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 BNP Paribas accusée de "complicité de génocide"

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Xuan
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   Posté le 29-06-2017 à 20:00:38   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

BNP Paribas visée par une plainte pour "complicité de génocide"


Publié le 2017-06-29 à 21:38 french.xinhuanet.com


PARIS, 29 juin (Xinhua) -- Trois associations ont annoncé jeudi avoir déposé une plainte à l'encontre de la banque française BNP Paribas qu'elles accusent d'avoir "participé au financement de l'achat de 80 tonnes d'armes ayant servi à la perpétration du génocide rwandais" qui a causé la mort de 800.000 Tutsis entre avril et juillet 1994.

L'association anti-corruption Sherpa, le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR) et Ibuka France se sont constituées partie civile. Dans un communiqué, elles accusent la banque de "complicité de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre" pour avoir financé un achat d'armes au profit du gouvernement hutu de Kigali en juin 1994, en plein génocide des Tutsis et en violation d'un embargo onusien.

Selon ces associations, BNP Paribas a "participé au financement de l'achat de 80 tonnes d'armes, ayant servi à la perpétration du génocide" , alors "que la banque ne pouvait douter des intentions génocidaires des autorités du pays pour qui elle a autorisé le transfert" de fonds en juin 1994, selon un communiqué qui confirme une information du journal Le Monde et de franceinfo.

"Nous apprenons par voie médiatique le dépôt d'une plainte" , a déclaré un porte-parole de BNP Paribas joint par l'AFP. "A l'heure actuelle, nous ne disposons pas des éléments suffisants la concernant pour être en mesure de la commenter" , a-t-il ajouté.

Contacté par Le Monde, le directeur de la communication de BNP Paribas, Bertrand Cizeau, s'est refusé à tout commentaire. "Nous n'avons pas pris connaissance du contenu de cette plainte et il m'est difficile de réagir compte tenu de la gravité des faits" , a-t-il répondu.

Les trois associations affirment que la BNP, devenue depuis BNP Paribas, a "autorisé en juin 1994 deux transferts de fonds du compte, que la Banque nationale du Rwanda (BNR) détenait chez elle, vers un compte de la banque suisse UBP" au nom de Willem Tertius Ehlers, un intermédiaire sud-africain "propriétaire à cette époque d'une société en courtage d'armes nommée Delta Aero" .

Selon elles, ces transferts du 14 et du 16 juin, pour plus de 1,3 million de dollars (1,1 million d'euros), sont intervenus alors que l'ONU avait décrété depuis un mois un embargo sur les livraisons d'armes au Rwanda, où avait débuté le génocide des Tutsis qui fera 800.000 morts entre avril et juillet 1994.

Le lendemain, M. Ehlers et le colonel Théoneste Bagosora, un militaire rwandais hutu depuis condamné par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), auraient conclu une vente d'arme aux Seychelles aux côtés d'intermédiaires zaïrois, affirment les associations. "Arrivées à Goma, ville zaïroise frontalière du Rwanda, les armes auraient traversé la frontière et été transportées jusqu'à Gisenyi au Rwanda" , poursuit le communiqué.

Selon les associations, la destination finale des armes - essentiellement des Kalachnikovs, des munitions, des grenades et des mortiers - ne peut guère faire de doutes pour la BNP puisque c'est la Banque nationale du Rwanda qui lui demande le paiement de la somme de 1,3 million de dollars sur le compte suisse de M. Ehlers à l'Union bancaire privée de Genève, qui elle-même règle ensuite le gouvernement des Seychelles sur un compte américain hébergé à la Federal Reserve Bank of New York.

Cette plainte est inédite dans la mesure où les faits - imprescriptibles pour cause de génocide - remontent à 23 ans, mais aussi parce qu'elle vise, non pas des personnes physiques, acteurs politiques ou militaires comme cela a été le cas jusqu'à présent, mais une société privée internationale.

L'argumentation de la plainte déposée par les associations repose sur le fait que la notion de "complicité" de BNP Paribas n'implique pas une intentionnalité de la banque de participer au génocide rwandais, ni le fait de partager les objectifs des auteurs du génocide, mais seulement une connaissance des conséquences des actes commis.

Environ 25 dossiers liés au génocide au Rwanda sont actuellement instruits en France par un pôle d'enquêteurs et de magistrats spécialisés sur les crimes contre l'humanité. Ce dernier a été créé face à l'accumulation des plaintes concernant ce génocide, dont plusieurs auteurs s'étaient réfugiés dans l'Hexagone.

La revue XXI a par ailleurs publié mercredi une enquête affirmant que les autorités françaises ont sciemment réarmé les responsables du génocide des Tutsis en1994, violant ainsi l'embargo sur les armes décrété par l'ONU.

L'association Survie a d'autre part relancé mercredi sa plainte contre X de 2015 en se constituant partie civile, afin de faire la lumière sur de possibles livraisons d'armes de la part de la France aux génocidaires rwandais.

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Xuan
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   Posté le 30-06-2017 à 11:41:57   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Rwanda : "On nous a demandé de livrer des armes aux génocidaires dans les camps de réfugiés" , affirme un ancien officier de l'armée française



Un ancien officier de l’armée de terre affirme, jeudi, sur franceinfo, que ses supérieurs lui ont clairement demandé de "livrer des armes aux génocidaires dans les camps de réfugiés" .



Alors que l'association Survie a déposé, récemment, à Paris, une plainte contre des responsables politiques et militaires français pour "complicité de génocide et complicité de crimes contre l’humanité" , lors du génocide au Rwanda, en 1994 , Guillaume Ancel, ancien officier de l’armée de terre, affirme, ce jeudi, sur franceinfo, que ses supérieurs lui ont clairement demandé de "livrer des armes aux génocidaires dans les camps de réfugiés."

Guillaume Ancel a pris part à l'opération Turquoise au Rwanda, en 1994, en tant que capitaine du 2e régiment étranger d'infanterie. Il a ensuite été en mission à Sarajevo pendant le siège de la ville, en 1995 (une expérience qu'il raconte dans Vent glacial sur Sarajevo, publié aux Belles Lettres). Il a quitté l'armée en 2005, et travaille aujourd'hui dans le secteur privé.

franceinfo : Que vous inspire cette plainte contre les responsables politiques et militaires français de l'époque ?

Guillaume Ancel : Force est de constater que, 23 ans après le génocide des Tutsis au Rwanda, nous ne connaissons toujours pas le rôle que la France a joué, et je pense qu'il serait grand temps qu'on arrête de raconter aux Français ce qu'ils doivent en penser et qu'on leur permette de juger par eux-mêmes. C’est-à-dire d'ouvrir les archives, de faire la lumière sur ce qu'il s'est passé, et d'arrêter d'être dans ce déni permanent d'une réalité à laquelle, moi, j'ai assisté.

Je ne vais prendre qu'un exemple : j'étais officier détaché dans une unité de la Légion étrangère, quand nous sommes partis dans cette opération humanitaire. La première partie de l'opération était clairement destinée à remettre au pouvoir le gouvernement génocidaire. On pourrait dire que l'on n'en avait pas parfaitement conscience, alors, qu'en réalité, la DGSE avait largement informé le gouvernement de l'époque. Dans la deuxième partie, quand on a enfin renoncé à remettre au pouvoir ce gouvernement génocidaire, on a juste protégé sa fuite en créant une zone humanitaire.

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Non seulement les génocidaires ont pu tranquillement aller se réfugier au Zaïre [aujourd'hui République démocratique du Congo] mais, en plus, on les a laissés organiser l'exode de leur population, qui a quand même dû faire 100 000 morts supplémentaires. Et puis, c'est l'épisode, à mon avis, le plus indéfendable parce que ce n'est pas un sujet de confusion ou de manque de clairvoyance, c'est pour moi, un sujet de complicité de génocide : on nous a demandés de livrer des armes aux génocidaires dans les camps de réfugiés. Moi j'ai assisté à une de ces livraisons, c'était la deuxième quinzaine de juillet 1994 : je revenais d'une opération d'extraction qui s'était mal passée. Quand j'arrive sur la base, le commandant adjoint du détachement me demande de détourner l'attention des journalistes parce que, je le cite, "un convoi d'armes va partir vers le Zaïre" .

Je fais ce qu'il m'a demandé parce que je n'ai pas eu le temps de réagir plus que ça, et, le soir, au débriefing, qui est évidemment très dur, je demande des explications sur ce sujet. Là, j'entends les commandants du groupement m'expliquer sans y croire qu'en fait, on livre des armes à ces hommes qui ont conduit des massacres parce qu'il faut éviter qu'ils se retournent contre l'armée française. Ce n'est pas en les réarmant qu'on les rendra moins dangereux, et je comprends, à ce moment-là, qu'ils ne font qu'exécuter des directives qui viennent du plus haut niveau de l'Etat. Il y a eu un manque total de clairvoyance du gouvernement de cohabitation de l'époque et, maintenant, ils s'enferment dans un déni total plutôt que d'oser expliquer aux Français les décisions qu'ils ont prises à l'époque.

Il n'y a qu'un point qui m'ennuie un petit peu dans les mises en accusations dont on a parlé : je trouve un peu dommage qu'on s'en prenne à mes compagnons d'armes. Je suis solidaire d'eux, parce que, de toute façon, j'ai participé à ses actions, mais je pense qu'ils ont fait ce qu'on attendait d'eux. Même si un officier est forcément responsable des ordres qu'il donne, il faut se rappeler qu'on était dans le cadre d'une politique qui était décidée au plus haut sommet de l'Etat.

Vous dites que les militaires n'avaient pas le choix, qu'ils devaient obéir ?

La Revue XXI a révélé ce que même moi j'ignorais, c'est à dire qu'il y a des officiers beaucoup plus courageux que moi qui ont rapporté au plus haut niveau de l'état-major français qu'ils étaient contre cette politique et qu'ils ne comprenaient pas pourquoi on nous demandait de livrer des armes aux génocidaires dans des camps de réfugiés. Ce rapport arrive à l'Elysée, et un homme de l'Elysée, "H.V.", sans doute Hubert Védrine, met cette mention terrifiante : "Appliquez la directive." Vous vous rendez compte de ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'il y avait une directive de fournir des armes à des génocidaires dans des camps de réfugiés alors qu'on est sous un mandat humanitaire de l'ONU.

Hubert Védrine, devant la commission de la défense, le 16 avril 2014, a reconnu que des livraisons d'armes s'étaient bien poursuives depuis le début du massacre, tout en disant que cela n'avait rien à voir avec le génocide. Qu'en pensez-vous ?

Ce n'est pas la peine d'avoir fait Saint-Cyr pour comprendre, quand on arrive sur un territoire, que les gens qui ont du sang jusqu'aux coudes, et qui se vantent des massacres qu'ils ont conduit – on en a eu l'exemple dans les collines de Bisesero, où l'on a vu les forces gouvernementales massacrer la population civile –, que les gens que l'on nous demande d'aider sont ceux qui organisent les massacres. Ce qui explique la totale réticence de l'armée française. Aujourd'hui, on les a mis dans une situation extrêmement délicate parce que, en gros, pendant 22 ans ils ont été obligés de couvrir ce secret d'Etat. Maintenant, c'est délicat de leur demander de raconter la réalité qu'ils n'ont jamais pu dire pendant toutes ces années. Très clairement, on avait toutes les informations pour changer de politique, et si cela n'a pas été fait, cela doit être justifié par des raisons que je ne comprends toujours pas.

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   Posté le 02-07-2017 à 16:22:11   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

ca fait depuis 1994 qu on sait pertinemment que Mitterrand a armé les milices Interhamwe.

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