Forum Marxiste-Léniniste
Forum Marxiste-Léniniste
 
Retour au forum
 

Ajouter une réponse

Pseudo :    S'inscrire ?
Mot de passe :    Mot de passe perdu ?
Icône :
                                
                                
Message :
 
 
 
Smilies personnalisés
 
Options :
Notification par email en cas de réponse
Désactiver les smilies
Activer votre signature
 
 
Dernières réponses
pzorba75
Ne te tracasse pas avec le musée des affaires du parti communiste français. Il est mort et ne ressuscitera pas. Tu peux faire à ton idée, tes adversaires ont rendu armes et bagages, tes solutions n'ont plus qu'à convaincre.
DUROC
J'avoue ne pas trop comprendre ton message, camarade.
pzorba75
Duroc, comme tout anticommuniste, la disparition du PCF te laisse seul sans adversaire et te laisse au chômage devant le vide que tu peux combler sans faux amis.
Ne te décourage pas, et affûte des arguments pour reconstruire une nouvelle organisation communiste. Le champ de ruines est libre et certaines zones restent non polluées et fertiles.
DUROC
Alors, quoi de changé au P"C"F depuis qu'un signataire du texte "pour un manifeste communiste du XXI ème siècle" est devenu secrétaire général du parti révisionniste social-démocrate ?
Le débat semble clos...?!
Xuan
Juste observation, quoique les idées et les questions matérielles soient intimement liées : c'est la conviction des militants qui peut remplir les caisses d'un parti communiste et non la reconnaissance du ventre ou le copinage.
Il faut souhaiter que la classe ouvrière reprenne toute sa place dans ce parti et instaure une mentalité prolétarienne.
machintruc
Bonjour

Je suis au PCF depuis 19 ans et ici comme le sujet est : les communistes au sein du PCF je propose donc la lecture d'un petit problème.
Un des problèmes du PCF est la non cotisation de nombreux adhérents.
C'est important, plus important que les idées.
En ce qui me concerne j'ai vécu sans aucune ressources pendant quatre années alors que j'étais membre du PCF depuis 12 ans mais j'ai toujours cotisé (en fait avec retard) puisque j'ai réglé mes cotisations des années qui manquaient (à raison de dix euros par mois) quand j'ai demandé le Rsa
Je sais que beaucoup ne cotisent pas alors qu'ils gagnent leurs vies et certains ont eut leurs logement gr[a accent circonflexe]ce à la mairie PCF de leur ville

Je ne vois pas comment on arrivera à continuer comme cela indéfiniment si on néglige cet aspect là

Certes ce ne sont pas mes 120 euros annuels qui servent le PCF mais il y a deux principes de base depuis l'origine du PCF :
penser le communisme commence par penser à payer sa cotisation
penser le communisme commence par penser à ne pas se rendre dépendant du parti par le biais des services qu'il pourrait rendre (tant par l'obtention d'un travail, d'un logement etc...) car celui qui donne est toujours en position de force sur celui qui reçoit alors que pour penser librement il faut que personne ne soit en position de force sur soi
Xuan
38ème congrès du PCF
Pour un Congrès extraordinaire, une première étape est franchie !


http://lepcf.fr/Pour-un-Congres-extraordinaire-un-premiere-etape-est-franchie

Mercredi 18 juillet 2018,


Le texte « Pour un Manifeste du Parti communiste du 21ème siècle » est maintenant déposé, soutenu par près de 1300 signataires. C’est une première étape de franchie vers un congrès extraordinaire.

Au delà des opinions différentes des uns et des autres, les initiateurs et soutiens de cette base commune ont su se rassembler autour d’un objectif : sortir de la spirale du déclin et de l’effacement. Cela nécessite un bilan critique des 20 dernières années, un débat sans tabou sur les questions qui taraudent les communistes. Ce travail conduira à interroger les choix stratégiques suivis depuis plusieurs années et à décider, si les communistes le jugent nécessaire, d’une réorientation stratégique. Le congrès ne pourra sans doute pas trancher toutes les questions, mais il devra en tous cas les instruire et prendre des décisions urgentes quant à la visibilité de notre bataille nationale dans les luttes, les idées et les élections, la vie du parti et de ses organisations de base, la construction d’une nouvelle direction nationale.

Le Manifeste n’est pas la simple expression d’un courant de pensée du PCF. Il se veut une alternative au texte produit par la direction nationale qui vise à éviter toute remise en cause de la stratégie et de la direction pour pouvoir continuer comme avant. Ses initiateurs ont en quelque sorte assumé le travail dont la direction sortante était incapable, proposer un texte ouvrant les questions qui préoccupent les communistes et cherchant à construire l’unité sur le plus haut dénominateur possible. Le Manifeste est donc bien une base commune à part entière.

Nous nous sommes interrogés dès le mois de janvier quant à notre attitude dans ce congrès. Nous aurions pu écrire un texte alternatif défendant l’essentiel de nos options dans la situation présente du congrès, avec l’objectif que ces idées influencent le débat et freinent ainsi les options liquidatrices représentées par le texte du "Printemps du communisme" et celle de renoncement de la direction nationale, qui conduisent les unes comme les autres, dans tous les cas, à l’effacement du PCF, voire sa disparition. C’était reproduire la situation des précédents congrès qui n’ont jusqu’à maintenant pas permis d’arrêter l’affaiblissement mortifère du PCF, alors même que la situation politique comme celle du parti appellent des initiatives audacieuses.

L’état d’affaiblissement du parti, la lassitude et la colère des camarades nous ont conduit à privilégier, avant qu’il ne soit trop tard, un sursaut autour d’une idée largement partagée par les communistes : il faut sortir le PCF de l’effacement et du renoncement et ceux qui partagent cette conviction doivent se rassembler pour la faire vivre. C’est pourquoi nous avons lancé le 11 juin un appel a écrire ensemble une base commune. Cette volonté en a rencontré d’autres et très vite s’est ouvert un chemin dans lequel résonnent les pas de camarades chaque jour plus nombreux. L’ampleur du mouvement dépasse aujourd’hui le cadre strict de ses initiateurs.

Le rassemblement dynamique qui s’opère autour du Manifeste est un premier encouragement. Il n’est pas circonstanciel. Il trouve ses racines dans la conférence nationale de 2007 où les communistes avaient décidé de garder son nom au PCF et de le continuer contre l’avis de la direction conduite par Marie-Georges Buffet, dans le large rassemblement qui avait porté le choix d’une candidature communiste en 2012 et 2017 et contre lequel le secrétaire national Pierre Laurent avait mis tout son poids. Et si nous savons bien que les initiateurs et signataires ont des points de vue différents sur nombre de questions, nous savons aussi qu’ils sont unis sur ce point essentiel : il ne peut pas y avoir de transformation révolutionnaire de la société sans que le PCF vive et se renforce.

Avec Le Manifeste les communistes ont un outil pour déverrouiller une situation bloquée depuis plusieurs années. S’ils le placent en tête de la consultation des 4, 5 et 6 octobre 2018, le Manifeste deviendra la base commune de tous les communistes. Ce sera un évènement sans précédent, source d’une nouvelle dynamique de discussion et de construction politique dans le processus d’amendement qui suivra. Ce serait la première fois depuis longtemps qu’un texte de congrès poserait les questions de manière aussi ouverte sur les choix faits depuis Martigues, le bilan de la gauche plurielle, des collectifs antilibéraux, du Front de gauche et du renoncement au candidat communiste à la présidentielle notamment. Pour la première fois aussi, notre position quant à l’Union européenne sera mise en débat sans tabou comme l’analyse de la situation internationale et des propositions précises permettant de caractériser le processus révolutionnaire que nous voulons pour notre pays.


Avec cette base commune « Pour un manifeste communiste du 21ème siècle », les communistes ont les outils pour créer les conditions d’un congrès vraiment extraordinaire, facteur de renouveau stratégique, d’unité et confiance retrouvée. Ne laissons pas passer cette chance !
Organisons dans chaque section, chaque cellule, le débat permettant d’éclairer le choix des camarades.
Continuons à signer et faire signer le texte, ainsi qu’à le faire connaître.
Xuan
L'opposition fait des vagues

Le Parisien se fait l'écho des critiques contre la direction révisionniste du PCF :
http://www.leparisien.fr/politique/pierre-laurent-de-plus-en-plus-conteste-au-sein-du-pc-12-07-2018-7817454.php#xtor=AD-1481423551.
L'article distingue trois courants d'opposition. A l'évidence la direction révisionniste utilise ces divisions pour soutenir le courant le plus réformiste du "vrai rassemblement des forces de gauche antilibérales" et des mobilisations "sociétales", c'est-à-dire l'effacement idéologique et l'identification à la gauche radicale .


Pierre Laurent de plus en plus contesté au sein du PC

12 juillet 2018

À l’approche du congrès du Parti communiste français en novembre prochain, Pierre Laurent, son patron, est sur la sellette.

Pierre Laurent passera-t-il l’automne ? Alors que le PCF doit tenir son congrès début novembre, les cadres du Parti communiste ne s’en cachent plus, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir faire tomber le patron du PCF.

Ainsi, plusieurs députés, dont le chef de file du groupe à l’Assemblée, André Chassaigne, ont décidé de présenter un texte alternatif à celui que défendra Pierre Laurent. Et les mots sont durs. Chassaigne critique un mouvement « tétanisé par la présence d’autres [partis] » .

« Le PCF doit jouer son propre basket, arrêter de toujours se placer par rapport aux autres » , explique le député du Puy-de-Dôme. Les signataires de ce texte critiquent vertement la décision du Parti communiste, qui n’a pas présenté de candidat à la présidentielle, pour soutenir Jean-Luc Mélenchon. Actant de fait son effacement du paysage politique.

« Inaudible »

Une décision qui n’a jamais été remise en question et qui a participé à « l’affaiblissement historique colossal » d’un parti, qui n’a fait que 2 % aux dernières législatives. « Il ne faut pas reproduire les errements, le flou, l’absence de stratégie claire » , tacle de son côté le député et patron de la puissante fédération PCF du Nord, Fabien Roussel.

Le responsable de celle du Pas-de-Calais, autre bastion historique, Hervé Poly, est sur la même ligne. Les communistes sont aussi nombreux à critiquer l’apathie du parti, « pas assez actif » sur le plan national. Pierre Laurent, « inaudible », n’aurait pas pris la mesure de l’urgence, croient-ils.

Elsa Faucillon, jeune députée (37 ans) des Hauts-de-Seine et figure montante du parti, défend, de son côté, un second texte pour un « vrai rassemblement des forces de gauche antilibérales » , pour la redéfinition « d’un projet communiste » moderne, plus écologiste, engagé aussi bien dans la lutte féministe, antiraciste, que dans celle des classes. Autant de critiques en creux de la direction actuelle, qui pour ses auteurs ne promet que le « statu quo » . Une troisième liste, intitulée « Reconstruire le parti de classe » , sera également présentée au congrès par la section PCF du XVe arrondissement de Paris.

« Pierre Laurent entend les critiques »

« Toutes les forces politiques sont traversées par des débats » , tente de dédramatiser Ian Brossat, élu parisien, récemment désigné tête de liste du PCF aux européennes. « Pierre Laurent entend les critiques, il fait un vrai travail de fond et veut moderniser le parti » , défend l’entourage du secrétaire national.

Le sénateur de Paris défendait aussi il y a quelques semaines dans nos colonnes, la volonté de diriger une « direction renouvelée et rajeunie » , assumant de vouloir faire « la révolution » du PCF. À moins que la révolution, ce ne soit lui qui en fasse les frais.
Xuan
A propos du Congrès: que chacun prenne ses responsabilités…

02
JUIL

Danielle Bleitrach

http://histoireetsociete.wordpress.com/2018/07/02/a-propos-du-congres-que-chacun-prenne-ses-responsabilites/

L’âge devrait m’apporter la sagesse, mais dois-je le regretter ou m’en féliciter, toujours l’indignation soulève la passion. Celle-ci me pousse aux voyages, à dévorer des livres, à m’engager mais aussi à vitupérer plus qu’il n’est raisonnable. Pour ceux qui dans quelques temps, le plus loin possible, se hasarderont à une notice nécrologique, n’oubliez pas ce trait, il est fondateur et ce Congrès me donne l’occasion, comme à nous tous, d’exprimer cet engagement d’une vie. Ce qui est commun je crois à tous les communistes, comme le disait Robespierre: « nos raisons d’exister valent mieux que notre existence« . la justice, la paix, des valeurs dont le monde a besoin et dont nous sommes les porteurs.

Nous avons produit un texte intitulé « Pour un manifeste du XXIe siècle« . J’y ai contribué, avec d’autres, sur les questions internationales. Aborder ce thème est déjà une nouveauté en soi puisque les propositions de la direction ne daignent pas traiter du mouvement du monde. Ce n’est pas un hasard, pas plus que le galimatias de généralités dont cette proposition de la direction nous abreuve. Le but de cette direction n’a jamais été de renforcer le parti, il est de sauver « l’union de la gauche« . C’est-à-dire « de fourvoyer les travailleurs dans une organisations de parti où prédomine la phraséologie social-démocrate avec ses généralités qui dissimulent les intérêts particuliers, les revendications concrètes du prolétariat ne devant pas être formulées sous peine de troubler la paix bien aimée » (1), c’est la description de Marx, et il poursuit à propos de ce conglomérat qu’il porte le nom de gauche plurielle, Front de gauche ou autre: « Une telle association tournerait à leur seul avantage et entièrement au désavantage du prolétariat, lequel perdrait entièrement sa position indépendante, chèrement acquise pour retomber au simple appendice de la démocratie bourgeoise officielle » (p.550).

Si j’ai combattu pour que les questions internationales soient abordées en tant que telles, pour que soit défendue une nouvelle relation avec les autres partis communistes autant que la sortie de l’OTAN et la lutte pour la paix, c’est que face à la mondialisation capitaliste, l’autonomie du Parti communiste en tant que parti des travailleurs ne peut exister sans cette souveraineté, sans conscience de l’étendue de la bataille.
Ce fut un combat parce que les camarades avec qui nous élaborions cette vraie base commune avait parfois pris l’habitude de ne plus faire référence aux questions internationales. L’architecture du texte initial a subi quelques modifications mais l’essentiel y est. A savoir, l’urgence de se réapproprier ces questions dans un monde en pleine transformation dans lequel nous assistons à la chute de l’empire américain et ses vassaux, la montée de nouveaux rapports sud-sud, les voies originales que prend partout le communisme, les expériences y compris de l’échec, des résistances et des avancées.

Cet exemple peut être étendu à bien d’autres, et ce qui me paraît très important dans ce texte c’est deux choses.

La première est l’entente de ceux qui l’ont signé sur une analyse sur un point fondamental : l’autonomie d’un parti des travailleurs, un parti communiste. Je résume là encore en me référant à Marx, non par manie des citations mais parce qu’il est confronté comme nous à une période contre-révolutionnaire, un ressac en Allemagne, après le mouvement de 1848, c’est le retour de la féodalité alors même qu’elle est condamnée.
Marx note « la petite bourgeoisie s’organisait de plus en plus en Allemagne, le parti des travailleurs perdait son seul soutien ferme et son organisation subsistait tout au plus dans des endroits isolés et pour des objectifs locaux, si bien que dans le mouvement général, il tomba complètement sous la domination et la direction des démocrates petits bourgeois. Il convient de mettre fin à cet état de choses, l’autonomie des travailleurs doit être rétablie » (idem. p.548).

C’est cette préoccupation qui est celle qui a réuni les auteurs de cette proposition de base commune « le rétablissement de l’autonomie du parti » , après des années de soumission au PS, puis à Mélenchon poursuivant l’œuvre de Mitterrand et ne s’en cachant pas, en France comme partout dans le monde. Tant qu’ils n’ont pas le pouvoir, toutes « les fractions de la bourgeoisie s’appellent ‘républicains’ ou ‘rouges‘, tout comme en France les petits bourgeois républicains se parent aujourd’hui du nom de ‘socialistes’ .(p.550). Le capital ne s’y trompe pas et les choisit volontiers comme adversaires « privilégiés » alors qu’il ne cesse d’étouffer le parti communiste.

On ne sait jamais, il pourrait se réveiller et serait alors le seul à les mettre en péril. C’est pour cela que l’on ne peut attendre aucune complaisance de ses médias, aucune publicité. Nous devons arracher nos conditions d’existence, leur imposer la nécessité de parler de nous pour nous désigner pour ce que nous sommes, leur seul adversaire. Le contraire du choix des directions qui espèrent attirer leur sympathie en devenant toujours plus accommodants, « comme les autres ». Il ne s’agit pas de jouer les gauchistes braillards, mais de porter une vision concrète et des revendications populaires.

Tous ceux qui ont accepté de rédiger en commun cette base commune intitulée « pour un manifeste du parti communiste du XXI e siècle » ont une préoccupation commune essentielle: dans la période de contre-révolution que nous avons traversée, d’affaiblissement du parti communiste qui engage son processus vital, nous tablons non sur une mise à la remorque de la petite bourgeoisie, mais sur l’autonomie des travailleurs et de leur parti. Plus nous sommes affaiblis, plus notre renforcement dépend de notre autonomie. C’est la base de notre rencontre et elle s’assortit d’un travail sur le parti lui-même, sur ce qu’il défend, sur son organisation. La première raison essentielle de signer ce texte.

la deuxième caractéristique de notre texte est que cette rédaction en commun ne se contente pas d’une motion de synthèse qui retomberait dans les généralités, elle pointe ce qui nous est commun et nos divergences en proposant que le Congrès avance dans le dialogue.

C’est donc une base ouverte et pourtant précise qui amorce une reconstruction collective à partir de l’urgence d’un parti dont le pronostic vital est engagé et où les facteurs de division se sont aggravés et ont été entretenus. Ceux qui se sont engagés dans cette démarche ont une base commune, la nécessité d’un parti communiste dans une situation où le capital en crise profonde accélère son emprise et nous conduit au désastre; seul un parti communiste est apte à faire face. Et ils le font sans gommer les différences, voire les divergences, le congrès mais aussi la pratique tranchera.

Parce qu’il serait illusoire de croire que le parti n’a pas été gagné par toutes les formes social-démocrates. Il y a ses directions successives dont on mesure bien à quel point elles nous ont infligé l’objectif petit bourgeois d’un parti unique dans lequel les travailleurs perdraient leur autonomie. La direction de plus en plus isolée de Pierre Laurent, aussi discréditée que la social démocratie elle-même à laquelle elle prétend encore et toujours nous rallier, joue le légitimisme et la division qui est son meilleur atout. On ne peut pas continuer à la conforter en entretenant nous mêmes les divisions. Ce qui est on le notera le rôle de certains radicaux gauchistes qui à chaque congrès se sont fait une spécialité de l’aide apportée aux directions sous couvert de laver plus « rouge », ce qui là encore est une caractéristique infantile. On peut découvrir à quel point aujourd’hui ils tombent les masques en faisant porter tous leurs coups non sur le capital, non sur les petits bourgeois qui veulent en finir avec le parti mais bien sur notre base. Ils en sont à reprendre un texte du précédent congrès avec un seul but : diviser notre tentative et conforter la direction, l’injure gauchiste tient lieu d’argumentaire… Il y a le travers « intellectuel », ceux qui sont la proie d’une obsession « sociologique » et qui croient que la question n’est pas politique, la prise du pouvoir, mais se résume à la reconnaissance de leur analyse sur tel ou tel point de la « modernité ». Ils sont prêts à rallier celui qui tiendra compte de leur dada intellectuel tout en se plaignant parfois de l’absence de classe ouvrière, mais en évacuant la question du pouvoir et de la conquête de ce pouvoir qui est pourtant la base de l’analyse marxiste et léniniste. Tout cela est le produit de l’affaiblissement.

Tout cela ne disparaîtra pas du jour au lendemain, la remise en question d’un parti capable de représenter l’autonomie des travailleurs et de leurs revendications, de porter la conquête du pouvoir des travailleurs, des exploités, du prolétariat au sens large, s’est faite sur des décennies… Il faudra beaucoup de temps pour reconstruire, beaucoup de dialogue mais aussi beaucoup d’actions. Il faut bien mesurer que malgré notre affaiblissement, nous avons des atouts importants. Il y a peu de partis communistes dans une Europe occidentale en crise, et il faut savoir reconnaître que les communistes français, les militants ont beaucoup perdu, leur organisation, les liens avec l’entreprise, ils ont subi un sabotage interne et externe, mais il existe un parti communiste autour duquel se satellise plus ou moins tout une combativité parfois groupusculaire. En France, ce n’est pas un hasard indépendant de cette existence si la combativité demeure forte et il faut à la fois faire un diagnostic de nos carences, mais aussi de notre existence. De la manière dont la masse du parti a toujours au cœur même du « légitimisme » défendu l’existence et le nom de notre parti.

Personnellement j’ai la phobie des tendances et je ne sais pas mener un combat au sein de mon parti. Je fais confiance aux communistes y compris ceux qui font des choix différents du mien avec le même objectif pourtant, donc je souhaite que chacun mesure la gravité du moment et les enjeux. Que chacun prenne ses responsabilités en conservant le minimum de fraternité qui nous permettra d’œuvrer ensemble. C’est le choix dans ma cellule et je crois qu’il est possible comme le propose cette base de reconstituer l’unité des communistes en tablant sur des objectifs communs, malgré nos divergences, la pratique aidera à trancher à partir du moment où nous aurons reconquis un parti communiste.

J’ai tenté jusqu’au bout de préserver l’existence d’une base commune, en espérant que la direction aurait à cœur de nous proposer un texte ouvert, permettant le dialogue et l’unité des communistes, celle de la direction votée à une courte majorité des « présents » du CN n’était pas amendable. J’ai donc participé à une autre base commune ouverte telle qu’une direction consciente aurait dû la proposer.

ET POUR CELA, N’OUBLIEZ PAS L’ESSENTIEL : Attention , il faut que les 300 signatures (pas plus de 30 par fédé soient déposées avec attestations le 6/7/18, donc il y a peu de temps pour agir.

Danielle Bleitrach

(1) Je vous conseille de lire ce texte de Marx, intitulé fin de la Ligue des justes, adresse au comité central. Non seulement parce qu’il est d’une brulante actualité, mais parce qu’il montre la filiation entre Marx et Lénine que l’on tente de nier aujourd’hui. Vous le trouverez dans les écrits politiques.1. dans la Pleiade. p.544 à 559.
Xuan
VI. Pour un parti communiste utile, agissant, audacieux et novateur, internationaliste et révolutionnaire

Il y a besoin d’un parti révolutionnaire. Ce parti ne peut s’en tenir au soutien des luttes et à faire écho à la protestation contre le néo-libéralisme. Il doit contribuer à ouvrir les perspectives politiques dont les luttes ont besoin pour gagner durablement. Il doit organiser et travailler cela dans la continuité, développer en son sein éducation populaire, élaboration théorique et échanges.

La rupture mal conduite avec la conception d’un « parti guide » nous a conduit à abandonner l’ambition d’être à l’avant-garde des luttes et des idées, de jouer le rôle actif d’éclaireur qui devrait être le nôtre. Cela a conduit à la suppression de ce qui faisait la force de notre organisation, particulièrement le parti à l’entreprise, et à un relativisme théorique éclectique au détriment d’un marxisme vivant et ouvert sur les grands débats d’idées.

De nombreux travaux ont été menés dans le parti pour analyser, comprendre la situation contemporaine, ses différents aspects, ses contradictions, son aggravation et formuler des propositions. Mais les directions nationales successives n’ont pas su ou voulu créer les conditions de la réflexion collective des communistes pour qu’ils s’approprient ces travaux et les enrichissent. Sous prétexte de faciliter un rassemblement a minima, la direction n’a jamais cherché à faire le travail de simplification populaire de nos propositions dans le débat public avec des initiatives d’action capables de rassembler.

Nos propositions n’ont quasiment servi que dans les textes de Congrès et, très peu, dans les campagnes électorales. Cela n’est-il pas à la racine de la perte de visibilité et de crédibilité du parti ? Nombre de camarades ont tiré la sonnette d’alarme, à différents moments.

Aujourd’hui, Macron aurait-il autant d’espace pour imposer des réformes qui ont toutes pour pivot la baisse du « coût du travail » si le Parti communiste avait mené dans la durée une campagne sur le coût du capital ?

Ce congrès doit permettre de redonner à notre parti une grande ambition révolutionnaire et de redéfinir son rôle.

Le mouvement populaire – et l’intervention citoyenne, aussi essentiels qu’ils soient, ne sont pas spontanément transformateurs, pas plus que le communisme ne se développe naturellement dans la société. Défendre les avancées sociales menacées, contester le partage des richesses ne conduit pas spontanément à mettre en cause les pouvoirs patronaux et du capital.

La création de la Sécurité Sociale, innovation sociale majeure qui a donné un avant-goût de communisme, n’est pas tombée du ciel. Elle a été le produit d’une jonction entre des luttes considérables et une idée révolutionnaire, traduite par les communistes dans les institutions après la Libération.

Pour rendre majoritaire l’exigence d’autres choix, il faut avancer des idées originales capables de faire reculer l’emprise des idées dominantes. Il faut avancer sur des solutions transformatrices à la hauteur du défi de transformation posé par la crise. Confrontons nos propositions avec les autres forces politiques de gauche, agissons pour que les luttes s’en emparent.

L’identité du PCF, dans le combat de classe de notre temps, est indissociablement démocratique et révolutionnaire.

Notre action doit avoir une double dimension : contribuer au rassemblement pour faire reculer Macron jusqu’à créer les conditions d’une politique alternative et, inséparablement, favoriser l’avancée vers un dépassement du capitalisme.

1. Relancer l’organisation du parti à l’entreprise

Portons le combat jusqu’au cœur du système capitaliste : les entreprises et les banques. Il faut relancer l’organisation du parti à l’entreprise. Ce terrain a été abandonné. Le 37è congrès avait même décidé d’un Conseil national sur cette question. Il n’a jamais eu lieu.

Pourtant l’entreprise est un lieu décisif de la lutte de classes. Lieu de pouvoir sur l’économie, la société et la vie quotidienne, c’est aussi un lieu où le patronat peut imposer ses idées. Un lieu où se forge un vécu d’expériences et des mentalités sur lesquelles peuvent s’imposer les idées dominantes comme se construire une conscience de classe.

C’est si vrai que les gouvernements successifs, dans le sillage du Medef, n’ont cessé de faire de l’entreprise la pièce centrale de leur politique, cherchant ce que Hollande a pu qualifier de « compromis historique » de soumission des salariés et de la société aux objectifs patronaux. Avec Macron, ce chantier prend une bien plus grande ampleur en visant une destruction sans précédent des acquis sociaux, tout en cherchant à intégrer le plus possible le salariat à ses choix politiques à partir de l’entreprise.

Pour libérer la politique de la dictature du marché, il faut une appropriation sociale effective des entreprises et des banques, et de toutes les institutions qui leur sont liées. De même que nous n’entendons pas déléguer la politique et l’intérêt général au sommet de l’État, nous devons refuser de déléguer la gestion des entreprises avec la production des richesses aux capitalistes. La séparation entre l’économie et la politique est au cœur du capitalisme et de ses aliénations. Nous voulons la dépasser.

Il est donc vital de relancer réellement, sans se contenter de promesses de Congrès, la vie du parti et le combat organisé si indispensables dans les entreprises et autour d’elles. C’est aussi la condition pour faire progresser une conscience de classe et une unité politique du salariat dans sa diversité, sur l’ensemble des enjeux qui le concerne, dans l’entreprise comme dans la cité.

2. Faire vivre les batailles politiques dans les territoires

Sur les territoires aussi, le parti communiste doit s’investir dans des luttes locales immédiates, tout en cherchant à faire progresser les idées de changement de politique et de société. Ainsi au travers de la défense des différents services publics si nécessaires aux populations, nous pouvons faire percevoir les enjeux nationaux et politiques des décisions locales. À nous d’expliquer qu’elles résultent d’une logique politique : réduire coûte que coûte les dépenses publiques et sociales, tout en épargnant les gâchis capitalistes source des déficits et des dettes publiques, livrer des pans entiers de l’activité humaine au marché et aux profits capitalistes. Nous pouvons à partir de ces luttes locales porter des propositions pour une autre logique que celle du taux de profit.

3. Les élus

L’existence du parti et de son organisation sont essentielles pour faire vivre de telles batailles dans la proximité. Le rôle des élus est précieux pour les crédibiliser et leur donner de la visibilité, pour accéder à des informations indispensables, pour porter ces combats jusque dans les lieux de pouvoirs institutionnels, dont il faut utiliser tous les leviers d’action tout en en montrant les limites. C’est ensemble, militants et élus, que nous pouvons créer les rapports de force permettant d’arracher, les moyens d’une vie digne pour tout un chacun.

L’enjeu aujourd’hui pour notre parti est de permettre d’avancer vers une démocratie participative et d’intervention, ouvrant ainsi la voie à la construction progressive d’une démocratie autogestionnaire.

4. La formation des militants

Cela exige un nouvel effort méthodique et suivi de réorganisation de la formation des militants à tous les niveaux de responsabilité à partir des apports du marxisme vivant. Il s’agit non seulement de leur permettre de se les approprier, mais aussi de pouvoir être acteurs de l’élaboration de nos avancées et propositions.

Partant du rôle fondamental de la lutte de classes dans l’histoire, et du rôle du capital, l’analyse critique de Marx, dépassant le socialisme dit utopique, a posé les bases d’une vision beaucoup plus rigoureuse du socialisme et du communisme. C’est à partir de cette analyse qu’il a montré la nécessité de l’existence de partis communistes et d’une Internationale. Aujourd’hui, ni sclérose dogmatique ni éclectisme confondu avec ouverture, il faut encourager le travail de création théorique en liaison avec les luttes et expériences, avec l’ambition d’une nouvelle hégémonie culturelle sur la gauche et dans la société.

5. Travailler à une nouvelle organisation du parti et à son renforcement

Pour tout cela il nous faut analyser lucidement le fonctionnement du parti. Depuis 2012, nous assistons à une dérive présidentialiste dans le parti lui-même, qui dessaisit les instances de direction et les communistes eux-mêmes de toute maîtrise réelle sur les décisions engageant l’avenir du parti. La disparition de l’élection du secrétaire national par le CN au bénéfice du congrès a participé de cette présidentialisation.

Il est vital de travailler vraiment à une nouvelle organisation de notre parti et à son renforcement.

Revalorisons le rôle, les moyens et la souveraineté des organisations de proximité (territoires et entreprises). L’abandon des cellules a en effet gravement appauvri la vie démocratique du parti et affaibli son ancrage de terrain. Cela a contribué à réduire les capacités d’action des sections et diminué le nombre de camarades participant aux débats et initiatives. A partir de nos forces existantes et de leur renforcement, nous devons viser une nouvelle efficacité pour l’action, renforcer notre ancrage social mis à mal et rechercher une liaison avec ce qui émerge de neuf dans la société.

Les sections doivent être conçues pour le développement de leur vie politique et la prise de décision d’action, bien au-delà des AG de section.

Les fédérations départementales sont essentielles. Elles doivent permettre l’échange, la prise de décisions, l’action coordonnées sur un même département et l’appui aux sections.

Sans affaiblir le niveau départemental et sans le « coiffer », il est nécessaire de donner au niveau régional un rôle à la hauteur des responsabilités du parti.

Le Conseil National, élu par le Congrès, est la seule instance de direction nationale. Il doit pouvoir assumer pleinement cette responsabilité. Le CEN doit servir à préparer ses décisions et en impulser la mise en œuvre en liaison avec l’actualité, et non se substituer à lui. Le CN doit pouvoir décider de ses ordres du jour et faire très régulièrement le bilan de l’application de ses décisions. Il doit être tourné vers la réorganisation et le renforcement du parti.

Une restructuration de notre organisation demande un effort tenace et intense. Pour progresser, il y a besoin d’expérimenter, de mêler expériences et recherche de nouvelles manières de faire. De mutualiser cela. À tous les niveaux, les directions doivent pouvoir en décider, en assurer un suivi et les évaluer.

CommunisteS devrait devenir un support ouvert de partage d’informations et d’expériences, au lieu d’être seulement conçu comme un bulletin de la direction.

L’Humanité est essentielle pour le PCF. Elle est en danger. Les communistes la diffusent et la soutiennent financièrement. Ils souhaitent être associés au débat nécessaire sur son orientation éditoriale.

Le contenu de la communication nationale du Parti est très critiqué. En liaison avec des décisions de réorientation politique, nos moyens de communication doivent en particulier être des outils au service de la bataille d’idées précise sur nos propositions et permettre une identification du parti.

Donnons-nous quatre grandes priorités immédiates :

•recenser, structurer et développer nos forces dans les entreprises ;

•faire de notre parti une organisation féministe exemplaire ;

•redevenir attractif pour la jeunesse et donner, avec les moyens et l’aide nécessaires, un nouvel élan aux organisations des jeunes et des étudiants communistes ;

•prendre des initiatives pour contribuer à organiser un réseau international de forces révolutionnaires pour une bataille internationaliste visant une autre mondialisation (paix, économie, climat, migrations …).

Le principe de réseaux, thématiques ou d’entreprise, dans le PCF, a été acté depuis plusieurs années. De nombreux communistes y sont investis. Ne faut-il pas, pour concevoir un développement efficace au regard des objectifs du parti, procéder à une évaluation sous la responsabilité du CN ?

Les nouvelles technologies sont un outil d’efficacité, d’initiative, de transmission de l’information, de concertation. Il faut se garder d’en faire un moyen de centralisation du pouvoir et travailler à des formations permettant à chaque communiste d’y accéder et combattre ainsi la fracture numérique au sein même de notre parti. Ces moyens technologiques aident au travail militant mais ne remplacent pas les débats nécessaires dans les organisations territoriales et d’entreprises.

Tout cela représente des transformations importantes de notre parti.

L’expérience montre qu’il ne suffit pas de faire adopter en congrès un relevé de décisions détaillé, voué à rester inappliqué. Il revient au congrès de définir une conception du parti et une orientation d’organisation. C’est le nouveau Conseil National qui doit être chargé de la mise au point de décisions précises en inscrivant ces questions à son ordre du jour. Il faudra examiner les transformations éventuelles de nos statuts que ces transformations appellent à partir d’un bilan d’expérience, en vue du 39è congrès.

En tout état de cause, pour changer cette société, le parti doit permettre l’intervention politique des travailleurs, des travailleuses et de tous ceux qui en sont exclus, dans la proximité comme au plan national et international. Cela demandera un effort acharné. Mais vie politique de proximité, formation et accès aux responsabilités sont indispensables pour, dans un même mouvement, repolitiser, répondre à la crise de la politique et commencer à engager des transformations de portée révolutionnaire.

Nous faisons le choix du communisme !
Le monde a besoin de révolution. Il a besoin d’idées communistes, d’un manifeste communiste pour le XXIe siècle. Notre peuple a besoin d’un Parti communiste, riche de l’engagement et de la diversité de ses militants, d’un Parti communiste rassemblé dans l’action pour ce qui est sa raison d’être : dépasser le capitalisme jusqu’à son abolition, jusqu’à la construction d’une nouvelle civilisation libérée de l’exploitation et de toutes les oppressions.

« Un jour pourtant un jour viendra couleur d’orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d’épaule nue où les gens s’aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche »
Aragon
 
Retour au forum
 
créer forum