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 Une santé aux mains du grand capital

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Xuan
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   Posté le 24-05-2012 à 20:18:03   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Une santé aux mains du grand capital
L’alerte du Médiator

par Michel J. Cuny
[Editions paroles vives - 29 €]

L'écriture est un peu tarabiscotée, surtout dans la première partie, mais le livre est très documenté. Une somme de références, d'enregistrements et de déclarations des divers responsables, qui mettent en cause en particulier les laboratoires, l'AMM et l'AFSSAPS, les liens entre l'Etat et l'industrie pharmaceutique, le rôle de la Sécu, à partir du scandale du Médiator qui s'est prolongé sur des décennies.
La deuxième partie du livre plus générale sur le capitalisme et la santé.


4e de couverture ci-dessous :

Pendant plus de trente ans, un médicament, le Médiator, a réussi à défier le plus simple bon sens.
Son histoire accompagne, et peut éclairer, celle de la montée en puissance des multinationales du médicament dont on découvre maintenant que les milliards qu'elles ont engloutis dans la recherche & développement n'ont à peu près rien produit du côté des améliorations thérapeutiques...
En face de quoi, le flot des innovations est tout à fait démesuré : il permet de renouveler des brevets qui offrent à leurs titulaires une rente dont les Assurances maladie et complémentaire ont la charge d'assumer le paiement régulier, tandis que le corps médical, lui-même, ne sait plus à quel saint se vouer, sinon à ce merveilleux don d'ubiquité qu'ont les financements de recherche & développement lorsqu'il s'agit d'investir tous les lieux où la santé de nos concitoyennes et concitoyens est en question.



Edité le 01-06-2012 à 22:06:25 par Xuan




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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Finimore
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   Posté le 29-05-2013 à 10:51:11   Voir le profil de Finimore (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Finimore   

Voici un lien sur ce livre :

http://unesanteauxmainsdugrandcapital.hautetfort.com/

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Ni révisionnisme, Ni gauchisme UNE SEULE VOIE:celle du MARXISME-LENINISME (François MARTY) Pratiquer le marxisme, non le révisionnisme; travailler à l'unité, non à la scission; faire preuve de franchise de droiture ne tramer ni intrigues ni complots (MAO)
Michel J. Cuny
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   Posté le 06-08-2013 à 21:13:56   Voir le profil de Michel J. Cuny (Offline)   Répondre à ce message   http://souverainement.canalblog.com   Envoyer un message privé à Michel J. Cuny   

Puisque, avant même que je ne découvre "Humanité rouge", Xuan a pris l'initiative de présenter ce livre " Une santé aux mains du grand capital? - L'alerte du Médiator " que j'ai publié en septembre 2011, je vais en dire quelques mots.
Il s'agira ici, plus particulièrement, de présenter le cadre d'intervention du "social", et de mesurer en quoi celui-ci est, comme nous le savons toutes et tous, un élément essentiel de l'idéologie dominante, en même temps qu'il offre à certaines entreprises une part essentielle de leur pouvoir d'intervention et de leur richesse.
Pour ne citer qu'un nom, je m'en tiendrai à évoquer Sanofi, dont les "hasards" (sic) de la vie veulent que l'actuel Président-Directeur général de la branche française soit quelqu'un que j'ai connu lorsque j'avais neuf ans quand lui en avait onze : Christian Lajoux.

J'ai intitulé le neuvième chapitre d' Une santé ... " Une pommade idéale : le social ". J'y reprends cette citation d'Alphonse de Lamartine :
" J'adore la propriété, et je n'ai que mépris pour ces hommes qui ont essayé de faire passer " la propriété pour un vol et le fusil pour une idée ".
Mais comment maintenir la propriété dans la société si une large partie de celle-ci se trouve dépourvue de tout bien, menacée dans sa subsistance même, privée donc des protections les plus élémentaires ?
La propriété ne peut se défendre et se justifier que si elle entre dans un certain rapport avec le travail, si elle apparaît à tous, et surtout à ceux qui en sont dépourvus, comme sa récompense, réellement accessible par l'effort.
Or, ceux qui n'ont encore aucune propriété sont aussi les plus exposés à ne pas trouver de travail. C'est là une anomalie dont la République ne saurait aisément s'accommoder d'autant moins que les sans-travail ne sont pas absolument dépourvus de tout titre de propriété : ne possèdent-ils pas, en commun avec tous, des biens communaux et, de façon générale, les biens de l'Etat ?
En outre, les richesses accumulées dans la société ne sont-elles pas aussi un peu les leurs, pour autant qu'il y entre forcément quelque part du travail de leurs ancêtres? Et cela ne fait-il pas obligation de leur y ménager quelque accès?
"

Comme nous le remarquons aussitôt : il y a dans tout cela bien des éléments à retenir et à discuter.

Michel J. Cuny


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Michel J. Cuny
Xuan
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   Posté le 06-08-2013 à 23:55:20   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

En effet, ton post appelle quelques parallèles.

Concernant Sanofi Aventis, on retrouve les turpitudes des grands groupes capitalistes dans un autre ouvrage de référence, celui de Daniel Lebard sur l’Affaire Rhodia.
On en trouve aussi un résumé dans Wikipedia.

Pour mémoire, Rhône Poulenc voulait alors se séparer de la chimie à cause des coûts prohibitifs des risques et des réparations que venait de mettre à jour la catastrophe de Bhopal, et avait cherché à fourguer Rhodia en habillant la mariée.
La branche pharmaceutique apparaissait alors beaucoup plus juteuse et sans risque…pour le groupe s’entend.

Quant à Alfonse de Lamartine, fils du seigneur Pierre de Lamartine chevalier de Pratz, et d’Alix des Roys, « fille de l'intendant général de M. le duc d'Orléans» et élevée avec le roi Louis Philippe, il avait été lui-même garde du corps de Louis XVIII une fois ce dernier intronisé.
Mais il s’était courageusement réfugié en Suisse au moment des Cent-Jours, avant de démissionner.
Après les trois glorieuses il se rallie à la monarchie de juillet mais sa candidature ne rencontre aucun succès.
Lors de la révolution de 1848 qui fait tomber Louis Philippe, il tourne une nouvelle fois sa veste et se rallie aux républicains libéraux.

Il se distinguera principalement en faisant rejeter le drapeau rouge du peuple au profit du drapeau tricolore :


Félix Philippoteaux, Épisode de la Révolution de 1848 : Lamartine repoussant le drapeau rouge à l’Hôtel de Ville, le 25 février 1848.


Lamartine préconisait la collaboration des classes, soit « ménager quelque accès » aux exploités.

Petite parenthèse sur la « participation » .

C’est le même discours que reprenait en janvier 1959 l’ordonnance sur l’intéressement des travailleurs à l’entreprise.
Elle fut reprise le17 août 1967, puis en décembre 1973, en octobre 1986, revisitée en novembre 1990, en juillet 1994, etc.

Il reste de cette intense activité législative remise sur le métier à chaque frémissement social que pour n’importe quel prolo la participation n’est qu’un méprisable tas de miettes qu’on ne ramasse que pour récupérer une fraction de la plus-value extorquée.
Seul l’encadrement peut s’amuser à la faire fructifier en profitant de l’abondement patronal, tandis que les ouvriers et les employés la retirent dès qu’ils le peuvent.
Mais cet argent, prétendument destiné à faire participer les salariés aux bénéfices de l’entreprise, ne sert qu’à collecter leur salaire, le bloquer sur un compte bancaire cinq années durant lesquelles l’entreprise et les banques en feront des petits.

Aujourd’hui la concurrence capitaliste, la crise et la recherche du taux de profit maximum ont dégonflé cette baudruche et les rapports sociaux apparaissent dans la lumière crue de la lutte des classes.

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Michel J. Cuny
Jeune Communiste
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   Posté le 08-08-2013 à 11:19:55   Voir le profil de Michel J. Cuny (Offline)   Répondre à ce message   http://souverainement.canalblog.com   Envoyer un message privé à Michel J. Cuny   

Merci Xuan.

En ce qui concerne l'affaire des drapeaux, j'ajouterai cette formule utilisée par Lamartine dans " L'Illus-tration " du 25 mars 1848 :

" Le drapeau tricolore a fait le tour du monde, et votre drapeau rouge n'a jamais fait que le tour du Champ-de-Mars, dans la fange et dans le sang des citoyens! "

Regardons-y de plus près.
Le drapeau rouge a été pris comme emblème par les révolutionnaires parisiens à la suite de la fusillade qui les a frappés sur le Champ-de-Mars le 17 juillet 1791, sur ordre de La Fayette et en application de la loi martiale, qui lorsqu'elle était proclamée s'accompagnait du déploiement d'un drapeau rouge...
Les forces de l'ordre, c'est-à-dire la garde nationale, étaient elles-mêmes rangées derrière le drapeau bleu-blanc-rouge. Le drapeau rouge leur donnait l'autorisation de tirer. C'est en voyant couler leur propre sang que les révolutionnaires ont décidé de faire du drapeau rouge l'emblème de la cause du peuple.
Lamartine fausse tout délibérément lorsqu'il écrit : " votre drapeau rouge" dans une phrase qui renvoie à un temps où le drapeau rouge annonçait leur mort imminente aux manifestants.
C'est encore plus terrible lorsqu'on songe à ce qui s'est passé en juin 1848, trois mois après que Lamartine eut écrit cette phrase
  • .
    Dans ce contexte d'analyse, reprenons cette partie du texte de Lamartine que je donnais dans mon précédent post :
    " J'adore la propriété, et je n'ai que mépris pour ces hommes qui ont essayé de faire passer " la propriété pour un vol et le fusil pour une idée ".
    Mais comment maintenir la propriété dans la société si une large partie de celle-ci se trouve dépourvue de tout bien, menacée dans sa subsistance même, privée donc des protections les plus élémentaires ? "

    Comme on le voit, à nouveau il renverse les situations : ce ne sont pas les révolutionnaires de 1848 qui ont eu l'idée (et la pratique) du fusil, mais c'est bien la garde nationale rangée derrière le drapeau bleu-blanc-rouge qui n'a pas hésité à massacrer (beaucoup) hommes, femmes et enfants.
    Quant à la suite de ce qu'il écrit (cette opposition nécessaire entre la propriété et la misère), il convient d'analyser en quoi il s'agit d'une question de structure. J'y reviendrai.

    Michel J. Cuny

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    Michel J. Cuny
  • Michel J. Cuny
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       Posté le 19-09-2013 à 21:06:08   Voir le profil de Michel J. Cuny (Offline)   Répondre à ce message   http://souverainement.canalblog.com   Envoyer un message privé à Michel J. Cuny   

    Sanofi face à la Sécurité sociale

    Dans le livre " Quand le capital se joue du travail - L'alerte du Médiator ", j'ai eu à situer le rôle de la Sécurité sociale face à l'industrie pharmaceutique, et plus particulièrement à la multinationale d'origine française : Sanofi. Je vais en redire ici quelques mots qui accompagneront certaines citations prises dans le livre lui-même.

    Peu avant que Christian Lajoux , président-directeur général de la branche française de Sanofi, mais également, à l'époque, président du LEEM (le syndicat patronal de l'industrie pharmaceutique), ne vienne répondre aux questions de François Autain , président de la mission d'information du Sénat sur l'affaire du Médiator, il y avait eu une sorte de coup de théâtre.

    Il concernait le fonctionnement de la Commission d'autorisation de mise sur le marché (AMM) des médicaments, organisme par lequel transite tout médicament avant de pouvoir être commercialisé en France (en attendant que ce genre de décision devienne le privilège de l'Europe).

    Le 29 mars 2011, Fabienne Bartoli , adjointe au directeur général de l'AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), faisait face au président Autain qui en vint bien vite à lui faire la lecture de la lettre qu'elle avait adressée en février 2011 à Christian Lajoux en sa qualité de président du LEEM :
    " La récente publication du rapport de l'IGAS [Inspection générale des affaires sociales] sur le rôle et le fonctionnement de l'AFSSAPS dans le dossier Médiator ainsi que de nombreux débats publics ont remis en question la présence des représentants du LEEM au sein des différentes commissions et groupes de travail de l'Agence . [...] En ce qui concerne la Commission d'autorisation de mise sur le marché, l'article R5121-54 du Code de la santé publique qui fixe sa composition ne prévoit pas de représentant de votre organisme professionnel ."

    Le LEEM était donc là en dépit de la loi. Pour quoi y faire ? Quel est vraiment le rôle de la Commission d'AMM ? Quel rapport avec la Sécurité sociale ? Et avec l'univers impitoyable des multinationales du médicament?
    Autant de questions qui portent extrêmement loin...

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    Michel J. Cuny
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