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Xuan
Je ne crois pas que la Chine rapatrie des réserves d'or de façon massive, en vendant les obligations US. C'est un fusil à un coup.

Sur le risque d'une nouvelle crise aux USA, un article de Global Times :


Les risques sont dissimulés dans l'ombre des données économiques apparemment robustes des États-Unis


Par Mei Xinyu Source: Global Times Publié le: 2019/5/15 21:54:58
http://www.globaltimes.cn/content/1150063.shtml


Les chiffres économiques semblent indiquer que l'économie américaine prospère et surpasse les autres économies développées. Le PIB américain a augmenté de 3,2% par an au premier trimestre. En avril, le nombre total de personnes employées non agricoles dans la masse salariale a augmenté de 263 000, dépassant de loin les attentes de Wall Street.


Illustration: Luo Xuan / GT

Face à ces données économiques apparemment robustes, les attentes des acteurs du marché et des responsables américains vis-à-vis de l'économie sont élevées et beaucoup pensent qu'il est possible de maintenir la prospérité à long terme. Toutefois, compte tenu des cycles économiques aux États-Unis, la "reprise plus la croissance" qui dure depuis près de 10 ans s’approchant, elle va bientôt parvenir à un tournant. Une analyse plus poussée de la macroéconomie en plein essor aux États-Unis révèle des risques majeurs.

L'exagération de la croissance économique se reflète principalement dans le PIB, l'emploi et le marché boursier. Au premier trimestre, la croissance économique américaine a été en grande partie attribuable à l'amélioration de la balance commerciale trimestrielle et à l'augmentation des stocks, imputables au chargement anticipé d'importations par les entreprises en raison des préoccupations suscitées par la guerre commerciale. Étant donné que les achats préalables de ce type se sont terminés à la fin du premier trimestre, cette croissance économique n’est pas durable.

En termes d’emploi, le taux de chômage américain est tombé à son plus bas niveau en près de 50 ans, mais ce chiffre pose des problèmes statistiques. Beaucoup de nouveaux emplois sont des emplois à court terme plutôt que des emplois à temps plein. De plus en plus de personnes en âge de travailler se sont retirées du marché du travail, ni au travail ni à la recherche d'un emploi, ce qui a entraîné un taux d'activité historiquement bas. Beaucoup ont quitté le marché du travail pour la rééducation ou la formation. À leur retour dans quelques années, le marché du travail sera soumis à une pression accrue.

En ce qui concerne la reprise des actions, le marché boursier américain est généralement à la hausse depuis l'an dernier, en grande partie grâce aux bénéfices réalisés à l'étranger par les sociétés américaines ramenées dans le cadre du projet de loi de réforme fiscale de 2017. Faute d'opportunités d'investissement dans l'économie réelle, ces fonds ne peuvent être investis que sur le marché boursier, notamment sous la forme d'un rachat des actions propres de leur entreprise, faisant ainsi monter les cours des actions. Bien que les dirigeants d’entreprise et les investisseurs puissent être satisfaits de l’utilisation de ces fonds, ils ne favorisent pas un développement durable à long terme de l’économie américaine.

Entre-temps, après des années d'assouplissement quantitatif, de nombreuses "sociétés zombies" se sont établies sur le marché américain. Elles ne disposent d'aucun revenu ni d'aucun bénéfice durable et doivent compter sur un financement continu. Avec la normalisation de la politique monétaire, les coûts de financement des entreprises zombies vont augmenter, indiquant une pression de faillite croissante.

Dans une récente interview, le vice-président américain Mike Pence a appelé la Réserve fédérale à abaisser les taux d’intérêt. Mais une telle demande va à l’encontre de la logique économique normale. Compte tenu des bonnes données économiques, les opérations normales devraient consister à resserrer les politiques monétaire et budgétaire afin de laisser une marge de manœuvre lors du prochain cycle de crise. Malgré des chiffres économiques robustes, les hauts responsables américains ont demandé à plusieurs reprises à la Fed de baisser les taux d’intérêt et même de relancer l’assouplissement quantitatif. Il semble que, au fond, les politiciens américains n’ont pas beaucoup confiance dans l’économie américaine et espèrent reporter la crise financière jusqu’à la fin de l’élection présidentielle américaine l’année prochaine grâce à une politique monétaire souple.

Les cycles économiques sont fondamentaux pour l'économie de marché. Depuis la révolution industrielle du 19ème siècle, la macro-économie américaine n'a jamais été capable de se débarrasser de ces cycles. Avant la Seconde Guerre mondiale, le délai entre deux crises n'excédait pas 10 ans. Même après la Seconde Guerre mondiale, avec une gestion macroéconomique avancée, une expansion économique continue a rarement duré 120 mois.

La reprise économique américaine amorcée au troisième trimestre de 2009 se poursuit depuis près de 10 ans. Dans le climat optimiste suscité par une croissance économique robuste, de nombreux acteurs du marché ont tout investi dans le marché boursier américain. Mais le problème est que la prospérité à long terme doit reposer sur le progrès scientifique et technologique révolutionnaire. Dans les années 90, la nouvelle révolution technologique représentée par les technologies de l’information était révolutionnaire et avait pénétré dans presque tous les secteurs de l’économie nationale. Les États-Unis sont-ils maintenant engagés dans une nouvelle révolution technologique révolutionnaire? J'ai bien peur que non.

En outre, l'économie américaine s'est largement appuyée sur une politique monétaire non conventionnelle, telle que l'assouplissement quantitatif, pour se remettre de la crise des prêts hypothécaires à risque, de sorte que sa politique monétaire est loin de revenir à la normale. Les déficits budgétaires et le fardeau de la dette sont sans précédent. Une fois que la récession économique et la crise financière se reproduiront, les États-Unis disposeront d'une marge de manœuvre réduite par rapport à la crise précédente.

Croyez-vous vraiment que l’économie américaine peut maintenir sa prospérité actuelle pour longtemps?

L'auteur est chercheur à l'Académie chinoise du commerce international et de la coopération économique du ministère du Commerce . L'article a été publié pour la première fois sur yicai.com. bizopinion@globaltimes.com.cn
pzorba75
Reprendre ses réserves d'or et les stocker sur son territoire est une marque d'indépendance.
Se retirer de l'Internet mondial, géré par les administrations américaines, est priorité pour conserver un petit peu d'indépendance. À ce jour, seule la Russie de Poutine menace de le faire, sans donner de détails sur ses moyens ni sur les capacités de communication avec l'Internet américain.
À mon sens, lâcher l'Internet américain est plus urgent et plus prudent que de rapatrier ses lingots d'or.
Xuan
Pourquoi les États rapatrient-ils leur or des États-Unis?


https://fr.sputniknews.com/economie/201904241040873237-pourquoi-les-etats-rapatrient-ils-leur-or-des-etats-unis 19:31 24.04.2019


Pendant des décennies, de nombreux pays conservaient leur or aux États-Unis. La situation a pourtant connu de sérieux changements l'an dernier quand la Turquie a rapatrié toutes ses réserves des coffres américains, puis que l'Allemagne et les Pays-Bas ont suivi partiellement son exemple. Aujourd'hui, l'Italie a annoncé qu'elle comptait faire de même.

Y a-t-il de l'or dans les coffres?

La volonté des banques centrales d'accumuler un maximum d'or serait tout à fait légitime: c'est l'unique actif de change à n'être pas soumis aux risques inhérents aux monnaies. A présent que la géopolitique est passée au premier plan, que des guerres commerciales se sont déclarées, que les économistes s'attendent à l'effondrement du marché boursier américain, promettent un avenir flou au dollar et une récession globale, les lingots sont particulièrement d'actualité.

Il y a dix ans, près de 60 pays stockaient leur or aux États-Unis - essentiellement pour protéger les réserves en cas de conflits armés et accroître la liquidité. Après tout, la bourse de New York (NYMEX) effectue les plus grandes transactions de ce métal précieux.
L'or est stocké à proximité de la plateforme commerciale pour réduire les frais de transport, qui sont très élevés dans le cas des métaux précieux à cause du coût des assurances dans ce secteur. Des frais de plusieurs millions dans le cadre du transport de l'or ne sont donc versés qu'en cas de nécessité politique ou économique extrême.
La volonté de rapatrier les lingots des États-Unis est donc très révélatrice, d'autant que ces dernières années circulent de plus en plus de doutes autour du fait que les Américains stockent correctement l'or d'autres pays.
Le Trésor américain affirme que 261 millions d'onces d'or sont conservées à Fort Knox et dans d'autres coffres. Mais le dernier audit remonte aux années 1960; et toutes les tentatives d'organiser une nouvelle vérification ont été bloquées par le Congrès.
Certains supposent que les Américains utilisent tout simplement l'or des autres à leurs fins: ils le louent aux banques qui l'utilisent sur le marché afin de contrôler la valeur du métal précieux.
D'où une question légitime: Washington est-il prêt à rendre à tout moment l'or n'appartenant pas aux États-Unis? De plus en plus de pays rapatrient leurs lingots pour ne pas prendre de risques.

Rendez ce qui ne vous appartient pas

La vague de rapatriement de l'or a commencé en 2012, quand le Venezuela a annoncé qu'il faisait revenir des USA ses 160 tonnes d'or - soit 9 milliards de dollars environ. Le président Hugo Chavez avait déclaré à l'époque qu'il fallait rapatrier d'urgence les lingots car ils risquaient devenir des otages de Washington et se transformer en instrument de pression.

C'est exactement ce qui s'est produit six ans plus tard. En octobre-novembre 2018, la Banque d'Angleterre a bloqué le transfert d'or au Venezuela pour la somme de 1,2 milliard de dollars. L'agence de presse Bloomberg avait alors informé que Washington serait derrière cette décision.
En 2014, la Banque centrale des Pays-Bas a fait revenir de New York à Amsterdam 120 tonnes d'or - soit presque 4 millions d'onces. Il ne reste donc plus aux États-Unis que 30% des réserves d'or néerlandaises contre 50% auparavant.
A Amsterdam, où se situe le siège de la Banque centrale, on expliquait alors qu'il était «déraisonnable et inutile» de continuer de stocker la moitié des réserves d'or au même endroit: «C'était peut-être d'actualité pendant la Guerre froide, mais plus maintenant».
Les analystes sont persuadés que les Pays-Bas continueront de rapatrier leur or des États-Unis afin de moins dépendre des actions imprévisibles de Donald Trump.

La Bundesbank a également récupéré ses lingots. Berlin a lancé en 2012 le programme de rapatriement partiel des réserves d'or stockées aux États-Unis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les coffres de la Banque centrale de Francfort-sur-le-Main ont fait revenir 300 tonnes de ce métal précieux.
Enfin, en avril 2018, la Turquie a terminé l'évacuation de son or. L'an dernier, la Banque centrale turque a acheté 187 tonnes d'or pour devenir le plus grand acheteur souverain de ce métal précieux après la Russie. Au total, Ankara en possède 591 tonnes (données de fin décembre), dont 27,8 tonnes ont été transportées des États-Unis et placées dans un coffre sur le territoire national.

Une perte de confiance

Le reflux d'or des États-Unis est pratiquement ininterrompu, pour des raisons évidentes: la hausse des taux d'intérêts de la Réserve fédérale (Fed), la pression sur l'euro et d'autres monnaies, le renforcement des risques géopolitiques et les guerres commerciales déclenchées par Washington contre le monde entier.
Sur cette toile de fond, l'économie mondiale s'efforce de réduire sa dépendance envers le dollar. L'or est un moyen de protection fiable contre la crise et les troubles financiers, mais il n'est plus confié aux Américains. Rien ne prouve que Washington, qui recourt de plus en plus à la pression financière, ne gèlera pas les actifs des pays «indésirables».
Quant à la Russie: aucune inquiétude à avoir. Sa Banque centrale stocke ses réserves d'or dans le pays. C'est ce qu'Anatoli Aksakov, président de la commission pour le marché financier de la Douma (chambre basse du parlement russe), avait déclaré dès l'an dernier: «Personne ne pourra mettre la main sur l'or [russe]. Nous ne confierons notre or à personne».
Xuan
A lire http://www.abcbourse.com/marches/wall-street-accuse-sa-pire-debacle-hebdomadaire-depuis-la-crise-financiere_457780_DJIAx.aspx

La guerre économique de l'hégémonisme US contre la Chine Populaire enregistre se premières conséquences négatives.
Xuan
Un scénario catastrophe qui présente des éléments utiles à la compréhension des contradictions en cours dans les sociétés capitalistes occidentales, et qui éclaire aussi les rapports de classe en France, qui ont causé le mouvement des gilets jaunes.
On relativisera dans la mesure où une partie de la bulle alimente les investissements productifs dans des pays pauvres en cours de développement.


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La crise de 2019, celle qui ridiculisera toutes les autres ?

http://www.capital.fr/entreprises-marches/la-crise-de-2019-celle-qui-ridiculisera-toutes-les-autres-1317882
NICOLAS GALLANT PUBLIÉ LE 29/11/2018 À 17H22

La prochaine crise pourrait être dévastatrice !

La prochaine crise pourrait être un véritable tsunami, selon l’économiste Georges Nurdin, consultant et écrivain.

Le ciel s’obscurcit, l’horizon se rétrécit, les première gouttes arrivent... La prochaine crise qui s’annonce sera probablement “plus proche du typhon dévastateur que de l’averse passagère de printemps” , juge l’économiste et consultant Georges Nurdin, ex-directeur d'une Grande École de Management et écrivain (Les multinationales émergentes, Le temps des turbulences, Wanamatcha !). Elle risque d’être d’envergure car qu’elle devrait être “à la fois financière, économique et sociétale - l’ordre d’occurrence des facteurs étant indifférent”, estime l’expert.

Il faut dire que la volatilité des Bourses de la planète tend à s’accentuer - elle s’est d’ailleurs littéralement envolée en octobre. Et l’essor du trading algorithmique (transactions effectuées par des robots) n’arrange rien. Du côté de l’économie, un long cycle d’expansion pourrait bientôt prendre fin, tandis que la dette mondiale n’a jamais été aussi élevée. Quant aux niveaux de valorisation des actions et des obligations, ils sont historiquement élevés - et cette bulle monumentale devrait finir par éclater. Et, contrairement à la crise de 2008-2009, nous n’avons plus d’amortisseurs pour encaisser un nouveau choc…

>> A lire aussi - Ce graphique qui fait craindre un krach sur les actions

Crise financière

“La volatilité des marchés est prégnante, augmentée de singularités massives, presqu’au sens de trous noirs, que pourtant personne ne voit venir” , relève Georges Nurdin, citant la banque danoise Danske Bank (blanchiment potentiel de l’ordre de la moitié du PIB danois, qui se serait évanouie via les pays baltes, égratignant ainsi le modèle danois), le dieselgate qui a affecté le groupe Volkswagen et ébranlé toute l’industrie automobile mondiale, l’affaire Nissan-Renault qui secoue jusqu’aux sommets des Etats...

La résilience systémique ainsi que la cybersécurité sont loin d’être établies, relève l’expert. “Au mieux, ce sont des work in progress, un peu comme l’était la ligne Maginot en 1940. Aujourd’hui, la moitié des transactions en Bourse aux Etats-Unis (et un tiers en Europe) est effectuée par des robots - le trading à haute fréquence -, effectuant plusieurs centaines de millions de transactions par seconde” , souligne-t-il. Une algorithmique de nature à amplifier les micro-variations naturelles des marchés. “Schématiquement, dès que ça baisse un peu, le robot vend, mécaniquement - sans lien avec les fondamentaux, précise Marko Kolanovic, de New York University, le célèbre patron des produits dérivés chez JP Morgan - … et la baisse s’accentue. Ainsi démarre l’effet domino… qui se poursuit à la vitesse de l’éclair : c’est le krach éclair” , explique l’économiste.

>> A lire aussi - 10 graphiques inquiétants pour l’économie mondiale

Crise économique

L'enchaînement des cycles économiques est à l’image des marées : à une marée haute succède toujours une marée basse. “Nous venons de vivre dix ans de cycle haussier : un record. Il faut donc se préparer au retournement de ce Juglar (cycle des affaires, NDLR), entrant en résonance avec la fin d’un Kondratiev (cycle puissant de 50 ans - “grande marée séculaire”). Mécaniquement, en butée de cycle, ça va “percuter” très fort” , met en garde Georges Nurdin.

Le poids de la dette - 164.000 milliards de dollars (225% du PIB mondial !) en 2018 - n’a jamais été aussi élevé : il dépasse celui du début de la dernière crise financière… “Vertigineux… et insoutenable. La croissance est atone, du moins en Europe, quant à celle des Etats-Unis, elle est obtenue justement au prix de déficits budgétaires abyssaux : 1.000 milliards de dollars, afin de financer les réductions d’impôts de l’administration Trump, destinées à donner un coup de fouet temporaire - jusqu’à sa réélection ? - à la croissance”, souligne l’économiste. Selon lui, ceci donne sérieusement corps au spectre de la “stagnation séculaire”, scénario porté par des économistes tels que Larry Summers (ex-président de Harvard University) et Paul Krugman (Prix Nobel d'économie).

Le temps des bulles est de retour. D’après Alan Greenspan, l’ancien président de la banque centrale américaine, il y a deux bulles prêtes à éclater au nez du marché : celles des actions et celles des obligations. Les actions américaines sont historiquement chères, leur PER de Shiller (valeur boursière des entreprises rapportée à la moyenne des bénéfices des 10 dernières années) ressortant à 30 - exactement le même niveau que celui du fameux “jeudi noir” (krach) de 1929… “Il faut avoir une foi aveugle en la croissance pour justifier de tels niveaux de manière soutenable. Une croissance qui est malheureusement aux abonnés absents. Autre bulle, immense : celle provoquée par la “généreuse” politique dite de Quantitative Easing - la planche à billets à plein régime -, décidée par les banques centrales dans la panique après 2008 pour éviter une crise de liquidité. Un peu comme si on tentait d’enfouir le réacteur fondant de Tchernobyl sous des pelletées de sable” , décrypte Georges Nurdin.

“L’effet pervers est que cette politique de QE a généré une bulle géante sous forme de crédit à taux historiquement bas, voire nuls ou négatifs, ce qui, aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises, a poussé à l’endettement et au surendettement”, dénonce-t-il. “Les fonds d’investissement ont surfé sur cette vague de cash gratuit et réalisé de nombreuses acquisitions par de la dette. Or, comme la plupart de ces fonds ne sont (toujours) pas obligés de publier leurs comptes, ni la composition de leur actionnariat, il est impossible de mesurer l’ampleur réelle de ce phénomène. Effet de ciseaux garanti en cas de baisse de croissance ou de retour de l’inflation (qui pousse les taux à la hausse, NDLR)” , met-il en garde. Or, nous ressentons déjà les prémisses des deux à la fois : la stagnation et l’inflation (ou stagflation), “un mal que l’on croyait éradiqué à jamais depuis les années 70. Un peu comme un retour de grippe espagnole et de la variole” , relève-t-il. Il y a aussi la bulle des prêts étudiants - 1.400 milliards de dollars rien qu’aux Etats-Unis en 2017, 6 fois plus qu’en 2004 -, “dont la capacité à rembourser est directement liée à la capacité de trouver un emploi rémunérateur. Or, le taux de chômage des jeunes est actuellement des plus élevés” , souligne l’expert.

Enfin, les tensions géopolitiques virent au rouge, voire à l’écarlate. “Exit la “mondialisation heureuse” (Minc), “la terre est plate” (Friedman) ou encore la “fin de l’histoire” (Fukuyama). C’est Hutchington (“Le choc des civilisations”) qui avait vu juste dès 1992”, relève Georges Nurdin. “Les Etats-Unis viennent de déclarer une guerre économique sans merci à la première puissance économique de demain : la Chine. La Turquie rebâtit l’Empire Ottoman, les Chinois et l’Asie centrale ouvrent la nouvelle Route de la soie, dernière étape sur l’autoroute avant l’Europe. La Russie s’arme, domine le cyberespace et affirme ses ambitions territoriales” , met-il en garde. “L’Europe catatonique, devenue le terrain d’expression et d’expansion du terrorisme international, sur fond de dislocation sociétale (voir ci-après) et d’atonie économique, est quant à elle toute occupée à discuter du “sexe des anges”, exactement comme l’était Constantinople en 1453, la veille de sa chute aux mains de Mehmed II” , dénonce l’expert.

Crise sociétale

Au niveau sociétal, les inégalités n’ont cessé d’augmenter comme le démontre le rapport s'appuyant sur le travail d'une centaine de chercheurs de renom, dont Thomas Piketty. “Le coefficient de Gini (qui mesure les disparités dans une population, NDLR) s’aggrave au sein même des Nations. Et ce, même si au niveau mondial la “pauvreté” recule - au sens où il y a moins de gens qui vivent avec moins d’un dollar par jour et un peu plus qui vivent avec moins de deux dollars par jour” , ironise Georges Nurdin.
L’accroissement des inégalités a été l’un des éléments majeurs de la fragmentation des sociétés et nations européennes, au point qu’il existe aujourd’hui “une grande incertitude quant à la survie de l’Union Européenne telle que nous la connaissons” , met-il en garde. “Les Britanniques ont déjà décidé de larguer les amarres. L’Italie, membre fondateur de l’UE, prend en main la vision du déficit qui lui convient. Les pays d’Europe centrale ne partagent plus totalement certains dogmes. Les Hollandais, qui avaient déjà dit non à la Constitution Européenne - tout comme les Français - en 2005 montrent des signes de fractionnement dans leur opinion. Idem pour l’Espagne, dont la province économiquement la plus efficace a vu son vote pour l’indépendance refusé par Madrid” , souligne l’expert. “ L’Autriche affirme son sens de la nation. L’Ecosse a failli gagner son indépendance d’un cheveu. Sans parler de la Belgique, capitale de l’Europe Unie, dont la partition entre Wallons et Flamands n’a jamais été aussi vive. La Grèce, dont le PIB ne représente que 1,2% de celui de l’UE, a pu faire trembler l’euro sur ses bases” , ajoute-t-il.

La crise de 2008, dont la faillite de Lehman Brothers a été le révélateur, a entraîné une augmentation massive des déficits et des dettes. La contamination s’est très rapidement répandue de la sphère financière à la sphère économique réelle, avec la faillite d’entreprises industrielles que l’on croyait indéboulonnables, comme General Motors ! “ Les gouvernements, surpris dans la panique la plus totale et au nom de l’axiome du too big to fail (entreprises trop importantes pour qu’on puisse se permettre de les laisser faire faillite, NDLR), ont repris à leur compte ces dettes immenses et les ont transférées au contribuable via des impôts, des taxes et une envolée de 72.000 milliards de dollars de l’endettement mondial depuis 2007. Or, après 1929, les taxes avaient baissé…” , relève Georges Nurdin

Ainsi, contrairement à 2007-2008, la société n’a actuellement plus d’amortisseurs pour encaisser un nouveau choc. “Elle est sur les rotules, entre le chômage de masse, les taux des prélèvements obligatoires - la France est championne dans cette discipline, avec 48% de prélèvements, contre 34% en moyenne dans l’OCDE - qui filent vers le maximum de la courbe Laffer (“trop d'impôt tue l'impôt”, en détruisant la base sur laquelle il porte, NDLR) et la croissance plate, voire la stagflation” , souligne l’expert. “En même temps, et comme expédient à l’atonie des innovations technologiques et des percées commerciales (par exemple, la part de la France dans le commerce International a fondu de 17 à 12% entre 2000 et 2017), on a vu la flexibilisation du travail faire son entrée, qui a entraîné à sa suite son lot d’uberisation, de précarité (87% des embauches en France en 2017 ont été des CDD, dont 88% l’ont été pour une durée inférieure à un mois), d’auto-entreprenariat (en majorité des “petits boulots”). Une véritable spirale de paupérisation” , dénonce Georges Nurdin.

Rien qu’en France, de 2007 à 2017 - après la crise financière, donc -, le pouvoir d’ achat des Français a diminué en moyenne de 500 euros, avec une intensité particulière pour les classes dites moyennes, vient de rapporter l’Insee. Un peu plus tôt, Oxfam et Basic nous apprenaient que la France était en 2017 la championne d’Europe de la distribution de dividendes : 67% des bénéfices sous forme de dividendes et de rachats d'actions. “Les réinvestissements n’ont représenté quant à eux que 27% des bénéfices - ce qui, en soi, est faible et ne participe pas suffisamment au renforcement des fonds propres, nécessaire pourtant pour l’investissement de conquête technologique et commercial” , relève l’économiste.

“Ces signaux pour le moins contradictoires ont fortement contribué à non seulement générer et amplifier un puissant sentiment d’injustice chez ceux qui ont essuyé au bout du compte les débordements de la crise financière. D’où une lente mais inexorable dislocation de l’unité nationale, un délitement sociétal profond, avec à la clé un grand désenchantement, ou plutôt une véritable défiance, voire un sourd ressentiment à l’égard des dirigeants économiques et politiques” , met en garde l’expert. Ceci est vrai en France, mais aussi à l’échelle européenne et internationale. “C’est probablement un des ressorts qui a propulsé au pouvoir Donald Trump ou Jair Bolsorano. La résilience sociétale ainsi que le réservoir du capital confiance ont donc été quasiment entièrement consommés, brûlés, évaporés au cours de ces dix dernières années : on roule désormais sur la réserve… et encore”, avertit-il.

Quand éclatera la crise ?

Pour un économiste, c’est la question la plus difficile. L’économie, même si elle utilise beaucoup de modèles mathématiques “est avant tout une science d’essence sociale, comme l’a rappelé Richard Thaler, le Prix Nobel 2017. Richard Thaler, le premier professeur d’école de commerce (Chicago Booth) à recevoir un Prix Nobel, insiste à raison sur les dimensions “fondamentalement psychosociologiques qui commandent l’économie”, à l’opposé de la vue purement mécanique, monétariste, simplificatrice voire simpliste d’un Hayek (Nobel 74) ou d’un Friedman (Nobel 76), qui continue pourtant d’inspirer la politique “de ruissellement” (qui veut que l’enrichissement des plus aisés finit par profiter au reste de la population, NDLR) de certains Présidents européens actuels”, souligne Georges Nurdin.

Et pourtant, les théories ont évolué en un demi-siècle. Il faut donc s’ajuster au vrai (nouveau) monde. “La dimension psychosociologique nous intéresse particulièrement ici, dans l’exercice de la prévision, car elle induit un élément fortement aléatoire et subjectif à tout niveau : financier, économique et sociétal. Bref, 2019 est une échéance assez probable pour une telle convergence des occurrences…” , met en garde l’expert.


Edité le 03-12-2018 à 18:46:13 par Xuan


Xuan
"Pourquoi une nouvelle crise est inévitable"


Les garde-fous mis en place après la crise de 2008 et les taux très bas ont entraîné un déplacement des capitaux vers des sources de profits plus rentables et moins sûres.
les dettes ont cru de façon vertigineuse.
Les états capitalistes ne peuvent pas maîtriser ces capitaux à cause de l'énarchie du système capitaliste et en définitive de la propriété privée des moyens de production et des capitaux.

http://www.youtube.com/watch?reload=9&v=dfXtCIbWHuc
Xuan
Un article pas très récent puisqu'il date du printemps, est paru dans Capital sous le signature de Touati.
Il reflète les inquiétudes des affairistes dont la courte vue est évidente, et qui s'affolent de voir la Chine planifier des objectifs à long terme.
Malgré le caractère mondial systémique - et non plus simplement cyclique - de la crise du capitalisme, la capacité de la Chine à poursuivre son développement, à juguler les bulles spéculatives, le shadow banking, à contourner la mévente à l'étranger pour en faire un atout par le développement du marché local, à utiliser les sanctions US sur la high tech pour la développer par ses propres moyens, etc.
Tout ceci démontre que le développement de la Chine ne repose pas sur des bases identiques à celles des pays impérialistes.


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LA PROCHAINE CRISE FERA UNE GRANDE GAGNANTE : LA CHINE !
MARC TOUATI
PUBLIÉ LE 25/04/2018 À 16H38

http://www.capital.fr/entreprises-marches/la-prochaine-crise-fera-une-grande-gagnante-la-chine-1284887


Pour notre chroniqueur Marc Touati, économiste et président du cabinet ACDEFI, les pays développés ont grillé trop de cartouches financières pour pouvoir traverser sereinement la prochaine crise financière. Qui profitera essentiellement à l'Empire du Milieu.

Selon les dernières estimations et projections du FMI, publiées le 17 avril, la croissance mondiale a atteint 3,8 % en 2017 et devrait avoisiner les 3,9 % tant en 2018 qu’en 2019. Formidable ! Pourtant, à côté de cet optimisme de façade, le FMI n’a pas manqué de souligner que l’économie mondiale devenait de plus en plus fragile, notamment à cause d’une dette galopante à travers la planète. Selon l'Institute of International Finance (IIF), celle-ci a atteint 237 000 milliards de dollars fin 2017, soit 317,8 % du PIB mondial, un record absolu. De plus, compte tenu de l’aggravation des risques géopolitiques et d’augmentation du protectionnisme, sans oublier d’une inévitable guerre des monnaies et du dégonflement des bulles boursières, le FMI a de plus en plus de mal à cacher son inquiétude.

Autrement dit, sans vouloir affoler les foules, le FMI est en train de préparer l’opinion à l’imminence d’une nouvelle crise internationale. Face à cette dernière, une question s’impose : quels sont les pays les mieux armés contre une nouvelle tempête économico-financière internationale ? Malheureusement, il ne s’agit pas des pays développés. Et pour cause : ces derniers ont déjà utilisé toutes leurs cartouches de soutien à l’activité : taux d’intérêt monétaires historiquement bas (même s’ils remontent légèrement aux Etats-Unis depuis plus d’un an) ; « planche à billets » pléthorique, dont les effets ont été particulièrement mitigés ; flambée de la dette publique, qui dépasse les 100 % du PIB des deux côtés de l’Atlantique, sauf dans certains pays, principalement l’Allemagne. Dès lors, en cas de nouvelle crise, la grande majorité des pays développés ne pourra pas relancer la machine, comme cela a pu être le cas en 2008.


Il faudra donc se tourner vers les pays émergents, pour savoir si ces derniers pourront, une nouvelle fois, sauver la croissance mondiale. Mais là aussi, les inquiétudes sont nombreuses : ralentissement en Inde et dans de nombreux Tigres et Dragons d’Asie, convalescence prolongée de l’Amérique latine, faiblesse récurrente de la croissance dans de nombreux pays africains et du Moyen-Orient...

En fait, comme en 2008, 2011 et 2015, la Chine pourrait, une nouvelle fois, tirer son épingle du jeu. En effet, comme nous l'avons d’ailleurs souvent expliqué, notamment dans ces mêmes colonnes, les autorités chinoises disposent d'un sens de l'anticipation très développé. Ainsi, pendant que les Occidentaux peinent à se transposer à un horizon de six mois, les Chinois n'hésitent pas à faire des prévisions à dix ans, voire sur plusieurs décennies. C'est en partie grâce à cette vision de long terme qu'ils ont pu connaître une croissance exceptionnelle et quasiment ininterrompue depuis le début des années 80.
De 1980 à 2017, le PIB chinois a ainsi progressé de 2 862 % en volume, c'est-à-dire hors inflation (selon les statistiques du FMI). Sur la même période, l'augmentation du PIB réel atteint 869 % en Inde, 165 % aux Etats-Unis et 91 % en France. C'est dire l'ampleur du « miracle » chinois.

Conséquence logique de ce rattrapage détonnant, la part de la Chine dans le PIB mondial (mesuré en parité de pouvoir d'achat) est passée de 2,3 % en 1980 à 18,7 % aujourd'hui. Celle de l'Inde de 2,9 % à 7,6 %, celle des Etats-Unis de 21,7 % à 15,5 % et celle de la France de 4,4 % à 2,1 %.

Seulement voilà, les arbres ne montent pas au ciel, quand bien même s'agirait-il de séquoias. Autrement dit, depuis une quinzaine d'années, les Chinois savent qu'une crise financière et une crise de croissance sont inévitables. Conformément à leur sens aigu de l'anticipation, ils ont ainsi confectionné deux armes déterminantes, que nous avons coutume d'appeler « airbags », à utiliser en cas de difficultés économiques et a fortiori de crise. En l'occurrence, un taux de change manipulable à l'envi et des réserves de changes surabondantes qui, au plus haut, sont montées à 4 056 milliards de dollars en juin 2014.

Lors de la crise de 2015, les autorités chinoises ont ainsi puisé plus de 1 000 milliards de dollars dans leurs réserves de changes pour stopper l'hémorragie, ce qui a permis à la croissance de l’Empire du milieu de repartir sans difficulté. Si bien que, depuis le début 2017, les réserves de changes chinoises sont reparties à la hausse, atteignant actuellement 3 143 milliards de dollars.
De plus, si en 2017, les Chinois ont laissé le yuan se réapprécier, ils ne manqueront pas de réactiver l'arme du taux de change, en dévaluant le yuan en cas de nouvelle crise.

Et oui, les Chinois de 2018 ne sont pas les Japonais de la fin des années 1980, qui avaient accepté d'apprécier fortement le yen, pour faire plaisir aux Américains et aux Européens, pensant au passage faire du Japon la première puissance mondiale. Ainsi, le yen était passé de 200 yens pour 1 dollar à 80 yens en quelques trimestres. Mais cette décision fut en fait l'erreur stratégique de trop et constitua le point de départ d'une descente aux enfers que les plus grands « Bears » de l'époque n'auraient pu imaginer. Et pour cause : qu'elles soient immobilières, boursières ou bancaires, toutes les bulles qui s'étaient formées dans l'Archipel éclatèrent les unes après les autres, plongeant le Japon dans une crise et une déflation de plus de vingt ans, qui ne sont d'ailleurs toujours pas complètement terminées aujourd'hui.

Bien loin de ce « péché d'orgueil » doublé d'un manque de discernement dramatique, les dirigeants chinois restent maîtres de leur devise et empêcheront toute appréciation excessive du yuan.

En conclusion, lors de la prochaine et imminente crise mondiale, la Chine renforcera encore sa puissance économique et financière vis-à-vis des Etats-Unis, de la zone euro et du reste du monde.
Xuan
Comment les banquiers centraux assurent leurs arrières derrière les élections américaines et d’autres…


07
NOV

http://histoireetsociete.wordpress.com/2018/11/07/comment-les-banquiers-centraux-assurent-leurs-arrieres-derriere-les-elections-americaines-et-dautres/#comments


En seconde partie nous vous présentons l’analyse d’une société financière ultralibérale. Celle-ci qui s’adresse à des investisseurs de faible niveau, des « boursicoteurs », a l’avantage de mettre en perspective ce que l’on présente comme la réussite économique de Trump avec son formidable endettement qui repose encore sur le rôle du dollar dans les échanges mondiaux .
il est clair que non seulement « les banques centrales » croient de moins en moins à cette « réussite », mais plus généralement n’ont pas d’issue alternative.,Il existe une situation qui de fait ne peut continuer à reposer sur le service d’une dette financière qui accable la quasi totalité de l’humanité, cette dette le répérterons nous assez n’est pas dûe à un excès de bien vivre des travailleurs mais au cancer financier que l’endettement américain trduit assez bien. Tout le monde sait que cela ne pourra pas durer, mais on fait comme Trump, on crie à la victoire du système d’asphyxie généralisé.
Cette réalité dont personne ne peut plus faire abstraction sauf en imagination, rend illusoire l’espèce d’équilibre instable dans lequel partout le système politique tente de perdurer, avant le grand écroulement, en tentant d’éciter la transformation nécessaire. C’est aussi une donnée de la période mais à ce titre un marxiste doit voir ce qui est derrière ces choix des banques centrales, essentiellement la conscience des menaces d’un krach mondial et l’impossibilité d’y faire face. Pourquoi ?

La première caractéristique de la situation est bien souvent énoncée: la crise financière de 2008 n’a pas été dépassée, en général comme DSK après ce constat on note que les banques ont poursuivi leurs pratiques nocives, mais cela va bien au-delà. Parce que 2008 a certes éclairé les pratiques financières et il a été admis que l’on ferait payer ces pratiques aux peuples, aux classes défavorisées, tout en poursuivant sur la même lancée.

mais dix ans après un marxiste peut et doit faire une autre analyse. Il s’agit d’une crise de celles qu’analysaient Marx quand il parlait de surproduction et pourtant ce n’est pas une crise cyclique ordinaire mais bien une crise organique du capital. Ce qui le démontre d’abord c’est le caractère poussif des reprises, alors que dans les crises cycliques y compris celle des années trente, la reprise a toujours été importante. En ce sens la comparaison avec les années trente est erronée, le capital se débat pour reconquérir un taux de profit.

Mais le phénomène le plus important est que le choix du capital d’imposer dans tous les pays des mesures pour faire payer leur crise par des mesures d’austérité ont constitué un terrain d’explosions sociales d’une ampleur inouÏe. Dans le contexte d’un développement des forces productives, le capitalisme s’avère incapable d’augmenter la productivité du travail humain dans les conditions matérielles imposée aux travailleurs et aux pays émergents. Nous sommes donc passés d’une crise cyclique à une crise systémique.

Deux phénomènes importants, chute de la productivité globale, croissance lente au meilleur des cas et parfois arrêt comme au Mexique. Chute qui correspond à des niveaux d’investissement historiquement bas.

la création brute de capital dans l’Union Européenne et aux Etats-Unis est tombée sous les 20 % du PIB pour la première fois depuis les années 60, tandis que la consommation et la dépréciation du capital sont en hausse. Dans les pays ex-coloniaux, le boom du prix des matières premières a déclenché une brève augmentation de l’investissement, mais il est retombé à nouveau ces dernières années. POurtant l’éconmie regorge de liquidités qui n’ont pas le champ d’investissement désiré. C’est comme si toute la plus value que le système n’arrête pas d’extraire jusqu’au sang n’avait plus d’usage productif. Ce qui se traduit par des reprises poussives qui loin de correspondre à l’amélioration de la situation des travailleurs ne cesse d’entraîner sa dégradation. Avec ce transfert continue d’énormes masses d’argent au profit de la classe capitaliste, déséquilibre qui ne cessé de s’aggraver.

La dette mondiale avec en son centre celle des Etats-UNis a atteint plus de 330% du PIB, suivi par les autres centres capitalistes japon; Royaume uni, Espagne, France, italie et Corée du sud. Cette dette dont nous venons de voir le mécanisme et qui consiste à reboucher sans cesse le gigantesque trou financier et bancaire alors même que les riches refusent de payer des impôts fait que les Etats n’ont plus d’argent et ne cessent d’inventer des moyens d’en extorquer. Tout le monde sait bien que la seule façon de sortir de ce cercle vicieux est de dénoncer cette dette, ce système fou qui ne cesse de creuser les inégalités. La recherche d’une issue politique qui permette de le maintenir est donc comme dirait lénine un concentré d’économie

Pour compléter cette analyse, il s’avère indispensable de la compléter par le cas de la Chine dans ce contexte. Disons brievement que la Chine n’échappe ni à la stagnation, ni à la bulle du crédit, mais qu’elle a un atout fondamental c’est un fort secteur public en particulier en matière financière. C’est pour cela que le Manifeste s’avère le seul texte qui met le parti en état sinon de résoudre ces questions du moins à les aborder avec réalisme.

Danielle Bleitrach


___________________




Vous avez peut-être vu passer cela dans vos journaux : les banquiers centraux ont acheté de grandes quantités d’or au troisième trimestre 2018 (26,6 tonnes) – parmi ces acheteurs des nouveaux venus tels que l’Inde, la Pologne et la Hongrie. Les plus gros acheteurs restent la Russie, la Turquie et le Kazakhstan.

En réalité, le marché de l’or ne s’en ressent que peu car ces pays achètent la production de leurs propres mines ou passent leurs transactions sur le très opaque marché de Londres.

Durant ce même trimestre, les ETF (ou ETC ou trackers, produits financiers censés détenir en stock autant de métal jaune que de parts ou de certificats émis) ont été vendeurs de plus de 116 tonnes.

En fait, le plus impressionnant est que malgré la vente massive des ETF, l’or ait si peu baissé…

Finalement, si l’on examine tous les mouvements sur ce trimestre ,l’augmentation nette de la demande mondiale n’est que d’un montant modeste de 6,2 tonnes.

Cela n’empêche pas de s’interroger sur la motivation des banquiers centraux acheteurs. Banques centrales et or font plutôt mauvais ménage et l’or est censé sommeiller dans des chambres fortes sans attirer l’attention du public.

Pour comprendre les mobiles de ces banquiers centraux, il faut revenir sur le fonctionnement de la mondialisation.

Comme l’explique Bill Bonner, le commerce mondial consiste pour les pays développés à acheter à crédit aux pays émergents – Chine en tête – des choses produites à bas coût.

Par conséquent, les Occidentaux importent et paient à crédit. Les pays développés exportent et souscrivent aux dettes publiques de leurs « riches » clients.

L’argent créé par les Occidentaux ne produit pas d’inflation puisqu’il est stocké par leurs fournisseurs low cost.

Bill Bonner l’explique :



« Les banques centrales étrangères étaient autrefois des acheteurs fidèles de bons du Trésor US… absorbant jusqu’à 90% des nouvelles émissions obligataires pendant une bonne partie du XXIème siècle. A présent, elles sont vendeuses.

La Chine, le Japon et l’Inde ont réduit leurs détentions d’obligations US. Le Wall Street Journal rapporte que la quantité de dette fédérale américaine détenue par des investisseurs étrangers a baissé de 50% en cinq ans.«


Moins d’appétit pour la dette en dollar mais toujours besoin de dollar


Toutefois, ce n’est pas parce que la dette en dollar n’attire plus les foules que les pays excédentaires n’ont plus besoin de dollars.

Voici l’usage des plus grandes devises dans le commerce mondial. Vous constatez que le dollar reste très largement utilisé en tant que « réserves », en tant que support de dette internationale, mais aussi comme monnaie de facturation des importations et enfin pour les paiements. Vous constatez aussi que la monnaie chinoise est quasi-inexistante.



Constatons aussi que l’abandon progressif de la dette en dollar n’est pas dû à la mauvaise rentabilité des bons du Trésor.

Voici les taux d’intérêt réels (taux d’intérêt diminués de l’inflation) des emprunts de différents pays. Finalement, les emprunts fédéraux américains font plutôt bonne figure. Mieux vaut, pour un banquier central, stocker un bon du Trésor US qui lui rapportera 1,1% qu’un bund allemand ou une OAT française qui ne rapportent pas assez pour conserver leur pouvoir d’achat en euro



Par conséquent, si certains banquiers centraux se créent en ce moment un matelas d’or plutôt que de dollars, l’explication ne tient pas au rendement net de la dette en dollar.

L’explication est plutôt politique. Elle a deux volets : les menaces américaines et la crainte du défaut de la part des acteurs surendettés.

Si un pays se voit frapper d’embargo et exclu du commerce en dollar (notre regard se tourne, au hasard, vers l’Iran ou la Russie) que peut-il faire ? Si un pays qui commerce avec un pays paria du dollar se voit lui-même exclu du dollar (notre regard se tourne, au hasard, vers les partenaires commerciaux de l’Iran ou de la Russie) que peut-il faire ?

Par ailleurs, n’importe quel banquier central sait aussi que le monde est surendetté et qu’une partie de cette dette ne sera jamais payée. Les « riches » clients occidentaux tirent de plus en plus la langue sous le poids de leurs dettes alors que pourtant les taux d’intérêt sont encore très faibles.

Voici la part du PIB absorbé par le service de la dette publique dans un certain nombre de pays européens.



Le niveau déjà élevé du service de la dette en Europe va encore s'aggraver en raison du ralentissement de la croissance et de la normalisation monétaire de la BCE

Pour un banquier central raisonnable, pas de quoi penser que l’euro soit une alternative crédible. Au passage, remarquez que le service de la dette absorbe 15% du PIB de la France. Ne vous étonnez pas que le gouvernement Macron soit désespérément en recherche d’argent et taxe tout ce qui bouge encore.

Nous allons vers une grave crise monétaire internationale. Il faudra bien organiser un jubilé, une remise de dette. Dans ce processus une énorme quantité d’épargne se verra aussi détruite.

Les banquiers centraux s’en protègent en augmentant leurs stocks d’or par rapport à leur épargne en réserve de change.
Xuan
La chute des bourses américaines: à qui la faute?


© Sputnik . Natalia Seliverstova
http://fr.sputniknews.com/international/201810121038481016-bourses-americaines-chute-marche/
17:21 12.10.2018



Le marché boursier américain a subi une chute soudaine mercredi, marquant une baisse record depuis plusieurs mois. Cet effondrement s'est répercuté sur les bourses asiatiques et les plateformes commerciales européennes, et a même attiré dans son sillage les marchés des matières premières.

Avec la chute des bourses américaines les prévisions sur le caractère inévitable d'une nouvelle crise mondiale commencent-elles à se réaliser?

Une chute globale

La chute des indices boursiers américains qui a commencé mercredi est la plus importante que la marché a été amené à subir depuis des mois. Le Dow Jones a fléchi de 3,15% — la dernière fois qu'il avait connu une telle baisse remonte à février, quand des robots hors de contrôle avaient organisé une vente massive et non autorisée d'actions.

Wall Street
© AP PHOTO / JIN LEE
Un ministre russe commente la chute des bourses américaines
L'indice S&P 500 a diminué jusqu'à son minimum depuis trois mois, et celui des compagnies de hautes technologies NASDAQ 100 a perdu 4,4% — la plus forte baisse depuis juin 2016. Le site économique américain MarketWatch est catégorique: «Nous avons assisté au pire début de semestre en bourse depuis deux ans.»
L'effondrement des marchés américains a entraîné la baisse la plus importante de ces derniers mois sur les plateformes asiatiques. Les actions ont perdu 3 à 4% au Japon, en Australie et à Singapour, alors que l'indice Shanghai composite, qui reflète la valeur des plus grandes compagnies chinoises, et le taïwanais Taiex, ont fléchi de presque 6%.

Jeudi, avec l'ouverture des échanges, la chute s'est répercutée sur les bourses russe et européennes, mais de manière modérée. L'indice MICEX a perdu 2,5% et les bourses européennes 1 à 2%.

Les marchés des matières premières n'y ont pas échappé non plus: le baril de Brent, qui encore mardi était vendu à plus de 85 dollars, s'échange à présent pour moins de 82 dollars.

Une conséquence de la politique de Trump?

La principale raison de cette vente massive d'actions est l'approche du bilan trimestriel: à partir de vendredi, les plus grandes compagnies américaines publient leurs résultats du troisième trimestre. Les investisseurs sont persuadés qu'ils n'annoncent rien de bon.

Les prévisions les plus pessimistes concernent les hautes technologies, dont les actions sont manifestement surestimées. Les plus grands perdants sont donc les représentants de l'industrie des technologies de l'information: les actions ont chuté de 8,47% pour Twitter, de 8,38% pour Netflix, de 4,63% pour Apple et de 3,76% pour Intel.

Cependant, comme l'indique la baisse des indices industriels Dow Jones et S&P 500 (qui reflètent la valeur des entreprises dans les secteurs économiques traditionnels), il ne s'agit pas seulement d'un dégonflement de la bulle technologique. Les principales craintes des investisseurs sont liées à la politique commerciale de Donald Trump.

Il est clair dès à présent que les taxes d'importation sur l'acier et l'aluminium ont conduit à l'augmentation des frais des producteurs américains, allant de Coca-Cola, dont les dépenses pour les canettes en aluminium ont augmenté, au fabricant d'électroménager Whirpool.

Par ailleurs, les entreprises américaines auraient été encore plus touchées par les restrictions décrétées par Washington contre les compagnies étrangères et les guerres commerciales contre la Chine. Et notamment par les sanctions contre les plus grandes entreprises russes.

Un garçon tient des drapeaux chinois et américain à Pékin
© AP PHOTO / SHANNON STAPLETON, POOL
Œil pour œil: la Chine prépare la plus grande vente d'obligations américaines
Les sanctions contre la compagnie russe Rusal ont engendré une forte hausse des prix de l'alumine: le prix de cette manière première qui sert à fabriquer l'aluminium a augmenté mi-septembre de 60% par rapport à l'an dernier.
Comme l'indiquent les analystes de CRU Research, la hausse du prix de l'alumine n'a pas encore débouché sur l'augmentation des prix de l'aluminium, c'est pourquoi la sidérurgie essuie systématiquement des pertes.

Ainsi, le bénéfice net de l'américaine Alcoa au premier semestre a baissé d'un quart. Il y a fort à parier que le bilan du troisième trimestre sera encore plus mauvais, car durant l'été le prix de l'aluminium a chuté de presque 15%.

Un autre grand producteur américain d'aluminium primaire, Century Aluminium, avait averti encore en août que l'augmentation du prix de l'alumine provoquerait au troisième trimestre une diminution de ses revenus d'environ 40 milliards de dollars.

La Chine entre en jeu

L'agriculture américaine traverse une période non moins difficile. Avec l'adoption des taxes américaines sur les produits chinois, Pékin a considérablement réduit ses importations de produits agricoles américains.

Depuis fin mai, les prix du marché du soja ont baissé de 18% (leur plus bas niveau depuis dix ans) et de 12% pour le maïs. Le prix du blé a diminué de 5% en Amérique, et celui du porc de 29%. Par conséquent, le bilan des compagnies agricoles ne devrait pas non plus réjouir les investisseurs.

Le début du mois d'octobre a également déçu ceux qui se tournent traditionnellement vers les actions des compagnies pétrolières et gazières. Ces derniers mois, les tarifs mondiaux des hydrocarbures augmentaient — et avec eux un certain optimisme.

Mais les guerres commerciales ont encore tout gâché: la semaine dernière a été annoncée la suspension des fournitures pétrolières américaines en Chine et mardi dernier, Reuters a annoncé que la Chine avait suspendu ses achats de gaz naturel liquéfié (GNL) aux USA. Cela a entraîné un risque de surproduction sur le marché gazier américain, et donc d'effondrement inévitable des prix du gaz.

«Cela fait longtemps que les investisseurs craignent que les guerres commerciales affectent les revenus des compagnies, et c'est ce qui pourrait se produire aujourd'hui», écrit l'agence Bloomberg.

La situation est d'autant plus dangereuse dans un contexte d'augmentation du coût des emprunts à cause de l'augmentation du taux directeur de la Réserve fédérale (Fed) et de la hausse du rendement des obligations américaines.

Elon Musk accusé de fraude par le gendarme de la Bourse américaine
En d'autres termes, les compagnies américaines n'ont plus la possibilité de faire appel aux emprunts bon marché: les crédits deviennent plus coûteux à cause de la politique de la Fed. Les emprunts via l'émission d'obligations valent de plus en plus cher car le rendement des obligations publiques augmente: le rendement des obligations sur 10 ans a atteint 3,26% mardi — un record depuis sept ans.
«L'argent bon marché était un combustible pour les actions, les investisseurs y effectuaient leurs placements depuis deux ans parce que c'était la seule opération qui assurait un bon rendement sur le marché. Désormais, les investisseurs préfèrent retirer leur argent à cause du calendrier plus agressif des taux directeur de la Fed. C'était attendu depuis longtemps, mais la fuite vient seulement de commencer», explique Stephen Innes, analyste d'Oanda Corporation.

Crise ou changement?

Les analystes sont partagés. Les optimistes sont persuadés que nous avons affaire à un changement éphémère et que c'est le moment propice pour acheter activement les actions qui ont perdu de la valeur. C'est notamment la position officielle de l'administration américaine.

Depuis que le chute des indices boursiers a été rapportée au président américain Donald Trump, l'administration de la Maison blanche a publié un communiqué indiquant qu'il ne s'agissait que d'un «simple changement sur le marché orienté à la hausse».

«C'est probablement un phénomène sain. La baisse des actions va s'arrêter et l'économie américaine restera forte», affirme Washington.

Les pessimistes pensent que l'effondrement qui s'est produit marque le début d'une nouvelle grande crise, qui suit un cycle économique de dix ans pratiquement inévitable après les crises de 1997-1998 et 2007-2008.

Les analystes de la compagnie d'investissement américaine Phoenix Capital dans un rapport intitulé «Avertissement: nous nous trouvons dans la même situation que fin 2007» déclarent que l'indice boursier S&P 500 augmente depuis plusieurs mois indépendamment des indicateurs de l'état de l'économie réelle, qui sont en baisse.

Ainsi, la construction de logements chute depuis le début de l'année et depuis juin, c'est le cas de la demande en cuivre, le métal qui, selon Phoenix Capital, «est le plus lié aujourd'hui à la croissance économique». Le prix du bois de sciage chute depuis cinq mois consécutifs.

«Nous voyons que bien que même si le prix des actions reste très élevé, les actifs liés à la hausse de l'économie réelle ont chuté», concluent les analystes de la compagnie d'investissement américaine.

Et de conclure: «Les chiffres indiquent que le système financier des USA se trouvent actuellement dans le même état que fin 2007. Nous savons tous ce qui suivra».

D'ici deux semaines, après la publication du bilan des plus grandes compagnies américaines, nous saurons qui, des pessimistes ou des optimistes, avait raison.

Si leurs résultats s'avéraient meilleurs que les attentes des analystes, les investisseurs pourraient réinvestir dans les actions en gonflant davantage la bulle du marché.

Sinon, un long déclin commencerait sur le marché et il serait plus difficile pour les compagnies d'attirer des financements supplémentaires.

En fin de compte, une grande compagnie serait confrontée à un manque de liquidités. Ce qui pourrait constituer le même déclencheur d'une vaste crise mondiale que la faillite de Lehman Brothers en 2008.
Xuan
De la crise des subprimes à la crise des sans-abri


31/08/2018
http://www.franceculture.fr/emissions/le-magazine-de-la-redaction/de-la-crise-des-subprimes-a-la-crise-des-sans-abri


Près de 9 millions de logements ont été vendus aux enchères à des prix cassés après la chute de Lehman Brothers. Qui a profité de cette grande braderie ? Et qui en pâtit aujourd'hui ? Reportage à Phoenix, l'une des villes des États-Unis les plus touchées par la bulle immobilière et son explosion.


Downtown Phoenix et les abords du centre de sans abri où squattent de nombreux américains sans logement• Crédits : Marie Viennot

Vous vous souvenez peut être des villages de tentes qui avaient éclos après la crise financière aux États-Unis...

vidéo :http://youtu.be/xGfHyOg4eVo

Que sont devenus les gens qui, expulsés de leur maison, avaient dû trouver ces habitations précaires ? C'est cette question qui m'a poussé à enquêter du côté de l'immobilier, et en Arizona.

Pourquoi l'Arizona ? Parce que ce fût l'un des Etats les plus affecté par la crise immobilière qui a précédé et suivi la faillite de Lehman Brothers, avec la Floride, la Californie, et le Nevada. Ces quatre Etats (regroupés autour de l'appellation Sand States, comme sable) ont compté à eux quatre plus de 40% des saisies immobilières post crise. Ici une étude en anglais à ce sujet http://www.fdic.gov/bank/analytical/quarterly/2009-vol3-1/vol3-1-sand-states.pdf.

Pourquoi Phoenix ? Parce que c'est la ville qui a le plus attiré les fonds financiers venus de Wall Street (Hedge funds, et private equity). Profitant de la baisse vertigineuse des prix de l'immobilier, ces fonds ont acheté aux enchères des milliers de maisons au plus fort de la crise, qu'ils louent aujourd'hui. Ils sont devenus, au niveau fédéral des acteurs majeurs de la location, et des bailleurs peu fréquentables à lire de très nombreux articles. Ici, et ici.

http://theintercept.com/2018/01/20/you-think-your-landlord-is-bad-try-renting-from-wall-street/
http://eu.azcentral.com/story/money/business/consumers/2018/08/17/invitation-homes-refunds-family-arizona-republic-article-landlord-problems/1023354002/


Ces acquisitions ont été facilité par la politique très accommodante de la Réserve Fédérale américaine, qui pour sortir de la crise a inondé le marché de liquidité, et ainsi exacerbé les inégalités, dénonce Danielle Di Martino Booth, ancienne conseillère réserve fédérale, que l'on entend dans le reportage.
http://dimartinobooth.com/

Cette razzia sur les maisons vendues aux enchères a été si spectaculaire, que la télé en a fait un reality show, tourné à Phoenix, et dont j'ai rencontré deux protagonistes, Lou et John.
vidéo http://youtu.be/xXWQNxeLljw

Aujourd'hui, Phoenix est la deuxième ville américaine où il y a le plus d'expulsion locative http://www.citylab.com/equity/2017/10/where-evictions-hurt-the-most/544238/,
et où les prix de l'immobilier sont le plus remontés. Ils ont même retrouvé le niveau qu'ils avaient avant l'explosion de la bulle. La ville fait aussi face à une augmentation continue des sans abris.
http://eu.azcentral.com/story/news/local/phoenix/2018/04/07/phoenix-homeless-stabbing-death-curtis-bagley/494972002/

Quel lien entre la crise des subprimes, les saisies qui ont suivi, les difficultés des plus modestes à se loger et la crise des sans abri qui sévit sans bruit sur la côte Ouest des États-Unis ?

C'est ce que raconte ce reportage de Marie Viennot, réalisé par François-Charles Domergue.
Invité : Norbert Gaillard, docteur en économie, spécialisé dans les agences de notation, la régulation financière.

A Los Angeles, la ville a déclaré l'état d'urgence pour cette crise des sans abri. Ici un très beau reportage photohttp://www.cbsnews.com/pictures/homeless-crisis-los-angeles-skid-row-portland-san-diego-seattle/13/,
et ci-dessous une vidéo édifiante.
http://youtu.be/KbTSDuQET94

Pour aller plus loin....

- The State of the Nation housing, 2018, étude d'Harvard.
http://www.jchs.harvard.edu/state-nations-housing-2018

- Out Of Reach 2018: infographie qui vous permet de voir États par États combien d'heures vous devez travailler (au salaire minimum) pour louer un deux-pièces
http://nlihc.org/oor

- Arizona Central, le journal local de Phoenix, lire les articles de Catherine Reagor
http://eu.azcentral.com/

- Le site de Matthew Desmond, Pullitzer Prize pour son livre: Evicted: poverty and profit in the american city, livre qui m'a accompagné tout au long de mon enquête. Une plongée dans la vie de ceux et celles qui luttent pour avoir un toit, et de ceux qui les expulsent (jamais de gaieté de cœur..)
http://www.evictedbook.com/
 
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