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Xuan
Exactement, la guerre de Trump pousse la Chine à compter sur ses propres forces et fait taire les modérés dans le PCC. Avec pour conséquence à terme, la construction d'une deuxième toile.
Exact aussi que 1 % n'est pas grand chose, mais assez pour mettre les bourses sur des chardons ardents, façon coucougnettes braisées, sans compter les divisions internes sur fond de guerre de la propreté :


Deutsche Bank accusée d’avoir ignoré des transactions suspectes impliquant des sociétés contrôlées par Donald Trump
La banque est accusée d’avoir une approche laxiste de la législation anticorruption, afin de protéger les relations avec ses clients influents.
Le Monde avec AFP et Reuters Publié aujourd’hui à 10h40, mis à jour à 14h36

Les dirigeants de Deutsche Bank ont refusé en 2016 et 2017 de saisir les services américains de lutte contre le blanchiment d’argent à propos de transactions suspectes impliquant des sociétés contrôlées par Donald Trump et son gendre Jared Kushner, a rapporté le New York Times, dimanche 19 mai.
Le quotidien cite cinq anciens et actuels employés de la banque et précise que certaines transactions, dont plusieurs concernant la fondation Trump aujourd’hui dissoute, ont provoqué des alertes du système informatique signalant des activités bancaires potentiellement illicites.
Des employés de Deutsche Bank ont alors examiné ces transactions et rédigé des rapports d’activités suspectes, pensant que ces signalements seraient adressés à une unité du département du Trésor, poursuit le quotidien.
Ces employés, note le New York Times, ont interprété ce refus de la direction de Deutsche Bank comme une approche laxiste de la législation anticorruption. Selon eux, une telle attitude était récurrente parmi les dirigeants de la banque afin de protéger les relations avec leurs clients influents.
Une employée qui a procédé à l’examen des transactions suspectes a déclaré avoir été licenciée l’an passé après avoir fait part de ses inquiétudes sur ces pratiques bancaires.

Des informations « catégoriquement fausses » pour la banque

Une porte-parole de Deutsche Bank a qualifié de « catégoriquement fausses » les informations suggérant que des employés ont été mutés ou licenciés afin d’étouffer des soupçons à l’égard de certains clients. Elle a ajouté que la banque avait accru ses efforts pour lutter contre la délinquance financière.
Deutsche Bank a prêté plusieurs milliards de dollars à des sociétés détenues par Donald Trump ou par son gendre Jared Kushner.
Une porte-parole de la Trump Organization a déclaré que cette « histoire était un non-sens absolu ». « Nous n’avons connaissance d’aucune transaction “suspecte” avec Deutsche Bank. En fait, nous n’avons aucun compte opérationnel avec Deutsche Bank », a-t-elle précisé. Une porte-parole de Kushner Companies a estimé que les informations du New York Times étaient « inventées et totalement fausses ».

Lire aussi Donald Trump veut empêcher une audition de la Deutsche Bank au Congrès américain

Le Congrès réclame des documents

Pourtant, à la fin du mois d’avril, Donald Trump et trois de ses enfants, Eric, Ivanka et Donald Jr., ont engagé une procédure judiciaire contre Deutsche Bank afin d’empêcher la banque de se soumettre à une assignation de la Chambre des représentants.
Donald Trump et sa famille ont justifié cette procédure ouverte auprès d’un tribunal de Manhattan en affirmant que les représentants démocrates majoritaires à la Chambre se livraient à un abus de pouvoir.
La commission du renseignement et celle des services financiers de la Chambre des représentants ont adressé à Deutsche Bank des assignations à comparaître afin de faire la lumière sur des prêts consentis par la banque à Donald Trump et aux membres de sa famille.
« Ces assignations visent à harceler le président Donald Trump (…) et à chercher tout élément qui pourrait être utilisé pour lui causer un tort politique » , affirme la plainte déposée par la famille Trump.

Lire aussi L’enquête sur l’ingérence russe se déplace vers les liens entre la famille Trump et la Deutsche Bank

Demandes de la justice de l’Etat de New York

Mi-mars, la procureure de l’Etat de New York Letitia James avait intimé à la banque allemande de lui fournir de nombreux documents liés à des demandes de prêts et lignes de crédit octroyées à la Trump Organization, holding chapeautant les actifs du magnat de l’immobilier et dont les rênes sont tenues par ses fils Eric et Donald Trump Jr. depuis son entrée à la Maison Blanche.
La procureure de New York souhaitait également obtenir des documents liés à la tentative avortée en 2014 de la Trump Organization de racheter le club de la Ligue nationale de football américain (NFL) les Buffalo Bills, a encore dit la source sous couvert d’anonymat.
Les services de la procureure de l’Etat de New York avaient décidé de demander des informations à Deutsche Bank sur ces différents projets liés à la famille Trump après le témoignage au Congrès de Michael Cohen, l’ancien avocat personnel de Donald Trump.
L’établissement allemand est l’une des seules grandes banques occidentales à avoir continué à prêter de l’argent à l’empire de M. Trump après la mise en faillite de plusieurs de ses casinos dans les années 1990, aboutissant à des créances aujourd’hui évaluées à 330 millions de dollars. Ce rôle lui vaut d’être au cœur de nombreuses enquêtes aux Etats-Unis.


Edité le 20-05-2019 à 18:32:46 par Xuan


pzorba75
Xuan a écrit :

Sur les Echos :

A noter sur le même site le 16/05 :
La Chine vend 10 milliards de dollars de dette américaine
Sur fond de guerre commerciale entre Washington et Pékin, l'attitude de la Chine est scrutée. Le premier créancier des Etats-Unis a un stock de 1.120 milliards de dollars d'emprunts américains.


10/1120=1% ce n'est pas vraiment significatif dans cette bataille de géants.
Plus dure sera la chute sans le conflit USA - Chine sur la 5G, conflit dans lequel Google vient de se lancer en contrant Huawei, en matière de logiciels, les chinois vont bientôt montrer l'étendue de leurs capacités et les américains auront gros à perdre, d'abord leur monopole, la suite viendra toute seule.
Xuan
Sur les Echos :

https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/la-guerre-commerciale-a-deja-coute-plus-de-1000-milliards-a-wall-street-1019204

La guerre commerciale a déjà coûté plus de 1.000 milliards à Wall Street
Si les marchés boursiers ont repris quelques couleurs mardi, l'escalade des tensions entre Washington et Pékin a eu un impact spectaculaire sur Wall Street. En dix jours, plus de 1.000 milliards de capitalisation boursière ont été effacés....

A noter sur le même site le 16/05 :
La Chine vend 10 milliards de dollars de dette américaine
Sur fond de guerre commerciale entre Washington et Pékin, l'attitude de la Chine est scrutée. Le premier créancier des Etats-Unis a un stock de 1.120 milliards de dollars d'emprunts américains.
Xuan
Un article de Boulevard Voltaire qui n'a pas pour spécialité l'économie loin s'en faut, et qui assène ici des banalités ou des âneries, mais aussi quelques fait intéressants sur la volatilité des bourses et l'ébranlement des règles européennes.


Les Bourses mondiales prises au piège dans un champ de mines



Les Bourses mondiales jouent au yo-yo depuis deux semaines, au gré des rebonds de la guerre commerciale sino-américaine, des inquiétudes sur la croissance, avec en toile de fond de nombreux fondamentaux économiques qui sont toujours aussi catastrophiques. En fait, les marchés financiers sont périodiquement rattrapés par les réalités et la peur gagne du terrain. Le VIX (Volatility Index), appelé aussi indice de la peur, qui mesure la volatilité à Wall Street a progressé de plus de 25 %, ces derniers jours.

Après l’échec des pourparlers sino-américains et les hausses de droits de douane, la Chine n’a pas hésité, à son tour, à taxer 60 milliards de dollars d’importations américaines. Le ton devient de plus en plus belliqueux et la Chine se dit prête à mener cette guerre. Un accord est toujours possible d’ici quelques mois entre Trump, qui est en position de force, suite au déséquilibre commercial USA/Chine de 383 milliards de dollars en 2018, et Xi Jinping, mais ce ne sera qu’un accord de façade.

La réalité, c’est que la guerre commerciale et technologique, avec comme enjeu la domination du monde, a été déclarée par Trump et que rien ne pourra plus l’arrêter. Trump vient de surenchérir en tentant de neutraliser la société Huawei, acteur incontournable des réseaux mobiles et de la 5G. Trump souhaite priver l’équipementier chinois de la technologie américaine afin de l’asphyxier.

La Chine dispose, cependant, de l’arme atomique pour faire plier Trump, en vendant son énorme portefeuille de bons du Trésor américain qui s’élève à 1.130 milliards de dollars, soit 17,7 % de la dette publique américaine, ce qui entraînerait l’effondrement du dollar, mais en même temps la revalorisation du yuan, ce qu’a toujours voulu éviter Pékin, en maintenant un taux de change bas du yuan afin de favoriser ses exportations. Il faudrait aussi que la Chine ait préalablement réduit sa dépendance au marché américain. De plus, Pékin se tirerait une balle dans le pied, suite à la perte de valeur de ses obligations en dollars toujours détenues. La vente en masse d’obligations américaines par la Chine correspondrait à une guerre économique totale et à la mise à mort de Wall Street.

Au cours des quatre premiers mois de l’année 2019, selon l’agence Bloomberg, les entreprises chinoises ont fait défaut sur leurs obligations nationales pour un montant de 5,2 milliards d’euros, soit un chiffre trois fois supérieur à celui de 2018. Un krach obligataire n’est donc pas exclu en Chine, même si l’État chinois fera tout pour l’éviter.

En Italie, les taux d’emprunt de l’État sont repartis à la hausse après les déclarations suicidaires de Salvini sur le déficit : « Dépasser la limite de 3 % ? Il est de mon devoir de nous affranchir de quelques contraintes européennes qui affament des millions d’Italiens. Non seulement de la limite du déficit à 3 % du PIB, mais aussi des 130-140 % de la dette publique. Ce n’est pas un droit, c’est un devoir. » Salvini a déjà menacé, il y a quelques mois, de prendre le contrôle des réserves d’or du pays. Le résultat a été immédiat : la différence entre les taux d’emprunt à dix ans de l’État italien avec ceux du Bund allemand est monté à 2,92 %, son plus haut niveau depuis décembre 2018, lors du bras de fer avec Bruxelles.

Avec 0,1 % de croissance en 2019, dans un pays où les banques sont très fragiles et où le PIB par habitant stagne depuis dix-huit ans, le déficit italien pourrait atteindre 2,5 % en 2019 et 3,5 % en 2020. Suite aux tensions entre la Ligue et le M5S, l’Italie pourrait se diriger tout droit vers la chute du gouvernement en juin et un retour aux urnes le 29 septembre au plus tard. À noter que la crise italienne n’est que la partie visible de l’iceberg européen. Des menaces pèsent aussi sur le Portugal, la Grèce, l’Espagne et la France. En Grèce, on n’a fait que reporter les dettes de dix ans.

La BCE, elle, ruine les épargnants avec des taux d’intérêt ridicules, paie les banques avec des taux d’intérêt négatifs pour qu’elles prêtent à une économie atone, masque l’insolvabilité des États déficitaires qui, comme la France de Macron ne contrôle plus les dépenses publiques, préserve de la faillite un grand nombre d’entreprises non rentables et prépare l’opinion à une fuite en avant vers la création monétaire, ce qui conduira à l’hyperinflation et à l’écroulement final.
Xuan
Un autre aspect de la contradiction entre les USA et la Chine est la profonde division de la société américaine. Le règlement de compte entre factions bourgeoise se manifeste par le shutdown.
Un article du Monde en analyse les conséquences désastreuses (même en tenant compte de sa ligne pro démocrate), mais surtout ce sont les employés qui sont victimes du lock out :

http://www.lemonde.fr/international/article/2019/01/18/aux-etats-unis-la-bataille-du-shutdown-pese-de-plus-en-plus-sur-l-economie_5410875_3210.html

Après un mois, le « shutdown » commence à affecter l’économie des Etats-Unis

Le gel d’une partie du gouvernement fédéral, qui inquiétait surtout Washington et les employés fédéraux, devient un sérieux problème.

Par Arnaud Leparmentier Publié le 18 janvier 2019 à 10h18, mis à jour hier à 02h47

Soudain, le ton a changé. Le « shutdown », qui n’inquiétait pas grand monde en dehors de Washington et des employés fédéraux, devient un sérieux problème. Le premier à s’alarmer vraiment a été le président de JPMorgan, Jamie Dimon. « Si cela dure tout le trimestre, cela pourrait réduire la croissance à zéro, s’est inquiété mardi 15 janvier le patron de la banque américaine. Il faut régler cela, c’est avant tout une question politique. »

La Maison Blanche a estimé que le « shutdown » coûtait 0,1 point de PIB toutes les deux semaines. Standard & Poor’s a évalué ce chiffre à 3,6 milliards de dollars (3,1 milliards d’euros) il y a une semaine, soit 0,02 % du PIB des Etats-Unis. En réalité, explique Thomas Julien, économiste chez Natixis, « L’impact du “shutdown” n’est pas linéaire – une semaine n’a quasiment aucun effet, car on rattrape le travail manqué la semaine suivante, tandis qu’au bout d’un mois, c’est toute la machine qui se grippe. »

L’influence de Washington, qui était positive sur l’économie depuis le début de mandat de Donald Trump – baisses d’impôts, dérégulation – devient négative, avec un gouvernement divisé. Le « shutdown » ne serait qu’un avant-goût de la fin de mandat de Trump et le chaos à Washington pèse sur la confiance des Américains, comme en atteste une enquête de la Réserve fédérale publiée mercredi 16 janvier. C’est d’autant plus dommageable qu’après la peur financière de décembre, les derniers chiffres macroéconomiques plaident pour un atterrissage en douceur de l’économie plutôt qu’une récession.


File d’attente à l’aéroport de Chicago, en raison de l’absentéisme des agents chargés de contrôler les passagers, le 11 janvier. NAM Y.HUH / AP

Absentéisme des agents
Un « shutdown » devient grave lorsqu’on ne peut plus prendre l’avion. C’est encore possible aujourd’hui, mais les files d’attente s’allongent dangereusement dans les aéroports d’Atlanta (Géorgie) ou du Texas, en raison de l’absentéisme des agents chargés de contrôler les passagers (Transportation Security Administration, TSA). Celui-ci a plus que doublé par rapport à l’an dernier, atteignant 7,6 % en début de semaine : les inspecteurs sont en théorie réquisitionnés sans être payés, mais, privés pour la première fois de fiche de paie le 11 janvier, ils cherchent d’autres sources de revenu.

Le patron de la TSA a trouvé le moyen de débloquer une aide de 500 dollars par personne pour éviter une paralysie croissante, alors que les aéroports fonctionnent normalement dans une grande partie du pays, notamment à New York. Un juge fédéral a, par ailleurs, rejeté une action en justice des syndicats de contrôleurs aériens qui exigeaient d’être payés lorsqu’ils sont réquisitionnés.

Actuellement, 380 000 fonctionnaires fédéraux sont priés de rester chez eux, tandis que 420 000 doivent travailler sans être payés – ils ont perdu en moyenne 5 000 dollars par personne en quatre semaines, le salaire annuel médian étant de 77 000 dollars.

« Le gouvernement n’est pas fermé. Simplement, il ne paie pas »
L’administration Trump tente de limiter les effets du « shutdown », non pas pour les fonctionnaires, mais pour les usagers américains. La première mesure a concerné le fisc, l’Internal Revenue Service (IRS). La fermeture de cette administration comportait des risques financiers et politiques, notamment pour les Américains qui devaient recevoir début janvier le trop-perçu de l’impôt sur le revenu. L’administration a ordonné que les chèques soient émis. De même, les personnes devant obtenir un prêt hypothécaire avec garantie publique doivent produire un avis d’imposition de l’IRS : ils obtiendront le précieux sésame.


Les bureaux de l’IRS, le fisc américain, fermés en raison du « shutdown », le 16 janvier à Seattle. ELAINE THOMSON / APT

Ainsi, l’Etat fédéral cherche à débloquer discrètement certains services, les équipes Trump dénichant les fonds nécessaires. Environ 2 500 fonctionnaires du ministère de l’agriculture ont été rappelés pour trois jours, afin d’aider les fermiers dont les cas sont les plus urgents – en revanche, le ministère n’accordera pas de nouveaux prêts et ne versera pas les aides prévues pour compenser les conséquences des guerres commerciales initiées par M. Trump. Les fonctionnaires des affaires étrangères sont invités à reprendre le travail le 22 décembre, Donald Trump ayant signé un décret qui permet de les payer après coup. De ce fait, CNN en arrive à la conclusion suivante : « Le gouvernement n’est pas fermé. Simplement, il ne paie pas les gens. »

Ce fonctionnement apparent est relativement facile à obtenir en remettant en route les services Internet des sites fédéraux, principale interface entre l’Etat et les Américains. Pour l’instant, la sécurisation de nombreux sites gouvernementaux n’est pas assurée faute de maintenance, écrit le Washington Post. Surtout, le « shutdown » a des effets sur les entités qui dépendent de l’Etat fédéral.

Sous-traitants au chômage technique
Les petites villes qui dépendent des travailleurs fédéraux sont au ralenti, comme la ville d’Ogden, dans l’Utah, où le fisc emploie 5 000 salariés. Les sous-traitants de l’Etat sont au chômage technique. C’est le cas des entreprises qui collaborent avec la NASA, la conquête de l’espace étant de plus en plus confiée à des acteurs privés. En revanche, les sous-traitants et fournisseurs du ministère de la défense ne sont pas touchés, le budget militaire américain étant financé. Le « shutdown » menace aussi la saison des grands travaux de s’engager, en particulier les autoroutes américaines. Les PME n’obtiennent plus les prêts bonifiés de l’Etat fédéral même si les dossiers approuvés avant le 22 décembre 2018, date du « shutdown », semblent être traités.

Le « shutdown » conduit aussi le « gendarme » de la Bourse, la Securities and exchange commission, à tourner au ralenti. Elle n’est plus en mesure de donner son feu vert aux introductions en Bourse. Il n’y en aura sans doute aucune en janvier, explique le Wall Street Journal, qui cite trois entreprises de biotechnologies (Gossamer Bio, Alector, Alight Solutions) ayant dû repousser leur projet. Cet effet se cumule avec les turbulences de la Bourse en décembre 2018, qui avaient conduit certaines entreprises à reporter leurs projets à des jours meilleurs. Il leur faut désormais tenir, en espérant ne pas tomber à court de liquidités.

Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)


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Trump annule le déplacement de la délégation américaine à Davos



WASHINGTON, 17 janvier (Xinhua) -- La Maison Blanche a annoncé jeudi que le président Donald Trump avait annulé le déplacement de sa délégation au Forum économique mondial (FEM) de Davos, en Suisse, en raison de la fermeture partielle du gouvernement fédéral.

"Par considération pour les 800.000 formidables travailleurs américains ne recevant pas de salaires et pour s'assurer que son équipe puisse l'assister en temps voulu, le président Trump a annulé le déplacement de sa délégation au Forum économique mondial de Davos, en Suisse", a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Sanders dans un communiqué.

M. Trump avait annulé la semaine dernière son voyage prévu dans cette ville de montagne en raison de la fermeture partielle du gouvernement fédéral et demandé à une délégation menée par le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin d'assister au forum annuel à sa place.

Le shutdown a débuté le 22 décembre à cause d'une impasse budgétaire : M. Trump a demandé 5,7 milliards de dollars pour construire un mur le long de la frontière américano-mexicaine, ce qui a été rejeté par les Démocrates au Congrès américain.

La Maison Blanche et les dirigeants démocrates au Congrès ne semblent pas avoir rapproché leurs positions pour résoudre la question budgétaire, malgré plusieurs séries de négociations.

La présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a demandé à M. Trump de reporter son discours sur l'état de l'Union, affrimant que le président devrait attendre la fin de la fermeture partielle du gouvernement fédéral pour prononcer son discours au pays.

Parallèlement, M. Trump a reporté le voyage de Mme Pelosi à Bruxelles, en Egypte et en Afghanistan, lui demandant de rester à Washington pour négocier avec lui.

Le président n'a pas évoqué la requête de Mme Pelosi de reporter la date de son discours initialement programmé pour le 29 janvier.

Pour redémarrer son travail en tant que "service de sécurité national", le département d'Etat américain a déclaré jeudi qu'il était en train de rappeler les employés en congé pour reprendre leur travail avec rémunération la semaine prochaine.

"Le département espère pouvoir reprendre la plupart de ses activités et payer la plupart des salaires du personnel", a déclaré Bill Todd, sous-secrétaire adjoint en charge de la gestion du département, dans un communiqué posté sur le site du département.

Selon le communiqué, la plupart des employés reprendront le travail mardi.
Xuan
Sur le blog les Crises


La guerre financière asymétrique et l’effet de levier radical des États-Unis – Qu’est-ce que cela augure ? Par Alastair Crooke


Source : Strategic Culture, Alastair Crooke,


La guerre financière asymétrique et l’effet de levier radical des États-Unis – Qu’est-ce que cela augure ?

Il semble que les dirigeants chinois aient conclu que l’administration Trump est déterminée à utiliser tout son spectre d’influence radicale pour entraver la Chine en tant que rivale et raviver sa propre domination mondiale – Xi semble prévoir une longue lutte pour sa position dans l’avenir mondial : une lutte qui se jouera sur le plan géopolitique (dans la lutte dans la mer de Chine du Sud, en Corée du Nord, à Taïwan et en ce qui concerne la BRI [Belt and Road Initiative, ou la ceinture et la route, ou nouvelle route de la soie, NdT]), tout autant que sur le plan des relations internationales. Si tel est le cas, il existe un risque réel que la « bousculade » dégénère spontanément en affrontement militaire, limité et maîtrisé ou non.

Xi a fondamentalement raison. Jusqu’à récemment, Washington souscrivait à la conviction culturelle occidentale de l’itinéraire linéaire du « progrès » historique – c’est-à-dire que l’introduction du marché libéral économique à l’occidentale, sous Deng Xiaoping, faisait partie d’un inévitable voyage chinois vers une liberté économique et politique toujours plus grande (c’est-à-dire qu’ils deviendraient comme « nous »).

Mais Washington DC a eu son « point de basculement ». Il a glissé vers une compréhension très différente. En effet, les réformes économiques libérales de la Chine visaient à restaurer la primauté et le pouvoir économiques mondiaux de la Chine – et non pas à « émanciper l’individu » sur le mode occidental de pensée. Dans ce contexte, il était logique pour la Chine de rester docile et sage au sein de l’ordre mondial – tant qu’elle restait sur la bonne voie pour devenir le numéro un mondial, en 2049 (année du centenaire du Parti communiste chinois).

Mais, comme tous les convertis tardifs du « chemin de Damas » [expression tirée de la tradition chrétienne qui signifie : « Trouver sa voie », c’est-à-dire renoncer à ses anciennes idées et en adopter de nouvelles que l’on va défendre passionnément, NdT], les élites de la politique étrangère américaine sont devenues de fervents prosélytes de cette même « menace » chinoise. La question se pose donc : est-il plus logique pour la Chine de poursuivre sa politique instinctive de ne pas affronter les États-Unis, surtout si Trump est connu pour maintenir la pression, ne jamais reculer, et toujours doubler la mise ? Comment la Chine peut-elle, elle aussi, maintenir sa position « paisible » si Trump monte la pression dans la mer de Chine du Sud, ou en Corée du Nord, ou décide d’adopter Taïwan comme « cause démocratique » ? Xi ne le peut pas.

La Russie, d’autre part, voit un président américain dans une position extrêmement défensive – un partisan de longue date des bonnes relations avec la Russie, mais dont la vulnérabilité persistante à l’hystérie « russe » le pousse à affûter ses références anti-russes au point de devenir plus royaliste que le roi (plus « dur avec la Russie » que les russophobes), plus néocon, que les néoconservateurs. Avec des rafales de sanctions écrasantes à l’encontre de la Russie déjà en cours d’élaboration au Congrès (dont le président américain n’a guère la possibilité de limiter l’application), la Russie doit elle aussi se préparer à une longue période d’érosion économique. La profondeur de la crise américaine est telle que le président Poutine (comme tout le monde) ne peut pas deviner comment tout cela pourrait finir.

Pour l’Europe, l’Iran, la Turquie, le Pakistan et le Venezuela, les perspectives sont similaires : ce sera une période au cours de laquelle les États-Unis mobiliseront tous les moyens dont ils disposent pour rétablir la primauté mondiale américaine et pour aligner tout le monde sur leur programme général. Trump fait monter la pression – dans l’intention, semble-t-il, d’obtenir la première capitulation, ou fissure politique, d’ici novembre. Mais si ça n’arrive pas ?

Le « marché » (à quelques exceptions près) considère la victoire de l’Amérique dans la guerre commerciale comme certaine : les États-Unis sont de loin le marché de consommation dominant et, par conséquent, cela nuit d’autant plus aux partenaires commerciaux américains qui en sont exclus – ce qui signifie aussi que les taxes douanières de rétorsion imposées par les autres feront moins mal (car les exportations américaines vers les pays tiers sont dans la plupart des cas moindres).

Pour des États comme la Chine, ses exportations vers les États-Unis sont au moins le double en valeur des exportations américaines, et ce sont donc les États-Unis qui disposent d’un effet de levier (selon la Maison-Blanche), car les États-Unis ont deux fois plus de possibilités que la Chine d’imposer des droits à l’importation. En outre, les États-Unis utilisent l’hégémonie du dollar américain (c’est-à-dire la guerre des changes) pour créer un dollar artificiellement fort – ce qui affaiblit les marchés émergents et affaiblit en même temps leur effet de levier (à mesure que leurs dettes et intérêts libellés en dollars américains deviennent élevés par rapport à leur monnaie nationale).

Cette vision de la guerre commerciale par le « marché » est en quelque sorte le miroir de la vision militaire américaine du temps. Les États-Unis ont de loin la plus grande armée ; ils peuvent surpasser tout le monde (sauf la Russie), donc quiconque conteste les États-Unis est forcément un « perdant » (c’est ce qu’on suppose). En effet, les États-Unis peuvent commencer leurs guerres, et ils le font, par une démonstration habile de leur capacité de destruction qui frappe l’adversaire. Mais qu’est-ce qu’on fait alors ? Alors, l’armée américaine ne semble pas avoir de réponses aux phases suivantes : Il s’enlise, puis se retrouve perdant face à des représailles asymétriques. Sa seule réponse est la guerre « sans finé.

Alastair Macleod, du Mises Institute, laisse entendre qu’un tel optimisme du marché est une erreur :

« Les commentaires selon lesquels la Chine est en difficulté à cause des tarifs douaniers et qu’elle est minée par la force du dollar ne sont pas à la mesure du problème. La géopolitique domine ici. Les succès occasionnels de l’Amérique dans l’attaque du rouble et du yuan ne sont plus que des victoires à la Pyrrhus éphémères. Elle n’est pas en train de gagner la guerre des devises contre la Chine et la Russie. La Chine ne s’est pas détournée de ses objectifs stratégiques de devenir, en partenariat avec la Russie, la superpuissance eurasienne, hors de portée de l’hégémonie américaine. »

La Russie et la Chine sont déterminées à jouer – et à gagner – à long terme. Les deux États sont en train de sonder Washington (avant novembre) pour savoir si, selon les mots du porte-parole de Poutine, il y a « un terrain d’entente, et essayent de comprendre si c’est possible ou non – et si l’autre partie serait disposée ou non ». Pékin étudie également la question de savoir si Trump est prêt à transiger sur une sorte d’accord commercial de relations publiques qui sauverait la face – avant les élections de mi-novembre – ou non. Cette façon de « tâter le terrain » ne doit pas être interprétée à tort comme une faiblesse ou une volonté de capituler. Ces États font simplement preuve de la « diligence requise » avant que les événements ne les amènent à l’étape suivante du conflit, où les risques seront plus graves.

Ce qui est moins remarqué – parce qu’il n’y a pas eu de « cri d’alarme » – c’est à quel point les préparatifs pour la phase suivante se sont progressivement déroulés (depuis quelque temps). Des petits pas, peut-être, mais d’une grande importance. Parce que les plates-formes de lutte contre les brimades financières américaines se mettent en place à un rythme accéléré, en particulier depuis que Trump a commencé à sanctionner « le monde ».

Et ce vieil axiome est le premier point à saisir : « Chaque crise est aussi une opportunité ». Et le fait que Trump agace et sanctionne « le monde » est en train de catalyser un puissant rejet. Lorsque l’Amérique sanctionne « le monde », c’est une « affaire facile » pour la Chine et la Russie de pousser les autres à la dé-dollarisation et au commerce dans des devises locales (autres que le dollar). Et c’est ce qui se passe. C’est presque « fait » en ce qui concerne le pétrole. L’avènement de la Bourse des contrats à terme de Shanghaï a symboliquement marqué le début du renversement du monde de Bretton Woods (les États du Golfe étant susceptibles de succomber à l’inévitable, le moment venu).

Le « marché » considère la vente de la dette du gouvernement américain (bons du Trésor américain) par la BPC [Banque populaire de Chine, NdT] comme l’épée de Damoclès chinoise suspendue au-dessus des États-Unis ; mais en même temps, le « marché » croit que la Chine ne fera jamais une telle chose – car elle réduirait la valeur de ses avoirs. Ce serait contraire à l’intérêt de la Chine. (On ne se demande jamais, cependant, pourquoi la Chine devrait vouloir ces avoirs – au final – si la Chine se voit interdire, par les États-Unis, d’acheter des actifs libellés en dollars avec ses dollars américains).

La Chine a toujours hésité à perturber les marchés – c’est vrai. Mais, il se peut que le « marché » interprète mal le « plan de guerre » de la Chine. On pourrait s’attendre à ce que le seul recours de la Chine soit de vendre des bons du Trésor américain (comme la Russie vient de le faire). Mais, comme d’habitude, ce serait le « marché » qui se tournerait vers la vision à court terme des possibilités de la Chine. Cependant, la Chine est clairement en train de jouer le long terme. Rappelez-vous ce que le major-général Qiau Liang a dit en 2016 : « Les États-Unis ont besoin d’un important “rendement du capital” pour soutenir la vie quotidienne des Américains et l’économie américaine. Dans de telles circonstances, [toute nation qui] bloque le retour du capital aux États-Unis est l’ennemi des États-Unis. Pour contenir efficacement les États-Unis, les autres pays réfléchiront davantage à la façon de couper les flux de capitaux vers les États-Unis tout en formulant leurs stratégies. »

Et ce que la Chine peut faire – et ce qu’elle fait – avec ces actifs en dollars américains, c’est de les déployer d’une autre façon importante. Il ne s’agit pas de les vendre, mais plutôt de les utiliser – sans fanfare – pour soutenir ses principaux alliés, dont les monnaies font l’objet de raids périodiques et concertés de Wall Street : c’est-à-dire que la Chine soutient tranquillement la Turquie et l’Iran (plus par l’achat de son brut, dans ce dernier cas). Ainsi, la Chine subvertit discrètement, et sape la carte du dollar fort de Trump qui est destinée à forcer la Turquie et l’Iran à capituler. C’est une guerre financière asymétrique pour le long terme.

Ces deux États (avec le Pakistan) sont des plaques tournantes clés de l’initiative ‘Belt and Road’, mais plus encore, ils sont des éléments directement stratégiques importants pour la sécurité nationale de la Chine. La Chine est très préoccupée par les musulmans, les Turcs, les Ouïghours de la province du Xinjiang, dont des milliers se battent déjà comme djihadistes en Syrie. La Chine ne veut pas que ces derniers lui soient rendus et ne veut pas non plus que les musulmans se radicalisent en Chine ou dans les États situés à l’ouest de la Chine.

Le Président Erdogan a joué un rôle important dans leur radicalisation. Ils veulent qu’Erdogan arrête de jouer avec les populations turcophones, dans et près de la Chine, en échange de quoi, la Chine soutient la Livre. De même, l’économie chinoise est vulnérable face à la fermeture du détroit de Malacca par les États-Unis. Pour pallier cette vulnérabilité, la Chine a besoin du Pakistan et de son ‘corridor’ jusqu’au port de Gwadar. Et l’Iran est absolument essentiel à la sécurité nationale de la Chine et de la Russie.

Nous voyons donc la Chine et la Russie assembler discrètement le tissu d’une ceinture dé-dollarisée, dotée d’un système d’échange de devises et de crédit en Asie centrale – en opposition à la tentative des États-Unis de la briser. La Russie, qui a déjà largement dé-dollarisé son économie, a pour rôle particulier de veiller à ce que l’Europe ne soit pas perdue en tant que marché de la ceinture et de la route par les brimades de Trump, et que son objectif de reprendre la domination énergétique ne reste qu’une ‘aspiration’.

L’ensemble de ces mini-étapes quantitatives représente une diminution qualitativement significative de l’utilisation du dollar, en dehors de la sphère domestique américaine. Son étendue, au-delà de la patrie américaine, est en train d’être découpée en tranches de salami. Il ne faut pas sous-estimer l’importance de ce fait – les États-Unis jouissent du niveau de vie élevé qu’ils ont parce qu’ils peuvent acheter des biens bon marché, payés en papier (monnaie fiduciaire) sur la dette américaine, que d’autres sont obligés de détenir, afin de pouvoir négocier dans la monnaie de réserve mondiale. Le niveau de vie des Américains est en effet subventionné par le reste du monde.

Elle ne peut se permettre les moyens militaires dont elle dispose que parce qu’elle peut – contrairement à n’importe quel autre État – enregistrer des déficits budgétaires pour payer ses forces militaires surdimensionnées, de manière capricieuse et sans souci, puisque les étrangers (jusqu’à présent) continuent simplement à combler le déficit budgétaire.

L’Amérique dispose en ce moment d’un levier financier radical, précisément en raison de la « force du dollar ». Ne vous y trompez pas. Ce n’est pas seulement le résultat des taux de hausse de la Fed : Trump le comprend bien : « L’argent afflue dans notre cher DOLLAR comme jamais auparavant » a tweeté Donald le 16 août. Il s’agit, bien sûr, d’une question d’effet de levier.

Avec un dollar fort, les monnaies des partenaires commerciaux se dévaluent, leurs paiements d’intérêts et de capital explosent – et, traditionnellement, ils sont poussés vers le FMI pour une dose d’austérité et la vente de leurs actifs nationaux. C’est le « jeu » auquel la Russie et la Chine ont l’intention de mettre fin. Ils ont mis en place des alternatives à la Banque mondiale et au FMI auxquelles la Turquie peut avoir recours – au lieu d’être forcée à un programme du FMI.

Alasdair Macleod note l’opposition entre le « jeu à court terme » de Trump et le « jeu à long terme » de la Chine et de la Russie :

« Pour l’instant, et probablement seulement quelques mois avant les élections de mi-mandat américaines de novembre, le président Trump impose des difficultés monétaires à ses ennemis par des politiques commerciales agressives, y compris des sanctions, et en militarisant le dollar. C’est une astuce qui a été utilisée par les administrations américaines successives depuis longtemps…

« Les actions du Président Trump sur le commerce… éloignent les pays de sa sphère d’influence. En fin de compte, cela s’avérera contre-productif. Les spéculateurs qui croient au court terme de Trump et aux politiques de normalisation de la Fed poussent, pour l’instant, le dollar à la hausse… Il semble certain que cela entraînera la chute du dollar [à plus long terme].

« Le dollar ne s’apprécie que sur des considérations de court terme, poussé par rien de plus substantiel que des flux spéculatifs. Une fois que ces derniers auront diminué, les perspectives à long terme pour le dollar se réaffirmeront d’elles-mêmes, y compris l’escalade des déficits budgétaires et commerciaux… et la hausse des prix alimentée par une combinaison de l’expansion monétaire antérieure, et les taxes supplémentaires des droits de douane. »

Cela pourrait bien être le « jeu à long terme » de la Russie et de la Chine. Pour l’instant, la dollar fort (et la peur géopolitique), provoque une fuite vers des actifs américains facilement commercialisables. Le récent projet de loi fiscale américain a renforcé ce flux de dollars « revenant au pays » (grâce à son amnistie pour le retour au pays des liquidités détenues par les entreprises à l’étranger). Le levier financier appartient actuellement aux États-Unis. Tout semble bien se passer : le marché boursier est en hausse ; les traders pensent que la guerre commerciale sera une « victoire » facile ; et les indicateurs économiques, selon la Réserve fédérale, sont « forts ».

Mais la Russie et la Chine peuvent être patientes. Ces dollars d’outre-mer « qui affluent [vers l’Amérique], comme rarement auparavant » – aspirent l’oxygène (c.-à-d. la liquidité du dollar) de partout. Soit elle s’épuisera bientôt d’elle-même, soit elle entraînera une crise contagieuse du crédit (dont l’Europe sera probablement la première victime), déclenchée précisément par l’assèchement des liquidités conçu pour donner plus de leviers à Trump.

A ce stade, les forces relatives entre les États-Unis et la Russie et la Chine s’inversent, et l’effet de levier tourne en leur avantage.

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 28-08-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.
Xuan
Etats-Unis: la guerre commerciale sera "défavorable" pour une majorité d'économistes US


Par Challenges.fr
http://www.challenges.fr/monde/etats-unis/etats-unis-la-guerre-commerciale-menee-par-donald-trump-face-a-la-chine-sera-defavorable-pour-une-majorite-d-economistes-us_607707

le 20.08.2018 à 07h55

L'administration Trump entend mettre en place dès jeudi 23 août une nouvelle vague de taxes sur les importations de produits chinois. Pour une écrasante majorité d'économistes du secteur privé aux Etats-Unis, cette politique commerciale agressive aura des conséquences "défavorables" pour l'économie du pays.

Une majorité d'économistes du secteur privé aux Etats-Unis estime que la guerre commerciale menée par l'administration Trump aura des répercussions défavorables pour l'économie américaine.
AFP - MANDEL NGAN

Une écrasante majorité d'économistes du secteur privé aux Etats-Unis estiment que l'actuelle politique commerciale qui fait grimper les tarifs douaniers a des conséquences défavorables pour l'économie américaine, selon une enquête réalisée par la National Association for Business Economics (NABE) et publiée lundi 20 août.
L'administration Trump entend mettre en place dès jeudi 23 des taxes douanières de 25% sur une deuxième tranche de 16 milliards de dollars de produits chinois après avoir déjà taxé début juillet pour 34 milliards de dollars d'importations venant de Chine.
Pékin entend infliger des représailles.
"Plus de 90% des personnes interrogées considèrent que les tarifs actuels et les menaces de nouveaux tarifs ont un impact défavorable pour l'économie américaine" , a indiqué le vice-président de la NABE Kevin Swift. Ils craignent aussi des dommages pour l'économie si les Etats-Unis devaient sortir du pacte de libre-échange Aléna, qui est actuellement en renégociation avec le Canada et le Mexique.

Le déficit budgétaire américain gonfle

Déjà le Livre beige de la Fed avait mi-juillet relevé l'inquiétude autour des taxes douanières qui se répandait parmi les industriels américains alors que plusieurs matériaux, comme l'acier, le bois, voient leurs prix augmenter. L'enquête bisannuelle de la NABE qui a interrogé 251 économistes montre par ailleurs que les acteurs économiques sont très partagés sur les effets de la relance budgétaire, provoquée par les réductions d'impôts et les augmentations de dépenses de l'administration Trump. "Sept économistes du secteur privé sur 10 pensent que la politique budgétaire est trop stimulante", a affirmé Jim Diffley, qui supervise l'enquête et qui est d'IHS Markit. Ils n'étaient que 52% à le penser en février.

Une large majorité, 80%, estime que la politique budgétaire devrait viser à réduire la part du déficit budgétaire par rapport au PIB. Les réductions d'impôts, qui ont fait notamment passer le taux de l'impôt sur les sociétés de 35% à 21%, et les augmentations de dépenses devraient faire gonfler le déficit budgétaire américain à mille milliards de dollars d'ici deux ans, soit plus de 5% du Produit intérieur brut (PIB), selon le Bureau du Budget du Congrès (CBO). Il prévoit pour 2018 un déficit de 804 milliards de dollars, soit 4,2% du Produit intérieur brut (PIB).
(Avec AFP)


Edité le 20-08-2018 à 22:35:56 par Xuan


Xuan
Une manifestation des contradictions du système capitaliste ici, où la hausse des taux d'intérêt de la FED entrave le commerce extérieur par le renchérissement du dollar, et ceci au moment même où la balance commerciale US creuse son déficit.

http://www.atlantico.fr/decryptage/vers-perilleuse-bataille-entre-trump-et-fed-jean-paul-betbeze-3371565.html#Tz6AwjltevWwTPLc.99


Vers une périlleuse bataille entre Trump et la Fed ?


Trump contre Powell ? Du jamais vu, qui choquerait profondément les marchés, au risque de faire baisser le dollar et monter les taux longs ! Mais ce qui se passe aux États-Unis, depuis quelques mois, est déjà du jamais vu, dira-ton. Oui, mais cette fois c’est le dollar qui est en jeu.

Tout se prépare en effet pour que la Fed (la banque centrale américaine) monte ses taux le 2 mai, puis deux autres fois cette année, face à la force de la reprise américaine et à l’accélération en cours de l’inflation. Trois mesures de l’inflation confirment en effet la nouvelle. L’inflation sous-jacente, hors nourriture et énergie, monte de 2,9% sur les trois derniers mois (annualisés) et de 2,1% sur un an. Les prix à la production montent de 3% sur un an et de 3,5% sur les trois derniers mois (annualisés).
Les prix à la consommation augmentent de 2,4% sur un an (même si mars enregistre une baisse de 0,1%, pour des raisons liées alors au prix de l’énergie).

Au total, les taux courts américains, actuellement à 1,5-1,75% passeraient ainsi à 2,5% en fin d’année. Les marchés financiers commencent à se tendre, mais ils n’ont pas tout intégré, puisque les taux à deux ans sont encore à 2,4% et ceux à dix ans à 2,9%. « Normalement », ils devront monter, ce qui pèsera sur la bourse. Et s’ils ne montent pas, alors la courbe des taux se renversera, les taux longs étant plus bas que les taux courts, ce qui voudra dire que les investisseurs sont inquiets et voient une récession ! Ce qui pèsera encore plus sur la bourse.
Ajoutons que, pendant ce temps, les taux courts japonais resteraient à -0,1% et ceux de la zone euro à 0%. Jamais l’écart de rémunération ne sera aussi élevé, ce qui renforcera le dollar.

Mais c’est l’inverse de ce que veut Donald Trump : une croissance au-delà de 3% avec un taux de chômage qui irait vers 3,5%, grâce à des taux bas qui soutiendront la croissance et la bourse, et un dollar faible qui aidera les exportations et freinera les importations !

Trump contre Fed ? C’est inévitable, non seulement parce que Donald Trump n’aime pas qu’on lui résiste, pire qu’on soit indépendant de lui (ce qui est la nature du Poste de Président de la Fed, occupé actuellement par Jerome Powell), pire encore qu’on aille contre lui. Or c’est bien ce qui se passe entre la stratégie de soutien à la croissance qu’il mène et qui conduit à la surchauffe, et la politique de lutte contre l’inflation que mène la Fed. Son double mandat est impératif : le plus d’emploi possible compatible avec la stabilité des prix (autour de 2%). Le plus d’emploi, on y est ; la stabilité des prix, on s’en éloigne.

Donald Trump a commencé les hostilités par un tweet le 16 avril : « La Russie et la Chine jouent au jeu de la dévaluation alors que les États-Unis continuent à monter leurs taux d’intérêt ? Pas acceptable ! » Qu’est-ce donc qui n’est « pas acceptable » : la dévaluation du Rouble ou du Yuan, la montée des taux US, les deux ?
Déjà, Peter Navarro, le Conseiller commerce du Président Trump avait indiqué sur CNBC qu’il était « un peu troublé quand la Fed annonçait trois hausses de taux avant la fin de l’année » . En mars, Steven Mnuchin Secrétaire au Trésor avait précisé qu’il respectait l’indépendance de la Fed et « pensait » qu’elle était soucieuse de croissance… « donc » qu’elle ne la réduirait pas (en montant trop les taux) ! Avant sa prise de poste comme Economiste du Président, Larry Kudlow indiquait sur Fox News que, selon lui, plus de croissance ne causerait pas d’inflation, la courbe de Phillips, liant chômage à inflation n’existant pas, toujours selon lui.

Or, dans une récente conférence, le 6 avril à Chicago, Jerome Powell a repris cette courbe de Phillips, qui est en fait la base de la politique monétaire de la Fed ! Et Robert Kaplan, Président de la Fed de Dallas, a précisé lundi 16 avril qu’il ignorerait d’éventuelles pressions.
De fait, la Fed est habituée aux critiques des politiques et du Congrès. Le Président l’influence en nommant ses responsables, qui doivent être approuvés par le Sénat. Actuellement, sur sept postes du Board, un seul vient de l’ancienne administration et est clairement démocrate (Mme Lael Brainard).

Jerome Powell préside, républicain modéré. Son vice-président chargé de la supervision financière est aussi un républicain modéré. Richard Clarida, économiste prévu au poste de vice-président, est aussi un républicain modéré, tout comme Michelle Bowman (régulatrice qui vient de la Fed du Kansas). Sur sept postes prévus au Board des Gouverneurs, cinq sont républicains, une démocrate et deux sont à pourvoir. Ce devrait suffire pour accompagner au mieux la politique de Donald Trump !

Sauf si Donald Trump en rajoute : nouvelles baisses d’impôts et dépenses publiques, autrement dit s’il cherche la bagarre. Il a, déjà, envoyé ses messagers et ses tweets : les risques de collision sont donc considérables, bien plus financiers que politiques.
Xuan
L'obsession de Washington pour le protectionnisme lui fera perdra des guerres commerciales, selon un chercheur américain


Publié le 2018-02-07


BEIJING, 7 février (Xinhua) -- A cause de l'obsession de l'administration Trump pour le protectionnisme et ses mesures commerciales contre des pays tels que la Chine, les Etats-Unis passent à côté des causes profondes de leur déficit commercial et ne sortiront probablement pas vainqueurs des guerres commerciales, a récemment mis en garde l'économiste américain Stephen Roach.

Dans un article intitulé "Comment perdre une guerre commerciale" publié le 26 janvier, ce chercheur à l'université de Yale estime que l'approche protectionniste adoptée par les Etats-Unis "pourrait très bien déclencher des mesures de représailles qui ne feront qu'exacerber le calvaire des consommateurs aux abois de la classe moyenne américaine" .
"C'est exactement de cette façon que les guerres commerciales commencent" , souligne-t-il.

M. Roach note que la Chine est une cible claire. Le 23 janvier, Washington a annoncé une série de mesures douanières sur les importations de panneaux solaires et de lave-linge au nom de l'obsolète article 201 de la loi sur le commerce de 1974. Cette initiative vise principalement la Chine et la Corée du Sud.

Ces mesures pourraient toutefois entraîner la défaite des Etats-Unis dans une guerre commerciale, avertit l'économiste en énumérant trois raisons. Premièrement, les droits de douane sur les panneaux solaires et les lave-linge sont "totalement contraires aux changements en profondeur des chaînes d'approvisionnement mondiales des deux industries" , relève-t-il.
Deuxièmement, les politiques protectionnistes de M. Trump représentent une grave menace pour "les besoins de financements externes déjà colossaux de l'Amérique, faisant pression sur les taux d'intérêt américains, le taux de change du dollar, ou les deux" .
L'emphase de l'administration Trump sur le déséquilibre commercial avec la Chine fait "qu'il passe à côté des forces macroéconomiques bien plus larges qui ont donné naissance à un déficit commercial multilatéral américain avec 101 pays" , souligne M. Roach.

En plus de cela, les partenaires commerciaux de l'Amérique pourraient répondre en lançant des contre-mesures, qui mettraient "en danger la croissance économique américaine soutenue par les exportations" .

Il cite ainsi deux exemples. Etant donné que la Chine est le troisième plus grand marché à l'export des Etats-Unis, les droits de douane que pourrait imposer Beijing en représailles pourraient nuire aux principales exportations américaines vers la Chine, comme le soja, les avions, les machines et les pièces détachées automobiles. La Chine pourrait également réduire l'achat de bons du Trésor américain, ce qui affecterait sérieusement leur prix.

Les consommateurs américains sentent déjà l'impact. Le groupe sud-coréen LG Electronics, grand fournisseur étranger de lave-linge, a ainsi annoncé une augmentation de 50 dollars par unité en réponse à la hausse des droits de douane.
Les guerres commerciales sont toujours pour les perdants. C'est peut-être la plus grande ironie pour un président qui a promis de faire de l'Amérique "le grand gagnant" .

Des promesses tout aussi creuses avaient été formulées en 1930 par le sénateur Reed Smoot et le représentant Willis Hawley. Elles avaient conduit à une loi protectionniste qui a eu pour effet d'exacerber la Grande Dépression et de déstabiliser l'ordre international.

Hélas, l'une des leçons les plus douloureuses de l'histoire moderne semble avoir déjà été oubliée.
marquetalia
Les medias ont,pour Nouvel an,fait allusion aux voeux du président chinois au même rang que ses homologues américain,allemand ou russe,signe que Pékin ne compte plus pour du beurre et s est hissé au rang de superpuissance.a noter que la Chine Populaire installe une base à Sao Tome e Principe
 
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