Xuan |
![]() C'est naturellement une bonne chose que Khrouchtchev soit critiqué et Staline réhabilité. Le PCC et les ml l'ont fait dès les années 60. Le livre de Furr a été stigmatisé par les trotskistes, jusque sur la page wikipedia. Selon le premier texte mis en ligne par Plaristes, Staline aurait voulu "détacher" le parti de l'Etat et n'en faire qu'un organe d'agit'prop. Mais les preuves à l'appui ne sont pas des textes de Staline, plutôt des déclarations d'épigones ou de contemporains. Et Staline, comme tous les dirigeants communistes, n'était pas non plus omniscient. Quoi qu'il en soit il ne s'agit pas d'une réponse définitive sur la voie à suivre d'un état prolétarien. Comme les dirigeants chinois, les dirigeants soviétiques expérimentaient le socialisme, "traversant la rivière en tâtant les pierres" avec des méthodes adaptées à leur propre situation et à leurs propres difficultés. Les essais, les erreurs et les succès constituent des indications. D'après Furr la constitution soviétique n'a jamais été appliquée. Que peut-on en conclure par conséquent ? La politique des cent fleurs en Chine, les dérives et l'échec de la révolution culturelle (celle-ci n'opposait pas le parti à l'Etat mais un pouvoir parallèle au parti), la lutte contre la corruption aujourd'hui, ou encore le rôle dévolu à l'expression sur les réseaux sociaux, constituent autant de réponses à ces questions. Elles n'épuisent pas le sujet. Beaucoup plus prudent que les spéculations de Plaristes, Grover Furr écrit ceci dans sa conclusion : "Quelle forme peut prendre la "démocratie" dans une société socialiste avec le but d'aller vers une société sans classes ? Est-ce que la mise en oeuvre de la constitution de 1936 envisagée par Staline aurait servi à la fois pour démocratiser l'Union soviétique et pour redonner au Parti bolchevique son rôle original, en tant qu'organisation de véritables révolutionnaires dont le travail principal était de mener le pays vers le communisme ? Ou alors, ce modèle comportait-il déjà de nombreux concepts bourgeois de la démocratie capitaliste qui aurait pu accélérer, plutôt qu'empêcher, l'évolution de l'URSS vers le capitalisme ? Quel est le rôle approprié d'un parti communiste dans une telle société ? Quelles sont les formes spécifiques de direction politique qui sont compatibles avec la responsabilisation démocratique de la classe ouvrière ? Quelle forme de direction politique (et économique) est en contradiction avec ces buts ? Une fois que nous avançons l'idée que des élections et un gouvernement "représentatif" sont suffisants pour que l'État exprime les intérêts des ouvriers et des paysans, il s'ensuit que la constitution 1936, même si elle avait été mise en application, n'aurait pas mieux réalisé cette tâche. Ceci pourrait suggérer que la "solution" ne soit pas de rendre l'État plus fort et le parti plus faible – comme semblent le penser Staline et Béria. Les marxistes pensent que l'État est dominé par une classe ou par une autre. Ainsi, si une nouvelle classe émerge de la strate supérieure du parti, ou de n'importe quelle autre partie de la société, elle régnera, et changera l'essence de l'État pour rendre sa domination plus efficace. Ceci suggère en fait que la distinction entre parti et état est artificielle et trompeuse, et devrait être éliminée". Le terme "bureaucratisme /bureaucratie," pose un autre genre de problème et en cache d'autres. Je propose que les deux questions ci-dessus – démocratie et rôle du parti – nous engagent d'une manière plus fructueuse et plus matérialiste, à réfléchir au problème du rapport entre la partie organisée et politiquement consciente et la partie moins organisée et moins politiquement consciente, mais économiquement productive de la population d'une société socialiste ou communiste. Les bolcheviks en général et Staline ont spécifiquement fait une grande distinction entre la politique et les compétences techniques ou l'éducation. Mais ils n'ont jamais traité de manière adéquate la contradiction entre «rouge» et «expert», comme ce dilemme a été appelé pendant la révolution culturelle chinoise. L'idée partagée par pratiquement tous les socialistes selon laquelle le «contrôle» ou la «supervision» politique pouvait être séparé de la connaissance et de la production techniques reflétait, en partie, l'idée erronée selon laquelle la «technique» - la science - était politiquement neutre, et que si elle était effectuée efficacement, la production économique elle-même était politiquement «de gauche» ou «communiste». Le dilemme de la contradiction État-parti en découle. Que signifie "démocratie à l'intérieur du Parti" dans le contexte d'un parti communiste ? En URSS, nombre des forces d'opposition dont les positions ont été défaites aux conférences et aux congrès du parti durant les années 20 ont dérivées vers la conspiration, visant finalement l'assassinat des dirigeants du parti, les coups d'état, la collaboration avec l'ennemi et l'espionnage pour des puissances capitalistes hostiles. En même temps, les chefs locaux du parti ont développé des habitudes autoritaires, qui les ont coupés des adhérents de base du parti (et bien sûr de la population non-communiste beaucoup plus nombreuse), tout en se s'octroyant des privilèges matériels. Les avantages matériels des plus hauts responsables du parti doivent avoir joué un rôle important, et même décisif, dans le développement de la strate appelée la nomenklatura. De même, le but évident de Staline d'enlever le contrôle au Parti et de le cantonner à l'agitation et à la propagande pourrait suggérer une certaine conscience de cette contradiction par Staline lui-même, et peut-être aussi par d'autres. Dans quelle mesure les grands différentiels de salaire étaient-ils essentiels pour stimuler l'industrialisation en URSS ? S'ils étaient essentiels, était-ce une erreur de permettre l'accès aux privilèges matériels aux membres du parti - salaire élevé, meilleur logement, magasins spéciaux, etc. ? Le contexte politique dans lequel ces décisions ont été prises, vers la fin des années 20 et au début des années 30, doit être exploré plus profondément. Les discussions, actuellement indisponibles, autour du salaire maximum quelque part au début des années 30 doivent être découvertes et étudiées. Zhukov et Mukhin semblent croire que la tactique qu'ils perçoivent, et qu'ils attribuent à Staline et Béria – celle de couper les dirigeants du parti de la direction de l'État – était en effet la meilleure chance d'empêcher le parti de dégénérer. Comme je le suggère plus haut, peut-être la vraie cause de leur dégénérescence est la défense de leurs propres privilèges, plutôt que la contradiction "rouge contre expert". Naturellement, les incitations matérielles avaient été jugées nécessaires, pour recruter les intellectuels bourgeois compétents mais anticommunistes et anti-prolétarien afin de participer à la construction de la base industrielle de l'URSS. Partant de là on peut argumenter qu'un salaire plus élevé était nécessaire pour encourager les personnes techniquement habiles (ouvriers habiles y compris) à rejoindre le parti bolchevique ou pour travailler dur dans des conditions de travail défavorables souvent mettant en danger leur santé et au risque d'y sacrifier sa vie de famille. En cela l'utilisation de la panoplie des inégalités capitalistes était justifiée. Peut-être que Staline et Béria ont cru que cantonner le Parti à une fonction "purement politique" pourrait empêcher sa dégénérescence. Comme ce plan - s'il était d'eux - n'a été jamais mis en oeuvre, nous ne pouvons pas vraiment le savoir. Mais je suspecte que la question "des incitations matérielles," c'est-à-dire des inégalités économiques, en soit la cause fondamentale. Dans les conversations avec Felix Chuev, Molotov âgé, réfléchit au sujet de la nécessité d'avoir encore et toujours plus «d’égalité» et s'inquiète du futur du socialisme en URSS alors qu'il voit croître les inégalités. Molotov ne fait pas remonter ce développement des inégalités à l'époque de Staline ou de Lénine. En fait Molotov, comme Staline, ne pouvait envisager le legs de Lénine en critique. Cependant la nécessité de préserver et augmenter des inégalités afin de stimuler la production doit remonter au moins à Lénine, voir au Marx de La Critique du programme de Gotha. Les questions que l'on se pose reflètent et exposent inévitablement nos propres préoccupations politiques, et les miennes ne font pas exception. Je crois que l'histoire du parti bolchevique pendant les années de Staline - une histoire obscurcie par des mensonges anticommunistes et encore à écrire - a beaucoup à apprendre aux générations futures. Les militants politiques qui se tournent vers le passé pour obtenir des conseils et les chercheurs politiquement conscients qui veulent apporter leur contribution à l'édification d'un monde meilleur peuvent le faire par l'étude des luttes du passé et peuvent apprendre beaucoup des legs laissés par l'Union soviétique. Comme les marins médiévaux dont les cartes étaient plus imaginaires qu'exactes, nous avons été trompés par des histoires canoniques sur l'URSS qui sont principalement fausses. Le processus pour découvrir la vraie histoire de la première expérience socialiste du monde vient à peine de commencer. Comme le lecteur de cet essai a pu s'en apercevoir, cela a une immense importance pour notre futur. Edité le 31-05-2021 à 18:26:53 par Xuan |
Xuan |
![]() La question du lien entre le parti communiste et l'Etat socialiste relève évidemment de la dictature démocratique du prolétariat, c'est-à-dire du rapport entre dictature et démocratie. Le prolétariat lui-même dirige cette dictature démocratique à l'aide de son parti, en se donnant les institutions adéquates. Celles-ci peuvent comprendre des membres du parti communiste ou pas, mais c'est le parti qui dirige car c'est lui qui doit conduire la société du capitalisme au socialisme, puis au communisme, société sans Etat. On devine, bien que cette situation ne se soit encore jamais présentée historiquement, que l'extinction de l'Etat ne peut pas être menée par l'Etat lui-même mais par le parti communiste, dont la mission outrepasse l'étape du socialisme. Pour l'heure ce ne sont que des spéculations. Par contre l'histoire du PCUS et celle du PCC montrent que la dictature démocratique du prolétariat s'exerce différemment selon la situation historique et les caractéristiques de la lutte des classes. Définir des principes intangibles sur ce rapport relève de la métaphysique. La lutte des classes en URSS et les positions de Staline Sans reprendre l'histoire de l'URSS dans ses grandes longueurs, deux ou trois textes de Staline montrent que la dictature du prolétariat s'exerce différemment selon la situation de la lutte ces classes. Dans la brochure "contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit" en ligne sur le site des Editions Prolétariennes, le chapitre VIII - l'antagonisme dans la contradiction comprend une partie consacrée à "la poursuite de la lutte des classes dans la société socialiste" - p 169. La contre-révolution en Hongrie y est évoquée, puis les contradictions de classe dans la société socialiste : ......Mais les contradictions au sein du peuple ne sont pas les seules contradictions dans la société socialiste. L'expérience des premiers états socialistes démontre que si la bourgeoisie a disparu en tant que classe, ses résidus ne cessent pas pour autant d'exister durant la période transitoire du socialisme et tentent de le renverser avec l'appui des puissances impérialistes, et que dans le parti communiste lui-même l'ancienne société trouve également son reflet, notamment à travers la corruption. Au tout début de la seconde expérience de dictature du prolétariat (après celle de la Commune de Paris), Staline expose les caractéristiques de la transition du capitalisme au socialisme dans « Des principes du léninisme » (Conférences faites à l'université Sverdlov au début d'avril 1924 [Staline : les questions du léninisme - des principes du léninisme IV - la dictature du prolétariat) : « La transition du capitalisme au communisme, dit Lénine, c'est toute une époque historique. Tant qu'elle n'est pas terminée, les exploiteurs gardent inéluctablement l'espoir d'une restauration, espoir qui se transforme en tentatives de restauration. A la suite d'une première défaite sérieuse, les exploiteurs qui ne s'attendaient point à être renversés, qui n'en croyaient rien et n'en admettaient pas l'idée, se lancent dans la bataille avec une énergie décuplée, avec une passion furieuse, avec une haine centuplée implacable à la bataille pour reconquérir le « paradis » perdu, pour leurs familles qui menaient une si douce existence et que, maintenant, la « vile populace » condamne maintenant à la ruine et à la misère (ou au « vil » labeur...). Et derrière les capitalistes exploiteurs se traîne la masse de la petite-bourgeoisie qui - des dizaines d'années d'expérience historique dans tous les pays en font foi - hésite et balance, qui aujourd'hui suit le prolétariat et demain, effrayée des difficultés de la révolution, est prise de panique à la première défaite ou demi-défaite des ouvriers, s’affole, s’agite, court d’un camp à l’autre [Lénine - La révolution prolétarienne et le renégat Kautsky - t . XXIII, p335]. La bourgeoisie a ses raisons de faire des tentatives de restauration, car après son renversement, elle reste longtemps encore plus forte que le prolétariat qui l’a renversée. Si les exploiteurs, dit Lénine, ne sont battus que dans un seul pays - et c’est là bien entendu le cas typique, la révolution simultanée dans plusieurs pays étant une rare exception - ils restent toutefois plus forts que les exploités [ibidem, p354] En quoi réside la force de la bourgeoisie renversée ? Premièrement, « dans la force du capital international, dans les forces et la solidité des liaisons internationales de la bourgeoisie » [Lénine - La maladie infantile du communisme (« le gauchisme »), t. XXV, p.173]. Deuxièmement, dans le fait que « longtemps après la révolution, les exploiteurs conservent nécessairement une série de réels et notables avantages : il leur reste l’argent (impossible de le supprimer d’un coup), quelques biens mobiliers, souvent considérables ; il leur reste des relations, des habitudes d’organisation et de gestion, la connaissance de tous les « secrets » de l’administration (coutumes, procédés, moyens, possibilités) ; il leur reste une instruction plus poussée, des affinités avec le haut personnel technique (bourgeois par sa vie et son idéologie) ; il leur reste une expérience infiniment supérieure de l’art militaire (ce qui est très important), etc., etc. [Lénine - La révolution prolétarienne et le renégat Kautsky - t . XXIII, p354]. Troisièmement, « dans la force de l’habitude, dans la force de la petite production, car, malheureusement, il reste encore au monde une très, très grande quantité de petite production ; or, la petite production engendre le capitalisme et la bourgeoisie constamment, chaque jour, à chaque heure, d’une manière spontanée et dans de vastes proportions » …car « supprimer les classes, ce n’est pas seulement chasser les grands propriétaires fonciers et les capitalistes - ce qui nous a été relativement facile - c’est aussi supprimer les petits producteurs de marchandises ; or, ceux-ci on ne peut pas les chasser, on ne peut pas les écraser, il faut faire bon ménage avec eux. On peut (et on doit) les transformer, les rééduquer - mais seulement par un très long travail d’organisation, très lent et très prudent [Lénine - La maladie infantile du communisme (« le gauchisme »), t. XXV, p.173 et 189]. » Quelques années plus tard en 1929, par suite de l’aggravation des rapports de classe en URSS et dans les pays capitalistes, Staline insistait ainsi : « A quoi tient cette aggravation? A deux causes. D'abord, à notre progression, à notre offensive, à la croissance des formes socialistes de l'économie et dans l'industrie et dans l'agriculture, croissance qu'accompagne une éviction correspondante des catégories correspondantes de capitalistes de la ville et des campagnes. La situation est telle que nous vivons selon la formule de Lénine: «Qui l'emportera?» Ou bien nous ferons toucher les épaules à terre aux capitalistes et leur livrerons, comme disait Lénine, le dernier combat décisif, ou bien ce sont eux qui nous feront toucher les épaules à terre. En second lieu, cela tient à ce que les éléments capitalistes ne veulent pas quitter la scène de bon gré: ils résistent et continueront de résister au socialisme, car ils voient arriver leurs derniers jours. Or, pour le moment, ils peuvent encore résister; malgré la baisse de leur importance, ils n'en croissent pas moins en chiffres absolus: la petite bourgeoisie urbaine et rurale, comme l'a dit Lénine, engendre dans son sein chaque jour et à chaque heure, capitalistes et tout petits capitalistes, et ceux-ci - ces éléments capitalistes - prennent toutes les mesures pour sauvegarder leur existence. On n'a encore jamais vu dans l'histoire que des classes agonisantes aient quitté la scène de bon gré. On n'a encore jamais vu dans l'histoire que la bourgeoisie agonisante n'ait pas mis en oeuvre tout ce qui lui restait de force pour essayer de sauvegarder son existence. Que notre appareil soviétique de base soit bon ou mauvais, notre progression, notre offensive réduiront le nombre des éléments capitalistes et les évinceront; et les classes agonisantes, elles, résisteront envers et contre tout. Telle est la base sociale de l'aggravation de la lutte de classes. » [J. Staline "les questions du léninisme" de la déviation de droite dans le PC(b) de l’URSS] Or ces positions correspondent à des périodes particulières de l'URSS, celles qui ont précédé la deuxième guerre mondiale, la liquidation des koulaks et l'élaboration de la constitution. Après la « liquidation des débris boukhariniens et trotskistes » et l'élection des députés au suffrage universel, Staline écrivait : « Ce qu'il y a de particulier dans la société soviétique de notre époque, à la différence de toute société capitaliste, c'est qu'elle n'a plus dans son sein de classes antagonistes, ennemies; que les classes exploiteuses ont été liquidées et que les ouvriers, les paysans et les intellectuels formant la société soviétique, vivent et travaillent en collaboration fraternelle. Alors que la société capitaliste est déchirée par des antagonismes irréconciliables entre ouvriers et capitalistes, entre paysans et grands propriétaires fonciers, ce qui conduit à l'instabilité de sa situation intérieure, - la société soviétique, libérée du joug de l'exploitation, ignore ces antagonismes; elle est affranchie des collisions de classes et offre l'image d'une collaboration fraternelle entre ouvriers, paysans, intellectuels. C'est sur la base de cette communauté d'intérêts que se sont développées des forces motrices comme l'unité politique et morale de la société soviétique, l'amitié des peuples de l'U.R.S.S., le patriotisme soviétique. C'est cette même base qui a donné naissance à la Constitution de l'U.R.S.S. adoptée en novembre 1936, et à la démocratisation totale des élections aux organismes suprêmes du pays ». […] « La fonction de répression militaire à l'intérieur du pays est devenue superflue, elle a disparu, puisque l'exploitation a été supprimée, les exploiteurs n'existent plus et il n'y a plus personne à réprimer. La fonction de répression a fait place à la fonction de protection de la propriété socialiste contre les voleurs et les dilapidateurs du bien public. La fonction de défense militaire du pays contre l'agression du dehors s'est conservée intégralement. Par conséquent, on a conservé aussi l'Armée rouge, la Marine militaire ainsi que les organismes punitifs et les services de renseignements, nécessaires pour capturer et châtier les espions, les assassins, les saboteurs dépêchés dans notre pays par les services d'espionnage étrangers. » [Staline - les questions du léninisme - Rapport au XVIIIe congrès du PC(b) de l’URSS] On trouve une formulation très proche dans "le projet de Constitution" "...le projet de la nouvelle Constitution de l'URSS part du fait que dans la société il n'existe plus de classes antagonistes..." Il est clair ici que pour Staline le caractère antagonique de la lutte des classes a disparu dans la société soviétique. Il ne parle pas de la lutte des classes en elle-même, et il justifie alors le maintien de l'Etat principalement à cause de l'encerclement capitaliste. Ceci est lié à des conditions historiques précises, à la transformation des rapports de classe dans la société soviétique dans une période donnée. Il est hors de question d'exporter de telles conclusions dans n'importe quelle autre société socialiste, sans rapport avec le lieu et le temps. Et il n'est pas dit non plus que cette situation soit irréversible, que dans des conditions données la lutte des classes ne puisse redevenir antagonique. Le 14 juillet 1964, le Renmin Ribao et le Hongqi publient un texte critique sur la restauration du capitalisme par Khrouchtchev, qui comprenait aussi des appréciations critiques sur Staline à propos de la lutte des classes sous le socialisme. On verra que ce sujet, tournant autour du rôle des résidus des anciennes classes dominantes, de l'attitude qu'elles adoptent envers le socialisme et qu'il de celle qu'il faut adopter envers elles, fut au centre de la révolution culturelle et de sa critique ultérieure : « Du fait que l'Union soviétique était le premier pays, et à l'époque le seul, à édifier le socialisme et qu'elle ne disposait d'aucune expérience étrangère à laquelle se référer, du fait également que Staline s'était éloigné de la dialectique du marxisme-léninisme par son interprétation des lois de la lutte de classe dans la société socialiste, il proclama prématurément, après la réalisation essentielle de la collectivisation de l'agriculture, qu'en Union soviétique, "il n'existe plus de classes antagonistes" ("Sur le projet de Constitution de l'U.R.S.S." in Les Questions du léninisme) et qu'"elle [la société soviétique] est affranchie des collisions de classes" ('Rapport au XVIIIe Congrès du P.C. (b) de l'U.R.S.S.", Les Questions du léninisme). Mettant l'accent uniquement sur l'unité de la société socialiste, il négligeait les contradictions au sein de celle-ci, il ne s'appuyait pas sur la classe ouvrière et les larges masses dans la lutte contre les forces capitalistes et considérait que la possibilité de restauration du capitalisme provenait uniquement de l'attaque armée de l'impérialisme international. Cela est faux, tant en théorie qu'en pratique. Cependant, Staline n'en demeure pas moins un grand marxiste-léniniste » . Cependant les contradictions de classe et les antagonismes de classes sont deux choses différentes. Mao Zedong les distinguait très clairement dans le chapitre "du caractère antagoniste de la contradiction" dans "De la contradiction". L'autocritique du PCC en 1981 écrit ceci à propos de la révolution culturelle : « A la 10e session plénière du C.C. issu du 8e congrès du Parti tenue en septembre 1962, le camarade Mao Zedong donna à la lutte de classes, qui existe en société socialiste dans un cadre déterminé, une ampleur exagérée et lui attribua un rôle absolu, développant ainsi le point de vue qu'il avait avancé en 1957 à la suite de la lutte contre les droitiers, selon lequel la contradiction entre le prolétariat et la bourgeoisie demeurerait la contradiction principale de notre société; il affirma même que, durant toute la période historique du socialisme, la bourgeoisie existerait et tenterait de restaurer son pouvoir, et que cela constituait l'origine du révisionnisme au sein du Parti. » La lutte des classes n'est pas niée, c'est son caractère de contradiction principale qui l'est, de même que la bourgeoisie en tant que classe antagoniste . Dans d'autres documents on trouve : "Avec la mise en place du système de base du socialisme, la lutte des classes à grande échelle est terminée, la plupart des contradictions de la société socialiste relèvent de contradictions au sein du peuple » . A ce titre sont dénoncés par Xi Jinping et le PCC : « le formalisme, le bureaucratisme, l'hédonisme et l'extravagance dans le style de travail » . On pourrait encore pinailler sur la différence entre contradictions antagonistes et lutte de classe à grande échelle . Le juge de paix en l'occurrence ce sont les rapports de classe réels dans la société chinoise. Ainsi les différends avec Jack Ma, mais aussi avec tous les magnats de la high tech, ont été réglés sans effusion de sang. Les capitalistes se sont pliés à la loi socialiste. Ils n'ont fomenté ni soulèvement, ni complot, ni révolte. Cela signifie que les capitalistes ont été liquidés en tant que classe et qu'ils ne peuvent mener une lutte à grande échelle. Bien entendu ils se plient parce qu'il existe un organisme chargé de traquer les corrompus, ou de surveiller les mouvements de fonds, une police, une justice et des prisons. Naturellement cette situation n'est pas immuable et pourrait se transformer dans des conditions différentes mais la Chine n'en est pas là. En tout état de cause l'histoire a montré que la lutte des classes se poursuit, qu'elle peut redevenir antagonique, voire aboutir à une restauration temporaire de l'ordre ancien. Ces positions différentes de Staline, justifiées par des situations différentes, ne sont pas comparables avec celle de Khrouchtchev qui prétendait construire un Etat du peuple entier et l'imminence du communisme. Je reprends le texte de "contrairement à une opinion répandue..." p 172 : Cette position était dans tous les cas aux antipodes de la position révisionniste qui fut défendue ensuite au XXIIe congrès du PCUS par Khrouchtchev, selon qui la dictature du prolétariat n'était plus nécessaire en Union Soviétique, où l'Etat serait devenu un ' "Etat du peuple tout entier" et le parti communiste un "parti du peuple tout entier' '. Il proclamait alors l'entrée de l'Union soviétique dans la phase de l'édification en grand de la société communiste. " ...nous construirons la société communiste pour l'essentiel en 20 ans" . [Rapport sur le programme présenté par Khrouchtchev au XXIIe Congrès du PCUS]. Dans ce cas l'Etat aurait cessé de constituer un instrument de domination d'une classe sur une autre et aurait perdu sa raison d'être. De toute évidence la contre-révolution khrouchtchévienne et la restauration du capitalisme qui s'en est suivie en URSS prouve que l'observation de Lénine et de Staline était fondée. Lors des 8èmes rencontres internationalistes 2017 de Vénissieux, Tatiana Desiatova représentante du KPFR, critiqua dans ses réponses aux questions du public l'abandon par Khrouchtchev de la dictature du prolétariat et la négation de la lutte des classes. « Quand on oublie des concepts comme la dictature du prolétariat dans l'histoire de mon pays malheureusement cela a joué un rôle destructeur après la mort de Staline. Khrouchtchev a commencé à renoncer à la dictature du prolétariat, à nier le concept de lutte des classes » . [25'45 de l'enregistrement] Edité le 31-05-2021 à 20:26:48 par Xuan |
Xuan |
![]() Sur ce sujet comme sur d'autres Plaristes ramasse tous les arguments qui traînent, sans égard pour la position qu'il défend. Je signale que la dénonciation du tankisme relève de la ligne anti autoritaire qu'on retrouve ici. https://mars-infos.org/est-ce-que-la-negation-de-genocide-4698, soit dit en passant. 'L’appélation de "Tankiste" désigne ces communistes qui en apprenant la répression de l’insurrection hongroise de 1956 par l’envoi de tanks de l’armée rouge, s’étaient dépéché.e.s de la justifier' Précisément les marxistes-léninistes n'ont jamais soutenu l'insurrection contre-révolutionnaire de Hongrie en 1956, alors que le camp socialiste existait encore, et l'accusation de "tankiste" relève des tentatives de restauration du capitalisme. Khrouchtchev n'était pas encore au pouvoir en 1956. Cette insurrection était d'origine étudiante et visait ouvertement tous les symboles communistes. La manière dont cette révolte a été réprimée pourrait faire l'objet de débats pour les communistes hongrois ou russes, afin de corriger ce qui peut l'être dans l'avenir. La Chine de son côté avait connu des manifestations d'étudiants ou d'intellectuels sans conséquences, qui ont donné lieu au texte de Mao Zedong " de la juste solution des contradictions au sein du peuple". Les troubles de 1981 à Pékin n'ont jamais occasionné les milliers de morts annoncés dans la presse bourgeoise. Le PCC y avait mis fin et c'est une juste application de la dictature du prolétariat. Affirmer le contraire c'est défendre la restauration du capitalisme, le "partage" du pouvoir entre les classes, en fait l'éviction du parti communiste du pouvoir pour le remettre entre les mains de la bourgeoisie. Confusion sur les liens entre le parti communiste et l'Etat socialiste Plaristes écrit : "Les tankistes prônant la fusion de l'état et du parti sont dans un délire révisionniste." "les tankies qui refusent la séparation de l'état et du parti" Entre fusion de l'Etat et du parti et séparation de l'état et du parti il y a plus qu'une marge, dont Plaristes ne tient absolument aucun compte. Mais en toute logique la fusion et la séparation ne sont pas l'inverse l'une de l'autre. L'inverse de la séparation c'est la liaison et non la fusion. La fusion signifie que l'Etat et le parti sont une seule et même chose. Pour ce qui nous concerne nous n'avons jamais préconisé la "fusion" de l'Etat et du parti, ce qui signifierait que l'un et l'autre se confondent. Et aucun ml n'a jamais défendu une telle théorie. Pour informé le PCC ne l'a jamais fait non plus et il existe plusieurs partis qui acceptent la direction du PCC, et dont les représentants peuvent être élus. Il y a même au sein du PCC des capitalistes qui acceptent cette direction. Mais ce n'est qu'un aspect du sujet parce que les âneries de Plaristes ne se limitent pas à ceci. Edité le 31-05-2021 à 12:09:48 par Xuan |
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![]() |
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![]() Il ne valent pas mieux que Khrouchtchev qui a transformé le parti en "La seule mafia du pays." |
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![]() https://centre-maiakovski.fr/wp-content/uploads/2021/05/Staline-et-la-lutte-pour-la-reforme-democratique.pdf Complémenté par : Staline a aussi constamment été rejeté quand il a essayé de reformer le système politique, il a réussi à faire passer quelques réformes comme le vote secret et des restrictions sur la cooptation mais il ne pouvait pas toutes les implémenter tant qu’il n’avait pas la majorité. Sa plus grande défaite est sur la réforme du parti communiste, Staline voulait que le rôle du parti se limite à l’agitation, la propagande et à la participation dans la sélection de cadre, en soi que le parti devait diriger les organisations mais pas les organes législatifs ou exécutifs de l’Etat, Staline mena une grande lutte contre la bureaucratie du parti, une lutte qu’il va perdre. Cette lutte va prendre une grande importance lors de l’écriture de la nouvelle constitution soviétique de 1936. Staline va vouloir changer les principes du vote comme dit précédemment, il va même proposer que des anciens koulaks, gardes blancs et autres ennemis du gouvernement soviétique puissent se présenter aux élections, cette idée à fait peur à bien nombres de députés, voici ce que Staline va répondre : « Certains disent que c'est dangereux, parce que des éléments hostiles au pouvoir pourraient occuper les fonctions les plus élevées, comme certains anciens Gardes Blancs, des koulaks, des prêtres, et ainsi de suite. Mais qu'avons-nous à craindre ? - Si vous avez peur des loups, ne marchez pas dans la forêt- D'une part, ce ne sont pas tous les anciens koulaks, Gardes Blancs et prêtres qui sont hostiles au pouvoir soviétique. D'autre part, si les gens ici et là élisent des forces hostiles, cela signifiera que notre travail de propagande est mal organisé et que nous avons entièrement mérité cette disgrâce. » -Zhukov, Inoy 293 ; Staline, "Projet" La majorité de la tête du parti communiste ne voulait pas que ces réformes aient lieux mais ils ne pouvaient pas montrer pleinement cette position pour des raisons évidentes, ils se serviront alors du chaos politique des procès de Moscou pour éviter un maximum des débats sur la constitution, la plupart des rapports sur la constitution furent évités. Même lorsque Staline avait le plus de pouvoir, c'est-à-dire durant la Seconde Guerre mondial via sa place dans le Comité d'état pour la défense, il n’a pas pu mettre en place sa vision du parti. Vers la fin de la seconde guerre mondiale Staline et ses défenseurs du Politburo ont fait une nouvelle tentative pour soustraire le gouvernement soviétique du contrôle direct du parti Bolchevik. Voici comment Yuri Zhukov décrit cet incident : « En Janvier 1944 … pour la première fois pendant la guerre il y eut une convocation commune [du Comité central] et d'une session du Soviet suprême de l'URSS. Molotov et Malenkov ont préparé une ébauche d'un décret du Comité central selon lequel le parti serait légalement séparé du pouvoir. Serait maintenu seulement l'agitation et la propagande ; ... Mais elle interdisait simplement que le parti interfère dans l'économie et dans le fonctionnement des organes de l'état. Staline a lu l'ébauche, a changé six mots, et a écrit "approuver". Ce qui s'est passé après reste un mystère.... C'était une nouvelle tentative de séparer le Parti et l'État, ... L'ébauche a cinq signatures : Molotov, Malenkov, Staline, Khrouchtchev, Andreev. Il n'y eut aucun enregistrement de cette séance, et nous pouvons seulement deviner le résultat du vote. Hélas, même le tout-puissant Comité d'état pour la défense, avec quatre membres dans le Politburo du Comité central, ne pourrait pas briser le vieil ordre des choses. » -Zhukov, Kul'tovaia Il y a peut-être bien d’autre tentative de ce genre, mais tant que les archives ne seront pas totalement ouvertes sur toute cette période nous ne pourrons pas le savoir et vu l’anticommunisme de plus en plus présent du président Russe et des autres organes institutionnelles des anciennes républiques on pourrait attendre cet événement pour toujours. Après la guerre Staline a fait tout son possible pour écarter de l’état du Parti Communiste, avant la guerre le politburo se réunissait au moins deux fois par semaine, on sait qu’en 1950 le politburo s’est réuni 6 fois, 5 fois en 1951 et 4 fois en 1952. « Aucun congrès du parti ne s'est tenu pendant treize ans entre 1939 et 1952. Après la guerre Staline signait les décisions communes du parti et du gouvernement simplement comme Président du Conseil de Ministres, laissant à l'un des deux autres secrétaires du parti, Zhdanov ou Malenkov signer au nom du parti. » (Pyzhikov 100) Cette stratégie n’est peut-être pas la bonne mais Staline a réussi à sécuriser l’état via son statut de secrétaire général jusqu’à sa mort, je pense personnellement que ce n’était pas la meilleure des options. Mais on peut le comprendre : « Les activités de Staline suggèrent qu'il essayait toujours de soustraire l'état du contrôle direct du Parti. Cependant, s'il en était ainsi, il a abordé cela avec précaution. Peut-être nous pouvons avancer quelques raisons de cette prudence : Afficher un manque de confiance dans le parti serait un mauvais exemple pour les autres pays du monde où les partis communistes n'avaient pas encore pris le pouvoir. Le Comité central et la nomenklatura s'y seraient opposés, comme avant la guerre. Par conséquent, ceci devrait être fait en douceur, avec aussi peu de tension que possible. » (Mukhin, Ubyistvo 611) L’ébauche d’un programme pour le parti en 1947 On peut maintenant légitiment se poser la question suivante « Comment Staline voulait démocratiser le parti après ses précédents échecs ? », et bien nous avons maintenant une réponse, une réponse qui reste limitée à cause l’accessibilité aux archives. Alexandre Pyzhikov, un virulent historien anticommuniste, a commenté des extraits d'une ébauche d'un programme de parti de 1947 pour promouvoir davantage de démocratie et d'égalitarisme. Ce fascinant plan et jusqu'ici tout à fait inconnu, n'a jamais été publié et n'est évidemment pas encore à la disposition d'autres chercheurs. Pyzhikov récapitule d'autres sections de ce document non publié comme suit : « En particulier [l'ébauche] concerne le développement de la démocratisation de l'ordre soviétique. Ce plan identifié en tant qu'essentiel pour le processus universel d'entraîner les travailleurs dans la gestion de l'état, dans la gestion de l'état comme activité quotidienne et sociale sur la base d'un développement régulier du niveau culturel des masses et d'une simplification maximale des fonctions de la gestion d'état. » « Cette ébauche propose dans la pratique de procéder à l'unification du travail productif avec la participation à la gestion des affaires de l'état, par la transition successive des fonctions [de la gestion d’état] à tous les travailleurs. Elle dissertait également sur l'idée de l'introduction de l'activité législative directe par le peuple, pour lequel ce qui suit était considéré essentiel : Mettre en application le vote et la prise de décision au suffrage universel sur la majorité des questions les plus importantes de la vie gouvernementale dans les sphères sociales et économiques, aussi bien que dans des questions des conditions de vie et du développement culturel ; Développer largement l'initiative législative de base, en accordant aux organismes sociaux les droits de soumettre au soviet suprême des propositions sur de nouvelles lois ; Confirmer le droit des citoyens et des organisations sociales à soumettre directement des propositions au Soviet suprême sur les plus importantes questions de politique interne et internationale. » Toujours selon Pyzhikov, Zhdanov a rendu compte du travail de la commission de planification au plénum du Comité central de février 1947. Il a proposé de réunir le 19ème congrès du parti à la fin 1947 ou 1948. Il également présenté un plan pour simplifier les convocations des conférences de parti une fois par an, avec "le renouvellement obligatoire" d'au moins un sixième des membres du Comité central. Si ce renouvellement en un "turn over" des membres de C.C. étant appliqué, ceci aurait signifié que les premiers secrétaires et d'autres chefs de parti dans le C.C. auraient été moins inamovibles, permettant à du sang neuf d'irriguer le principal corps du parti, facilitant la critique des chefs du parti (Pyzhikov 96). Ce plan fait écho à plusieurs des idées du « dépérissement de l'état » envisagé dans les séminaires de Lénine sur l'état et la révolution, qui à son tour développe des idées avancées par Marx et Engels. En proposant la participation directe à toutes les décisions essentielles de l'état aux soviétiques et à leurs organisations populaires, et le "renouvellement" – avec au moins le remplacement – d'au moins 1/6 du Comité central chaque année par une conférence du parti, ce plan de parti envisageait le développement de la démocratie dans l'état et dans le parti lui-même. Mais ce plan n'a pas été appliqué. Comme avec les propositions précédentes pour la démocratisation de l'état soviétique et du parti, nous ne connaissons pas les détails de la façon dont ceci s'est produit. Il a été rejeté probablement au plénum du Comité central. Le 19ème congrès du parti a été reporté en 1952. Encore une fois, nous ne savons pas pourquoi. La nature de cette ébauche de plan suggère que l'opposition du Comité central - les premiers secrétaires - puisse en avoir été la cause. [center] ________________________________________________________________________________________________[/center] Le Dix-neuvième Congrès du Parti Il s'avère que la direction de Staline a fait un dernier effort pour détacher le parti du contrôle de l'état au 19ème congrès en 1952 et juste après au plénum du Comité central. En commençant par Khrouchtchev, la nomenklatura du parti a essayé de détruire toute mémoire de ce congrès. Sous Brejnev les transcriptions de tous les congrès du parti jusqu'au 18ème ont été publiés. Celles du 19ème congrès n'ont jamais été éditées à ce jour. Staline a prononcé seulement un court discours au congrès qui a été publié. Mais il a fait un discours de 90 minutes au plénum du Comité central qui l'a suivi immédiatement. La transcription de ce plénum et du discours n'ont jamais été édité, excepté des extraits très courts. Staline a demandé au congrès de changer les statuts du parti et sa structure d'organisation. Parmi ces changements : • Le nom : "parti communiste (bolchevique) de Toute l'Union" a été officiellement changé en "parti communiste de l'Union Soviétique" s'alignant sur les appellations de la plupart des autres partis communistes dans le monde, rattachant le nom du Parti au pays. • Un « Présidium » a remplacé le Politburo du Comité central. Ce nom est conforme aux appellations des autres organes représentatifs – comme, par exemple, le Présidium du Soviet suprême. L’appellation « politique » a été supprimée – après tout, le parti dans son ensemble était politique, et pas simplement le principal organe. Staline mettait en place son plan, il préparait le Politburo du Comité Central à ne plus interférer avec l’état. Ce « politburo » comprenait Président du Conseil de Ministres (le chef du corps exécutif de l'état – c'est-à-dire, le chef d'État); le Président du Présidium du Soviet suprême (le chef du corps législatif); le secrétaire Général du parti (Staline); un ou deux secrétaires supplémentaires du Parti; et un ou deux ministres de gouvernement. Le politburo se plaçait plus que souvent au-dessus des décisions de l’état, alors que ce n’était pas son rôle, le Présidium devait être le principal organisme du parti communiste seulement puisque le chef d'État et le président du Soviet suprême n'avaient pas de sièges réservés en son sein. D'autres changements ont été réalisés : Le poste de secrétaire Général – occupé par Staline – a été supprimé. Maintenant Staline étaitL seulement un de 10 secrétaires du parti. Tous appartenaient au nouveau Présidium, qui maintenant comportait 25 membres et 11 candidats-membres. C'était beaucoup plus que les 9-11 membres de l'ancien Politburo. Sa plus grande taille lui donnait davantage un caractère délibératif qu'un corps ou de nombreuses décisions exécutives pouvaient couramment et rapidement être prises. La plupart des membres de ce Présidium semblent avoir été des membres du Parti, fonctionnaires du gouvernement, et non les principaux chefs du parti. Khrouchtchev et Malenkov plus tard se sont demandés comment Staline pouvait avoir entendu parler des membres qu'il a présenté pour le premier Présidium, puisqu'ils n'étaient pas les chefs bien connus du parti (c.-à-d. pas les premiers secrétaires). Vraisemblablement, Staline les a nommés en raison de leurs positions dans l'état - par opposition au leadership du parti. Staline a associé sa démission comme Secrétaire Général du parti, présenté au 19ème congrès, avec sa proposition, au plénum du CC qui a suivi, de démissionner du Comité Central, gardant seulement le poste de chef de l'État (Président du Conseil de Ministres). Si Staline ne siégeait pas au sein du Comité central, mais était seulement chef d'État, les fonctionnaires du gouvernement ne se sentiraient plus contraints d'en référer au Présidium, le corps le plus élevé du Parti. L'acte de Staline enlèverait l'autorité des fonctionnaires du Parti, dont l'intervention dans l'état était inutile, en termes de production. Sans Staline à la tête du parti, le leadership du parti, la nomenklatura, aurait eu moins de prestige. Dans cette perspective la démission de Staline du Comité central aurait pu être un désastre pour la nomenklatura. L'absence d'une transcription publiée suggère que des événements se soient produits à ce plénum, et que Staline ait dit des choses dans son discours, que la nomenklatura n'a pas souhaité rendre public. Cela indique également – et il est important de le souligner ceci – que Staline n'était pas "tout-puissant ". Par exemple, la sérieuse critique que Staline fait de Molotov et de Mikoyan à ce plénum n'a été éditée que longtemps après sa mort. Le célèbre écrivain soviétique Konstantin Simonov était présent en tant que membre de C.C. Il a enregistré la réaction choquée et la panique de Malenkov quand Staline a proposé un vote pour qu'il soit libéré du poste de secrétaire du Comité central. (Simonov, 244-5). Confronté à une opposition bruyante, Staline n'a pas insisté. Dès qu'ils purent le faire, la direction du Parti a pris des mesures pour annuler les décisions du 19ème congrès du parti. Lors de sa réunion du 2 mars, alors que Staline était encore vivant, bien que sans connaissance, un Présidium réduit – essentiellement, les vieux membres de Politburo – se sont rencontré à la datcha de Staline. Là ils ont pris la décision de réduire le Présidium à 10 membres, au lieu de 25. C'était, fondamentalement, le vieux Politburo qui était reformé. Le nombre de secrétaires du Parti a été à nouveau réduit à cinq. Khrouchtchev a été nommé "coordinateur" du secrétariat, et puis, cinq mois plus tard, "premier secrétaire." Enfin en 1966 le Présidium a été changé de nouveau en Politburo. Pendant le reste de l'histoire de l'URSS le parti a continué à régner sur la société soviétique, ses éléments les plus hauts placés ont formé une strate corrompue, auto-sélectionnée, et auto-expensive d'élites privilégiés. Sous Gorbatchev ce groupe régnant a supprimé l'URSS, s'octroyant la richesse économique et la conduite politique de la nouvelle société capitaliste. En même temps elle a détruit l'épargne, et a volé les prestations sociales de la classe ouvrière et des paysans soviétiques et tout ce que leur travail avait créé, en s'appropriait l'immense richesse publique de l'URSS. Edité le 05-05-2021 à 07:03:28 par Revanchard_le_Revanchiste |