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Travailleurs (mensuel du PCML) n°19 -mai 1984- page 7

Vote de confiance : La page de la "clarification" n'est pas tournée

Pierre Mauroy, ces derniers temps "comprend" beaucoup de choses. Il "comprend" la colère des uns, le drame des autres. Il "comprend" que "certains conservent la nostalgie du combat de la gauche dans l'opposition pour faire progresser les revendications". Mais comprendre ne veut pas dire partager. Aussi a-t-il réaffirmé devant l'Assemblée nationale le 19 avril "maintenir fermement ses choix". Or donc, les députés de la majorité durent choisir clairement et voter la confiance nettement. Le résultat fut sans bavure : 329 pour, 156 contre. Peut-on tourner ainsi la page de la "clarification" et de la "mise au net" ?

LE NON-SENS DU VOTE

A écouter les explications de vote de Guy Hermier et d'André Lajoinie, il ne fait pas de doute que si le PCF continue d'avoir confiance dans la validité des engagements de 81 et dans la nécessité de l'union contre la droite pour les tenir, il refuse -clair et net- la politique gouvernementale. Il la refuse pour le moins dans des domaines fondamentaux : la restructuration du charbon, de l'acier..., le maintien du dualisme scolaire, les responsabilités historiques de la France au Liban et en Afrique, la reconnaissance de la solidarité européenne, le travail en économie ouverte.
G. Marchais, expliquait à TF1 qu'en fait le problème se posait "dans la recherche des moyens efficaces pour atteindre les objectifs et tenir les engagements pris".
Pour tout observateur un peu averti, mais surtout pour les militants du mouvement ouvrier et populaire, les différends entre le PS et le PCF ne se résument nullement en un débat sur "les moyens d'une politique", mais bien sur la politique et son sens général. Entre les deux formations, les différences sont d'ordre stratégique. Et elles ne datent ni du plan acier, ni de 1981. Les dater en 1977 ne fait d'ailleurs que souligner le moment de la rupture et non l'origine des oppositions stratégiques. Le vote de confiance ne peut pas masquer cette réalité. Il peut servir peut-être à mettre le PCF dans le bain des restructurations, à lui retirer des voix contestataires de la politique gouvernementale aux européennes, mais nullement à clarifier les différends.

LE DILEMME DE LA PARTICIPATION DU PCF

Le PS n'a pas besoin de l'apport des voix du groupe communiste à l'Assemblée, encore moins des ministres du PCF pour gouverner. Pourtant, voilà 15 ans que l'alliance du PCF lui est apparue comme une nécessité stratégique dans cette France bipolaire aux alliances autant figées que confuses. Il est attaché à cette alliance qui le contraint sans cesse à en préciser les formes et les conditions, à en ranimer les avantages. Sans doute cette stratégie, s'entend-elle avec la marginalisation électorale du PCF. Juin 81 réalise ce vœu d'hégémonie dans l'alliance, concrétisé par le peu de poids des ministres du PCF au gouvernement. Dès lors, même la solidarité formelle suffit au PS, pour l'instant du moins.
Mais, de ce fait, l'interrogation de 1981 de bien des militants du PCF sur la validité de la participation gouvernementale va en s'amplifiant. La conjugaison solidarité et contestation devient épuisante et désarçonnante pour les militants. A cette question de la participation, les réponses sont de multiples natures. L'une est conjoncturelle : par leur présence, le débat au gouvernement et l'action de cabinets, le PC peut infléchir -si peu que ce soit- les mauvaises décisions. Une autre est plus polémique : seule la droite a franchement intérêt et exige le départ des ministres du PCF, lequel tirerait encore plus le gouvernement vers une gestion de droite. Une dernière a une portée plus stratégique : seule la pratique des "bases d'appui" (municipale, régionale ou gouvernementale) conjuguée à la mobilisation des travailleurs, inscrite dans le XXIVe Congrès, permet le progrès sur la voie du socialisme à la française. Toutes les réponses méritent d'être discutées.

QUANT A NOUS...

Si nous ne nous contentons nullement de l'affirmation du principe de la non participation des révolutionnaires dans un gouvernement gérant le système capitaliste, nous ne limitons pas la problématique de la participation gouvernementale aux simples rapports PS-PC, encore moins à la question de la stricte utilité d'une présence dans un pouvoir central baptisé : "base d'appui". La nature de l'Etat, de la Constitution, des rapports de forces ne sont pas des facteurs secondaires. Il faudrait encore développer les points de vue sur la stratégie de la prise du pouvoir par et pour les travailleurs, sur les relations entre l'Eut, les partis, les organisations économiques et sociales, le peuple travailleur.
Nous soulignons seulement ici la réflexion que suscite ce vote de confiance du 19/4. L'union de 81, l'action gouvernementale ensuite se sont réalisées sur la base des options de Mitterrand. L'austérité en 82, les plans actuels ont la même origine. La participation au pouvoir pour le pouvoir -c'est-à-dire sur une ligne différente- permet sans doute de comprendre les arcanes de l'Elysée, de Matignon, la complexité des dossiers et des forces en présence. Mais en dernière analyse, il faut se poser les questions suivantes : quelle ligne politique est appliquée ? Pour qui gère-t-on ? Avec qui ? Mais aussi comment ? Et enfin pourquoi ? Marchais affirme : "Les promesses de 81" ; Mauroy rétorque : "Le IXe Plan et la conjoncture". Comment être solidaire d'une politique indiscutée et indiscutable dans une pratique gouvernementale Ve République ? Une solidarité de ce type ne peut être que de façade ou d'appoint... ou alors bien entendu d'adhésion. Cette impasse incontournable de la participation sur une ligne non commune relève d'une mauvaise politique d'alliances; mais elle relève surtout de l'acceptation politique de gouverner sans changer réellement les lois, règles, logiques d'un système qui dès lors ne peut que reproduire les aberrations, les injustices, les déséquilibres qui le caractérise. Pour nous, exercer le pouvoir, "participer", ce n'est pas "gérer généreusement" comme ironise P. Mauroy; c'est décider de servir les intérêts des travailleurs -pour eux et avec eux. Si cela nécessite des ruptures, il faut les faire.

Alain SENTIER

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Travailleurs n°20 -juin 1984 -page 17

L'OFFENSIVE IDÉOLOGIQUE

L'offensive du capital se développe avec vigueur; elle n'est pas nouvelle, mais remonte quasiment au début du déclenchement de la crise, en tout cas aux différents plans Barre à partir de 1976. Aujourd'hui, il y a accélération et les effets de cette offensive se révèlent dans leur ampleur. Et dans tous les domaines. On ne saurait en effet situer la question des restructurations et de l'emploi -comme certains y invitent- que sur le seul terrain économique.

DES MUTATIONS DE GRANDE AMPLEUR DANS LE TISSU SOCIAL

Indissociablement, il y a les effets considérables des transformations actuelles sur le tissu économique et social, accélération du processus de décomposition de la classe ouvrière, comme du mouvement ouvrier. Et ceci d'autant plus que les plans de restructuration en cours ou en préparation concernent d'abord les principales concentrations prolétariennes, celles que le mouvement ouvrier et le mouvement communiste avaient organisées depuis des décennies. Mais en même temps qu'intervient le processus de déstructuration et de désorganisation, se produit un processus de recomposition sur des bases nouvelles. La stratégie du capital implique en particulier de tirer un trait sur les grosses concentrations prolétariennes, de développer des unités petites et moyennes, jusqu'au travail à domicile grâce à l'informatique dans les services, en parallèle avec une concentration accrue du capital. Il faut relier à cela des mutations profondes, tels le développement de ce que les sociologues appellent l'"économie informelle" -activités d'autoproduction, de troc, travail au noir- ou l'inversion depuis le milieu des années 70 du processus séculaire d'urbanisation, avec le redéveloppement des communes rurales, la « rurbanisation ».
Autant de phénomènes et de transformations qui demandent la plus grande attention et que le mouvement ouvrier et populaire doit saisir à bras-le-corps et non rester replié sur lui-même dans des bastions en voie de dépérissement, en décalage, en retard par rapport à la réalité et à ses mutations.
Il est clair que dans la stratégie du capital, il y a une volonté d'institutionnaliser une "société duale" avec, d'un côté, des entreprises et des travailleurs activement insérés dans les échanges internationaux et, de l'autre, les entreprises dépendantes et sous-traitantes, les travailleurs à emploi précaire, d'un côté "ceux du front", de l'autre les « assistés ».

L'OFFENSIVE IDEOLOGIQUE "NÉO LIBÉRALE"…

Indissociablement aussi, intervient une gigantesque offensive idéologique contre le socialisme, le communisme, le marxisme avec le renouveau des thèses libérales et néo-libérales anti-étatiques, fatalistes, individualistes.
Il faut parler ici. bien évidemment de l'influence croissante, dans l'ensemble de la droite, des thèses de la nouvelle droite -élitisme. hiérarchie, droits innés, xénophobie, socio-biologie...- et aussi du développement des théories économiques néo-libérales, qui ne se réduisent nullement au terrain économique d'ailleurs.
Le courant dit des "nouveaux économistes" se développe aujourd'hui en France, à la suite des Etats-Unis et d'autres pays européens. Henri Lepage en a présenté les principales thèses dans ses deux ouvrages : « Demain le capitalisme » et « Demain le libéralisme ». Citons en particulier brièvement : l'explication de tous les phénomènes économiques par la recherche de l'intérêt individuel, le chômage analysé comme volontaire, la nécessité d'en revenir au marché dans tous les domaines, y compris pour expliquer le politique, ce qui implique de réduire à presque rien le rôle et le poids de l'Etat. Selon lui, l'intervention de l'Etat, sur le plan économique comme social, produit des effets inverses aux buts recherchés : il faut tout dénationaliser au profit du privé jusqu'à la Sécurité sociale et l'école; supprimer le salaire minimum, cause essentielle du chômage puisque les entreprises embauchent moins; il faut supprimer les plans d'urbanisme, les aides à l'agriculture... A partir de là, sont développées une défense et illustration du capitalisme et du profit, système le plus efficace pour répondre aux capacités et intérêts de chaque individu.

...ET SON RÉPONDANT DANS LE DISCOURS GOUVERNEMENTAL

Force est de constater que certains thèmes deviennent dominants; on peut évoquer le succès médiatique de l'émission "Vive la crise" bien sûr...
Dans "La nouvelle alliance", Max Gallo prône l'acceptation du réalisme économique, qui, au nom de la modernité, se rallie au mythe de l'entreprise supposée incarner les vertus de l'initiative et qui repose sur l'individualisme. Le discours de François Mitterrand sur les restructurations manifeste une volonté de "dépasser" la lutte de classes, au nom de contraintes inéluctables et de mettre en œuvre un consensus structurel autour d'idées-force. Pour sortir de la crise, il faut aider le capitalisme à réembrayer. C'est l'alternative : les investissements ou bien le désastre économique, social et politique, c'est-à-dire le sous-développement. La croissance passe par le profit et l'investissement. La décision de François Mitterrand de réduire d'un point le taux de prélèvement obligatoire -dont les conséquences risquent d'être des plus négatives sur la protection sociale et le nombre d'emplois- est une illustration de cette conception générale.
Pour autant on ne saurait l'identifier à la thèse néo-libérale. Une différence essentielle d'avec le néo-libéralisme tient au rôle assigné à l'Etat. Les plans de restructuration du gouvernement manifestent non un désengagement de l'Etat sur le marché, mais un volontarisme, une concentration des efforts par l'intermédiaire de l'Etat sur les secteurs stratégiques où se joue la concurrence inter-impérialiste, pour mener une politique active de redéploiement. L'Etat est le fer de lance de la politique industrielle, de la mise en œuvre de la " modernité ".

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PCML Flash n°88 –21 juin 1984- page 1-

Elections européennes :
DES LEÇONS A TIRER


Chacun mesure, à gauche, l'ampleur et la gravité de la défaite enregistrée ce 17 juin. Certes, il s'agissait d'élections européennes sans enjeu institutionnel direct. Certes, il s'agissait d'élections "intermédiaires", défavorables à la majorité gouvernementale en période de crise, comme l'ont confirmé les scrutins dans les autres pays. Certes, le nombre record d'abstentions interdit toute extrapolation des résultats. Mais certains faits doivent conduire à analyser avec lucidité la situation et ses raisons et à en tirer toutes les leçons pour l'avenir : la gauche fait son plus mauvais score de la Ve République et perd la moitié de son électorat du premier tour des présidentielles de 1981 (où elle était minoritaire), la majeure partie se retrouvant parmi les abstentionnistes; cette chute brutale affecte aussi bien le PS que le PCF, celui-ci enregistrant un nouveau recul, en particulier dans les secteurs où il réalisait ses meilleurs résultats; bien que la droite soit loin de rassembler son électorat habituel, l'extrême-droite réunit plus de 11 % des suffrages, créant ainsi une possibilité d'organisation de fractions populaires, particulièrement touchées par la crise et le chômage, de la même façon que lors de la crise de 1929.
Ces faits, qui montrent un rejet massif de la politique gouvernementale, impliquent de prendre en compte l'ensemble des évolutions économiques, sociales, sociologiques, consécutives à la crise, les erreurs politiques et pratiques qui, à gauche, ont provoqué les ruptures avec de larges fractions des classes et couches populaires, comme les mécanismes et l'ampleur de l'offensive de la droite et de l'extrême-droite et leurs projets de régression sociale sans précédent. Ce n'est qu'à ce prix que le mouvement ouvrier et populaire pourra tirer toutes les leçons d'une défaite et créer les conditions empêchant le retour de la droite au gouvernement.
D'ores et déjà, certains enjeux apparaissent clé pour inverser le cours des choses. Il s'agit d'abord d’engager une contre-offensive de l'ensemble du mouvement ouvrier et populaire face à l'offensive économique, politique et idéologique de la droite et de l'extrême droite, sur chaque terrain où elle se porte, sans se limiter au rappel de leurs méfaits du passé, mais en partant des réalités et de leurs projets d'aujourd'hui. Il s'agit aussi d'organiser l'action des travailleurs face aux plans de redéploiement du capital, pour s'attaquer aux effets comme aux racines de la crise, aux suppressions d'emplois et au chômage comme à la baisse du pouvoir d'achat, à la remise en cause de la protection sociale et à l'inégalité des droits entre Français et immigrés. Il s'agit d'agir pour une autre politique qui. prenant appui sur les aspirations et revendications populaires, refuse toute soumission aux lois du système capitaliste et aux règles du marché mondial et à l'hégémonie du dollar, pour, en alliance avec le Tiers Monde, forger une réponse à la crise en faveur des travailleurs de notre pays comme des peuples et pays du Tiers Monde. Et. indissociablement. il s'agit de rassembler largement, en partant de la diversité de leurs intérêts, consciences, modes de combat et d'organisation, toutes les classes et couches populaires, toutes les composantes du mouvement ouvrier et populaire, car toutes ont le même intérêt à combattre l'offensive de la droite et du capital.

le 18 Juin 1984 - Pierre BAUBY

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PCML Flash n°89 –5 juillet 1984-

EDITORIAL :
RASSEMBLER

Le Comité central du PCML. réuni les 30 juin et 1er juillet, a examiné les résultats des élections européennes du 17 juin et les modifications qu'elles ont entraînées dans la situation politique.
Le 17 juin, une défaite sévère a été enregistrée par le PS, le PCF et le PSU -qui ont perdu la moitié de leur électorat de 1981 - et par le gouvernement et sa politique, politique d'austérité pour les travailleurs dont les conséquences sont en particulier la baisse du pouvoir d'achat, l'augmentation du chômage, les atteintes à la protection sociale.
Le rejet populaire de cette politique, qui s'est traduit en particulier par une forte abstention de l'électoral de gauche, a permis à la droite de franchir une étape de sa stratégie de reconquête du gouvernement. Elle se sent plus sûre d'elle, plus arrogante, accélère et développe son offensive, se radicalise et gagne du terrain, ce dont témoignent aussi bien l'importance de la manifestation du 24 juin pour l'enseignement privé que la manœuvre du groupe Creusot-Loire.
La forte poussée de Le Pen. en particulier dans les zones urbaines où se cumulent de forts taux de chômage et d'immigration et les difficultés croissantes de vie, sur les thèmes de la xénophobie, du racisme et de l'insécurité, crée un danger réel d'organisation de fractions populaires, particulièrement touchées par la crise et le chômage. Si la droite a fait le lit de l'extrême-droite par ses campagnes sur l'insécurité et l'immigration, la responsabilité de la gauche au pouvoir, de sa politique d'austérité, de ses hésitations et contradictions sur l'immigration, est aussi engagée.
Les résultats du 17 juin montrent une situation grave et dangereuse pour l'ensemble du mouvement ouvrier et populaire. Ils concourent à accentuer la désorganisation du mouvement syndical et associatif. La défaite électorale de la gauche -la plus importante depuis 1945- renforce la possibilité d'une victoire de la droite en 1986. Compte tenu de ses orientations idéologiques, politiques, économiques, sociales, culturelles, inspirées par l'ultra-libéralisme a la Reagan, cela entraînerait une aggravation de la situation des travailleurs dans tous les domaines, pour tous les travailleurs, une aggravation de la régression sociale déjà en cours.
Pour faire face à ces dangers, le PCML appelle à rassembler toutes les composantes du mouvement ouvrier et populaire, partis, syndicats, associations, pour faire face à l'offensive de la droite, de l'extrême-droite et du patronat et préparer les conditions d'une contre-offensive idéologique, politique, économique et sociale. Un tel rassemblement nécessite de respecter la diversité et la pluralité des composantes du mouvement ouvrier et populaire, la diversité des intérêts ouvriers et populaires. Toute conception hégémoniste est plus que jamais à rejeter, de même que les barrières institutionnelles (électorales, financières, d'accès aux médias) qui entravent l'expression de la diversité et en même temps de la richesse du mouvement ouvrier et populaire.
En même temps, le PCML appelle a agir, rassembler et organiser, pour combattre la politique d'austérité du gouvernement et pour une autre politique qui prenne appui sur les aspirations et revendications populaires, refuse toute soumission aux lois du système capitaliste, aux règles du marché mondial, au carcan imposé par Reagan et Thatcher, à l'hégémonie du dollar, pour, en alliance avec les peuples et pays du Tiers Monde, forger une réponse à la crise en faveur des travailleurs de notre pays et des peuples du Tiers Monde.

Comité central du PCML - le 1er juillet 1984

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PCML Flash n°93 –13 septembre 1984-

ÉCHEC DE DEUX STRATÉGIES


On attendait beaucoup du Comité directeur du PS et du discourt de Roland Leroy lors de la Fête de L'Humanité pour mettre un peu de clarté dans la situation à gauche après le chambardements de juillet - référendum, nouveau gouvernement et départ des ministres PCF. Dans l'ensemble, on aura été déçu. Le Comité directeur du PS a suggéré que l'on entrait dans une nouvelle étape. Sûrement. Mais pour l'instant, on en reste au stade de l'observation, de la décantation. II apparaît déjà, pourtant, que s'ouvre une ère de graves questions stratégiques tant pour le PS que pour le PCF. N'entonnons point les ritournelles de la démagogie politique quant aux " virages à droite " de l'un ou au " PCF Gros-Jobert " pour l’autre.
La presse a célébré « l'enterrement » de l'union de la gauche; celle-ci était fort atteinte depuis longtemps d'ailleurs… mais l'affaire n'est pas classée pourtant. Au cœur de la stratégie du PS était l'union, au coeur de celle du PCF était l'union. Ce cœur ne battait pas pour une même stratégie, chacun ayant la sienne propre. Mais dans une France bipolarisée et régimentée par les institutions de la Ve République -élection du président de la République au suffrage universel direct notamment-, "l'union de la gauche", cette spécificité française, paraissait incontournable, même si orageuse bien souvent. De 1972 à aujourd'hui, elle a changé et les rapports de forces ont évolué en son sein en faveur du PS, De programmatique de 1972 à 1977, après une période de rupture de 77 à 81, l'union de la gauche devient purement électorale à la veille du 10 mai 81. puis gouvernementale fin juin jusqu'en juillet 84. De dominante PCF en ses débuts, alors que le PS renaissait après Epinay, elle passe en 81 tous dominante PS, avec le recul électoral du PCF le 26 avril, l'élection de F. Mitterrand et la "marée rose" de juin. Après douze années, et surtout trois années d'exercice du pouvoir en commun, ce qui casse en l’été 84 est bien différent de ce qui s'est construit en juillet 72. Les temps ont profondément changé.
La séparation de l'été 84 est-elle une simple mesure temporaire et tactique du PCF pour se "refaire" ? En effet, sa direction, analysant les mauvais résultats des européennes comme un désaveu populaire de la politique gouvernementale, à choisi le retrait de ses ministres. Continuer de participer en cette grave période de licenciements et de baisse du pouvoir d'achat lui a paru suicidaire. Cette explication de non-participation tactique parait tout de même un peu courte. D'autant que G. Marchais lui-même évoque la nécessité d'un bilan de l'union depuis 25 ans.
Il semble bien que l'union de la gauche ait été profondément atteinte par la mise en œuvre des deux stratégies des deux partis la composant. Du coup, la rupture de 84 remet en cause le cœur même de ces stratégies. Pour le PS, " l’exercice du pouvoir " ne comporte pas - et pour une longue période - la rupture d'avec le capitalisme ; au contraire, il implique la mise en valeur, son redéploiement afin de sortir de la crise et de « conjuguer » enfin socialisme et croissance retrouvée. Dominant l'union gouvernementale, tenant les leviers de commande à l'Elysée, à Matignon et à l'Assemblée nationale, il a exigé de ses partenaires de se plier, de soutenir les bonnes choses comme les pires. Les fameuses couleuvres à avaler... jusqu'à la cassure. Aujourd'hui, que peut-il faire ? Continuer à invoquer une union de la gauche qui n'existe plus ? Rechercher des ouvertures vers un " centre gauche " informe ou un " centre droit " que la droite ne veut pas lâcher ? A terme, c'est la stratégie mise au point à Epinay qui est remise en cause.
Pour le PCF, l'interpellation est tout aussi grave, sinon plus. Sa participation gouvernementale de 81 à 84 a été conçue comme mise en oeuvre de la stratégie du XXIVe Congrès, stratégie des "bases d'appui" dont la conquête progressive devait permettre de transformer graduellement l'Etat et la société. Menée parallèlement à un affaiblissement électoral, d'impact et militant -dont les causes ne se réduisent pas à la participation gouvernementale -cette stratégie a eu un effet boomerang, La "base d'appui" gouvernementale dont le PCF attendait la crédibilité d'un "parti de gouvernement", s'est retournée de plein fouet contre son projet politique, est devenue une base d'affaiblissement de sa crédibilité. Aujourd'hui, son appel au rassemblement sur ses objectifs propres, s'il libère une large majorité de militants gênés par la participation gouvernementale, est un constat d'échec de la politique d'union et de la stratégie des bases d'appui.
De quoi demain sera-t-il fait ? Quels effets ces constats d'échec et la cassure de l'été 84 auront-ils sur le mouvement ouvrier et populaire dans son ensemble ? Cela nous concerne tous; nous en reparlerons.

Alain SENTIER

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PCML Flash n°90 –27 juillet 1984- page 2-

LA NON-PARTICIPATION DU PCF AU GOUVERNEMENT : ET APRÈS ?


Il fallait tirer tous les enseignements du résultat désastreux de la gauche - en particulier du PCF - aux européennes. Est-ce fait ? En tout cas. les événements depuis quelques semaines se bousculent au portillon. Les plus saillants sont sans doute la non-participation de ministres du PCF au nouveau gouvernement et, ce mardi 24 juillet, l'abstention du groupe parlementaire du PCF à l'Assemblée sur la déclaration de politique générale de Laurent Fabius.
Sur ces sujets, les commentaires les plus fréquents sont : rupture historique de l’Union de la gauche et verrouillage du PCF. Voyons un peu.
Pronostiquant au gré du double balancier - pour ne pas dire double langage –" Il n'y a pas de stratégie de rechange" et "Mitterrand ne tient pas ses promesses de 81", chacun réfléchissait dans le cadre du mariage PS-PC, s'étriquant et s'envenimant certes, mais se maintenant jusqu'en 86 au moins. Le commentaire le plus fréquent, après l'annonce de la non-participation du PCF au gouvernement fut donc : rupture historique de l'Union de la gauche. L'exploitation de ce nouvel élément par le RPR donne : "gouvernement à 20%". C'est un peu superficiel et rapide. Sans revenir ici sur 77, nous pouvons toutefois remarquer qu'il n'y avait pas union de la gauche sur une ligne politique depuis l'enterrement du Programme commun. Le rapprochement hâtif des 110 et 131 propositions en 81 ne produisit nullement une ligne commune et laissa dominante celle de François Mitterrand -a fortiori depuis l'adoption du plan d'austérité à la mi-82.
La contradiction entre le poids du PCF dans l'union et l'union elle-même s'accentua au gré des mauvais scores électoraux, de l'offensive habile de la droite amenuisant sans cesse les marges de manoeuvre gouvernementales et de cette crise qui n'en finit pas... de reléguer a plus tard la " nouvelle croissance ". Il nous est donc offert aujourd'hui une nouvelle forme d'union PS-PC baptisée : « soutien sans participation ». Sur la même route, mais à des pas différents, selon L. Fabius.
Ce nouveau choix du PCF, rendu incontournable par le maintien de la même politique d'austérité permettra-t-il d'améliorer l'image de marque de ce parti ? Dans l'absolu, c'est une possibilité - espérée par la direction du PCF. Mais dans les faits... cette décision arrive après trois ans de participation (dont deux a une politique identique à celle proposée par Laurent Fabius). Comment empêcher dès lors que le PCF soit interpellé sur sa stratégie, sa politique d'alliances et son bilan depuis 1981 ? Ce nouveau choix permettra-t-il de renforcer le rapport de forces des intérêts des travailleurs dans la lutte politique ? Dilemme délicat : est-ce la participation gouvernementale du PCF qui freinait la mobilisation, qui entraînait la désyndicalisation des travailleurs ? Cela a dû jouer. voire accentuer le désarroi et la confusion mais les causes sont sans doute plus profondes et plus fondamentales (cf Travailleurs n°21).
Le verrouillage du PCF est l'autre commentaire fréquent. Cette absence de ministre du PCF va-t-elle "gauchir" le PCF. le recroqueviller sur lui-même - si cela est encore possible - et ainsi évacuer toute une série d'interrogations nées des résultats aux européennes ? Ne rejetons pas l'hypothèse. Mais il est pourtant un peu court de lier non-participation à verrouillage alors que personne ne s'était aperçu que l'on pouvait lier participation et large débat.
Des multiples échecs cuisants du mouvement ouvrier et populaire ces dernières années naissent et se développent la nécessité, et maintenant plus partagée, la volonté de rénover la politique et la pratique du communisme. Cette nécessité ne dépend pas de la volonté des dirigeants du PCF en fait ; c'est le produit de la confrontation des idées du mouvement communiste avec la réalité des faits. La stratégie de la " forteresse assiégée " peut retarder, quelque peu détourner, cette inéluctable discussion. Elle ne pourra pourtant pas l'éviter. Certains présentent le débat au sein du PCF comme une querelle entre les anciens et les modernes. Quant à nous, nous le vivons plus comme une lutte entre ce qui est juste et ce qui est faux dans ce monde qui change. En tout état de cause, cette "querelle" devra bien être vidée.

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