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Xuan
Un article de RT assez long et détaillé mais sans apporter de conclusion. Un point de vue pro russe sur cette rencontre :

Vladimir Poutine à Brégançon : vers un retour de l’«alliée de revers» de la France ?

17 août 2019

https://francais.rt.com/opinions/65038-vladimir-poutine-bregancon-vers-retour-alliee-revers-france

Alors que le chef d'Etat français Emmanuel Macron doit recevoir le président russe Vladimir Poutine le 19 août au Fort de Brégançon, l'essayiste Guillaume Bigot analyse l'état de leurs relations ainsi que les enjeux de leur rencontre.

Guillaume Bigot, directeur général du groupe IPAG Business School, Paris-Nice-Abidjian-Kunming est politologue et essayiste. Son prochain livre La Populophobie sortira à l’automne aux éditions Plon.
Guillaumebigot.com

Dans l’invitation que le Président de la République française Emmanuel Macron a adressée à son homologue russe Vladimir Poutine, nous pourrions percevoir le retour d’une diplomatie gaullienne ouverte à la Russie, avec précaution, sans toutefois ignorer que les voies du dialogue franco-russe demeurent semées d’embûches. Le maître du Kremlin se rendra le 19 août à Brégançon, où le couple Macron estive, dans le but de «relancer la coopération sur les grands sujets de déstabilisation ou de conflit» , aux dires du président français.

Le cadre : Brégançon pour briser facilement la glace, en faisant venir Vladimir Poutine dans la zone de confort du président français. La symbolique est grande. La confiance accordée au Président russe, aussi. Mais, ce n’est pas (encore !) une sinécure.

Quels sont ces conflits et ces facteurs de déstabilisation évoqués par le Président français et dont la solution passerait par un rapprochement franco-russe ? Pourquoi une telle invitation à quelques jours du G7 à Biarritz ? Augure-t-elle la recomposition d’un éventuel G8 ? Une ébauche de mea culpa français à l’égard de la Russie ? L'expression d’un certain désespoir diplomatique français ou, au contraire, la consolidation d’une Europe enfin européenne qui ne saurait se passer de l’Orient orthodoxe qu’incarne la Russie de Poutine ? Il est encore trop tôt pour l’affirmer, mais il existe des raisons de croire à un rapprochement franco-russe.

Fin juin, Emmanuel Macron avait annoncé au Japon, après un long entretien avec Vladimir Poutine, qu'il aurait dans les prochaines semaines une rencontre bilatérale avec son homologue russe. Initiative «indispensable» pour le président français. Le chef de l'Etat avait alors expliqué que, dans le cadre de la présidence du G7, il était indispensable d’explorer toutes les formes de coopération avec la Russie «sans naïveté, mais sans que la porte ne soit fermée ». Attitude circonspecte mais déterminée de la part d’Emmanuel Macron, après des années de froid diplomatique entre les deux pays, et de polarisation idéologique aiguë qui a partagé la France entre russophiles, plutôt eurosceptiques et souverainistes, et russophobes, européistes et atlantistes.

Cette polarisation n’est pas récente, mais elle a été réactivée par la crise ukrainienne en 2014. Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, annonçait en mars 2014 l’arrêt de la coopération militaire franco-russe. Six mois plus tard, la situation en Ukraine pousse le président de la République à suspendre la livraison de navires de classe Mistral, obtenus après le premier contrat d'armes franco-russe depuis la Seconde Guerre mondiale. Aux yeux de Paris, deux conditions devaient être satisfaites avant d’envisager la poursuite de cette coopération : un cessez-le-feu sur le terrain et le règlement de la crise ukrainienne. Selon Moscou, il ne pouvait s’agir que d’un chantage français et d’une immixtion de l’OTAN dans les relations diplomatiques entre les deux pays, d’où l’ire de la Russie.

Paris remboursa alors Moscou 784,6 millions d’euros. Et l’Union européenne adopta des sanctions à l’encontre de la Fédération de Russie. La souveraineté de l’Ukraine et les enjeux sécuritaires de la Pologne, des Pays baltes et de la Géorgie constituaient alors des sujets de préoccupation déterminant la politique française, et européenne par extension, vis-à-vis de la Russie.

Paris, depuis sa réintégration dans le commandement intégré de l’OTAN, participe activement, notamment via son aviation, aux manœuvres des alliés occidentaux en mer Baltique. Une gesticulation aéronavale et terrestre qui vise explicitement les forces russes. Il ne s’agit pas de préparer un affrontement, mais de montrer les muscles et de dessiner une ligne rouge pour dissuader Moscou d’avancer de manière trop audacieuse ses pions sur un échiquier que les Etats-Unis et l’UE considèrent comme leur chasse gardée.

Si Paris et ses alliés de l’Atlantique Nord cherchent à contenir Moscou au septentrion du vieux continent, la situation est bien plus complexe au Moyen-Orient, où une logique partenariale s’est davantage dessinée.

La Russie s’est affirmée comme l’acteur principal de la guerre syrienne, le négociateur qui précise les contours d'une résolution tant militaire que politique dans ce pays sinistré et meurtri par huit ans d’exactions contre le peuple syrien, tant de la part du régime que des islamistes de tous bords. C’est le pays qui se tient à équidistance, mais à une distance privilégiée d’Israël, de la Turquie, de l’Iran et de l’Arabie saoudite. Malgré son positionnement clair en faveur du président syrien si controversé, Bachar el Assad, Vladimir Poutine ne s’enlise pas dans les clivages du Moyen-Orient et s’avère être la clef de voûte pour les Européens, voire les Américains, en vue d'une sortie de crise en Syrie. Les Russes détiennent maintes clés stratégiques, dont la principale s’avère être celle du commerce du gaz. Voilà un autre sujet qui ne saurait être absent du menu des discussions au bord de la piscine de Bregancon. Y aura-t-il pour autant de l’eau dans le gaz ? Rien n’est moins sûr.

Les Russes s’avèrent d’excellents interlocuteurs pour les Occidentaux, et pour les Français en particulier, car capables d'assurer une médiation presque désespérée entre l’Europe – défendue actuellement par le président Macron seul à bord après l’affaiblissement d’Angela Merkel – et l’Iran qui ploie, depuis le retrait du président américain Donald Trump de l’accord de Vienne, sous le poids de sanctions économiques drastiques. Le président français ne lâche donc pas la proie pour l’ombre. Les derniers malaises qui ont secoué les relations franco-américaines – retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris, tweets incendiaires de Washington contre Paris après les tentatives diplomatiques françaises visant à dissuader l’Iran de violer ses engagements nucléaires, les garanties françaises d’une quasi-stabilité économique passant par un contournement des sanctions américaines, etc. – donnent au président français des chances solides de réparer les liens disloqués entre ces deux nations historiquement liées.

Rappelons que la France est l’unique pays de l’accord de Vienne dont les dernières manœuvres diplomatiques se rapprochent de la position chinoise et russe concernant l’Iran. A l’ordre du jour, nous pourrions donc nous attendre à des échanges serrés sur le dossier ukrainien, à un dialogue sur l’avenir de la Syrie, à une recherche de compromis sur le gaz en Algérie et peut-être à un refus commun, larvé et discret, du monopole de la toute-puissance mondiale que s'arrogent les Etats-Unis de Donald Trump.

En exprimant sa volonté de débloquer 15 milliards d’euros pour contourner les sanctions américaines imposées à l’Iran, Emmanuel Macron ne pouvait que plaire aux Russes, qui se sont battus en Syrie, main dans la main avec les Pasdaran et les combattants du Hezbollah, branche libanaise des Gardiens de la révolution islamique. Stratégiquement, les deux pays se retrouvent autour d’un point commun : la nécessité de ménager les Mollahs pour éviter la donne antérieure à l’accord sur le nucléaire iranien en 2015. La politique du bras de fer et de l’escalade n'est vue d'un bon œil ni côté français, ni côté russe. Les démarches diplomatiques de Paris et de Moscou sont compréhensives avec le régime des Mollahs, d’aucun diraient iréniques. Et cette capacité nouvelle de l’Iran à relier de manière territoriale la Perse et la Méditerranée en passant par le Sud-Liban, l'Irak et la Syrie offre le fil d’Ariane qui peut démêler le lacis alambiqué d'un Proche-Orient complexe, mais aussi étrangler Israël et l’Arabie. Les Français, touchés en plein cœur par le terrorisme islamique à partir de 2015, ont payé le prix fort de l’irrédentisme djihadiste terroriste importé de Syrie, né dans des enclaves où des combattants de Daesh fomentaient les attaques du Bataclan. Les deux pays ont montré une grande résilience ainsi qu’une grande combativité face à ce fléau. La Russie a refoulé, au prix du sang, les vagues de l’islam radical en Tchétchénie et cherche à se défendre tant bien que mal en nouant une alliance stratégique, certes cynique, avec l’Iran chiite, contre l’intégrisme sunnite. Une piste d’entente prometteuse qui déboucherait sur un plan d’action commun en Syrie, privilégiant un retrait progressif de l’interventionnisme européen et français, comme c’était le cas pendant le mandat de François Hollande. Un échange de cadeaux politiques généreux : la réussite de Macron dans le sauvetage de l’accord de Vienne et son affirmation comme président fort présent sur la scène internationale d'un côté, et une liberté d’action accrue conférée à la Russie en Syrie de l'autre. En effet, Emmanuel Macron veut que Vladimir Poutine presse lui aussi l'Iran de renoncer à enfreindre ses obligations. A l’Elysée, nous pouvons entendre : «L'enjeu très immédiat est d'éviter que l'Iran se départisse d'un nombre supplémentaire de ses obligations» . En contrepartie des prérogatives que la France pourrait conférer à la Russie en Syrie, surtout une plus grande marge de manœuvre à Idleb, dernière enclave de «rebelles» où la France a toujours voulu que les bombardements du régime syrien soutenu par les Russes s’arrêtent, l’on pourrait s’attendre à une contribution russe au sauvetage du mécanisme INSTEX conçu par les Européens pour continuer à commercer avec l’Iran en dépit des sanctions.

De surcroît, et quoique l’on fustige une certaine soumission française au modèle américain et le libéralisme effréné adopté par Emmanuel Macron, les deux pays rejettent l’hégémonie américaine. Malgré la proximité entre Poutine et Trump d’une part, et la passion pour le libre-échange et le modèle de la «start-up nation» dont est friand Macron d’autre part, la France et la Russie demeurent deux pays qui cherchent à résister face au modèle anglo-saxon de la mondialisation. Projet de taxation des GAFA entrepris par le gouvernement français et pseudo-autarcie économique russe, certes fragile, résultant du vaste commerce gazier de la Russie… deux vecteurs économiques qui pourraient rapprocher l’homme fort du Kremlin et le locataire de l’Elysée. En outre, l’Algérie, ancienne colonie française, est indispensable dans le projet de cartel gazier de la Russie. La France, grâce à une présence encore forte dans ce pays, pourrait apporter de l’huile aux rouages de ce projet russe qui se traduirait par une alliance énergétique Moscou-Téhéran-Alger. Macron ne saurait déplaire aux ambitions de son homologue russe étant donné que le gaz de la France vient principalement de Russie. Nous estimons à 21% les importations françaises de gaz provenant de Russie. Et en 2016, les volumes de gaz russe importés par la France ont augmenté de 65% par rapport à 2015. La France ne gagnerait donc pas à mettre des bâtons dans les roues de la Russie en Algérie, son ancienne colonie et un pays où elle exerce encore une certaine influence. La France a, en outre, soutenu la réintégration de la Russie au Conseil de l’Europe, saluée par la presse russe comme une «victoire» de Moscou. Avant que Poutine n’arrive à Brégançon, Macron avait déjà déroulé le tapis rouge à son homologue.

Vers une nouvelle alliance stratégique franco-russe ?

Force est de constater, enfin, que ces deux dirigeants clivants, qui créent des polémiques au quotidien, ont tout à gagner à accorder leurs violons. En résumé, le seul champ véritablement miné où un accord sera difficile restera l’Ukraine. Macron est-il prêt, pour conquérir la confiance du tsar, à lâcher du lest sur l’un des dossiers européens qui invoque le plus une idée qui lui est chère, la très oxymorique souveraineté européenne du territoire ukrainien ? Le dossier ukrainien s’interposera-t-il entre ces deux pays, les empêchant de trouver un terrain d’entente ? Des questions dont on n’est pas sûrs d’avoir toutes les réponses le 19 août prochain. La facture humaine de ce conflit est lourde : 13.000 morts depuis 2014. La réunion entre les deux chefs d’Etat à Brégançon s’inscrit dans le sillon de la promesse de Volodomyr Zelensky de mettre fin à la crise ukrainienne. Un engagement qui semble encore stérile. Zelensky a offert de s'entretenir en tête-à-tête avec Vladimir Poutine et appelé à des discussions au format Normandie, qui réunit Ukraine, Russie, France et Allemagne.

Une chose est sûre, France et Russie franchissent un cap important. Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, s’en félicite et dans un entretien exclusif pour Le Figaro, en parle en termes très élogieux. Pour lui, c’est un retour à la politique du réel. «C’est une tentative très utile pour sortir la France et si possible l’Europe d’une impasse, d’une guerre de positions stérile engagée depuis des années, avec des torts partagés des deux côtés, notamment depuis le troisième mandat de Vladimir Poutine, et qui a abouti à une absurdité stratégique : nous avons des rapports plus mauvais avec la Russie d’aujourd’hui qu’avec l’URSS pendant les trois dernières décennies de son existence !»

Serons-nous les témoins d’une nouvelle alliance stratégique franco-russe ? Rien n’est sûr, mais tout est possible, y compris le meilleur. Les conditions sont en tous cas objectivement réunies pour inciter les deux chefs d’Etat à maximiser la puissance de leurs deux nations en minimisant leurs différends.

La Russie regagnerait alors son statut d’ «alliée de revers» , expression que nous empruntons à Hélène Carrère d’Encausse. La France et la Russie ont toujours eu des relations fragiles qui tiennent à un fil ténu, mais paradoxalement solide. Allié bien plus vital que Washington face à Hitler pendant la Deuxième Guerre mondiale, en apparence distante et hostile pendant la Guerre froide mais en réalité déjà complice, Moscou peut redevenir ce point d’appui contre une mondialisation anglo-saxonne de plus en plus privée de pilote.

Le président français, conscient de son isolement européen après l’affaiblissement de la chancelière allemande Angela Merkel et le nein à peine poli de Berlin aux offres de relance du couple franco-allemand formulées par Paris, devrait logiquement être tenté de renouer avec une politique gaullienne. En 1966, à l’époque du rideau de fer, le Général de Gaulle affirmait de Moscou : «Depuis les temps très lointains où naquirent nos deux nations, elles n’ont cessé d’éprouver l’une pour l’autre un intérêt et un attrait tout à fait particuliers (…), une considération et une cordialité réciproques que n’ont brisées, depuis des siècles, ni certains combats d’autrefois, ni des différences de régime, ni des oppositions suscitées par la division du monde.»

En 2019, Macron pourrait être acculé par la réalité à faire du de Gaulle malgré lui.
Xuan
Les cours de morale ne sont là que pour la façade, Macron n'a pas plus à faire de l'opposition en Russie que des GJ estropiés, quant à la démocratie parlementaire... Laissons ce rideau de fumée aux chroniqueurs de la télé.

Derrière la diplomatie et les simagrées il faut observer ce qui change dans les rapports internationaux. Ce sont de petits changements quantitatifs qui se sont accumulés et qui annoncent une transformation.

Il n'y a pas d'alignement sur la question iranienne mais une position embarrassée qui correspond à des intérêts divergents. La France n'aurait certainement pas réagi de la même façon il y a dix ans parce que dans l'intervalle les monopoles et les banques ont subi les sanctions US, et la position politique est le reflet de ces intérêts.

Les budgets militaires en hausse ont aussi un sens dans la mesure où les contradictions s'accroissent dans le camp occidental et où un choix s'opère entre l'OTAN et une défense européenne. Je n'ai pas de chiffres mais il serait utile de voir comment évoluent les budgets entre ces deux postes.
pzorba75
Xuan a écrit :

...
Macron et la bourgeoisie française ont donc senti le vent tourner. Il est clair pour eux que Trump n'est plus un allié sûr et que l'Europe doit reconsidérer ses alliances en dehors de lui.

La rencontre d'hier entre Poutine et Macron est dans l'ordre diplomatique des dirigeants français, des mots sans intérêt "l'Europe jusqu'à Vladivostok" et des cours de "morale" sur les droits de l'homme et la démocratie électorale. Je ne vois pas cete position remettre en cause l'alliance avec Trump et sa base allemande qu'est l'UE. Macron n'a pas soufflé mot, au moins en public, des projets de guerre des étoiles (satellites tueurs chers à F. Parly) ni des budgets militaires en hausse, ces sujets traduisent quand même l'alignement derrière les positions de Trump qui reste le vrai maître en Europe, le pape de la nouvelle Rome...
Xuan
La visite de Poutine est très significative malgré les bavardages des médias sur les "désaccords" idéologiques et tout le saint saint-frusquin.

Si on lit bien le rapport de France info :
"Emmanuel Macron plaide pour "réinventer une architecture de sécurité et de confiance". Le chef de l'Etat a milité pour un rapprochement entre l'Union européenne et la Russie, appelant à retrouver la "confiance" dans un ordre international en "recomposition".

Cherchez le grand absent : Trump .

La visite en France de Poutine, exclu du G20, doit le faire fumer.
Outre le rapprochement entre l'UE et la Russie alors que les sanctions courent toujours, que signifie un ordre international "en recomposition" sinon la fin de l'hégémonisme US ?

Ce rapprochement est indispensable après les provocations anglo-US contre l'Iran.
Le fait est que les tweets de Trump font beaucoup de bruit mais qu'il ne peut pas aller plus loin dès que ses ennemis haussent le ton.
Depuis la confrontation avec la Corée du nord, ses menaces de déclencher l'enfer n'ont accouché que de tweets incendiaires.
Il vient encore de reporter ses décisions sur la 5G chinoise.
Macron et la bourgeoisie française ont donc senti le vent tourner. Il est clair pour eux que Trump n'est plus un allié sûr et que l'Europe doit reconsidérer ses alliances en dehors de lui.
marquetalia
Le plus grand pays de l Ue qui était hostile à la Russie va bientôt faire son Brexit,la France et l Allemagne se rapprocheront elles de Moscou,donc des pays émergents ?


Edité le 19-08-2019 à 22:45:18 par marquetalia


marquetalia
Effectivement,l Europe est le maillon faible de l impérialisme,deux tendances s y opposent entre d une part la France et l Allemagne,partisanes d une alliance avec la Russie,et les pays d Europe Centrale et Orientale, principalement les pays Baltes et le Pologne,qui prônent l alliance avec les Etats Unis et la confrontation avec la Russie.Poutine fait allusion au projet de Degaulle d une Europe de Lisbonne à Vladivostok,ce qui irait contre les intérêts de l impérialisme américain qui veut continuer de vassaliser l Europe.ces contradictions propices à l insurrection de la classe ouvrière sous la direction de marxistes léninistes explique l acharnement en Europe contre les partis communistes, comme en Pologne,puisqu un spectre hante la bourgeoisie européennes,le communisme est toujours vivant.


Edité le 19-08-2019 à 22:42:32 par marquetalia


pzorba75
Xuan a écrit :


L'abrogation de l'acte de 1972 entrera en vigueur lorsque le Royaume-Uni quittera officiellement l'UE le 31 octobre prochain.

Le "futur avec quittera l'UE le 31 octobre" prolonge l'espoir des européistes, la douche froide s'approche inexorablement. Jamais l'impérialisme anglais ne soumettra à un impérialisme continental, quelque soient les complicités entre les dirigeants au pouvoir selon les circonstances.
Xuan
Sans préjuger du Brexit, des intérêts qu'il recouvre et de ses conséquences, cette décision montre que les "lois" européennes , n'obligent que les états qui s'y astreignent.


Le ministre du Brexit signe un décret pour mettre fin à la loi européenne au Royaume-Uni


http://french.xinhuanet.com/2019-08/18/c_138318753.htm

LONDRES, 18 août (Xinhua) -- Le secrétaire d'Etat britannique à la Sortie de l'Union européenne (UE) Stephen Barclay a signé un décret mettant fin à toute loi de l'UE applicable au Royaume-Uni à compter du 31 octobre, a annoncé dimanche le gouvernement britannique.

M. Barclay a promulgué une loi visant à abroger l'acte du Parlement qui avait rendu définitive l'adhésion du Royaume-Uni à l'Union européenne (la CEE d'alors) en 1972, a annoncé le gouvernement dans un communiqué.
L'Acte de 1972 sur les communautés européennes est le moyen par lequel les réglementations européennes sont directement transposées dans la loi britannique par les organes législatifs de l'UE à Bruxelles.
Le décret abrogera l'acte de 1972 et mettra en œuvre la loi sur le retrait de l'Union européenne.
L'abrogation de l'acte de 1972 entrera en vigueur lorsque le Royaume-Uni quittera officiellement l'UE le 31 octobre prochain.
Xuan
Je reviens sur la situation économique en Allemagne, le deuxième pilier de l'Europe.
J'ai déjà signalé ses problèmes bancaires.
Les Echos ont déjà fait souvent dans le catastrophisme après la crise de 2008. L'article d'Artus ne dit rien de la Route de la soie dont les trains circulent en Europe, et qui vise à compenser la guerre tarifaire US, mais cet article donne quand même des éléments d'analyse.
D'autres articles convergent. Il signalent que l'Allemagne est "pénalisée par le conflit commercial sino-US", pratiquement les USA ont sanctionné les exportations allemandes :


Patrick Artus : « L'Allemagne n'est pas face à un choc cyclique mais face à un immense défi structurel »


https://www.lesechos.fr/monde/europe/patrick-artus-on-nest-pas-face-a-un-choc-cyclique-mais-face-a-un-immense-defi-structurel-1124422?fbclid=IwAR02KcW9rNm1UsrsSrFvvuymU-lCcPApxzr4aDzeVj-EKWj10R8tL9tiYaA

L'économie allemande spécialisée dans l'industrie automobile et chimique est de moins en moins adaptée à la réalité de la croissance mondiale, explique l'économiste Patrick Artus. C'est pourquoi l'activité, qui s'est arrêtée au deuxième trimestre, n'est pas près de repartir.


Par
Catherine Chatignoux
Publié le 14/08 à 18h52

Comment expliquer le recul de la croissance allemande ?

Il y a certainement un petit effet de prudence des investisseurs lié à l'inquiétude générale provoquée par la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis . Mais pour l'essentiel, les problèmes de l'Allemagne sont bien plus profonds et reposent sur l'obsolescence de son modèle économique dans un monde qui a changé. On se dirige vers une régionalisation des échanges commerciaux avec des produits fabriqués au plus près de la demande. On le voit au ralentissement du commerce mondial, 2,5 % cette année, alors qu'il progressait ces dernières décennies à une vitesse de 3 % à 4 % l'an. Et la Chine importe moins. Ses importations stagnent aujourd'hui après avoir augmenté de 10 % par an. Enfin l'activité dans le monde repose de plus en plus les services et de moins en moins sur l'industrie, dont la part dans la croissance mondiale se réduit. En Chine, les investissements dans l'industrie ont baissé de 5 % sur un an alors qu'ils croissaient de 20 % avant 2015.

L'Allemagne ne trouve plus sa place dans ce nouveau modèle ?

Elle exportait massivement des produits industriels en Chine. Elle est donc doublement affectée par cette évolution . Elle s'est spécialisée dans les voitures thermiques, l'industrie chimique et les biens d'équipement, trois secteurs qui ont vocation à se contracter, pour les raisons évoquées précédemment mais aussi pour leur impact environnemental. L'industrie allemande a aussi un problème de compétitivité-coûts. Elle est en train de perdre des parts de marché parce que sa productivité n'augmente plus et que les coûts salariaux augmentent. Pendant longtemps, elle pouvait se permettre de vendre des voitures ou des machines-outils à des prix élevés parce qu'elle était bien spécialisée. Ce n'est plus le cas.

Pourtant, elle est au plein-emploi…

C'est une illusion. Le chômage n'a pas augmenté parce que les entreprises n'ont pas fait les ajustements de l'emploi qui s'imposaient. Or ce serait la seule façon d'absorber la stagnation de la productivité. Actuellement, les salaires augmentent de 5 % quand la production industrielle recule de 5 %. C'est intenable. L'Allemagne se retrouve à peu de chose près dans la situation de 2000, avant que les réformes Schröder viennent doper la compétitivité de l'économie. On n'est donc pas face à un choc cyclique mais face à un immense défi structurel. L'économie allemande va être en croissance quasi-nulle pendant un certain temps.

Ses partenaires européens pressent l'Allemagne d'investir plus. Ont-ils raison ?

L'Allemagne dégage un excédent d'épargne équivalent à 8 points de son PIB. Et elle utilise ces excédents pour financer le déficit public des Etats-Unis, dont elle est devenue le premier créditeur, devant la Chine. Se faisant, elle détruit de la croissance en Europe. Les investisseurs allemands auraient tout intérêt à réorienter cette épargne chez elle, pour préparer les industries d'avenir et vers les pays de l'Union européenne où la demande doit progresser.

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Les nuages noirs s’accumulent sur l’économie allemande

l’Opinion 08 juin 2019 à 12h31

https://www.lopinion.fr/edition/economie/nuages-noirs-s-accumulent-l-economie-allemande-189328

Berlin a revu sa croissance à la baisse à 0,6% en 2019. L’activité industrielle et les exportations ont enregistré leur plus forte chute depuis 2015, touchés par la conjoncture internationale
Photo d’illustration : une usine Volkswagen en Allemagne.Photo d’illustration : une usine Volkswagen en Allemagne. © Sipa Press
Souvent citée comme un exemple en France, l’Allemagne connaît elle aussi ses mauvais jours. La Bundesbank a fortement abaissé vendredi ses prévisions de croissance, tablant désormais sur une progression de 0,6% du produit intérieur brut (PIB) allemand en 2019, soit bien en dessous de sa précédente prévision d’une croissance de 1,6% donnée en décembre et que les + 1,5% de 2018 (selon Eurostat).

« L’économie allemande connaît actuellement un ralentissement marqué » , a indiqué la banque centrale à l’occasion de l’actualisation biannuelle de ses projections. « C’est principalement dû à un ralentissement dans l’industrie, où la faible croissance des exportations se fait sentir » , ajoute la Bundesbank.

La production industrielle et les exportations de l’Allemagne ont reculé plus que prévu en avril, soulignant la vulnérabilité de la première économie de la zone euro face au contexte international. La production industrielle a reculé de 1,9% sur un mois, selon les données de l’Office fédéral de la statistique publiées vendredi. Il s’agit du plus fort repli observé depuis août 2015.

Tensions commerciales. Des données séparées ont par ailleurs indiqué que les exportations de l’Allemagne avaient reculé de 3,7% en avril. Elles enregistrent là aussi leur plus fort repli depuis août 2015. Le secteur manufacturier allemand connaît une récession cette année, les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine ainsi que l’Union européenne et les incertitudes élevées autour du Brexit pesant sur les exportations.

L’économie allemande ralentit aussi en raison de la faiblesse de la croissance économique au sein de la zone euro et des difficultés rencontrées par l’industrie automobile allemande dans l’adoption de nouveaux standards d’émissions polluantes. Elle reste néanmoins soutenue par la vigueur de la consommation privée, nourrie par un faible taux de chômage et des taux d’intérêt très bas. Cela a permis au secteur des services de résister et de compenser les difficultés de l’industrie.

Mais le marché de l’emploi allemand commence à souffrir, ce qui alimente les craintes que le secteur des services ne commence à ralentir à son tour. Le nombre de demandeurs d’emploi en Allemagne a augmenté en mai pour la première fois en près de deux ans.

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Pourquoi l’économie de l’Allemagne cale


https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/08/14/lestee-par-le-plongeon-de-son-industrie-l-economie-allemande-cale_5499292_3234.html

Pénalisé par les tensions commerciales sino-américaines et les difficultés du secteur automobile, le produit intérieur brut du pays s’est contracté de 0,1 % au deuxième trimestre.

Par Marie Charrel Publié le 14 août 2019 à 10h06, mis à jour hier à 06h27

Les tout derniers indicateurs conjoncturels laissaient craindre le pire. Celui-ci s’est confirmé : au deuxième trimestre, l’économie allemande s’est contractée de 0,1 %, après avoir progressé de 0,4 % sur les trois premiers mois de l’année, selon les données publiées mercredi 14 août par l’Office fédéral de la statistique (Destatis).

C’est nettement moins bien que le chiffre, pourtant déjà décevant, enregistré en France et dans l’ensemble de la zone euro (+ 0,2 % dans les deux cas).

Avec celle du troisième trimestre 2018 (– 0,1 %), il s’agit de la première baisse du produit intérieur but (PIB) enregistrée dans le pays depuis début 2015 (– 0,2 %). Surtout, elle confirme les difficultés dans lesquelles le moteur de la croissance européenne s’enlise depuis plusieurs mois, alors que les incertitudes internationales s’accumulent.

Ce repli tient en grande partie aux spécificités du modèle national, très dépendant des exportations

Cette contraction tient en grande partie aux spécificités du modèle allemand, très dépendant des exportations, qui pèsent près de la moitié du PIB. Lorsque le commerce mondial va bien, l’économie germanique fait des étincelles et surpasse la croissance moyenne de la zone euro. Mais lorsqu’il ralentit, elle souffre beaucoup plus que ses voisins tournés vers leur consommation intérieure, comme la France.


[...]

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L'Allemagne, un modèle économique menacé

ANALYSE - La stagnation de l'économie allemande marque l'entrée du pays dans une phase économique plus compliquée. Pour passer le cap du XXI e siècle, sa puissante industrie doit relever plusieurs défis qui passent aussi par la mobilisation de l'Etat.

Les cailloux qui s'accumulent sur la route de l'industrie automobile allemande constituent un concentré des défis auxquels le modèle économique allemand se trouve confronté.

Par
Ninon Renaud
Publié le 11/03 à 07h02

Mois après mois, les esprits s'y sont faits : le moteur économique allemand ne rugira plus, tout juste ronronnera-t-il. Cette année, les prévisions de croissance évoluent entre 0,7 % selon les dernières estimations de l'OCDE et 1,3 % selon le FMI. Mais les signaux économiques négatifs qui s'accumulent commencent à faire craindre que le coup de froid de l'automne passé , marqué par un soudain recul du produit intérieur brut, ne soit pas un simple refroidissement d'une économie en surchauffe. Il pourrait bien sonner l'entrée dans une phase économique plus compliquée pour l'Allemagne.

Il suffit, pour s'en convaincre, d'observer les difficultés de l'industrie automobile, cheville ouvrière du modèle industriel exportateur allemand, représentant à elle seule un cinquième de l'industrie nationale et exportant plus des trois quarts de ses véhicules. Les cailloux qui s'accumulent sur sa route constituent un concentré des défis auxquels l'Allemagne se trouve confrontée.


Un défi géopolitique
Certes, le coup d'arrêt des ventes de véhicules au troisième trimestre était le fait de la mise en place de nouveaux standards antipollution pour les voitures en septembre. Mais l'effet de rattrapage attendu n'a pas eu lieu. Avec ou sans normes, les voitures allemandes se vendent en réalité moins, en particulier en Chine et aux Etats-Unis, leurs deux marchés principaux.

Pour la première fois en deux décennies, les Chinois ont en effet acheté moins de véhicules l'an dernier, et le ralentissement de la croissance chinoise conforte cette tendance : en janvier le nombre d'immatriculations nouvelles a encore reculé. Quant aux Etats-Unis, les négociations tarifaires en cours sont du plus mauvais augure pour l'Allemagne, dont les quelque 22 milliards d'excédents commerciaux liés aux ventes de voitures font tout particulièrement grincer les dents de Donald Trump.

Ce nouvel ordre géopolitique et économique, qui voit les pays se replier sur eux-mêmes et ériger des barrières douanières dans un contexte de croissance mondiale ralentie, est une vraie menace pour l'industrie allemande dans son ensemble. En témoignent les commandes au secteur qui ont déjà subi en janvier une baisse inattendue de 2,6 % sur un mois et de 3,9 % sur un an. Selon les chiffres de l'Office fédéral de la statistique (Destatis), la demande intérieure a reculé de 1,2 % en janvier, mais celle de l'étranger a chuté de 3,6 %. La baisse atteint même 4,2 % pour les pays extérieurs à la zone euro.

Un défi technologique
A cette menace s'ajoute un défi technologique. Une fois encore, le secteur automobile est un bon exemple. Au pays du diesel roi et des puissantes berlines, les poids lourds du secteur ont rechigné à intégrer la révolution électrique. Les ménages allemands, marqués par le scandale du diesel et les interdictions de circuler dans les centres-villes pour ce type de véhicule, n'ont a contrario pas tardé à privilégier les solutions alternatives.

Les immatriculations de voitures électriques, hybrides ou au gaz ont augmenté de 54,2 % l'an dernier, alors que celles de voitures diesel ont chuté de 16,9 % outre-Rhin. Conséquence de ce décalage, parmi les 20 modèles électriques les plus vendus dans le monde, il n'en existe à ce jour aucun allemand. Les places sont occupées par des voitures américaines ou asiatiques, selon une étude du Centre de recherche sur l'énergie solaire et l'hydrogène du Bade-Wurtemberg (ZSW).

L'automobile ne fait pas exception : le classement établi en décembre pour la Fédération allemande de l'industrie (BDI) par le Fraunhofer Institut et le Centre de recherche économique européen (ZEW) révélait que l'Allemagne a beau rester dans le quartet de tête des pays les plus innovants avec Singapour, la Suisse et la Belgique, l'écart se creuse avec ce trio de tête, tout en se réduisant avec les poursuivants.

Des contraintes démographiques et structurelles
La solidité financière des champions industriels allemands leur permet de mettre les bouchées doubles, à l'instar de Volkswagen qui a annoncé un plan d'investissement de 11 milliards d'euros sur 5 ans, dont plus de 9 milliards pour la voiture électrique. Mais ils doivent en parallèle surmonter une pénurie de main-d'oeuvre qui limite leurs capacités de production. Face au vieillissement de la population, la fondation Bertelsmann estime que l'Allemagne aura besoin de 260.000 immigrés par an durant les quarante prochaines années.

L'Allemagne confirme l'atterrissage de son économie

Menace sur le miracle industriel allemand

Le gouvernement allemand a adopté en décembre un projet de loi assouplissant les conditions d'immigration pour les travailleurs qualifiés étrangers. Mais ce défi démographique se double d'un manque d'infrastructures criant. La chute du niveau du Rhin l'été dernier, sur lequel près de 10 % du transport total de marchandises s'effectue en Allemagne, a participé au recul du PIB germanique, révélant au grand jour la pauvreté des alternatives ferroviaires ou routières. Les infrastructures de télécommunications sont aussi un sujet de préoccupation : la qualité de couverture de la 4G est tellement disparate que le ministre de l'Economie, Peter Altmeier, l'a qualifiée il y a quelques semaines de « totalement embarrassante ».

Selon les experts de la banque publique allemande KfW, près de 159 milliards d'euros sont nécessaires pour restaurer les infrastructures. L'Allemagne a l'avantage d'être prospère : « Entre 2014 et 2019, les recettes fiscales du pays ont augmenté de 280 milliards. Mais seuls 25 milliards d'euros ont été utilisés pour plus d'investissements, faute de volonté politique » , souligne Clemens Fuest. Le directeur de l'Ifo évoque le peu de soutien d'une opinion publique réticente à remettre en cause ses acquis. Sans changement de braquet, c'est pourtant la pérennité de la prospérité allemande qui est menacée.

Ninon Renaud (Correspondante à Berlin)


Edité le 16-08-2019 à 20:30:27 par Xuan


marquetalia
En Italie,la crise prend une nouvelle ampleur,avec la fascisation,Matteo Salvini veut composer un nouveau gouvernement avec Berlusconi et Giorgia Meloni,la Marine Lepen italienne.


Edité le 12-08-2019 à 14:57:34 par marquetalia


 
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