Sujet :

antiracisme politique

Xuan
   Posté le 07-10-2016 à 20:14:15   

UNe initiative dont le FUIQP est partie prenante :

Antiracisme politique :
convergences et divergences


Deuxième Forum
réseau Reprenons l’initiative contre les politiques de racialisation

Bourse du travail de Saint-Denis
samedi 8 octobre 2016, 9h30-18h



Nous revendiquons un antiracisme politique : pour nous, le problème, ce ne sont pas seulement les personnes, les partis ou les idéologies ouvertement racistes ; c’est aussi et surtout un racisme structurel qu’aliment les politiques de racialisation conduites, sous les gouvernements successifs, par l’État, et reconduites par des collectivités locales – qu’elles visent les Roms ou les musulmans, les enfants de l’immigration ou les populations noires, etc.

Aujourd’hui, l’état d’urgence permanent, sous prétexte de lutte contre le terrorisme, ne fait qu’aggraver la situation des quartiers populaires. Dans le même temps, les réformes néolibérales et les mesures d’austérité ne cessent de creuser les inégalités économiques. La répression policière qui frappait déjà quotidiennement les minorités raciales touche désormais régulièrement les mobilisations sociales qui se dressent contre une politique imposée à marche forcée.

La question des droits se pose donc plus que jamais dans une société de moins en moins démocratique. Or il devient de plus en plus difficile de faire entendre notre propre discours dans l’espace public – et nous savons déjà que la campagne présidentielle contribuera aussi à étouffer nos voix. Tout se passe comme si, pour la plupart, les instances politiques, au mieux, ignoraient cette réalité, et au pire, s’employaient à l’empirer.
Ce constat est largement partagé. Mais nous ne voulons pas nous contenter de dénoncer la dérive politique qui s’accélère sans cesse : nous voulons reprendre l’initiative. C’est pourquoi notre réseau organise un deuxième Forum national contre les politiques de racialisation, qui aura lieu à la Bourse du Travail de Saint-Denis le samedi 8 octobre toute la journée. Largement ouvert aux personnes et aux associations qui ne se résignent pas à la France telle qu’elle va aujourd’hui, il a pour but de partager nos outils d’analyse et de lutte.

Cela passe par des discussions qui permettront de mieux connaître nos convergences, mais aussi nos divergences. Par exemple, renversant le primat de la classe, doit-on accepter qu’il y aurait une question principale, en l’occurrence le racisme, et d’autres secondaires, ou bien au contraire faut-il revendiquer de mener de front tous les combats, en dépit de l’aveuglement aux questions raciales encore répandu dans les mouvements sociaux, et malgré le risque d’instrumentalisation raciste des revendications féministes et homosexuelles ?

Au-delà d’un état des lieux, nous débattrons des sujets qui nous importent, qui nous unissent et nous divisent tout à la fois :

1. Nous militons dans ce pays. Mais l’actualité du terrorisme et de l’état d’urgence nous oblige à élargir la perspective : comment penser ensemble, sans pour autant les confondre, le contexte national et la situation internationale – depuis les politiques européennes d’immigration jusqu’aux conflits militaires ?

2. Un racisme, des racismes ? Comment articuler les différents racismes, qu’il s’agisse de négrophobie, d’islamophobie, de romaphobie, mais aussi d’antisémitisme et de racisme anti-asiatique ? Et à l’inverse comment distinguer ces logiques sans les opposer ?

3. La racialisation de l’antiracisme : on voit se dessiner aujourd’hui un clivage entre des associations qui se veulent universalistes, et qui sont surtout blanches, et des associations qui revendiquent de représenter les racisé-e-s, au risque d’être taxées de communautarisme. Comment travailler ensemble pour ne pas faire le jeu du racisme ?

4. Mouvements sociaux et quartiers populaires : on a beaucoup parlé, autour de Nuit Debout, d’une coupure entre la mobilisation contre la loi Travail et les minorités raciales. Comment faire converger des luttes qui sont certes bien distinctes, mais qui pour autant ne sont pas sans rapport ?

Cette journée de discussion vise à préparer l’avenir – l’année des élections présidentielles, mais aussi les suivantes, qui s’annoncent tout aussi difficiles. Il est important de nous parler pour éviter certains malentendus, mais aussi pour prendre acte de certains désaccords ; c’est la condition d’alliances sur des combats partagés. Il faut aussi nous faire entendre au-delà de nos cercles militants. La journée s’achèvera sur une discussion des formes d’action : pour reprendre l’initiative, il sera nécessaire d’imposer nos questions et notre vocabulaire. Nous continuerons d’y travailler ensemble après le 8 octobre.