chômage. A la veille des deux dernières récessions, cet indicateur avait diminué. Il baisse progressivement depuis avril.

• Le marché du logement
En général, le nombre de demandes de permis de construire baissent à l'approche de récessions. Aux États-Unis, le nombre de constructions de nouveaux logements a diminué pour le deuxième mois consécutif en juin, et le nombre de permis de construire délivrés a atteint son minimum depuis deux ans.
Cela montre que le marché du logement continue d'éprouver des difficultés malgré les taux d'intérêt bas pour l'immobilier.

• La production industrielle
Étant donné que le secteur industriel ne joue plus, pour l'économie américaine, un rôle aussi important que par le passé, l'indice industriel établi par les économistes de l'Institute for Supply Management, qui était utilisé en tant qu'indice de croissance du PIB américain, n'a plus la même signification qu'avant.
Néanmoins, il convient tout de même d'y prêter attention, notamment quand on sait qu'il est resté inférieur à 50 pendant une période relativement longue.
Comme l'indique l'ISM, l'indice d'activité des entreprises nationales a baissé jusqu'à 51,2 en juillet, son minimum depuis août 2016.
Par ailleurs, l'indicateur de l'activité industrielle a diminué jusqu'à son minimum depuis trois ans en juillet également.
Les économistes pensent que cela résulte de l'adoption de taxes sur les importations chinoises, et constitue une réaction aux contremesures chinoises.

• Les revenus
Les revenus des compagnies du S&P 500 avaient diminué à la veille des récessions précédentes. Selon les estimations, les revenus des compagnies du S&P 500 baissent actuellement, mais les compagnies s'attendent à une croissance au cours de l'année.

• L'écart du taux actuariel
La différence entre le rendement des obligations à haut rendement et gouvernementales avait augmenté à la veille de la récession de 2007-2009.

• Le transport naval de fret
L'indice Cass Freight Index de l'état du secteur du transport naval, déterminé par la compagnie Cass Information Systems Inc, a affiché une baisse de 5,3% en juin par rapport à l'année précédente. L'indice diminue pour le septième mois consécutif.
Que cela résulte de la guerre commerciale ou non, cet indice pointe des problèmes dans l'économie.

• L'indice des tourment s
L'indice des tourments est un chiffre qui combine les taux de chômage et d'inflation.
En général, il augmente pendant la récession, et parfois à son approche. En 2019, cet indice a diminué aux États-Unis.
Xuan
   Posté le 04-11-2019 à 13:53:03   

Derrière les records de Wall Street, de plus en plus de signes de faiblesse


Le S&P 500 et le Nasdaq ont atteint de nouveaux sommets mais les marchés n'ont jamais été aussi partagés sur la poursuite du « rally » boursier. Près de la moitié de la hausse de 2019 s'explique par seulement cinq valeurs.

https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/derriere-les-records-de-wall-street-de-plus-en-plus-de-signes-de-faiblesse-1145012

Depuis le début de l'année, l'indice des 500 principales capitalisations de Wall Street a progressé de 22 %.

Par
Sophie Rolland

Mis à jour le 4 nov. 2019 à 8h57

Wall Street est au plus haut mais les investisseurs n'y croient plus. Les records continuent de tomber. Le S&P 500 et - pour la première fois depuis juillet - le Nasdaq ont terminé la semaine à de nouveaux sommets historique : respectivement 3.066,91 et 8.386,40 points en clôture, le 1er novembre. En tout, depuis le début de l'année, l'indice des 500 principales capitalisations de Wall Street a progressé de 23 % et le marché historiquement dédié aux valeurs technologiques a gagné 27 %. Des performances dignes des meilleures années boursières.

https://media.lesechos.com/api/v1/images/view/5dbfdac6d286c2540d5febd3/par_defaut/image.jpg

Mais cette envolée, à peine contrariée par la mini-tempête de cet été , laisse les opérateurs boursiers de plus en plus perplexes. En témoigne la baisse de l'indice de confiance des investisseurs de State Street. Très regardé, cet indicateur, qui prend en compte le positionnement effectif des opérateurs, est considéré comme une référence sur les marchés. Or, pour l'Amérique du Nord, il a baissé de plus de 4 points, à 67,6 points, le mois dernier. Même impression de flou du côté des 21 stratégistes de marché interrogés par Bloomberg, qui apparaissent particulièrement partagés sur la fin de l'année. Dix d'entre eux voient en effet le S&P 500 terminer 2019 sous les 3.000 points et onze misent sur une poursuite de la hausse et voient l'indice au-dessus des 3.000 points.

Soulagement sur l'emploi et la guerre commerciale

Les optimistes expliquent la dernière phase de hausse par le soulagement sur le front de la guerre commerciale. Les analystes, qui excellent à justifier les mouvements quotidiens, retiennent les chiffres meilleurs que prévu sur l'emploi américain et l'avancée des discussions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, en fin de semaine dernière. En outre, les résultats du troisième trimestre étant moins mauvais qu'attendu - trois quarts des sociétés du S&P 500 ont publié des bénéfices par action supérieurs aux estimations des analystes, selon Factset -, les investisseurs seraient rassurés sur la santé d'America Inc. Autre argument avancé : celui de la saisonnalité boursière. A Wall Street, le dernier trimestre est statistiquement meilleur que les autres, en termes de performance sur trois mois, observe notamment BofAML, qui recommande aux investisseurs de se positionner sur les valeurs avec des fondamentaux solides qui ont le plus « sous-performé » dans l'année.

Rien à voir avec une quelconque « exubérance irrationnelle » ! De fait, l'heure n'est vraiment pas à l'euphorie. La semaine dernière, la Réserve fédérale américaine a décidé d'une troisième baisse des taux mais elle a laissé entendre qu'il s'agirait du dernier des ajustements de mi-parcours pour cette année, ce qui aurait très bien pu être interprété comme un signal « hawkish » (restrictif) par les marchés. La croissance mondiale ralentit. Et, du côté des entreprises, si les surprises sont positives, c'est surtout parce que les attentes étaient très basses.

Récession des profits

Un peu plus de 70 % des entreprises américaines ont publié leurs résultats du troisième trimestre à ce jour. Si la récession des profits s'annonce moins certaine qu'aux premier et deuxième trimestres, les propos des chefs d'entreprise sont moins alarmistes, mais les bénéfices sont tout de même en très net ralentissement. Dernier exemple en date, vendredi, la major pétrolière ExxonMobil a gagné 3 % grâce à un bénéfice par action supérieur aux attentes, mais en publiant un bénéfice net du troisième trimestre réduit de moitié. Les dernières publications montrent en outre l'impact très net de la guerre commerciale sur les sociétés les plus exposées à l'international.

En réalité, la hausse de Wall Street apparaît de plus en plus fragile. Elle exclut la plupart des entreprises cotées sur le New York Stock Exchange. En dehors des stars du S&P 500, les cours sont toujours en retrait par rapport à leurs niveaux de l'été 2018. Le S&P Small Cap 600 et le Russell 2000 évoluent ainsi environ 11 % en dessous des sommets d'août 2018. En outre, une poignée de mastodontes expliquent une grande partie de la hausse. Sans Apple, Microsoft, Visa, MasterCard et Oracle, la hausse du S&P 500 n'aurait été que de 14 % sur les 10 premiers mois de l'année, selon Data Trek Research.
Xuan
   Posté le 29-01-2020 à 22:46:19   

Global Times publie un article sur les conditions d'une nouvelle crise (traduction automatique) :

Le monde capitaliste fait face à une crise systémique


Par Zhu Andong Source: Global Times Publié: 2020/1/29 11:20:54

https://www.globaltimes.cn/content/1177928.shtml



Au début de la troisième décennie du 21e siècle, la situation internationale est devenue tendue. Cependant, ce n'est qu'un nouveau développement de grands changements jamais vus depuis un siècle, et un autre symptôme qui se forme lorsque le système mondial capitaliste dans le modèle du néolibéralisme tombe dans une crise systématique.

Sans aucun doute, l'économie mondiale traverse une période historique particulière. L'économie mondiale est toujours dans l'ombre de la crise qui a éclaté il y a plus de 10 ans. La croissance économique est atone depuis longtemps, le niveau d'endettement reste élevé, les taux d'intérêt négatifs augmentent, l'écart entre les riches et les pauvres continue de se creuser.

Il y a 40 ans, face à la crise de «stagflation» de l'économie, les pays occidentaux ont choisi le néolibéralisme. En adoptant le néolibéralisme, le capital monopole financier usurpe progressivement le pouvoir politique, économique et culturel dans les pays capitalistes occidentaux. Le capital supprime les barrières sociales et facilite la production, l'échange, la distribution et la consommation, remodelant le monde conformément à sa nature. La dernière vague de crise financière et économique mondiale est un éclatement violent de cette contradiction.

En fait, la crise financière de 2008 a déclaré l'échec du néolibéralisme et a également fourni aux pays occidentaux une occasion historique d'ajuster leurs politiques en conséquence. Cependant, le capital financier s'est retiré de la crise au nom de la montée en puissance du marché avec des fonds publics. En conséquence, non seulement le capital financier n'a pas subi de revers, mais il s'est renforcé depuis la crise.

Dans ce processus, afin d'économiser du capital financier, le niveau de la dette nationale dans les pays occidentaux a fortement augmenté, ce qui a conduit à une augmentation de la moyenne de 30 points de pourcentage de la dette nationale dans le PIB de ces pays. Après cela, les États-Unis et d'autres pays ont pris de nouvelles baisses d'impôts pour stimuler l'économie, ce qui a aggravé la crise budgétaire.

Pendant ce temps, les pays occidentaux adoptent généralement des politiques monétaires extrêmement souples. D'une part, les taux d'intérêt sont rapidement ramenés à un niveau très bas. De l'autre, une énorme quantité de capital est injectée sur le marché par le biais de plusieurs cycles d'assouplissement monétaire. L'objectif de cette politique est de faciliter l'emprunt des entreprises et des ménages à un coût très faible, ce qui permet de stimuler l'investissement et la consommation. Cependant, en raison du ralentissement économique et des attentes pessimistes pour l'avenir, de nombreuses entreprises et familles tentent de réduire leur endettement et de réduire leur dette. Et la faible croissance de l'investissement et de la consommation entraîne une stagnation à long terme de l'économie.

Des politiques monétaires extrêmement souples ne parviennent pas à inverser le déclin de l’économie; ils stimulent plutôt l'expansion des bulles d'actifs. Selon les données fournies par Global Housing Watch, un site Web rattaché au Fonds monétaire international, mettant à part l'inflation, l'indice mondial des prix des logements a dépassé le point haut avant le précédent cycle de crise. Même dans les pays occidentaux où les prix des logements ne se sont pas entièrement rétablis en raison du ralentissement économique, les prix des logements dans certaines villes sont bien plus élevés qu'auparavant.

La situation en bourse est encore pire. Les indices boursiers de nombreux pays ont largement dépassé leurs sommets avant la crise. Les États-Unis sont les plus typiques avec leurs indices boursiers atteignant de nouveaux sommets ces dernières années.

Face à cette situation, les politiques macroéconomiques des pays occidentaux sont confrontées à un dilemme. Il y a peu de place pour des politiques expansionnistes, qui peuvent aggraver encore les bulles d'actifs, tandis que les politiques déflationnistes peuvent directement percer les bulles et conduire à des crises.

Ce qui aggrave les choses, c'est que la nouvelle richesse de nombreux pays afflue à grande échelle vers les riches et que l'écart entre riches et pauvres se creuse. De plus, il est difficile d'accepter que de nombreuses mesures de réforme dont la société occidentale a besoin de toute urgence pour lutter contre la spéculation financière et la fraude et atténuer les contradictions du nouveau libéralisme ne puissent être mises en œuvre en raison de la résistance du capital monopoliste.
La crise financière et économique des pays occidentaux se transforme progressivement en une grave crise sociale et politique. De plus, l'idéologie occidentale dominante, y compris le néolibéralisme, ne peut ni expliquer ni résoudre les contradictions systématiques et institutionnelles actuelles du capitalisme, et la crise culturelle devient de plus en plus intense.

L'auteur est doyen associé à l'École de marxisme de l'Université Tsinghua. opinion@globaltimes.com.cn
Xuan
   Posté le 19-03-2020 à 23:15:38   

Les économistes sont perplexes et s'attendent de nouveau au pire.
Malgré la baisse des taux à moins de 0,5 les bourses sont encore frileuses.
Selon Delamarche "on est déjà en récession" , Ceci dit il ne tient pas compte du rôle de la Chine dans la production et la consommation mondiales.


La RPC publie ci-dessous un article sur le risque de crise.
A noter plus bas une vidéo sur CGTN insistant sur le risque de crise.
:



https://www.globaltimes.cn/content/1183071.shtml
Le monde devrait se préparer à une nouvelle dépression économique américaine

Source: Global Times Publié: 2020/3/18 23:23:40


Ces derniers jours, l'administration Trump et la Réserve fédérale ont déployé une série de mesures d'urgence sans précédent visant à contenir les dommages économiques causés par le coronavirus. Mais le récent effondrement du marché indique qu'ils pourraient devoir faire plus et à un rythme plus rapide pour éviter qu'une récession presque certaine ne dégénère en dépression.

Les États-Unis sont probablement déjà entrés en récession, comme le montre la déroute des marchés boursiers. Si la panique des marchés s'intensifie et que la politique de la Fed ne parvient pas à la calmer, les actions américaines pourraient encore chuter, ce qui signifie que la crise boursière serait parallèle à la Grande Dépression de 1929.

Avec le krach boursier, les risques augmentent pour la consommation, la solvabilité des entreprises et l'emploi. Mais le vrai problème est que la performance du marché affecte non seulement les actionnaires mais aussi des millions de travailleurs participant au plan d'épargne-retraite 401 (k) du pays. Les craintes de l'impact du coronavirus sur l'économie peuvent inciter les gens à retirer de l'argent de leurs comptes 401 (k) pour éviter de voir leur épargne-retraite diminuer en raison de la volatilité du marché.

Certains conseillers financiers disent qu'un 401 (k) est un plan d'investissement à long terme et qu'il n'est pas nécessaire que les gens surveillent le marché boursier de près. C'est vrai. Le marché pourrait se remettre rapidement des effets à court terme du coronavirus en cas de récession, qui est généralement temporaire. Mais que se passe-t-il si l'effondrement du marché continue et déclenche une dépression, qui peut durer de nombreuses années et entraîner une grave récession?

Rien n'est impossible. La vitesse de chute des marchés boursiers au cours des dernières semaines est déjà pire que celle observée lors de la crise financière de 2008. Le Dow Jones Industrial Average a perdu 53 pour cent sur une période de 17 mois d'octobre 2007 à mars 2009. Cette fois-ci, le Dow Jones avait chuté de 28 pour cent par rapport au sommet du 13 février.

Le risque de dépression n'a pas été aussi grand depuis la Grande Dépression de 1929. Prévoyant une récession, certaines entreprises ont commencé à licencier du personnel, tandis que l'impact de la chute des marchés boursiers sur les plans 401 (k) des gens affectera probablement la consommation, alourdissant l'économie et entamant ainsi un cercle vicieux.

Le coronavirus présente un test auquel les États-Unis n'ont jamais fait face auparavant. Le gouvernement va certainement intensifier ses interventions sur le marché, ce qui pourrait être hors de portée même de la main du gouvernement.

Il est temps pour les gens de se préparer à une dépression potentielle, car personne ne sait quel type de chocs une nouvelle dépression américaine provoquerait dans le monde hautement mondialisé.

Publié dans: GT VOICE

______________________


Une interview de Ding Yifan, chercheur du Centre d'études du développement du Conseil des affaires d'État de Chine, au sujet de l'économie mondiale.
Vidéo


Edité le 19-03-2020 à 23:27:36 par Xuan


Plaristes
   Posté le 20-03-2020 à 11:49:38   

La bourse profite de la chut des actifs en bourse pour spéculer sur le marché des actions et du bitcoin !
Xuan
   Posté le 01-04-2020 à 23:51:10   

Coronavirus : des millions d’emplois détruits aux États-Unis, le pire à venir



https://www.lavoixdunord.fr/734626/article/2020-04-01/coronavirus-des-millions-d-emplois-detruits-aux-etats-unis-le-pire-venir

01/04/2020

La vague de chômage liée au nouveau coronavirus a commencé à gagner les États-Unis où les entreprises privées ont détruit 27.000 emplois le mois passé, mais les véritables effets du virus sur l’emploi se feront sentir en avril.
La pandémie de coronavirus, qui s’est étendue aux États-Unis au mois de mars, a mis un coup d’arrêt brutal à une activité économique américaine pourtant en forme.
Les entreprises de moins de 50 salariés ont supprimé 90 000 emplois en mars, dont plus des deux tiers dans les toutes petites entreprises, de moins de 20 salariés, selon l’enquête mensuelle de la firme de services aux entreprises ADP publiée mercredi.


Le transport et la construction très touchés
Les 27 000 emplois perdus en mars – la différence entre les destructions dans les petites entreprises et les créations dans les autres – représentent la chute la plus importante depuis avril 2009, alors que l’économie américaine tentait de surmonter la crise des subprimes.
Les mesures de confinement décrétées, à des degrés divers, par les États américains, ont obligé de très nombreuses entreprises à fermer leurs portes ou à drastiquement ralentir leur activité.
Le secteur du commerce et du transport a perdu 37 000 emplois, celui des loisirs et de l’hébergement a perdu 11 000 emplois. La construction a également souffert, avec 16 000 emplois supprimés. Mais cela pourrait n’être qu’un avant-goût puisque ces chiffres s’arrêtent au 12 mars, soit avant les mesures massives de confinement.

Déjà des millions de nouveaux chômeurs
En effet, au cours de la semaine du 15 au 21 mars, le nombre de chômeurs a explosé : +3,3 millions de nouveaux demandeurs d’allocations chômage. Un record historique.
Les chiffres pour la semaine du 22 au 29 mars seront publiés jeudi, et le taux de chômage du mois de mars est attendu vendredi. Il était tombé en février à son niveau le plus bas depuis 50 ans, 3,5 %, et pour mars, les analystes tablent sur 4 %.
Mais les demandes de chômage suggèrent que le taux de chômage « a peut-être déjà atteint un pic de 5,5 % » , a relevé l’ancienne présidente de la Fed, Janet Yellen, lundi lors d’une conférence organisée par la Brookings Institution.
Elle a toutefois précisé que le rapport attendu vendredi ne ferait pas état d’une telle hausse « car il est réalisé sur des données antérieures, mais le chômage augmentera sûrement beaucoup » .

« Plus forte augmentation » depuis 1945
Et pour avril, les experts d’Oxford Economics anticipent un chômage « aux alentours de 12 % » , avec des « pertes d’emplois (qui) pourraient dépasser les 20 millions » .
« Nous pensons que les États-Unis connaîtront (…) la plus forte augmentation du chômage depuis la Seconde Guerre mondiale » , ont-ils ajouté, et « les travailleurs les moins payés et les petites entreprises » paieront le plus lourd tribut.
Finimore
   Posté le 04-04-2020 à 07:35:54   

COVID-19 : déjà des bouleversements géopolitiques majeurs !

http://www.marxisme.fr/download/en_bref/COVID_19_deja_des_bouleversements_geopolitiques_majeurs.pdf

lu sur le site : http://www.marxisme.fr/
Xuan
   Posté le 04-04-2020 à 08:41:32   

Les marxistes-léninistes doivent cesser de s'enfermer dans des thèses erronées


Vincent Gouysse s'obstine à expliquer la réussite de la lutte contre le covid-19 en Chine par "l'exemplarité et ... l’intelligence de la bourgeoisie chinoise" , opposée à "l’incompétence criminelle de la nôtre" .

D'autres pays que la Chine ont obtenu de bons résultats dans la lutte contre le covid-19, mais la particularité de la Chine est qu'elle a subi l'épidémie la première et que, ramenées à l'ensemble de sa population, les conséquences ont été infimes.
D'autre part Xi Jinping a appelé à une "guerre populaire" et affirmé que la santé du peuple passait avant tout. Ce n'est pas une question d'exemplarité ou d'intelligence, mais un choix politique, opposé au choix de l'immunité collective

Inversement les pays impérialistes n'ont pas seulement fait preuve d'incompétence criminelle, ils ont fait le choix de l'immunité collective pour préserver les profits, jusqu'à ce que l'épidémie s'aggrave de façon incontrôlable.

Il y a chez V. Gouysse une "incompétence" politique à vouloir nier la nature socialiste de la Chine. Ceci le conduit à oublier les raisons politiques de l'incurie en France.
Ainsi la gestion des protections, la disparition des lits et des hôpitaux est bien due à la recherche du profit maximum et non à l'incompétence de l'Etat.
Nier la nature socialiste de la Chine, prétendre que c'est la bourgeoisie qui est à sa tête, conduit V. Gouysse dans une impasse.

D'autre part la situation actuelle est extrêmement inquiétante.
Nous savons que les partis communistes sont très faibles et surtout que leurs directions sont souvent encore aux mains des révisionnistes, quant aux ml, ils sont extrêmement faibles est divisés.
Les USA se trouvent dans une situation économique extrêmement grave, dont ils n'ont pas réussi à se sortir par al guerre économique contre la Chine.
La pandémie a provoqué un chômage massif et des désastres sanitaires, économiques et financiers.
La guerre financière et militaire simultanée contre la Chine est envisagée par nos camarades du PCC pour cette année et les deux suivantes.
Quelle sera la position des ml dans ce cas ? observer un conflit "inter-impérialiste" ou soutenir la Chine Populaire contre le nouvel Hitler ?
L'histoire de l'hitléro-trotskisme doit nous revenir en tête, nos camarades nepeuvent pas se trouver dans le camp de la bourgeoisie atlantiste, qui crache quotidiennement sur la Chine, comme le Monde.


Nous invitons les marxistes-léninistes à se questionner sans a priori sur ce sujet et à partir des faits, au lieu de s'enfermer dans des théories dogmatiques comme s'ils avaient enfilé un pantalon en béton.

Par exemple la thèse de l'exportation des capitaux "caractéristique de l'impérialisme" est une thèse léniniste, adaptée à l'époque de l'impérialisme triomphant, où seules les nations impérialistes pouvaient exporter leurs capitaux.
En cent ans les nations opprimées ont obtenu leur indépendance politique et elles luttent à présent pour leur indépendance économique.
Il leur est impossible de poursuivre un développement indépendant sur le plan technique, scientifique, commercial, etc. sans exporter des capitaux.
A présent l'exportation des capitaux n'est plus l'attribut exclusif de l'impérialisme. L'impérialisme existe toujours, mais il est dans sa phase de déclin et la thèse des IDE
comme "caractéristique de l'impérialisme" n'est plus adaptée à la réalité.

Nous invitons les marxistes-léninistes à étudier "la décision" :
… La "décision" de la quatrième session plénière du dix-neuvième comité central du Parti communiste chinois est un document programmatique historique sur la théorie de l'adhésion et du perfectionnement du système socialiste aux caractéristiques chinoises, de la modernisation du système de gouvernance nationale et de la capacité de gouverner le pays. La théorie de l'État de la théorie de la modernisation du système de gouvernance et de la capacité de gouvernance décrit ses principaux points forts pour le développement de la théorie de l'État dans la nouvelle ère sous dix aspects… »
…La doctrine de l'État est un contenu important du socialisme scientifique. Le noyau est la dictature du prolétariat. C'est le même système logique que la révolution violente. C'est aussi un tournant entre le marxisme et le révisionnisme… » .



Edité le 04-04-2020 à 08:59:39 par Xuan


Plaristes
   Posté le 06-04-2020 à 08:29:59   

Ce n'est pas tant l'exportation des capitaux le problème, mais les conséquences de l'exportation de ces capitaux....

Et jamais en étudiant "la décision", on a abordé les problèmes de l'africa town et autre...

Et je ne vois pas en quoi l'aide au tiers monde y change quelque chose. Cela ne retire pas la contradiction du jeu.


Edité le 06-04-2020 à 08:31:48 par Plaristes


Xuan
   Posté le 07-04-2020 à 08:43:36   

De quelle contradiction parles-tu ?
Quand la Chine envoie une aide médicale en Iran ou au Venezuela malgré le blocus, ça ne change rien ?
Pars des faits au lieu de rester dans des abstractions.
Plaristes
   Posté le 07-04-2020 à 09:27:59   

Le capitalisme est présent en chine.

Tu ne vaux pas mieux que ceux qui pense que la chine est purement impérialiste point barre.

Tu t’interdis, comme eux de penser la contradiction interne la chine.

Je parle des Africains présents à Guangzhou en tant qu'armée de réserve du capital importées. Clair symptôme d’impérialisme.


Impérialisme largement observable en Somalie, la chien a poussé la Somalie à la guerre, et a largement exproprié certains paysans de le terre qui n'avaient pas de titres de propriété.

Les deal que la Chine offre, sont plus avantageux que ceux de leur équivalents occidentaux, mais ça reste de l’impérialisme et la Somalie est le cas d'école le plus connu. La manière dont al chine se fourni en matière première qu'elle 'na pas sur son sol relève plus de la prédation "douce" que de la coopération.

Ce qui ne veut pas dire que la coopération n'existe pas.


Aujourd’hui nous ne vivons ni dans une ère contre révolutionnaire ni révolutionnaire nous sommes entre les deux......

Si vous êtes capable de cocnevoir cette contradiction vous êtes capable de concevoir ce qu'est la chine aujourd'hui... Il vous faudra cependant repenser ce que veut dire socialisme, dans le sens où chaque mode de production, chaque moment historique contient à la fois l'ancien et le suivant.
Xuan
   Posté le 07-04-2020 à 13:10:46   

Evidemment la production capitaliste existe en Chine, parallèlement à l'économie publique et sous la direction de l'Etat. Si tu lisais un minimum les sujets qui y sont consacrés ici ça t'éviterait de balancer des accusations gratuite "Tu ne vaux pas mieux" "Tu t’interdis, comme eux de penser la contradiction interne la chine" etc.
Ce genre de post ne fait que te décrédibiliser.

En ce qui concerne les Africains de Guangzhou, rien à voir avec une "armée de réserve du capital importées. Clair symptôme d’impérialisme." comme tu le prétends.
Ce sont pour l'essentiel des hommes d'affaire. Depuis les années 1990, des commerçants africains sont venus de plus en plus nombreux à Guangzhou pour s'enrichir. Certains ont créé leurs sociétés ou bureaux de représentation dans la ville. Ils exportent des produits chinois vers le marché africain ou travaillent comme intermédiaires entre des commerçants africains et des usines chinoises.
Ils ont formé autour de Dengfeng un "royaume" musulman avec des Ouïghours. La communauté est africaine, mais aussi arabe, turque et pakistanaise.
La criminalité et le trafic de drogue se sont développés, ce qui a conduit la police à davantage de sévérité à partir de 2014.
Selon le règlement du gouvernement du Guangdong, les quartiers dans lesquels le nombre d'étrangers dépasse les 200 doivent créer un centre de services pour faciliter leur vie et leur intégration. Les principes de tous ces centres: respect, services, intégration et harmonie.
La Chine n'est pas un pays d'immigration comme les pays impérialistes, ça n'exclut pas des rejets à caractère raciste inter communautaires, mais cette immigration ne s'est pas développée dans un contexte colonial de domination ou de guerre de libération.
Des étudiants africains sont aussi venus à Canton. Plus de cinquante mille en 2015 contre quinze mille au début des années 2000. La plupart financent leurs études sur place, les meilleurs touchent des bourses.

Quant aux matières premières, effectivement la Chine en importe, et après ? Par contre et contrairement à l'impérialisme, la Chine aide le développement et l'investissement en Afrique.


Edité le 07-04-2020 à 17:16:01 par Xuan


Xuan
   Posté le 07-04-2020 à 18:17:37   

Coronavirus : l'économie US engloutie ?




Une vidéo sur Boursorama met l'accent sur le risque de crise aux USA.


L'économiste Véronique Riches-Flores dresse un tableau apocalyptique de l'économie américaine qui s'est rapidement dégradée.
Elle précise que nous n'avons que le résultat de 2 semaines de confinement partiel.
L'économie US dysfonctionnait déjà dans une espèce de bulle, dont la fragilité se révèle de manière brutale.
La politique de Trump a fragilisé le socle social en détricotant l'Obama care, avec un faible taux d'équipement en lits d'hôpitaux.
Le plan de 3000 $ par couple avec un enfant plus 600 $ par semaine de chômage est largement insuffisant par rapport au coût des interventions chirurgicales aux USA, au surendettement des ménages, aux traites à honorer, au niveau des loyers qui a connu une inflation très supérieure à la hausse des revenus.
L'impossibilité de rembourser les crédits menace à son tour les banques américaines et elle prévoit une crise de l'immobilier.
La panique dans la gestion de la crise se répercute sur l'administration et la FED.

Les montants investis cumulent les 6000 milliards de dollars, somme jamais atteinte jusqu'ici, mais ça ne correspond qu'à 30 % de baisse du PNB soit l'ordre de grandeur du manque à produire actuel.
Les services sont à l'arrêt soit 80 % de l'économie, l'automobile...on pense encore que l'économie américaine est puissante mais c'est un château de cartes qui est en train de s'effondrer.
Elle est sous perfusion depuis la crise de 2008, elle l'était déjà dans les années 2000. Sans tous les soutiens dont elle a bénéficié, taux d'intérêt extrêmement bas, quasi nul actuellement, QE successifs, etc. on arrive à un résultat qui est négatif de facto sur toute la période. C'est une économie shootée depuis des années.
Pour redémarrer il ne suffit pas de rallonger la perfusion pour maintenir le malade en vie...cette économie était de plus en plus virtuelle. Quelle seront les réponses américaines?

Il y a 700 000 destructions de postes au mois de mars mais ceci ne correspond qu'à une partie de l'emploi. 10 millions d'américains se sont inscrits au chômage mais tous les chiffres ne sont pas établis. Mais surtout l'essentiel de l'emploi est dans les services, et dans de très petites unités de production, 70 % des entreprises font moins de 1 million de chiffre d'affaires, 70 % moins de 10 salariés, 50 % moins de 5 salariés...Ce sont beaucoup de petits entrepreneurs indépendants, de micro entreprises qui vont disparaître. Il faudra beaucoup de temps pour que ce tissu économique se reconstitue.
Elle y voit les éléments d'une crise bancaire même avec le soutien de la FED. Quelles pourraient être les offres de crédit pour des particuliers fragilisés ?
Xuan
   Posté le 28-04-2020 à 21:02:58   

Une vidéo assez instructive sur les mesures financières de l'UE et de la FED dans la situation de la pandémie https://www.youtube.com/watch?v=yZRWndp9cwc


Edité le 28-04-2020 à 21:05:46 par Xuan