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pzorba75
On sent bien que Roussel a été à l'école de Laurent (fils), très délicat avec l'union de la gauche et conservant après une n-ième déroute électorale l'espoir d'une remontée aux prochaines élections.
C'est la vieille stratégie du Front Populaire (FP) conduisant aux pleins pouvoirs à Pétain en 1940 (sans votes communistes mais avec les votes des élus socialistes du FP), à la mise en place de De Gaulle en 1958 avec l'appui des socialistes SFIO (Guy Mollet) et l'installation des 1981 des socialistes européistes et pro OTAN résultats du programme commun conduisant à Masstricht et Lisbonne pour la réintégration dans l'OTAN et les guerres américaines et dans l'euro.
Les communistes refusant l'union avec les sociaux démocrates feraient bien de regarder ce qui se passe ailleurs et rejeter pour de bon et si possible pour longtemps les alliances conduisant aux politiques désastreuses qui ont toujours suivi les succès électoraux de la "gauche unie".
Si Roussel veut un exemple des résultats de l'union de la gauche : l'élection de Moscovici devenu le cador de la Commission européenne doit suffire pour clore le sujet, sans débat!
Xuan
Ci-dessous un courrier de Gilbert Remond. Il y a des choses qui avancent dans l'appréciation sur la social-démocratie, avec une lenteur effrayante. Et la notion de socialisme reste censurée :

Pour l'instant je n'en dirai pas plus mais après lecture de cet article, il me semble que Fabien Roussel saisi en quelque mots l'essentiel de la situation. Je rajouterai seulement que nous avons besoin d'un parti révolutionnaire, d'un parti communiste qui prenne a bras le corps la question d'un changement de société, d'un changement qui inscrive clairement dans ses objectifs le capitalisme c'est a dire repose la question du socialisme, de sa construction pour jeter les bases de la société communiste.

Cela implique de revenir aux fondamentaux du marxisme, de définir un programme clair qui mette a l'ordre du jour la destruction de l'état bourgeois et l'appropriation collective des moyens de production. je pense pouvoir lire quelque chose de cet ordre dans les mots de Fabien Roussel, d'ailleurs le groupe facebook ou j'ai trouvé ce texte ne se trompe pas a sa manière, quand l'un de ses participant , partisan de la tendance Pierre Laurent écrit:


"Big-bang . Dans une longue interview à l’Huma le secrétaire général du PCF ne semble pas avoir tiré du résultat des européennes la même leçon que Ian Brossat dont il évite bizarrement de prononcer ne serait-ce que le nom.
A la veille du centenaire du Congrès de Tours, il considère que son résultat lui permet d’affirmer que « tout commence maintenant ».
J’étais délégué au 23e congrès dont le mot d’ordre « l’avenir commence maintenant » avait été inventé par mon regretté camarade Félix Damette.
Depuis le paysage politique national, européen et mondial a été bouleversé pour prendre une forme aux antipodes de cet avenir que nous souhaitions alors construire.
Un big-bang a eu lieu au profit du libéralisme mettant l’humanité au bord de l’abîme.
C’est bien à la nécessité d’un contre big-bang que toute la gauche et les écologistes sont confrontés.
C’est ce à quoi Génération.s appelle en signant le manifeste initié par Clémentine Autain et la députée communiste Faucillon.
Un appel superbement ignoré, lui aussi, par Fabien Roussel..."
.

C'est dire que la bataille interne va continuer de plus belle et que les vaincus d'hier appuyés par des force externes au parti, sont décidés a la continuer de plus belle. La lutte de classe ne désarme pas, les liquidateurs n'ont pas dit leur dernier mots, a nous de ne pas les laisser reprendre leur marche délétère vers la destruction de l'organisation communiste dont les masses ont besoin.

Gilbert


__________________________



Fabien Roussel : "Allons plus loin. La gauche se reconstruira dans l'action"


Jeudi, 6 Juin, 2019

Dans un entretien accordé à l'Humanité Dimanche, Fabien Roussel, secrétaire national du PCF voit dans le scrutin des élections européennes, un « point de départ » pour le mouvement communiste, et pour la gauche qu’il appelle à l’action commune. « C’est maintenant que tout commence... ».

Quels sont, pour vous, les grands enseignements des élections européennes ?

Emmanuel Macron, après avoir siphonné les voix du PS en 2017, siphonne celle de la droite en 2019 et réussit à imposer son parti dans le paysage politique en faisant de l’extrême droite son vrai-faux adversaire. Nos concitoyens ne pourraient plus faire autrement que de choisir entre l’extrême droite et le libéralisme à la sauce américaine. C’est terrible comme situation politique, parce que les forces progressistes sont diminuées. Qu’elles soient unies ou non, elles sont affaiblies.

Les Français, à 50 %, sont restés chez eux et ne sont pas allés voter. Le Rassemblement national et Macron font chacun 5,5 millions de voix, quand 22 millions de Français ne sont pas déplacés pour aller mettre un bulletin dans l’urne. Je dénonce l’hypocrisie et la complicité de ces ultralibéraux au service de la finance qui prennent le risque de faire basculer notre pays et de le livrer à l’extrême droite. Les députés En marche ! se présentent comme un rempart contre l’extrême droite, dénoncent les dangers que représente le RN pour notre pays, mais dans les couloirs de l’Assemblée ou sur les plateaux télé, s’embrassent et cultivent leur complicité. Le RN et LaREM ont besoin l’un de l’autre. C’est extrêmement inquiétant.

Il y a aussi la politique menée par Macron…

Au lendemain de l’élection, nous tombent dessus en trois jours : la vente de Renault aux italiens ; annonce du plan social à Belfort ; et la liquidation de Whirlpool à Amiens. Évidemment que ça favorise la colère, la haine envers les puissants et les responsables politiques. Sauf que, aujourd’hui, la colère s’exprime avec un bulletin de vote RN. L’affaire General Electric est grave. Qu’il ne nous dise pas qu’il ne savait pas ! Macron a dit à son ancien conseiller, qui en est le directeur général, "attends la fin des élections pour annoncer le plan social". Ça se voit comme le nez au milieu de la figure. C’est corruption et complicités ! Ce n’est pas l’impuissance de l’État que je dénonce mais sa complicité.

Comment interprétez-vous le score décevant du PCF ?

Le principal enseignement, c’est que, lorsque les Français sont en colère, ils utilisent le bulletin RN et non celui de la gauche ou du Parti communiste. Nous devons faire l’analyse de cette situation. Comment construire les conditions pour recréer l’espoir pour que, demain, nous, la gauche, soyons la solution. Une gauche anticapitaliste, une gauche qui s’attaque au modèle économique. Une gauche qui remet en cause les logiques économiques actuelles.

Dans cette campagne, nous avons réussi à mobiliser les militants. Nous avons réussi à convaincre des soutiens très divers au-delà des rangs du Parti communiste. Beaucoup de responsables syndicaux, d’intellectuels se tournent de nouveau vers nous. Nous disposons d’une force qui est là, qui est riche et diverse. De plus en plus de gens croient, comme nous, qu’il faut profondément changer de modèle économique. C’est un acquis important de cette campagne que nous devons à notre présence à cette élection. Mais force est de constater que nous ne sommes ni rentrés dans le cœur des quartiers populaires, ni dans celui des ouvriers, des employés, des familles qui n’arrivent plus à vivre avec moins de 2 000 euros.

Pourquoi est-ce dans les catégories sociales les moins aisées que nous faisons le moins de voix ? Nous devons comprendre pourquoi et résoudre ce problème. Nous devons aller parler aux abstentionnistes et à ceux qui utilisent un autre bulletin que le nôtre, pour leur dire que c’est le système qu’il faut changer en profondeur et que le Parti communiste apporte des réponses. Il faut que l’on redevienne une force politique qui parle prioritairement au monde du travail, aux classes populaires, aux salariés, aux employés et plus globalement à tous les exploités, qu’ils en aient conscience ou pas. Le plaisir fut grand de mener cette campagne. Nous avons été fiers d’utiliser le vote communiste pour exprimer ces idées, d’aller convaincre. Maintenant, allons plus loin.

Macron veut installer le clivage "progressistes contre populistes", le RN joue les "mondialistes contre les souverainistes", la France insoumise oppose le "peuple" et l’"oligarchie", n’est ce pas la preuve que le clivage gauche-droite est dépassé ?

Je pense qu’il faut redonner du sens à ce clivage-là. Quelle gauche ?La question fondamentale, c’est comment réussir à reprendre le pouvoir sur la finance ? Les financiers et ceux qui défendent le capital agitent toutes les peurs : celle de l’extrême droite, celle de l’étranger, celle de l’avenir de la planète… Certaines de ces problématiques sont légitimes mais on ne peut pas les dépasser sans jamais remettre en cause le système. C’est donc là le cœur de la question qui est posée à la gauche. Est-ce qu’on peut trouver des points d’accord pour commencer à remettre en cause les fondements de ce système économique ?

Autrement dit remettre du contenu de classe dans le clivage gauche-droite ?

La gauche doit prendre conscience, et nous avec, que les capitalistes sont très forts. Ils ont gagné une manche ces dernières années. Nous devons l’analyser lucidement, nous mettre autour de la table et nous poser la question de comment reprendre la main. Je n’ai pas la prétention aujourd’hui d’avoir la réponse seul. Mais il faut avoir cette humilité-là. Ce que je sais, c’est que nous sommes très forts pour dénoncer les capitalistes, les financiers, ceux qui dominent. Mais beaucoup moins forts pour parler et convaincre ceux qui sont exploités, ceux qui sont dominés.

Le monde du travail est fort quand il est uni. Nous devons changer ce modèle économique pour remettre l’homme et la planète au cœur de tous les choix. Unis, nous serons plus forts pour reprendre le pouvoir sur la finance et décider de nos vies. Ce n’est pas qu’une question d’addition, c’est une question de bataille idéologique.

Dans ce contexte, la question écologique devient de plus en plus centrale…

Il faut s’adresser à la jeunesse, à ceux qui ont placé l’écologie en tête de leurs préoccupations et leur dire qu’il n’y aura pas de politique écologique sans remettre en cause le modèle économique. Le capitalisme vert, ça n’existe pas. J’ai toujours dit que cette question devait être une priorité pour nous. Le Parti communiste français, c’est l’humain et la planète d’abord. C’est clair.

La seule solution pour exprimer l’urgence écologique n’est pas le bulletin Vert. Le PCF a des propositions et un projet communiste qui répond au défi écologique et climatique. Nous devons montrer leur lisibilité et leur cohérence. C’est un problème de culture politique, de prise de conscience. Nous devons convaincre les jeunes et, pour cela, nous devons être encore plus nombreux. Nous appelons donc à un renforcement important de notre parti en nombre d’adhérents pour avoir plus de moyens humains, pour aller parler dans les lycées, les universités, les usines et les entreprises, pour convaincre de l’urgence à changer de modèle de société.

Au soir des européennes, un camarade est venu me voir et m’a dit : "C’est maintenant que tout commence." J’ai apprécié cette formule. Cette campagne est un point de départ.

En 2017, la France Insoumise ne faisait plus référence à la gauche. En 2019, les Verts ne font plus référence à la gauche et ils arrivent en tête. La notion de gauche a-t-elle fait son temps selon vous ?

Je ne crois pas qu’il s’agisse pour nous de faire pareil. La gauche, si elle est disqualifiée dans les urnes, existe toujours dans les têtes. Comme la droite, qui a bien compris que Macron pouvait devenir son nouveau poulain. Cela dit, ces élections posent un certain nombre de questions et il va falloir prendre le temps de la réflexion. Je veux prendre le temps de me poser, d’écouter, d’étudier, de parler avec les militants. Je vais entamer une tournée des entreprises pour aller à la rencontre de ces salariés du public et du privé, échanger avec eux. Pour entendre leurs mots, ce qu’ils vivent dans leurs entreprises.

Mais n’est-on pas à la fin d’un cycle, y compris pour la gauche ?

Oui, la gauche peut disparaître et il peut y avoir demain un paysage politique structuré entre l’extrême droite qui fait peur et les démocrates qui seraient les sauveurs. Ça serait terrible. Pour déjouer ce piège, il faut faire ce qu’ont fait nos anciens en 1789 ou lors la Commune de Paris, il faut se remettre à rêver d’un projet d’émancipation humaine égalitaire. Un programme, ça ne suffit pas. Il faut réussir à se projeter dans un rêve humaniste, progressiste, communiste qui redonne envie de s’engager en politique au sens noble. Pas pour une boutique mais pour un projet de société.

Allez-vous rencontrer les autres forces de gauche prochainement ?

Oui, mais ça ne réglera pas tout. C’est facile de se retrouver avec des forces de gauche autour d’un café pour se mettre d’accord ou se dire qu’on n’est pas d’accord. C’est autrement plus difficile d’aller convaincre 10 millions d’électeurs qu’il est possible de changer la société ensemble. Je l’ai dit à Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure, je suis disponible pour discuter avec tout le monde sans préalable et sans dire qu’on a une réponse toute faite.

Après, il va y avoir des élections municipales. C’est un scrutin local, que les Français aiment bien. Le mode de scrutin permet les rassemblements les plus larges. Créons les conditions partout pour faire gagner des majorités qui vont porter des idées nouvelles et produire des actes nouveaux. Des élus qui vont défendre des services publics locaux, la gratuité des transports, l’écologie… qui vont se battre pour redonner des moyens aux communes et battre la droite de Macron et l’extrême droite.

Mais la gauche, ça ne peut pas être que des alliances électorales. Comment fait-on pour empêcher la privatisation d’ADP ? Comment fait-on pour gagner un moratoire sur toutes les fermetures de services dans les hôpitaux publics ? Pour que la ligne Perpignan-Rungis, le train des primeurs, ne ferme pas ? Pour empêcher les fermetures d’usines ? C’est concret, c’est maintenant et ça change la vie des gens. On peut mener ces batailles ensemble, gagner ensemble dans le respect des identités de chaque force. "C’est dans l’action que la gauche se reconstruira."

Je pense que, aujourd’hui, il y a besoin surtout de rassembler celles et ceux qui veulent transformer radicalement la société. Il faut aller plus loin que la "gôche" avec un accent circonflexe. Produisons les idées qui vont nous permettre de sortir du capitalisme, une rupture heureuse avec la société actuelle vers une nouvelle société. Des gens qui veulent le faire, il y en a chez les insoumis, chez les Verts, chez les socialistes et chez les communistes bien sûr, mais il y en a beaucoup plus en dehors de nos partis !

Il s’agit moins d’additionner des forces politiques que d’additionner les idées, les gens et produire des actes. Quand les gilets jaunes disent que les politiques, "c’est de la merde" , et qu’il y a trop de députés. Quand j’entends des responsables syndicaux qui disent : "La politique, ça ne m’intéresse pas, j’en fais pas." C’est ça qui doit nous préoccuper. Il faut les convaincre qu’il faut qu’ils s’intéressent à la politique. Parce que d’autres le font et construisent leur avenir à leur place. Ce sera long mais c’est incontournable pour changer le rapport de forces dans notre pays. Oui, c’est maintenant que tout peut commencer.

Entretien réalisé par Stéphane Sahuc et Cédric Clérin
pzorba75
Ne te tracasse pas avec le musée des affaires du parti communiste français. Il est mort et ne ressuscitera pas. Tu peux faire à ton idée, tes adversaires ont rendu armes et bagages, tes solutions n'ont plus qu'à convaincre.
DUROC
J'avoue ne pas trop comprendre ton message, camarade.
pzorba75
Duroc, comme tout anticommuniste, la disparition du PCF te laisse seul sans adversaire et te laisse au chômage devant le vide que tu peux combler sans faux amis.
Ne te décourage pas, et affûte des arguments pour reconstruire une nouvelle organisation communiste. Le champ de ruines est libre et certaines zones restent non polluées et fertiles.
DUROC
Alors, quoi de changé au P"C"F depuis qu'un signataire du texte "pour un manifeste communiste du XXI ème siècle" est devenu secrétaire général du parti révisionniste social-démocrate ?
Le débat semble clos...?!
Xuan
Juste observation, quoique les idées et les questions matérielles soient intimement liées : c'est la conviction des militants qui peut remplir les caisses d'un parti communiste et non la reconnaissance du ventre ou le copinage.
Il faut souhaiter que la classe ouvrière reprenne toute sa place dans ce parti et instaure une mentalité prolétarienne.
machintruc
Bonjour

Je suis au PCF depuis 19 ans et ici comme le sujet est : les communistes au sein du PCF je propose donc la lecture d'un petit problème.
Un des problèmes du PCF est la non cotisation de nombreux adhérents.
C'est important, plus important que les idées.
En ce qui me concerne j'ai vécu sans aucune ressources pendant quatre années alors que j'étais membre du PCF depuis 12 ans mais j'ai toujours cotisé (en fait avec retard) puisque j'ai réglé mes cotisations des années qui manquaient (à raison de dix euros par mois) quand j'ai demandé le Rsa
Je sais que beaucoup ne cotisent pas alors qu'ils gagnent leurs vies et certains ont eut leurs logement gr[a accent circonflexe]ce à la mairie PCF de leur ville

Je ne vois pas comment on arrivera à continuer comme cela indéfiniment si on néglige cet aspect là

Certes ce ne sont pas mes 120 euros annuels qui servent le PCF mais il y a deux principes de base depuis l'origine du PCF :
penser le communisme commence par penser à payer sa cotisation
penser le communisme commence par penser à ne pas se rendre dépendant du parti par le biais des services qu'il pourrait rendre (tant par l'obtention d'un travail, d'un logement etc...) car celui qui donne est toujours en position de force sur celui qui reçoit alors que pour penser librement il faut que personne ne soit en position de force sur soi
Xuan
38ème congrès du PCF
Pour un Congrès extraordinaire, une première étape est franchie !


http://lepcf.fr/Pour-un-Congres-extraordinaire-un-premiere-etape-est-franchie

Mercredi 18 juillet 2018,


Le texte « Pour un Manifeste du Parti communiste du 21ème siècle » est maintenant déposé, soutenu par près de 1300 signataires. C’est une première étape de franchie vers un congrès extraordinaire.

Au delà des opinions différentes des uns et des autres, les initiateurs et soutiens de cette base commune ont su se rassembler autour d’un objectif : sortir de la spirale du déclin et de l’effacement. Cela nécessite un bilan critique des 20 dernières années, un débat sans tabou sur les questions qui taraudent les communistes. Ce travail conduira à interroger les choix stratégiques suivis depuis plusieurs années et à décider, si les communistes le jugent nécessaire, d’une réorientation stratégique. Le congrès ne pourra sans doute pas trancher toutes les questions, mais il devra en tous cas les instruire et prendre des décisions urgentes quant à la visibilité de notre bataille nationale dans les luttes, les idées et les élections, la vie du parti et de ses organisations de base, la construction d’une nouvelle direction nationale.

Le Manifeste n’est pas la simple expression d’un courant de pensée du PCF. Il se veut une alternative au texte produit par la direction nationale qui vise à éviter toute remise en cause de la stratégie et de la direction pour pouvoir continuer comme avant. Ses initiateurs ont en quelque sorte assumé le travail dont la direction sortante était incapable, proposer un texte ouvrant les questions qui préoccupent les communistes et cherchant à construire l’unité sur le plus haut dénominateur possible. Le Manifeste est donc bien une base commune à part entière.

Nous nous sommes interrogés dès le mois de janvier quant à notre attitude dans ce congrès. Nous aurions pu écrire un texte alternatif défendant l’essentiel de nos options dans la situation présente du congrès, avec l’objectif que ces idées influencent le débat et freinent ainsi les options liquidatrices représentées par le texte du "Printemps du communisme" et celle de renoncement de la direction nationale, qui conduisent les unes comme les autres, dans tous les cas, à l’effacement du PCF, voire sa disparition. C’était reproduire la situation des précédents congrès qui n’ont jusqu’à maintenant pas permis d’arrêter l’affaiblissement mortifère du PCF, alors même que la situation politique comme celle du parti appellent des initiatives audacieuses.

L’état d’affaiblissement du parti, la lassitude et la colère des camarades nous ont conduit à privilégier, avant qu’il ne soit trop tard, un sursaut autour d’une idée largement partagée par les communistes : il faut sortir le PCF de l’effacement et du renoncement et ceux qui partagent cette conviction doivent se rassembler pour la faire vivre. C’est pourquoi nous avons lancé le 11 juin un appel a écrire ensemble une base commune. Cette volonté en a rencontré d’autres et très vite s’est ouvert un chemin dans lequel résonnent les pas de camarades chaque jour plus nombreux. L’ampleur du mouvement dépasse aujourd’hui le cadre strict de ses initiateurs.

Le rassemblement dynamique qui s’opère autour du Manifeste est un premier encouragement. Il n’est pas circonstanciel. Il trouve ses racines dans la conférence nationale de 2007 où les communistes avaient décidé de garder son nom au PCF et de le continuer contre l’avis de la direction conduite par Marie-Georges Buffet, dans le large rassemblement qui avait porté le choix d’une candidature communiste en 2012 et 2017 et contre lequel le secrétaire national Pierre Laurent avait mis tout son poids. Et si nous savons bien que les initiateurs et signataires ont des points de vue différents sur nombre de questions, nous savons aussi qu’ils sont unis sur ce point essentiel : il ne peut pas y avoir de transformation révolutionnaire de la société sans que le PCF vive et se renforce.

Avec Le Manifeste les communistes ont un outil pour déverrouiller une situation bloquée depuis plusieurs années. S’ils le placent en tête de la consultation des 4, 5 et 6 octobre 2018, le Manifeste deviendra la base commune de tous les communistes. Ce sera un évènement sans précédent, source d’une nouvelle dynamique de discussion et de construction politique dans le processus d’amendement qui suivra. Ce serait la première fois depuis longtemps qu’un texte de congrès poserait les questions de manière aussi ouverte sur les choix faits depuis Martigues, le bilan de la gauche plurielle, des collectifs antilibéraux, du Front de gauche et du renoncement au candidat communiste à la présidentielle notamment. Pour la première fois aussi, notre position quant à l’Union européenne sera mise en débat sans tabou comme l’analyse de la situation internationale et des propositions précises permettant de caractériser le processus révolutionnaire que nous voulons pour notre pays.


Avec cette base commune « Pour un manifeste communiste du 21ème siècle », les communistes ont les outils pour créer les conditions d’un congrès vraiment extraordinaire, facteur de renouveau stratégique, d’unité et confiance retrouvée. Ne laissons pas passer cette chance !
Organisons dans chaque section, chaque cellule, le débat permettant d’éclairer le choix des camarades.
Continuons à signer et faire signer le texte, ainsi qu’à le faire connaître.
Xuan
L'opposition fait des vagues

Le Parisien se fait l'écho des critiques contre la direction révisionniste du PCF :
http://www.leparisien.fr/politique/pierre-laurent-de-plus-en-plus-conteste-au-sein-du-pc-12-07-2018-7817454.php#xtor=AD-1481423551.
L'article distingue trois courants d'opposition. A l'évidence la direction révisionniste utilise ces divisions pour soutenir le courant le plus réformiste du "vrai rassemblement des forces de gauche antilibérales" et des mobilisations "sociétales", c'est-à-dire l'effacement idéologique et l'identification à la gauche radicale .


Pierre Laurent de plus en plus contesté au sein du PC

12 juillet 2018

À l’approche du congrès du Parti communiste français en novembre prochain, Pierre Laurent, son patron, est sur la sellette.

Pierre Laurent passera-t-il l’automne ? Alors que le PCF doit tenir son congrès début novembre, les cadres du Parti communiste ne s’en cachent plus, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir faire tomber le patron du PCF.

Ainsi, plusieurs députés, dont le chef de file du groupe à l’Assemblée, André Chassaigne, ont décidé de présenter un texte alternatif à celui que défendra Pierre Laurent. Et les mots sont durs. Chassaigne critique un mouvement « tétanisé par la présence d’autres [partis] » .

« Le PCF doit jouer son propre basket, arrêter de toujours se placer par rapport aux autres » , explique le député du Puy-de-Dôme. Les signataires de ce texte critiquent vertement la décision du Parti communiste, qui n’a pas présenté de candidat à la présidentielle, pour soutenir Jean-Luc Mélenchon. Actant de fait son effacement du paysage politique.

« Inaudible »

Une décision qui n’a jamais été remise en question et qui a participé à « l’affaiblissement historique colossal » d’un parti, qui n’a fait que 2 % aux dernières législatives. « Il ne faut pas reproduire les errements, le flou, l’absence de stratégie claire » , tacle de son côté le député et patron de la puissante fédération PCF du Nord, Fabien Roussel.

Le responsable de celle du Pas-de-Calais, autre bastion historique, Hervé Poly, est sur la même ligne. Les communistes sont aussi nombreux à critiquer l’apathie du parti, « pas assez actif » sur le plan national. Pierre Laurent, « inaudible », n’aurait pas pris la mesure de l’urgence, croient-ils.

Elsa Faucillon, jeune députée (37 ans) des Hauts-de-Seine et figure montante du parti, défend, de son côté, un second texte pour un « vrai rassemblement des forces de gauche antilibérales » , pour la redéfinition « d’un projet communiste » moderne, plus écologiste, engagé aussi bien dans la lutte féministe, antiraciste, que dans celle des classes. Autant de critiques en creux de la direction actuelle, qui pour ses auteurs ne promet que le « statu quo » . Une troisième liste, intitulée « Reconstruire le parti de classe » , sera également présentée au congrès par la section PCF du XVe arrondissement de Paris.

« Pierre Laurent entend les critiques »

« Toutes les forces politiques sont traversées par des débats » , tente de dédramatiser Ian Brossat, élu parisien, récemment désigné tête de liste du PCF aux européennes. « Pierre Laurent entend les critiques, il fait un vrai travail de fond et veut moderniser le parti » , défend l’entourage du secrétaire national.

Le sénateur de Paris défendait aussi il y a quelques semaines dans nos colonnes, la volonté de diriger une « direction renouvelée et rajeunie » , assumant de vouloir faire « la révolution » du PCF. À moins que la révolution, ce ne soit lui qui en fasse les frais.
 
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