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Xuan
Guennadi Ziouganov : “Les communistes chinois ouvrent la voie de l’avenir”.


DANIELLE BLEITRACH
19 JUIN 2021
https://histoireetsociete.com/2021/06/19/guennadi-ziouganov-les-communistes-chinois-ouvrent-la-voie-de-lavenir/

Encore un texte important de Ziouganov. Décidément face à la myopie catastrophique des Européens, y compris communistes, il y a une prise de conscience des enjeux historiques, cela ne signifie pas toujours qu’une stratégie à la hauteur de ces enjeux soit évidente mais incontestablement il y a la conscience de plus en plus forte de celle de l’ennemi. (note de Danielle Bleitrach et traduction de Marianne Dunlop)

En restant fidèle au marxisme et en le développant de manière créative, le Parti communiste chinois a fait de la Chine un point de référence pour toute l’humanité. Les réussites du pays sont admirées par ses amis et détestées par ses ennemis. Ces derniers sont beaucoup moins nombreux, mais disposent d’un vaste pouvoir militaire, d’information et de propagande. Ils orientent leurs capacités de guerre hybride vers le renforcement de la domination du capital à l’échelle mondiale.

Agence de presse Xinhua

16 juin 2021

https://kprf.ru/party-live/cknews/203342.html

La situation exige l’union de toutes les forces progressistes de la planète. Le renforcement de la coopération entre le PCC et le KPRF répond pleinement aux intérêts des peuples de nos deux pays. C’est ce qu’a déclaré le président du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie, Guennadi Ziouganov, dans son interview à l’agence de presse Xinhua.

– Le 1er juillet, le parti communiste chinois marque le 100e anniversaire de sa fondation. Sur la base de l’expérience et des leçons du Parti communiste de l’Union soviétique et du KPRF, quelles sont, selon vous, les questions urgentes et d’actualité pour le PCC aujourd’hui en termes de construction du parti ?

– En effet, notre grand voisin et partenaire stratégique de la Russie, la Chine, marque une date importante. Il y a exactement cent ans, en 1921, le parti communiste du pays était fondé. Les détracteurs de votre État,gens de l’establishment politique des puissances capitalistes prétendent que l’idée communiste est quelque chose d’étranger à la Chine. Dans le même temps, le PCC est déclaré quasi usurpateur du pouvoir, tenant de force sous son contrôle près d’un milliard et demi de personnes.

Il est difficile d’imaginer une plus grande absurdité. Le parti communiste n’est pas arrivé à la tête de la Chine par le mensonge et la violence, comme de nombreuses forces politiques en Occident. Il a dirigé le pays parce qu’il était capable de comprendre les désirs les plus profonds du peuple, de protéger ses intérêts et, finalement, de sauver la patrie au pire moment de son histoire. Les idées communistes qui ont guidé le parti ont aidé à surmonter la difficile période d’humiliation nationale qui a débuté avec les guerres de l’opium. La voie du renouveau national était ouverte.

C’est ce qu’a clairement déclaré le président chinois Xi Jinping lors du 19e congrès du PCC. Il a souligné : “Les vérités scientifiques du marxisme-léninisme ont indiqué aux éléments avancés de la Chine les moyens de résoudre les problèmes de la Chine. Dans les mouvements sociaux qui se sont déroulés dans la société chinoise au cours de la nouvelle période historique et au-delà, dans la lutte acharnée du peuple chinois contre la domination féodale et l’agression étrangère, dans la combinaison du marxisme-léninisme et du mouvement ouvrier chinois, le Parti communiste de Chine est né en 1921. Depuis lors, il a été le pilier du peuple chinois dans la lutte pour l’indépendance nationale, la libération du peuple, la force et le bonheur du pays. Spirituellement, le peuple chinois a subi une transformation, passant de l’attente passive à l’action.”

Grâce au travail désintéressé des communistes et de l’ensemble du peuple travailleur, la Chine est devenue un pays au développement dynamique, un modèle pour le reste du monde. La Chine moderne n’est pas seulement une grande puissance industrielle, maîtrisant de nouvelles technologies et de nouveaux domaines de connaissances scientifiques. Ce qui est beaucoup plus important, c’est l’exemple que vous donnez de la manière dont le progrès économique et le progrès social peuvent être réunis. Les fruits du développement de la Chine ne profitent pas à un petit groupe de détenteurs de capitaux et à leurs proches, mais à l’ensemble de la population. C’est l’essence même du socialisme aux caractéristiques chinoises.

Les failles les plus profondes du capitalisme apparaissent de plus en plus clairement aujourd’hui. Les cœurs et les esprits de milliards de personnes sur la planète, avec un espoir croissant, se tournent vers Pékin. L’état réel des choses dans le monde fait que la perspective socialiste est de plus en plus populaire. Et la Chine démontre clairement sa fécondité.

La formation d’un système de relations internationales fondamentalement nouveau devient également impérative. Ayant mis en avant l’idée de la communauté de destin commune de l’humanité, la Chine devient le centre d’attraction de tous les peuples de la terre qui aspirent au progrès social. C’est la raison des attaques contre Pékin en général et le parti communiste en particulier.

Toutes les capacités politiques, économiques et médiatiques du capital mondial sont actuellement axées sur le discrédit et l’affaiblissement de la Chine. Dans ce contexte, la capacité du PCC à rester inébranlable et à répondre efficacement aux défis de plus en plus redoutables est d’une importance capitale. Et l’expérience de l’Union soviétique et du PCUS offre des leçons extrêmement importantes.

L’une des raisons de l’effondrement de l’URSS a été la dégradation de la direction du parti au pouvoir. Des éléments étrangers et des carriéristes, préoccupés uniquement par leur bien-être personnel, ont commencé à l’infiltrer. Dans le même temps, le PCUS n’a pas pu discerner et prévenir ce danger à temps. Après la mort de Staline, le Parti a réagi de plus en plus faiblement à de nombreux défis et menaces. Et le principe de Staline “ Sans théorie, nous sommes morts” a été relégué aux oubliettes. Certains fonctionnaires ont commencé à traiter les questions théoriques d’une manière purement formaliste. L’idéologie, qui était censée jouer un rôle primordial dans le parti communiste, a commencé à être transformée en un élément au service de l’appareil bureaucratique. En conséquence, le marxisme-léninisme était de moins en moins perçu comme une idée vivifiante, évolutive et fondée sur des principes inébranlables.

Le parti communiste chinois a pris conscience des conséquences fatales de telles errements. Les communistes chinois accordent une attention énorme, et croissante, au travail théorique. Le Comité central lui-même et un vaste réseau d’institutions scientifiques sont engagés dans ce travail. Il s’agit notamment de l’Académie des sciences sociales, de l’École supérieure du parti, des universités chinoises et de nombreux instituts marxistes dans tout le pays. Cela permet de combiner de manière créative la théorie et la pratique. Le concept de socialisme aux caractéristiques chinoises et la politique de réforme et d’ouverture ont illustré le développement des idées marxistes.

Les dirigeants actuels du PCC et de la RPC soulignent constamment l’importance du travail idéologique et théorique. Selon Xi Jinping, “le matérialisme dialectique est la vision du monde et la méthodologie des communistes chinois “, et le Parti doit “se nourrir constamment de la sagesse de la philosophie marxiste.” Cela a trouvé son expression dans le développement du concept de socialisme avec une spécificité chinoise dans la nouvelle ère. Xi Jinping note toutefois que l’économie politique marxiste doit évoluer avec son temps pour conserver sa vitalité. Selon lui, le PCC a enrichi l’économie politique marxiste en combinant ses principes de base avec les nouvelles pratiques des politiques de réforme et d’ouverture.

Les intérêts du peuple sont désignés comme le principal critère de développement en Chine. C’est ce facteur qui concentre la force et le pouvoir du parti communiste. Suivant les ordres et les espoirs du peuple, le principe de “ l’homme au centre de tout ” a été le but et la mission du PCC depuis le début. Cela lui a permis de surmonter les obstacles et de conduire avec confiance votre pays vers une grande renaissance et un bel avenir socialiste.

Dans le même temps, sous la direction de Xi Jinping, un programme ambitieux visant à renforcer la discipline au sein du Parti et à purger la corruption a été lancé. Il n’y a pas d’intouchables dans cette lutte pour la pureté des rangs. Elle ne s’arrête pas un seul jour. Une telle politique de principe a renforcé la crédibilité du PCC auprès des masses en général. Et pour le parti au pouvoir, c’est extrêmement important.

– Si l’on se projette dans l’avenir, à quelles situations et à quels défis externes le PCC peut-il être confronté selon vous ? Comment pouvons-nous et devons-nous faire face à ces défis ?

– Le principal défi du monde moderne, à mon avis, est la contradiction entre le système capitaliste mondial et les véritables besoins de l’humanité, les besoins de 99 % de la population mondiale. Le système existant dans la plupart des pays du monde est injuste à la base. Le capitalisme ne distribue pas le travail de milliards d’ouvriers, les richesses colossales créées par eux, pour le bien commun, mais les concentre dans les mains de l’oligarchie mondiale. Cela est fait dans le but cynique d’asservir et d’exploiter.

Cela conduit à d’énormes disparités de développement, à des inégalités et à une pauvreté croissantes, à l’absence d’accès aux services sociaux de base pour des milliards de personnes. Lors de la pandémie, même dans les pays occidentaux les plus riches, des gens sont morts parce que les réformes néolibérales avaient détruit l’accès aux soins de santé. Inutile de parler des pays pauvres. Une grande partie des vaccins est concentrée dans quelques nations, tandis que les plus pauvres ne peuvent même pas lancer une campagne de vaccination limitée pour les plus vulnérables.

Les réalités du monde d’aujourd’hui ont été éclipsées par l’impact social et économique de la pandémie. Un nombre considérable de personnes ont perdu leurs moyens de subsistance et sont tombées dans la pauvreté. La faim est un problème mondial croissant. Dans le même temps, la richesse des personnes les plus riches du monde croît de manière exponentielle, tandis que les grandes entreprises font de tels bénéfices qu’elles en perdent le compte.

Malgré les distorsions monstrueuses croissantes du système, les élites capitalistes ne sont pas prêtes à en réviser les fondements. Cet état de fait leur convient parfaitement. Mais il ne convient pas aux masses de travailleurs. Des protestations généralisées ont lieu dans le monde entier. Les gens exigent le rejet des réformes néolibérales ruineuses qui aggravent la situation.

Dans de telles conditions, les puissances capitalistes recourent à des méthodes éprouvées depuis longtemps – mensonges sophistiqués et agression. Ils créent l’image d’un ennemi extérieur afin de détourner l’attention de leur propre population mécontente des véritables causes de leurs désastres. C’est pourquoi les sentiments russophobes et anti-chinois sont si activement cultivés en Occident aujourd’hui. Tant Moscou que Pékin sont accusés de s’efforcer de détruire le mode de vie habituel des sociétés occidentales et de supprimer la démocratie et la liberté. Ainsi, le capital prépare l’opinion publique de ses pays à l’expansion, en fait, à la guerre.

Dès son entrée à la Maison Blanche, la nouvelle administration américaine a identifié les principales menaces. La Russie et, surtout, la Chine ont été déclarées telles. Washington n’a pas caché sa crainte de la montée en puissance économique, politique, scientifique et technologique de la République populaire de Chine et parle ouvertement de l’intention de lancer toutes les forces pour contrer votre pays.

L’offensive va dans plusieurs directions à la fois. En violation flagrante de leurs propres dogmes néolibéraux sur le “libre marché” , les Occidentaux, menés par les États-Unis, tentent de limiter les exportations de la Chine, en créant de plus en plus de nouvelles barrières pour les entreprises chinoises. Ils utilisent même la force brute et des mesures carrément répressives.

Le vecteur militaro-politique des attaques anti-chinoises comprend la militarisation de la région Asie-Pacifique. Les États-Unis déploient toujours plus d’armes offensives dans la région, établissent de nouvelles bases et zones de transit et tentent de constituer un bloc agressif de type OTAN. Pas une semaine ne passe sans une nouvelle provocation – qu’il s’agisse du passage de navires américains en mer de Chine méridionale ou dans le détroit de Taïwan, de livraisons d’armes à Taipei ou de déclarations belliqueuses. Par le chantage et la corruption, Washington tente d’influencer les cercles dirigeants d’un certain nombre de pays pour les monter contre la Chine. Cela se fait en dépit du désir inconditionnel des peuples de vivre en paix et en harmonie.

Les pressions économiques et politico-militaires s’accompagnent d’une campagne de mensonges et de désinformation. Les médias occidentaux parlent de “camps de concentration” dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang et rendent Pékin responsable de la situation tendue dans l’Himalaya. Ils gonflent artificiellement les mouvements séparatistes. Et les autorités américaines ne se privent pas d’utiliser des organisations terroristes comme le Mouvement islamique du Turkestan oriental qu’elles ont retiré de leur “l iste noire ”.

Le PCC est directement dans la ligne de mire de la propagande hostile. Les élites capitalistes savent pertinemment que le parti communiste est l’épine dorsale de la société chinoise, le moteur du développement constant du pays. C’est contre elle que sont dirigées les principales frappes.

Contrer ces menaces sera la principale tâche de la Chine et du parti communiste dans un avenir prévisible. Dans ce contexte, il est essentiel de renforcer les capacités économiques et de défense de la Chine et d’accroître son indépendance scientifique et technologique vis-à-vis de l’Occident. Mais au cœur de tous ces efforts, à mon avis, il devrait y avoir un souci permanent de pureté interne au sein du PCC et de maintien de la fidélité aux idées du socialisme.

– Quelles sont vos attentes quant au développement futur du PCC ?

– L’une des fonctions de la science est la prévoyance. Elle consiste en la capacité de prévoir les grandes orientations du développement des phénomènes, de prédire l’issue de tel ou tel événement. À cette fin, le passé est étudié de manière approfondie et complète, les tendances et les forces motrices des phénomènes sont attribuées. Il devient ainsi possible de présenter les grandes lignes de l’avenir.

Cette fonction est particulièrement importante pour nous, communistes. Se fondant sur une approche scientifique, ayant étudié les régularités objectives du développement de la société humaine, Marx et Engels ont tiré la conclusion du caractère transitoire du capitalisme et de l’inévitabilité de la victoire du socialisme. En utilisant cette méthode, il est également possible de réfléchir aux perspectives de développement du parti communiste chinois.

Le PCC célèbre son centenaire, après avoir parcouru un chemin glorieux. D’abord petit groupe semi-clandestin, le parti s’est transformé en une force de masse bénéficiant d’un soutien populaire. Il a survécu aux persécutions et aux répressions sanglantes, a lutté contre les envahisseurs et la contre-révolution interne, et a connu des périodes de recul et de percée.

Comme toute organisation de masse suivant la voie inexplorée de la libération et du développement de la société, le parti communiste chinois n’était pas garanti contre les erreurs. Son parcours n’a pas été entièrement lisse et sans nuages. Mais le PCC a réussi à comprendre ses erreurs et à les corriger à temps. Ainsi, les conséquences négatives de la politique du “Grand Bond en avant” et de la “Révolution culturelle” ont incité à revoir la trajectoire de développement du pays. Cela a conduit à l’annonce d’une politique de réforme et d’ouverture, le socialisme avec des caractéristiques chinoises.

La capacité à reconnaître et à corriger les erreurs est étroitement liée à une approche créative du marxisme. La direction du PCC est bien consciente des malheurs qui peuvent résulter de la dogmatisation de la théorie, de sa sclérose. Xi Jinping souligne que “sur la base des changements de l’époque et des changements dans la pratique, il est nécessaire d’approfondir continuellement les connaissances, de généraliser continuellement l’expérience, de réaliser continuellement une bonne interaction entre les innovations dans la théorie et les innovations dans la pratique et, dans le processus de leur unité et de leur interaction, de développer le marxisme chinois au XXIe siècle.”

Sur la base de ces facteurs, nous pouvons affirmer sans risque que le parti communiste chinois est sur la bonne voie. Il est bien sûr impossible de prédire tous les événements futurs dans le développement de la Chine et du monde. Mais il est clair pour nous, communistes russes, que le PCC est préparé aux épreuves les plus difficiles. Le Parti dispose de la force interne pour avancer rapidement et de la souplesse nécessaire pour effectuer les manœuvres nécessaires en cours de route.

Ce n’est pas un hasard si Xi Jinping, comparant le Parti à sa fondation à un “ petit bateau rouge ”, a déclaré qu’il avait surmonté les courants et les vagues agités, contourné les hauts-fonds dangereux et était devenu un navire géant qui mène la Chine vers le développement durable. Dans son discours à l’occasion de l’année 2021, le président de la République populaire de Chine a déclaré : “Nous avons passé cent belles années de voyage sans fin pour atteindre des objectifs magnifiques. Nous adhérons au principe de “l’homme au centre”, en nous souvenant toujours de notre objectif et de notre mission d’origine, contre les éléments, le vent et les vagues, en naviguant à toutes voiles à l’avant-garde, nous réaliserons sûrement le grand renouveau de la nation chinoise.” Il est maintenant utile que le monde tienne compte de ces paroles – pour comprendre la Chine moderne et mieux envisager notre propre voie vers l’avenir.

Les décisions du cinquième plénum du 19e comité central du PCC nous inspirent un grand optimisme. Son communiqué expose les orientations les plus importantes de la politique du Parti. Il note que la Chine en est aux premiers stades du socialisme. Le Parti doit maintenir sa détermination stratégique et mener à bien ses tâches conformément aux lois du développement. Elle “doit identifier précisément les changements et y répondre correctement, et s’efforcer d’y parvenir elle-même“ . Elle souligne la nécessité de “savoir trouver le bon moment dans les situations de crise, d’agir de manière nouvelle dans les situations instables, de saisir les opportunités, de relever les défis, d’éviter les dangers et de rechercher les bonnes conditions, et d’aller de l’avant avec audace“ .

– Comment le KPRF évalue-t-il la signification de la théorie et de la pratique du socialisme aux caractéristiques chinoises pour le mouvement communiste international ? Quels sont les principaux résultats du travail théorique du KPRF dans cette direction au cours des dernières années ?

– L’effondrement de l’Union soviétique et du système d’États socialistes en Europe de l’Est a porté un grand coup au mouvement communiste international. Il y a eu des déclarations sur “ l’effondrement historique” du communisme dans la lutte contre le capitalisme.

Ces conclusions se sont avérées, pour ne pas dire plus, hâtives. Elles contredisent les lois objectives du développement social et historique. Même Lénine a averti que “ s’imaginer que l’histoire du monde progresse de façon régulière et précise, sans faire occasionnellement de grands bonds en arrière, n’est pas dialectique, pas scientifique et théoriquement faux ”. Les événements des années 1980 et 1990 ne constituent donc pas une défaite, mais un revers temporaire pour le mouvement communiste.

Quel que soit l’équilibre des classes et des forces politiques à l’heure actuelle, le triomphe mondial du socialisme est inévitable. Les tendances de ces derniers temps le prouvent clairement. Le capitalisme mondial est de plus en plus déchiré par des contradictions. Il entraîne l’humanité dans une profonde crise socio-économique, écologique, culturelle et morale. Dans un contexte aussi déplorable, les réalisations des pays qui suivent la voie socialiste brillent de plus en plus fort. Tout d’abord, il s’agit de l’énorme et puissante Chine.

Dès 1979, dans le contexte des réformes engagées, il est devenu nécessaire de clarifier la question des perspectives du socialisme en Chine. Deng Xiaoping a alors avancé la thèse de la nécessité de suivre fermement quatre principes de base. Ce sont la voie socialiste, la dictature du peuple ou du prolétariat, la direction du parti communiste, le marxisme-léninisme et les idées de Mao Zedong. En outre, Deng Xiaoping a expliqué en substance pourquoi le socialisme est meilleur que le capitalisme : “Le capitalisme ne peut exister sans les superprofits des millionnaires, sans l’exploitation et le vol, il ne peut échapper aux crises économiques, ne peut formuler des idéaux et une morale communs, ne peut se débarrasser de la pire criminalité, du déclin moral et du désespoir“ . La justesse de ces paroles se vérifie chaque jour.

À un moment où le monde souffrait déjà de la pandémie, votre pays a géré le fléau du coronavirus en un temps record. En outre, vous avez maintenu la dynamique économique et atteint l’objectif extraordinaire d’éradiquer l’extrême pauvreté avant la date prévue.

La Chine se félicite de ses réalisations remarquables. Au premier trimestre de cette année, l’économie nationale a enregistré une croissance sans précédent de plus de 18 %. La production industrielle a connu une croissance décisive. Les industries de haute technologie sont les moteurs de la croissance. La production d’équipements a augmenté de 40 %, et la production de voitures électriques, de robots industriels, d’excavatrices, de micro-ordinateurs et de circuits intégrés a progressé de plus de 60 %. La croissance des exportations a dépassé 38 % par rapport à la même période de l’année dernière. Tous ces chiffres témoignent du succès du lancement du concept de double circulation proposé par le PCC l’année dernière.

Ainsi, la pratique du socialisme en Chine joue un rôle décisif dans le processus historique de transition du capitalisme au socialisme à l’échelle mondiale au stade actuel. Grâce à ses formidables succès, Pékin démontre au monde entier les avantages de la voie socialiste de développement. Autrefois pays agraire pauvre, déchiré par des conflits internes et ravagé par des envahisseurs étrangers, la Chine est devenue une puissance de premier plan qui défie les centres de développement mondiaux traditionnels que sont les États-Unis et l’Europe occidentale.

La Chine, avec ses concepts de communauté de destin unique de l’humanité et de “la Ceinture et la Route” , a promu son expérience dans de nombreux pays du monde. Leur développement économique et leurs liens avec la Chine et entre eux s’approfondissent. Cela accélère la formation d’un pôle alternatif, affaiblissant la domination du globalisme selon le scénario américain. La position constante de Pékin sur la scène internationale sert le même objectif.

S’opposant aux ambitions agressives des États-Unis et de leurs alliés, la Chine soutient un système de relations interétatiques fondé sur les normes du droit international, avec l’ONU à sa tête. Pékin s’oppose au blocus de Cuba et aux plans d’intervention contre le Venezuela. Elle défend le droit du peuple palestinien à créer son propre État et rejette la politique de sanctions contre la Russie, l’Iran et d’autres pays. Cela affaiblit l’oligarchie mondiale et aide les mouvements communistes et autres mouvements progressistes dans leur travail au profit de leurs peuples.

Il est important que la Chine prenne une part active au développement de la théorie marxiste. La tenue annuelle de forums internationaux scientifiques et socialistes à Pékin est devenue une bonne tradition. Ils rassemblent des représentants des partis de gauche, des scientifiques et des experts du monde entier. Les forums abordent les questions les plus urgentes liées aux études historiques, philosophiques et politiques, aux processus économiques et politiques mondiaux, aux perspectives de développement du mouvement communiste et à la pratique du socialisme.

Ainsi, la Chine apporte une contribution déterminante au mouvement mondial pour le socialisme et, sans exagération, elle est la locomotive du processus historique mondial. Ce fait est constamment souligné par le KPRF. Conscient que l’inhibition du travail théorique a joué un rôle négatif dans le destin de l’URSS et du PCUS, notre parti accorde une attention accrue à ces questions.

Le KPRF a réalisé une analyse approfondie des raisons de la destruction de l’Union soviétique et de la restauration du capitalisme en Russie. Aujourd’hui, notre Parti s’efforce de définir la voie du développement de la société russe, d’aborder les problèmes de l’avenir et de former un mouvement de masse “Pour une patrie socialiste forte et juste – pour l’URSS !” Cette activité est menée par le Comité central du KPRF et ses branches régionales, les journaux Pravda et Sovetskaya Rossiya, la chaîne de télévision Krasnaya Liniya, l’association publique des universitaires russes d’orientation socialiste, nos alliés et nos partisans.

Dans les travaux théoriques, une importance considérable est accordée à l’étude des tendances du développement mondial. Dans un certain nombre d’ouvrages, dont mon livre “La Russie dans le collimateur du mondialisme”, une analyse approfondie des caractéristiques du stade impérialiste du capitalisme à cette étape est donnée, des conclusions sont faites sur son caractère pernicieux pour l’humanité. Une place particulière dans ces travaux est dévolue à l’analyse de l’expérience de la Chine en tant que société, capable de fédérer autour d’elle les forces vives de la planète et de défier le capital mondial.

– Parlez-nous de l’état actuel du parti communiste. La pandémie a-t-elle apporté des ajustements à la philosophie politique du KPRF ?

– Depuis son rétablissement en 1993, le Parti communiste de la Fédération de Russie est la principale force d’opposition du pays. Nous considérons que la voie néolibérale choisie après l’effondrement de l’URSS est erronée et fatalement dangereuse pour la Russie. Malgré la rhétorique patriotique des autorités russes actuelles, on n’entend pas les cercles dirigeants condamner la politique de “ thérapie de choc” . Et cette politique a eu les conséquences les plus dramatiques. Il s’agit notamment de la désindustrialisation de notre pays, de sa dépendance à l’égard de la “ seringue” de pétrole et du gaz, d’une profonde crise démographique, de la destruction des infrastructures sociales, de la paupérisation de la population et de profondes inégalités.

Nous pensons que la vie exige de toute urgence un changement décisif dans le cours du développement de la Russie. Pendant plusieurs années consécutives, les revenus réels de la population ont diminué. La part du pays dans le PIB mondial est tombée en dessous de deux pour cent. Très à la traîne en matière d’innovation, la Russie reste vulnérable à des défis extérieurs de plus en plus graves. Les États-Unis et leurs alliés nous imposent des sanctions, nous entourent de bases militaires et amassent des contingents militaires près de nos frontières. Jusqu’à présent, le bouclier de missiles nucléaires créé par l’Union soviétique retient les prédateurs étrangers. Cependant, en l’absence d’un arrière fort sous la forme d’une économie forte et d’une science développée, cela pourrait ne pas suffire pour se défendre contre une agression extérieure.

La pandémie nous a donné raison, confirmant les évaluations et les avertissements du KPRF. Le système social, affaibli par plusieurs vagues d'” optimisation ”, a résisté avec peine aux assauts de l’infection. Le déclin économique des résultats de 2020 a été plus important que la moyenne mondiale. Cela pousse notre parti à se battre avec encore plus d’énergie pour la mise en œuvre des dispositions de son programme.

Le 18e congrès du KPRF, qui s’est tenu en avril de cette année, était très important pour nous. Le Congrès a évalué le travail du Parti et de son Comité central au cours des quatre dernières années. Nous avons consigné les résultats spécifiques, noté les problèmes et les succès, et fixé les tâches pour l’avenir. La résolution du congrès intitulée “Pour le socialisme, contre la pauvreté et l’anarchie !” a souligné la nécessité de résoudre d’urgence les problèmes accumulés dans le pays.

Le KPRF insiste sur la mise en place d’un gouvernement de confiance du peuple, qui mettra en œuvre un programme pour sortir la Russie de la crise. Nous considérons que la nationalisation des industries et des banques clés, la mise en œuvre d’une politique monétaire nationale et la prévention de l’exportation prédatrice de capitaux sont les tâches principales d’un gouvernement populaire. En général, il est extrêmement nécessaire d’éliminer les mécanismes financiers qui dévastent le pays, empêchant son développement économique et social. Nous avons besoin d’une véritable substitution des importations et d’une politique sociale dans l’intérêt des travailleurs.

L’expérience de la Chine a été citée en exemple lors du Congrès du KPRF. Le rapport politique du Comité central cite Xi Jinping qui a déclaré que le centre de la politique du PCC est le peuple, ses aspirations et ses intérêts. En même temps, notre document souligne comment un développement rapide peut être atteint sur une telle base : “Plus de 700 millions de personnes ont été sorties de la pauvreté. D’ici le milieu du siècle – le 100e anniversaire de la République populaire de Chine – l’Empire céleste entend devenir un État socialiste puissant, civilisé et avancé. Et sous la direction du parti communiste, cette tâche est absolument réalisable. Sur la scène mondiale, Pékin promeut activement le projet “One Belt, One Road”. C’est l’idée d’unir des pays pour un développement basé sur l’introduction de nouvelles technologies, de systèmes de transport et d’infrastructures. Ces approches développent les idées marxistes-léninistes de coopération égale entre les peuples“ . Nous pensons qu’en juin prochain, lors de la deuxième étape du 18e congrès du KPRF, ses délégués soutiendront une résolution spéciale sur le 100e anniversaire du KPRF.

Les élections à la Douma d’État de septembre prochain seront un événement important pour la Russie. Nous nous y préparons sérieusement, avec le soutien de millions de nos concitoyens. Le KPRF aborde la campagne des élections parlementaires avec une stratégie bien élaborée pour sauver le pays.

Agissant dans l’opposition, les communistes russes sont confrontés à de nombreuses difficultés. Nous devons constamment surmonter les pressions politiques, faire face à l’anticommunisme et à l’antisoviétisme. Mais nous n’avons pas été découragés par les difficultés. Nous sommes inspirés par les victoires exceptionnelles de nos prédécesseurs, les bolcheviks russes, le peuple soviétique tout entier, et les réalisations exceptionelles de nos camarades et amis chinois.

– Comment le KPRF considère-t-il les différences entre la philosophie politique du PCC et celle du KPRF ?

– Le PCC et le KPRF sont tous deux des partis communistes basés sur le marxisme-léninisme. Les deux partis abordent leur héritage théorique non pas de manière dogmatique mais de manière créative. Cela est tout à fait conforme aux avertissements de Marx, Engels et Lénine sur les dangers du dogmatisme et de l’application mécanique des positions théoriques. Rappelons qu’Engels a comparé le marxisme à un levier qui doit mettre en mouvement les masses de prolétaires et tous les travailleurs. Il a sévèrement critiqué ses compagnons d’armes, qui “dans la plupart des cas ne comprennent pas eux-mêmes cette théorie et la traitent de manière doctrinale et dogmatique, croyant qu’elle doit être apprise par cœur – et que cela suffit pour toutes les occasions. Pour eux, c’est un dogme, pas un guide d’action“ .

Lénine a également combattu avec force l’assimilation doctrinaire du marxisme. Il a refusé la mémorisation mécanique par cœur et la répétition de “ formules ”. Toute disposition théorique doit être utilisée en fonction de la “situation économique et politique concrète de chaque tranche spéciale du processus historique“ .

Le programme du KPRF l’affirme fermement : “Pour déterminer les buts et les objectifs de son programme, sa stratégie et sa tactique, notre Parti procède à une analyse de la pratique sociale et politique, il est guidé par la doctrine marxiste-léniniste et la développe de manière créative, en s’appuyant sur l’expérience et les réalisations de la science et de la culture nationales et mondiales.”

Les documents du programme du PCC indiquent également que le Parti est guidé dans ses activités par le marxisme-léninisme. Les statuts du parti stipulent que “ la ligne idéologique du parti appelle à tout baser sur la réalité, à unir la théorie à la pratique, à être réaliste, à vérifier et à développer la vérité dans la pratique “.

Il est certain que les circonstances ont un effet sur les activités du PCC et du KPRF. Le PCC est la force dirigeante de la société chinoise. Il est directement concerné par l’organisation du développement politique et socio-économique du pays, et par la définition des politiques intérieure et extérieure de la Chine. Le KPRF est un parti d’opposition. Nous proposons des stratégies pour le développement de la Russie, soulignons les lacunes de la politique actuelle et défendons les droits des travailleurs. Nous luttons pour la mise en œuvre de nos politiques par le biais du parlement et des autorités locales, dans les rues et dans notre travail quotidien avec les travailleurs.

Les principes idéologiques du PCC et du KPRF sont les mêmes. Nos partis visent à construire une société socialiste juste et considèrent le communisme comme l’objectif ultime. “L’idéal suprême et le but ultime du parti est la réalisation du communisme “, dit la Constitution du PCC. “Au fur et à mesure que le socialisme se développe, les conditions préalables nécessaires à l’établissement du communisme – l’avenir historique de l’humanité – sont posées et mûries “, souligne le programme du KPRF. C’est ce qui permet avant tout de jeter des bases solides pour la coopération entre nos partis, afin de relever ensemble les défis auxquels sont confrontés les peuples de Chine, de Russie et du monde entier.

– Comment le KPRF voit-il l’avenir, le destin et la tendance à long terme du développement du mouvement communiste international ?

– Le KPRF est convaincu que les événements du tournant des années 1980-1990 sont un recul temporaire, un épisode tragique mais transitoire sur la route du progrès social. Même Engels a écrit que Marx a donné une explication strictement scientifique de l’inévitabilité de l’effondrement du système capitaliste et a prouvé l’inévitabilité de la victoire du socialisme. Ce faisant, il ne s’est pas fondé sur des principes moraux romantiques, mais sur des faits économiques fondamentaux. Ces faits économiques montrent aujourd’hui encore la condamnation historique d’une société d’exploitation.

Lénine a profondément développé le grand héritage théorique de K. Marx et F. Engels. Dans le même temps, il s’est révélé être un organisateur talentueux, un révolutionnaire, le créateur d’un nouveau type de parti et du premier État socialiste du monde. Comme l’a écrit l’éminent révolutionnaire chinois Sun Yat-sen, “Au cours des nombreux siècles de l’histoire du monde, des milliers de dirigeants et de savants sont apparus avec de belles paroles sur les lèvres, qui n’ont jamais été mises en pratique. Vous, Lénine, êtes une exception. Vous n’avez pas seulement parlé et enseigné, mais vous avez transformé vos paroles en réalité. Vous avez créé un nouveau pays. Vous nous avez montré le chemin“ .

Oui, après la victoire de la grande révolution socialiste d’octobre, le capitalisme a fait preuve de vitalité. Il a montré sa capacité à manœuvrer et à s’adapter aux conditions changeantes. Le capital a fait des concessions aux travailleurs après la victoire de la Grande Révolution d’Octobre et la formation du système d’États socialistes. Il a introduit des garanties sociales et accepté la décolonisation de continents entiers. Mais l’essence du capitalisme est restée la même. Par conséquent, les contradictions du capitalisme n’ont pas disparu. Il s’agit avant tout des contradictions entre la nature sociale de la production et la forme capitaliste privée de l’appropriation.

Les crises du capitalisme sont de plus en plus longues et profondes. À peine l’humanité s’est-elle remise de la crise financière et économique mondiale qui a débuté en 2008 qu’une crise pandémique a frappé. L’épidémie de coronavirus a mis en lumière l’essence du système capitaliste, son inégalité et son injustice. Elle a accéléré l’érosion et le vol aux ouvriers et aux paysans des concessions que la bourgeoisie avait faites au siècle dernier. Dans toute sa vilenie, nous voyons le capitalisme tel qu’il est. C’est un système d’oppression des plus cruels et d’inégalité des plus profonds.

Le fossoyeur du capitalisme et le moteur de la transition vers la société socialiste est le prolétariat. Mais, comme le soulignaient les classiques, pour réaliser leurs véritables intérêts, pour devenir une classe véritablement révolutionnaire, les prolétaires doivent s’armer d’une théorie avancée – le marxisme-léninisme. Ce n’est qu’alors que la protestation spontanée des masses se transformera en une lutte cohérente et consciente pour la liberté et la justice.

Les communistes en sont les premiers responsables. Plus les conséquences de la domination capitaliste sont dévastatrices, plus le besoin d’un mouvement communiste large et fort est urgent. Contrairement aux affirmations sur “ l’effondrement du communisme” , ce sont les forces de gauche qui sont à l’avant-garde des soulèvements populaires dans divers pays. L’année dernière, les manifestations de plusieurs millions de personnes en Inde, les luttes des travailleurs en Turquie, les manifestations de masse en Amérique latine, en Europe et même aux États-Unis l’ont confirmé. L’activité progressivement croissante des masses populaires jette les bases du renforcement du mouvement communiste international.

Il est de la plus haute importance que les forces progressistes de la planète aient des repères lumineux. La Chine, le Vietnam, Cuba ont démontré la grande efficacité des mécanismes socialistes. Ils se sont montrés capables de résoudre les problèmes les plus difficiles, qu’il s’agisse de la charge des soins de santé en période d’épidémie ou de la garantie de la croissance de l’économie. C’est pourquoi, à la suite de Lénine, nous affirmons : “Nous sommes des optimistes !”.

Cependant, la conviction de notre victoire n’est pas une raison pour se reposer sur ses lauriers. Au contraire, la tâche des communistes dans la situation actuelle est de travailler de plus en plus activement avec les masses, de les éduquer, de les élever dans la lutte contre l’exploitation et l’inégalité. Et ceci, à son tour, exige une coordination accrue entre les communistes du monde entier. C’est pourquoi des liens stables et des relations chaleureuses entre le KPRF et le PCC sont si importants.

– Quelles idées et suggestions spécifiques le KPRF a-t-il pour renforcer les échanges et la coopération avec le PCC ?

– Le KPRF et le PCC ont atteint un niveau de relations très élevé. À l’heure actuelle, je ne qualifierais pas seulement notre coopération de partenariat ou d’amitié, mais aussi d’alliance stratégique. J’aimerais rappeler que peu après la restauration du Parti au début des années 1990, des contacts bilatéraux étroits ont été établis entre les communistes de Russie et de Chine. Il y a 25 ans déjà, un accord de coopération entre nos partis a été conclu.

En décembre 2019, l’accord sur notre coopération a été renouvelé une nouvelle fois. A cette époque, ma visite en RPC a eu lieu à la tête de la délégation du KPRF. Le mémorandum signé jusqu’en 2024 prévoit des séminaires sur des questions théoriques, l’échange de délégations, le renforcement de la coopération régionale et une information mutuelle régulière sur les activités de chacun.

Ces tâches sont mises en œuvre avec succès. Avant les difficultés liées à la pandémie, des délégations des branches régionales de la KPRF, des journalistes des publications du parti et des militants du Komsomol Lénine se rendaient régulièrement dans votre pays, apprenant l’expérience des communistes chinois et les succès de la construction socialiste en RPC.

Les membres du KPRF et nos sympathisants reçoivent des informations constantes sur les événements en Chine et sur les politiques du PCC. Cela s’est traduit par l’apparition sur les pages de la Pravda d’une rubrique commune avec le site web de Renminwang. La chaîne de télévision “Red Line”, les ressources Internet de notre parti et ses nombreuses publications locales accordent une grande attention aux événements en République populaire de Chine. Le travail théorique commun se renforce. Il est particulièrement vivant en coopération avec l’Institut du marxisme de l’Académie chinoise des sciences sociales.

Les activités conjointes ont un potentiel énorme. La célébration du 70e anniversaire du Jour de la Victoire, du 100e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre et du 200e anniversaire de la naissance de Karl Marx en est un exemple. Un tel format devrait être poursuivi et étendu. Le 100e anniversaire du PCC est une bonne occasion pour cela.

Nous pensons que le travail théorique commun doit être porté à un nouveau niveau. Sur la base de l’expérience accumulée, nous pouvons créer des commissions théoriques permanentes ou des groupes de travail avec la participation de spécialistes des sciences sociales de Russie et de Chine.

Nous sommes prêts à populariser les stratégies et les initiatives mises en avant par le PCC, car elles sont très intéressantes et utiles pour les citoyens russes. Elle concerne les concepts de “deux circulations” et de communauté de destin unique de l’humanité, les avantages de la stratégie “Une ceinture et une route” . Ce travail peut être inclus dans un format plus large d’opposition commune à la guerre de l’information de la part de l’Occident. Nous devons simplement créer ensemble une image alternative de l’avenir de notre planète.

Le Parti communiste, qui est l’une des principales forces politiques de Russie, est prêt à renforcer la coopération interétatique entre nos pays de toutes les manières possibles. Ce n’est un secret pour personne qu’après l’effondrement de l’URSS, l’équipe Eltsine en Russie a adopté une approche centrée sur Washington. Cela a rendu notre pays vulnérable aux pressions extérieures de l’oligarchie mondiale. Le KPRF a toujours insisté sur la nécessité de se concentrer sur le développement des relations avec le reste du monde, et en particulier avec la Chine.

Récemment, les relations entre nos deux pays ont beaucoup progressé. La Chine et la Russie mènent des projets communs dans les domaines de l’énergie et des transports, ainsi que de l’industrie de la défense. Les liens politiques, culturels et éducatifs se renforcent. Pékin s’est hissé à la première place des partenaires commerciaux de Moscou. Mais le potentiel d’expansion des relations entre nos pays est grand. Il doit véritablement correspondre au statut des grandes puissances. Ceci est particulièrement important compte tenu de l’aggravation des relations internationales et de l’agressivité croissante du bloc d’États dirigé par les États-Unis.

Les projets communs entre les régions de Chine et de Russie peuvent devenir l’un des “moteurs” de l’expansion de la coopération. En cela, nous sommes prêts à donner un exemple où les régions russes sont dirigées par des candidats du KPRF – dans la région d’Orel, à Novossibirsk et en Khakassie.

– Vous avez rencontré le président Xi Jinping à plusieurs reprises. Pouvez-vous nous parler de vos impressions, et de tout détail intéressant de ces rencontres ?

– En effet, nous avons eu un certain nombre de réunions, et chacune d’entre elles a laissé un souvenir positif indélébile. Nous nous connaissions déjà depuis notre rencontre à Shanghai lorsque Xi Jinping s’est rendu en Russie en mars 2010 en sa qualité de membre du Comité permanent du Bureau politique du Comité central du PCC et de vice-président de la RPC. Même à ce moment-là, il était clair qu’il s’agissait d’une personne extraordinaire qui avait beaucoup à faire pour le bien du peuple chinois. Xi Jinping a immédiatement démontré sa profonde compétence, sa préparation dans les affaires économiques, politiques et internationales. Le Président de la République populaire de Chine connaît bien l’histoire des relations entre nos pays et nos partis.

Deuxièmement, l’engagement calme et confiant de Xi Jinping envers le marxisme, la profondeur et la fermeté de ses convictions, font une forte impression. Il ne s’agit pas d’une approche purement émotionnelle, mais d’une confiance fondée sur la connaissance des avantages de la voie socialiste de développement pour la Chine et le monde entier.

En général, le président de la République populaire de Chine est fermement engagé sur la voie du réalisme. Il est étranger au volontarisme et à la vacillation. Il a un bon sens des problèmes de son pays et sait comment les résoudre. Je pense que cela est lié au fait que Xi Jinping a gravi tous les échelons du pouvoir, de secrétaire adjoint du comité du parti communiste à chef du parti et du pays.

Par la suite, nous nous sommes rencontrés à de nombreuses reprises – à Pékin, à l’exposition universelle de Shanghai et lors de la visite du président chinois en Russie peu après son élection. Chaque fois, j’ai découvert de nouvelles facettes de la personnalité de cet homme – son ouverture d’esprit combinée à son adhésion aux principes, sa volonté d’entendre et d’accepter les opinions des autres, ainsi que sa conviction inconditionnelle dans les idées sous-jacentes. Il ne jette pas ses promesses en l’air, ne fait pas de discours creux “ pour faire la conversation”. Tous les accords qu’il a conclus ont été respectés avec précision et dans les délais.

Permettez-moi de le dire sans détour : je pense que le peuple chinois a de la chance d’avoir un dirigeant tel que Xi Jinping. Il a pris la place qui lui revient parmi ses illustres prédécesseurs, aux côtés de Mao Zedong et de Deng Xiaoping. Cela est particulièrement important compte tenu des défis auxquels la Chine et le monde sont confrontés aujourd’hui. Dans un tel environnement, les qualités personnelles des hommes d’État sont extrêmement importantes. Et, bien sûr, pour moi, en tant que communiste russe, il est extrêmement important qu’en la personne de Xi Jinping, le peuple russe ait un ami talentueux et profond, loyal et fort.
Xuan
Rapprochement clair de la Chine et de la Russie, mais aussi du PKRF et du PCC.
Ivan Ivanovich Melnikov est vice-président du Parti communiste de la Fédération de Russie (CPRF) et premier vice-président de la Douma d'État.
On notera que dans son intervention il attribue à Nixon-Kissinger le sabotage des relations entre nos deux puissances dans les années 60. Il y a là un non-dit sur le social-impérialisme et le choix de la Chine à cette époque.
D. Bleitrach en profite pour rappeler très justement l'effondrement eurocommuniste et l'atlantisme toujours en cours dans le PCF.
Que des listes communes soient encore réalisées avec le groupuscule de Glucksmann et avec les résidus du PS en dit long par exemple.


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Russie et Chine: coopération géopolitique


DANIELLE BLEITRACH 5 JUIN 2021
https://histoireetsociete.com/2021/06/05/russie-et-chine-cooperation-geopolitique/
“La voie vers un monde multipolaire ne peut être tracée que par la coopération géopolitique”.

Ivan Melnikov, Premier vice-président du comité central du KPRF, premier vice-président de la Douma d’État, s’est exprimé lors de la conférence internationale “Russie et Chine : la coopération dans une nouvelle ère” .

Comme en témoigne l’intervention de Melkinov, il s’agit dans un contexte officiel de rappeler la perte de souveraineté russe avec la chute de l’URSS, mais aussi la manière dont tout le continent européen a vu toutes les personnalités indépendantes, les forces politiques allant dans le même sens être remplacées par des individus et des institutions vassalisées.

J’ajouterai et ce sera une réflexion que nous prolongerons demain, ce que ne dit pas ce texte mais qui est contenu en filigrane : dans le cadre de cette vassalisation qu’en a-t-il été des grands partis européens, ceux au pouvoir mais aussi ceux dans l’opposition comme les partis communistes italien et français?

Qu’en est-il aujourd’hui au plan international et l’évolution positive au plan interne a-t-elle sa correspondance au plan international par rapport aux enjeux de l’heure.

Je réponds NON, le PCF est encore vassalisé à l’atlantisme, ce qui bloque son processus de reconstruction stratégique mais celui-ci va de plus en plus exiger un niveau de conscience des militants, et il serait temps de le voir. (note de Danielle Bleitrach et traduction de Marianne Dunlop)


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2 juin 2021

Ivan Melnikov

Le 1er juin, le premier vice-président de la Douma d’État de l’Assemblée fédérale de la Fédération de Russie, président de la Société d’amitié russo-chinoise, Ivan Melnikov, a participé à la sixième conférence internationale “Russie et Chine : coopération dans la nouvelle ère”. La conférence était organisée par le Conseil russe des affaires internationales (RIAC) et l’Académie chinoise des sciences sociales (CASS).

L’événement a été programmé pour coïncider avec le 20e anniversaire du traité de bon voisinage, d’amitié et de coopération entre la Russie et la RPC, qui a jeté les bases d’un nouveau type de relations entre les deux pays.

Le ministre russe des affaires étrangères, Sergey Lavrov, et le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, ont participé à la conférence, ainsi que d’autres hommes d’État, des politiciens, des experts de premier plan et des universitaires des deux pays travaillant sur les relations Russie-Chine. Voici l’intervention d’Ivan Melnikov, au nom de la Douma d’État et de la Société d’amitié russo-chinoise :

“Chers collègues, camarades, amis !

Je suis heureux de voir de nombreux visages familiers. Je remercie les organisateurs des côtés russe et chinois pour l’invitation à participer à cette conférence représentative, informative et vraiment pertinente.

D’une part, l’événement coïncide avec le 20e anniversaire du traité de bon voisinage, d’amitié et de coopération entre la Russie et la Chine – et nous analysons l’expérience accumulée, la brillante ascension de notre partenariat au niveau stratégique global. Il s’agit d’une réalisation commune de la plus haute importance.

D’autre part, l’accent est mis sur la coopération “dans une nouvelle ère”, et nous discutons de l’avenir. En même temps, nous comprenons que beaucoup de choses sur la planète dépendent aussi de l’avenir de nos relations. Il s’agit d’une grande responsabilité partagée.

Le bloc de questions proposé pour notre session parle des “particularités et caractéristiques essentielles” du partenariat entre la Russie et la Chine. Je crois qu’ils sont fondés sur le déroulement même du processus historique. Historique et géopolitique. Et pour avoir une meilleure idée de la dynamique et du ton de nos relations bilatérales, il est utile de revenir un peu sur le contexte général.

Après l’effondrement de l’Union soviétique – 10 ans avant la conclusion du traité – la Russie a rencontré des problèmes dans la mise en œuvre de sa politique souveraine, y compris la politique étrangère. Ce n’est un secret pour personne que dans les années 1990, un nombre important d’institutions publiques étaient dirigées par des conseillers étrangers venus de l’Ouest. Les chacals politiques se sont rués sur le butin : l’économie soviétique. C’était une “période troublée”, difficile.

Au début du XXIe siècle, juste au moment de la signature du traité, la situation a commencé à changer, la Russie moderne a commencé à chercher son chemin vers une nouvelle politique indépendante. Elle se trouvait à un carrefour, tendant avec bienveillance une main vers l’Europe et l’autre vers l’Asie. Notre pays est fortement lié à l’histoire et à la culture européennes. Quant à l’Europe, il y avait beaucoup d’attentes. Il a été question d’un grand projet “de Lisbonne à Vladivostok”.

Il a fallu du temps pour accepter le fait : l’Europe n’est pas indépendante dans ses intentions et ses actions. Ni “celle de l’Ouest”, ni “celle de l’Est”. Aucune.

On aurait pensé que le monde n’était plus divisé en “deux camps”. Mais les Européens ont se sont débarrassés de tous les dirigeants plus ou moins indépendants – et, sous l’impulsion d’une nouvelle génération de politiciens, n’ont fait qu’accroître leur dépendance à l’égard de Washington et de son quartier général à Bruxelles. En cours de route, ils ont provoqué une avalanche de crises : de la démocratie, de l’identité nationale, de l’orientation spirituelle. Il est devenu plus difficile de parler de quelque chose d'”équitable” et de “mutuellement bénéfique”.

Cependant, au cours de ces mêmes années, le dicton “tout s’apprend par comparaison” s’est avéré efficace. Ces circonstances ont permis de voir encore mieux en Chine, par contraste, les caractéristiques que nous recherchions dans un partenariat. Solidité, cohérence, prévisibilité.

Après une certaine période d’éloignement l’un de l’autre, l’interaction pratique sur des questions spécifiques et la communication basée sur la confiance nous ont rapprochés, étape par étape. Les dirigeants de nos États et leurs relations personnelles ont joué un rôle important à cet égard. Les circonstances historiques ont également joué un rôle important. Et, le plus important de tous : la confluence des valeurs nationales et des approches à long terme. La paix, pas la guerre. Le collectivisme, pas l’égoïsme. La prise en compte mutuelle des intérêts de chacun, et non leur opposition. Indépendance et traditions distinctives plutôt que des modèles universels étrangers et souvent inadaptés.

Sur la scène internationale – aux yeux des autres acteurs – nous ne sommes pas seulement de grands pays. La civilisation russe, avec ses milliers d’années d’existence en tant qu’État et son expérience soviétique unique, et la civilisation chinoise, l’une des plus anciennes de l’histoire de l’humanité, ont un grand potentiel pour équilibrer l’agenda international dans le cadre de relations alliées. De plus, à long terme, ils peuvent jouer un rôle décisif dans la progression du développement économique et technologique de la planète.

Cela est de plus en plus évident pour ceux qui n’aiment pas un tel scénario. C’est pourquoi des informations sur les plans prétendument insidieux de la Chine concernant la Russie sont lancées de plus en plus fréquemment. On s’efforce de créer l’image d’une menace venue de l’Est aux yeux des Russes.

Nous connaissons de tels “bienfaiteurs”. Ils aiment les schémas bien rôdés. Peut-être veulent-ils répéter le coup de Nixon-Kissinger de la fin des années 60 et du début des années 70 pour saper les relations entre nos deux puissances. Et en faisant cela, ils veulent maintenir leur position dominante.

Mais cette leçon a été apprise. Nous avons été “vaccinés” contre ces astuces. Ce n’est pas un hasard si un slogan a été choisi lors de la signature de notre traité il y a vingt ans : “Amis pour toujours, ennemis jamais”.

Bien sûr, la politique et la géopolitique ne sont ni des paroles ni des romances. Il n’y a aucun doute : chaque pays a ses propres intérêts. La Russie et la Chine pensent avant tout à leur bien-être, à leurs tâches nationales, à leurs peuples et à la protection de leurs frontières et de leurs “lignes rouges”. Mais la vie prouve un autre fait irréfutable : il est très difficile, dans les conditions du monde unipolaire imposé, de s’isoler chacun dans son coin et de résoudre ses propres problèmes. Ceux qui revendiquent l’exclusivité et l’hégémonie ne laisseront personne faire cela.

Nous le comprenons. Et dans ce contexte, il était agréable d’entendre les récents propos de Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, selon lesquels les autorités chinoises ont l’intention de commencer à renforcer leur soutien à la Russie dans un contexte de durcissement des sanctions occidentales contre Moscou. Ce langage de référence est important non pas tant pour les politiciens que pour la société russe. La solidarité est un concept très spécial pour le peuple russe ; il connaît son prix.

Nos dirigeants ont répété à plusieurs reprises que nous ne construisons aucun type de blocs ou d’alliances militaires. C’est vrai, c’est notre position. Mais il est également vrai que la voie vers un monde multipolaire ne peut être tracée que par la coopération géopolitique de ceux qui sont en faveur d’un tel monde. Il n’y a aucune réticence à avoir.

Trois “cycles de sept ans” de la lutte de la Russie pour la multipolarité, résistant à l’expansion militaire et culturelle du mondialisme à l’américaine, se sont déjà écoulés au XXIe siècle.

En 2007, le président Vladimir Poutine a explicitement et clairement exposé les problèmes existants dans son discours de Munich. En 2014, avec les faucons aiguisant leur bec de prédateur aux frontières mêmes de la Russie, il n’y avait plus de temps pour les bavardages. Nous avons été contraints d’agir de manière décisive lorsque l’élite occidentale a trahi l’accord signé à Kiev par ses hauts représentants. Aujourd’hui, en 2021, alors que le niveau d’escalade et d’accusations débiles a atteint son paroxysme, le leader russe, d’habitude toujours poli, a utilisé l’expression “nous vous casserons les dents”. Ah, que pouvez-vous faire s’ils ne veulent pas entendre d’autres mots.

La Russie est un pays qui aime la paix. Rappelons-nous : ce n’est pas notre pays qui a déclenché la “guerre froide” au milieu du XXe siècle. Au contraire, forte d’un pouvoir et d’une influence énormes dans le monde après la Seconde Guerre mondiale, lors de toutes les conférences liées à la création de l’ONU, la délégation soviétique a plaidé de manière cohérente et décisive pour que les activités de cette organisation soient fondées sur des principes démocratiques dès le départ. Nous y sommes toujours attachés, même aujourd’hui.

Les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU ont un droit de veto, et ces droits sont égaux. Quel système incroyable : un seul vote contre, et tout le monde devra l’accepter ! Et on nous impose un cadre où un seul cri, un seul commandement américain “attaque” [mot utilisé uniquement pour donner un ordre au chien, NdT] suffit pour que des dizaines de petits satellites détruisent de grands projets économiques, retirent du marché des innovations technologiques non désirées, imposent des sanctions et arrachent les drapeaux des États. Et tout cela vise à la destruction, à la division, au conflit. Les peuples du monde, fatigués des pandémies, ont déjà accumulé la fatigue d’une telle atmosphère tendue et agressive.

La Russie et la Chine, quant à elles, peuvent donner l’exemple d’un programme positif et créatif. Je suis plongé dans les relations entre la Russie et la Chine depuis de nombreuses années, mais auparavant je n’en voyais qu’une seule composante – interétatique, interparlementaire et interpartis. Ayant dirigé la Société d’amitié russo-chinoise, j’ai discerné, au cours des deux dernières années, une énorme strate de personnes, tant en Russie qu’en Chine, qui, avec un immense enthousiasme et un intérêt sincère pour l’autre, organisent des événements et popularisent les traditions et les réalisations des deux pays. Cette énergie vive est le carburant le plus sérieux pour les contacts de haut niveau. Il existe un sentiment absolument sincère qu’à travers tout cela, en rassemblant les gens, à travers des projets communs, il est possible de surmonter non seulement les difficultés de communication linguistique, mais aussi tous les autres obstacles possibles.

Il ne s’agit pas de s’intéresser aux beautés de la Place Rouge ou à la calligraphie chinoise. Ce qui est important, c’est l’amitié des scientifiques, des entrepreneurs, des étudiants, des sportifs, des médecins, etc., etc. – de tous les tissus de la société, de toutes les catégories professionnelles et d’âge.

De cette manière, nous pouvons élargir et renforcer la base sociale de nos relations. En outre, les systèmes de communication modernes permettent aujourd’hui aux citoyens d’être plus proches les uns des autres, quelle que soit la distance géographique. Si l’intérêt mutuel et l’ouverture de nos citoyens les uns envers les autres deviennent un courant favorable, notre navire de partenariat interétatique voguera plus vite et plus régulièrement sur une telle rivière. La qualité du navire dépend des politiciens. La vitesse de la navigation dépend des peuples.

En conclusion, je voudrais souligner l’importance du mot “bon voisinage” dans le libellé de notre traité. La première partie de ce mot est très forte. Que nos relations continuent à se développer sous le signe du mot “bon” pour la Russie et la Chine, et pour le monde entier !


Edité le 05-06-2021 à 19:02:08 par Xuan


 
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