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Comibase : se préparer au grand affrontement

Xuan
   Posté le 03-04-2013 à 17:28:37   

Cet article est transmis par la Cellule ouvrière du bassin minier ouest du Pas-de-Calais avec le commentaire suivant :

"Un n° 42 des Cahiers objectivement critiques pour remettre quelques pendules à l'heure mais avec l'intention manifeste de recréer les bases fondamentalement marxistes-léninistes d'un parti communiste de classe, de masse et ouvrier sans rejeter la base militante, sincère et honnête, des adhérents du PCF comme de tous les mouvements."

Les Cahiers communistes : comibase@gmail.com n°42/ 03/04/2013

Cellule ouvrière du bassin minier ouest du Pas-de-Calais.


Se préparer au grand affrontement contre la bourgeoisie qui va avoir lieu inéluctablement.


Depuis maintenant 40 ans avec l’accord de programme commun signé avec la social-démocratie, le PCF ne peut plus se revendiquer d’être l’organe politique d’avant-garde de la classe ouvrière, tel qu’il l’était depuis 1920 quand les révolutionnaires et les combattants d’avant-garde du prolétariat l’avaient constitués pour combattre le capitalisme.

Le but des communistes reste inchangé, réaliser la révolution socialiste et œuvrer à l’émancipation des travailleurs par eux-mêmes et pour eux-mêmes. Or, force est de constater en toute objectivité dans le but de détordre le nouvel ordre établi au sein du parti communiste en France (mais aussi dans d’autres pays de la zone impérialiste euro) que, si il n’y pas encore soumission complète à la bourgeoisie, du fait de la résistance des restes de l’avant-garde, il y a beaucoup trop d’égard à l’attention de la bourgeoisie.

Dénoncer ou s’indigner ne suffit pas, cela ne nourrit pas les masses tant alimentairement qu’intellectuellement. Un parti communiste, c’est-à-dire un parti qui se nourrit des enseignements scientifiques et évolutifs du marxisme-léninisme ne peut avoir un pied dedans et un pied dehors, une partie de sa tête dehors et l’autre partie dedans, nous parlons bien sûr de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie.

Quand dans son 22 ème congrès en 1975, le PCF décide d’abandonner et de supprimer de ses statuts : la dictature du prolétariat… Pour « faire moderne » et être en phase avec le programme commun, la direction a sacrifié de fait les intérêts fondamentaux de la classe ouvrière aux exigences de la bourgeoisie impérialiste, de la racaille anticommuniste, et au bénéfice d’un pacte électoral passé avec le diable opportuniste social-démocrate. Quand
Mitterrand est élu en 1981, la perspective de son programme et les suites données ont semé le désarroi, car les promesses de « changement » sont vite parties en fumée et dans les oubliettes pour faire place à l’austérité, c’était il y a 30 ans.

Trahisons et mensonges ont accéléré l’aggravation du processus de fascisation du système bourgeois dans tous les domaines et compartiments de la société : économique, politique, idéologique, militaire, culturel, social… et aujourd’hui les masses en paient les conséquences au quotidien et au prix fort.

Le pacifisme social et l’abandon de la science marxiste-léniniste sont des antithèses aux fondements communistes et à tout programme communiste, ils conduisent inexorablement le PCF a mangé à tous les râteliers et à se conduire en accompagnateur agité mais pas dangereux, de la bourgeoisie et de ses cohortes politiciennes opportunistes et réactionnaires.

Nous voyons bien comment se comportent quelques cadres et élus locaux ou nationaux du PCF à l’égard des marxistes, identiquement aux autres formations politiques institutionnelles. Le marxisme-léninisme serait dépassé par la nouvelle technologie, par les bouleversements géopolitiques et par une nouvelle configuration de la société et du monde du travail… l’abandon du symbole qui ralliait prolétaires des villes et des campagnes a été supprimé comme si cette population sans qui le pays ne serait jamais devenu en à peine 3 générations, la 5 ème puissance mondiale en terme d’économie capitaliste, n’existait plus ou était vouée à disparaître à termes rapide. Or un pays sans classe ouvrière et sans industrie est condamné à subir les autres pays capitalistes et se met sous la tutelle des blocs impérialistes.

Ainsi en abandonnant les principes fondamentaux du communisme tels que définis : « l’alliance de la classe du prolétariat et des masses travailleuses de la paysannerie pour le renversement du capital, pour la victoire définitive du socialisme, à la condition que la force dirigeante de cette alliance soit le prolétariat » Staline 1924.
Au cours du siècle dernier, les expériences positives et négatives accumulées par les partis et mouvements communistes du monde entier n’ont cessé de prouver le bien-fondé de cette nécessité historique dans la lutte pour le renversement du capitalisme.

La direction du PCF propose un modèle socialiste démocratisé, c’est-à-dire le maintien des classes sociales antagoniques agissant en toute liberté mais avec un contrôle étatique dans une « république sociale », c’est-à-dire que le PCF propose une voie réformiste dans le cadre du système bourgeois où les acteurs sociaux (patronat et travailleurs) et politiques (multipartisme) feraient des compromis pour se maintenir au niveau des réalités de la mondialisation et d’un de ses pôles impérialistes, l’Europe.

C’est bel et bien la liquidation organisée du parti communiste qui s’opère depuis quarante ans avec une accélération ces quinze dernières années, avec une négation de plus en plus assumée du marxisme-léninisme entamée en 1956 avec la « déstalinisation » portée par l’opportuniste Khrouchtchev, pour porter le coup de grâce à l’URSS en décembre 1991 avec ses conséquences constatées aujourd’hui par la quasi domination mondiale de l’ultralibéralisme.

Pourtant Lénine n’avait-il pas lui-même affirmé : « La dictature du prolétariat est un million de fois plus démocratique que la plus démocratique des républiques bourgeoises » et pourtant combien de délégations revenues de périples touristiques dans les pays de l’Est, n’ont fait que critiquer en voulant comparer l’incomparable entre la démocratie populaire et la démocratie bourgeoise, comme si l’eau et le feu était physiquement compatibles…

Aussi et pourtant, il faut bien admettre que nombreux reviennent à la réalité et tentent de redonner vie au marxisme pour redonner des couleurs au PCF, mais la direction n’est pas dans cette mouvance du renouveau marxiste-léniniste, il suffit de lire la presse communiste et les déclarations qui sont plutôt dans le camp de la contre-révolution, et l’insistance à se maintenir au sein du PGE (parti de la gauche européenne) qui est un fourre-tout contestataire sans pouvoir mais qui garantit la légitimité si controversée de l’Europe. Rappelons Lénine : « Les Etats-Unis ne se feront pas, s’ils se font, ils seront réactionnaires »

Après s’être éloigné des véritables réalités et du matérialisme historique, c’est-à-dire de la science marxiste-léniniste, voilà qu’à nouveau se révèlent les conséquences de la crise systémique et récurrente du capitalisme, avec comme issue fatale possible, le néofascisme.

Les travailleurs qui subissent les conséquences des contradictions de classes exprimées avec une grande violence, commencent peut-être à comprendre que des décennies de promesses électoralistes n’ont rien changé dans leur vie matérielle, mettant ainsi les révisionnistes du PCF devant des contradictions fondamentales qui sont les leurs.

Les masses les plus avancées politiquement comprennent que des alliances politiciennes avec le Parti Socialiste sont des freins à la lutte des masses et à la construction d’un large mouvement populaire, et qu’à force de répéter perpétuellement que les communistes et le Front de Gauche sont des alliés de la majorité parlementaire, alors que cette majorité social-libérale ne cesse de trahir les travailleurs en donnant des gages aux exploiteurs, il n’y a plus cette frontière nette qui démarquait les camps, même si des éclats de voix sont donnés ici et là pour rappeler un existence politique.

Les plus de 4 millions d’électeurs pour le candidat Front de Gauche au 1er tour des présidentielles 2012 sont en droit de demander une séparation plus nette avec cette social-démocratie qui sous ses apparences démocratiques, s’attaquent aux fondamentaux de la République soit-elle bourgeoise, pour garantir les revenus des spéculateurs et rassurer les monopoles.

Mais quand la direction du PCF avait supprimé la dictature du prolétariat inscrite dans ses statuts depuis sa création, c’était aussi un signe d’allégeance à l’Europe dans le cadre de la création de ce qui, au fur et à mesure des années, devient une dictature du capital qui se transformera en impérialisme guerrier pour faire des profits et étendre ses zones de marchés.

L’Europe n’est qu’une création capitaliste destinée à supprimer les Nations constituées pour contraindre les Etats à abandonner leur souveraineté et ainsi réduire les travailleurs à être une simple marchandise transférable et corvéable à souhait, avec en plus une population de sous-travailleurs forcés exploitables au coût le plus bas possible.

Nous pouvons donc considérer que la direction nationale du PCF continue son enjambée révisionniste vers la bourgeoise, annihilant ainsi toutes les espérances que des générations de camarades communistes avaient mises en lui dans la création d’une Nation socialiste.

Toutefois, la matérialisme-dialectique nous enseigne que l’histoire avance à son rythme et s’appuie sur des leçons et des expériences victorieuses ou vaincues, même si la pourriture du fruit finit toujours par atteindre le noyau pour y détruire le germe.

Voilà pourquoi, nous sommes critiques de la tactique de la direction nationale du PCF va dans une direction qui rompt de plus en plus avec la science du marxisme-léninisme, même si dans l’un des numéros de l’Huma des dernières semaines, des pages ont rappelé le bien-fondé de cette science loin d’être dépassée mais au contraire très moderne.

Voilà pourquoi nous sommes aussi critiques quant à la création de coopératives ouvrières, lancée par le Front de Gauche, même si cela redonne de l’espoir aux travailleurs humiliés par un capitalisme violent, car cette forme de « socialisme autogestionnaire » n’est ni un soviet ni la solution révolutionnaire, c’est même une forme de collaboration de classe
nationale-chauvine, petite-bourgeoise et réactionnaire, l’essence même du fascisme en lutte frontale contre le communisme et l’internationalisme prolétarien de masse et de classe.

Aujourd’hui, la situation est très grave tant socialement qu’économiquement, le pays est au bord de la rupture même si colère et sentiment d’impuissance ne se conjuguent pas.

Nous ne pouvons plus accepter la domination des institutions bourgeoises tant politiques que patronales et la domination de l’appareil bourgeois impérialiste qui nous conduit vers la dictature et les guerres.

Nous ne pouvons plus accepter la répression contre les travailleurs et les peuples, ni les compromissions.

Nous ne pouvons plus accepter les pratiques antipopulaires et anti-ouvrières mais aussi de révision de l’histoire.

Nous ne pouvons plus accepter les formes de collusions politiciennes quand la classe sociale laborieuse et les masses des quartiers populaires subissent une régression infernale et un cycle de paupérisation qui les poussent dans les bras des populistes, lesquels les conduiront, comme l’a fait Hitler dans les pires cauchemars pour servir de chair à patrons et de chair à canons.

Nous ne sommes pas des magiciens pour avoir la solution miracle et globale, mais nous proposons l’unité des communistes sur des bases marxistes de luttes dans les masses populaires et laborieuses.

Nous ne souhaitons ni être des marieurs opportunistes ni des donneurs de leçons, mais il y a urgence à développer un large Front Populaire et cosmopolite pour faire face et préparer l’affrontement inéluctable qui aura lieu contre la bourgeoisie et la réaction.


Edité le 03-04-2013 à 17:34:08 par Xuan