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 la Turquie abat un avion russe

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Xuan
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   Posté le 25-11-2015 à 23:24:15   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Je ne reprends pas les détails de l'interception de l'avion russe par la Turquie.
Danielle Bleitrach a publié plusieurs articles sur le sujet :
- La Turquie s'est rangée dans le camp de Daech
- Avion abattu par la Turquie : le pilote rescapé témoigne

Cette provocation de la Turquie aboutit au contraire de l'effet recherché : elle oriente le faisceau des projecteurs vers la porosité de la frontière turque aux combattants de Daech, et vers la noria de camions citernes transportant le pétrole pillé en Syrie vers les raffineries turques. Egalement la question de l'argent de Daech et de son blanchiment refait surface. Bien évidemment les grandes puissances impérialistes ont le moyen de tracer aussi bien le pétrole que l'argent, et de décréter lorsqu'elles le souhaitent blocus et embargo.
D. Bleitrach publie l'interview de Ziouganov, dirigeant du KPRF :

Sur Histoire et société

Guennadi Ziouganov a appelé à « ne pas faire monter la fièvre » après l’attaque sur l’avion russe Su-24


Site officiel du Comité central du Parti communiste – KPRF.RU
24/11/2015


Le dirigeant du Parti communiste, G.A. Ziouganov, dans une émission en direct de la station de radio « Ici Moscou « , a souligné la nécessité d’étudier soigneusement les faits.

En même temps, a-t-il dit, l’attaque contre le bombardier russe est probablement liée aux frappes russes sur les installations pétrolières des combattants en Syrie.


* * *


Le journaliste: Je voudrais vous demander tout d’abord : que doit faire la Russie? Quelles actions devrions-nous entreprendre relativement à laTurquie?

Guennadi Ziouganov: Tout d’abord il est nécessaire de comprendre ce qui se passe, et de ne pas faire monter la fièvre. Que des forces énormes et puissantes en Amérique et en Europe, et en Turquie, soient intéressées à ce que l’EI continue d’exister et continue à mettre le Moyen-Orient à feu et à sang– c’est tout à fait évident. Ce n’est pas un hasard qu’il soit si difficile de former une coalition. Ce n’est pas un hasard si la coalition menée par les USA se bat paraît-il depuis un an, et l’EI ne fait que se renforcer. Ce n’est pas un hasard si des flots de pétrole ont traversé la frontière turque, revendus ensuite à moitié prix – faisant la fortune des chefs militaires, des services spéciaux, et de bien d’autres.

C’est pourquoi nous devons maintenant élaborer un dossier sur la base d’éléments d’information objectifs, rédiger un rapport ; et à travers tous les canaux – et diplomatiques et militaires – discuter et tenter malgré tout de former une coalition pour étrangler le plus grand mal, qui est l’EI et toute cette bande internationale de criminels.

Le journaliste: Mais la Turquie aussi représente le mal international?

Guennadi Ziouganov: Au sujet de la Turquie. Poutine vient de dire qu’il y aura des conséquences. Mais, avant que les effets ne se produisent, nous devons réfléchir et comprendre. Je n’exclue pas que beaucoup parmi les dirigeants de la Turquie – à la fois politiques et militaires – sont catégoriquement contre ces provocations. Nous devons savoir qui est derrière eux, comment ils ont fait. Rappelez-vous comment a démarré la Première Guerre mondiale, lorsque Ferdinand a été amené en Serbie, tout le monde avait mis en garde, disant que nous ne devrions pas faire cela.

Le journaliste: Gavrilo Princip, nous savons.

Guennadi Ziouganov: Et puis un massacre sans précédent a été déclenché.

Le journaliste: Guennadi Ziouganov, mais qu’y a-t-il spécifiquement à comprendre, quand les Turcs disent directement: « Notre avion a abattu votre avion? » Par ailleurs, le Premier ministre turc a déclaré: «Nous faisons ce que nous voulons. Cela nous regarde, c’est notre droit » .

Guennadi Ziouganov: Voyons, il ne dit pas cela.

Le journaliste: Comment il ne dit pas cela?

Guennadi Ziouganov: Ils disent que l’avion avait violé leur territoire, et ainsi de suite.

Le journaliste: Permettez-moi de citer, Gennadi Andreyevich …

Guennadi Ziouganov: Ne vous énervez pas, et écoutez-moi. Je suis allé dans tous les points chauds et je sais comment commencent les guerres. Elles commencent avec des provocations. Je sais qui est derrière eux. Dès que la Syrie a commencé à être libérée et les flux de pétrole à se tarir, ces provocations sont apparues. En principe, je m’attendais personnellement à ce qu’elles arrivent inévitablement – que ce soit dans l’air, ou sur terre. Eh bien, si vous proposez de déclencher une véritable guerre, alors vous êtes quelqu’un d’irresponsable.

Le journaliste: Peut-être. Guennadi Ziouganov, et vous vous ne le proposez pas?

Guennadi Ziouganov:
Non. Je propose de tenter de réglementer ce processus et continuer à se battre pour former une coalition et pour en finir avec le fléau principal. Parce que si ce fléau s’empare de l’ensemble du Moyen-Orient, alors tout le «ventre mou » méridional de notre pays s’enflammera.

Le journaliste: Si je comprends bien, notre avion a été abattu, et il faut maintenant passer l’éponge, alors?

Guennadi Ziouganov: Il ne s’agit pas de cela.

Le journaliste: Eh bien, comment réagissons-nous?

Guennadi Ziouganov: C’est très simple. Je vous ai proposé un moyen de résoudre ce problème.

Le journaliste: Qui est de créer une coalition anti-terroriste pour continuer à se battre contre l’ « Etat islamique »?

Guennadi Ziouganov: Continuer à construire, renforcer nos efforts pour détruire l’EI, couper les flux financiers, les contrôler à travers le système mondial. Au fait, où va l’argent, les Américains le savent parfaitement. Ils contrôlent le téléphone de Merkel non seulement quand elle parle avec le gouvernement, mais même quand à la maison elle est dans ses travaux de cuisine. Ils sont très bien renseignés. Nos services spéciaux aussi doivent travailler, et les gens qui en sont responsables.

Le journaliste: Gennadi Andreyevich, j’ai compris. Vous dites que c’était une provocation. Ce fut une provocation de la part de la Turquie? Ou pensez-vous que quelqu’un est derrière la Turquie?

Guennadi Ziouganov: Je pense qu’il ne s’agit pas de la Turquie.

Le journaliste: Et de qui?

Guennadi Ziouganov: Il s’agit d’un groupe de gens qui sont intéressés dans la préservation de l’EI, intéressés à détruire la Syrie, intéressés à la possession d’une énorme enclave. Le Qatar est intéressé à poser son pipeline à travers la Turquie pour vendre son gaz. Il y a beaucoup de parties intéressées.

Le journaliste: Mais le rôle des États-Unis dans ce jeu? Ou il n’en ont pas?

Guennadi Ziouganov: Leur rôle? C’est le principal fauteur de troubles dans le monde. Si vous regardez la façon dont ils se sont développés depuis plus de 200 ans, on a deux tendances principales : la première est l’extension et la seconde – la provocation. Leur histoire en est pleine : ils ont commencé la guerre l’Espagne à cause du croiseur «Maine», qui était ancré à La Havane; l’incident dans le golfe du Tonkin a provoqué la guerre au Vietnam. Et les nazis ont commencé à peu près pareil. Donc, ne vous excitez pas. Il est facile de commencer une guerre, mais difficile de la finir.

Texte Russe original: http://kprf.ru/party-live/cknews/148902.html

traduit par Marianne


Edité le 25-11-2015 à 23:34:48 par Xuan




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RTL info publie un article sur l'écoulement en Turquie du pétrole pillé par Daech - voir la vidéo sur le site

"Le pétrole, c'est l'artère vitale de Daech pour acheter des armes": le PTB veut savoir si la Belgique contribue à financer le groupe Etat Islamique


Publié le 25 novembre 2015 à 21h08

Le PTB demande au Premier Ministre un audit sur la vente de pétrole par les djihadistes de l’organisation terroriste Etat Islamique aux Européens, via la Turquie. Car tous les experts en conviennent, il faut couper le robinet du pétrole pour en finir avec le groupe terroriste. Jean-Pierre Martin a tenté d'en savoir plus pour le RTLINFO 19H.

Le PTB demande au Premier ministre Charles Michel d'organiser un audit sur l'origine du pétrole utilisé en Belgique, afin de s'assurer qu'il ne provient pas de puits ou de raffineries contrôlés par le groupe terroriste Etat Islamique, annonce le parti de gauche radicale dans un communiqué. Le groupe terroriste contrôle en effet environ 10% de la production irakienne de pétrole et environ 60% des raffineries syriennes. Ce pétrole brut est convoyé en Turquie, puis il est raffiné. A partir de la Turquie les produits raffinés sont écoulés sur le marché international. C’est la principale source de revenus des djihadistes.



"L'argent du pétrole est l'artère vitale de Daech"

Raoul Hedebouw du PTB veut savoir si ce pétrole si ce pétrole se retrouve en Belgique. "L'argent du pétrole est l'artère vitale de Daech pour acheter des armes, financer des camps d'entraînement et - ce n'est pas le moins important - payer des salaires élevés ", constate le député fédéral Raoul Hedebouw. "Car, religion ou non, l'argent reste l'argent. Des milliers de combattants, entre autres de l'Armée syrienne libre et d'Al-Nosra, ont rejoint les rangs de Daech en raison des salaires meilleurs."


Le PTB demande un audit

Le PTB souhaite donc que le gouvernement fédéral fasse un audit pour s'assurer que le pétrole utilisé en Belgique ne vient ni directement ni indirectement des puits ou raffineries contrôles par Daech. Le parti rappelle que l'ambassadrice de l'UE en Irak, Jana Hybaskova, a dénoncé il y a un an le fait que certains Etats membres de l'UE achètent du pétrole au groupe terroriste.


"On peut rassurer tous les Belges"

Selon la fédération belge des négociants en combustibles et carburants, la Belgique n’achète pas, en principe de pétrole brut en provenance de Turquie ou de Syrie. " La règle de déontologie appliquée ici en Belgique ou en France interdit effectivement à Majors présents sur le marché belge d’additionner la moindre goutte de pétrole venant de ces contrées-là. Il y a, et on peut rassurer tous les Belges, pas de contribution de la Belgique à l’alimentation financière de l’Etat islamique, ça on peut en être certain" , explique le directeur technique de la fédération, Olivier Neirynck

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Avion russe abattu : les déclarations de la Turquie contredites


24matin

Le pilote survivant de l'avion russe abattu mardi près de la frontière turque affirme qu'il n'y a eu aucune sommation avant que l'appareil ne soit abattu. La Russie contredit peu à peu toutes les déclarations turques.

Peu de temps après avoir abattu un avion russe près de la frontière, la Turquie s'est empressée de contacter l'ONU, déclarant qu'ils avaient abattu un avion russe qui avait pénétré leur territoire et ce après avoir réalisé une dizaine de sommations. Il semblerait que les choses ne soient pas aussi simples et pourraient plonger la Turquie et l'OTAN dans l'embarras.

Aucune sommation avant d'être abattu

Peu après que leur avion ait été touché par un missile, les deux pilotes russes ont réussi à s'éjecter. L'un des pilotes a été tué lors de sa descente en parachute par des rebelles anti Bachar al-Assad et le second pilote a, après une opération des forces spéciales russes, pu être sauvé et ramené en Russie. Le pilote survivant a donné sa version des faits à la télévision, bien loin des déclarations turques.

Selon Konstantin Mourakhtine, le pilote survivant et présenté comme l'un des meilleurs pilotes russe : "il n’y a eu aucune sommation. Pas d’échange radio, ni de contact visuel. Il n’y a eu aucun contact" avant d'ajouter que : "si l’armée turque avait voulu nous avertir, ils auraient pu se montrer en volant sur notre parallèle. Il n’y a rien eu du tout". Répondant à une question d'un journaliste, il indique qu'à aucun moment, il n'est entré dans l'espace aérien turc avant d'ajouter : "nous étions en train de voler à une altitude de 6.000 mètres, le temps était dégagé, je pouvais voir parfaitement sur la carte et au sol où se trouvait la frontière et où nous étions".

La Russie accumule des preuves contre la Turquie

Ce témoignage vient confirmer les cartes de vol de l'avion russe présentées par l'armée russe et qui montrent qu'à aucun moment leur avion n'a pénétré l'espace aérien turc. Le chasseur F16 turc a, lui par contre, pénétré l'espace aérien syrien. Pour se défendre, la Turquie a publié un enregistrement supposé être les sommations données au pilote de l'avion russe mais cet enregistrement ne semble pas constituer une preuve fiable.
Selon plusieurs experts, il ne s'agit pas là d'un accident mais d'un acte prémédité. La Turquie, forte de son soutien de l'OTAN, s'estime sûre de son impunité. Un jeu particulièrement dangereux face à l'ours russe.


Edité le 26-11-2015 à 09:44:19 par Xuan




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   Posté le 28-11-2015 à 23:21:28   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un article d'Al Manar sur des aspects militaires de l'intervention russe :

Les erreurs de la Russie en Syrie

La motivation de la Turquie pour abattre l’avion Su-24 russe au-dessus du territoire syrien n’a aucun lien avec une violation de l’espace aérien turc par ce dernier. Il était destiné à punir la Russie pour ses frappes contre les groupes terroristes « modérés », soutenus par la Turquie et qui agissent contre l’armée nationale syrienne, fidèle à Bachar Al Assad.

La science militaire établit le principe de «l’économie des forces et des moyens » qui oblige les commandants à atteindre l’objectif sans gaspiller inutilement les ressources. Nous nous souvenons que la Russie a effectué plusieurs frappes avec des missiles de croisière KH-555 lancés par des bombardiers stratégiques Tu-22M3 et sur Tu-160 opérant à partir de bases situées en Russie, à 3000 km de la Syrie. Nous nous souvenons également des missiles de croisière 3M-14T Kaliber lancés à partir de navires de surface et un sous-marin de la mer Caspienne et de la Méditerranée, à 1.500 km de la Syrie [1].

Ou encore des deux bombardiers stratégiques Tu-160 qui ont décollé de la base aérienne d’Olnegorsk dans la péninsule de Kola, pour contourner l’Europe et faire un trajet de 13.000 kilomètres pour frapper des cibles sur le territoire syrien avec des missiles de croisière Kh-101. Le prix d’un missile de croisière est de plus d’un million de dollars, bien que sa charge ne soit que de 450 kg [2]. Il aurait peut-être été plus efficace pour la Russie d’apporter 50 à 60 bombardiers lourds Tu-22M3, Tu-95MS et éventuellement Tu-160, en Syrie ou dans un pays voisin, où chacun pourrait exécuter trois vols quotidiens de bombardement.

Un autre principe de base de la lutte armée en science militaire est de «se concentrer sur la direction décisive à suivre ». En langage clair, cela signifie, ne pas mettre la charrue avant les bœufs, ou avancer progressivement du centre vers l’extérieur.

Près de deux mois après le début des frappes aériennes russes, plusieurs milliers d’objectifs de l’EI ont été bombardés dans le sud de la Syrie (Damas, Deraa), dans le centre de la Syrie (Homs, Hama, Idlib), dans le nord de la Syrie (Alep) et l’est de la Syrie (Raqqa et Deir ez-Zor).

Les bombardements avaient comme objectif la destruction des infrastructures (y compris le stockage de carburant) de l’EI et d’aider les forces terrestres syriennes dans le déclenchement des actions offensives destinées à reconquérir les territoires occupés par les rebelles.

Cependant, les rebelles islamistes continuent à contrôler des territoires dans le nord de la province de Lattaquié, situés à seulement 25 km de la base aérienne russe de Hmeymim. L’armée syrienne avance avec difficulté à cause des systèmes antichars que les rebelles possèdent.

Une vidéo postée sur Internet montre comment un hélicoptère russe Mi-8, envoyé en mission de recherche et de sauvetage de l’équipage de l’avion Su-24 abattu par l’armée de l’air turque, a été détruit par les rebelles, avec un système de missiles antichars BGM-71 TOW, de fabrication américaine.

Rappelons que le Su-24 est tombé dans le Gouvernorat de Lattaquié, à 4.5 km de la frontière turco-syrienne, dans le territoire où opèrent des groupes rebelles de l’ASL (constitués de l’armée turque et soutenus par les Etats-Unis et ses alliés) et le front Al Nosra Al-Qaïda en Syrie). Ce ne sont donc pas des Turkmènes qui combattraient contre Assad comme l’a affirmé à plusieurs reprises la Turquie [3].

Il aurait peut-être été plus efficace d’interrompre, en premier lieu, l’approvisionnement des rebelles islamistes en armes et en recrues en provenance de Turquie. Ce qui signifie que les bombardements de l’aviation russe auraient été subordonnés exclusivement à l’offensive de l’armée syrienne au sol, le long de la frontière avec la Turquie dans les gouvernorats d’Alep, Idlib et Lattaquié (environ 70 km). C’est seulement après que la frontière avait été sécurisée par l’armée syrienne, que les bombardements de l’armée de l’air russe pourraient être étendus à d’autres régions de la Syrie.


Les 30 bombardiers russes (12 Su-24, 12 Su-25 et 6 Su-34) à partir de la base aérienne russe Hmeymim peuvent exécuter chacun 2-3 sorties quotidiennes, chacun étant armé de 2-4 bombes intelligentes de haute précision (100, 250 ou 500 kg) ou de missiles guidés. [4] Ce qui signifie frapper 70-90 cibles quotidiennes. Ces avions sont insuffisants, ils arrivent à peine à se concentrer sur les cibles de Daesh détectés par les drones de reconnaissance dans le nord du gouvernorat de Lattaquié.

A titre de comparaison, lors de la guerre en Irak en 2003, la coalition américaine a utilisé environ 1.400 avions de combat. Contrairement aux 30 Su-24, Su-25 et Su-34 déployés par la Russie en Syrie, un seul bombardier lourd Tu-95, peut prendre à bord 30 bombes de 500 kg, ou 60 bombes de 250 kg ou 120 bombes de 100 kg. Un tapis de bombes gravimétriques pourrait neutraliser une surface équivalant à 10 terrains de football en une seule mission.

Les rebelles islamistes se battent en terrain montagneux, à la frontière avec la Turquie et continuent à opposer une résistance acharnée aux troupes terrestres de l’armée syrienne grâce la protection offerte par le terrain et les armes américaines modernes dont ils sont équipés.
Rappelons que dans l’histoire récente, ce sont les bombardements massifs qui ont décidé du sort de la guerre.

Pour chasser le front Al Nosra du dispositif actuel à la frontière turque et permettre la progression des troupes syriennes, il est nécessaire d’opérer un changement majeur de la tactique. Cela exigerait de doubler le nombre de drones de reconnaissance et une utilisation massive de bombardiers lourds. Un calcul simple montre que, après deux à trois semaines d’attaques intensives avec au moins 50 bombardiers lourds russes Tu-95 et Tu-22M, il est possible de nettoyer complètement la zone de la frontière avec la Turquie.

Je pense que la Russie a commis une erreur en ne livrant pas à la Syrie des systèmes anti-aériens de missiles S-300 ou S-400, avant même l’arrivée du groupe de bombardement russe de la base aérienne Hmeymim.

La présence de ces missiles anti-aériens aurait permis à l’armée nationale de la Syrie d’exercer la souveraineté sur son espace aérien et aurait protégé les bombardiers russes, tout comme l’OTAN a soutenu la Turquie, en déployant à la frontière turco-syrienne des batteries de missiles AA Patriot de l’Espagne, de la Hollande, de l’Allemagne et des Etats-Unis.

S’il y avait eu de tels systèmes S-400 les avions de la coalition anti-EI conduite par les Américains ne seraient pas entrés dans l’espace aérien de la Syrie sans l’autorisation de Bachar Al Assad, et la Turquie ne pourrait pas prétendre bombarder l’EI tout en frappant à la place les positions des rebelles kurdes luttant efficacement contre l’EI.

Si les Russes avaient eu en Syrie des systèmes de missiles S-400, ils auraient évité, dès le début, l’interception de leur bombardier Su-24 par le F-16 turc, et les turcs n’auraient jamais lancé un missile air-air contre l’avion russe parce qu’ils savaient que le leur aurait été abattu.


Par Valentin Vasilescu

Source : Réseau International

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Sur le même site :


Aucune frappe américaine en Syrie depuis le déploiement des S-400


Les forces de l’air américaine et turque ont arrêté leurs frappes en Syrie depuis que la Russie a déployé les systèmes de défense aérien S-400 sur sa base aérienne de Khmeimin, d’où elle organise ses opérations contre Daesh.

Le porte-parole du groupe de forces interarmées multinationales de l'opération Inherent Resolve (CJTF-OIR) qui vise à combattre l’Etat islamique en Irak et en Syrie, a indiqué à l’agence Sputnik vendredi que l’absence de raids de la coalition anti-Daesh «n’a rien à voir avec le déploiement des S-400» en Syrie.

«La fluctuation ou absence des frappes en Syrie reflète les hauts et les bas du conflit», a noté le porte-parole ajoutant que le CJTF-OIR effectue des frappes quand et où c’est nécessaire, se concentrant sur la recherche de cibles pour garantir un effet maximal et minimiser le risque de morts civiles.

Comme le CJTF-OIR l’a fait savoir vendredi, la coalition menée par les Etats-Unis n’a effectué aucune sortie depuis jeudi, alors que les frappes contre Daesh en Irak ont été poursuivies, avec 18 raids menés par la coalition sur des positions terroristes.

Le 24 novembre, la Turquie a abattu un avion de combat russe SU-24 à la frontière turco-syrienne qui bombardait les positions de Daesh. Selon Ankara, l’avion russe a violé l’espace aérien turc et a été prévenu plusieurs fois avant d’être abattu. Cependant, la Russie a affirmé que son bombardier a été abattu sur le territoire syrien.

Les pilotes à bord ont réussi à s’éjecter de l'appareil avant l’incendie. Cependant, un des pilotes a été abattu par un groupe de militants lors de sa descente en parachute. Dans le même temps le co-pilote du SU-24 a été sauvé lors d’une opération de sauvetage menée par la Russie. Un marin a péri dans cette opération et un hélicoptère a été perdu après avoir été frappé par un missile anti-char TOW de fabrication américaine en possession des terroristes.

Le lendemain de l’incident, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a annoncé le déploiement de systèmes antimissiles S-400 à l’aérodrome de Hmeimim en Syrie pour garantir la sécurité de ses appareils. (Voir vidéo)

Le S-400 Triumph est capable d’abattre tout hélicoptère ou missile se déplaçant à des vitesses jusqu’à 4,8 kilomètres par seconde (près de 17 000 kilomètres par heure). La seule cible que le système ne pourrait pas abattre, c’est un missile balistique international, qui vole à la vitesse de 6-7 kilomètres par seconde.

Source: Russia Today


Edité le 28-11-2015 à 23:26:16 par Xuan




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Sur Le Monde :
"La Russie adopte des sanctions économiques contre la Turquie"

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   Posté le 14-02-2016 à 22:16:49   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Erdogan récidive. Mais plus il s'enferre plus sa position devient difficile. Les USA et la France en viennent très hypocritement à condamner la Turquie.

En Syrie, la Turquie a frappé les positions du régime d'Assad


L'armée turque a frappé samedi des cibles du Parti kurde de l'union démocratique (PYD) et du régime syrien dans deux incidents séparés, en réponse à des tirs, a rapporté l'agence officielle Anatolie.


Un soldat turc près de la frontière turco-syrienne. (Reuters)

L'armée turque a visé samedi des cibles du régime syrien, des frappes qui devraient encore un peu plus compliquer la donne en vue d'un dénouement de la crise. Les forces armées turques ont frappé des cibles du PYD, parti de l'union démocratique kurde, près de la ville d'Azaz, dans la province d'Alep, selon une source militaire citée par l'agence officielle Anatolie. L'armée turque a également riposté à des tirs de forces du régime syrien sur un poste militaire dans la région de Hatay (sud de la Turquie), selon la même source.

Bombardement des Kurdes

L'artillerie turque a bombardé des secteurs du nord de la province d'Alep que les Unités de protection du peuple kurde (YPG) ont récemment repris à des islamistes, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Une source au sein des YPG a indiqué à l'AFP que les bombardements avaient notamment visé l'aéroport militaire de Minnigh, repris le 10 février par les forces kurdes.

Situé à une dizaine de km de la frontière turque, l'aérodrome de Minnigh se trouve entre deux routes importantes qui mènent de la ville d'Alep, deuxième ville du pays, à Azaz, plus au nord. Et le fait de le contrôler donne aux forces kurdes une base de départ pour de nouvelles offensives contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI) plus loin en direction de l'est.

Après cette annonce, les Etats-Unis ont exhorté samedi la Turquie à cesser ses tirs d'artillerie visant des forces armées des Kurdes de Syrie et celles du régime syrien. "Nous avons pressé les Kurdes syriens et d'autres forces affiliées au PYD (Parti kurde de l'union démocratique) à ne pas profiter de la confusion en s'emparant de nouveaux territoires. Nous avons aussi vu des informations concernant des tirs d'artillerie depuis le côté turc de la frontière et avons exhorté la Turquie à cesser ces tirs" , a protesté le porte-parole du département d'Etat, John Kirby.

M.B. (avec AFP) - leJDD.fr
samedi 13 février 2016

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Erdogan défie le monde et affronte des dissensions internes


L’équipe du site Al Manar

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a consacré l'essentiel de son discours de Jeudi à attaquer tout ceux qu'il considère comme des ennemis de la nation et de l'Etat turcs. Comme dit le dicton turc, «le seul ami de la Turquie est le turc».

Dans son discours flamboyant, Erdogan n’a épargné personne ni ses ennemis ni ses alliés.

A commencer par le président syrien Bachar al-Assad qui était au centre de toutes les attaques d’ Erdogan, puis la Russie, accusée de "massacres ethniques" contre le peuple syrien et contre les Turkmènes dans la province de Lattaquié, en passant par l’Iran qui soutient Assad en envoyant ses «milices chiites» afin de «tuer des groupes sunnites».

Puis vint le tour de ses alliés, à leur tête les Etats-Unis, où Erdogan s’adresse à son homologue américain Barack Obama et lui demande «Qui est un allié, nous sommes des terroristes ou les Kurdes?», en référence à aux unités de protection du peuple (Wahdat Himayat achaab).


L'ONU a eu aussi droit aux flèches d'Erdogan, accusé de ne point assumer ses responsabilités dans la protection du peuple syrien, notamment en rejetant la demande d'Ankara de déclarer une zone d'exclusion aérienne dans le nord de la Syrie, sous prétexte de vouloir instaurer une «zone de sécurité pour protéger les réfugiés», selon ses termes. Enfin, l'Union européenne, accusée d'hypocrisie et de tromperie dans la plupart des questions , surtout dans celle des réfugiés syriens.

Reste que le plus frappant dans le discours d’ Erdogan est sa confirmation sur la véracité des informations diffusées par les médias occidentaux, concernant la volonté du président turc de chercher à obtenir d’avantages de milliards de dollars de la part de responsables européens, faute de quoi il les menace d'envoyer des centaines de milliers de réfugiés syriens vers le continent européen, par terre et par mer.
Erdogan a déclaré sans équivoques: «Oui, je leur ai dit et je le répète. Nous ne sommes pas stupides pour assumer à nous seuls la responsabilité des réfugiés»!

Or, non seulement le discours d’Erdogan résume la situation turque, après l'échec de la politique d’Ankara en Syrie et dans la région, mais tout autant elle reflète la psychologie d’Erdogan qui vraisemblablement souffre d’amis tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Mis à part le roi Salmane encore moins le Prince Tamim, qui a perdu toute influence dans les équations régionales et internationales, Erdogan est seul dans son arène.

Même… l’armée turque – cette armée avec qui il veut combattre tout le monde- est mal à l’aise en raiosn de ses alliances avec des pays «arriérés», comme l'Arabie Saoudite, «l'ennemi des Turcs et de la République turc ottoman.»

Or, tout le monde sait que l’ institution militaire refusera de s’aventurer dans une guerre d’ores et déjà condamnée à l’échec, au cas où elle recevrait des ordres de M. Erdogan de lancer une attaque contre la Syrie, dans le but de frapper les «unités de protection du peuple » soutenus par les USA et les pays occidentaux, ou pour combattre l'armée syrienne dans le nord d'Alep soutenue par l'Iran, la Russie et le Hezbollah.

Le parti d'Erdogan menacé de rebellion

Sur le plan interne, Erdogan est menacé d’une bataille sanglante qui risque d’éclater à tout moment entre l'armée turque et les membres et les partisans du PKK, dans le sud-est du pays . Tout dépend de la décision de ce dernier, parfaitement conscient de pouvoir noyer le pays dans un bain de sang , compte tenu du fait que le Kurde dispose d’un soutien populaire à travers le pays, et pas seulement dans ses bastions connus.


Toutefois, la crise la plus grave qu’Erdogan risque d’affronter dans les semaines qui viennent, est l’éclatement d’une forme de rébellion au sein du parti au pouvoir.

En effet, le ton a été donné par l'ancien vice-premier ministre, Bulent Aring, soutenu par quatre anciens ministres ayant exprimé leurs mécontentements à l’égard des politiques générales du gouvernement, tant sur le plan interne qu’externe. Allant jusqu’à affirmer que les politiques d’Erdogan sont autoritaires et sanglantes voire elles dérangent un grand nombre de représentants du parti au parlement.

Bien entendu, la réaction de la part d’Erdogan ne s’est pas fait attendre, non seulement il a déclenché contre eux une campagne médiatique virulente à travers les medias qu’il contrôle, mais en plus il les a accusé de trahison et de collaboration avec le prédicateur Fethullah Gülen.

De plus, il a invité à son domicile l'ancien président, Abdullah Gul, afin de le persuader d'intervenir auprès des «rebelles» du parti au pouvoir, dans une tentative de les convaincre pour se calmer.

Sachant que, selon des informations citées par le quotidien libanais alAkhbar, les Américains auraient accordé leur «feu vert » à ses rebelles de se débarrasser de M. Erdogan, ou au moins de le contraindre à respecter ses limites constitutionnelles, à la fois interne et externe, voire à abandonner ses efforts de faire du régime turc un régime présidentiel.

De toute évidence, la Turquie sera témoin d’une série de développements dramatiques et soudaines dans les procgains mois, surtout qu’ Erdogan n’est pas une personne qui abandonne facilement ..


Source: Agences

13-02-2016 - 20:22


Edité le 14-02-2016 à 22:40:46 par Xuan




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Erdogan est le gros perdant de la guerre en Syrie


Al Manar


Les derniers événements en Syrie ont été fatals à la politique du président turc Recep Tayyip Erdogan. Non seulement ses projets tomber à l'eau, mais il s'est encore querellé avec ses alliés, affirme un média américain.

Misant sur la chute de Bachar el-Assad et espérant un soutien permanent de la part des Etats-Unis, le président turc n'a pas pris en compte le risque de voir la situation se retourner contre lui, estime Public Radio International.

Washington a longtemps cherché à renverser Assad par tous les moyens possibles. A cet effet, il apportait son soutien aux rebelles ou augmentait graduellement ses pressions lors des négociations au sein de l'Onu. Ce projet est actuellement remis en cause: l'offensive spectaculaire effectuée la semaine dernière sur Alep par les troupes gouvernementale syriennes avec l'appui de l'aviation russe a forcé les Etats-Unis à modifier leur attitude à l’égard de la crise syrienne.

Erdogan appelle les Etats-Unis à adopter une position ferme sur la Syrie, à stopper l'opération russe et à ne pas laisser les rebelles d'Alep capituler définitivement, estime Josh Landis, directeur du Centre d'étude du Proche-Orient à l'université d'Oklahoma.

"La Turquie se sent délaissée par les Etats-Unis et l'Europe" , affirme le chercheur.

Selon lui, tout porte à croire que Washington va tirer son épingle du jeu en Syrie, ce qui permettrait à la Russie de jouer un rôle clé dans le conflit et de créer dans la région une situation répondant à ses intérêts.

"La Turquie est en colère, car elle a placé de grands espoirs dans les rebelles syriens. Elle était persuadée que les Etats-Unis la soutiendraient coûte que coûte dans ses tentatives de renverser Assad. Or, tout donne à penser que le président syrien parviendra à reconquérir son pays et à renforcer son pouvoir" , estime l'expert américain.

Dans un tel cas de figure, les Kurdes syriens — qui craignent Erdogan plus que toute autre chose — viendraient se placer sous la protection de Damas et accéderaient à un degré d'autonomie élevé, ce qui mettrait en péril le régime du président turc, conclut l'analyste.

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350 rebelles armés entrent dans le nord de la Syrie à travers la frontière turque


Publié le 2016-02-15 à 01:03 - french.xinhuanet.com

DAMAS, 14 février (Xinhua) -- La Turquie a permis à 350 rebelles armés de passer sa frontière pour entrer dans le nord de la province d'Alep en Syrie, participer à la défense d'une ville clé sur la frontière syrienne, a rapporté dimanche l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme.

Les autorités turques ont permis à 350 rebelles syriens avec des armes légères et lourdes de traverser la frontière turque pour se déplacer depuis la province d'Idlib du nord-ouest de la Syrie, dans la province septentrionale d'Alep, pour prendre part à la défense de la ville frontalière stratégique de Tal Rifat, contre l'offensive des forces militaires syriennes, selon l'Observatoire.

L'ONG basée au Royaume-Uni a affirmé que la Turquie a permis aux rebelles de se déplacer à travers ses territoires et a supervisé leur mouvement à partir d'Idlib au nord d'Alep.

L'armée syrienne et les forces démocratiques syriennes soutenues par les Kurdes s'approchent de la ville stratégique, après avoir chassé les rebelles des régions clés dans le nord d'Alep, dans le cadre de l'offensive lancée à Alep et dans la province du nord-ouest de Lattaquié pour fermer les frontières avec la Turquie, d'où viennent une grande partie des militants et leurs armes, selon l'ONG.

Le gouvernement syrien a accusé la Turquie de faciliter la circulation des jihadistes en Syrie. Dernièrement, il a condamné dimanche le bombardement turc des zones kurdes dans le nord de la Syrie.

Cette dernière initiative turque vise apparemment à empêcher la progression des Kurdes vers Tal Rifat et à soutenir les militants qu'elle soutient dans le nord de la Syrie. Fin

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   Posté le 23-02-2016 à 17:10:34   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur le site Voltairenet :

Comment la Turquie soutient les jihadistes

par Thierry Meyssan



La Russie a posé la question de l’avenir de la Turquie en remettant au Conseil de sécurité un rapport de renseignement sur les activités de soutien de ce pays aux jihadistes. Le document comprend une dizaine de révélations mettant en cause les agissements du MIT. Le problème est que chacune des opérations citées renvoie à d’autres opérations dans lesquelles les mêmes acteurs ont oeuvré avec les États-Unis ou leurs alliés contre la Russie. Ces renseignements s’ajoutent à ceux déjà disponibles sur les liens personnels du président Erdogan avec le banquier d’Al-Qaïda et sur le recel par son fils du pétrole volé par Daesh .




La Russie a remis aux membres du Conseil de sécurité de l’Onu un rapport de renseignement sur les activités de la Turquie en faveur des jihadistes opérant en Syrie [1]. Ce document livre une dizaine de faits qui, chacun, viole une ou plusieurs résolutions du Conseil.

Ce faisant, la Russie place le Conseil devant ses responsabilités et, par extension, plusieurs autres organisations inter-gouvernementales. En droit, le Conseil devrait demander les preuves correspondantes à ces assertions et convoquer la Turquie pour explications. Dans le cas où la culpabilité de la Turquie serait établie, il devrait décider des sanctions à prendre sous le chapitre VII de la Charte, c’est-à-dire en recourant à la force. De leur côté, l’Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord et l’Organisation de la coopération islamique devraient exclure de leurs rangs cet État-voyou, tandis que l’Union européenne devrait cesser les négociations d’adhésion.

Cependant, une lecture attentive du rapport de renseignement russe montre que les faits allégués sont susceptibles d’ouvrir bien d’autres dossiers et de mettre en cause d’autres puissances. De sorte qu’il est plus probable que l’on ne discutera pas publiquement ce rapport, mais que l’on négociera à huis clos l’avenir de la Turquie.

Le cas Mahdi Al-Harati


Né en Libye, en 1973, Mahdi al-Harati a émigré en Irlande et y a fondé une famille.

En mai 2010, il se trouve à bord du Mavi Marmara, le navire amiral de la « Flottille de la liberté », organisée par l’ONG turque IHH, pour livrer de l’aide humanitaire à Gaza. Les bateaux sont piratés en haute mer par l’armée israélienne, provoquant un scandale international. Les passagers sont enlevés par Tsahal, séquestrés en Israël, puis finalement libérés [2]. Le Premier ministre d’alors, Recep Tayyip Erdogan, se rend dans un hôpital pour réconforter les militants blessés. Son cabinet diffuse une photographie où l’on voit l’un d’entre eux l’embrasser comme son père. Il s’agirait d’un turco-irlandais, El Mehdi El Hamid El Hamdi, en réalité, le libyo-irlandais Mahdi al-Harati.



En juillet 2011, sa maison de Rathkeale (Irlande) est cambriolée. Sa compagne, Eftaima al-Najar, prévient la police et déclare que les voleurs se sont emparés de riches bijoux égyptiens et libyens et de 200 000 euros en coupures de 500. Contacté par téléphone, Mahdi al-Harati confirme à la police avoir rencontré les autorités du Qatar, de France et des États-unis et avoir reçu cette somme de la CIA pour aider au renversement de Mouamar el-Kadhafi [3]. Il reviendra ultérieurement sur ses premières déclarations, lorsque la Résistance libyenne s’emparera de l’affaire [4]

En juillet-août 2011, il commande la Brigade de Tripoli —dont son beau-frère, Hosam al-Najjair, est également membre—, une unité d’Al-Qaïda encadrée par des légionnaires français, chargée par l’Otan de prendre l’hôtel Rixos [5]. Officiellement, l’hôtel est le centre de presse international, mais l’Alliance a été informée par le constructeur turc du bâtiment qu’il comprend un sous-sol aménagé, accessible de l’extérieur, où se réfugient divers membres de la famille Kadhafi et des responsables de la Jamahiriya. Durant plusieurs jours, il se bat avec les Français contre les soldats de Khamis Kadhafi [6]

En septembre 2011, l’Otan le nomme adjoint d’Abdelhakim Belhaj, le chef historique d’Al-Qaïda devenu « gouverneur militaire de Tripoli » [7]. Il démissionne le 11 octobre prétendument à la suite d’un différent avec Belhaj [8].

Pourtant, en novembre 2011, aux côtés d’Abdelhakim Belhaj, il commande un groupe de 600 à 1 500 jihadistes d’Al-Qaïda en Libye —anciennement du Groupe islamique combattant en Libye (GICL)— qui sont enregistrés comme réfugiés et transportés par mer en Turquie sous la responsabilité de Ian Martin, ancien secrétaire général de la Fabian Society et d’Amnesty International, devenu représentant spécial de Ban Ki-moon.

Arrivés en Turquie, les jihadistes sont transférés par autobus, escortés par le MIT (services secrets turcs), en Syrie. Ils s’installent à Jabal al-Zouia où ils créent pour le compte de la France, l’Armée syrienne libre (ASL). Durant près de deux mois, Abdelhakim Belhaj et Mahdi al-Harati reçoivent tous les journalistes occidentaux qui tentent de couvrir l’événement en passant par la Turquie dans ce qu’ils transforment en un « village Potemkine » [9]. Le cabinet du Premier ministre Erdoğan les met en liaison avec des passeurs qui les transportent en moto à Jabal al-Zouia. Là, ils voient de leurs propres yeux des milliers de personnes manifester « contre la dictature de Bachar el-Assad et pour la démocratie ». Conquise, la presse occidentale conclut à la révolution, jusqu’à ce qu’un journaliste du quotidien espagnol ABC, Daniel Iriarte, constate que les manifestants ne sont majoritairement pas syriens et reconnaisse leurs chefs libyens Abdelhakim Belhaj et Mahdi al-Harati [10]. Peu importe, le spectacle de la Brigade des faucons du Levant (Suqour al-Sham Brigade) a fait son effet. Le mythe d’une ASL composée de « déserteurs de l’armée arabe syrienne » est né et les journalistes qui l’ont alimenté ne reconnaîtront jamais avoir été bernés.

En septembre 2012, Mahdi al-Harati rejoint la Libye pour raisons médicales, non sans avoir au préalable formé avec son beau-frère un nouveau groupe de jihadistes, Liwa al-Umma (la Brigade de l’Oumma) [11].

En mars 2014, Mahdi al-Harati escorte un nouveau groupe de jihadistes libyens qui rejoint la Turquie par la mer. Selon le rapport de renseignement russe, il est pris en charge par le numéro 2 du régime, Hakan Fidan, le chef du MIT (services secrets), qui vient juste de réintégrer ses fonctions. Ils rejoignent Daesh par le poste frontière de Barsai. Cette décision fait suite à la réunion organisée à Washington par la conseillère nationale de sécurité, Susan Rice, avec les chefs des services secrets du Golfe et de Turquie en vue de leur confier la poursuite de la guerre contre la Syrie, prétendument sans avoir à utiliser Al-Qaïda et Daesh [12].

En août 2014, Mahdi al-Harati est « élu » maire de Tripoli avec le soutien du Qatar, du Soudan et de la Turquie. Il dépend du gouvernement de Tripoli, dominé par les Frères musulmans et rejette celui de Tobrouk, soutenu par l’Égypte et les Émirats arabes unis.

Le parcours de Mahdi al-Harati atteste des liens entre Al-Qaïda en Libye, l’Armée syrienne libre, Daesh et les Frères musulmans, réduisant à néant la théorie d’une révolution démocratique en Syrie. Elle montre aussi le soutien dont ce réseau a bénéficié de la part des États-Unis, de la France et de la Turquie.

Le transfert de combattants de Daesh de Syrie au Yémen


Le rapport de renseignement révèle que les services secrets turcs ont organisé le transfert de combattants de Daesh de la Syrie vers le Yémen. Ils auraient selon les cas été transportés par avion ou par bateau vers Aden.

Cette imputation avait déjà été formulée, le 27 octobre 2015, par le porte-parole de l’Armée arabe syrienne, le général Ali Mayhub. Selon lui, au moins 500 jihadistes de Daesh avaient été aidés par le MIT turc pour se rendre au Yémen. Ils avaient été embarqués sur deux avions de Turkish Airlines, un de Qatar Airways et un des Émirats. Arrivés à Aden, les jihadistes furent divisés en trois groupes. le premier se rendit au détroit de Bab el-Mandeb, le second à Marib, et le troisième fut envoyé en Arabie saoudite.

>>>vidéo<<<

Cette information, qui avait été largement développée par les médias arabes pro-Syriens, a été ignorée par la presse occidentale. Côté yéménite, le général Sharaf Luqman, porte parole des militaires fidèles à l’ancien président Saleh, confirma l’imputation syrienne et ajouta que les jihadistes avaient été accueillis au Yémen par des mercenaires de Blackwater-Academi.

>>>vidéo<<<

Le transfert de combattants de Daesh d’un théâtre d’opération vers un autre atteste la coordination des opérations en Syrie et au Yémen. Il met en cause la Turquie, le Qatar, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et Blackwater-Academi.

Le « village tatar »


Le rapport de renseignement russe évoque également le cas du « village tatar », un groupe ethnique tatar, initialement basé à Antalya, puis déplacé par le MIT plus au nord, à Eskisehir. Bien qu’il précise qu’il comprend des combattants d’Al-Qaïda et qu’il aide des combattants islamistes en Syrie, il n’explique ni pourquoi ce groupe a été déplacé plus loin de la Syrie, ni quelles sont ses activités précises.

Les Tatars forment la seconde minorité russe et très rares sont ceux qui adhérent à l’idéologie jihadiste des Frères musulmans ou du Hizb-ut-Tahrir.
- Cependant, en mars 2012, des islamistes arabes du Tatarstan se sont attaqués à une exposition sur la Syrie « berceau de la civilisation » au musée de Kazan. Un peu plus tard, le 5 août 2012, des jihadistes, à la fois arabes et tatars, se réunissent secrètement à Kazan, incluant des représentants d’Al-Qaïda.
- En décembre 2013, des jihadistes tatars panturquistes du mouvement Azatlyk (Liberté), quittent le théâtre syrien pour rejoindre l’Ukraine et assurer le service d’ordre de la place Maidan, dans l’attente du coup d’État ; tandis que d’autres militants de la même organisation manifestent à Kazan.
- Le 1er août 2015, un Congrès mondial des Tatars est organisé à Ankara, avec le soutien et la participation des gouvernements ukrainiens et turcs. Il est présidé par le célèbre agent de la CIA durant la Guerre froide, Moustafa Djemilev, et décide la création d’une « Brigade musulmane internationale » pour « libérer » la Crimée. Djemilev est immédiatement reçu officiellement par le président Recep Tayyip Erdogan [13]. La Brigade dispose d’installation à Kherson (Ukraine). Elle organise divers sabotages en Crimée, dont une gigantesque panne d’électricité (coupée depuis l’Ukraine), puis ne parvenant pas à entrer massivement en Russie, va renforcer les troupes ukrainiennes au Donbass.

Si le Conseil de sécurité se mettait à creuser la question du « village tatar », il ne manquerait pas d’observer que les États-Unis, la Turquie et l’Ukraine sponsorisent les jihadistes tatars en Syrie, en Crimée et au Tatarstan, y compris des membres d’Al-Qaïda et de Daesh.

Les Turkmènes de la Brigade Sultan Abdulhamid


Alors que la Turquie n’a pas levé le petit doigt pour secourir les Turkmènes irakiens massacrés par Daesh, elle s’est appuyée sur les Turkmènes syriens contre la République arabe syrienne. Ils sont organisés par les « Loups gris », un parti politique paramilitaire turc, historiquement lié aux services secrets de l’Otan dans leur lutte contre le communisme (le « Gladio »). Ce sont eux par exemple qui organisèrent la tentative d’assassinat de Jean-Paul II, en 1981 [14]. Les Loups gris sont présents en Europe, notamment au sein des sociaux-démocrates belges et des socialistes néerlandais. Ils ont installé une coordination européenne à Francfort. En réalité ils ne sont pas un parti en eux-mêmes, mais forment la branche paramilitaire du Parti d’action nationaliste, MHP (Milliyetçi Hareket Partisi).

Les Brigades turkmènes organisent avec le MIT le pillage des usines d’Alep. Des experts turcs viennent démonter les machines-outils qui sont expédiées et remontées en Turquie. Simultanément, elles occupent la zone frontalière de la Turquie où le MIT installe et contrôle des camps de formation des jihadistes.

En novembre 2015, c’est la star des Turkmènes syriens, le Turc Alparslan Çelik —membre des Loups gris et l’un des commandants de la Brigade Sultan Abdoulhamid—, qui donnera l’ordre d’abattre les deux pilotes du Sukoï-24 qui venait d’être détruit par la chasse turque assistée d’un AWACS saoudien. L’un d’entre eux sera effectivement exécuté.

Il se trouve qu’en 1995, les Loups gris avaient organisé, avec la firme immobilière turco-US Celebiler isaat (qui finance les campagnes électorales d’Hillary Clinton), un vaste recrutement de 10 000 jihadistes pour aller combattre en Tchétchènie. Une base d’entraînement avait été installée dans la cité universitaire de Top Kopa à Istanbul. Un des fils du général Djokhar Doudaïev dirigeait le transfert depuis la Turquie via l’Azerbaïdjan aux côtés du MIT.

Le rapport de renseignement russe révèle que le MIT a constitué la Brigade Sultan Abdoulhamid —qui regroupe les principales milices turkmènes— et qu’elle a formé ses membres sur la base de Bayir-Bucak sous la direction d’instructeurs des forces d’intervention spéciale de l’état-major de l’Armée turque et d’agents du MIT. Il précise que la Brigade turkmène collabore avec Al-Qaïda.

Toute recherche un peu plus approfondie conduirait le Conseil de sécurité à rouvrir de vieux dossiers criminels et à constater les liens entre la Brigade Sultan Abdoulhamid, les Loups gris, la Turquie, les États-Unis et Al-Qaïda.

L’IHH et Imkander


Le rapport de renseignement russe révèle le rôle de trois ONG humanitaires turques dans la livraison d’armes aux jihadistes, IHH, Imkander et Öncü Nesil. La Déclaration finale du Groupe de soutien international à la Syrie (GSIS), réuni à Munich les 11 et 12 février, semble valider cette accusation puisqu’elle stipule que, désormais, les Etats-unis et la Russie veilleront à ce que les convois humanitaires en Syrie ne transportent que des matériels humanitaires. Jusque-là, le gouvernement de Damas et la presse ne cessaient d’accuser ces ONG de soutenir les jihadistes, mais on ne l’écoutait pas. En septembre 2012, un cargo affrété par l’IHH transporta des armes en Syrie pour le compte des Frères musulmans [15].

Je ne connais que les deux premières organisations citées.

L’IHH est une association fondée et animée par le Parti de la prospérité turc (Refah) de Necmettin Erbakan, mais sans lien statutaire ou organique avec lui. Elle fut d’abord enregistrée en Allemagne, à Fribourg-en-Brisgau en 1992, sous le nom Internationale Humanitäre Hilfe (IHH), puis en Turquie, à Istanbul en 1995, sous le nom Insani Yardim Vakfi. Son nouvel acronyme étant IYV et non pas IHH, elle a fait précéder son nom de Insan Hak ve Hürriyetleri, c’est-à-dire en turc « Droits de l’homme et libertés ». Sous couvert d’aide humanitaire aux musulmans de Bosnie et d’Afghanistan, elle les fournissait en armes, ce qui s’inscrivait dans la stratégie de l’Otan. Par la suite, elle soutint militairement l’Émirat islamique d’Itchkérie (Tchétchénie) [16]. En 2006, elle organise à la mosquée Fatih d’Istanbul de grandes funérailles, sans le corps mais avec des dizaines de milliers de militants, pour le jihadiste tchétchène Chamil Bassaïev qui venait d’être tué par les Forces russes après le massacre qu’il avait commandité à l’école de Beslan [17].

L’IHH a acquis une renommée mondiale en organisant avec l’AKP (successeur du Refah) la « Flottille de la Liberté » qui devait apporter de l’aide humanitaire à Gaza en brisant le blocus israélien, là encore avec l’aval de la Maison-Blanche qui cherchait à humilier le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Parmi les passagers de la flottille se trouvait Mahdi al-Harati déjà nommé. Le rapport de la Commission des Nations unies présidée par Geoffrey Palmer atteste que, contrairement aux allégations, la flottille ne transportait aucune cargaison humanitaire. Ce qui conduit à conclure que l’IHH savait qu’elle n’arriverait jamais à Gaza et pose donc la question des buts réels de cette expédition.

Le 2 janvier 2014, la police turque —qui vient d’interpeller les fils de trois ministres et le directeur d’une grande banque pour blanchiment d’argent— intercepte un camion d’armes d’IHH destiné aux jihadistes syriens [18]. Par la suite, elle perquisitionne le siège d’IHH. Elle interpelle dans ses bureaux Halis B., suspecté d’être le leader d’Al-Qaïda en Turquie, et Ibrahim S., commandant en second de l’organisation pour le Proche-Orient [19]. Le gouvernement parvient à limoger les policiers et fait libérer les suspects.

Imkander (en turc Fraternité, par référence aux Frères musulmans) est une autre association « humanitaire », créée en 2009 à Istanbul. Elle s’est spécialisée dans l’aide aux Tchétchènes et la défense des jihadistes du Caucase. Ainsi organise-t-elle une campagne médiatique en Turquie lorsque le représentant de Dokou Oumarov (l’auto-proclamé « émir du Caucase »), Berg-Khazh Musaev (dit Emir Khamzat) est assassiné à Istanbul. À l’époque, le FSB se considérait en guerre contre les États qui soutenaient militairement les jihadistes et n’hésitait pas à les liquider dans ces pays (comme Zelimkhan Yandarbiyev au Qatar, et Umar Israilov en Autriche). Imkander organisa de vastes funérailles à la mosquée Fatih d’Istanbul.

Les 12 et 13 mai 2012, avec le soutien de la mairie d’Istanbul, Imkander organisa un congrès international —dans la tradition des congrès de la CIA durant la Guerre froide— pour soutenir les indépendantistes du Caucase. À la fin de la manifestation, fut créé de manière permanente le Congrès des Peuples du Caucase reconnaissant l’unique autorité de l’Émirat du Caucase de Dokou Oumarov. Les délégués accusèrent l’Empire russe, l’Union soviétique et la Fédération de Russie d’avoir pratiqué et de pratiquer le génocide des Caucasiens. Dans une vidéo, l’émir Dokou Oumarov appela tous les Peuples du Caucase à rejoindre le jihad. La Russie réagit vivement [20].

En 2013, la Russie demanda au Comité des sanctions 1267/1989 du Conseil de sécurité de placer Imkander sur la liste des organisations liées à al-Qaïda. Le Royaume-uni, la France et le Luxembourg s’y opposèrent [21]. En effet, si Imkander revendique soutenir politiquement Al-Qaïda dans le Caucase, la Russie n’apporta pas de preuves jugées suffisantes par les Occidentaux d’une participation aux opérations militaires.

Ces deux ONG sont directement impliquées dans le trafic d’armes pour IHH et le soutien politique pour Imkander. Elles disposent du soutien de l’AKP, le parti que le président Erdogan créa pour remplacer le Refah interdit par la Cour constitutionnelle.

Que faire du rapport de renseignement russe ?


Il est peu probable que le Conseil de sécurité étudiera le rapport de renseignement russe. La question du rôle des services secrets se traite généralement en secret. Quoi qu’il en soit, les États-Unis devront préciser ce qu’ils entendent faire de leur allié turc qui s’est fait prendre en violant les résolutions du Conseil.

Ces renseignements s’ajoutent à ceux déjà disponibles sur les liens personnels du président Recep Tayyip Erdogan avec Yasin al-Qadi, le banquier d’Al-Qaïda [22], et sur le rôle de son fils Bilal dans le commerce du pétrole volé par Daesh [23].

À n’en pas douter, les rodomontades turques annonçant une possible invasion militaire en Syrie ne sont qu’un moyen de faire diversion. Quoi qu’il en soit, si une guerre venait à éclater entre la Turquie et la Russie, ce rapport de renseignement suffirait à priver Ankara du soutien de l’Alliance atlantique (article 5 de la Charte de l’Otan).

Thierry Meyssan

[1] « Rapport de renseignement russe sur l’aide actuelle turque à Daesh », Réseau Voltaire, 18 février 2016.

[2] « Flottille de la liberté : le détail que Netanyahu ignorait », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 juin 2010.

[3] “Tinker raiders, Soldier, Spy”, Sunday World, November 7, 2011.

[4] “Dublin man denies receiving funds from US to assist overthrow of Gadafy”, Mary Fitzgerald, Irish Times, November 22, 2011.

[5] “Irish Libyans join rebels trying to oust Gadafy”, Paulo Nunes Dos Santos, Irish Times, August 13, 2011.

[6] Selon son ordre de mission, qui avait été déterminé lors d’une réunion secrète de l’Alliance à Naples à laquelle participait Alain Juppé, Mahdi Al-Harati devait profiter de la confusion au Rixos pour m’éliminer.

[7] « Comment les hommes d’Al-Qaida sont arrivés au pouvoir en Libye », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 septembre 2011.

[8] “Libyan-Irish commander resigns as deputy head of Tripoli military council”, Mary Fitzgerald, Irish Times, October 11, 2011.

[9] Au XVIIIe siècle, le ministre russe Grigori Potemkine fit ériger de luxueuses façades en carton-pâte afin de masquer la pauvreté des villages lors de la visite de l’impératrice Catherine II en Crimée. Depuis lors, l’expression « village Potemkine » désigne la création d’un lieu fictif à des fins de propagande.

[10] « Islamistas libios se desplazan a Siria para "ayudar" a la revolución », Daniel Iriarte, ABC, 17 de diciembre de 2011. Version française : « Des islamistes Libyens en Syrie pour "aider" la révolution », Traduction Mounadil Al-Djazaïri, Réseau Voltaire, 18 décembre 2011.

[11] “Irish Syrian fighters pass on lessons of revolution”, Mary Fitzgerald, Irish Times, August 1, 2012.

[12] “Spymasters gather to discuss Syria”, David Ignatius, Washington Post, February 19, 2014.

[13] « L’Ukraine et la Turquie créent une Brigade internationale islamique contre la Russie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 août 2015.

[14] Il s’agissait de contraindre le Saint-Siège à abandonner l’Ostpolitk que le cardinal secrétaire d’État Agostino Casaroli poursuivait dans la même optique que Willy Brandt.

[15] “Brotherhood ‘buying influence with arms’”, Sheera Frenkel, The Times, September 14, 2012.

[16] « The role of Islamic charities in international terrorist recruitment and financing », Evan F. Kohlmann, Danish Institute for International Studies, 2006.

[17] “Turkey pays homage to Basayev”, IHH, July 14, 2006.

[18] « La police turque saisit une cargaison d’armes destinées à la Syrie », Réseau Voltaire, 2 janvier 2014.

[19] « La Justice turque accuse l’IHH de liens avec Al-Qaïda », Réseau Voltaire, 15 janvier 2014.

[20] « De "la Conférence Internationale sur le Caucase" à Istanbul », in « Le briefing d’A.K. Loukachevitch, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Russie, le 18 mai 2012 ».

[21] “Commentaire du Département de l’Information et de la Presse du Ministère des Affaires étrangères de la Russie sur une demande russe adressée au Comité des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU contre Al-Qaïda”, Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, 12 septembre 2013.

[22] « Erdogan recevait secrètement le banquier d’Al-Qaida » ; « Al-Qaida, éternel supplétif de l’Otan », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 2 et 6 janvier 2014.

[23] « Le rôle de la famille Erdogan au sein de Daesh », Réseau Voltaire, 26 juillet 2015 ; « La Russie expose les preuves du trafic de pétrole de Daesh via la Turquie », par Valentin Vasilescu, Traduction Avic, Réseau Voltaire, 3 décembre 2015.


Edité le 23-02-2016 à 17:35:03 par Xuan




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