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Xuan
discours de Xi Jinping lors de la COP 21 :


http://www.youtube.com/watch?v=Qk2jNOwkuD0
Xuan
Euronews
09:32 - 14 Nov 2016

LA CHINE À LA TÊTE DE LA LUTTE CONTRE LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ?


Des actions pour sauver le climat, c’est ce que réclament ces manifestants aux dirigeants mondiaux à Marrakech, alors que l’incertitude quant à l’engagement des Etats-Unis dans la lutte contre les dérèglements climatiques occupe tous les esprits ou presque. (voir vidéo sur site)

L‘élection de Donald Trump a fait l’effet d’une douche froide sur les espoirs suscités par l’accord laborieusement obtenu à Paris fin 2015. Pendant la campagne électorale, le magnat a promis un retour au charbon, et autres énergies fossiles responsables d‘émissions de CO2.
Selon Trump, le réchauffement climatique n’est qu’un canular. Il accuse la Chine d’en être à l’origine et d’avoir pour objectif à terme de rendre les produits américains non-compétitifs.

Or pour la Chine, actuellement le plus gros pollueur, un désengagement des Etats-Unis ne serait pas si négatif que cela, ce serait l’occasion de prendre le leadership de la lutte contre le changement climatique.

“La Chine prendra la tête de cette lutte, notamment en participant à toutes les activités liées au drastique changement climatique. Et je pense que la Chine s’impliquera totalement et sérieusement pour lutter contre le changement climatique“ , explique Liu Qiang, directeur du centre national chinois pour la stratégie climatique et la coopération internationale (NCSC).

Et en effet, les efforts de la Chine seraient à l’origine de la stabilisation des émissions globales de CO2 pour la troisième année consécutive, selon une étude présentée aux leaders à la COP22. La Chine ferait brûler moins de charbon.

Les émissions mondiales de CO2 se stabilisent, mais le climat continue de s’emballer
Le bilan annuel du Global Carbon Project montre l’effet positif du ralentissement de la consommation de charbon en Chine. Mais les émissions indiennes croissent fortement.
lemonde.fr


Ce constat est encourageant, mais les scientifiques sont en alerte : cela ne veut pas dire que le pic d‘émissions de CO2 ait été atteint, le réchauffement continue.

“Le réchauffement va atteindre 1,2 degrès celsius. Nous allons donc dans la mauvaise direction si l’on pense que l’accord de Paris a fixé la limite à ne pas dépasser à 1,5 degrés de plus que l‘ère pré-industrielle“ , déclarait Petteri Taalas, le secrétaire-général de l’Organisation météorologique mondiale, l’OMM.

Selon un graphique publié par la NASA, le niveau de CO2 dans l’atmosphère a dépassé son record historique en 1950 et n’a cessé de croître depuis…Les concentrations atmosphériques de ce gaz sont passées de leur valeur pré-industrielle de 278 particules par million (ppm) à 400 en 2013.

Au deuxième jour de la Conférence sur le climat à Marrakech (COP 22), l'Organisation météorologique mondiale (OMM) vient de publier une analyse détaillée du climat mondial de 2011 à 2015 –

Selon des scientifiques, la Terre serait donc au seuil d’une nouvelle ère géologique, baptisée Anthropocéne, car cette fois-ci, c’est l’action humaine, et notamment l’industrialisation, qui modifie le climat en provoquant sécheresses, inondations, fonte des glaciers, augmentation du niveau des océans, ou encore la disparition d’espèces animales et végétales…
Xuan
Etat d'urgence climatique : la COP21 répond par un texte d'une grande indigence !


5 DÉC. 2015 PAR MAXIME COMBES BLOG : PARIS2015 : CHANGER LE SYSTÈME, PAS LE CLIMAT !

Un texte a été adopté ce samedi comme base de négociation pour la phase ministérielle qui débute lundi 7 décembre. Présentée comme « un moment historique », cette décision ne peut masquer la très grande pauvreté du texte, comme si l'Etat d'urgence climatique s'arrêtait à la porte de la COP21.


Les superlatifs s'empilent. « Moment historique » et « rendez-vous avec l'histoire » pour les co-présidents de la négociation qui n'hésitent pas à comparer ce texte – au-delà même de toute exagération acceptable – à la déclaration des droits de l'homme en 1948. De « l'émotion » et un « vent d'optimisme » pour Laurence Tubiana, négociatrice française. Les représentants des pays se félicitent des « progrès », des « avancées », du « caractère constructif » de la négociation. Nous avons assisté à une longue litanie d'interventions d'auto-congratulations qui peut apparaître un peu décalée au regard de l'ensemble des points conflictuels qui ne sont pas résolus.
Plus frappant encore, parler de moment historique au moment où, Chennai, la 4ème ville la plus peuplée d'Inde est paralysée par des inondations qui ont déjà fait au moins 269 morts, apparaît déplacé et inconvenant. Surtout quand personne n'y fait référence au sein du Bourget.

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inondations-indes-decembre-2015-04

La suite ? « Rien n'est décidé avant que tout soit décidé » a-t-il été rappelé. Ce texte, qui ne change pas fondamentalement des textes précédents, servira désormais de base de négociation pour les ministres des 195 pays qui seront à Paris à compter de lundi matin. Ils auront la tâche de régler l'ensemble des points qui ne le sont pas pour présenter un projet d'accord « jeudi matin au plus tard », selon Laurence Tubiana. Selon l'agenda officiel, il est toujours question d'adopter « l'Accord de Paris » ce vendredi 11 décembre. Officiellement.

Le mandat confié à la COP21 est-il sur la bonne voie ?


adh-durban

Etabli à Durban en 2011, le mandat des négociations est clair : définir un instrument juridique qui prenne la suite du protocole de Kyoto à partir de 2020 et renforcer les engagements de réduction des émissions de GES afin de revenir sur une trajectoire permettant de rester en deçà de 2°C. Comme le montrent désormais de nombreuses études, y compris l'évaluation réalisée par l'ONU, les contributions nationales volontaires des Etats conduisent à un réchauffement climatique supérieur à 3°C d'ici la fin du siècle. Il aurait été logique que l'écart entre le souhaitable (les 2°C ou moins) et le réel (les 3°C ou plus) soit au cœur de la négociation de Paris et que les Etats s'accordent pour se répartir les efforts supplémentaires nécessaires. Comme le confirme cette première semaine de négociations, ce n'est pas le cas. Ces contributions ne seront pas revues à la hausse lors de la COP21, parce qu'aucune des puissances de la planète n'en a la volonté.

Les pays du Nord ne font pas leur part.

C'est frappant et choquant. Beaucoup des commentateurs, des Etats et des ONG regrettent que ces contributions ne soient pas plus ambitieuses. Ce dispositif de « name and shame », où les Etats nomment leurs objectifs et sont ensuite pointés du doigt s'ils ne les réalisent pas, devrait aujourd'hui conduire à blâmer les pays qui sont trop éloignés de leur juste part en matière de lutte contre les dérèglements climatiques. C'est ce que fait l'étude menée par de très nombreuses ONG et syndicats, intitulée CSO Equity review, signée par Attac France, dont les résultats ont été publiés ce vendredi, dans un relatif anonymat, notamment du côté de la presse française. Résultats dont nous avions dévoilé la teneur sur ce blog et qui montrent que les pays les plus éloignés de leur juste part sont la Russie, le Japon, les Etats-Unis, l'Union européenne, etc... et non pas les pays du Sud – notamment la Chine et l'Inde – souvent pointés du doigt.

Institutionnaliser la procrastination

La moitié du mandat de la COP21 n'est donc pas atteint et ne le sera pas d'ici le 11 décembre. Les responsables sont pourtant connus, principalement les pays du Nord, notamment ceux qui sont regroupés dans le groupe appelé « Umbrella Group » insuffisamment mis à l'index pour leurs actions néfastes au sein des négociations. Dès lors, de nombreux commentateurs et ONG préfèrent mettre l'accent sur l'inclusion d'éventuels mécanismes d'évaluation (stocktaking) et de révision pour laisser penser que les Etats pourraient revoir leurs objectifs à la hausse dans les prochaines années et revenir sur une trajectoire de réchauffement inférieure à 2°C. Comme si nous n'avions pas déjà suffisamment de données, de rapports et de projets de transition pour justifier que ces objectifs soient revus à la hausse dès aujourd'hui. D'une certaine manière, se focaliser sur ces mécanismes de révision revient à parier que les Etats consentiront à faire demain ce qu'ils refusent de faire aujourd'hui, et donc à institutionnaliser, dans le texte même de l'accord, la procrastination.

Evaluer pour aller où ?

En matière de négociations, tout est question de détail. Que le futur accord de Paris comporte un mécanisme d'évaluation des « progrès » réalisés ne fait guère débat. Le nouveau texte repousse néanmoins cette première évaluation à 2024 (article 10.2), soit dans neuf ans. Ce qui est beaucoup trop tardif pour infléchir significativement les objectifs fixés dans les contributions nationales. Le rôle de cette évaluation n'est d'ailleurs pas clarifié : s'agit-il d'un pur travail d'analyse ou doit-elle établir une base sur laquelle justifier une révision à la hausse des contributions nationales ? Sur quels principes doivent reposer ces évaluations à la hausse : les dernières données scientifiques, les principes d'équité et de responsabilités communes mais différenciées etc ? C'est en débat.

Par ailleurs, l'éventuelle introduction d'un mécanisme d'inventaire et de révision dès 2017 ou 2018, n'est plus explicitement mentionné dans la partie qui porte sur la période prè-2020. Le terme « stocktake » ne figure pas dans cette partie de texte. Pas plus que l'option consistant à demander aux pays développés de « réviser leurs objectifs de réduction d'émissions » pour « atteindre 25 à 40 % de réduction d'émissions d'ici à 2020 », ce qui est pourtant le minimum syndical exigible, selon le GIEC, pour espérer rester en deça des 2°C de réchauffement.

Bref, se focaliser sur ces mécanismes d'évaluation et de révision pour laisser penser qu'il sera possible de revenir sur une trajectoire de réchauffement inférieure à 2°C relève à ce stade de la pure fiction.

Financement : Les Etats-Unis sur le grill

(à venir)
Xuan
COP21: les 10% plus riches au monde responsables de la moitié des émissions de CO2


02/12/2015 à 16h04 Mis à jour le 02/12/2015 à 16h04 BFM TV

http://img.bfmtv.com/c/1256/708/a48/a41b58533ea48e99b286f123ef9a9.jpg
Le jet Four Seasons est un Boeing 757 équipé de 52 sièges-lits en cuir. - P. K.

Entre individus très riches et très pauvres, l'écart ne se mesure pas qu'en termes de fortune. Les premiers rejettent aussi jusqu'à 175 fois plus de CO2 par personne que les seconds.

Dix pour cent des habitants les plus riches de la planète sont responsables à eux seuls de plus de la moitié des émissions mondiales de CO2. Ce, alors que la moitié la plus pauvre du globe n'est responsable pour sa part que de 10% des rejets polluants, assure l'ONG britannique Oxfam dans un rapport publié mercredi.

"Le changement climatique est intrinsèquement lié aux inégalités économiques: c'est une crise induite par les émissions de gaz à effet de serre des nantis qui frappe le plus durement des pauvres", affirme le rapport "Inégalités extrêmes et émissions de CO2", publié en marge des négociations climat près de Paris.

La nouveauté d'un calcul individuel par mode de vie

L'étude montre qu'une personne qui fait partie des 1% les plus riches au monde "génère en moyenne 175 fois plus de CO2 qu'une personne se situant dans les 10 % les plus pauvres". Alors que le calcul des émissions de CO2 se fait généralement en fonction de la production par pays, l'étude porte, elle, sur les émissions de CO2 directement liées aux modes de consommation individuelle, et prend donc en compte les produits importés. Elle compare ainsi les effets des modes de vie sur le climat.

Aussi, Oxfam montre que même si les émissions totales des grands pays émergents progressent très vite - la Chine étant le premier pollueur au monde -, "les émissions liées au mode de consommation des habitants les plus riches dans ces pays restent bien plus faibles que celles de leurs équivalents dans les pays riches de l'OCDE". L'Inde, actuellement troisième pays le plus polluant derrière la Chine et les Etats-Unis, devrait détrôner les Etats-Unis d'ici à 2030 et se retrouver dans le duo de tête.

Les pays riches doivent montrer la voie


"Certes les émissions augmentent rapidement dans les pays en développement, mais une grande partie de ces émissions proviennent de la production de biens consommés dans d'autres pays", souligne Oxfam.
"Les pays en développement doivent faire leur part, mais c'est aux pays riches qu'il appartient de montrer la voie, et d'assumer les conséquences désastreuses de leurs modes de développement et de consommation", estime dans ce rapport Romain Benicchio, responsable des politiques climat à Oxfam France.

La responsabilité historique du Nord pointée par le Sud

Une étude similaire avait été publiée début novembre par les économistes français Lucas Chancel et Thomas Piketty, établissant qu'un Nord-Américain émettait en moyenne 22,5 tonnes d'équivalent CO2 par an, quand ce chiffre était de 2,2 pour un Africain.

La question de la "responsabilité historique" des pays industrialisés dans le dérèglement climatique, ainsi que celle de l'aide financière aux pays du Sud pour accompagner leur adaptation aux effets du réchauffement, sont des points critiques de ces négociations internationales pour la lutte contre le réchauffement. A cet égard, nombre de pays en développement tiennent particulièrement au principe de "responsabilité commune mais différenciée", qui implique que les pays du Nord soient tenus à davantage d'obligations. De leur côté, les pays industrialisés tiennent à ce que les grands pays émergents s'engagent davantage dans la lutte contre le changement climatique.

Par D. N. avec AFP
Xuan
QUI A SACCAGE LE MEMORIAL DES VICTIMES DU TERRORISME, PLACE DE LA REPUBLIQUE ?



Encore une petite couche sur les "blacks blocs" avec leur tenue de crevette noire, reconnaissables à leur rayure jaune sur le casque, qui piétinent allègrement les bougies, messages d'enfants, bouquets et autres symboles de solidarité envers les victimes des attentats terroristes.


Edité le 02-12-2015 à 20:47:19 par Xuan


Xuan
COP21 : l’interdiction des manifestations est un abus de pouvoir

• 23 nov. 2015
• Par Les invités de Mediapart
• Édition : Les invités de Mediapart



Naomi Klein, journaliste canadienne, auteure, cinéaste et militante altermondialiste considère l'interdiction de manifester pendant la conférence Climat comme un révélateur des injustices politiques actuelles. « Encore une fois, un pays occidental riche place la sécurité des élites devant les intérêts de ceux qui se battent pour leur survie. Encore une fois, le message est : notre sécurité n’est pas négociable, la vôtre ne compte pas. »

________________________________________

Qui protège-t-on, quand on cherche à assurer la sécurité par tous les moyens nécessaires ? Et qui est sacrifié, alors que l’on pourrait faire beaucoup mieux ? Ces questions sont au cœur de la crise climatique. Les réponses sont la raison pour laquelle les sommets du Climat finissent si souvent dans l’acrimonie.

La décision du gouvernement français d’interdire les manifestations, marches et autres « activités en extérieur » pendant le sommet du Climat est perturbante à plusieurs niveaux. Ce qui m’inquiète le plus, c’est qu’elle reflète l’injustice fondamentale de la crise climatique elle-même, et cette question centrale : qui sont les personnes dont la sécurité est considérée importante dans notre monde asymétrique ?

La première chose à comprendre, c’est que les personnes exposées aux pires effets du dérèglement climatique ne peuvent quasiment pas se faire entendre dans le débat public occidental, quand on se demande s’il faut agir sérieusement pour empêcher un réchauffement catastrophique. Les gigantesques sommets du climat comme celui que Paris s’apprête à accueillir sont de rares exceptions. Pendant deux petites semaines, les voix de ceux qui sont touchés, en premier et le plus fort, ont un peu de place pour se faire entendre là où des décisions majeures sont prises. C’est pour cette raison que des habitants des îles du Pacifique, des chasseurs Inuits et des personnes de couleur pauvres vivant à la Nouvelle Orléans parcourent des milliers de kilomètres pour y participer. Participer à ce sommet est une précieuse occasion pour parler du dérèglement climatique du point de vue de la morale, et de mettre des visages humains sur la catastrophe en train de se produire.

Le deuxième point important c’est que même lors de ces rares moments, les voix de ceux qui se trouvent en « première ligne » n’ont pas assez de place dans les réunions officielles, où dominent les gouvernements et les ONG les plus riches. Les voix des gens ordinaires s’expriment surtout dans les rassemblements de base qui se tiennent parallèlement au sommet, ainsi que dans les manifestations et les moments de protestation qui attirent de cette manière l’attention médiatique. Or le gouvernement français a décidé de confisquer le plus puissant de ces porte-voix, en affirmant qu’assurer la sécurité des manifestations mettrait en péril sa capacité à garantir la sécurité de la zone du sommet officiel où les dirigeants politiques vont se rencontrer.
Certains disent que cela se justifie dans la situation de riposte contre la terreur. Mais un sommet du climat des Nations-Unies n’est pas comme une réunion du G8 ou de l’Organisation Mondiale du Commerce, où les puissants se rencontrent et ceux qui n’ont pas de pouvoir tentent de gâcher leur fête. Les évènements concomitants de la « société civile » ne sont pas un ajout ou une distraction de l’évènement principal. Elles font intégralement partie du processus. C’est pourquoi le gouvernement français n’aurait jamais dû être autorisé à décider quelle partie du sommet il annule, et quelle partie il continue d’accueillir.

Après les épouvantables attaques du 13 novembre, il aurait plutôt dû décider s’il avait la volonté et la capacité d’accueillir tout le sommet, avec la pleine participation de la société civile, y compris dans les rues. S’il ne le pouvait pas, il aurait dû y renoncer et demander à un autre pays de le remplacer. Pourtant, le gouvernement de François Hollande a pris une série de décisions qui reflètent une échelle de valeurs et de priorités très particulières quant à qui et quoi obtient la pleine protection de sa sécurité par l’Etat. Oui aux dirigeants du monde, aux matchs de foot et aux marchés de Noël. Non aux manifestations pour le climat et aux rassemblements qui reprochent aux négociations, compte-tenu du niveau des objectifs de réduction des gaz à effet de serre, de mettre en danger la vie et les conditions de vie de millions, si ce n’est de milliards de personnes.

Et qui sait où cela finira ? Doit-on s’attendre à ce que l’ONU révoque arbitrairement les accréditions de la moitié des participants de la société civile ? Ceux qui semblent le plus susceptible de causer de l’agitation à l’intérieur du sommet bunkerisé ? Je n’en serais pas du tout étonnée.

Il est important de réfléchir à ce que l’annulation des manifestations et protestations signifie en réalité et au plan symbolique. Le dérèglement climatique est une crise morale car à chaque fois que les gouvernements des pays riches échouent à agir comme il le faudrait, ils envoient le message que nous, au Nord, plaçons notre confort immédiat et notre sécurité économique devant la souffrance et la survie de certains des habitants les plus pauvres et les plus vulnérables de la planète.

La décision d’interdire les espaces les plus importants où les voix des personnes affectées par le climat auraient pu s’exprimer, est l’expression dramatique de cet abus de pouvoir profondément non éthique. Encore une fois, un pays occidental riche place la sécurité des élites devant les intérêts de ceux qui se battent pour leur survie. Encore une fois, le message est : notre sécurité n’est pas négociable, la vôtre ne compte pas.
Un dernier point : j’écris ces lignes depuis Stockholm, où je participe à une série d’événements publics sur le climat. Quand je suis arrivée, la presse s’excitait autour d’un tweet envoyé par la ministre de l’environnement, Asa Romson. Peu après la nouvelle des attentats de Paris, elle a tweeté sa colère et sa tristesse face à ces morts. Puis, qu’elle pensait que c’était une mauvaise nouvelle pour le sommet du climat, une pensée qui a traversé l’esprit de tous ceux que je connais, et qui ont un rapport avec le sommet du climat. Pourtant, elle a été jetée au pilori à cause de son insensibilité supposée : comment pouvait-elle penser au dérèglement climatique alors que venait de se produire un tel carnage ?

Cette réaction est révélatrice de l’idée que le changement climatique est une question mineure, une cause sans véritables victimes, un événement futile. En particulier quand les problèmes sérieux de la guerre et du terrorisme sont au centre de l’attention. Cela m’a fait penser à ce que l’auteure Rebecca Solnit a écrit récemment : « le dérèglement climatique est une violence ».

C’est une violence. Une partie de cette violence est infiniement lente : la montée du niveau des mers qui efface peu à peu des nations, les sécheresses qui tuent des milliers de personnes. Cette violence est aussi terriblement rapide : les tempêtes qui portent les noms de Katrina et Haiyan emportent des milliers de vies en un seul instant ravageur. Quand les gouvernements et les grandes entreprises échouent en conscience à agir pour empêcher la catastrophe du réchauffement, c’est un acte de violence. C’est une violence si grande, si mondiale, et infligée à tant de périodes temporelles à la fois (cultures anciennes, vies présentes, futur potentiel) qu’il n’existe pas encore de mot capable de decrire toute cette monstruosité. Faire preuve de violence pour réduire au silence ceux qui sont le plus vulnérables à la violence climatique est une violence de plus.

Pour expliquer pourquoi les matchs de foot se tiendraient comme prévu, le ministre français des Sports a déclaré : « la vie doit continuer ». Oui, c’est vrai. C’est la raison pour laquelle j’ai rejoint le mouvement pour la justice climatique. Parce que quand les gouvernements et les grandes entreprises échouent à prendre en compte toutes les vies sur Terre, ils doivent être contestés.

Traduction de Jade Lindgaard
Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.
Xuan
COP21 : l’interdiction des manifestations est un abus de pouvoir

• 23 nov. 2015
• Par Les invités de Mediapart
• Édition : Les invités de Mediapart



Naomi Klein, journaliste canadienne, auteure, cinéaste et militante altermondialiste considère l'interdiction de manifester pendant la conférence Climat comme un révélateur des injustices politiques actuelles. « Encore une fois, un pays occidental riche place la sécurité des élites devant les intérêts de ceux qui se battent pour leur survie. Encore une fois, le message est : notre sécurité n’est pas négociable, la vôtre ne compte pas. »

________________________________________

Qui protège-t-on, quand on cherche à assurer la sécurité par tous les moyens nécessaires ? Et qui est sacrifié, alors que l’on pourrait faire beaucoup mieux ? Ces questions sont au cœur de la crise climatique. Les réponses sont la raison pour laquelle les sommets du Climat finissent si souvent dans l’acrimonie.

La décision du gouvernement français d’interdire les manifestations, marches et autres « activités en extérieur » pendant le sommet du Climat est perturbante à plusieurs niveaux. Ce qui m’inquiète le plus, c’est qu’elle reflète l’injustice fondamentale de la crise climatique elle-même, et cette question centrale : qui sont les personnes dont la sécurité est considérée importante dans notre monde asymétrique ?

La première chose à comprendre, c’est que les personnes exposées aux pires effets du dérèglement climatique ne peuvent quasiment pas se faire entendre dans le débat public occidental, quand on se demande s’il faut agir sérieusement pour empêcher un réchauffement catastrophique. Les gigantesques sommets du climat comme celui que Paris s’apprête à accueillir sont de rares exceptions. Pendant deux petites semaines, les voix de ceux qui sont touchés, en premier et le plus fort, ont un peu de place pour se faire entendre là où des décisions majeures sont prises. C’est pour cette raison que des habitants des îles du Pacifique, des chasseurs Inuits et des personnes de couleur pauvres vivant à la Nouvelle Orléans parcourent des milliers de kilomètres pour y participer. Participer à ce sommet est une précieuse occasion pour parler du dérèglement climatique du point de vue de la morale, et de mettre des visages humains sur la catastrophe en train de se produire.

Le deuxième point important c’est que même lors de ces rares moments, les voix de ceux qui se trouvent en « première ligne » n’ont pas assez de place dans les réunions officielles, où dominent les gouvernements et les ONG les plus riches. Les voix des gens ordinaires s’expriment surtout dans les rassemblements de base qui se tiennent parallèlement au sommet, ainsi que dans les manifestations et les moments de protestation qui attirent de cette manière l’attention médiatique. Or le gouvernement français a décidé de confisquer le plus puissant de ces porte-voix, en affirmant qu’assurer la sécurité des manifestations mettrait en péril sa capacité à garantir la sécurité de la zone du sommet officiel où les dirigeants politiques vont se rencontrer.
Certains disent que cela se justifie dans la situation de riposte contre la terreur. Mais un sommet du climat des Nations-Unies n’est pas comme une réunion du G8 ou de l’Organisation Mondiale du Commerce, où les puissants se rencontrent et ceux qui n’ont pas de pouvoir tentent de gâcher leur fête. Les évènements concomitants de la « société civile » ne sont pas un ajout ou une distraction de l’évènement principal. Elles font intégralement partie du processus. C’est pourquoi le gouvernement français n’aurait jamais dû être autorisé à décider quelle partie du sommet il annule, et quelle partie il continue d’accueillir.

Après les épouvantables attaques du 13 novembre, il aurait plutôt dû décider s’il avait la volonté et la capacité d’accueillir tout le sommet, avec la pleine participation de la société civile, y compris dans les rues. S’il ne le pouvait pas, il aurait dû y renoncer et demander à un autre pays de le remplacer. Pourtant, le gouvernement de François Hollande a pris une série de décisions qui reflètent une échelle de valeurs et de priorités très particulières quant à qui et quoi obtient la pleine protection de sa sécurité par l’Etat. Oui aux dirigeants du monde, aux matchs de foot et aux marchés de Noël. Non aux manifestations pour le climat et aux rassemblements qui reprochent aux négociations, compte-tenu du niveau des objectifs de réduction des gaz à effet de serre, de mettre en danger la vie et les conditions de vie de millions, si ce n’est de milliards de personnes.

Et qui sait où cela finira ? Doit-on s’attendre à ce que l’ONU révoque arbitrairement les accréditions de la moitié des participants de la société civile ? Ceux qui semblent le plus susceptible de causer de l’agitation à l’intérieur du sommet bunkerisé ? Je n’en serais pas du tout étonnée.

Il est important de réfléchir à ce que l’annulation des manifestations et protestations signifie en réalité et au plan symbolique. Le dérèglement climatique est une crise morale car à chaque fois que les gouvernements des pays riches échouent à agir comme il le faudrait, ils envoient le message que nous, au Nord, plaçons notre confort immédiat et notre sécurité économique devant la souffrance et la survie de certains des habitants les plus pauvres et les plus vulnérables de la planète.

La décision d’interdire les espaces les plus importants où les voix des personnes affectées par le climat auraient pu s’exprimer, est l’expression dramatique de cet abus de pouvoir profondément non éthique. Encore une fois, un pays occidental riche place la sécurité des élites devant les intérêts de ceux qui se battent pour leur survie. Encore une fois, le message est : notre sécurité n’est pas négociable, la vôtre ne compte pas.
Un dernier point : j’écris ces lignes depuis Stockholm, où je participe à une série d’événements publics sur le climat. Quand je suis arrivée, la presse s’excitait autour d’un tweet envoyé par la ministre de l’environnement, Asa Romson. Peu après la nouvelle des attentats de Paris, elle a tweeté sa colère et sa tristesse face à ces morts. Puis, qu’elle pensait que c’était une mauvaise nouvelle pour le sommet du climat, une pensée qui a traversé l’esprit de tous ceux que je connais, et qui ont un rapport avec le sommet du climat. Pourtant, elle a été jetée au pilori à cause de son insensibilité supposée : comment pouvait-elle penser au dérèglement climatique alors que venait de se produire un tel carnage ?

Cette réaction est révélatrice de l’idée que le changement climatique est une question mineure, une cause sans véritables victimes, un événement futile. En particulier quand les problèmes sérieux de la guerre et du terrorisme sont au centre de l’attention. Cela m’a fait penser à ce que l’auteure Rebecca Solnit a écrit récemment : « le dérèglement climatique est une violence ».

C’est une violence. Une partie de cette violence est infiniement lente : la montée du niveau des mers qui efface peu à peu des nations, les sécheresses qui tuent des milliers de personnes. Cette violence est aussi terriblement rapide : les tempêtes qui portent les noms de Katrina et Haiyan emportent des milliers de vies en un seul instant ravageur. Quand les gouvernements et les grandes entreprises échouent en conscience à agir pour empêcher la catastrophe du réchauffement, c’est un acte de violence. C’est une violence si grande, si mondiale, et infligée à tant de périodes temporelles à la fois (cultures anciennes, vies présentes, futur potentiel) qu’il n’existe pas encore de mot capable de decrire toute cette monstruosité. Faire preuve de violence pour réduire au silence ceux qui sont le plus vulnérables à la violence climatique est une violence de plus.

Pour expliquer pourquoi les matchs de foot se tiendraient comme prévu, le ministre français des Sports a déclaré : « la vie doit continuer ». Oui, c’est vrai. C’est la raison pour laquelle j’ai rejoint le mouvement pour la justice climatique. Parce que quand les gouvernements et les grandes entreprises échouent à prendre en compte toutes les vies sur Terre, ils doivent être contestés.

Traduction de Jade Lindgaard
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Xuan
OCML VP
2015-11-29

Contre la répression et l’état d’urgence : solidarité !






Le gouvernement avait annoncé l’interdiction de manifester contre la COP21 les 29 novembre et 12 décembre. La police n’a pas lésiné sur les moyens pour réprimer dans l’œuf la contestation de la COP21 : assignations à résidence de militants écologistes, perquisitions chez des militants et dans des squats militants, dispositifs policiers démesurés sur chaque lieu de manifestation prévu.

Malgré les menaces et la répression, les appels à manifester ont été maintenus par les organisations qui construisent la mobilisation contre la COP21 depuis plusieurs mois. Les manifestations se sont tenues malgré la pression policière dans de nombreuses villes de France ce week-end : contrôles d’identité, fouilles, hélicoptères survolant les cortèges... A Paris ce sont plusieurs centaines de manifestants qui ont été encerclés, gazés. Le ministère de l’intérieur annonce 208 interpellations et 174 garde à vues.

L’OCML-VP affirme sa solidarité avec tous les militants interpellés à Paris ! Exigeons la libération de tous les militants interpellés et la levée des mesures répressives qu’ils nous imposent pour protéger leur sommet hypocrite !

Le capitalisme détruit nos vies et la planète : détruisons-le !
A bas la COP 21 et l’état d’urgence !
Contre la répression et l’état policier : solidarité !
OCML Voie Prolétarienne, 29 novembre 2015
Xuan
Tu regardes la vidéo où on voit clairement les flics piétiner ce mémorial , pour gazer et choper des manifestants tout-à-fait pacifiques, et tu parles ensuite au lieu de brailler avec Valls !


Edité le 02-12-2015 à 13:38:49 par Xuan


Xuan
Sur le site Revolution une vidéo :

ce sont les flics qui ont saccagé le mémorial du 13 novembre !
 
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