Sujet :

Mali:effet domino dans toute la Francafrique?

marquetalia
   Posté le 19-08-2020 à 19:01:26   

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/08/19/apres-le-mali-a-qui-le-tour-l-afrique-de-l-ouest-sur-le-qui-vive_6049357_3212.html


Edité le 19-08-2020 à 19:03:43 par marquetalia


marquetalia
   Posté le 19-08-2020 à 19:07:11   

La Côte d'Ivoire et le Sénégal sont des éléments clefs de l impérialisme français en Afrique,avec le Gabon et Djibouti, où il y a les dites "forces de présence";950 soldats en Côte d'Ivoire,et 350 au Sénégal.
marquetalia
   Posté le 19-08-2020 à 19:09:33   

Le sol africain brûle sous les pieds de la soldatesque française.
pzorba75
   Posté le 19-08-2020 à 19:10:12   

Tu es vraiment nul au carré, 1) un lien vers le journal de l'Europe vaticane, et 2) non cliquable.
Si tes sources viennent du Monde, tu ferais mieux de ne pas polluer ce forum, on peut se passer facilement de la doctrine sociale et européiste de l'Eglise catholique que défend le Monde.
marquetalia
   Posté le 19-08-2020 à 20:23:05   

Es tu vraiment sûr que "le Monde défende la doctrine sociale et europeiste de l Église catholique "?sache que les fascistes considèrent le journal "le Monde" comme une revue communiste,car elle condamnait lors de la bataille d Alger la torture par les paras de Bigeard et Massu.


Edité le 19-08-2020 à 21:05:57 par marquetalia


pzorba75
   Posté le 20-08-2020 à 05:38:21   

marquetalia a écrit :

Es tu vraiment sûr que "le Monde défende la doctrine sociale et europeiste de l Église catholique "?sache que les fascistes considèrent le journal "le Monde" comme une revue communiste,car elle condamnait lors de la bataille d Alger la torture par les paras de Bigeard et Massu.

Je m'en tape de ce que disaient les journalistes du Monde au temps de la guerre d'Algérie. Ce sont les positions récurrentes de la direction éditoriale du Monde que je qualifie d'européistes et d'inspiration vaticane, ce qui va bien ensemble. S'en prendre au général Bigeard pour les crimes des armées françaises en Algérie, n'a pas empêché le Monde de soutenir Giscard qui en avait un de ses ministres ou Sarkozy lors de l'attaque de la Libye de Khadafi, attaque réussie pour établir les droits de l'homme comme on le voit de nos jours.
marquetalia
   Posté le 20-08-2020 à 09:09:10   

Rassure toi,je ne me laisse pas manipuler par le journal"le Monde",je préfère de loin "le Monde Diplomatique", même si les analyses du "Diplo"sur la Chine Populaire où la Biélorussie sont troskysantes.


Edité le 20-08-2020 à 10:31:52 par marquetalia


marquetalia
   Posté le 20-08-2020 à 09:13:20   

L intervention atlantiste en Libye a semé le chaos.
Grecfrites
   Posté le 20-08-2020 à 12:18:18   

Mais y’a que toi qui vient nous soûler avec la Théologie de la Libération dans divers sujets du forum. T’es un troll
Xuan
   Posté le 20-08-2020 à 15:49:04   

Quel rapport entre tes interventions et le sujet que tu as ouvert ?

Tu cites un article du monde qui fait l'impasse sur la présence française et tu pars en vrille sur la Théologie de la Libération puis sur l 'Islam radical avec une attaque injustifiée sur la "tendance pro-islamiste" de Grecfrites. C'est quoi cette polémique
Cesse de divaguer dans tous les sens en accusant les uns et les autres. Tu gaves là.

Si tu veux poursuivre sur ce sujet tu retires tes critiques inacceptables et tu poursuis sur le Mali.
marquetalia
   Posté le 21-08-2020 à 15:19:43   

La présence militaire française au Mali est plus que compromise...
marquetalia
   Posté le 22-08-2020 à 12:56:45   

@ Pzorba 75,crois tu vraiment que le journal"le Monde"soit réellement pro-vaticanais? franchement,je doute de la véracité de tes propos,puisque "le Monde" soutient des lois qui vont contre les intérêts de l Église catholique...
Xuan
   Posté le 04-02-2021 à 16:57:15   

Bombardement français au Mali

A lire J'ai découvert un carnage...
Grecfrites
   Posté le 05-02-2021 à 19:02:59   

Le bombardement dans la région de Bounti pourrait être un scandale d'État si cela venait se confirmer. Même si les preuves accablantes paraissent toutes les semaines grâce au travail de Wassim Nasr, journaliste français spécialisé sur les mouvements jihadistes.

Cela devrait servir de goutte d'eau pour ramener les troupes françaises en France. Les soldats français se font décimer là-bas, les civils maliens, burkinabés et nigériens se font massacrer également, personne n'y gagne si ce n'est le Grand Capital français.
Des évènements comme ceux de Bounti pourrait servir de justifications aux jihadistes afin de s'ancrer idéologiquement et militairement dans la population.
marquetalia
   Posté le 05-02-2021 à 19:22:15   

L intervention française au Sahel n est pas liée au Grand Capital ;dans l article du Monde Diplomatique de ce mois ci,qui parle expressément du massacre de Bounti , Philippe Leymarie écrit "...l accusation de pillage du sous-sol paraît peu étayée : à l exception du gaz algérien et de l uranium du Niger-dont l exploitation est devenue moins rentable et pourrait être abandonnée à terme-,les importations d hydrocarbures et de minerais africains par la France proviennent surtout du Nigeria anglophone et de l Angola lusophone.Etude faite,il n existe pas de véritable corrélation entre les zones d intervention française et la localisation des principaux intérêts de Paris sur le continent.Ancien colonel de marine devenu historien, Michel Goya évoque un "fantasme";M.Ould-Abdallah,une ""aberration";la chercheuse Caroline Roussy ,de l Institut des Relations internationales et stratégiques (IRIS),une "théorie du complot aberrante".


Edité le 05-02-2021 à 21:27:51 par marquetalia


marquetalia
   Posté le 05-02-2021 à 19:24:44   

L article est "L armée française doit elle quitter le Sahel?"
Grecfrites
   Posté le 05-02-2021 à 19:48:33   

Le complexe militaro-industriel français, y prend sa part. Des entreprises comme Areva également.
D'autant plus qu'il n'y a pas que les ressources géologiques, mais également les accords diplomatiques avec les dirigeants, la formation de personnel militaire locaux également. Certains secteurs économiques de pays africains permettent à des entreprises française de prendre pieds en Afrique.
marquetalia
   Posté le 05-02-2021 à 20:46:44   

Grecfrites a écrit :

Le complexe militaro-industriel français, y prend sa part. Des entreprises comme Areva également.
D'autant plus qu'il n'y a pas que les ressources géologiques, mais également les accords diplomatiques avec les dirigeants, la formation de personnel militaire locaux également. Certains secteurs économiques de pays africains permettent à des entreprises française de prendre pieds en Afrique.
oui,mais la guerre au Sahel n est pas motivee par ies intérêts du Grand Capital français.


Edité le 05-02-2021 à 20:47:36 par marquetalia


Grecfrites
   Posté le 05-02-2021 à 22:02:48   

Alors par quoi serait-elle motivée selon toi ?
marquetalia
   Posté le 05-02-2021 à 22:39:47   

Je te signale que les députés de LFI-parti dont tu espères la victoire en 2022- n ont pas voté contre les crédits de guerre de l opération Chamall au Levant.


Edité le 05-02-2021 à 23:44:02 par marquetalia


Finimore
   Posté le 06-02-2021 à 05:30:09   

marquetalia a écrit :

Si les formations m-l commencent à être bienveillantes vis à vis des djihadistes


Affabulation !!!!!! Extrapolation !!!!
Grecfrites
   Posté le 06-02-2021 à 09:33:53   

marquetalia a écrit :

Par la nécessité de combattre l hydre que constitue le terrorisme djihadiste.


D'accord, donc aucune remise en question du discours gouvernemental de ta part. Les justifications officielles tu les considères vraies et Le Drian, Parly, Hollande, Macron passent pour paroles d'évangiles.

Pourrais-tu me rappeler les liens entre AQMI et les attentats en France ? Entre Boko Haram et les attentats en France ?

De la même manière, quid des djihadistes au Yemen, pourquoi la France n'intervient pas militairement là-bas ? Idem au Pakistan ou aux Philippines. Pourtant "l'hydre" a aussi des ramifications dans ces zones.

Pour finir, cesse de m'insulter en parlant de complaisance avec les islamistes.
Xuan
   Posté le 06-02-2021 à 10:17:47   

marquetalia a écrit :

...la guerre au Sahel n est pas motivee par ies intérêts du Grand Capital français.
non, l'impérialisme français s'arrête au Sahel...passée la frontière c'est une aide désintéressée.
marquetalia
   Posté le 07-02-2021 à 09:38:02   

Boko Haram combat au Nigeria anglophone qui est,avec l Angola lusophone,le principal fournisseur africain d hydrocarbures et de minerais à la France.d où les discours de Bernard Henry Levy en faveur d un engagement ouest européen au Nigeria,BHL se fout éperdument des chrétiens égorgés dans l ancienne colonie britannique,il verse des larmes de crocodile sur les victimes de l integrisme islamiste.


Edité le 07-02-2021 à 09:39:49 par marquetalia


Xuan
   Posté le 31-03-2021 à 07:22:52   

Une frappe française au Mali a tué 19 civils, selon une enquête de l’Onu
Xuan
   Posté le 31-03-2021 à 19:20:41   

Au Mali, la «bavure mortelle de Barkhane» renforce le sentiment anti-français

18:50 31.03.2021(mis à jour 18:57 31.03.2021)URL courte
Par Manal Zainabi - https://fr.sputniknews.com/afrique/202103311045423337-au-mali-la-bavure-mortelle-de-barkhane-renforce-le-sentiment-anti-francais/

Très attendues, les conclusions de la dernière enquête des experts de la MINUSMA, révélées mardi 30 mars, sont accablantes pour la force Barkhane. Les troupes françaises y sont accusées d’avoir tué 19 civils, début janvier. Déjà fortement prégnant au Mali, le sentiment anti-français s’en trouve exacerbé.

Attaque contre des djihadistes ou bavure sur des civils? Les experts de la division des droits de l’homme de l'Onu viennent de trancher au sujet des événements qui ont secoué le Mali le 3 janvier dernier. Dans leur rapport publié mardi 30 mars 2021, il ne fait pas l’ombre d’un doute, selon eux, que la frappe aérienne conduite par des éléments de la force Barkhane au début de cet année, à Bounti, village de la région de Douentza au centre du Mali, a bien causé la morts d’au moins 19 civils.

Habitants tous à Bounti, les victimes maliennes étaient regroupées ce jour-là pour célébrer une cérémonie de mariage, selon l’enquête menée par des experts de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Leurs conclusions désavouent la version défendue bec et ongles jusqu’ici par les autorités militaires et politiques françaises. Celles-ci affirmaient que cette frappe avait ciblé uniquement des djihadistes. Sauf que les soupçons exprimés par des associations locales et des témoins sur place, qui évoquaient dès le début plusieurs dizaines de victimes civiles, ont été confirmés par les enquêteurs.

«Au terme de l’enquête, la Mission des Nations unies au Mali est en mesure de confirmer la tenue d’une célébration de mariage qui a rassemblé, sur les lieux de la frappe, une centaine de civils» , écrivent les 15 enquêteurs onusiens dès la première page de leur rapport, rendu public mardi 30 mars. Et ces mêmes auteurs d’ajouter: «il y avait (certes) cinq personnes armées, membres présumés de la katiba Serma... (Mais) le groupe touché était très majoritairement composé de civils qui sont des personnes protégées contre les attaques au regard du droit international humanitaire» .
Pour rappel, la katiba Serma est un groupe terroriste local affilié au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), alliance djihadiste elle-même affiliée à Al-Qaïda*. D’après les conclusions de l’enquête de la division des droits de l'homme de la MINUSMA, au moins 22 personnes au total ont été tuées dans la frappe du 3 janvier, dont trois membres présumés de cette katiba. Les deux autres djihadistes présumés auraient quitté le lieu du rassemblement avant la frappe française, selon les nombreux témoignages recueillis par les enquêteurs.

«Cette frappe soulève des préoccupations importantes quant au respect des principes de la conduite des hostilités, notamment le principe de précaution qui nécessite de faire tout ce qui est pratiquement possible pour vérifier que les cibles sont bien des objectifs militaires» , martèle la MINUSMA dans son rapport.
Interrogé par Sputnik sur cette affaire, Séga Diarrah, politologue malien et auteur de l’ouvrage «Il est temps de décider: Réflexion et propositions pour une modernisation des institutions et le retour d’une paix durable au Mali» paru en 2015, estime que c’est la crédibilité de la MINUSMA et celle de la force Barkhane qui se trouvent en jeu:

«Pour la crédibilité de sa mission au Mali, l’Onu ne pouvait pas rester les bras croisés face à la persistance dans l’opinion publique des allégations de bavures attribuées à l’armée française à Bounti. Pour les mêmes raisons, les forces armées françaises continuent de nier farouchement toute bavure» .

L’Onu accuse, la France récuse
Ce nouvel épisode malheureux, dans la guerre interminable que mènent depuis janvier 2013 quelque 5.100 soldats français dans le cadre de l’opération Barkhane contre les groupes djihadistes au Sahel, pourrait être intitulé «19 morts, trois bombes et deux versions». Car près de trois mois après les faits, deux versions irréconciliables des événements continuent de s’opposer frontalement. La version des autorités françaises également défendue par l’armée malienne et celle des locaux, appuyée désormais par la MINUSMA. Les deux sont diamétralement opposées.

À Paris, depuis l’éclatement de cette affaire, l’état-major français des Armées assure que, le 3 janvier vers 15 heures, deux Mirages 2000 de la force Barkhane ont bien frappé un rassemblement «d’une quarantaine d’hommes adultes dans une zone isolée» , mais que les victimes appartenaient toutes à un «groupe armé terroriste formellement identifié comme tel» . D’ailleurs, moins d'une demi-heure après l'annonce des conclusions de l'Onu par l'agence France-Presse (AFP), Paris a réitéré sa position. Dans un communiqué, le ministère des Armées a démenti toute bavure au Mali en émettant, au passage, des réserves quant à la méthodologie retenue par les investigateurs de la MINUSMA. Le même ministère affirme ne pouvoir « considérer que ce rapport apporte une quelconque preuve contredisant les faits» .

Le 20 janvier dernier, la ministre française des Armées, Florence Parly, est même allée jusqu’à évoquer une «guerre informationnelle», en affirmant devant les sénateurs français:

«Il n’y a pas eu de dommage collatéral observé. On a entendu parler d’un mariage: il n’y a pas eu de rassemblement festif à l’endroit où la frappe est intervenue» . La ministre avait alors justifié le refus de la France de diffuser des images de la frappe polémique par le fait que «montrer les images, c’est montrer à notre ennemi ce que nous voyons de lui» .

À Bounti, l’association culturelle peule Tabital Pulaaku a été la première à parler de bavure militaire de Barkhane. Elle assure, depuis le jour de l’incident, que les frappes aériennes françaises ont tué au moins 19 civils. Ce bilan chiffré corrobore celui fraîchement révélé par les enquêteurs de la MINUSMA. L'ONG malienne avait même publié une liste nominative des victimes. Aussitôt après la reprise de ce document dans les réseaux sociaux, il s’en est suivi une avalanche de témoignages épidermiques de villageois de la région. S’exprimant sur la Toile ou dans des médias locaux, tous confirment la version rejetée par Paris. C’est cette levée de boucliers, dont l’ONG Human Rights Watch s’est fait l’écho, qui a poussé les éléments de la MINUSMA a dépêché une mission d’enquête sur les lieux.

«Partout au Mali, la polémique n’a pas cessé d’enfler depuis hier mardi. Ici, une forme d’incompréhension et de colère profondes dominent, suite aux récents événements de Bounti et surtout après la confirmation de la MINUSMA. Une chose est sûre: l'armée française qui n'est plus du tout vue par la population comme une force de libération, comme c'était le cas en janvier 2013, s’en trouve encore plus affaiblie aux yeux des Maliens. Les doutes quant à l'efficacité, la pertinence et la justification de sa présence dans le pays sont de plus en plus généralisées» , décrit Séga Diarrah au micro de Sputnik.

«Constituant la plus sérieuse mise en cause d'une opération de la force Barkhane par les Nations unies depuis le début de l'engagement français au Sahel en 2013, l’enquête de la MINUSMA risque d'alimenter une hostilité déjà grandissante vis-à-vis des troupes françaises au Mali», poursuit le politologue et auteur malien interrogé par Sputnik.

Une interminable guerre

Neuf longues années après le déclenchement de l’intervention militaire française au Mali, le bilan de la force Barkhane est très mitigé aux yeux de la population malienne qui est épuisée par la guerre, à en croire Séga Diarrah, fin connaisseur des affaires maliennes.

«Les résultats ne suivent pas. L’insécurité est omniprésente et les attaques terroristes continuent. La situation sécuritaire au Mali s’est même fortement dégradée depuis le début de cette année. Les groupes terroristes perturbent aujourd’hui l’activité économique dans presque 80% du territoire malien. Même les récoltes ne seront pas bonnes à cause de cette menace résiduelle. Les violations des droits humains sont en augmentation par rapport à la même période de l’année dernière» , affirme-t-il. Et l’analyste d’ajouter: «Comme pour ne rien arranger, le bombardement présumé de civils doublé du déni de reconnaissance des autorités françaises vient mettre de l'huile sur le feu. Ces récents événement sont venus renforcer ce sentiment anti-français chez les Maliens qui souhaitent plus fortement que jamais le retrait de la force Barkhane du pays.»
Xuan
   Posté le 18-08-2021 à 17:19:22   

Mali : un an après le coup d'Etat, Bamako craint de partager le sort de Kaboul


Après plus de huit ans d'engagement, Paris prévoit de fermer d'ici le début de 2022 les bases de Kidal, Tessalit et Tombouctou, dans le nord.

https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/politique-africaine/mali-un-an-apres-le-coup-d-etat-bamako-craint-de-partager-le-sort-de-kaboul_4741191.html

franceinfo avec AFP
France Télévisions
Publié le 18/08/2021 15:58

Les événements d'Afghanistan éveillent chez certains Maliens le spectre d'une chute de Bamako après un désengagement partiel français, tant l'horizon sécuritaire et politique demeure sombre un an après le coup d'Etat qui a porté les colonels au pouvoir.
"Retrait annoncé de la force française sur le sol malien : faut-il s'attendre au même scénario qu'à Kaboul" , titrait mercredi 17 août le journal Le Soir de Bamako, après l'effondrement subit du régime afghan, consécutif au retrait militaire américain et face aux insurgés talibans. En 2013, les soldats français avaient enrayé la progression des jihadistes, qui contrôlaient le nord du Mali et progressaient vers le centre, faisant craindre la prise de Bamako. Après plus de huit ans d'engagement, Paris prévoit de fermer d'ici le début de 2022 les bases de Kidal, Tessalit et Tombouctou, dans le nord.

Etats faibles
La France devrait maintenir à terme entre 2 500 à 3 000 hommes dans la région, contre 5 100 engagés aujourd'hui au Sahel. Une diminution qui fait craindre que certaines zones ne passent complètement aux mains des jihadistes, tant les Etats locaux semblent dans l'incapacité de restaurer leur autorité dans ces vastes bandes désertiques et extrêmement pauvres. "Chaque année la situation se dégrade et sans la présence de l'armée française, une ville comme Gao peut tomber en moins de 30 minutes... Ce n'est que grâce au dispositif sécuritaire des partenaires (principalement forces françaises et de l'ONU, ndlr) que les grandes villes du Nord sont toujours sous contrôle de l'État", souligne Mohamed Dicko, 24 ans, étudiant à la faculté de médecine de Bamako.

"Frustrations contre l'Etat"
Les violences au Mali, qui ont débuté par des rébellions indépendantiste, puis jihadiste dans le Nord, se sont ensuite propagées au centre et au sud du pays, se mêlant à des conflits intercommunautaires et à des attaques crapuleuses dans des zones où l'influence de l'Etat est très faible. Le phénomène s'est étendu au Burkina Faso et au Niger voisins, où opèrent également des groupes affiliés à Al-Qaïda ou à l'organisation Etat islamique.

"Une psychose générale s'installe dans la région, mais les contextes sahéliens et afghans sont très différents. Une leçon est commune toutefois : malgré la puissance de feu déployée, le tout militaire ne peut pas être la solution"
Baba Dakono, analyste politique. à l'AFP

Selon l'analyste politique, basé à Bamako, "il faut ouvrir des discussions, par le bas, avec toutes les communautés, y compris les parias des groupes armés. La question idéologique n'occupe qu'une portion congrue de leurs discours. Il y a surtout des revendications politiques, des frustrations contre l'Etat" . Les Maliens et leurs partenaires conviennent de longue date que le pays ne sortira pas de la tourmente sans solution politique, qu'elle implique ou non des discussions avec les jihadistes, auxquels les militaires au pouvoir sont ouverts et la France opposée.

"Coup d'Etat dans le coup d'Etat"
Le pessimisme règne un an après le putsch qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta le 18 août 2020 à la suite de plusieurs mois de manifestations contre la corruption et l'impuissance de l'Etat face à la violence. L'insécurité continue de s'étendre, la crise sociale persiste et les avancées politiques sont lentes. Le nouvel homme fort, le colonel Assimi Goïta, s'est engagé à céder la place à des civils, après des élections prévues en février 2022, une échéance qui paraît de plus en plus difficilement tenable et qu'il n'a même pas évoquée mardi soir 16 août, lors d'une allocution télévisée célébrant l'anniversaire du coup d'Etat. Il s'est contenté de promettre "des élections transparentes aux résultats incontestables" . Le colonel Goïta a écarté en mai 2021 les autorités intérimaires que les militaires avaient eux-mêmes mises en place, et s'est imposé en juin comme président de la transition à l'issue d'un "coup d'Etat dans le coup d'Etat" , selon la formule du président français Emmanuel Macron.

"Au Sahel, la guerre en cours ne peut pas être gagnée avec les mêmes armées étrangères qui ne l'ont pas gagnée en Afghanistan, mais aussi, avec le même type de dirigeants corrompus "
Moussa Tchangari, figure de la société civile au Niger à l'AFP
"Cette guerre, si elle doit être gagnée, ne le sera qu'avec la construction d'un nouveau contrat politique et social restituant au peuple sa souveraineté et créant les conditions d'une vie digne pour les millions de personnes qui en sont aujourd'hui privées" , a-t-il insisté.