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 Mitterrand et Le Pen …. le couple infernal

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Finimore
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   Posté le 04-03-2015 à 06:46:47   Voir le profil de Finimore (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Finimore   

Mitterrand et Le Pen …. le couple infernal ou comment la social-démocratie a pavé la route du FN

Lors des élections cantonales qui se déroulent les 14 et 21 mars 1982, Jean-Pierre Stirbois obtient au nom du Front National 12,6% à Dreux (Eure et Loir).

Mitterrand et la social-démocratie, responsable aussi de la montée du FN
En juin 1982, Le Pen président du FN demande à être plus visible dans les médias. Mitterrand fait pression sur le ministre de la communication pour que dans les médias, le FN soit mieux traité. (Sur le sujet de la responsabilité de la social-démocratie dans la montée du FN, lire le « Rapport politique du 3ème Congrès du PCOF –de Mars 1989- page 67 du sous-chapitre « Le phénomène Le Pen et le processus de fascisation ».
Le PCOF republiera en avril 1989 « Le phénomène Le Pen et le processus de fascisation » sous forme de brochure.).

Réhabiliter les généraux putschistes
Le 29 septembre 1982, un an et demi après l’élection de Mitterrand, le chef du gouvernement Pierre Mauroy présente au Conseil des ministres un projet de loi « relatif au règlement de certaines conséquences des événements d’Afrique du Nord ». Le président avait déclaré quelques jours plus tôt : « Il appartient à la nation, au bout de vingt ans, de pardonner. » -sources : http://ldh-toulon.net/la-rehabilitation-des-generaux.html

Des désaccords autour de l'amnistie des généraux putschistes apparaîtrons au sein du PS en octobre 1982
http://www.live2times.com/1982-desaccord-socialiste-autour-de-l-amnistie-des-generaux-putschistes-e--10422/#OyEw2VTZi2S5kugK.99

Le Pen à la télé
En février 1984, Mitterrand intervient auprès d’Antenne 2 pour que Jean-Marie Le Pen puisse bénéficier d’un plus grand passage dans les émissions télévisées.
Le 13 février 1984, Le Pen est pour la première fois invité à L'Heure de vérité, trois mois avant les élections européennes de 1984. Le FN avec 10,95 % des voix, voit sa première percée nationale.
C’est pour le FN une succession de succès électoraux, des législatives en 1986 (avec le scrutin proportionnel permet au Front national d'obtenir 35 députés. Le PS de Mitterrand utilise largement Le Pen pour essayer de diviser la droite et avec le « front républicain » de gagner électoralement face à lui.
La droite classique va constamment oscillé entre des accords locaux avec le FN et une position nationale moins ouvertement favorable à ses positions. Entre les deux tours des élections présidentielles de 1988, il y aura même une rencontre entre Jean-Marie Le Pen et….Jacques Chirac.
De Le Pen au second tour des présidentielles de 2002 face à… Chirac aux résultats du FN regroupé autour de Marine Le Pen aux européennes du 25 mai 2014, nous avons là, les conséquences :
-des trahisons de la gauche au pouvoir ;
-des connivences et du partage des conceptions idéologiques d’une partie de la droite avec le FN ;
-de l’approfondissement de la crise (économique, idéologique) du capitalisme et du chômage ;
-de la crise de la représentation politique de la classe ouvrière, de l’abstentionnisme ouvrier ;
-de l’absence d’alternative politique en terme de système et de société, depuis la fin de l’URSS ;
-des attaques systématiques contre le marxisme et surtout de la révolution d’octobre 1917 ;
-de la confusion idéologique, des abandons de principes ;
-de la réhabilitation de thèses réactionnaire ou fascisantes, sous prétexte d’antitotalitarisme ;
-des campagnes chauvines et racistes contre la partie immigrée de la classe ouvrière dans le cadre de la défense de l’impérialisme français.


Edité le 04-03-2015 à 06:47:36 par Finimore




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Ni révisionnisme, Ni gauchisme UNE SEULE VOIE:celle du MARXISME-LENINISME (François MARTY) Pratiquer le marxisme, non le révisionnisme; travailler à l'unité, non à la scission; faire preuve de franchise de droiture ne tramer ni intrigues ni complots (MAO)
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   Posté le 16-03-2015 à 17:19:28   Voir le profil de Finimore (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Finimore   

Il serait totalement faux de laisser croire que le PS serait l'unique responsable de la montée du FN.
Dans le message précédent j'ai donné des éléments qu'il convient de préciser.

Mais qui est donc responsable ?

« La droite, comme la gauche, ont joué aux apprentis sorciers. Le Pen est le produit monstrueux de leurs manoeuvres, de leurs calculs, de leur politique anti-ouvrière et anti-populaire. » dit le PCOF dans « Le phénomène Le Pen et le processus de fascisation » en 1989 page 34.

« Les partis de droite se sont servis des groupes fascistes au moment de la guerre d'Algérie contre les peuples colonisés, en 1968 comme gros bras contre le mouvement populaire, et dans les années 1970 comme colleurs d'affiches. Elle n'en veut pas autrement. Par contre, dans leur lutte réactionnaire contre le socialisme et les idées de progrès, tant les Giscardiens que les Chiraquiens ont largement puisé dans les travaux de la "Nouvelle Droite". Comme il est écrit dans le numéro de juin 79 de la revue du G.R.E.C.E., "Eléments": "Par ses préoccupations, le Club de l'Horloge se situe dans la même mouvance que le G.R.E.C.E.. La grande affaire est de rompre positivement avec le marxisme, en opposant à une pensée condamnée par les faits, une autre pensée, fondée sur la réalité que découvrent les sciences de la vie ".
Pendant que certains "philosophes" parlent de vide idéologique, d'autres s'emploient à le combler avec de vieilles idéologies rebaptisées "nouvelles" qui, sous un jargon pseudo-scientifique (comme la sociobiologie ressemblent comme deux gouttes d'eau à l'élitisme, à la "théorie" des races de la période nazi-fasciste. Ces "nouvelles idées", des ministres comme Poniatowski (Intérieur), Beullac (Education nationale), Saunier-Seïté (Université en ont fait la source d'inspiration de leurs programmes. Avant 1981, les propagandistes de la "Nouvelle Droite" s'exprimaient à pleines pages dans des journaux à grand tirage, en particulier le "Figaro Magazine". » ( Le phénomène Le Pen… ) pages 19-20.

Un écho favorable…

« Il est certain que ces individus n'ont pu trouver un écho, du moins dans les milieux intellectuels, que dans la mesure où effectivement le Parti communiste avait abandonné sa stratégie révolutionnaire, son activité théorique et pratique pour une société socialiste, seule capable d'apporter un espoir et des perspectives aux travailleurs, aux intellectuels, à la Jeunesse. Le PCF, engagé dans un programme de gouvernement avec la social-démocratie, pour gérer la crise dans le cadre des Institutions fascisante de la Vème République, avait perdu toute volonté et toute capacité à mobiliser, à organiser les travailleurs et les forces progressistes, contre le retour des théories fascisantes. Certes, ces théories ne touchent qu'un milieu restreint avant l'élection présidentielle de 1981. Elles se sont heurtées à une forte opposition populaire. Elles ont cependant contribué à alimenter l'attaque généralisée contre le communisme, contre les idées progressistes et ont participé à créer un climat politique, dont, en fin de compte, bénéficièrent Le Pen et le F.N. » (Le phénomène Le Pen… ) pages 20-21.

La droite est aussi responsable du lancement du FN
« Bien qu'ils s'en défendent aujourd'hui, les partis de droite, divisés et affaiblis par la victoire de la gauche en 81, portent la responsabilité du lancement du F.N. en tant que parti de masse. Entre la droite et 1'extrême-droite les ponts sont nombreux, jetés en particulier dans les années 70 au sein des nombreux clubs de réflexion comme le G.R.E.C.E., le Club de l'Horloge, le Club 89. C'est là que s'élaborent les théories qui soutiendront les mots d'ordre simplistes lancés contre les "socialo-communistes" et contre le mouvement ouvrier et populaire. Des hommes d'extrême-droite comme Madelin et Longuet vont rallier l'UDF, tandis que des dirigeants du RPR comme Yvan Blot et Bruno Mégret, passent au F.N.
Entre la droite et 1'extrême-droite existent de nombreuses "affinités idéologiques". Ce constat établi par Pasqua en 1988, avant le deuxième tour des présidentielles, n'a pas seulement valeur électorale. Dès 1981, droite et extrême-droite rivalisent pour dénoncer l'immigration et, dans la foulée, l'insécurité. Il est vrai que sur ce terrain le F.N. possède un tour d'avance. Dans les manifestations lancées par la droite contre la politique conduite par le PS et le PCF, comme le grand rassemblement pour la défense de l'école privée, c'est souvent l'extrême-droite qui joue le principal rôle militant et qui est utilisée comme fer de lance.
Enfin, dès 1983 aux élections municipales, en prônant des alliances avec le F.N. dans certaines villes comme à Dreux, la droite contribue à donner au parti raciste et fasciste de Le Pen une tribune, une respectabilité, une place sur la scène politique. Ce sont les partis de droite qui ont servi de tremplin au lancement du F.N. dans la vie politique française. Ce n'est pas un hasard s'ils ont choisi de le faire à Dreux et dans certaines autres villes, où la proportion de travailleurs étrangers est particulièrement forte.
Par la suite, et malgré l'opposition de certains à droite, les alliances se sont multipliées lors des élections législatives, dans les Conseils régionaux, et même à l'Assemblée Nationale. D'une manière générale, la tactique des partis de droite a consisté à utiliser le F.N. comme moyen de pression sur la social-démocratie au gouvernement afin de la faire renoncer à ses projets de réformes, à abandonner les promesses faites en 81. Et effectivement, c'est ce qui est arrivé. C'est pourquoi la social-démocratie partage avec la droite la responsabilité de l'ascension de Le Pen. D'abord, en reniant leurs promesses pré-électorales, en se montrant toujours plus "réalistes", c'est-à-dire en voulant se conformer à la réalité d'un système en crise, les socialistes et leurs alliés du PCF jusqu'en 1984 ont contribué à semer le désarroi, le pessimisme, le doute sur la possibilité d'un changement de société. Ils ont contribué à répandre la passivité, 1'apolitisme, la désorganisation. Il est significatif qu'à partir de 1981 la chute du nombre de syndiqués connaît une brutale accélération. L'affaiblissement du mouvement ouvrier, de ses organisations, de sa combativité, profite toujours à la réaction la plus noire. Les théories mystificatrices lancées par le patronat et reprises à son compte par la social-démocratie, autour de l'Entreprise (lieu social, produisant une nouvelle culture), de la réhabilitation du Profit et de l'Argent (apologie de la Bourse), ont contribué aussi à cet affaiblissement par l'encouragement aux solutions individuelles, à la "débrouille" comme style de vie, à la précarisation du travail. Ces théories ont été d'autant plus nocives que le PCF en a repris certaines dans son apologie de l'autogestion.
» (Le phénomène Le Pen… ) pages 29-30.

Le chauvinisme… du « produisons français » à la « préférence nationale »

« Dans l'ambiance de la crise, de tels calculs politiques au profit d'un parti qui ne fait pas mystère de sa nature raciste et fasciste, sont ou bien irresponsables -mais on ne peut pas le croire venant de Mitterrand-, ou bien criminels:
L'analyse que les communistes ont fait dans les années 30 du rôle de la social-démocratie se vérifie dans les conditions d'aujourd'hui: elle fait le lit du fascisme.
Le PCF, lui aussi, a joué ce rôle. Il l'a joué d'abord au plan idéologique, en désarmant la classe ouvrière, en s'attaquent à sa conscience internationaliste, en distillant dans ses rangs le venin du chauvinisme.
Au discours lancé par la bourgeoisie et repris par la social-démocratie, de la "France qui gagne", le PCF a répondu en écho "Produisons français". C'est un slogan pour l'aristocratie ouvrière qui est prête à tout pour conserver ses miettes. Voilà qui n'est pas loin, en fin de compte, des mots d'ordre lancés par Le Pen de la "préférence nationale".
» (Le phénomène Le Pen… ) page 33.

Les quatre passages ci-dessus, montrent très clairement que l’apparition et le développement d’un courant fasciste en France est le résultat :
· des connivences idéologiques avec la droite
· de la trahison de la social-démocratie
· de l’abandon de la stratégie révolutionnaire par le PCF
· des attaques contre le marxisme
· de la crise économique
· du déclin de l’impérialisme français

Des conséquences…


De Le Pen au second tour des présidentielles de 2002 face à… Chirac aux résultats du FN regroupé autour de Marine Le Pen aux européennes du 25 mai 2014, nous avons là, les conséquences :
-- des trahisons de la gauche au pouvoir. La « deuxième gauche » en porte une grande responsabilité ;
-- des connivences et du partage des conceptions idéologiques d’une partie de la droite avec le FN ;
-- de l’approfondissement de la crise (économique, idéologique) du capitalisme et du chômage ;
-- de la crise de la représentation politique de la classe ouvrière, de l’abstentionnisme ouvrier ;
-- de l’absence d’alternative politique en terme de système et de société, depuis la fin de l’URSS ;
-- des attaques systématiques contre le marxisme et surtout de la révolution d’octobre 1917 ;
-- de la confusion idéologique, des abandons de principes ;
-- de la réhabilitation de thèses réactionnaire ou fascisantes, sous prétexte d’antitotalitarisme ;
-- des campagnes chauvines et racistes contre la partie immigrée de la classe ouvrière dans le cadre de la défense de l’impérialisme français.

Concernant la lutte contre le fascisme, signalons la réédition de l’ouvrage « Fascisme et Révolution » de Palme Dutt sous la titre « La lutte contre le fascisme - Les écrits de R. Palme Dutt » 1981 –lignes de démarcation- Montréal. Le chapitre VIII (pages 232 à 268) revient en détail sur les liens entre « Social-démocratie et fascisme ».


Edité le 16-03-2015 à 17:21:43 par Finimore




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Ni révisionnisme, Ni gauchisme UNE SEULE VOIE:celle du MARXISME-LENINISME (François MARTY) Pratiquer le marxisme, non le révisionnisme; travailler à l'unité, non à la scission; faire preuve de franchise de droiture ne tramer ni intrigues ni complots (MAO)
marquetalia
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   Posté le 23-04-2015 à 21:19:35   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

Hollande et Marine Lepen..............le nouveau couple infernal!le chef d Etat francais cherche à faire l amalgame entre le pcf et le fn pour réhabiliter les bourreaux du peuple algérien "qui ont fait moins de morts que le gia dans les années 90 lors de la guerre civile"!(hic)

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Xuan
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   Posté le 24-04-2015 à 23:32:52   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Une étude récente m'est communiquée par Michel Peyret, qui corrobore ce que nous disons.
Ci-dessous cette série d'articles publiés par Indépendance des Chercheurs sur Courrier International, et sous le titre :


Mitterrand et le Front National : 33 ans après (I)


Le 2 mars 2015, Le Figaro écrit « Départementales : un sondage donne le FN en tête avec 33% des voix » .
Précisément, cela fait 33 ans que François Mitterrand et le Parti Socialiste ont lancé (en 1982) avec des moyens considérables l'opération de promotion du FN. L'ouvrage La main droite de Dieu d'Emmanuel Faux, Thomas Legrand et Gilles Perez, Seuil 1994, rappelle en détail cet épisode.

Quel est à présent le bilan de l'aventure politique qui a fait suite à ce soutien médiatique apporté par une certaine « gauche » gouvernementale au Front National ? L'objectif de Mitterrand et du PS étant d'empêcher la « droite » de récupérer le mécontentement populaire engendré par leur politique.
Trente-trois ans après, le dernier sondage sur la montée électorale prévisible du FN n'est pas une vraie surprise pour la presse internationale.
The New York Times Magazine analysait il y a deux semaines : « France’s ultranationalist fringe party isn’t so fringe anymore » .
Il y a une semaine, Reuters rapportait notamment « France's National Front seen leading local elections: poll » .
Ce week-end, The Independent écrivait explicitement « Rise of the French far right: Front National party could make sweeping gains at this month's local elections » .
De même, la semaine dernière El Mundo commentait « El Frente Nacional se confirma como primer partido de Francia » .
Le 2 mars, avec le titre « El avance de los populismos » , La Región n'hésite pas à comparer le Front National avec Syriza.
Hier, El Temps s'interrogeait sur l'actuelle « Efervescència nacionalista » .
L'auteur se demandait d'emblée « ce que peuvent avoir en commun » des mouvements comme le FN, Syriza, Ukip, Podemos... Une question devenue de plus en plus fréquente, sous des formes diverses.
Dans un article intitulé « Roma, Lega in piazza con CasaPound. "Vaffa" di Salvini a Renzi e Fornero », Corriere della Sera rapporte « E’ stato letto dal palco anche un messaggio della presidente del Fronte Nazionale francese Marine Le Pen » .

Mais comment a-t-on pu en arriver à une telle situation de crise politique où, partout en Europe, le discrédit des partis « de gouvernement » actuels et précédents ne cesse de s'aggraver ? Une chose paraît évidente : l'amertume et la colère populaires après trois décennies de mondialisation à outrance et de politique musclée des représentants du capitalisme est en passe d'atteindre un seuil critique. Quels que soient les partis qui récupèrent à présent (et jusqu'à quand ?), sur le plan électoral, cette détresse croissante des populations.


Le Courrier International écrivait la semaine dernière « Vu des Etats-Unis. Le Front national intrigue l'Amérique » . C'est le moins que l'on puisse dire.

Mais précisément, quelle est l'origine de la montée du Front National, et à quoi répondait-elle à cette origine ? Comment la montée progressive du FN a-t-elle pu perdurer, jusqu'à aboutir à la situation actuelle ?

Des extraits de l'ouvrage La main droite de Dieu (partie La politique du Front fort , chapitre L'ombre de l'Elysée ) sont accessibles aux adresseshttp://michel.delord.free.fr/maindroite.pdf et http://lepcf.fr/LA-MAIN-DROITE-DE-DIEU.

On peut lire, notamment :

« L'unité nationale, ce n'est pas l'uniformité, c'est le pluralisme des opinions, le choc des idées. » Ce 8 mai 1982, Jean-Marie Le Pen écoute le discours que François Mitterrand prononce à Orléans. Il décide de saisir la balle au bond. Le Front national n'en finit pas de végéter: 0,2 % des voix aux élections législatives de juin 1981 et pas mieux aux cantonales de mars 1982. Conséquence: aucune chaîne de télévision n'a pris la peine de se déplacer pour le congrès du FN qui vient de s'achever en cette fête de Jeanne d'Arc. Jean Marie Le Pen n'apprécie pas cette absence. Et il le fait savoir en écrivant à l'Élysée. L'appel présidentiel au respect du pluralisme vient à point nommé.
(fin de l'extrait)

et plus loin :
Sur les conseils de Michel Charasse, François Mitterrand signe, le 22 juin, une réponse écrite à Jean-Marie Le Pen: « Il est regrettable que le congrès d'un parti soit ignoré par Radio-Télévision. [...] Elle ne saurait méconnaître l'obligation de pluralisme qui lui incombe [...]. L'incident que vous signalez ne devrait donc plus se reproduire. Mais d'ores déjà, je demande à Monsieur le Ministre de la Communication d'appeler l'attention des responsables des sociétés Radio-Télévision sur le manquement dont vous m'avez saisi. »
(fin de l'extrait)

François Mitterrand a ainsi pris des mesures très conséquentes visant à contraindre les médias à accorder une place importante à la médiatisation du Front National. On peut lire à ce sujet dans La main droite de Dieu :

La première chaîne, alors publique, se montre la plus zélée. (...) Annik Beauchamps se souvient de s'être fait imposer la présence du président du Front national: « C'était en fin d'après-midi, Alain Chaillou et moi-même, nous avons reçu l'ordre d'inviter, pour le journal de 23 heures, Jean-Marie Le Pen, et c'était un ordre suffisamment précis pour qu'on soit obligés d'y obéir. »
(fin de l'extrait)

Le Front National a ainsi été à l'origine (1982 et années suivantes), pour François Mitterrand et le Parti Socialiste, un moyen de préserver une hégémonie électorale que menaçait leur propre politique de « rigueur ».

Rappelons, à ce sujet, que François Mitterrand et Jean-Marie Le Pen se connaissaient depuis longtemps, au point d'avoir été ensemble témoins de la défense des putschistes d'Alger (notamment, Raoul Salan) en 1962. L'avocat de la défense n'était autre que Jean-Louis Tixier-Vignancourt, ancien secrétaire général adjoint à l’Information de l’État français du gouvernement de Vichy (1940-41) et fondateur en 1953-54 du Rassemblement National. C'est à sa demande, que Mitterrand est intervenu.

En 1965, Jean-Louis Tixier-Vignancourt sera candidat à la Présidence de la République avec Jean-Marie Le Pen comme directeur de campagne. Il appellera à voter pour François Mitterrand au second tour. Par la suite, Mitterrand bénéficiera systématiquement du soutien de l'extrême-droite et des nostalgiques de l'Algérie française.

En 1982, au moment où l'opération de promotion du Front National a été lancée, François Hollande et Ségolène Royal faisaient déjà partie de l'entourage de François Mitterrand et de son gouvernement.

On trouve parmi les ministres en exercice au sein du gouvernement de Pierre Mauroy en 1982 Gaston Defferre, Michel Jobert, Charles Fiterman, Michel Rocard, Jean-Pierre Chevènement, Pierre Bérégovoy, Robert Badinter, Claude Cheysson, Charles Hernu, Jack Lang, Edith Cresson... En juin 1982, un blocage des prix et des revenus a eu lieu, le motif déclaré étant de contrer l'inflation. La politique gouvernementale se trouvait déjà « sous tension ».

La politique dite de « rigueur» sera ouvertement déclarée en mars 1983. Les ministres du nouveau gouvernement Mauroy étaient Jacques Delors, Pierre Bérégovoy, Gaston Defferre, Charles Fiterman, Robert Badinter, Claude Cheysson, Charles Hernu, Michel Rocard, Laurent Fabius, Alain Savary, Edith Cresson, Roger Quilliot, Michel Crépeau et Marcel Rigout.

La suite sera examinée plus en détail dans des articles ultérieurs.


Edité le 25-04-2015 à 00:29:06 par Xuan




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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
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   Posté le 24-04-2015 à 23:48:14   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Mitterrand et le Front National : 33 ans après (II)


(suite)

Le 11 mars 2015, Planet rapporte encore « Manuel Valls à Marion Maréchal-Le Pen : "Vous n'êtes ni la République ni la France" » , et l'Opinion ajoute « TextO’ : Front National : Najat Vallaud-Belkacem : "Manuel Valls a parfaitement raison" » .
Simultanément, La Chaîne Parlementaire diffuse une vidéo avec le titre « Elections départementales : le Front national tend la main à l'UMP » .
BFMTV souligne à son tour « Manuel Valls et Marion Maréchal-Le Pen à couteaux tirés » , et RTL interroge « Valls a-t-il raison de craindre l'ascension du Front National ? » .

En réalité, le contenu de la campagne lancée par le gouvernement et le Parti Socialiste contre le FN vise, au-delà de cette organisation et de ses dirigeants, le rejet populaire d'une politique clairement antisociale.
Le désaveu exprimé par la population française envers l'essentiel de la politique de François Hollande et Manuel Valls étant assimilé sans raison valable au Front National.

Certes, le FN récupère sur le plan électoral une partie de cette détresse générale, mais la source des problèmes que rencontre le Parti Socialiste auprès d'une majorité croissante de la population est bien plus profonde et résulte de sa propre stratégie.

Ce n'est pas par une campagne apparemment dirigée contre le Front National mais essayant de tout amalgamer dans la pratique, que le gouvernement parviendra à persuader les citoyens du bien-fondé de sa politique et de celle de l'Union Européenne.

Pas plus que par l'affaire d'une possible fraude du FN au Parlement Européen, largement évoquée par les médias et sur laquelle Le Monde écrit entre autres « Qui sont les frontistes visés par l’enquête européenne pour fraude ? » ou encore « Le Front national voit la main de Manuel Valls derrière l'enquête au Parlement européen » , alors que l'Opinion se demande « Parlement européen : le FN, seul dans le collimateur ? » et L'Express répercute « Soupçon de fraude du FN : Le Pen dénonce une "manipulation politique" » .

A son tour, Le Point évoque « les dessous d'un scandale » .
En même temps, la montée de l'abstention donne lieu à une agitation politicienne proposant de rendre le vote obligatoire. L'Express en fait à nouveau état, écrivant « Comme d'autres avant lui, François de Rugy (EELV) veut rendre le vote obligatoire » .

Mais peut-on déguiser les réalités politiques par ces procédés ? Et quelle a été l'origine historique de la montée progressive du Front National, si ce n'est la volonté de François Mitterrand et du secteur dominant de la « gauche » de l'époque ?
Encore un calcul politicien.
Notre article « Mitterrand et le Front National : 33 ans après (I) » rappelle l'opération de promotion du FN lancée par François Mitterrand et le Parti Socialiste depuis 1982 et décrite en détail dans l'ouvrage La main droite de Dieu d'Emmanuel Faux, Thomas Legrand et Gilles Perez, Seuil 1994. Faux, Legrand et Perez consacrent même à cet épisode de la politique française une première partie avec le titre La politique du Front Fort incluant un chapitre intitulé L'ombre de l'Elysée .


Si l'ont s'en tient aux sondages récents, le Front National ne serait pas loin de doubler son pourcentage de voix dans les prochaines élections départementales par rapport à celui obtenu par Jean-Marie Le Pen en avril 2002 lors du premier tour des élections présidentielles (16.86%), lorsque l'alors président du Front National a accédé au second tour au détriment du premier ministre « socialiste » Lionel Jospin.

A son tour, Marine Le Pen a obtenu 17.9% lors du premier tour des dernières élections présidentielles (avril 2012). Loin, également, du 33% des voix qu'un sondage a récemment attribué au Front National pour les prochaines élections départementales.

Entre avril 2012 et les élections européennes de mai 2014, où le Front National a obtenu 24.86% des voix, une très nette progression électorale de ce parti a fait suite à la politique appliquée pendant deux ans par François et Jean-Marc Ayrault.

L'accès de Manuel Valls à la fonction de Premier Ministre depuis le 31 mars 2014 n'a manifestement pas enrayé cette évolution.

Mais quels ont été les origines de la montée progressive du FN commencée il y a plus de 30 ans ?

Comme déjà rappelé dans notre précédent article « Mitterrand et le Front National : 33 ans après (I) », des extraits de l'ouvrage La main droite de Dieu sont accessibles aux adresseshttp://michel.delord.free.fr/maindroite.pdf et http://lepcf.fr/LA-MAIN-DROITE-DE-DIEU .

Toujours dans le chapitre L'ombre de l'Elysée dans la partie La politique du Front fort , on peut lire entre autres à propos de l'opération lancée en juin 1982 par une lettre de François Mitterrand :

(...) mardi 29 juin l'invité du journal du soir de TF1 en direct sur le plateau est... Jean Marie Le Pen !

(...)

Coïncidence, le direct avec le dirigeant d'extrême droite a lieu le soir d'un mini-remaniement ministériel. (...) Pierre Bérégovoy, alors secrétaire général de l'Élysée, fait son entrée. (...) Placé de fait en opposant privilégié, Jean-Marie Le Pen commente ce changement à chaud devant les caméras : « François Mitterrand est un grand manoeuvrier. Avec ce remaniement, il vire large. Cela démontre que le président veut prendre la barre en main dans la tempête qui s'annonce. »

(...)

A la radio comme à la télévision, les apparitions du Front national se multiplient. Journal de 13 heures sur TF1 le 7 septembre, journaux de 20 heures sur TF1 et A2 le 19 septembre à l'occasion de la fête des BBR, de nouveau sur la Une le 30 octobre et, enfin, le lendemain, la Deux livre un extrait brut d'un discours de Jean-Marie Le Pen sur la « lutte antimarxiste ».

Autre rendez-vous aussi couru qu'inespéré : le célèbre "Tribunal des flagrants délires", animé par Claude Villers sur France-Inter. « C'est la première fois que le service public m'offre la possibilité de m'exprimer pendant plus d'une heure » , reconnaît d'ailleurs à l'antenne le dirigeant du Front national. Émission mémorable entre toutes. (...) on rit de lui, on rit avec lui. Mais, c'est là l'important, Le Pen n'effraie pas.

La série continue au moment des élections municipales de mars 1983. Par deux fois en six semaines, Yves Mourousi convie Jean-Marie Le Pen dans son journal de la mi journée. (...)
(fin de l'extrait)

La montée électorale progressive du Front National a suivi cette promotion médiatique. A ce sujet, le même chapitre de La main droite de Dieu fait état de ces déclarations :

Pierre Bérégovoy à Franz-Olivier Giesbert : « On a tout intérêt à pousser le Front national, il rend la droite inéligible. Plus il sera fort, plus on sera imbattables. C'est la chance historique des socialistes » . Source : Le Président, Seuil 1990 .

Maurice Faure : « Mitterrand est un fameux connaisseur des rouages de la politique, hein! Les autres ont bien fait ça avec les communistes. Alors, pour le Front national, c'est de bonne guerre » . Source : entretien avec les auteurs.

Paul Quilès, évoquant ses réflexions avec François Mitterrand : « Mes réflexions avec lui ont été nombreuses sur le sujet. Elles étaient plus stratégiques que politiques. Mitterrand est assez tacticien pour savoir qu'il faut diviser l'adversaire » . Source : entretien avec les auteurs.

Peut-on être plus clair ?

François Mitterrand et le Parti Socialiste ont donc sciemment lancé, et poursuivi, une stratégie politicienne de soutien à la montée électorale du Front National visant à isoler la « droite » parlementaire.

Un effet qui s'est manifesté tout au long des deux mandats de François Mitterrand, et même sous Jacques Chirac lors des élections parlementaires de 1997 qui ont ouvert la voie à la formation du gouvernement de « gauche plurielle » de Lionel Jospin. Mais quel a été le bilan de cette « gauche plurielle »?

En avril 2002, après cinq ans de « gauche plurielle » et de politique réactionnaire de « gauche » (conseils européens, casse de la fonction publique, record de privatisations...), Lionel Jospin a payé une première facture de la stratégie de promotion du Front National par son élimination au premier tour des élections présidentielles. Ce n'était qu'un début...

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Mitterrand et le Front National : 33 ans après (III)


(suite)

Quels sont l'historique réel et les causes de la montée électorale du Front National ?
Le Monde écrit « Le FN monte-t-il à cause de la gauche ? L’amnésie de Sarkozy » , se référant aux déclarations récentes très controversées de Nicolas Sarkozy sur RTL reprises encore par Jean-Marc Morandini dans « Morandini Zap : Nicolas Sarkozy affirme que le FN monte quand la gauche est au pouvoir » .
Curieusement, l'actuel débat politicien et médiatique oublie les origines de la montée électorale du FN.
Nos articles récents « Mitterrand et le Front National : 33 ans après » (I) et (II) rappellent l'opération de promotion du Front National entreprise par François Mitterrand et le Parti Socialiste depuis 1982.
Au premier tour de l'élection présidentielle de 1988, Jean-Marie Le Pen obtiendra déjà plus de quatre millions trois cent mille voix et 14.38% des suffrages exprimés.
Dès 1990, l'ouvrage Le Président de Franz-Olivier Giesbert (Editions du Seuil) rapportait ces propos de Pierre Bérégovoy : « On a tout intérêt à pousser le Front National. Il rend la droite inéligible. Plus il sera fort, plus on sera imbattables. C'est la chance historique des socialistes » .
Sur cette politique, La main droite de Dieu d'Emmanuel Faux, Thomas Legrand et Gilles Perez, Seuil 1994, expose les résultats d'une enquête détaillée.
Un extrait du chapitre L'ombre de l'Elysée (partie La politique du Front fort) est accessible en ligne.
Par rapport au résultat de 1988, il ne faudra à Jean-Marie Le Pen qu'une progression modérée (quatre millions huit cent mille voix et 16.86% des suffrages exprimés) pour accéder au second tour de l'élection présidentielle de 2002 au détriment de Lionel Jospin, en pleine déroute de la « gauche plurielle » désavouée par les citoyens après cinq ans de politique antisociale.
Dix ans plus tard, Marine Le Pen obtiendra au premier tour un peu plus de six millions quatre cent mille voix et 17.90% des suffrages exprimés.

En vingt-quatre ans, les candidats du Front National aux élections présidentielles ont donc connu une progression d'environ 50% en nombre de voix par rapport au résultat de 1988 qui avait été le produit direct du « coup de pouce » initial reçu de François Mitterrand et du Parti Socialiste.
Le rejet populaire des politiques des différents gouvernements a été de toute évidence à l'origine de cette montée progressive, sauf pour les élections de 2007 où François Bayrou s'était présenté comme un candidat de rupture et prétendument « révolutionnaire ».

En réalité, la promotion du FN par Mitterrand et le Parti Socialiste a accompagné la mise en place progressive d'une politique opposée à celle annoncée dans les années 1970 avec la propagande de l'Union de la Gauche. Sous François Mitterrand et Jacques Delors, la « gauche » française deviendra un exécutant zélé, et un promoteur actif, de la mondialisation du capitalisme et de la politique des instances européennes.


Lors des élections présidentielles de 2007, François Bayrou obtiendra au premier tour plus de six millions huit cent mille voix, et 18.57% des suffrages exprimés, contre trois millions huit cent mille et 10.44% pour Jean-Marie Le Pen. En 2012, le résultat de François Bayrou sera d'un peu moins de trois millions trois cent mille voix et 9.13% des suffrages exprimées.
Quant au Parti Socialiste, le nombre de voix au premier tour a été de neuf millions et demi en 2007 et d'un peu moins de dix millions trois cent mille en 2012, contre un peu moins de onze millions et demi en 2007 et neuf millions huit cent cinquante et 2012.

Des chiffres qui font penser à un important transfert de voix du Modem et de l'UMP en direction du Front National, qui a ainsi retrouvé et dépassé son résultat de 2002.

Rappelons qu'en 2007, l'ancien membre de la Commission Trilatérale (jusqu'en 2006) qu'était François Bayrou promettait rien de moins qu'une « révolution ». On peut lire à ce sujet :
« Bayrou se veut le "président du peuple", prêt à mener une "révolution pacifique" » (Le Monde)
« A Pau, Bayrou prône la révolution modérée » (Libération)
« Bayrou se décrit en ''centriste révolutionnaire'' » (Le Figaro)
« Sur ses terres, Bayrou appelle à la "révolution paisible" » (20 minutes)
« François Bayrou invoque la Résistance et veut croire en une "révolution orange" » (Le Monde)

etc ...

On peut donc penser à une montée du FN, entre 2007 et 2012, aux dépens du parti au gouvernement et d'une « opposition » en perte de crédibilité, la propagande de François Bayrou ayant produit un phénomène particulier en 2007 au détriment de la candidature de Jean-Marie Le Pen.

Mais globalement, l'essentiel de la montée du Front National a eu lieu entre 1982 et 1988 sous l'effet du « coup de pouce » de François Mitterrand et du Parti Socialiste. Au sujet du FN, Franz-Olivier Giesbert constate dans Le Président : « François Mitterrand n'a jamais dédaigné de lui donner un coup de pouce chaque fois qu'il le fallait » .

A ce stade, une question apparaît incontournable : quelle politique cherchait-on à protéger par ce soutien de François Mitterrand et du Parti Socialiste au Front National ? Et la « droite » parlementaire était-elle la seule cible de l'opération ?

De ce point de vue et indépendamment des opinions politiques de chacun, l'ouvrage de Franz-Olivier Giesbert apparaît également très éclairant. On peut lire, page 15 :

En installant la gauche au pouvoir, François Mitterrand l'a amenée à rompre, non pas avec le capitalisme, mais avec son passé. Il l'a réconciliée, pour la première fois de son histoire, avec l'économie, le marché, la défense et les institutions.
(fin de citation)

Il paraît très difficile d'être d'accord avec cette analyse en ce qui concerne l'histoire de l'actuel Parti Socialiste et de ses prédécesseurs, si on pense au rôle du Parti Socialiste pendant la première guerre mondiale, sous le Front Populaire ou après la Libération (guerre d'Algérie comprise). Bien au contraire, le Parti Socialiste a été depuis un siècle un fidèle gérant du capitalisme, colonialisme et impérialisme compris.

En revanche, il est parfaitement exact que l'élection de François Mitterrand s'est soldée par une rupture rapide avec le programme avancé sous l'Union de la Gauche dans les années 1970 et l'esprit des revendications populaires de l'époque. Et ce n'est pas tout.

Page 96 du même ouvrage, Franz-Olivier Giesbert fait état d'une discussion, en mai 1975, entre François Mitterrand et l'alors secrétaire général du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) Felipe González au cours d'une réunion organisée par Mitterrand et destinée notamment à « fédérer tous ceux qui, comme lui, sont confrontés aux communistes dans leur pays » . Si Mitterrand affiche l'objectif de « réduire l'influence électorale du PC » , Felipe González déclare vouloir « éliminer rapidement le PC » . Dans les deux cas, l'objectif sera atteint. Et dans le cas de la France, le Front National semble bien avoir joué un rôle dans l'opération.

Alors qu'en 1981, Georges Marchais avait obtenu près que quatre millions et demi de voix et 15.35% des suffrages exprimés, André Lajoinie n'obtiendra que deux millions de voix et 6.76% des suffrages exprimés en 1988. On peut donc en déduire que Jean-Marie Le Pen a récupéré entre 1982 et 1988 une partie substantielle des électeurs du Parti Communiste.

En même temps, en assignant au Front National de Jean-Marie Le Pen un rôle de « contestation d'extrême-droite », François Mitterrand et le Parti Socialiste assimilaient à l'extrême-droite la mise en cause de la mondialisation du capitalisme et de la stratégie de la future l'Union Européenne.

De ce point de vue, même si le Parti Communiste avait considérablement évolué depuis la Libération et avait consenti de nombreux compromis avec le système, il restait à bien d'égards une force politique « gênante » et avec des militants combatifs. C'est cet obstacle à une politique sans précédent de passage en force du grand capital aux échelles européenne et planétaire, qu'il s'agissait d'éliminer.

Présents dans l'entourage de François Mitterrand depuis 1981-82, de nombreux dirigeants actuels du Parti Socialiste, parmi lesquels François Hollande et Ségolène Royal, ont connu de près la politique de promotion du Front National ainsi que la stratégie de Jacques Delors de mise en place progressive de l'Union Européenne et de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Par la suite, Nihil sub sole novum pour l'essentiel, si ce n'est l'aggravation récurrente de cette même politique.

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Mitterrand et le Front National : 33 ans après (IV)


(suite)

Le 21 avril 2015, Le Figaro écrit « Marine Le Pen à New York, parmi les cent qui comptent » , à propos de la participation de Marine Le Pen à la fête de Time après sa désignation par cette revue parmi les http://time.com/3824763/time-100/ « cent personnes les plus influentes » de la planète en 2014.
Une situation qui reflète clairement le discrédit croissant de la « classe politique majoritaire » française. C'est pourtant cette même « classe politique », qui se trouve à l'origine de la montée du Front National depuis trois décennies. Nos articles récents « Mitterrand et le Front National : 33 ans après » (I), (II) et (III) ont déjà rappelé l'opération de promotion du FN entreprise par François Mitterrand et le Parti Socialiste depuis 1982.
A propos des divergences apparues récemment entre Marine Le Pen et Jean-Marie Le Pen, Le Figaro écrivait le 9 avril dans un contre-point intitulé « Celle qui veut le pouvoir, celui qui n'en voulait pas » : « Au fond, le fondateur du Front National n'a jamais voulu accéder au pouvoir » .

Mais la réalité nous apparaît autrement plus complexe, si on prend en considération le binôme de fait Mitterrand - Le Pen qui a conduit l'ascension politique du Front National entre 1982 et 1995. On peut raisonnablement penser qu'il aurait été peu avisé, de la part de Jean-Marie Le Pen et du Front National, de tenter d'accéder au pouvoir politique au détriment de François Mitterrand et du Parti Socialiste alors que le FN était un bénéficiaire direct de leur politique.
Plus expérimenté et mieux « introduit » que Jean-Marie Le Pen, François Mitterrand avait déjà reçu le soutien de Jean-Louis Tixier-Vignancour au second tour des élections présidentielles de 1965 alors que Le Pen était le directeur de campagne de ce dernier. C'était le début d'un soutien électoral devenu récurrent par la suite, et qui a largement précédé la promotion du FN par François Mitterrand après son élection.


Le 21 avril, l'Humanité publie une Lettre ouverte à François Hollande , réagissant à sa déclaration sur Canal+ « Madame Le Pen parle comme un tract du Parti communiste des années 1970. En pensant qu'on peut fermer les frontières, qu'on peut nationaliser les industries, qu'on peut sortir un certain nombre de capitaux de notre pays sans risque » .
Mais précisément, François Hollande et Manuel Valls sont-ils autre chose que des exécutants zélés de la mondialisation du capitalisme ?

Et la montée électorale du FN n'a-t-elle pas été largement favorisée par l'incapacité de la « gauche de la gauche » à se libérer concrètement de ses alliances avec le Parti Socialiste ?

Y compris, tout au long de la période 1997-2002 où le gouvernement de « gauche plurielle » de Lionel Jospin a abouti à une débâcle politique que les élections présidentielles de 2002 ont sanctionnée. Au bénéfice, précisément, du Front National et de la candidature de Jean-Marie Le Pen.

Quant au Parti Communiste, son alliance avec le Parti Socialiste lui fut déjà néfaste dans les années 1970 suite au Programme Commun signé avec François Mitterrand.

A propos des déclarations de François Hollande sur Canal+, Europe 1 commente encore « "Tract communiste" : non, Hollande ne s'excusera pas » . Mais justement, dans notre article Mitterrand et le Front National : 33 ans après (III) , nous rappelions à propos de l'ouvrage Le Président de Franz-Olivier Giesbert (Seuil 1990)http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2015/03/27/mitterrand-et-le-front-national-33-ans-apres-iiii-50774.html :

Page 96 du même ouvrage, Franz-Olivier Giesbert fait état d'une discussion, en mai 1975, entre François Mitterrand et l'alors secrétaire général du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) Felipe González au cours d'une réunion organisée par Mitterrand et destinée notamment à « fédérer tous ceux qui, comme lui, sont confrontés aux communistes dans leur pays ». Si Mitterrand affiche l'objectif de « réduire l'influence électorale du PC », Felipe González déclare vouloir « éliminer rapidement le PC ». Dans les deux cas, l'objectif sera atteint. Et dans le cas de la France, le Front National semble bien avoir joué un rôle dans l'opération.
(fin de l'extrait)
Les déclarations récentes de François Hollande reflètent une politique au service de la mondialisation du capitalisme. De toute évidence, le Front National a récupéré sous Marine Le Pen une partie significative de la contestation de cette politique.

Peut-on pour autant déduire de l'historique antérieur du FN que Jean-Marie Le Pen « n'a jamais voulu accéder au pouvoir » ?

L'ouvrage La main droite de Dieu (Seuil, 1994) d'Emmanuel Faux, Thomas Legrand et Gilles Perez, rappelle l'intervention de François Mitterrand en tant que témoin de la défense lors du procès du général Raoul Salan en mai 1962. François Mitterrand partagera le banc avec Jean-Marie Le Pen, Alain de Lacoste Lareymondie et d'autres témoins venus soutenir la plaidoirie de Jean-Louis Tixier-Vigancour.

Trois ans et demi plus tard, en décembre 1965, Tixier Vignancour, Le Pen, Lacoste Lareymondie... se rallieront à la candidature de François Mitterrand au second tour des élections présidentielles. Ce ralliement électoral perdurera, et jouera un rôle significatif des élections présidentielles de 1981.

Dès 1982, François Mitterrand et le Parti Socialiste lanceront l'opération de promotion du Front National. Peut-on, à ce sujet, oublier les liens développés depuis 1962 ?

S'agissant des élections présidentielles de 1988, La main droite de Dieu évoque un dîner chez Jean-André Faucher entre deux tours des élections présidentielles. Etaient invités l'alors ministre des Affaires Etrangères Roland Dumas, et Roland Gaucher, membre du bureau politique du Front National.

Proche de l'extrême-droite après un parcours vichyste qui lui avait même valu une condamnation à mort par contumace à la Libération, Jean-André Faucher était un soutien de François Mitterrand depuis 1965, date à laquelle il était devenu son attaché de presse. En 1971, il avait rejoint le Parti Socialiste, le considérant comme « l'arme la plus efficace pour réduire et venir à bout du péril communiste » ( La main droite de Dieu , page 51).

Juste après son élection en 1981, Mitterrand nommera Jean-André Faucher au Conseil Economique et Social. Il deviendra également conseiller au Secrétariat d'Etat aux Départements et Territoires d'Outre-Mer, et recevra la Légion d'Honneur en 1986.

Sous François Mitterrand, le Front National a joué un rôle important à l'intérieur d'un dispositif politique plus vaste. Il paraît très inexact d'analyser une telle situation estimant que Jean-Marie Le Pen « n'a jamais voulu accéder au pouvoir » . Simplement, Jean-Marie Le Pen et le FN ne disposaient pas des mêmes moyens et influence que François Mitterrand et le PS.

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Mitterrand et le Front National : 33 ans après (V)


(fin)


Le mercredi 22 avril 2015, un article dans Le Plus (L'Obs )
analyse « Hollande compare le FN aux tracts du PC : l'aveu de faiblesse de la gauche » .
Il s'agit, précisément, d'une thématique que nous avons abordée dans nos articles récents « Mitterrand et le Front National : 33 ans après »(I), (II) et (III) et (IV) .
Mais peut-on sérieusement croire que la mise des partis de « gauche » sera sauvée avec des appels à « une réelle politique européenne des frontières, donc d’immigration » , à « une Europe forte » , etc...?
C'est précisément, entre autres, le rejet populaire de la politique de l'Union Européenne, qui s'exprime en France non seulement à travers le vote FN mais aussi par l'abstention et les voix pour le Front de Gauche.
Quant à l'immigration, résultat de la détresse de nombreuses populations de la planète dans un contexte post-colonial et de mondialisation du capitalisme, elle a été à la fois instrumentalisée et clouée au pilori en tant que bouc émissaire.
Le prétendu « problème de l'immigration » dans des pays comme la France est en réalité celui du développement du capitalisme mondialisé, de la mise en concurrence des populations à l'échelle planétaire, des délocalisations, de la migration des capitaux vers les pays à plus faibles salaires et standards sociaux...

Dans les années 1970, Le Front National et ses alliés étaient presque inexistants sur le plan électoral. Encore aux élections européennes de 1979, la liste Parti des Forces Nouvelles - Eurodroite conduite par Jean-Louis Tixier-Vignancour n'a obtenu que 1.31% des suffrages exprimés contre 20.52% pour la liste Parti Communiste Français - Union Progressiste conduite par Georges Marchais.
En revanche, la liste Parti Socialiste - Mouvement des Radicaux de Gauche conduite par François Mitterrand a atteint 23.53% devançant celle de Georges Marchais.
Le débat sur l'immigration avant les élections présidentielles de 1981 s'est inscrit aussi dans la cadre de ces tensions électorales.
Si Georges Marchais a dénoncé un problème réel du marché du travail, en prenant l'immigration pour cible il a omis de procéder à une analyse conséquente de l'évolution du capitalisme depuis les années 1970 (automatisation croissante du travail, mondialisation déjà en cours, délocalisations...) dans laquelle l'immigration n'était pour rien.
Dans ce contexte, François Mitterrand et le Parti Socialiste ont créé une véritable machine à faire taire les analyses gênantes. Après l'élection, de François Mitterrand en 1981, l'opération de promotion de Jean-Marie Le Pen et du Front National lancée en 1982 par Mitterrand et le Parti Socialiste a été entre autres un moyen programmé de refouler dans un domaine étiqueté « extrême-droite » les analyses sur les origines réelles du problème dit « de l'immigration » qui était en réalité celui du développement du capitalisme.



Suite aux déclarations de François Hollande sur Canal+ estimant que « Madame Le Pen parle comme un tract du Parti communiste des années 1970 » , les débats et controverses se sont répandus dans les médias.

A propos de l'immigration, des extraits du discours de Georges Marchais 6 janvier 1981 à Vitry font le tour des journaux, revues, blogs...

Le Monde interroge « Le FN dit-il la même chose que les communistes il y a trente ans ? » , à propos notamment de la phrase de Marchais « Il faut stopper l'immigration officielle et clandestine » .

En prenant pour cible l'immigration au lieu de dénoncer l'évolution du capitalisme qui supprimait progressivement des emplois en France, Georges Marchais adoptait une attitude défensive qui témoigne du recul progressif du Parti Communiste tout au long des années 1970. En même temps, la Parti Communiste s'aliénait des militants qualifiés de « gauchistes ».

François Mitterrand et le Parti Socialiste ont été les bénéficiaires de ce recul du Parti Communiste, non seulement sur le plan électoral mais aussi et avant tout par leur capacité croissante de contrainte politique à son égard.

La question de l'immigration n'est qu'un exemple de la politique de François Mitterrand visant à marginaliser toute réelle contestation du système en place. L'opération de promotion du FN a fait partie de cette stratégie.

Largement soutenu par l'extrême-droite et par les nostalgiques de l'Algérie Française, François Mitterrand a entrepris depuis 1965 un parcours électoral ambigu, profitant d'un certain nombre d'attitudes opportunistes des dirigeants du PCF. Ces derniers ont vite « oublié » non seulement le parcours politique de Mitterrand avant la deuxième guerre mondiale et sous le régime de Vichy, mais également sa défense du Maréchal Pétain après la Libération, son rôle pendant la guerre d'Algérie, son soutien aux putschistes d'Alger pendant leur procès...

Jusqu'à la prétendue « Union de la Gauche » que les militants avec une certaine expérience et mémoire historique ont souvent mal digéré, et dont la facture a été très lourde pour la Parti Communiste.

Déjà en 1965, comment concevoir que François Mitterrand ait pu représenter pour les dirigeants du Parti Communiste une quelconque alternative de progrès au gaullisme ?

Et comment est présentée aujourd'hui devant le grand public la politique de François Mitterrand, trente-quatre ans après son élection en 1981 ? Les silences sur la question de ses rapports avec l'extrême-droite et les anti-gaullistes pro-Algérie française ne sont qu'un exemple des nombreuses distorsions tendant à étouffer des réalités qui « dérangent ».

Force est de constater qu'à propos de François Mitterrand et de ses rapports avec l'extrême-droite, Wikipedia ne cite que marginalement l'ouvrage La main droite de Dieu d'Emmanuel Faux, Thomas Legrand et Gilles Perez, Seuil 1994. On peut sérieusement s'interroger à ce sujet, s'agissant d'une enquête particulièrement précise et approfondie.
Pourquoi une telle marginalisation de cette source essentielle ?

Dans l'article François Mitterrand, http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Mitterrand , Wikipedia rappelle :

(...)
En juin 1972, il signe le Programme commun de gouvernement avec le Parti communiste de Georges Marchais et le Mouvement des radicaux de gauche de Robert Fabre.
(...)
En mars 1973, aux élections législatives, le Parti socialiste obtient presque autant de voix que le Parti communiste au premier tour et davantage au second91, mettant fin à une supériorité qui remontait à 1946. Les élections cantonales qui ont lieu en septembre de la même année confirment cette évolution. Par ailleurs, le PSU chute de 4 à 2 % par rapport à 196892. Au congrès du PS tenu à Grenoble la même année, la motion finale de François Mitterrand obtient 96 % des voix 93.

Le 2 avril 1974, le président de la République, Georges Pompidou, meurt. François Mitterrand est désigné candidat du Parti socialiste le 8 avril, puis devient le candidat unique de la gauche. Le 19 mai1974, lors du second tour de l'élection présidentielle anticipée, François Mitterrand perd face à Valéry Giscard d'Estaing, avec 49,19 % des voix au second tour 94.

Pendant l'été 1974, François Mitterrand se rend incognito sur leLarzac à une fête rassemblant plusieurs milliers de militants luttant contre l'extension du camp militaire voisin. Reconnu par la foule, il est la cible d'invectives et de jets de pierre. Des paysans non-violents l'entourent, le protègent puis le soignent. Sept ans après, élu président en 1981, il annulera le projet d'extension du camp militaire et rendra leurs terres aux paysans 95.

Aux élections cantonales de mars 1976 et aux élections municipales de mars 1977, le PS devance largement le PCF.

En septembre 1977 a lieu la rupture de l'Union de la gauche, les communistes mettant de nouvelles conditions à l'actualisation duProgramme commun.
(...)

(fin de l'extrait, licence Creative Commons paternité partage à l’identique)

A ces rappels il conviendrait d'ajouter la volonté explicite et de longue date de François Mitterrand de « combattre le communisme », l'Union de la Gauche étant en réalité un outil pour atteindre cet objectif. Jusqu'à s'employer à récupérer progressivement de nombreux « gauchistes », qui ont également permis à la CFDT de se développer au détriment de la CGT.

Les gesticulations « de gauche » de Mitterrand n'avaient d'autre finalité réelle que de récupérer des électeurs et des militants, et d'isoler progressivement le PCF et les « gauchistes contestataires ». Pendant que se développaient déjà, et se préparaient pour l'avenir, le durcissement du capitalisme, sa mondialisation et la stratégie de la future Union Européenne.

Les exclusions de militants par le PCF et la CGT dans les années 1970 n'ont fait que rendre encore plus efficace cette stratégie de François Mitterrand et du Parti Socialiste.

Après les concessions dans le domaine social et les nationalisations qui ont suivi son élection le temps de consolider son pouvoir, Mitterrand empruntera dès 1982-83 la voie de la « rigueur » préparant une stratégie de casse sociale qui a caractérisé l'ensemble de ses deux mandats. Avec, dès 1986, l'Acte Unique Européen sous la présidence européenne de Jacques Delors, la politique de privatisations ouvertement affichée, les négociations en vue de la création de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC)...

Et peut-on valablement oublier, par exemple, que François Mitterrand et Jean-Marie Le Pen avaient partagé le banc des témoins de la défense lors du procès du général Salan en 1962 ?

On peut également lire sur Wikipédia, dans l'article « François Mitterrand et l'extrême droite » ,http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Mitterrand_et_l%27extr%C3%AAme_droite :
(...)

Une manipulation du Front national ?

Le journaliste Franz-Olivier Giesbert parle d'une stratégie délibérée de déstabilisation de la droite parlementaire (RPR,UDF)58.
Le président Mitterrand aurait ainsi reconnu dans des correspondances en 1982 l'iniquité de traitement à la radio-télévision de Jean-Marie Le Pen.
Il aurait alors demandé au ministre de la Communication d'appeler l'attention des responsables des sociétés de chaînes sur le manquement dont Jean-Marie Le Pen aurait été la victime.
En février 1984, Giesbert rapporte que l'Élysée fait pression sur les chaînes de télévision pour qu'elles ouvrent davantage leurs antennes au chef du FN, notamment à l'Heure de vérité, une émission politique présentée par François-Henri de Virieu créée en mai 1982. Jean-Marie Le Pen reconnaît lui-même que c'est grâce à François Mitterrand que « l'omertà a été rompue »59.
(...)

... selon Michel Charasse, le Front national faisait bien l’objet de conversations. En réponse à une première missive du président du FN, ce conseiller du président de la République avait bien prescrit au président que le Front national soit traité à égalité avec les autres formations politiques, d’où l’instruction en sa faveur donnée au ministre de la Communication, confirmée par le président de la République62.
En 1985, dans un face-à face télévisé Georges Marchais, du Parti communiste français etFrançois Léotard, de l'UDF, se rejoignirent ponctuellement sur ce point soulevé en ces termes par le premier : « certaines forces politiques se servent de cette organisation à des fins électorales, en lui accordant une place exagérée dans les moyens d'information » .
(...)

(fin de l'extrait, licence Creative Commons paternité partage à l’identique)

Curieusement, Wikipedia semble oublier de citer explicitement les déclarations de proches collaborateurs de François Mitterrand se félicitant de la stratégie de promotion du FN à des fins électorales. Pour rappel :

Pierre Bérégovoy - « On a tout intérêt à pousser le Front national, il rend la droite inéligible. Plus il sera fort, plus on sera imbattables. C'est la chance historique des socialistes » . Source :Le Président, de Franz-Olivier Giesbert, Seuil 1990. rappelé également dans La main droite de Dieu.

Maurice Faure - « Mitterrand est un fameux connaisseur des rouages de la politique, hein! Les autres ont bien fait ça avec les communistes. Alors, pour le Front national, c'est de bonne guerre » . Source : La main droite de Dieu.

Paul Quilès - « Mes réflexions avec lui [Mitterrand] ont été nombreuses sur le sujet. Elles étaient plus stratégiques que politiques. Mitterrand est assez tacticien pour savoir qu'il faut diviser l'adversaire » . Source : La main droite de Dieu.

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