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 Total entre le marteau et l'enclume

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Xuan
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   Posté le 21-08-2017 à 13:47:39   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Total qui se porte bien et qui étend ses tentacules en mer du nord, renoue avec le marché iranien tout en se mettant à l'abri d'éventuelles sanctions US.
Derrière le méga contrat se jouent les rapports entre puissances impérialistes, la superpuissance US, le second monde et les contraintes économiques imposées par la première au second, et un pays émergent dont on voit que les contrats s'assortissent de conditions que Total essaie de contourner.


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Les coulisses du mégacontrat gazier de Total en Iran


Par Nicolas Stiel le 10.07.2017 à 11h00

Challenges

C'est officiel: Total a signé avec l'Iran un accord visant à développer South Pars, le plus grand gisement de gaz naturel du monde, pour un montant total de 4,8 milliards de dollars.

La semaine dernière, Total annonçait officiellement son grand retour en Iran. Le 3 juillet, le pétrolier français signait à Téhéran un accord de 4,8 milliards de dollars pour développer la production de la phase 11 du champ de gaz de South Pars dont la capacité est de 400.000 barils/jours. Il s'agit d'un partenariat majeur. South Pars est le plus grand gisement gazier du monde. Quant à Total, opérateur du projet, avec 50,1% des parts, il est le premier grand groupe pétrolier à revenir en Iran.

"Nous n'oublierons jamais que Total a été le précurseur" , lançait le jour de l'accord le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namadar Zanganeh. Le deal signé par le groupe français ne doit rien au hasard. Total a d'abord une longue histoire en Iran, deuxième pays gazier de la planète derrière la Russie. Le champ South Pars ne lui est pas inconnu. Dans les années 1990, le pétrolier avait développé les phases 2 et 3 du projet. Pendant la période des sanctions économiques, Total n'a jamais coupé les ponts avec Téhéran. Il a toujours maintenu une représentation sur place. Dans les années 2000, l'ancien PDG Christophe de Margerie ne manquait jamais la réception à la résidence de l'ambassadeur iranien à l'occasion du nouvel an perse.

Dans les interstices de la loi iranienne

Sur le terrain, Téhéran a développé seul les phases 12 à 25 de South Pars. Mais sans accès à la technologie occidentale, le pays n’en a pas tiré les meilleurs profits. D’où l’importance de l’accord avec Total. Pour ce deal, le pétrolier français a dû intégrer les soubresauts de la situation internationale- les tensions induites par la politique de Donald Trump envers Téhéran et le risque inhérent d’un retour des sanctions (snap back). «Nous avons pris en compte la possibilité d’un revirement (sur les sanctions), nous devons tenir compte des changements de réglementation» , avait déclaré le mois dernier à Reuters le PDG de Total Patrick Pouyanné.

"Il fallait trouver une porte de sortie pour Total si jamais les sanctions revenaient" , indique Ramin Hariri, associé à Dentons Europe, le cabinet d’avocat qui a travaillé sur le deal. Et il fallait que dans le contrat l’Iran accepte une clause de résiliation. Le pétrolier a aussi évité que le projet passe au Parlement iranien, car le camp conservateur, très puissant au Majlis, risquait de le faire capoter. Pour contourner l’assemblée, Total a profité du flou du droit local en s’engouffrant dans les interstices de la loi.

Dans l'obligation de réussir

Et c’est donc le gouvernement qui a approuvé le projet. Un bon point à condition que tout se passe bien. Car en cas de litige qui conduirait lieu à un arbitrage, pas d’échappatoire possible, c’est alors le Majlis qui trancherait. Total est donc dans l’obligation de réussir. «Total qui fournira les équipements, la technologie et une partie des ressources humaines apportera près de la moitié des 4,8 milliards de dollars» , indique un proche du dossier. Il lui reste à financer le deal. Aujourd’hui, il est difficile de réaliser des transactions avec des banques locales dont les actifs ne sont pas toujours connus.

Depuis la levée dans sanctions, les banques européennes reviennent timidement dans l’ancienne Perse. Deux établissements français –Wormser Frères et Delubac- travaillent déjà sur place alors que les grandes banques sont dans les starting-blocks. «Aujourd’hui, avec la levée des sanctions, on a le droit de tout faire, dit Ramin Hariri. Mêmes les deals en dollars sont possibles. Tout est une question de confiance. Et l’accord de Total en Iran va renforcer cette confiance.» Notamment dans les hydrocarbures. Selon Bijan Namadar Zanganeh, l’industrie iranienne de l’oil & gas a besoin de 200 milliards de dollars d’investissements au cours des cinq prochaines années

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