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Xuan
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   Posté le 12-07-2016 à 23:08:06   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le réseau faire vivre lance un appel pour une candidature communiste en 2017.
Nous publions ci-dessous la présentation de Gilbert Remond et l'appel.
Nous ferons suivre par une contribution des Editions Prolétariennes



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Ils prennent le large pendant que nous tournons en rond dans un manège sécuritaire

Cette année, le jour le plus long était celui de la manifestation la plus courte. C'était le 23 juin. Alors que des milliers de manifestants qui avaient réussi a passer les barrages filtrants dressés par les forces de l'ordre tournaient en rond pour défendre leurs acquis, des millions de sujets britanniques sortaient du cirque européens dressé en prison des peuples, pour regagner leur souveraineté par décision référendaire. Opération Overlord à l'envers contre opération maintient de l'ordre, tout un programme se dépliait sous nos yeux!
Mais aussi quel symbole par contre coup! Pendant que les manifestants parisiens étaient contraint a limiter leurs pas au parcourt d'un bassin pour bateaux de plaisance, d'autres sujets rembarquaient dans les ferrys pour un adieux aux euro conditionnements austéritaires sous influences de la banque centrale .

La grande Bretagne rentrait dans la maison d’Angleterre, celle d'une démocratie bourgeoise de première main en voie de désuétude, qui fut au temps de sa splendeur, la première puissance économique mondiale et par voie de conséquence dialectique, le lieu de développement d'un mouvement syndicale puissant et aguerrit, les trad-unions . elle était, en effet, avant que ne souffle la tornade libérale réactionnaire des Thatcher et autres Blaire un pays de chartes sociales et d'acquis sociaux avancés , performance ambiguës certes mais qui ne peut toutefois jamais s'effacer totalement, laissant les souvenirs de jours heureux ,créateurs d'autres succès de par leur dynamiques latentes.

Sous les pavés , la plage, disions nous a l’époque des barricades du quartier latin. Sous la dureté des réformes-destructions, ces pavés nécessaires à la voiries des profits capitalistes, reste quelque chose, telle une plage ou se dessine la mémoire et les coutumes.
Bonne ou mauvaises, ces dernières n'en demeurent pas moins le substrat de visages souriants que l'on cherche a retrouver, tel celui d'Aline, la pale héroïne d'une chanson de mon adolescence que chantait Christophe, visage entrevu et esquissé avant l'orage. Cela s'appelle une trace. Forcément une trace fait retour dans l’emballage que nous présente le réel des rapports sociaux, car demeure l'antagonisme dominant qui existe entre possesseur des moyens de productions et producteurs.

" Cela vient du fait que les forces productives engendrées par le mode de production capitaliste moderne ainsi que le système de répartition des biens qu'il a créé sont entrés en contradictions flagrantes avec ce mode de production lui-même, et cela à un degré tel que devient nécessaire un bouleversement du mode de production lui même et de répartition éliminant toutes différences de classes, si l'on ne veut pas voir toute la société moderne périr" . ( Engels anti During)

Certes avec le Brexit, le mode de production et de répartition n'est pas bouleversé au sens de ce que peut en attendre la théorie marxistes, mais le bouleversement qu'il provoque équivaut a une amplitude forte contre système construit par les monopoles capitalistes. Du coup on aura beau qualifier cette sortie de sortie par la droite, il n'en demeura pas moins qu'elle s'est exprimée principalement dans les milieux populaires et qu'elle exprime les prémisses d'une nécessaire reprise de possession par ceux ci de leurs histoire avant de pouvoir la poursuivre dans le sens des luttes pour l'émancipation. Conscience en demie teinte me direz vous. Conscience aléatoire, marqué par une polarité droitière. Mais justement, il fallait prendre ce train, se saisir de cette opportunité pour entreprendre la suite du combat. En outre le mécontentement populaire contre les institutions européenne s'est appuyée sur les témoignages et la campagne de forces politiques situées a gauche telles le parti communiste dont je donne le communiqué plus bas et certains secteurs du syndicalisme comme celui des transports.

Il n'en demeure pas moins que cette décision ouvre une crise supplémentaire dans le camp de la bourgeoisie qui dans cette affaire comme dans d'autres, la loi Khomery pour rester dans l'actualité, se montre, fragilisé et divisée.
Pour autant ses divisions n'ont nullement empêché ses chiens de garde d' hurler tout azimut leur rage et leur mépris devant ce résultat. Trop sûr de leur science et de leur savoir, ils ne l'avaient pas vu venir, a l'instar d'Alain Minc qui dans Marianne s'est laissé aller a son morgue de classe en déclarant que le Brexit " c'est la victoire des gens peu formés sur les gens éduqués"

N'avions nous pas eu droit a un même déferlement ordurier quand en 2005 une nette majorité de nos concitoyens avait refusé la constitution européenne? En quelques jours, tout a été dit, tout a été utilisé, à commencer par notre président qui confiait au micro tendu pour l'occasion, un solennel " c'est un choix douloureux que je regrette profondément" a près quoi il pouvait enchainer en père sévère avec la détermination que nous lui connaissons, le châtiment qu'il convient a la situation avec les paroles suivantes" les procédures prévues par les traités seront appliqués c'est la règle, c'est la conséquence". Nous sommes prévenus, ils y a des conséquences a nos décisions démocratiques parce qu'existent des règles plus fortes, celle des traités à la signatures desquels les peuples sont exclus.

Mieux encore, France Inter parvenait à trouver un supporter britannique, qui après la défaite de son équipe face a l’Islande disait sa honte d'être mis à la fois à la porte de l’Europe et de l'euro. Son témoignage providentiel s'il en fût transformait un geste politique en une affaire de mauvaise meurs et de morale. Les commentateurs de la station, unis a ceux de l'ensemble des médias, nous noyaient pendant plusieurs jours dans un flot de jérémiades et de visons apocalyptiques. Effondrement, déprime totale, erreur grave, folie économique, coup d'arrêt majeur à la construction européenne qui auras un impacte sur l'emploie, légèreté de Cameron qui a joué avec le feu, échec tonitruant, séisme politique qui fait trembler les places financières, rien ne nous a été épargné. Ceux qui fabriquent l'information en ont fait des tonnes sans aucun scrupules.

La police de la pensée brassait a longueur de formule, la dernière doxa que nous avions obligation de croire . Il faut faire peur, mimer l'horreur du destin contrarier, boucher l'horizon à toute volonté alternative. Il faut surtout nous sidérer sous l'effet d'un message massue . Il faut laisser les experts penser a notre place, ne pas se mêler d'affaires auxquelles nous ne pouvons rien comprendre et surtout pas de dire que les faits sont palpables et non des" idées de tel ou tel théoriciens en chambre sur le juste et l'injuste".

Le résultat le plus tangible de cet événement et de la campagne qu'il permettait d'instrumentaliser, fût d'occulter l'information sur les atteintes aux libertés de manifester, orchestrées par notre exécutif, et le fond du débat sur la loi travail qui en était le motif. Ils ont été en cela relayés par la gauche de chez nous et singulièrement par la direction de notre parti qui ne voit toujours rien venir et surtout ne veux pas remettre en cause ses schémas sur la structure de l'union européenne qu'elle appelle toujours a transformer.

Son représentant au parlement européen, le Hyaric, qui écrivait dans l'huma dimanche du premier juillet : " Les forces du capital, avec leur mandataire politique et médiatique, ne veulent surtout pas qu'un débat s'engage autour d'un projet européen alternatif. C'est pourtant la question qui est posée ! Les dirigeants européens actuels gesticulent, palabrent, menacent, pour préserver leur système. On veut ici renforcer la seule zone euro autour d'un petit groupe de pays, là, comme Mme Merkel, changer les traités pour « renforcer le contrôle sur la politique financière et économique ». Nulle trace des préoccupations populaires dans leurs propositions. Nulle trace d'une quelconque autocritique des politiques passées. On nous disait que c'était l'Angleterre qui poussait l'Europe vers l'ultralibéralisme." il faut toujours et encore s'engager autour d'un projet alternatif européen.Rien ne compte donc que "cette impossible refondation" qui ronronne dans une indigence de pensée critique désarmante.

La direction du parti n'a d'yeux que pour la gauche qu'elle se fait fort de rassembler pour les présidentielles de 17 qu'elle croit pouvoir dépasser dans les législatives en s'effaçant au profit d'un homme providentielles. La mobilisation contre la loi travail, durent depuis quatre mois sans qu'elle donne le sentiment de l'entendre. C'est tout juste si le 37è congres lui a laissé une place dans ses travaux . Celle -ci se manifestait sous la forme du spectacle par quelques minutes d'ovations adresser au secrétaire de la CGT dans un interlude chaleureux. Pour le reste il était urgent de parler des primaires et de leur remplaçantes appelées"votation citoyenne". D'ailleurs nous n'en sortons pas.
A l'assemblée Valls revient avec sa loi et son 49 3, nous courrons derrière une improbable motion de censure, c'est a dire les 58 députés nécessaire a son dépôt avec une naïveté déconcertante . La droite s'abstient Bayrou dénonce cette désertion mais Pourquoi faut-il que ce soit Bayrou qui le dise? Que ballent la gauche et ses frondeurs? Quatre qui sortent quatre qui rentrent. Nous en restons toujours a 56 c'est a dire a moins deux et après cela comme le chantait Brel dans Bruxelles "ont voudrait que je sois sérieux"! Brel disait" c'était au temps où Bruxelles chantait"? Ben oui et nous maintenant on déchante car c'est de là que partent tous les mauvais coups contre les classes populaires! ( ce constat ne dédouane pas pour autant le medef qui sait très bien utiliser ce canal pour imposer par la bande ses mauvais coups) Un partisan de la direction me répondait "Bayrou est un enfumeur qui sait très bien que la droite est d'accord avec la loi!"

Non La droite n'est pas d'accord avec la loi. Elle ne va pas assez loin à son goût. Pour elle, il s'agit tout juste d'un préliminaire à de plus sombres atteintes pour quand elle retournera au pouvoir. C'est d'ailleurs a quoi sert le PS : enlever les gardes fous résultant des luttes pour ouvrir la voie aux gros bataillons de la droite dure et a leurs projets. Bayrou n'enfume pas d'avantage que ses petits amis du PS quand ils laissent entendre qu'ils sont contre la loi mais se débinent quand il faut agir. La responsabilité du front de gauche dans cette affaire est de laisser croire qu'une entente reste possible avec de tels clowns. Les frondeurs finissent toujours a Versailles. Ils prétendent lutter contre l'arbitraire mais se retrouvent avec la livré du courtisant en fin de parcourt: C'est la leçon de l'histoire. Versailles n'avait-t-il pas été conçu a cet effet: regrouper la noblesse dans un lieu de prestige pour la garder sous contrôle du souverain?

Aujourd'hui, la cour s'est déplacée au parlement où les charges législatives avec leurs investitures jouent le rôle des prébendes sous la monarchie. Ainsi se tiennent tranquilles les petits barons du PS comme tous ceux qui lui doivent leur élection. Et nous devrions attendre l'arme au pied le mois de novembre pour décider de notre attitude et quoi faire dans les luttes qui se déroulent dans le pays?

C'est a cette situation que le réseau" faire vivre le pcf" répond par le communiqué qui demande la réunion d' une conférence nationale des communistes après l'avoir analyser. Il conclue :"la solution ne viendra ni des frondeurs, ni de Jean-Luc Mélenchon, ni d’un présidentiable improbable. Prenons nos décisions en toute autonomie. Il est urgent que le débat s’ouvre sur une candidature communiste à la présidentielle. Nous avons beaucoup de communistes expérimentés capables de mener cette bataille, et un résultat significatif, meilleur qu’en 2002, est à notre portée tant la colère populaire contre le gouvernement est forte.

La direction du PCF ne peut continuer à occuper les communistes jusqu’en Novembre pendant qu’elle négocie avec le PS le soutien à un frondeur contre quelques places hypothétiques aux législatives".

Gilbert Rémond


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Pour une conférence nationale des communistes dès la rentrée


Jeudi 7 juillet 2016, par lepcf.fr ,


Quelques semaines après le congrès du PCF, la réalité vient percuter des décisions de congrès prises en dehors des réalités politiques.

Lutte contre la loi El Khomri, Brexit, préparation des échéances 2017... autant de sujets sur lesquels les communistes doivent se positionner rapidement.

Nous demandons donc la convocation d’une conférence nationale extraordinaire dès la rentrée pour placer les communistes à l’offensive pour mener la bataille communiste de 2017 dans la perspective de la reconstruction d’un grand parti communiste.

Au niveau européen, le brexit est un véritable coup de pied dans la fourmilière européenne
, témoignant du rejet récurrent de la construction européenne par les peuples. Les catégories populaires ont fait basculer le vote mettant en porte à faux une gauche chantre de « l’Europe sociale » et une droite dure, mais elles restent sans débouché progressiste immédiat. La droite britannique renforce sa politique de dumping et sur le continent les « fédéralistes » accélèrent leur course vers un nouvel empire capitaliste européen.

Dans cette situation, la position du PCF est toujours plus inaudible pour les travailleurs. Coincé entre l’Union Européenne de droite et la sortie de droite, la refondation d’une « Europe de gauche » nous place en accompagnement de François Hollande. Même Fillon et Sarkozy parlent de refondation ! Il est urgent d’affirmer qu’il existe une sortie progressiste de la dictature européenne , que le PCF porte une perspective de rupture avec les institutions de l’UE et ses traités, pour d’autres coopérations entre nations souveraines, pour mettre le socialisme à l’ordre du jour en France.

A l’international , la montée des guerres, les bruits de bottes sur toute la planète, les agressions occidentales contre tout régime politique qui ne se soumet pas aux multinationales, l’affrontement qui grandit contre les Brics, tout appelle à un puissant mouvement pour la paix, la sortie de l’OTAN, la dénonciation de médias aux ordres, la bataille pour le droit des peuples à décider de leur destin. Dans ces conditions, le PGE soumis aux institutions européennes nous éloigne des partis communistes et des luttes des peuples contre l’impérialisme occidental.

Concernant l’élection présidentielle de 2017, ce sera un moment fort de l’affrontement politique. Dans le rapport des forces actuel, elle conduira inévitablement à l’aggravation des politiques menées au service du capital, à l’intégration toujours plus forte dans les diktats européens, à la dérive autoritaire des gouvernements, quel que soit son résultat. Le mouvement social montre la voie mais aussi la réalité des rapports de forces. L’urgent pour le monde du travail est de conforter sa capacité de résistance, d’autonomie, d’engagement dans la durée et l’effort pour rouvrir une issue politique progressiste.

Au contraire, la déclaration de syndicalistes dont des dirigeants communistes, avec des chefs d’entreprise, reprenant le ’ça va mieux’ de Hollande, appelant à la relance du ’dialogue social ’ pour ’ retrouver une cohésion sociale et économique dans notre pays ’ est un véritable coup de poignard dans le dos des manifestants.

Dans ce contexte, hélas, ce que nous prévoyions dès le congrès se vérifie . Le parti socialiste annonce pour fin janvier sa primaire à deux tours avec Hollande. Les frondeurs y participeront. Pour la deuxième fois, ils viennent de nous jouer la comédie de la motion de censure. La primaire de gauche, citoyenne ou pas, est bien morte, il serait temps que notre direction en prenne acte. Or, Pierre Laurent court après Montebourg, préparant de fait une participation à la primaire du PS avec François Hollande. Marie Georges Buffet soutient Mélenchon qui signe l’acte de décès du front de gauche, clôt la discussion avec le PCF, annonce des candidats aux législatives dans toutes les circonscriptions. La direction de notre parti est enfermée dans l’impasse qu’elle a imposée au congrès, incapable de porter un point de vue communiste dans la bataille décisive encours. En attendant la fin de l’année, elle rend impossible aux communistes de décider de présenter une candidature aux présidentielles, affaiblissant toutes les candidatures communistes aux législatives.


Le congrès nous laisse bien dans une impasse stratégique, qui peut conduire tout à la fois à l’éclatement du PCF et à son effacement dans la social-démocratie.

L’élection présidentielle de 2017 peut être une étape pour ouvrir la voie
, prolongeant le mouvement contre la Loi El Khomri qui montre la possibilité et la pertinence de la résistance, contribue à une prise de conscience nouvelle quant au combat et à l’engagement nécessaire pour battre ces politiques qui veulent mettre les peuples à genou. Il appelle à un effort d’organisation, de réflexion et d’action collective permanent qui est la responsabilité essentielle d’un parti communiste.

Dans ces conditions une candidature communiste à la présidentielle trouverait tout son sens. Affirmant que toute issue politique est étroitement liée au changement de société, à l’affrontement contre la grande bourgeoisie, elle permettrait de redonner confiance dans l’utilité d’un grand parti communiste. Elle s’inscrirait dans une vision d’avenir du combat politique, dégagé du présidentialisme et de l’électoralisme. Elle serait un moment clé pour unir et renforcer l’organisation des communistes.

En conclusion, la solution ne viendra ni des frondeurs, ni de Jean-Luc Mélenchon, ni d’un présidentiable improbable. Prenons nos décisions en toute autonomie. Il est urgent que le débat s’ouvre sur une candidature communiste à la présidentielle. Nous avons beaucoup de communistes expérimentés capables de mener cette bataille, et un résultat significatif, meilleur qu’en 2002, est à notre portée tant la colère populaire contre le gouvernement est forte.

La direction du PCF ne peut continuer à occuper les communistes jusqu’en Novembre pendant qu’elle négocie avec le PS le soutien à un frondeur contre quelques places hypothétiques aux législatives.

Une conférence nationale extraordinaire doit être convoquée dès la rentrée pour placer les communistes à l’offensive pour mener la bataille communiste de 2017 dans la perspective de la reconstruction d’un grand parti communiste.

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Xuan
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Pour une candidature communiste, pour un programme communiste.


Editions Prolétariennes

Sur la candidature communiste


En fait la primaire voulue par P. Laurent et la direction du pcf n’est pas gratuite. Ce qu’on appelle la ligne liquidatrice consistant à vider le pcf de son caractère de classe et le faire représenter par un avocat consensuel, un porte-parole acceptable par la bourgeoisie, est une tactique électoraliste inséparable du but réformiste. Peut-on dire qu’il n’y a là ni programme ni orientation ? Oui du point de vue communiste, mais pas du point de vue du maintien de la société capitaliste.

Cette liquidation n’est pas une nouveauté. Si les principes marxistes-léninistes sont passés progressivement à la trappe, le rassemblement autour d’un politicien bourgeois dit « de gauche » est la continuation d’une longue pratique, initiée nous l’avons vu dès 1965.
A cette occasion les communistes regroupés dans la Fédération des Cercles Marxistes-léninistes avaient lancé le mot d’ordre « Ni De Gaulle, ni Mitterrand ! Je vote communiste ! »


L'HUMANITÉ NOUVELLE numéro spécial - 15 novembre 1965 -
Organe mensuel de la Fédération des Cercles Marxistes-Léninistes



Plus de cinquante ans se sont écoulés depuis et la situation n’est pas identique. Pour autant l’appel à une candidature communiste s’oppose toujours avec force à la ligne révisionniste.

De la même façon que la tactique liquidatrice électoraliste est liée à la stratégie de réforme du capitalisme, l’appel à une candidature communiste correspond naturellement à un objectif stratégique révolutionnaire.
Cet objectif et cette candidature sont déterminés par la situation actuelle de la lutte des classes en France et par les contradictions entre pays impérialistes, notamment l’hégémonie US et le carcan européen. Pour résumer quelques caractéristiques de cette situation :



La lutte de classe en France s’accentue, le peuple a démasqué le caractère réactionnaire du parti socialiste, la classe ouvrière relève la tête et renoue avec la violence de masse, démontrant par l’action son poids décisif dans les forces productives et sa capacité à diriger la révolution.

La bourgeoisie ne s’embarrasse plus des formes démocratiques bourgeoises, remplacées par le matraquage médiatique, bafoue le parlementarisme, réprime les manifestations pacifiques, et cherche à briser le syndicalisme de classe. Faute d’abuser le peuple elle se tourne vers la fascisation.

Dans le même temps l’échec de la voie électorale au socialisme accélère sa remise en question par les communistes, et nous appelle à renouer collectivement avec le marxisme-léninisme, à reconstruire le parti de classe du prolétariat.

Seul le socialisme peut constituer une « sortie du capitalisme », seule une révolution (dont nous ignorons encore la forme qu’elle prendra) peut renverser l’Etat bourgeois et instaurer une démocratie populaire, le socialisme en France.

Concernant l’Europe, tous les événements de ces dernières années démontrent qu’aucune réforme ne peut modifier sa nature de prison des peuples, qui la rejettent avec force. Nous devons briser ses règles.

Là aussi la ligne réformiste incarnée par P. Laurent et la direction du pcf est condamnée par les faits, le réseau s’oppose justement à cette ligne et milite pour la sortie de l’Europe.

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Sur la dénonciation des traités européens


Concernant l’objectif de sortie de l’Europe du Capital, nous devrions examiner non seulement l’identité des situations comme l’appartenance commune à l’Europe et au système capitaliste, la soumission des peuples à ses règles et leur opposition généralisée, mais aussi les spécificités propres à chaque pays, à son histoire et à sa position dans les rapports de domination européens.

Sinon, et indépendamment du psychodrame que nous jouent les classes dirigeantes à chaque camouflet populaire, on ne peut pas comprendre pourquoi un référendum est bafoué ici, écrasé là et admis bon gré mal gré ailleurs.

La puissance financière de la Grande Bretagne lui a permis de toujours conserver un pied en dehors de l’Europe, de conserver sa monnaie nationale, et de défier les exigences franco-allemandes, jusqu’à la dernière négociation où Cameron s’est fait snober. Soyons attentifs aux développements du Brexit, certainement riches en enseignements, en tenant compte de cette situation particulière.

A l’inverse la Grèce, position stratégique pour l’OTAN, dominée par l’Allemagne, mais aussi par les banques et assurances françaises, a été interdite de référendum, puis sévèrement punie pour avoir brisé cet interdit. La Grèce est sous la botte européenne et les luttes de classe dans ce pays sont également dirigées contre les oppresseurs étrangers dont fait partie notre pays. Il appartient aux communistes grecs de définir les caractéristiques de cette lutte à la fois nationale et anti capitaliste.


S’agissant encore des classes dirigeantes et non des peuples, la France est avec l’Allemagne un pays fondateur, un pilier, en même temps qu’un oppresseur et non une victime de l’Europe.

Il faut se rappeler comment, lors de la crise des monnaies souveraines en en plein « plan de sauvetage », les bourgeoisies française et allemande se sont assises sur les institutions européennes pour rappeler à l’ordre la Grèce de Papandréou le 2 novembre 2011, et comment les banques françaises ont sabordé l’économie italienne le 30 octobre et contraint Berlusconi à s’éclipser moins de quinze jours après.

Il y a un an, c’est la France sur le conseil de Delors qui s’est opposée au Grexit, et a imposé son point de vue conforme aux intérêts géostratégiques de l’OTAN.

Il existe aussi une concurrence et une rivalité pour le leadership, tenu actuellement par l’Allemagne. Ce sont des contradictions entre pays impérialistes.

La grande bourgeoisie monopoliste française est farouchement attachée à l’Europe. Partie prenante et co-initiatrice des accords européens, elle ne s’y oppose pas même timidement, et cette construction est aussi vitale pour elle que son propre pouvoir d’Etat.

Exception faite de certains groupes nostalgiques du gaullisme, ou de la démagogie souverainiste du FN, et sauf bouleversement de situation, il n’existe pas de parti représentant des intérêts monopolistes anti européen et susceptible de gouverner. De sorte que la grande bourgeoisie est unie autour du projet européen, avec les mêmes intérêts et la même détermination que pour le maintien de sa domination de classe. Il n’y a pas de place dans notre pays pour un capitalisme sorti de Bruxelles, seul le socialisme est la solution au carcan européen.


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L’appel du réseau faire vivre et nos objectifs


L’appel du réseau faire vivre dit notamment ceci :

« Il est urgent d’affirmer qu’il existe une sortie progressiste de la dictature européenne , que le PCF porte une perspective de rupture avec les institutions de l’UE et ses traités, pour d’autres coopérations entre nations souveraines, pour mettre le socialisme à l’ordre du jour en France. » […]

Et plus loin :
« Dans ces conditions une candidature communiste à la présidentielle trouverait tout son sens . Affirmant que toute issue politique est étroitement liée au changement de société »

Ces positions sont en opposition avec la ligne révisionniste. Pour autant le débat reste nécessaire entre nous sur certains points.

La formulation sortie progressiste de la dictature européenne n’est pas satisfaisante (comme d’autres formulations du genre « sortie par la gauche », etc.), même en ajoutant pour mettre le socialisme à l’ordre du jour en France . Parce que le lien entre cette « sortie progressiste » et le socialisme n’est pas clair du tout.

La « sortie progressiste » de l’Europe consiste non pas à mettre le socialisme à l’ordre du jour en France mais à mettre en place une république socialiste simultanément à la sortie de l’Europe.

Parce qu’entre mettre quelque chose « à l’ordre du jour » et le « mettre en place » il y a le fossé qui sépare le projet de sa réalisation, et que le projet du socialisme est déjà à l’ordre du jour depuis longtemps dans notre pays. Pour ainsi dire depuis la Commune de Paris.

Il serait plus approprié de proposer comme slogan « pour sortir de la dictature européenne, la démocratie populaire : le socialisme » , par exemple.

En effet on ne peut pas envisager de dénoncer les traités européens sans appliquer instantanément une mainmise totale sur les flux financiers, en laissant la direction des corps répressifs et des instruments de propagande aux mains de la bourgeoisie, ce serait suicidaire.

L’autre phrase « Affirmant que toute issue politique est étroitement liée au changement de société » n’est pas satisfaisante non plus. Parler de « changement de société » a été tellement galvaudé que ça n’a plus aucun sens. Quitte à se répéter il faudrait dire « il n’y a pas d’issue dans la société capitaliste, il faut une France socialiste ».


Concernant l’objectif tout-à-fait légitime « d’autres coopérations entre nations souveraines », il faudrait faire explicitement référence aux cinq principes de la coexistence pacifique :

Respect mutuel de l’intégrité territoriale et de la souveraineté
Non-agression mutuelle
Non-immixtion mutuelle dans les affaires intérieures
Egalité et avantages mutuels
Coexistence pacifique


Enfin, si l’actualité focalise naturellement notre attention sur la loi Travail et la sortie de l’Europe, il ne faut pas négliger la sortie de l’OTAN qui doit nécessairement figurer dans nos objectifs, y compris dans nos revendications politiques immédiates.

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