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Xuan
Sur le site du Monde Diplomatique de novembre
https://www.monde-diplomatique.fr/2019/11/HALIMI/60956 :



"Ce qui s’est passé [en Syrie] est un énorme problème pour l’OTAN » . Emmanuel Macron estime dans un entretien à The Economist que l’Alliance atlantique est en état de « mort cérébrale » après l’intervention turque contre les Kurdes. Il faudrait désormais selon lui « clarifier quelles sont les finalités stratégiques » de l’Alliance atlantique et renforcer l’Europe de la défense — ce serpent de mer.

« Le président Trump, j’ai beaucoup de respect pour cela (sic), pose la question de l’OTAN comme un projet commercial. Selon lui c’est un projet où les États-Unis assurent une forme d’ombrelle géopolitique, mais en contrepartie, il faut qu’il y ait une exclusivité commerciale, c’est un motif pour acheter américain. La France n’a pas signé pour ça » . En tirera-t-il toutes les conséquences, comme l’y invite notre éditorial du mois ?

Jusqu’à quand l’OTAN ?


par Serge Halimi

Depuis que l’adhésion du Royaume-Uni au Marché commun a ouvert la voie à un élargissement continu de l’Union européenne, on peine à détecter chez elle une politique étrangère digne de ce nom. Car parfois, plus, c’est moins : le compromis verbeux, pas l’affirmation ; l’effacement, pas la puissance. Dorénavant, l’Union compte une majorité d’États qui ont participé aux aventures impériales des États-Unis (seize de ses membres actuels ont contribué à la guerre d’Irak) ; elle relaie l’ingérence de Washington en Amérique latine (d’où la reconnaissance absurde de l’opposition vénézuélienne comme gouvernement légal) ; elle feint de s’opposer aux caprices de l’administration Trump, mais rentre dans le rang sitôt que celle-ci menace de la punir (sanctions économiques contre les entreprises qui commercent avec l’Iran). L’Europe pesait davantage au Proche-Orient avant son élargissement. Et si Charles de Gaulle s’opposait à l’adhésion du Royaume-Uni au Marché commun parce qu’il pensait que ce pays deviendrait le cheval de Troie américain sur le Vieux Continent, les États-Unis n’ont rien à craindre du Brexit. Car, au fil des décennies, l’Union européenne est devenue leur écurie.

La domination de Washington est encore plus humiliante en matière de défense. Créée pendant la guerre froide, l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) en est l’instrument. L’aval de la Maison Blanche suffit pour qu’un État membre de cette alliance en colonise un autre (la Turquie occupe une partie de Chypre depuis quarante-cinq ans) ou traite un de ses voisins comme sa « zone de sécurité » — l’armée d’Ankara, deuxième de l’OTAN, vient d’envahir le nord de la Syrie afin d’y liquider l’autonomie kurde (lire « Ankara et Moscou, jeu de dupes en Syrie »). Mais Washington s’en accommode tant que le régime de M. Recep Tayyip Erdogan continue de surveiller une des frontières maritimes de la Russie, d’acheter 60 % de ses armes aux États-Unis et d’abriter des têtes nucléaires américaines. Et peu importe également à M. Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN, une marionnette américaine affublée du sobriquet éloquent de « Tony Blair norvégien », puisque la Turquie, selon lui, « agit avec retenue et en coordination avec les autres alliés de manière à préserver nos gains face à notre ennemi commun, Daech » .

En envahissant l’Irak en 2003 sous un motif fallacieux, le pays dont l’OTAN est le relais obéissant a provoqué le chaos actuel au Proche-Orient. Sur leur lancée, les États-Unis ont, avec d’autres, déclenché une guerre en Libye, puis, seuls cette fois, remis en cause l’accord nucléaire de juillet 2015 avec l’Iran (dont la conclusion avait pourtant marqué un de leurs rares moments de sagesse de la décennie…). En octobre dernier, au moment de livrer les Kurdes à l’armée turque sans consulter ses « alliés » européens de l’OTAN présents sur place, le président américain a envoyé un tweet d’une admirable franchise : « J’espère qu’ils se débrouilleront tous, nous on est à 11 000 kilomètres ! » Continuer à subir ce suzerain fantasque qui n’a d’autre intérêt que le sien revient à admettre une relégation définitive au rang de protectorat. Pour que l’Europe en sorte, il faut qu’elle sorte de l’OTAN (1).

Serge Halimi

(1) Lire Régis Debray, « La France doit quitter l’OTAN », Le Monde diplomatique, mars 2013.
Xuan
Les monopoles français inquiets pour l'avenir de l'Europe.
Dans son langage Macron démontre l'exactitude de la plupart des thèses présentées dans ce fil.
Peut-être que sa visite en Chine a précipité chez lui ces conclusions.
Il relève le développement des contradictions entre l'hégémonisme US et l'Europe, l'essor de la Chine conçue comme une concurrence économique mais aussi idéologique, les contradictions internes à l'Europe, la création d'un pôle hostile à l'impérialisme occidental en Russie et en Turquie, et pour finir le délitement de l'OTAN. D'où sa volonté de développer une force armée indépendante des USA.


Emmanuel Macron juge l’Europe au « bord du précipice » et l’OTAN en état de « mort cérébrale »


https://www.lemonde.fr/international/article/2019/11/07/macron-juge-l-europe-au-bord-du-precipice-et-l-otan-en-etat-de-mort-cerebrale_6018363_3210.html
Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 13h30, mis à jour à 17h20

Le chef de l’Etat s’alarme de la fragilité de l’Europe entre le désalignement de la politique américaine et l’émergence de la puissance chinoise, dans un entretien à « The Economist ».

Le président français s’inquiète de la « fragilité extraordinaire de l’Europe » , qui « disparaîtra » si elle ne « se pense pas comme puissance dans ce monde » , dans un entretien à l’hebdomadaire The Economist publié jeudi 7 novembre. « Je ne crois pas dramatiser les choses, j’essaye d’être lucide » , souligne Emmanuel Macron qui voit trois grands risques pour l’Europe : qu’elle ait « oublié qu’elle était une communauté » , le « désalignement » de la politique américaine du projet européen, et l’émergence de la puissance chinoise « qui marginalise clairement l’Europe » .

« Depuis soixante-dix ans, on a réussi un petit miracle géopolitique, historique, civilisationnel : une équation politique sans hégémonie qui permet la paix. (...) Mais il y a aujourd’hui une série de phénomènes qui nous mettent dans une situation de bord du précipice » , insiste M. Macron, qui voit aussi l’Union européenne « s’épuiser sur le Brexit » .

« L’Europe a oublié qu’elle était une communauté »
Le président français estime d’abord que « l’Europe a oublié qu’elle était une communauté, en se pensant progressivement comme un marché, avec une téléologie qui était l’expansion » . Selon le chef de l’Etat, il s’agit là d’une « faute profonde parce qu’elle a réduit la portée politique de son projet, à partir des années 1990 » .

Deuxième danger : les Etats-Unis qui restent « notre grand allié » mais « regardent ailleurs » vers « la Chine et le continent américain » . Ce basculement a été amorcé sous Barack Obama, estime le chef de l’Etat. « Mais pour la première fois, nous avons un président américain [Donald Trump] qui ne partage pas l’idée du projet européen, et la politique américaine se désaligne de ce projet » , estime-t-il.

Enfin, le rééquilibrage du monde va de pair avec l’émergence – depuis quinze ans – d’une puissance chinoise qui crée un risque de bipolarisation et marginalise clairement l’Europe. Et à ce risque de « G2 » Etats-Unis/Chine, s’ajoute « le retour de puissances autoritaires, au voisinage de l’Europe, qui nous fragilisent également très profondément » , ajoute M. Macron, citant la Turquie et la Russie. En conséquence, il estime que si les Européens n’ont « pas un réveil, une prise de conscience de cette situation et une décision de s’en saisir, le risque est grand, à terme, que géopolitiquement nous disparaissions, ou en tous cas que nous ne soyons plus les maîtres de notre destin. Je le crois très profondément » .

« Muscler » l’Europe de la défense
Le président français a également estimé lors de ce même entretien que « ce qu’on est en train de vivre, c’est la mort cérébrale de l’OTAN » , l’expliquant par le désengagement américain vis-à-vis de ses alliés et de l’attitude d’Ankara, membre de l’Alliance. Il faut « clarifier maintenant quelles sont les finalités stratégique de l’OTAN » , a affirmé le chef de l’Etat, en plaidant à nouveau pour « muscler » l’Europe de la défense, alors qu’un sommet de l’OTAN aura lieu à Londres début décembre.

« Vous n’avez aucune coordination de la décision stratégique des Etats-Unis avec les partenaires de l’OTAN et nous assistons à une agression menée par un autre partenaire de l’OTAN, la Turquie, dans une zone où nos intérêts sont en jeu, sans coordination » , a-t-il souligné. « Ce qui s’est passé est un énorme problème pour l’OTAN. »

Sur LCI, quelques compléments sur les événements récents au Moyen Orient :

"Vous n'avez aucune coordination de la décision stratégique des États-Unis avec les partenaires de l’Otan et nous assistons à une agression menée par un autre partenaire de l'Otan, la Turquie, dans une zone où nos intérêts sont en jeu, sans coordination."

Le Président s'interroge en particulier sur l'avenir de l'Article 5 du traité atlantique, qui prévoit une solidarité militaire entre membres de l'Alliance si l'un d'entre eux est attaqué. "C’est quoi l’Article 5 demain ? Si le régime de Bachar al-Assad décide de répliquer à la Turquie, est-ce que nous allons nous engager ? C’est une vraie question" , pointe-t-il.

"Nous nous sommes engagés pour lutter contre Daech. Le paradoxe, c'est que la décision américaine (de retrait du nord de la Syrie, ndlr) et l'offensive turque dans les deux cas ont un même résultat : le sacrifice de nos partenaires sur le terrain qui se sont battus contre Daech, les Forces démocratiques syriennes (FDS). L’Otan en tant que système ne régule pas ses membres. Et à partir du moment où un membre sent qu’il a le droit de suivre son chemin, qui est donné par les Etats-Unis d’Amérique, il le fait. Et c’est ce qui s’est passé" , regrette encore Emmanuel Macron....

Macron considère même qu’il faudrait revenir sur la contrainte du maintien du déficit public des pays de la zone sous la barre des 3% du PIB. Qu’il qualifie carrément de "débat d'un autre siècle".



Edité le 07-11-2019 à 19:18:32 par Xuan


Xuan
Nord Stream 2 : échec pour les USA


Je reviens sur les contradictions de l'empire européen et ses démêlés avec l'hégémonisme US.
Sur France Info, cet article d'Isabelle Labeyrie rapporte l'inquiétude européenne à propos du tronçon "controversé" Nord stream2, inquiétude qui est surtout celle de l'Ukraine.
Elle signale aussi que ce projet pourrait encore être entravé par les USA ou l'Europe.
Il faut être à peu près myope pour ne pas voir les a priori atlantistes de Labeyrie.

Si on remonte un peu en arrière, ce projet est surtout une pomme de discorde entre les intérêts des monopoles européens et US.
Dès 2010 GDF Suez détenait 9% dans le projet Gazprom, aux côtés de Gazprom, des allemands EON et BASF et du néerlandais Gasunie.
En janvier 2018 GDF Suez devenue Engie en 2015 soutenait NordStream2, pour lequel la société s'était engagée en 2017 à hauteur de 950 millions d’euros, avec OMV, Shell, Uniper et Wintershall, dans 50 % du coût total du projet, estimé alors à 9,5 milliards d’euros.

En décembre 2018 l'Europe s'était pliée aux injonctions et aux sanctions US.
Elle dénonçait dans un communiqué "l'agression russe" , saluait la "volonté de réforme de l'Ukraine" et renonçait au projet Nord Stream 2 un "projet politique posant une réelle menace à la sécurité énergétique européenne" .

Dans Challenges de février il apparaît que le sujet avait fait l'objet d'un compromis franco-allemand, avalisé le jour même (le 8 février 2019) par le parlement européen. Où l'on voit encore une fois que l'Europe marche bien à la baguette du duumvirat franco allemand et que l'Ukraine doit s'y plier.

Par conséquent la poursuite du projet Nord Stream 2 était déjà acté et la décision du Danemark ne fait que l'appliquer. Contrairement à ce que prétend Labeyrie, l'eau dans le gaz c'est entre l'Europe d'une part, les USA ses affidés dans l'OTAN d'autre part, et non entre Moscou et Bruxelles comme elle le prétend.

Il ressort que l'avancée de Nord Stream2 est un échec pour l'hégémonisme US.


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Nord Stream 2 : le gaz russe peut désormais entrer en Europe


Il n'y a plus d'obstacle au projet Nord Stream 2 : mercredi 30 octobre, le Danemark a autorisé la construction, dans ses eaux territoriales, d'un tronçon de ce gazoduc controversé qui doit approvisionner l'Europe en gaz russe via la Baltique. L'Ukraine et les européens s'inquiètent.

Mis à jour le 31/10/2019 | 21:03

Le Danemark a autorisé, mercredi 30 octobre, la construction, dans ses eaux territoriales, d'un tronçon de ce gazoduc controversé qui doit approvisionner l'Europe en gaz russe via la Baltique. (STEFAN SAUER / ZB)

Le Nord Stream 2, ce sont de très gros - et très longs - tuyaux qui passent sous la mer Baltique : 1 250 kilomètres au total, pour acheminer le gaz depuis son point d'entrée, dans la région de Saint-Pétersbourg, tout près de la frontière estonienne, et son point d'arrivée : le port allemand de Greifswald. Il existe déjà un pipeline qui suit à peu près le même parcours, le Nord Stream 1, mais son jumeau permettra de doubler les flux : le Nord Stream 2 pourra transporter - chaque année - 55 milliards de mètres cubes de gaz supplémentaires. Il restait un dernier obstacle à surmonter. Mais, après avoir pas mal traîné des pieds, le Danemark a accepté, ce mercredi 30 octobre 2019, de laisser passer les tuyaux dans ses eaux territoriales.

Il ne reste donc qu'un tout petit tronçon à construire, environ 147 kilomètres, pour parachever le projet. Selon Alexei Miller, patron de Gazprom cité par l'agence publique Ria-Novosti, "ce travail peut être achevé en cinq semaines". Dès l'annonce des autorités danoises, Vladimir Poutine a publiquement exprimé sa satisfaction et le titre Gazprom a gagné 3% à la bourse de Moscou. Le géant de l'énergie russe finance ce projet d'une dizaine de milliards d'euros à 50 / 50 avec 5 industriels européens, dont le Français Engie.

De l'eau dans le gaz entre Moscou et Bruxelles

À Bruxelles, la Commission européenne juge que ce gazoduc place l'Europe en situation de dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie, qu'il va renforcer l'influence de Moscou - ce qui ne plaît pas non plus aux Américains. Souvenez-vous des guerres du gaz en 2006, 2009 et 2014 entre Moscou et l’Ukraine : toute l'Europe avait eu des difficultés d'approvisionnement. Demain, rien n'empêchera Vladimir Poutine de menacer ou de fermer les vannes pour faire pression sur les capitales européennes. Le problème, c'est que la Russie est toujours le premier fournisseur de gaz naturel des 28, qui n'ont pas réussi à diversifier leurs sources d’approvisionnement. L'Allemagne notamment, qui est le plus gros pays importateur, est dans une impasse: elle a programmé une sortie du nucléaire, en 2022, du charbon, en 2038 et a un besoin vital du gaz russe.

Affaiblir l'Ukraine

Le projet des Russes n'est pas que de vendre du gaz aux européens. C'est aussi d'affaiblir l'Ukraine de manière plus subtile qu'en annexant la Crimée ou en soutenant les séparatistes de l'est du pays. L'Ukraine, qui a toujours été un pays de transit d'une grande partie du gaz russe, verra demain une importante manne financière lui échapper, puisque la Russie ne sera plus contrainte d'y faire passer son gaz et n'aura plus de redevance à verser aux autorités. Le président Volodymyr Zelensky s'en est ému aujourd'hui, pointant le risque d'une nouvelle "agression militaire" de la part des Russes.

L'existence de ce gazoduc reste malgré tout menacée par de possibles sanctions américaines et de nouvelles règles européennes sur le transport du gaz (qui demandent notamment le découplage des activités de production et distribution). Le "pipeline de Poutine" est au cœur d’une bataille économique et géopolitique qui ne fait que commencer.


Edité le 02-11-2019 à 19:55:08 par Xuan


Xuan
Il faut ajouter autre chose :
depuis pas mal de temps, et contrairement aux métropoles citadines, la province est à l'abandon. On voit les services publics déserter les villages, privés de gares, d'hôpitaux, de bureaux de poste, de centres d'imposition, etc.
Lorsque des maternités sont supprimées des naissances se font en cours de transport, les urgences sont débordées...
Les lignes électriques et téléphoniques ne sont plus entretenues, les poteaux partent dans tous les sens quand ils ne sont pas brisés, avec des câbles qui traînent dans l'herbe ou sont accrochés sur une branche, même au bord de l'ex RN 7 ! Et les routes de campagne, de plus en plus fréquentées à cause de l'éloignement et de la concentration des entreprises, sont dans un état déplorable, etc.

Parallèlement, excepté dans certains villages "typiques", annexés par les bobos qui font exploser le prix du m2, l'immobilier dégringole dans les zones et renchérit dans les grandes villes, ce qui accentue l'écart social, concentre et sépare les populations pauvres et riches.

C'est une des causes du mouvement des gilets jaunes de voir ce délabrement et cet abandon. On est loin d'un mouvement régionaliste qui mangerait l'unité nationale. Au contraire c'est le capitalisme qui déserte les campagnes et les zones, lesquelles aspirent à un service public, à des transports, à des soins, à des écoles et surtout à un travail.
D'ailleurs lors des manifestations des gilets jaunes, si on a vu quelques drapeaux bretons ou languedociens, la grande majorité étaient tricolores (et pas rouge malheureusement) ce qui ne laisse aucun doute sur la question régionale.


Edité le 02-11-2019 à 13:04:57 par Xuan


Xuan
Après l'aspect commercial qui ne laisse aucune place au régionalisme sauf pour son côté folklorique, on peut se poser la question du langage officiel.

Peut-on trouver des actes administratifs rédigés autrement qu'en français maintenant ?

Historiquement, les langues régionales sont des langues populaires, très souvent sans orthographe pour la simple raison que la quasi totalité des français ne savaient même pas écrire leur nom avant la révolution bourgeoise, et qu'à part les classes dominantes, puis les curés, lettrés, professions libérales, artisans et commerçants, la plupart d'entre eux ne savaient toujours pas signer jusqu'à la seconde moitié du 19e siècle.

Bien avant la révolution française, les actes les plus courants et les plus familiers au peuple, ceux de l'Etat civil, étaient rédigés en français avec quelques expressions en latin de cuisine. Donc aucun document en langue régionale.
Lorsque des régions ont changé de main, avec des aller-retours durant la Restauration ou bien lors des variations de frontières lors des guerres, la langue officielle a toujours été celle de l'Etat propriétaire de la région en question, jamais une langue régionale.

Imaginer qu'une langue régionale puisse supplanter la langue d'Etat c'est une vue de l'esprit qui ignore la formation des nations et la nature dictatoriale de l'Etat bourgeois.
La nation française est unifiée depuis très longtemps, définitivement depuis 1918, et aucune revendication régionaliste ou indépendantiste ne peut remettre en cause cette unité, sauf les colonies déguisées en départements.
Les mouvements indépendantistes en métropole se sont développés des années 60 jusqu'aux années 80 et ont échoué.

Quant aux langues régionales elles ne constituent pas un support populaire pour des tentatives de ce genre parce que ceux qui les pratiquent ne visent pas l'indépendance dans leur majorité mais une cohabitation.

A supposer que les langues régionales soient utilisées dans les services publics suivant cette Charte, cela ne remet absolument pas en cause l'usage dominant du français.

Après qu'il subsiste des groupes visant une indépendance ou une autonomie, ça reste très anecdotique.
S'ils s'opposent à la république bourgeoise, il ne tient qu'aux communistes de valoriser les aspects positifs de ce patrimoine et d'élaborer le projet d'une république socialiste ouverte aux langues régionales, avec une langue dominante évidemment, sans laquelle aucune nation ne peut exister. Nous ne serions pas le seul pays dans ce cas et d'autres nations gèrent des problèmes linguistiques autrement plus compliqués.
pzorba75
La Charte des langues régionales, que la France n'a pas pu ratifier du temps de Chirac, permet à terme l'usage des langues régionales dans les services publics et d'accorder une différence dans les emplois basés sur la langue, en particulier dans les administrations locales...par exemple l'usage du breton par la Police en Bretagne ou dans les tribunaux. C'est ce point qui me semble rétrograde voir réactionnaire comme le sont la plupart des groupuscules régionalistes. Il suffit d'écouter les chanteurs en breton, les débris des Vielles charrues et en Corse I muvrini pour voir que leurs combats sont d'abord contre la République jacobine, c'est vrai une république bourgeoise et qu'en aucun cas ils militent pour la République laïque et sociale et l'illusion de l'Union Européenne.
Je continue de penser que la défense des langues régionales et des patois est un combat d'arrière garde pour maintenir l'obscurantisme et les inégalités de classes...
pzorba75
Xuan a écrit :

...Si d'autres langues sont parlées dans un hôtel elles sont étrangères et à destination des touristes, commerce oblige.

C'est bien ce que je ne n'ai pas envie de ressentir en me trouvant devant des représentants de l'Etat qui ne parleraient pas français dans l'exercice de leurs fonctions, très souvent répressives faut-il ajouter. Ce qui est le terme du non-sujet.
Xuan
pzorba75 a écrit :

...Comment peut-on imaginer être reçu dans un hôpital où les employés parleraient breton ou être jugé dans un tribunal d'assises avec un jury ne parlant qu'en breton? ...


Ça c'est un non-sujet, le français reste la langue dominante. Si d'autres langues sont parlées dans un hôtel elles sont étrangères et à destination des touristes, commerce oblige.


Edité le 02-11-2019 à 07:34:10 par Xuan


pzorba75
Xuan a écrit :

[g][#800000]Je maintiens que les langues régionales, au même titre que les architectures, les folklores, les cultures locales, etc. sont une richesse, un patrimoine de notre pays.

Pour les communistes, la ratification de cette charte ne met pas en cause l'unité de la République, au contraire elle l'enrichit et la renforce, face au capitalisme mondialisé qui détruit la diversité dans tous les domaines et ne connaît d'autre langue que celle de la finance.
Les 75 langues pratiquées en France font partie de notre richesse culturelle, elles sont un patrimoine collectif, non dans un esprit communautariste, il n'y a pas d'autre communauté que la communauté humaine, mais comme un enrichissement mutuel, un apport à la construction de notre vivre ensemble.
Et cela vaut pour le breton et les langues des autres régions de France, comme pour celles de l'Outre-mer ou celles issues des immigrations.
Il s'agit de liberté, de démocratie, d'égalité.
C'est ainsi que les communistes se sont toujours déterminés, même si cela ne s'est pas fait sans tâtonnements et débats, parfois très vifs.



Tu démontres que l'histoire des erreurs des communistes français est bien longue. Les langues régionales doivent, au même titre que les religions, rester dans la sphère privée et n'ont rien à faire dans la sphère publique comme le demandent les promoteurs de la Charte des langues régionales, communistes en tête. Comment peut-on imaginer être reçu dans un hôpital où les employés parleraient breton ou être jugé dans un tribunal d'assises avec un jury ne parlant qu'en breton? Sur ce point comme sur nombre d'autres, les positions des dirigeants du parti communistes français sont incohérentes, les électeurs ne s'y trompent pas et le score électoral de ce parti, y compris en Bretagne, reste très faible, ce qui est plutôt rassurant pour les adversaires de la Charte des langues régionales.
Ouvrir ce genre de débat et y consacrer des moyens est se détourner de l'essentiel, la lutte contre les classes dominantes pour que ceux d'en bas s'occupent des affaires de ceux d'en haut!
Xuan
Sur Sputnik, cet article sur les relations triangulaires RPC - UE - USA article montre que le leadership européen se trouve encore dans une zone d'incertitude. La nouvelle composition des dirigeants de l'UE laisse la part belle à la France, mais cette position a été contestée.
Lire aussi Emmanuel Macron assistera à l'inauguration de la 2e CIIE à Shanghai


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Macron sera au centre du jeu UE-Chine-USA lors de ses négociations à Pékin
© AFP 2019 Wang Zhao

17:27 01.11.2019

La visite du Président français en Chine marquera une nouvelle étape dans l’édification des relations au sein du triangle Chine-UE-USA, a affirmé un expert russe, évoquant pour Sputnik la prochaine visite d’Emmanuel Macron en Chine, prévue du 4 au 6 novembre.
À la veille de la visite d’Emmanuel Macron en Chine, Pékin a clairement laissé entendre que la signature d’un accord d’investissement avec l’UE l’année prochaine serait une priorité pour la politique européenne de la Chine.
Des déclarations dans ce sens ont été faites par le Premier ministre, Li Keqiang, lors de ses négociations avec Federica Mogherini, haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, ainsi que le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, dans un entretien avec l’AFP lors de sa visite en France. Ce qui pourrait signifier que Pékin compte sur Paris pour signer rapidement ce document.

Le triangle Chine-UE-États-Unis

Le directeur du Centre d’études françaises de l’Institut de l’Europe de l’Académie des sciences de Russie, Youri Roubinski, a estimé, dans une interview accordée à Sputnik, qu’Emmanuel Macron mènerait les négociations en Chine au nom de la nouvelle composition des dirigeants de l’UE après avoir concerté ses positions avec la chancelière allemande.
Toutefois, il s’est refusé à faire des prévisions au sujet des délais de signature de l’accord. Il estime évident que cet accord entrera en contradiction avec la position américaine visant à contenir l’avancée de la Chine dans le monde.
«Dans le contexte de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, tous les participants au processus s’observent mutuellement […] L'UE prend en compte l'état de la confrontation américano-chinoise pour trouver non une simple solution avec la Chine, mais une solution qui empêcherait Donald Trump de recourir à des mesures sévères contre les Européens en réaction à une plus grande ouverture de leurs marchés à la Chine.»
Pour lui, le jeu est engagé non entre deux pôles, la Chine et l’UE, mais au sein du triangle Chine-UE-États-Unis. Sur fond de confrontation américano-chinoise, l'UE va maintenant essayer de négocier des conditions favorables pour soi afin de ne pas risquer le recours à des contre-mesures de la part des Américains, a souligné Youri Roubinski. Il sera nécessaire à la Chine et à l’UE de trouver un compromis et de faire des concessions. Et là, la France et l'Allemagne coordonnent étroitement leurs positions, a-t-il constaté, rappelant la récente réunion à Toulouse de ministres français et allemands.
«Ils y ont visiblement concerté les prochaines négociations d’Emmanuel Macron en Chine. Le Président de la République a reçu, à ce que je comprends, un certain mandat» , a noté Youri Roubinski.

«La France possède ce potentiel»

Le potentiel de la France dans le domaine de la signature de l’accord a été également évalué pour Sputnik par le directeur de l'Institut des relations internationales auprès de l'Institut des langues de Pékin, Jia Leying.
«La France a toujours cherché à améliorer ses propres relations et celles de l’UE avec la Chine […] La diplomatie française se caractérise par une politique étrangère indépendante, Paris ne cherchant pas à rejoindre certaines grandes puissances occidentales dans ce domaine. Compte tenu de sa volonté politique, la France pourrait contribuer à élargir la collaboration en matière d’investissement entre la Chine et l’UE et faciliter la signature rapide d’un accord d’investissement. La France possède ce potentiel» , a-t-il indiqué.
Entretemps, a-t-il fait remarquer, même si la France souhaite contribuer à une signature rapide d’un accord d’investissement entre la Chine et l’UE en partant de ses propres intérêts, elle doit tenir compte de la position de l’Allemagne et de l’Union européenne dans son ensemble.
«La France ne peut pas ignorer les intérêts de l'UE et se concentrer uniquement sur ses affaires. Elle devra rechercher un équilibre des intérêts de toutes les parties.»

Des relations plus étroites avec Berlin et Londres

Le rôle de la France dans l'accélération de la signature du document est considéré un peu autrement par Mary-Françoise Renard, responsable de l'Institut de Recherche sur l'économie de la Chine au CERDI (Centre d'études et de recherches en développement international). S’exprimant auprès de Sputnik, elle a estimé peu probable que Paris puisse accélérer la signature d’un accord d'investissement avec l'UE.
En Europe, la Chine entretient des relations bien plus étroites avec l'Allemagne et le Royaume-Uni, et la France n'est pas un partenaire privilégié dans les négociations, a-t-elle constaté.

La voix de la France est-elle décisive?

Wang Yiwei, professeur à l'Institut des relations internationales de l'Université populaire de Chine, a dit croire que l’accord d’investissement serait signé l’année prochaine. La chancelière Angela Merkel a annoncé récemment que la Chine serait une priorité de la politique de l’UE en 2020, a-t-il rappelé, en rapport avec le fait que l'Allemagne assurera la présidence tournante de l’UE durant la seconde moitié de l’année prochaine.
«Les pays européens, y compris l'Allemagne et la France, ont manifesté un vif intérêt pour la signature de l'accord d'investissement entre la Chine et l’UE et ont exprimé l'espoir que cela serait fait lors de la présidence allemande de l'UE, a-t-il déclaré. En septembre prochain, le Président Xi Jinping se rendra en visite en Europe et participera au sommet à 27+1. Ainsi, on pourrait s’attendre à ce que l’accord d’investissement soit signé.»

Il a rappelé que les négociations entre l'UE et la Chine se poursuivaient depuis de nombreuses années et qu’il s’agissait aujourd’hui d’un document au format élargi. Lequel concerne non seulement les investissements proprement dits, mais aussi le commerce, la propriété intellectuelle, la politique industrielle, parmi d’autres aspects.
«À l’heure actuelle, l'UE souhaite lutter pour le marché chinois, tout en renforçant sa protection contre les produits chinois. En outre, l’UE est inquiète face aux répercussions des négociations commerciales sino-américaines sur son économie et craint une atteinte à ses propres intérêts, vu que l’UE et les États-Unis sont en concurrence sur le marché chinois» , a poursuivi Wang Yiwei.

Selon lui, dans le contexte actuel d’incertitude mondiale et de montée du protectionnisme commercial, la signature d'un accord d'investissement est très importante pour la Chine, l'UE et le monde entier. Pour ce qui est des possibilités de signer ce document, beaucoup dépendra de la capacité des 27 membres de l’UE à parvenir à un consensus sur le dossier, a-t-il expliqué.

«Je ne pense tout de même pas que la voix de la France soit décisive. Bien que Paris ait cette intention [de conclure l’accord d’investissement, ndlr], c’est l’accord de l’Allemagne qui jouera le rôle principal. En outre, il faut tenir compte de l'opinion des petits pays puisque l'actuel Parlement européen est davantage fragmenté qu'avant. Cependant, la perspective de signer un accord semble prometteuse parce que c’est important pour les intérêts de l’Europe dans son ensemble et ce vecteur est approuvé par tout le monde» , a-t-il conclu.

La visite d’Emmanuel Macron doit donner lieu à la signature de 30 à 40 contrats de collaboration. Le Président français se rendra à la deuxième exposition internationale sur les importations à Shanghaï. La France fait partie des 15 invités d'honneur de cette exposition qui rassemblera 17 grandes sociétés françaises dont Air Liquide, Saint-Gobain et Société Générale. Le pavillon de la France accueillera plus de 50 manifestations consacrées à l'innovation. Sont également prévues des expositions sur six agences gouvernementales et des régions françaises -dont la région parisienne.
 
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