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 Réformes en Chine

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Finimore
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   Posté le 13-12-2013 à 06:55:41   Voir le profil de Finimore (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Finimore   

Lu sur le site de Michel Collon

Réformes en Chine :
deux points de vue différents


Comment évaluer ces réformes ? Selon les intérêts des multinationales ou selon les intérêts des Chinois ? Sur la délicate question des rapports entre marché et plan, voici deux avis qui diffèrent. L'un est plus optimiste que l'autre. Ou inversément. Enfin, à vous de juger...

Les dirigeants du PC chinois dessinent la stratégie pour les dix prochaines années - Jo Cottenier
http://www.michelcollon.info/Les-dirigeants-du-PC-chinois.html

Réformes économiques : bonnes pour les Chinois ou pour l'Occident ? - Marc Vandepitte
http://www.michelcollon.info/Reformes-economiques-bonnes-pour.html

Les dirigeants du PC chinois dessinent la stratégie pour les dix prochaines années

12 décembre 2013 -Jo Cottenier-

La Chine va-t-elle aller plus loin dans la voie de l’économie de libre marché ? En tout cas, lors du troisième plenum du parti en novembre, un nouveau processus de réformes profondes est lancé.

Une réunion du Comité central est toujours un événement exceptionnel en Chine. Et l’assemblée plénière (le « plenum » après un congrès encore plus, parce c’est à son ordre du jour que figurent traditionnellement les réformes économiques. Depuis des mois, le plenum du 9 au 12 novembre avait été annoncé d’une manière particulière : il apporterait un nouvel étage au processus de réforme et d’ouverture enclenché en 1978. Comment le parti veut-il faire évoluer la Chine dans les dix années à venir ?

Le plenum est très minutieusement préparé par le Bureau politique du Parti communiste chinois et par un groupe de travail de 60 membres qui élaborent intensivement les textes sous la direction du président de parti, Xi Jinping. En avril de cette année, le Bureau politique a déjà fait savoir que le processus de réforme était irréversible (« There is no way for China to reverse or even stop the process »). De quel processus s’agit-il ? Pour le comprendre, il est utile de revenir d’abord sur dans l’histoire du socialisme chinois.


Les « bonds » de Mao Zedong

Durant les premières années après la révolution de 1949, les communistes chinois ont compté entièrement sur l’aide et l’expérience de l’Union soviétique. C’est d’après le modèle soviétique que l’industrie a été nationalisée, qu’a été promue la coopération entre les paysans et que le premier plan quinquennal a été lancé (1953-1957). Cela a donné de bons résultats mais, pour Mao Zedong, cela n’allait pas assez vite. Le deuxième plan quinquennal a alors été mis de côté au profit du « Grand Bond en avant » de 1958. Les paysans ont été organisés en communes populaires et ont dû apprendre à fabriquer leurs propres outils, vêtements et biens utilitaires. Non seulement dans les villes mais aussi à la campagne, l’industrie devait donner une forte impulsion. Une forte mobilisation a suivi, mais les outils étaient de mauvaise qualité et l’agriculture a été totalement paralysée. Au lieu d’un bond en avant, ce fut un saut en arrière et la campagne fut arrêtée dès 1960.

Entre-temps, les différends avec l’Union soviétique de Krouchtchev s’étaient amplifiés, ce qui a mené à une rupture définitive cette même année 1960. Un double coup pour l’économie chinoise, à laquelle il a fallu plusieurs années pour se rétablir. Mais les partisans de l’octroi de davantage d’espace au marché et d’un progrès mieux planifié se sont vus reprocher de vouloir rétablir le capitalisme. En 1966, Mao Zedong a déclenché un vaste mouvement de critique contre le révisionnisme dans les plus hautes instances du parti, contre le président Liu Shaoqi et les vice-présidents Deng Xiaoping et Chen Yun. Cette grande Révolution culturelle a été un mouvement de masse idéologique et politique qui a duré dix ans et a finalement mené au dérèglement et au chaos. Les universités ont été fermées, les étudiants ont été envoyés à la campagne pour y répandre la critique du révisionnisme.

Après dix ans de Révolution culturelle, la population aspirait à la stabilité et au progrès. Le bilan de trente ans de socialisme était très mitigé. La Chine s’était certes débarrassée des rapports féodaux, avait posé les bases d’un développement industriel et avait apporté le progrès social, l’enseignement et l’égalité des doits pour des centaines de millions de gens. Mais, malgré une croissance moyenne de la production industrielle d’environ 10% par an et un triplement du PIB, le revenu moyen n’avait augmenté que de 80%. Surtout dans l’agriculture, le bénéfice de productivité pouvait à peine aller de pair avec l’augmentation de la population. Ce résultat trahissait l’inefficacité, le gaspillage et le déséquilibre. Les énormes efforts fournis ont été partiellement réduits à néant par les campagnes économiques et politiques qui se seront révélées excessives et dommageables.


Le chat de Deng Xiaoping

Ce bilan est à la base du processus entamé en 1978 et qui vient de recevoir, lors de ce troisième plenum de novembre 2013, un nouveau coup d’accélérateur. Les dirigeants du parti Deng Xiaoping et Chen Yun, cibles de la Révolution culturelle, ont été réhabilités et ont lancé une nouvelle stratégie économique, baptisée de « politique porte ouverte ». Des zones spéciales ont été ouvertes pour les investissements étrangers, les communes populaires ont été supprimées et, à l’intérieur du cadre de l’économie de plan, davantage de place a été accordée aux marchés. D’après Chen Yun, l’oiseau (le marché devait rester à l’intérieur de la cage (le plan), mais Deng Xiaoping ne l’entendait pas ainsi. En 1993, il a forcé la percée vers une « économie socialiste de marché », affirmant que planification et marché ne sont pas incompatibles (« tant que le chat attrape des souris »). L’économie de plan a laissé la place à une économie de marché. Après dix ans de négociations, la Chine a pu intégrer sur cette base l’Organisation mondiale du commerce, ce qui lui ouvrait grand la porte pour l’exportation. La Chine a pu démarrer une industrie massive de transformation avec du travail intensif pour de bas salaires. Jusqu’à ce qu’éclate la crise en 2008, la croissance spectaculaire de l’économie chinoise était principalement tirée par l’exportation et, en deuxième instance, par les investissements d’Etat. La consommation intérieure dans le revenu national n’atteignait que 35% des dépenses (par rapport à 70% aux Etats-Unis, il est vrai avec un crédit stimulé).


La crise de 2008

En 2008, le commerce international a fait un plongeon de 20% et n’est revenu à son niveau antérieur qu’après cinq ans. L’Etat chinois a pu bien encaisser le choc grâce à un plan d’investissements massifs dans les travaux d’infrastructure comme les trains à très grande vitesse. Mais la rapide croissance n’a pas seulement amélioré le niveau de vie. L’augmentation des salaires a aussi rendu la Chine moins attirante pour l’industrie de transformation qui s’est dès lors adressée à des pays « meilleur marché ». Une nouvelle stratégie était donc inévitable afin de rendre la croissance moins dépendante de l’exportation et des investissements. Les décisions du Troisième Plenum sont une conséquence des orientations déterminées dans le 12e plan quinquennal (2011-2015) et au 18e Congrès du parti en 2012 :

1° Le marché intérieur doit être développé. Le développement d’une sécurité sociale et un système équilibré de pensions doit encourager la population à ne plus continuer à épargner tout le fruit de son travail. Les forces de travail qui émigrent de la campagne vers les villes doivent obtenir les mêmes droits à la sécurité sociale et au logement. L’agriculture doit devenir plus productive pour qu’une nouvelle main-d’œuvre puisse migrer vers l’industrie dans les nouvelles zones urbaines. Les paysans qui deviennent ouvriers doivent pouvoir vendre leur terre ou l’utiliser comme caution.

2° L’économie chinoise doit être axée sur l’innovation. A cet effet, sept secteurs stratégiques de croissance ont été fixés : la biotechnologie, les nouvelles énergies, la machinerie de haute qualité, la conservation de l’énergie et la protection de l’environnement, les nouveaux matériaux, les véhicules énergétiquement propres et la nouvelle génération de technologie informatique. La Chine veut ainsi poursuivre sa croissance de manière plus lente mais plus durable, et doubler le revenu par habitant d’ici 2020. A terme, le pays devrait passer d’une économie de revenus moyens à une économie de hauts revenus.


Socialisme à la chinoise

Le troisième plenum a donné les orientations pratiques sur la manière dont ces objectifs doivent être réalisés. La Chine diverge par là de plus en plus des notions classiques du socialisme. Les plans quinquennaux n’ont plus rien en commun avec une économie de plan, mais constituent plutôt de grandes orientations. Le paradoxe est que, pour la mise en œuvre de ce « plan », on comptera de manière croissante sur le marché (lire l’article « Où va la Chine ? »).

Les communistes chinois parlent d’un « socialisme à la chinoise ». Pour définir cette voie, ils ont toujours fait appel à l’argument que la Chine n’est encore qu’au tout début d’une société socialiste. Ce qui laisse entendre que la libéralisation de l’économie devra tôt ou tard faire marche arrière. Mais les décisions pour les dix prochaines années montrent que la croissance est la seule base et que l’idéologie socialiste disparaît de plus en plus à l’arrière-plan. Et, plus loin on avance dans cette voie, plus difficile il deviendra d’un jour en changer.

Source : ptb.be

Réformes économiques : bonnes pour les Chinois ou pour l’Occident ?
Marc Vandepitte -12/12/2013

Du 9 au 12 novembre 2013, les dirigeants chinois se réunissaient à l’occasion du troisième Plénum, session plénière du Parti Communiste chinois. Les attentes étaient importantes. Mais qu’en est-il ressorti ? La Chine va-t-elle s’engager encore plus avant dans l’économie de marché ? Le fossé entre paysans et citadins va-t-il se combler ?

Il y a une dizaine de jours, les hauts dirigeantsdu Parti Communiste chinois se réunissaient pour faire le point sur l’état du pays. Il s’agissait du troisième Plénum du Comité Central du Parti Communiste chinois. Le troisième Plénum est traditionnellement important car c’est là que sont établies les visions à long terme pour l’économie. En 1978, le troisième plénum fut le tremplin des réformes radicales qui ont eu lieu sous Deng Xiaoping. Le troisième plénum de 1993 consacra « l’économie de marché socialiste » et ouvrit la porte à une importante deuxième vague de réformes, qui allaient, entre autres, mener à l’adhésion à l’Organisation Mondiale du Commerce.



Des agendas différents

Les attentes étaient particulièrement élevées, particulièrement du côté des commentateurs occidentaux. La Chine domine en ce moment la croissance économique mondiale de la tête et des épaules. Ces cinq dernières années, elle s’attribuait 50% de la croissance mondiale. Cela compte. Mais pour tirer profit au mieux de ce marché prometteur, l’économie chinoise doit s’ouvrir. Ce qui veut dire moins d’Etat et plus de marché. La liste des souhaits occidentaux est connue : privatiser autant d’entreprises publiques que possible, mettre un terme aux avantages pour les entreprises publiques existantes, moins de restrictions pour les investissements étrangers, libéraliser les taux d’intérêt et de change, rendre le yuan librement échangeable, se débarrasser du système hukou (voir plus bas). Il n’est dès lors pas étonnant que les commentateurs occidentaux aient projeté leurs souhaits à l’avance sur ce plénum.

Pour les Chinois aussi, des réformes sont plus que nécessaires, mais pour d’autres raisons. Ces vingt dernières années, le modèle économique chinois était basé sur la production pour l’exportation, sur une croissance extensive (étendre la production en augmentant le nombre d’ouvriers), sur des investissements importants et une faible consommation. Ce modèle a particulièrement bien fonctionné. Depuis 1990, le PIB a été multiplié par huit.

Vers des réformes en profondeur ?

Tout le monde attendait donc le communiqué final. Les observateurs avertis de la Chine savent qu’il ne faut pas attendre de ce type de document des décisions ou des changements d’orientation radicaux. Traditionnellement, ces documents sont vagues et traduisent les priorités de l’élite politique, et il revient aux décideurs intermédiaires de traduire concrètement ces lignes de conduite générales.

De surcroît, le communiqué en question envoie des signaux contradictoires, et l’on peut donc l’interpréter comme on veut. Le texte suggère néanmoins que des changements importants sont en vue. Notamment, l’instauration de deux comités sous l’autorité directe du parti.

Le premier doit superviser la mise en œuvre des réformes économiques. Le second gardera à l’œil la sécurité nationale du pays, quelque peu à l’instar du Conseil de sécurité nationale étasunien. Ces comités donneront indéniablement plus de pouvoir au président Xi Jinping et laissent entrevoir des réformes plus radicales que celles de la dernière décennie.

Le communiqué de clôture contient des recommandations concernant de nombreux domaines, trop nombreux pour les citer tous. Deux questions sautent à l’esprit : le rapport marché/intervention étatique et le système hukou. Nous nous attardons ici sur ces deux points.


1. Marché contre État

Le document plaide pour étendre le rôle du marché. Il est désormais qualifié de « décisif » alors qu’autrefois on lui attribuait un « rôle de base ». Le communiqué pose qu’il « faut tendre vers la résolution des obstacles au marché ». Il faut avancer plus rapidement sur la voie de « la construction d’un système de marché moderne, où les entreprises peuvent faire des affaires de manière autonome, dans une juste concurrence, avec un libre choix du consommateur, une consommation autonome et un échange libre des biens de consommation et de production ».

Cela ressemble à un important changement d’orientation. Mais en même temps, le texte souligne que l’économie d’Etat doit être renforcée : « Nous devons fermement consolider et développer les entreprises publiques. Nous devons persévérer en ce qui concerne le rôle dominant du système de propriété publique et donner plus d’espace au rôle de leader des entreprises publiques. Nous devons sans cesse renforcer leur vitalité, leur contrôle et leur influence. »

Le contrôle macro-économique doit également être accentué. « Nous devons compléter le système de management macro-économique, appliquer totalement et correctement les fonctions de l’administration, optimaliser l’organisation et les structures du gouvernement, rehausser le management scientifique. »

Enfin, il n’est pas question de réduction de l’influence et du rôle du parti. Au contraire, l’intention est « d’améliorer le renforcement du parti, renforcer la centralisation démocratique et perfectionner le leadership du parti ».

Alors qu’en est-il ? Plus de marché ou plus d’Etat, plus d’espace pour l’économie au détriment du politique ou le contraire ? Le communiqué final pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Comment faire rimer « plus de marché » avec « un partage plus équitable des fruits du développement économique » ou avec le développement des provinces plus pauvres de l’intérieur du pays ? Comment accorder cela avec « la stimulation de l’harmonie sociale et la stabilité » ?

Poser les bonnes questions

Toute la question est de savoir si la question Etat ou marché est la bonne question. État et marché sont-ils en contradiction ou les lignes de démarcation – du moins en Chine – sont-elles plus compliquées ?

La planification est habituellement associée au socialisme et le marché au capitalisme. Mais c’est un malentendu. Les plus importantes entreprises capitalistes, donc celles qui ont le plus de succès, sont des économies strictement planifiées, dont les plus grandes dépassent les dimensions de pays riches comme la Finlande ou le Danemark. Inversement, le marché n’est pas comme le capitalisme. Le marché existait depuis des siècles lorsque le capitalisme a vu le jour.

Le capitalisme s’est totalement emparé du marché et l’a refaçonné. Il est devenu un marché capitaliste, axé sur la maximalisation des profits des entreprises privées, dont l’envergure a crû démesurément au fil du temps. Ce marché n’est absolument pas libre, les rapports de force sont trop inéquitables pour ça, et les règles du jeu sont décidées à la carte, à savoir en fonction du plus fort. Les pays du Nord, par exemple, protègent leurs marchés agricoles, ce que ne peuvent pas se permettre les pays du Sud. Les grandes multinationales contournent le fonctionnement du marché via des investissements ou des marchés publics massifs (industrie militaire), en ne payant pas ou peu d’impôts, etc.

Le marché, au service de qui ?

En Chine, on laisse également jouer le marché, mais en fonction des objectifs de développement propres et dans un cadre politique strict. Le marché est soutenu ou liquidé selon ce qui est favorable à la Chine. Le principe de la concurrence est mis en œuvre – même entre les entreprises d’Etat – pour améliorer l’efficacité et séparer le bon grain de l’ivraie. Mais cette concurrence est abolie tout aussi facilement lorsqu’elle n’est plus nécessaire ou utile, ou lorsque les objectifs sociaux ou politiques l’exigent.

Par exemple, le monopole de l’industrie aéronautique, qui n’était pas rentable, a été abandonné en 1999. Dix ans plus tard, une fois que le secteur était à nouveau rentable, le monopole a été rétabli. Un autre exemple est le prix du pétrole. Pour des considérations sociales et économiques, le prix du pétrole est bien en-dessous de celui du marché mondial. Cela est possible parce que le secteur, comme d’autres secteurs stratégiques, est aux mains des autorités. Globalement, la mainmise des autorités sur l’économie s’est renforcée ces dix dernières années.

En Chine, le marché est au service des autorités et non le contraire, comme dans le système capitaliste. Le pays peut se le permettre pour deux raisons. D’abord, l’échelle. L’économie chinoise est suffisamment grande et intéressante pour pouvoir poser ses exigences aux multinationales étrangères qui veulent y investir : transfert de technologie, traitement des matériaux chinois, quota minimal de managers chinois, etc. Et cela fonctionne très bien, au grand déplaisir des PDG de ces multinationales.

La deuxième condition est l’hégémonie du Parti Communiste chinois. Via une série de mécanismes visibles et moins visibles, le Parti garde une mainmise importante sur l’économie chinoise. La nouvelle classe naissante de capitalistes a un poids économique, mais faible ou quasi nul, politiquement. Une partie d’entre elle a été éduquée dans les rangs du PC, mais ils ne représentent qu’une toute petite partie des 80 millions de communistes. Aussi longtemps que leur influence restera marginale, les intérêts économiques du pays resteront soumis aux priorités sociales et politiques et la Chine pourra continuer à tenir le cap en direction du socialisme.



Corruption



C’est à la lumière de tout cela qu’il faut analyser le combat contre la corruption. La combinaison d’une accumulation rapide du capital et de l’inadaptation des institutions constitue le terreau idéal pour toutes sortes de pratiques de corruptions et d’arrangements pourris.

En pratique, la corruption englobe tous les cas de privatisation des intérêts économiques (enrichissement personnel) en opposition aux objectifs et priorités politiques. En d’autres termes, la corruption mine le contrôle politique sur l’économie. Si l’on n’y met pas un frein, le parti communiste sera tôt ou tard dépassé par cette classe capitaliste. Elle mettra alors en œuvre sans aucun doute une ‘perestroïka aux caractéristiques chinoises’. (ndlr : réformes engagées par Gorbatchev en URSS, mais qui menèrent rapidement à la liquidation du socialisme).

En ce sens, le combat contre la corruption est une question de vie ou de mort. Les autorités actuelles l’ont compris depuis bien longtemps. Depuis le début de la présidence de Xi Jinping, celui-ci a lancé une campagne à grande échelle contre ce fléau. Jusqu’aux plus hauts échelons, des membres du parti ont été exclus. L’avenir prouvera si ces campagnes vont assez loin.

Perspective historique

Le communiqué final rappelle la perspective historique nécessaire pour considérer le rapport entre marché et Etat. La Chine est toujours un pays en voie de développement, ce qui signifie que « le développement est encore crucial pour résoudre tous les problèmes de notre pays ». C’est la raison pour laquelle le pays « se trouve encore pour longtemps dans la phase de préparation du socialisme ». C’est pourquoi « le progrès économique doit être central » et « les rapports de production doivent être adaptés aux moyens de production ».

En langage clair : durant cette longue phase de préparation du socialisme, la Chine ne peut pas aller plus vite que la musique. Durant cette phase, il est utile et nécessaire d’intégrer les effets dynamisants des forces du marché au développement économique du pays. Il s’agit d’une importante leçon tirée de la débâcle du Grand Bond en avant (1958 – 1961) et de la Révolution Culturelle (1966 – 1976). C’est pourquoi, selon le communiqué final, « l’élément central de la situation est un traitement correct de la relation entre autorités et marché, pour s’assurer que le marché joue un rôle décisif dans l’allocation des moyens et assure plus de place au rôle du gouvernement. »

Ce n’est donc pas Etat ou marché, mais Etat et marché. Ou, comme ils le disent eux-mêmes, « du socialisme aux caractéristiques chinoises ».

Au rythme chinois

Après les longues errances précitées, le lecteur se demandera probablement ce qui va changer en pratique dans ce domaine et si cela va changer peu ou beaucoup. Comme expliqué, il existe une grande défiance envers le passage d’une croissance expansive, basée sur l’exportation et les investissements, vers une croissance intensive, basée sur la consommation interne. Nous ne pouvons certainement pas déduire du communiqué que cela signifie un changement radical du rapport entre marché et Etat. Si des changements auront lieu - et il y en aura certainement – ceux-ci seront en tout cas graduels, effectués avec précaution et au rythme des événements chinois. Et non au rythme de l’Occident.


2. Hukou

En Chine, soit vous êtes né (et donc inscrit à l’état civil) en tant que ‘campagnard’ soit en tant que ‘citadin’. Quel que soit le métier que vous exercez. Un adulte campagnard se voit attribuer une terre et a droit à la Sécurité sociale, aux soins de santé et à l’enseignement pour ses enfants, mais uniquement à l’endroit où il est inscrit. S’il déménage vers un autre lieu de résidence, il perd son terrain et ses avantages sociaux.

Éviter l’exode rural

Ce système hukou a été instauré à la fin des années 50 pour éviter un exode rural comme celui qui avait lieu partout dans le Tiers-Monde. On parle actuellement de 900 millions de paysans chinois, plus que toute la population d’Afrique noire. Le système hukou est controversé, mais a porté ses fruits. Des villes comme Manille, Bombay, Lagos, Buenos Aires… comptent des millions et des millions d’habitants compactés les uns sur les autres dans des conditions inhumaines. Il n’est pas question de tels bidonvilles en Chine. À ce propos, le Financial Times dit ceci : « La Chine a su éviter la formation de taudis, qui forment une cicatrice dans tant de villes de pays en voie de développement, grâce à un système strict d’autorisation de résidence connu sous le nom de hukou. Celui-ci rend difficile de déménager de manière permanente de la campagne à la ville. »

Cela paraît bien, mais le désavantage est que les ‘migrants internes’, comme on les appelle, bénéficient de bien moins d’avantages sociaux sur leur lieu de travail que leurs collègues qui y vivent en permanence. Ils ne peuvent y acheter de maisons ou de voitures, n’ont pas droit aux soins de santé et ne peuvent y envoyer leurs enfants à l’école. Bien qu’ils gagnent mieux leur vie que s’ils étaient restés ‘chez eux’, leur salaire est bien moins élevé que celui de leurs collègues citadins. Idem pour les conditions de travail. L’insécurité professionnelle est souvent grande et dans bien des cas il est carrément question de discrimination.

À l’origine, cela ne concernait que les travailleurs saisonniers, principalement célibataires, qui allaient travailler quelques années en ville avant de retourner chez eux. Mais au fil du temps, une bonne partie d’entre eux est restée sur place de manière permanente. Alors, le nombre de migrants internes a crû jusqu’à former un énorme groupe de 260 millions de personnes. Ce qui constitue un cinquième de la population totale, 30% de la population rurale et 40% de tous les Chinois qui vivent en ville. Le système a fait ses preuves, mais est actuellement en révision. Car le coût social est trop élevé et empêche le passage vers un autre modèle économique.

Un système en voie de réforme

Le fait que 40% des habitants des villes disposent de moins de droits et soient souvent traités comme des citoyens de seconde zone mène tôt ou tard à de sérieuses tensions et n’est en tout cas pas tenable à terme. Mais il y a plus : le gouvernement chinois estime que 48 millions d’enfants sont laissés à la campagne, parce que l’un des ou les deux parents travaillent en ville. Cela représente un quart des enfants des campagnes. Ce qui est d’autant moins harmonieux pour le « développement harmonieux » vers lequel le gouvernement veut s’engager.

Pour un modèle économique qui veut se diriger vers plus de consommation intérieure, le système hukou, dans sa forme actuelle, est un frein. À cause cette insécurité, les migrants internes économisent moins que les citadins disposant d’un hukou urbain. Les paysans ne peuvent vendre leur terre parce qu’ils n’en sont pas propriétaires. Ils n’en tirent que l’usufruit. S’ils pouvaient vendre leur terre, cela donnerait un coup de fouet énorme à l’économie. En plus, des dizaines de millions de paysans ont été expropriés par le gouvernement dans le passé et donc trop peu dédommagés financièrement. À l’heure actuelle, un campagnard gagne trois fois moins sa vie qu’un citadin.

Un assouplissement du système devient urgent et il en est d’ailleurs question dans le communiqué final : « Nous devons (…) reconnaître plus de droits de propriété aux campagnards, viser un équilibre égal entre les moyens de productions urbains et agricoles, viser un partage équilibré des moyens des autorités locales, et un système plus efficace pour le développement des villes. »

Pas de changement radical

Mais en cette matière-ci non plus, il ne faut pas attendre de changement radical. Un abandon du système hukou provoquerait un afflux accéléré vers les villes et donc un exode rural jamais vu aux conséquences catastrophiques. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit ici d’une population plus importante que l’ensemble de la population européenne.

Il faut s’attendre à un abandon progressif du système. Le Premier ministre Li Keqiang : « Ceci est un processus complexe de changement économique et social, qui exige une approche politique nouvelle, axée sur le développement équilibré. Il y aura de nombreux problèmes, mais ce que nous devons atteindre pour réduire le fossé entre villes et campagnes. »

De nombreuses expériences ont eu lieu ces dernières années en la matière. Dans certaines provinces, il n’y a plus de différence entre le hukou urbain et celui des campagnes. Dans un certain nombre de grandes villes, les migrants internes peuvent bénéficier des soins de santé et de l’enseignement primaire et secondaire. Dans certaines régions, les paysans peuvent hypothéquer leur terrain pour faire un emprunt. Dans certaines villes, les paysans peuvent vendre leur maison à des citadins du même district. Etc. Ce sont là des expériences qui vont certainement être étendues au cours des prochaines années.

Pour conclure

De nombreux commentateurs occidentaux sont déçus par l’issue de ce troisième plénum. Ils en attendaient beaucoup plus. En fait, cela est plus révélateur de leur agenda et de leurs souhaits que de ce qui est bon et utile pour la Chine. Les Chinois ont, par le passé, toujours suivi leur propre cours et n’ont – heureusement – pas trop tenu compte des conseils et recommandations de l’Occident. Cela ne changera pas dans le futur, au grand dam de ceux qui le souhaitent.

Source : dewereldmorgen.be


Edité le 13-12-2013 à 07:01:49 par Finimore




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Ni révisionnisme, Ni gauchisme UNE SEULE VOIE:celle du MARXISME-LENINISME (François MARTY) Pratiquer le marxisme, non le révisionnisme; travailler à l'unité, non à la scission; faire preuve de franchise de droiture ne tramer ni intrigues ni complots (MAO)
marquetalia
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la chine "populaire" aura en 2016 le statut d économie de marché,donc ne sera plus communiste.toutefois,il convient de soutenir géopolitiquement pékin,que big brother veut endiguer,malgré le fait que l otan va perdre l an prochain l afghanistan et l asie centrale,sans parler du cas des iles tchagos.de paroles de nationalistes francais sinophobes du coin d épinal dans les vosges,l inde est désormais un rempart de l occident contre la chine.esperons alors la victoire de l islam contre l hindouisme et la désagrégation de l inde pour que la chine ait un accès a l océan indien!
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http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/reperescachemire
Xuan
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marquetalia a écrit :

la chine "populaire" aura en 2016 le statut d économie de marché,donc ne sera plus communiste.toutefois,il convient de soutenir géopolitiquement pékin,que big brother veut endiguer,malgré le fait que l otan va perdre l an prochain l afghanistan et l asie centrale,sans parler du cas des iles tchagos.de paroles de nationalistes francais sinophobes du coin d épinal dans les vosges,l inde est désormais un rempart de l occident contre la chine.esperons alors la victoire de l islam contre l hindouisme et la désagrégation de l inde pour que la chine ait un accès a l océan indien!


Il n'y a jusqu'ici existé aucun pays "communiste" mais des pays socialistes.
Pour ce qui concerne l'économie de marché , relis l'article de Marc Vandepitte ci-dessus qui apporte des éclaircissements.

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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
marquetalia
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@ Xuan,socialisme,forme transitoire communisme =aboutissement,société sans classes;donc,j avais raison,le p"s" n est pas socialiste mais social-démocrate.
Finimore
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Finimore
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   Posté le 14-12-2013 à 05:51:21   Voir le profil de Finimore (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Finimore   

marquetalia a écrit :

@ Xuan,socialisme,forme transitoire communisme =aboutissement,société sans classes;donc,j avais raison,le p"s" n est pas socialiste mais social-démocrate.


Je ne peux pas laisser passer ce que tu dis.
Tu mélanges un peu beaucoup les termes.
Le socialisme est une forme transitoire (avant la fin de l'Etat et des classes) entre le capitalisme et le communisme. Cela n'a rien à voir avec le terme socialiste utilisé par le PS (réformiste, social-démocrate).
Le terme social-démocrate lui-même a subit une évolution (voir les textes de Lénine).
Le Parti Socialiste est bien passer du côté de la bourgeoisie dès sa trahison en 1914.

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donc,le parti "socialiste",un siècle de collaboration de classes?
DUROC
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   Posté le 14-12-2013 à 14:28:04   Voir le profil de DUROC (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à DUROC   

ça commence à rentrer...

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marquetalia
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le parti "socialiste"-exception faite de veronique de keyser-a fait allegeance a l état d israel et cautionne ses exactions depuis des lustres.
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Lu sur http://www.ptb.be/nieuws/artikel/ou-va-la-chine-1.html

l'article de Jo Cottenier publié dans Solidaire n°45 - 28 novembre 2013- dans le Dossier : Réformes en Chine - pages 8-9

Où va la Chine ?

La Chine veut désormais accorder un rôle « décisif » au marché plutôt qu’un rôle « de base ». Ainsi en a décidé la direction du Parti communiste chinois lors du troisième Plenum qui s’est tenu du 9 au 12 novembre. Une décision annonciatrice d’un changement majeur.

Jo Cottenier


Un rôle « décisif » plutôt qu’un rôle « de base » pour le marché. Ce serait une lourde erreur de minimiser ce changement de qualificatif. En effet, dans la langue « codée », l’usage de ce terme marque la décision la plus importante prise par le Comité central du Parti communiste chinois, qui s’est réuni en session plénière (« le Plenum » du 9 au 12 novembre. Une décision très lourde de conséquences.

Voici exactement un an, le 18e Congrès du parti nommait une nouvelle direction de parti (ou Comité central)1 et un nouveau président, Xi Jinping. La direction du parti annonçait depuis des mois que le troisième plenum déciderait de réformes profondes. Cela faisait aussi pas mal de temps qu’on lisait que d’autres choses resteraient inchangées, comme la position du Parti communiste et le rôle central des entreprises publiques dans les secteurs stratégiques. Les médias de droite et les observateurs désireux de voir disparaître le socialisme chinois le plus vite possible se sont donc montrés déçus des réformes annoncées. Logique : ils ne seront satisfaits que si la Chine marche au pas du capitalisme et que le Parti communiste chinois suive la voie de Gorbatchev. Pourtant, il ne faut pas se leurrer à la lecture de ce genre de commentaires. C’est bel et bien un glissement de terrain qui est en train de s’opérer.

Le triple saut

Ce n’est pas la première fois qu’un troisième plenum opère un important virage de stratégie. Le premier grand basculement vers les mécanismes de marché dans l’agriculture a été décidé lors du troisième plenum du 11e Comité central2 en 1978. Ce qui a marqué le début d’une lente libéralisation de l’économie. Ce processus a en effet mené à la création d’un marché libre sur lequel les entreprises publiques ont été mises en concurrence avec les entreprises privées tout juste créées. Avec les années, ce marché a grandi et, avec la fixation des prix par sa « main invisible », a fait peu à peu rétrécir le domaine de l’économie de plan.

En 1993, le troisième plenum du 14e Comité central a décidé de remplacer l’économie de plan par une entière économie de marché. Le marché est devenu « la base » de la régulation de l’économie. Les entreprises non rentables devaient dès lors fermer et l’Etat se concentrerait sur les 500 à 1.000 plus grandes entreprises dans les secteurs les plus importants. En même temps, les entreprises privées ont reçu le champ libre. Ou du moins presque, puisque nombre de barrières sont restées en place, comme le monopole d’Etat dans le secteur financier, le secteur de l’énergie, les télécommunications et la recherche spatiale.

Pour pouvoir entrer dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001, la Chine a dû prouver l’existence d’un véritable marché libre, mais les plaintes ont depuis continué à pleuvoir pour dénoncer le soutien indirect de l’Etat aux grandes entreprises publiques. Ces entreprises d’Etat pouvaient en effet obtenir bien plus facilement des crédits des banques d’Etat que les entreprises privées. C’est pourquoi les entreprises privées ont de plus en plus fait appel à des banques non officielles, qui travaillent dans l’ombre à des taux usuraires. Les entreprises d’Etat avaient aussi le monopole de conclure des joint-ventures avec des entreprises étrangères, alors que les privées devaient, elles, rattraper leur retard technologique par leur propres forces. Depuis des mois, il était de plus en plus perceptible dans les publications chinoises que les entreprises privées se verraient octroyer une place plus importante.

Le troisième plenum du 18e Comité central a donc annoncé que le marché reçoit un « rôle décisif » au lieu d’un « rôle de base ». En Chine, un tel changement de mots a une signification radicale. Pour le président Xi Jinping, ce changement est basé sur une nouvelle conception théorique du rôle du marché : « La Chine doit respecter la loi fondamentale de l’économie de marché et travailler aux problèmes que posent un système de marché sous-développé, l’intervention exagérée de l’Etat et le contrôle insuffisant du marché. »3

Les réformes concrètes

1. L’Etat se retirera davantage et créera encore seulement un cadre pour un marché devenu « décisif » dans le choix des investissements et la répartition du capital (quoi et où). Les décisions d’investissements seront moins contrôlées par l’Etat et laissées à « la main invisible » du marché. L’Etat posera moins d’entraves à un libre marché et laissera jouer « plus honnêtement » la concurrence entre entreprises publiques et privées. On table sur le fait que le marché devrait résoudre le problème de surcapacité dans des secteurs comme l’acier, l’aluminium, le verre plat, le ciment et les chantiers navals. La concurrence devrait donc faire disparaître la capacité excédentaire. Il existera dorénavant aussi un « marché » pour les terres : les paysans qui partent à la ville pourront vendre leur terrain. Les prix des terres et des matières premières, les taux d’intérêt et les prix des services publics suivront plus étroitement le marché. Le gouvernement s’attachera davantage à la création d’un cadre légal, de l’infrastructure et de la sécurité sociale, et à la résolution de problèmes comme la pollution et la sécurité alimentaire. Xi Jinping: « Le gouvernement fournira une macro-économie stable, offrira des services publics, garantira une concurrence honnête, contrôlera et régulera le marché, promouvra un développement durable et prendra l’initiative lorsque le marché sera défaillant. »


2. Une importante réforme est prévue pour le secteur des services en général et le secteur financier en particulier. Le pays s’ouvrira davantage aux investissements étrangers dans le secteur des services, « y compris les finances, l’éducation, la culture et la santé ».4 C’est ni plus ni moins une évolution marquante, certainement pour le secteur social et culturel. Le document précise même que les limitations existantes sur les investissements dans les soins aux enfants et aux personnes âgées seront assouplies. Par ailleurs, le capital étranger est autorisé à fonder des petites ou moyennes banques privées. La fin du monopole d’Etat dans ce secteur ouvre surtout de nouvelles possibilités aux les entreprises privées qui se plaignent de « répression financière » en raison des banques d’Etat.

Et ce n’est que le début. Un projet pilote flambant neuf a démarré à Shanghai, une zone de libre-échange de 29 km² où la monnaie chinoise (le renminbi) peut être changée et où les investissements étrangers dans une série de secteurs (comme les banques et les assurances) seront entièrement libres. Shanghai doit par là devenir le nouveau centre financier qui rivalise avec Hongkong. Mais, en même temps, le projet pilote de Shanghai ouvre une perspective qui tôt ou tard peut prendre de l’ampleur et essaimer en d’autres centres ailleurs dans le pays.


3. L’accès pour des entreprises privées à des secteurs plus ou moins protégés est assoupli. Il y aura plus de marché et plus de concurrence dans des secteurs comme l’eau, le pétrole, le gaz, l’électricité, les chemins de fer et les télécommunications. On compte dans une mesure croissante sur le secteur privé pour des percées technologique et pour l’augmentation de la productivité. Cela fait partie du processus de conversion vers une économie de haute technologie avec un fort secteur des services. L’innovation et le pouvoir d’achat intérieur sont les axes-clés pour continuer à garantir la croissance chinoise. Comme les salaires augmentent, on peut moins compter sur un accroissement de l’exportation. La stimulation du « secteur non public » doit donner un coup de fouet à la concurrence sur le marché et à l’innovation et la recherche centrées sur le marché intérieur. Egalement ici, les pouvoirs publics doivent davantage pratiquer la macro-régulation plutôt que le contrôle direct, par exemple en favorisant la collaboration entre les entreprises, les universités et les instituts de recherche. Les investissements et les reprises à l’étranger sont encouragés. Le démarrage de nouvelles entreprises et l’initiative privée sont facilités.

Troisième grande réforme

Il ne s’agit pas ici d’un aperçu exhaustif des décisions, mais d’expliquer la portée du terme « décisif ». Ce seul mot suffit en effet pour affirmer qu’une troisième grande réforme s’entame, après celles de 1978 et de 1992. Une réforme qui rendra encore plus hybride le « socialisme à la chinoise ». Celui-ci se dirige vers une économie qui en essence ne diffère pas d’une économie capitaliste, avec maintien d’une structure socialiste de l’Etat et sous la direction d’un parti communiste. Après ce troisième plenum, on peut réellement se demander combien de temps une telle option est tenable.

La menace étrangère s’intensifie

Autre décision marquante du troisième plenum : la création d’une Commission de sécurité sous la direction directe du président Xi Jinping. Cette Commission est en charge de toutes les questions de sécurité, tant intérieures qu’extérieures.

Le gouvernement américain veut à tout prix conserver sa prédominance absolue sur le monde et il sait que l’impact chinois constitue à cet égard la plus importante menace. La croissance rapide de la Chine vers la position de deuxième plus grande économie du monde a incité le président américain Obama à officiellement proclamer la région du Sud-est asiatique zone d’intérêts la plus importante et à régler sa stratégie militaire en conséquence. La présence de la flotte américaine en Mer de Chine méridionale a été renforcée et des accords de coopération militaire ont été conclus avec le Japon et les Philippines. Tous les points litigieux dans la région deviennent ainsi un potentiel foyer d’incendie : le statut de Taiwan, les querelles sur les îles, le Tibet... La mise sur pied de la Commission de sécurité montre que les dirigeants chinois ne réalisent que trop bien que les tensions s’accroissent.





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[1] Le Parti communiste chinois compte 82 millions de membres, dont 2.270 étaient délégués au 18e Congrès du parti. Le Comité central plénier compte 204 membres et 169 suppléants. Les réunions plénières du Comité central sont appelées plenums. Le Comité central a élu un Bureau politique qui compte 25 membres.


[2] Le 11e Comité central est celui qui a été élu lors du 11e Congrès du parti.


[3] news.xinhuanet.com/english/china/2013-11/16/c_132892309.htm


[4] news.xinhuanet.com/english/china/2013-11/16/c_132892307.htm

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c est quoi le tibet?une nouvelle variété de riz cantonais?
Finimore
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   Posté le 28-01-2014 à 06:24:35   Voir le profil de Finimore (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Finimore   

Une brochure éditée en 1981 par le PCC "Documents chinois - Résolution Sur L'histoire Du Parti Communiste Chinois (1949-1981)
Appréciation officielle sur :
•Mao Zedong
•la "révolution culturelle"
•les réalisations de la république Populaire de Chine

est dispo en partie sous le titre "Résolution sur quelques questions de l'histoire de notre parti depuis la fondation de la République populaire" sur :
http://french.beijingreview.com.cn/zt/txt/2011-05/19/content_359311.htm

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Xuan
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   Posté le 28-01-2014 à 22:47:08   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

C'est un document essentiel pour connaître le point de vue du PCC sur l'oeuvre de Mao Tsé toung et sur la révolution culturelle.

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