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armenak
oser lutter oser vaincre
Grand classique (ou très bavard)
armenak
298 messages postés
   Posté le 13-09-2006 à 11:33:39   Voir le profil de armenak (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à armenak   

Les FARC demandent l'aide du MNA pour mettre fin au conflit armé

Agence France-Presse

Bogota

Les guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC - marxiste) ont demandé lundi au 14e sommet du Mouvement des Non-alignés (MNA) qui s'est ouvert à Cuba, de les «aider» à mettre fin au conflit armé colombien.
«Nous nous adressons à vous, non pour vous demander de l'aide pour poursuivre la guerre, mais pour vous demander de nous aider à
trouver une solution politique au conflit social et armé dont souffrent les Colombiens depuis 60 ans», écrivent les FARC dans une missive envoyée au sommet du MNA et publiée sur leur site Internet.
Dans cette lettre, signée Raul Ryes, le numéro deux du mouvement
rebelle, les FARC font part de leur disposition à envoyer leurs représentants dans les pays membres du Mouvement des Non-Alignés.
De même, les FARC qui s'auto-qualifient de «guérilla la plus ancienne du monde», réaffirment leurs conditions pour procéder à un échange humanitaire avec le gouvernement du président colombien Alvaro Uribe.
La guérilla marxiste, la plus importante du pays avec 17 000
combattants, mène depuis quatre ans un semblant de négociation via
les médias avec le président Uribe, réélu le 28 mai. Chaque camp
s'efforce de faire porter sur la partie adverse la responsabilité d'un échec.
Les FARC réclament la libération de 500 guérilleros emprisonnés
contre celle de 58 otages, des personnalités politiques et militaires dont trois Américains et la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, 44 ans, ex-candidate à l'élection présidentielle enlevée le 23 février 2002.

Message édité le 03-12-2006 à 14:31:03 par oppong
Vassine
Militant expérimenté
Vassine
217 messages postés
   Posté le 13-09-2006 à 16:32:07   Voir le profil de Vassine (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Vassine   

Est-ce que ça signifie la fin de la lutte? baissent-ils les bras?


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Jameul
pas de justice pas de paix
Grand classique (ou très bavard)
721 messages postés
   Posté le 13-09-2006 à 18:38:53   Voir le profil de Jameul (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Jameul   

Citation :


«Nous nous adressons à vous, non pour vous demander de l'aide pour poursuivre la guerre, mais pour vous demander de nous aider à
trouver une solution politique
au conflit social et armé dont souffrent les Colombiens depuis 60 ans»

Membre désinscrit
   Posté le 13-09-2006 à 19:09:06   

Ce n'est pas la première fois que les FARC tiennent ce type de discours. C'est parfaitement dans leur logique de communication. De toute façon, on sait pertinemment qu'aucune solution n'est possible dans la mesure où Uribe a vendu des guerilleros aux US, qui sont donc a priori irrécupérables. A partir du moment où ils sont persuadés qu'Uribe ne peut/veut pas accéder à leurs demandes, ça ne leur coûte rien de dire "nous on est d'accord pour faire ça, ça et ça à condition que le gvt colombien...".
De plus ils ont tout intérêt à ce que les pays non-alignés (et les pays européens) fassent "pression" sur les US pour que les élections colombiennes ressemblent à un semblant de démocratie. Il est beaucoup plus facile aux FARC de se développer, légalement ou pas, lorsque le pouvoir est détenu par la "gauche". Il est évident qu'Uribe a déjà cédé à des pressions pour démobiliser des paramilitaires qui lui ont pourtant toujours rendu un grand service.
On pourra commencer à croire à un éventuel abandon de la lutte armée le jour où l'armée parviendra à lutter efficacement contre les FARC, ce qui est loin d'être le cas.
Melestam
6ème classique unanimement reconnu.
Grand classique (ou très bavard)
Melestam
251 messages postés
   Posté le 14-09-2006 à 21:01:14   Voir le profil de Melestam (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Melestam   

Les FARCs sont déjà des habitués du réformisme armé.


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"Le boukharinisme est ainsi en définitive une thèse niant la négation de la négation."
SMT
Jeune Communiste
138 messages postés
   Posté le 14-09-2006 à 21:36:09   Voir le profil de SMT (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à SMT   

c'est vraiment le sujet mais c'est une dépeche afp autour de farc pour info :

"LISBONNE, 7 sept 2006 (AFP)
L'ambassadeur de Colombie au Portugal, Plinio Apuleyo Mendoza, a demandé jeudi des explications au gouvernement portugais sur la propagande en faveur des FARC faite lors de la fête du Parti communiste portugais le week-end dernier à Lisbonne.
"J'ai exprimé mon inquiétude et j'ai demandé des explications" dans une lettre au ministre des Affaires étrangères, Luis Amado, a indiqué l'ambassadeur à l'AFP.
"Nous n'avons rien contre la présence de représentants du PC colombien" mais pas quand ils défendent les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie, guérilla marxiste) et qu'ils distribuent la revue "Resistencia" qui fonctionne comme leur organe de presse, a-t-il ajouté.
"Les FARC sont considérées comme une organisation terroriste par l'Union européenne, et elles le sont", a-t-il souligné en rappellant qu'elles avaient en leur pouvoir 2.000 personnes enlevées, dont l'ex-candidate à la Présidence Ingrid Betancourt.
L'ambassadeur s'est étonné que "les représentants du PC colombien venus prendre la défense des FARC" aient pu obtenir un visa alors que des étudiants ou des artistes colombiens ont les plus grandes difficultés à l'obtenir.
Dans un communiqué, le PCP a confirmé la présence de représentants du PC colombien et de la revue Resistencia dans la fête de son hebdomadaire Avante dans le cadre "de la solidarité des communistes portugais envers ceux qui partout dans le monde résistent et luttent contre les politiques anti-sociales, anti-démocratiques et bellicistes des principales puissances impérialistes".
ep/ia "


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"Le danger de la tactique des communistes de gauche consistait en ce qu'elle menaçait de transformer le Parti, de dirigeant de la révolution prolétarienne, en un groupe de conspirateurs creux et inconsistants" JV.Staline.
Membre désinscrit
   Posté le 15-09-2006 à 06:37:36   

Voici la lettre envoyée par les FARC au MPNA. Traduction à venir pour ceux qui ne parlent pas espagnol

11 de Septiembre de 2006

Carta abierta
Excelentísimo Señor Presidente
De la XIV Conferencia del Movimiento
de Países No Alineados (MNOAL)
La Habana Cuba.


Colombia es un país inmensamente rico, con tres cordilleras, segundo lugar en biodiversidad, costas en dos océanos, todos los pisos térmicos y variados climas, con tierras fértiles que permiten una producción agrícola durante todo el año. Una población de 44 millones de habitantes y un potencial económicamente activo de gran laboriosidad que tendría, en condiciones de paz real, capacidad de producir lo suficiente para autoabastecerse y aportar, desde el punto de vista alimentario, a otros 60 millones de seres humanos que no tienen las mismas o similares posibilidades.

Pero venimos de una tragedia nacional, 60 años de terrorismo de Estado y de mayor generación de preocupaciones en la complejidad de la política internacional. Han sido etapas de grandes injusticias sociales, de creciente democracia restringida, tiempos de mayor dolor que se recrudecieron con la elección a la Presidencia de Colombia, del Dr. Mariano Ospina Pérez, de filiación conservadora. Iniciando ese periodo, 1946, se comenzó una represión violenta contra la oposición de entonces, fundamentalmente contra el liberalismo, lo que provocó una histórica protesta pacífica, que tuvo su más grande expresión en la manifestación del silencio, convocada por el líder del Partido Liberal Dr. Jorge Eliécer Gaitán. La Plaza de Bolívar en Bogotá, se llenó, nadie lanzó un grito, ni un viva, ni un abajo, sólo habló Gaitán. Su discurso fue la Oración por la Paz, no llamó al odio, no llamó al enfrentamiento, llamo a la reconciliación, al entendimiento y a la paz.

El 9 de abril de 1948, Gaitán fue asesinado y hasta el día de hoy el magnicidio permanece en la más absoluta impunidad, nadie sabe quién fue el autor intelectual, pues al autor material se dejó que la multitud enardecida lo destrozara físicamente, para que nadie supiera quién lo había inducido o contratado. Llama la atención que la CIA, a 58 años del hecho, no haya desclasificado los documentos sobre este magnicidio, pese a la gran incidencia que tuvo sobre el agitado desarrollo y aún no bien analizadas conclusiones de la Conferencia Panamericana que en ese momento se reunía en Bogotá.

Al pueblo colombiano le ha costado muy caro estos años de desastrosos gobiernos. Fueron 300 mil compatriotas asesinados entre 1948 y 1953. Se conoce este periodo como el de la política oficial de “sangre y fuego”. Hoy sigue la infame masacre.

Para entonces, la alta jerarquía liberal optó por el exilio y a los liberales de base les tocó irse a la montaña, empuñar las armas y combatir para defender las vidas, sus familias y proteger los pocos bienes que poseían.

En el año 1953 se gestó el golpe militar, aparentemente orientado por el general Gustavo Rojas Pinilla, que una vez consolidado llamó a las guerrillas a entregarse bajo el lema “Paz Justicia y Libertad”. La mayoría de guerrilleros que respondían a las directivas del Partido Liberal se entregaron, pero el resultado no fue la paz. Muy pronto el Gobierno militar convirtió en enemigos a todos aquellos que tenían un pensamiento diferente al oficial y bajo los parámetros anticomunistas de la IX Conferencia Panamericana se bombardearon regiones campesinas en Villarrica Tolima, causando la muerte violenta a hombres, mujeres y niños.

En el año de 1957 el general Rojas Pinilla fue obligado a abandonar el poder. El nuevo gobierno volvió a llamar a los guerrilleros a la paz y al trabajo. Estos aceptaron y regresaron a trabajar en las regiones campesinas de: Río Chiquito, Marquetalia, El Pato y El Guayabero. Allí se producía: maíz, plátano, yuca, café, frijol, cerdos, ganado y aves de corral, entre otros productos agrícolas. Una parte de estos productos se consumían por los pobladores o se vendían en las ciudades vecinas, convirtiéndose en un aporte al desarrollo del país, pero en 1964 nuevamente fueron atacados por el Estado colombiano. El Ejército Nacional, siguiendo las orientaciones del Departamento de Estado de los Estados Unidos, quisieron arrasar estas regiones, temerosos de que fueran el germen de otra revolución como la cubana.

Esta persecución constante y sin precedentes es el origen de las FARC-EP, la guerrilla más antigua del mundo, que obligados durante 6 décadas de violencia oficial, han combatido contra un Estado injusto y violento, en el empeño de conquistar para el pueblo una paz digna con justicia social.

Durante todo este aciago periodo se han hecho varios intentos por conseguir la paz, hasta que en 1984 se firmaron los Acuerdos de la Uribe, una tregua y un cese bilateral de fuegos que duró hasta el 9 de diciembre de 1990, cuando fue rota por el presidente de la época César Gaviria Trujillo, quien a mansalva, sin haber terminado la tregua, bombardeo Casa Verde, Sede del Secretariado de las FARC, el día en que los colombianos elegían la Asamblea Nacional Constituyente.

Producto de los Acuerdos de la Uribe nació la Unión Patriótica, organización pluralista bien acogida por los trabajadores y la población, en corto tiempo de campaña electoral eligió 14 congresistas, 17 diputados, 10 alcaldes y 135 concejales. La reacción de la ultraderecha no se hizo esperar: dos de sus candidatos a la presidencia fueron asesinados: Jaime Pardo Leal y Bernardo Jaramillo. La mayoría de los congresistas, diputados, concejales y alcaldes fueron asesinados, junto a más de 4 mil dirigentes, activistas y simpatizantes del Partido Comunista y la Unión Patriótica. Igualmente fueron asesinados los candidatos: Carlos Pizarro León Gómez del M19 y Luis Carlos Galán Sarmiento del Nuevo Liberalismo, todos estos asesinatos han sido responsabilidad del Estado colombiano; por eso la Comisión Interamericana de Derechos Humanos, condenó al Estado por el genocidio contra la Unión Patriótica.

En un nuevo paso, por la búsqueda de la paz, el 7 de enero del año 1999 se instalaron los diálogos en San Vicente del Caguán, Departamento del Caquetá, entre el gobierno del Dr. Andrés Pastrana y las FARC-EP, pero paralelo a este importante proceso, los Estados Unidos, impusieron el Plan Colombia, plan de guerra dirigido a su vez contra la estabilidad de la región suramericana. Tres años más tarde, el 20 de febrero del 2003, el presidente Pastrana daba abruptamente por terminados los diálogos, sin haber tenido en cuenta a los 28 países amigos que apoyaban este nuevo esfuerzo de paz y sin haberle permitido al enviado del Secretario General de la ONU, James Lemoyne, desempeñar el papel de facilitador en que estaba empeñado.

Durante el proceso 1999-2003, se avanzó significativamente y se firmó, por los comisionados del gobierno de Pastrana y las FARC, la Agenda Común para el Cambio. Los puntos a discutir ya están identificados y rubricados con la firma de las dos partes. Solo falta la voluntad del gobierno actual para reiniciar un diálogo que conduzca hacia la paz en Colombia y a la estabilidad regional.

Excelentísimos Presidentes y delegaciones del Movimiento de Países No Alineados. Hacemos esta pequeña síntesis histórica para mostrar que la guerrilla no es la responsable de la violencia, como lo pregonan el Gobierno de Colombia y los grandes medios de comunicación que le son afectos.

Nos dirigimos a ustedes, no para pedirles que nos ayuden en la guerra, sino para pedirles que nos ayuden en la solución política al conflicto social y armado que padecemos los colombianos desde hace seis décadas.

Al presidente de Colombia, Álvaro Uribe Vélez, le hemos reiterado públicamente la propuesta que se le hizo desde el inicio de su primer gobierno, desmilitarizar dos Departamentos: el Putumayo y el Caquetá y retomar la Agenda Común por el Cambio para sentarnos con los partidos políticos, gremios económicos, la Iglesia, movimiento Sindical y de masas en general, los militares, los estudiantes, los campesinos, los indígenas y otras minorías, para que entre todos diseñemos la nueva Colombia, la que todos queremos, soberana, digna, pujante, justa y en paz.

Para el Acuerdo Humanitario, de parte de las FARC-EP, existen propuestas concretas y realizables a la luz del Derecho Internacional, correspondiendo al Gobierno dar los pasos pertinentes para avanzar en su desarrollo y concreción, lo que es esperado por la nación, la Comunidad Internacional y los familiares de los prisioneros políticos y de guerra de las dos partes.

Estamos dispuestos a enviar delegaciones nuestras a conversar con sus gobiernos en sus países, sobre nuestras propuestas para las salidas políticas, si contamos con garantías ciertas de sus partes; igualmente estamos dispuestos a recibir a sus delegados en nuestros campamentos para darles nuestra versión sobre el conflicto interno y explicarles nuestros esfuerzos y propuestas conducentes a conseguir la paz definitiva y duradera.


Atentamente,


Raúl Reyes

Jefe de la Comisión Internacional de las FARC-EP.

Montañas de Colombia, Septiembre de 2006
Membre désinscrit
   Posté le 16-09-2006 à 15:11:08   

11 septembre 2006
Lettre ouverte
A Monsieur le Président
De la XIV Conférence du Mouvement
des Pays Non Alignés (MPNA)
La Havane Cuba.

La Colombie est un pays immensément riche, avec trois chaînes de montagnes, classé au 2° rang mondial en matière de bio-diversité, des ouvertures sur les deux océans, différents niveaux de température et des climats variés, avec une terre fertile qui permet une production agricole pendant toute l'année. Une population de 44 millions d'habitants et une force de travail qui aurait, dans des conditions de paix réelle, la capacité de produire assez de biens pour être auto-suffisants et fournir une aide alimentaire à 60 millions d'êtres humains qui n'ont pas les mêmes possibilités.
Mais nous subissons les conséquences d'une tragédie nationale, 60 années de terrorisme d'État et de nouvelles préoccupations liées à la complexité de la politique internationale. Cette époque a été marquée par de grandes injustices sociales, une généralisation de la restriction des droits démocratiques des peuples, une ère de douleur intense qui s'est accentuée avec l'élection à la Présidence de la Colombie, du Dr. Mariano Ospina Pérez (1946-1950), conservateur. L'événement déclencheur de cette période fut la répression violente contre l'opposition qui se forma en 1946, orientée fondamentalement contre le libéralisme, qui provoqua une vague de protestation pacifique historique, dont la plus grande expression fut la manifestation du silence, organisée par le chef du Parti Libéral Dr. Jorge Eliécer Gaitán. La Place de Bolivar à Bogota, était noire de monde, mais personne n'a lancé un cri, pas même un viva, et seul Gaitán prit la parole. Son discours a été le Discours de la Paix, il n'a pas appelé à la haine, il n'a pas appelé à la confrontation, il a seulement appelé à la réconciliation, à la compréhension mutuelle et à la paix.
Le 9 avril 1948, Gaitán a été assassiné et jusqu'à aujourd'hui ce crime est resté impuni, personne ne sait qui en fut l'instigateur, puisqu'à l'époque on avait livré l'assassin à la foule, afin que personne ne sache qui l'avait contacté. J'attire votre attention sur le fait que la CIA, 58 ans après, n'a toujours pas rendu les documents sur cet assassinat publics, malgré son incidence sur le développement agité de la Conférence Panaméricaine qui se réunissait alors à Bogota et l'absence de conclusions significatives qui en découla.
Ces années de gouvernements désastreux ont coûté très cher au peuple colombien. 300.000 compatriotes furent assassinés entre 1948 et 1953. Cette période est d'ailleurs connue sous le nom de la politique officielle de "sang et feu". Cet horrible massacre continue encore aujourd'hui.
Le haut commandement du camp libéral opta alors pour l'exil et leurs partisans restés au pays eurent pour consigne de gagner les montagnes, saisir les armes et combattre pour défendre leurs propres vies, celles de leurs familles et tenter de protéger le peu de biens qu'ils possédaient.
Durant l'année 1953 eut lieu un coup d'état militaire, dirigé par le général Gustavo Rojas Pinilla, qui une fois son pouvoir consolidé appela les guérillas à se démobiliser, en adoptant la devise "Paix Justice et Liberté". La majorité de guérillas qui suivaient les directives du Parti Libéral rendirent les armes, mais le résultat obtenu ne fut pas la paix. Rapidement le Gouvernement militaire transforma en ennemis tous ceux qui avaient une vision différente de celle du gouvernement et conformément aux décisions anticommunistes prise par la IXe Conférence Panaméricaine les régions campagnardes de Villarrica Tolima furent bombardées, en causant le décès violent d'hommes, de femmes et d'enfants.
En 1957 le général Rojas Pinilla fut contraint d'abandonner le pouvoir. Le nouveau gouvernement appela à nouveau les guérillas à la paix et à se mettre au travail. Les guerilleros acceptèrent et se remirent au travail dans les régions campagnardes de: Rio Chiquito, Marquetalia, El Pato et le Guayabero. Ils y produisaient du maïs, des bananes, du manioc, du café, des haricots, entre autres produits agricoles et ils élevaient des porcs, du bétail et des volailles. Une partie de ces produits étaient consommés sur place par les habitants, l'autre partie était vendue dans les villes avoisinantes, contribuant au développement du pays, mais en 1964 ils furent de nouveau attaqués par l'État colombien. L'Armée Nationale, suivant les directives du Département d'État des Etats-Unis, ont voulu nettoyer ces régions, redoutant qu'elles soient le germe d'une nouvelle révolution similaire à la révolution cubaine.
Cette persécution constante et sans précédent fut à l'origine de la création des FARC-EP, la guérilla la plus ancienne au monde, qui contrainte par 6 décennies de violence officielle, a combattu contre un État injuste et violent, avec l'ambition de conquérir pour le peuple une paix digne et la justice sociale.
Pendant tout cette période tragique il y eut plusieurs tentatives pour obtenir la paix, jusqu'à ce qu'en 1984 furent signés les Accords de la Uribe, une trêve et une cessation bilatérale des combats qui ont duré jusqu'au 9 décembre 1990, quand elle a été défaite par le président de l'époque César Gaviria Trujillo, qui à mansalva, sans avoir mis fin à la trêve, bombardait la Maison Verte, siège du Secrétariat des FARC, le jour même où les Colombiens élisaient l'Assemblée Nationale Constitutive.
Des Accords de l'Uribe est née l'Union Patriotique, organisation pluraliste bien reçue par les travailleurs et la population dans son ensemble, et qui malgré une campagne électorale réduite réussit à faire élire 14 sénateurs, 17 députés, 10 maires et 135 conseillers municipaux. La réaction des paramilitaires (extrême droite) ne s'est pas fait attendre: deux de leurs candidats à la présidence ont été assassinées: Jaime Pardo Leal et Bernardo Jaramillo. La majorité des sénateurs, députés, conseillers municipaux et maires ont été assassinés, avec plus de 4 mille dirigeants, militants et sympathisants du Parti Communiste et de l'Union Patriotique. Furent également assassinés les candidats: Carlos Pizarro Leon Gómez du M19 et Luis Carlos Galan Sarmiento du Nouveau Libéralisme, tous ces meurtres impliquant la responsabilité de l'État colombien; c'est pourquoi la Commission Interaméricaine de Droits Humains, condamna l'État pour le génocide contre l'Union Patriotique.
Une nouvelle étape dans le processus de recherche de la paix fut le 7 janvier de l'année 1999 l'ouverture de pourparlers à San Vicente del Caguán, dans le département du Caquetá, entre le gouvernement du Dr. Andres Pastrana et les FARC-EP, mais parallèlement à cet important processus, les Etats-Unis imposèrent le Plan Colombie, plan de guerre dirigé à son tour contre la stabilité sur le territoire sud-américain. Trois années plus tard, le 20 février 2003, le président Pastrana mit fin aux pourparlers de manière abrupte, sans tenir compte des 28 pays amis qui soutenaient ce nouvel effort de paix, et sans avoir permis à l'envoyé du Secrétaire Général de l'ONU, James Lemoyne, de jouer le rôle de médiateur dans lequel il était engagé.
Pendant le processus 1999-2003, on a significativement avancé et on a signé, entre les délégués du gouvernement Pastrana et les FARC, l'Agenda Commun pour le Changement. Les points à examiner sont déjà identifiés et paraphés avec la signature des deux parties. Il manque seulement la volonté du gouvernement actuel pour recommencer un dialogue qui doit conduire à la paix en Colombie et à la stabilité régionale.
MM les Prsésidents et délégations du Mouvement des Pays Non Alignés. Nous vous adressons cette petite synthèse historique pour montrer que la guérilla n'est pas le responsable de la violence, comme le prétendent le Gouvernement colombien et les grands medias de communication qui dépendent de lui.
Nous nous adressons à vous, non pour vous demander de nous aider dans la guerre, mais pour vous demander de nous aider dans la solution politique au conflit social et armé dont nous souffrons nous tous colombiens depuis six décennies.
Au président de la Colombie, Álvaro Uribe Vélez, nous avons publiquement réitéré la proposition que lui a été faire depuis la désignation de son premier gouvernement, démilitariser deux Départements : le Putumayo et le Caquetá et reprendre l'Agenda Commun pour le Changement pour nous asseoir à la table des négociations avec les partis politiques, les grands patrons, l'Église, le mouvement Syndical et des masses en général, les militaires, les étudiants, les paysans, les indigènes et les autres minorités, pour qu'entre tous construisions la nouvelle Colombie, celle que nous voulons tous, souveraine, digne, puissante, juste et en paix.
Pour l'Accord Humanitaire, de la part des FARC-EP, il existe des propositions concrètes et réalisables à la lumière du Droit International, mais il revient au Gouvernement de faire des pas significatifs pour avancer dans son développement et sa concrétisation, ce qui est attendu par la nation, la Communauté Internationale et les familles des prisonniers politiques et de guerre des deux camps.
Nous sommes disposés à envoyer des délégations pour discuter avec les gouvernements de vos pays, de nos propositions pour une résolution politique, si nous disposons de certaines garanties de votre part; nous sommes également disposés à recevoir vos délégués dans nos campements pour leur donner notre version sur le conflit interne et leur expliquer nos efforts et propositions menant à obtenir la paix définitive et durable.

Salutations,

Raúl REYES

Chef de la Commission Internationale des FARC-EP.
Montagnes de Colombie, septembre 2006
Membre désinscrit
   Posté le 16-09-2006 à 18:51:51   

Un petit point sur la situation actuelle en Colombie et un rappel sur les dernières années.

Depuis l'élection d'Uribe en 2002, le gouvernement colombien tente de reprendre en main une situation intérieure qui a profondément dégénéré, notamment à cause du Plan Colombie signé par Pastrana avec les US, et des pleins pouvoirs laissés à l'époque aux paramilitaires qui en ont profité pour se développer.
Les US sont tout disposés à filer des milliards de dollars (bien lire des MILLIARDS...!) au gouvernement colombien pour organiser le trafic de cocaïne en direction des Etats-Unis (officiellement lutter contre le trafic de drogue ), et protéger les multinationales, mais ils souhaitent quand même un minimum de résultats, ce qu'ils n'ont pas obtenu avec Pastrana.
Avec Uribe les choses changent, la lutte s'intensifie contre les narco-trafiquants et les paramilitaires sont démobilisés (ils ne sont plus que quelques milliers), la plupart étant (ré-)intégrés à l'armée colombienne. Des instructeurs US forment régulièrement des soldats colombiens qui n'ont bien souvent pas la même expérience et les mêmes aptitudes au combat que les camarades des FARC.
Bref Uribe obtient quelques résultats, validés par le résultat grotesque des dernières présidentielles, où il a facilement été ré-élu dès le 1er tour.
Seule ombre au tableau, les FARC sont toujours aussi présents, toujours aussi nombreux, et toujours aussi actifs, que ce soit au travers d'attentats commis sur les sites des multinationales, principalement US, de leur contrôle sur le trafic de cocaïne (les quantités exportées étant en augmentation régulière) ou de la pression exercée sur les hommes politiques, la police ou l'armée colombienne.
Bref Uribe ne s'en sort pas, il réclame plus d'aide des US et de la communauté internationale pour lutter contre ce terrorisme. Problème, les FARC ne tuent pas assez de civils - rappelons au passage qu'ils condamnent les attentats aveugles commis sur des civils innocents, et ne s'en prennent généralement qu'à des politiciens (surtout des conseillers municipaux), des policiers et des militaires - solution trouvée par le gouvernement colombien:
1°) commettre des attentats sur des civils, par la suite attribués aux FARC (qui ne revendiquent jamais les attentats perpétrés dans les zones urbaines, souvent le fait de cellules plus ou moins indépendantes)
2°) organiser des cérémonies où des militaires déguisés en FARC abandonnent la lutte armée, et sont réintégrés dans la société civile (sous les hourras de la foule en délire... )
Bien évidemment quand on rentre dans une telle logique, il n'y a plus de limite, d'où les scandales de ces derniers mois, et notamment le dernier en date où l'armée a préféré prendre les devants en balançant des boucs-émissaires avant qu'El Tiempo diffuse l'info.

Rappel des principaux faits depuis le début de l'année:
- 10 policiers sont tués lors d'une opération antidrogue; après avoir envisagé d'attribuer ce meurtre aux FARC, on opte rapidement pour une bavure de la part des militaires; suite aux premières investigations, il semblerait que la vérité soit toute autre et que les miliatires impliqués étaient de mèche avec les narco-trafiquants locaux
- cérémonie en grande pompe pour annoncer la démobilisation d'une colonne des FARC, plus de 70 hommes!

Le porte-parole de cette colonne, un sympathique gauchiste dont le look nous évoque plus les mecs de la CNT qu'un guerillero...! Il reconnaîtra par la suite qu'il n'est qu'un simple sympathisant, venu rendre son arme au gouvernement colombien (!). Le chef militaire de la colonne était en prison depuis plusieurs années et l'avion soi-disant rendu par la colonne (carrément, on n'a pas lésiné sur les moyens!) était déjà à disposition de l'armée colombienne
- assassinat de 29 civils par l'armée colombienne; plutôt que d'attribuer ce crime aux FARC, le gouvernement colombien décide d'innover en présentant les civils comme des membres des FARC (nouvelle tactique censée saper le moral des troupes, l'armée ayant de plus en plus de mal à capturer ou à assassiner des guerilleros en activité); manque de chance, les langues se délient, certains militaires avouent leur crime et la supercherie est découverte
- fin juillet, attentat organisé par 4 officiers (dont un colonel), avec l'aide d'un ancien membre des FARC; bilan: 1 civil tué et 10 soldats blessés; la vérité éclate grace à l'enquête menée par des journalistes, même si l'armée décide finalement de prendre les devants en avouant ce crime, avant que l'article sorte dans El Tiempo.

Même au sein des classes moyennes ou de la classe politique colombienne, la multiplications des attentats ou autres supercheries impliquant l'armée inquiète.

Dernière affaire en date:
German Vargas Lleras, principal dirigeant de Cambio Radical (15 sénateurs/102 et 20 députés/166), qui fait partie de la coalition d'Uribe (concrètement l'un des plus gros contributeurs au succès d'Uribe, sans son parti Uribe n'aurait pas été élu dès le 1er tour...) vient d'annoncer qu'il envisageait de quitter la Colombie. Vargas Lleras a déjà été victime de 2 attentas, le 1er en 2002 et le 2nd fin 2005, tous les 2 attribués aux FARC. Il accuse aujourd'hui des organisations gouvernementales d'avoir commandité ces 2 attentats et ne se sent plus protégé par la force publique de son pays.
Membre désinscrit
   Posté le 28-09-2006 à 20:33:14   

Colombie: le président Uribe fait un premier pas pour la libération des otages

BOGOTA (AFP) - Le président colombien Alvaro Uribe a fait jeudi un premier pas en vue d'un accord humanitaire pour la libération des otages dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, en acceptant l'exigence des guérilleros des FARC de démilitariser deux municipalités.

"Il existe une volonté politique pour effectuer un retrait des troupes (gouvernementales) et s'asseoir pour négocier", a annoncé l'ancien ministre Alvaro Leyva, désigné par le président pour établir un contact avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes), la principale guérilla colombienne.



M. Leyva a ajouté qu'Alvaro Uribe retirerait les troupes des municipalités de Florida et de Pradera (sud-ouest-département du Valle del Cauca) qui seront déclarées "zone de rencontre" pendant 45 jours.

La décision présidentielle a été confirmée par le ministre de la Défense Juan Manuel Santos, affirmant qu'il s'agit d'une nouvelle "démonstration pour le pays et la guérilla de la volonté de parvenir à un accord humanitaire".

Depuis des semaines, le chef de l'Etat se heurtait à une très forte résistance de l'armée à cette démilitarisation. "La décision a été prise il y a longtemps, mais l'armée a tout fait pour convaincre le président de renoncer à cette initiative", a révélé à l'AFP Carlos Lozano, le directeur d'un journal communiste impliqué dans les négociations.

"Les militaires activent le conflit dans cette région pour empêcher le gouvernement de retirer ses troupes", affirme l'ancien président Ernesto Samper (1994-98), qui a condamné les bombardements aériens des derniers jours.

"Si personne ne s'oppose à la démilitarisation, je ne vois pas pourquoi cette fois nous ne pourrions pas avancer", a déclaré à l'AFP M. Leyva. "Une fois que le gouvernement a pris la décision politique, l'étape suivante est d'adopter des mesures militaires", a-t-il ajouté.

La guérilla exige, comme préalable à toute négociation pour un échange humanitaire, la démilitarisation des deux municipalités, enclavées dans la cordillère centrale et constituant un couloir d'approvisionnement stratégique.

Les FARC réclament la libération de 500 guérilleros emprisonnés contre celle de 58 otages, des personnalités politiques et militaires dont trois Américains et la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, 44 ans, enlevée le 23 février 2002 alors qu'elle était candidate à l'élection présidentielle.

En mai 2003, M. Uribe, après l'exécution par les FARC de dix de leurs otages, a proposé à la France d'accueillir les rebelles détenus, mais les FARC ont exigé leur libération en Colombie.

Mme Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid Betancourt, a salué la décision de M. Uribe de démilitariser les deux municipalités, qui ravive l'espoir des familles d'otages de la guérilla. "Pour la première fois depuis longtemps, cette nouvelle nous remplit d'espoir", a-t-elle déclaré à l'AFP. "J'espère bientôt pouvoir retrouver ma fille", a-t-elle ajouté.

Depuis plus de quatre ans, le gouvernement et les FARC affirment vouloir négocier, s'efforçant de faire porter au camp adverse la responsabilité de l'échec d'un échange humanitaire en exigeant de nouvelles conditions.

Et certains diplomates européens redoutent qu'en dépit des effets d'annonce du président sur cette démilitarisation, des obstacles soient dressés sur la route d'un accord humanitaire.

Mercredi soir, le président a déjà lancé une mise en garde. "Il ne pourra s'agir d'une zone de refuge pour le crime, ni d'une récupération militaire d'un territoire pour le terrorisme. Ce doit être une zone de rencontre qui prouve aux Colombiens et à la communauté internationale qu'il existe une volonté de parvenir à la paix", a-t-il dit.

La France, la Suisse et l'Espagne avaient proposé le 13 décembre la création d'une zone démilitarisée sous contrôle international pour négocier l'échange, mais les FARC avaient repoussé la proposition, estimant pour des raisons de sécurité qu'une zone démilitarisée de 180 kilomètres carrés serait trop petite.

La démilitarisation totale des communes de Florida et de Pradera concerne 850 kilomètres carrés de territoire.


C'est finalement Uribe qui a lâché le 1er dans le bras de fer qui l'opposait aux FARC, en leur accordant la zone démilitarisée qu'ils avaient exigée . Reste à voir les conditions de cette offre, qui n'ont pas encore été précisées. Pour rappel, les FARC entendent par démilitarisation le retrait de l'armée et de la police, mais la présence de guerilleros armés, ainsi que la présence d'émissaires européens (pour servir d'otages au cas où ça tournerait mal). Alvaro Leyva, du Movimiento Nacional de Reconciliación (également le parti de Juan Carlos Lecomte, mari de Betancourt), est l'émissaire choisi depuis 2005 par les FARC pour servir d'intermédiaire entre Uribe et la guerilla. Une fois de plus, la mère de Betancourt s'est bien sûr précipitée pour saluer la décision d'Uribe, étant très proche idéologiquement du président colombien (la famille Betancourt fait également partie des intimes de De Villepin)
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   Posté le 11-10-2006 à 17:00:29   

Réponse des FARC

Carta abierta a los integrantes de las tres ramas del poder público

"El futuro de Colombia no puede ser el de la guerra civil" Jacobo Arenas
La paz, la solución política del conflicto, sigue siendo el más caro anhelo en el alma colectiva de los colombianos. No ha sido posible porque los de arriba no quieren ceder a sus privilegios, ni desean compartir, atrincherados en su democracia excluyente y tras las garras del águila imperial.
La Uribe, Caracas, Tlaxcala y San Vicente, fueron oportunidades perdidas porque las oligarquías en el poder solo querían la desmovilización de la insurgencia sin cambios en las estructuras.
Cinco décadas perdidas, cientos de miles de muertos, miseria, soberanía mancillada, dependencia y falsa democracia, han sido el resultado del terco empeño de aniquilar por la vía de las armas la inconformidad del pueblo. Todas las operaciones militares, del 64 al 2006, desde el Plan LASO hasta el Patriota de los gringos, terminaron en el fracaso. Todos los presidentes desde Guillermo León Valencia hasta Álvaro Uribe se fijaron plazos breves para la derrota militar de la guerrilla, y terminaron más distantes de ese objetivo.
Si el gobierno actual decide otorgar las plenas garantías para adelantar el canje de prisioneros de guerra, desmilitarizando por 45 días los municipios de Florida y Pradera en el Valle del Cauca, una vez liberados todos ellos, quedará al orden del día la búsqueda de acuerdos para superar el conflicto social y armado que azota al país.
Ustedes bien saben que nuestra lucha no busca privilegios personales para quienes conformamos las FARC sino el bienestar del conjunto de la sociedad y, en primer lugar, de los sectores mayoritarios de la población. Es nuestro juramento, compromiso de vida e hilo conductor de cualquier aproximación que intentemos mancomunadamente hacia la reconciliación nacional.

Por ello, le proponemos al Estado colombiano que una vez realizado el canje y frente a la imperiosa necesidad del país por encontrar la solución política del conflicto:
1. Desmilitarice los departamentos de Caquetá y Putumayo para iniciar conversaciones de paz.
2. Suspenda las órdenes de captura para los integrantes del Estado Mayor Central de las FARC.
3. Solicite a la comunidad internacional suspender la calificación como organización terrorista a las FARC. Resuelto este problema, quedan abiertas las puertas para que los distintos países, si lo estiman conveniente, jueguen su rol como mediadores, o facilitadores, etc.
4. Reconozca la existencia del conflicto social y armado.
5. Suspenda los operativos militares a escala nacional y regrese las tropas a sus Cuarteles, Divisiones, Brigadas y Batallones.
6. Otorgue plenas garantías para el desplazamiento de miembros del Estado Mayor Central en los dos departamentos donde se efectuaran los diálogos Gobierno- FARC.
7. Los encuentros Gobierno- FARC serán de cara al país.

8. Bajo estas condiciones las FARC, en acuerdo con el gobierno nacional, entrarían de inmediato a explorar caminos que conduzcan a un cese bilateral del fuego y a analizar la solución política al conflicto social y armado llevando a la mesa los siguientes materiales para su discusión:
a. Agenda Común del Caguán y Plataforma para un Nuevo Gobierno de Reconciliación y Reconstrucción Nacional.
b. Paramilitarismo de Estado.
c. Depuración de las fuerzas armadas ligadas al paramilitarismo.
d. Libertad inmediata para la población civil sindicada de nexos con la guerrilla.
e. Reparación económica por parte del Estado a todos los afectados por el conflicto interno.
f. El TLC con los Estados Unidos.
g. Reforma Agraria inmediata que incluya la restitución de propiedad sobre fincas y parcelas al campesinado afectado por el conflicto.
h. Retorno de los desplazados a sus áreas con plenas garantías personales, económicas, sociales y políticas por parte del Estado.
i. Reforma Urbana inmediata.
j. Política de Estupefacientes.
k. Tratado de Extradición.
l. Asamblea Constituyente.
m. Política Energética.

Sobre estas bases, los invitamos a trabajar conjuntamente por la construcción de caminos de entendimiento.

Compatriotas,

Secretariado del Estado Mayor Central, FARC-EP
Montañas de Colombia, Octubre 1 de 2006


Lettre ouverte aux membres des trois branches du pouvoir public

"La guerre civile ne peut pas être l'avenir de la Colombie" Jacobo Sables

Tous les Colombiens espèrent la paix, une solution politique au conflit. Cela n'a pas été possible parce que "ceux d'en haut" ne veulent pas abandonner leurs privilèges, ils ne souhaitent pas partager, retranchés dans leur démocratie exclusive et accrochés aux griffes de l'aigle impérial.
La Uribe, Caracas, Tlaxcala et San Vicente, furent des occasions perdues parce que les oligarchies au pouvoir voulaient seulement mettre un terme à la révolte sans changer les structures.
Cinq décennies perdues, des centaines de milliers de morts, la misère, une souveraineté souillée, la dépendance [aux US] et la fausse démocratie, ont été le résultat de l'obstination [du pouvoir] à annihiler par la voie des armes " la non-conformité " du peuple. Toutes les opérations militaires, de 1964 à 2006, depuis le Plan LASO [Latin American Security Operation] jusqu'au plan Patriote des gringos [les US], ont échoué. Tous les présidents, depuis Guillermo Leon Valencia jusqu'à Álvaro Uribe ont fixé des délais assez brefs pour la défaite militaire de la guerilla, mais ils ont tous terminé de plus en plus éloignés de cet objectif. Si le gouvernement actuel décide d'apporter toutes les garanties pour favoriser l'échange des prisonniers de guerre, en démilitarisant pendant 45 jours les municipalités de Florida et de Pradera dans la Vallée du Cauca, une fois qu'ils seront tous libérés, il restera à l'ordre du jour la recherche d'accords pour dépasser le conflit social et armé qui frappe le pays.
Vous savez bien que notre lutte n'a pas pour objectif la recherche de privilèges personnels pour ceux qui soutiennent les FARC mais le bien-être de l'ensemble de la société et, en priorité, des secteurs majoritaires de la population. Nous en faisons le serment, c'est un "compromis de vie" et le fil conducteur pour toute tentative de rapprochement que nous opérons en faveur de la réconciliation nationale.

Pour cette raison, nous proposons à l'État colombien, une fois effectué l'échange et face à la nécessité impérieuse pour le pays de trouver une solution politique au conflit, le programme suivant :
1. Démilitariser les départements de Caquetá et de Putumayo pour entamer des négociations de paix.
2. Suspendre les avis de recherche pour les membres de l'État Major des FARC.
3. Solliciter la Communauté internationale pour suspendre la qualification d'organisation terroriste attribuée aux FARC. La résolution de ce problème permettra d'ouvrir des portes pour que les différents pays, s'ils le souhaitent, puissent jouer un rôle de médiateurs, ou de facilitateurs, etc..
4. Reconnaître l'existence du conflit social et armé.
5. Suspendre les opérations militaires à l'échelle nationale et renvoyer les troupes à leurs quartiers, divisions, brigades et bataillons.
6. Apportez des garanties totales pour le déplacement des membres de l'État Major dans les deux départements où se dérouleront les négociations entre le Gouvernement et les FARC.
7. Les rencontres Gouvernement - FARC se feront aux yeux de tous [comprendre "à la TV colombienne"].

8. Ces conditions remplies, les FARC, en accord avec le gouvernement national, seraient totalement disposés à explorer toutes les voies qui pourraient conduire à un cesser-le-feu bilatéral et à analyser la solution politique au conflit social et armé, en portant à la table des négociations les éléments suivants pour discussion :
a. Agenda Commun du Caguán et Plate-forme pour un Nouveau Gouvernement de Réconciliation et de Reconstruction National.
b. Paramilitarisme d'État.
c. "Purification" des forces armées liées au paramilitarisme.
d. Liberté immédiate pour les civils accusés de liens avec la guérilla.
e. Réparation économique par l'État à tous ceux qui ont été touchés par le conflit interne.
f. Le TLC avec les Etats-Unis (Traité de Libre Echange)
g. Réforme Agraire immédiate, incluant la restitution des propriétés et des parcelles aux paysans touchés par le conflit.
h. Retour des déplacés à leurs secteurs avec des garanties personnelles, économiques, sociales et politiques totales par l'État.
i. Réforme Urbaine immédiate.
j. Politique de Stupéfiants.
k. Traité d'Extradition.
l. Assemblée Constituante.
m. Politique Énergétique.

Sur ces bases, nous les invitons à travailler conjointement à la construction du processus de compréhension mutuelle.

Compatriotes

Secrétariat de l'État Major, FARC-EP
Montagnes de la Colombie, octobre 1 de de 2006
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   Posté le 11-10-2006 à 17:31:40   

En réponse à ce communiqué, Uribe déclare qu'il est disposé à rencontrer les chefs des FARC. Dans le même temps, il mandate Luis Carlos Restrepo, un ancien psychiatre aujourd'hui spécialiste de la guerre civile et haut commissaire pour la paix (rallié à Uribe), pour négocier avec les FARC, et les combats s'intensifient dans la zone censée être démilitarisée prochainement.
Alvaro Leyva, ancien ministre ayant la confiance des FARC, réclame quant à lui la participation de l'ONG américaine Center for International Policy (anti-impérialiste) et de la Communauté Sant'Egidio, ONG catholique spécialisée dans les médiations lors de conflits armés.
Membre désinscrit
   Posté le 11-10-2006 à 18:21:30   

Nouveau communiqué des FARC

Colombia entera clama por salidas políticas

1. Las unidades farianas encargadas de Verificar el Despeje de los municipios de Florida y Pradera están en puesto. Solo esperan el decreto presidencial y el retiro de la Fuerza Pública, para iniciar su misión.

2. Los comandantes Fabián Ramírez, Carlos Antonio Losada y Felipe Rincón, representantes plenipotenciarios de las FARC para efectos del canje, también están listos.

3. Es importante que el Gobierno unifique las opiniones de sus voceros para darle credibilidad al proceso en ciernes.

4. Definir si su interlocución es con una Organización alzada en armas contra el Estado o con terroristas, pues así la opinión nacional y la comunidad internacional tendrán claridad suficiente para determinar su presencia.

5. Siendo las FARC una Organización alzada en armas y sin existir ningún acuerdo de paz con el Estado, nuestros representantes harán presencia armada y contaran con sus propios dispositivos de seguridad.

6. De darse el canje, será principalmente como consecuencia de la gran movilización de masas en campos y ciudades y no por voluntad del Gobierno, porque la Fuerza Pública fracaso en su obsesión por rescatarlos, generando el llamado a calificar servicios de altos oficiales.

7. Los prisioneros de guerra están en poder tanto del Gobierno como de las FARC. Por ello nosotros entregaremos a quienes tenemos y recibiremos a los guerrilleros detenidos actualmente.

8. Como señalamos el 1 de octubre pasado, una vez culminado este proceso, quedaran abiertas las posibilidades de adentrarnos a buscar conjuntamente caminos de reconciliación. A muchos enemigos de la solución política, en su mezquindad, les disgustó el esfuerzo adelantado en el Caguan, no por su lamentable fracaso sino por la concepción y las propuestas defendidas por las FARC.

9. Todas las experiencias realizadas constituyen hoy referentes ineludibles como parte de nuestra historia patria.

10. A algunos voceros del Gobierno actual les disgusta que durante el proceso Pastrana- FARC en el Caguan se hayan pavimentado calles de San Vicente en acuerdo con las autoridades locales, construido 500 kilómetros de carretera: La Sombra Macarena- Llanos del Yarí, Cristalina, la Ye, San Juan del Losada- Rubí- La Julia, la Ye- Llano Aguanto, La Sombra- La Batalla y La Tunía, 40 Puentes, se hayan mejorado cientos de caminos y varias canchas deportivas. Se hayan desminuido sustancialmente el crimen, el robo y crecido vigorosamente el comercio en San Vicente. A esos personajes queremos recordarles que con despejes o sin ellos hemos crecido incesantemente durante estos 42 años. Será esto lo que no quieren repetir y por ello no quieren más caguanes ? Van más de 4 años de guerra de este Gobierno y en esos territorios ni siquiera ha construido un kilómetro de carretera, menos mejorarla, tienen sometida la población civil a ración de hambre, miseria y muerte, innumerables caseríos y vastas regiones totalmente abandonadas bajo el imperio del terror de las Brigadas Móviles y los Batallones Oficiales. Colombia entera clama por salidas políticas. El Gobierno tiene la palabra.

Secretariado del Estado Mayor Central
FARC-EP

Montañas de Colombia, octubre 5 del 2006


Toute la Colombie réclame une sortie politique au conflit

1. Les unités chargées de vérifier la démilitarisation des communes de Florida et de PRADERA sont en position. Elles attendent seulement le décret présidentiel et le retrait de la Force Publique pour entamer leur mission.

2. Les commandants Fabian Ramirez, Carlos Antonio Losada et Felipe Rincon, représentants des FARC en charge de la négociation pour l'échange humanitaire, sont également en position.

3. Il est important que les représentants du gouvernement parlent d'une seule voix pour donner une certaine crédibilité au processus de négociation.

4. Le gouvernement doit annoncer clairement s'il dialogue avec une organisation de resistance armée en lutte contre l'Etat ou avec des terroristes, pour que l'opinion publique et la communauté internationale aient suffisamment d'éléments pour décider de leur implication

5. Considérant que nous sommes une organisation de resistance armée, et en l'absence d'accord de paix avec l'Etat, nos représentants se rendront armés aux négociations, et disposeront de leurs propres dispositifs de sécurité.

6. Si échange il y a, il sera la conséquence de la grande mobilisation des masses dans les campagnes et dans les villes et non de la volonté du Gouvernement, la Force Publique ayant échoué dans son obsession à les "racheter".

7. Nous considérons que les prisonniers de guerre sont aussi bien en possession du Gouvernement que des FARC. Ainsi nous avons la possibilité de livrer les prisonniers que nous détenons, et nous pouvons récupérer les guerilleros détenus actuellement [par l'Etat]

8. Comme nous l'avons indiqué dans notre communiqué en date du 1er octobre, une fois terminé ce processus, nous examinerons les possibilités pour chercher conjointement des chemins de réconciliation. Concernant l'avancée des négociations dans le Caguan (1999), ce n'est pas l'échec lamentable du plan de paix qui a déplu aux ennemis de la résolution politique du conflit, mais bel et bien les conceptions et les positions défendues par les FARC.

9. Toutes les expériences passées constituent aujourd'hui autant de traces indélébiles dans l'histoire de notre pays.

10. Il déplaît aux porte-parole du gouvernement actuel que pendant le processus du Caguan entre Pastrana et les FARC on ait pavé les rues de San Vicente en accord avec les autorités locales, construit 500 kilomètres de route: La Sombra Macarena - Llanos del Yarí, Cristalina, la Ye, San Juan del Losada - Rubí - La Julia, la Ye- Llano Aguanto, La Sombra - La Batalla y La Tunía, 40 ponts, que l'on ait amélioré des centaines de chemins et plusieurs enceintes sportives. Que le nombre de crimes et de vols ait régressé, que le commerce se soit accru à San Vicente. Nous voulons rappeler à ces personnages qu'avec ou sans campagne de démilitarisation [des guerillas], nous nous sommes considérablement développés durant les 42 dernières années. Sans doute ne veulent-ils pas que ces exemples se répètent et c'est pour cela qu'ils font tout pour empêcher de nouvelles négociations? Après plus de 4 années de guerre provoquées par ce gouvernement dans ces territoires, ils n'ont pas construit un seul kilomètre de route, ni même ne l'ont améliorée, alors qu'ils soumettent la population civile au rationnement alimentaire, à la misère et à la mort, abandonnant de nombreux villages et de vastes régions à la terreur exercée par les Brigades Mobiles et les Bataillons Officiels. Toute la Colombie réclame une sortie politique au conflit. La balle est dans le camp du Gouvernement.

Secrétariat de l'Etat Major, FARC-EP

Montagnes de Colombie, 5 octobre 2006
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   Posté le 12-10-2006 à 07:19:10   

Article du Temps

Le procès d'un rebelle colombien aux Etats-Unis fragilise les otages

COLOMBIE. Simon Trinidad, ex-négociateur de la guérilla des FARC, comparaît devant la justice à Washington pour l'enlèvement de trois mercenaires américains. La rébellion exige sa libération.

Mardi 10 octobre 2006

Aujourd'hui face aux juges de Washington, Ricardo Palmera, alias Simon Trinidad, devrait retrouver le costume-cravate qui l'a vu débuter sa carrière. Le responsable guérillero colombien doit comparaître pour l'enlèvement de trois sous-traitants militaires américains par son organisation, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), alors qu'ils étaient en mission dans les jungles du sud du pays andin. L'ancien banquier, qui avait adopté le treillis dans les années 1980 après l'assassinat de plusieurs amis militants de gauche, pourrait terminer sa carrière dans les geôles «impérialistes», auxquelles il risque d'être condamné pour une durée allant jusqu'à trente ans.

Le procès est une première judiciaire - c'est le seul membre de la rébellion marxiste jugé aux Etats-Unis pour un acte lié à la guerre et non au trafic de drogue -, mais de nombreuses familles colombiennes la suivront pour d'autres motifs. Simon Trinidad fait en effet partie des près de 500 combattants prisonniers dont les FARC exigent la libération pour relâcher leur groupe d'otages politiques et militaires, notamment la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt retenue depuis 2002.

Le sort du grand gaillard au crâne rasé, qui s'est fait connaître par son bagout de porte-parole pendant des négociations avortées, entre 1999 et 2002, est lié à celui des otages depuis des années. Après l'échec du dialogue de paix, il était devenu en avril 2003 l'un des trois responsables nommés par les FARC pour discuter les termes d'une libération des otages avec le pouvoir. L'ex-banquier ignorait alors qu'il deviendrait partie prenante de l'échange neuf mois plus tard. Il a été arrêté à Quito, alors qu'il se déplaçait dans la capitale équatorienne sous une fausse identité «au cas où le dialogue se serait tenu à l'extérieur de la Colombie», selon ses dires. Les FARC l'ont aussitôt intégré à leur liste «d'échangeables».

L'extradition de Trinidad, un an plus tard, n'a pas découragé le groupe armé. Alors que l'ancien porte-parole, en combinaison orange de prisonnier, assistait aux audiences dans lesquelles il doit aussi répondre de trafic de drogue, le site internet de la rébellion inaugurait le logo «Liberté pour Simon».

Trinidad a été rejoint depuis par une commandante régionale, «Sonia», accusée elle aussi de narcotrafic, dont le procès devra commencer en mars devant la même cour que son ancien «camarade», à quelques rues de la Maison-Blanche.

Esbroufe mutuelle

Le sort des deux extradés s'accélère au moment où la guérilla et le gouvernement colombien se sont engagés dans une guerre de communiqués pour tenter de démontrer leur bonne volonté pour faire libérer les otages. Le président conservateur Alvaro Uribe a ouvert le feu en acceptant il y a deux semaines le principe d'une «zone neutre» pour y négocier une libération. Il ne faisait en fait que reprendre en termes vagues une proposition vieille de décembre dernier, aux termes trop étriqués au goût de la rébellion marxiste.

Mais le président a fait illusion grâce à l'interview d'un négociateur officieux du pouvoir, Alvaro Leyva. Ce dernier a affirmé aussitôt qu'Alvaro Uribe était prêt à démilitariser deux municipalités exigées depuis des mois par la guérilla... quelques heures avant un démenti peu repris du ministre de la Défense.

Quelques jours plus tard, le groupe armé répondait en se disant «prêt» à l'échange de prisonniers dès que les deux villages du sud-ouest du pays seraient entièrement démilitarisés. Soit quatre fois la superficie proposée du bout des lèvres par Uribe, et en y imposant la présence de rebelles, ce que le président refuse. De part et d'autre, des communiqués ont évoqué depuis un hypothétique cessez-le-feu, la tenue d'une Assemblée constituante... Une esbroufe mutuelle, toujours conditionnée à des exigences inacceptables pour l'autre camp. «Ils ne disent rien de neuf, résume la sœur d'un politicien enlevé, mais l'ambiance générale est à l'optimisme.»

Loin de ces manœuvres, un juge américain doit décider du sort de Trinidad et de Sonia. Lesquels, a insisté le porte-parole des FARC, Raul Reyes, font toujours partie de l'échange à négocier.
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   Posté le 20-10-2006 à 21:14:22   

Un attentat a eu lieu jeudi... dans l'enceinte de l'Université militaire de Bogota! Un membre des FARC (présumé) serait rentré sur le parking de l'Université au volant d'une fourgonnette qui a explosé quelques instants plus tard. L'Université est le plus grand complexe militaire de Colombie, c'est là que sont formés tous les haut-gradés de l'armée colombienne.
L'attentat aurait été commandité par Jorge Briceno, et visait 2 objectifs, un forum animé notamment par le représentant colombien du Haut Commissariat des Droits de l'Homme de l'ONU et un cours enseigné par un général à des officiers de réserve faisant partie de la société civile (beaucoup de grands noms de la société colombienne) et a fait une vingtaine de blessés, dont 2 graves.
Au-delà de l'aspect "comptable", assez léger, cet attentat (s'il est revendiqué par les FARC) est un affront pour Uribe qui n'est même pas capable d'assurer la sécurité des Colombiens dans l'un des endroits les plus surveillés de Colombie.
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   Posté le 20-10-2006 à 21:20:55   

Réaction immédiate d'Uribe: abandon des négociations pour l'échange humanitaire

Le président colombien écarte un échange humanitaire avec la guérilla. La mère d'Ingrid Betancourt dénonce une "condamnation à mort" des otages.

Le président colombien Alvaro Uribe a annoncé, vendredi 20 octobre, à Bogota, qu'il suspendait les négociations pour un échange humanitaire avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc - guérilla marxiste). Il demande à l'armée d'activer les opérations militaires pour libérer les otages.

"La seule voie qui subsiste est la libération par des moyens militaires des otages. La farce de l'échange humanitaire demandé par les Farc ne peut se poursuivre et en conséquence je réitère que l'unique voie est celle de la libération par l'armée", a déclaré le président colombien dans un discours au pays.

Il a par ailleurs affirmé que les chefs de la guérilla avaient organisé l'attentat à la voiture piégée qui a blessé cinq militaires et une dizaine de civils, jeudi, à l'Université militaire de Bogota.

"Condamnation à mort"

Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid Betancourt enlevée en février 2002 en Colombie, a déclaré qu'elle estimait que la décision du président Alvaro Uribe de libérer par la force les otages détenus par la guérilla "était une condamnation à mort".

"C'est une condamnation à mort des personnes séquestrées", a-t-elle affirmé en apprenant que le président avait annoncé au pays, au lendemain d'un attentat à la voiture piégée contre l'Université militaire de Bogota, qu'il révoquait "l'autorisation du Haut commissaire pour la paix, Luis Carlos Restrepo, de se réunir avec les FARC" (Forces armées révolutionnaires de Colombie, guérilla marxiste).

Mme Pulecio a accusé le chef de l'Etat "de rompre son engagement pris auprès de la France, de l'Espagne et de la Suisse", pays médiateurs dans la recherche d'un échange humanitaire.

De leur côté, la cinquantaine de comités de soutien réunis dans la FICIB (Fédération Internationale des Comités Ingrid Betancourt), a publié un communiqué où ils déclarent qu'ils se se joignent à la famille d'Ingrid et aux familles des autres otages détenus par les Farc en Colombie pour demander instamment au Président Uribe de renoncer à son intention de lancer une opération militaire de sauvetage, dont on sait qu'elle sera presque certainement fatale pour les otages. Ils demandent au président Jacques Chirac et à tous les gouvernements européens d'intervenir auprès du gouvernement colombien pour qu'il continue à rechercher une solution négociée et non militaire au problème des otages.

Le 27 septembre, Alvaro Uribe avait fait un premier pas en vue d'un accord humanitaire pour la libération des otages en acceptant l'exigence des FARC de démilitariser les deux municipalités de Florida et Pradera (sud-ouest de la Colombie), enclavées dans la cordillère centrale et constituant un couloir d'approvisionnement stratégique. Mais après l'attentat de jeudi, qui a blessé cinq militaires et dix civils, le président est revenu sur ses décisions.

Paris hostile à la force pour tenter de libérer les otages

La France a déclaré ce vendredi son "hostilité" à l'emploi de la force pour tenter de libérer les otages en Colombie, dont fait partie la franco-colombienne Ingrid Betancourt, en réponse aux déclarations du président colombien Alvaro Uribe privilégiant la "voie militaire".

"La France a pris connaissance des déclarations du Président Alvaro Uribe. Comme elle l'a déjà fait à plusieurs reprises dans le passé, notamment par la voix du Président de la République (Jacques Chirac), elle marque son hostilité à toute opération de sauvetage des otages par la force", a déclaré le ministre des Affaires étangères Philippe Douste-Blazy dans un communiqué.

"A un moment où chacun était porté à l'optimisme en raison des récentes déclarations du Président colombien et des FARC, je reste convaincu qu'une solution pacifique est possible. J'invite les acteurs à renouer le fil du dialogue pour éviter que les familles des otages ne perdent tout espoir", poursuit le chef de la diplomatie française.

M. Douste-Blazy avait reçu vendredi, avant l'annonce du président Uribe, une délégation de la Fédération internationale des Comités Ingrid Betancourt (FICIB), l'assurant de l'"engagement" total de Paris pour la libération de l'otage franco-colombienne.

La France "continue à oeuvrer à l'élaboration de propositions pour démilitariser" une zone du sud-ouest de la Colombie, afin de procéder à un échange humanitaire, avait déclaré M. Douste-Blazy à ce sujet.
Membre désinscrit
   Posté le 20-10-2006 à 22:29:15   

Pour info, détail d'une exposition sur la Colombie à l'initiative d'Amnesty International.

http://inside.amnestyinternational.be/galerie/main.php?g2_itemId=7294

Certains panneaux ont du être retirés suite aux "pressions" exercées par le gouvernement colombien.
Membre désinscrit
   Posté le 20-10-2006 à 23:15:23   

Pour revenir à l'attentat, il me paraît plus que probable qu'il a bien été commis par les FARC. Plusieurs éléments de réflexion:
1°) les scandales ayant touché l'armée colombienne ces derniers mois étaient d'une toute autre nature; à chaque fois il était possible de faire sauter des fusibles sans compromettre le haut commandement militaire ou Uribe. Cette fois, il sera plus que difficile de trouver une justification rationnelle à une action qui ne peut en aucun cas profiter individuellement à certains militaires. Par ailleurs il est beaucoup plus difficile (et risqué) de dissimuler une opération militaire accomplie dans une telle enceinte, plutôt que dans un champ en pleine campagne.
2°) cet attentat décrédibilise encore plus Uribe aux yeux de ses alliés américains, qui attendent un retour sur investissement; en effet les sommes faramineuses versées à travers le Plan Patriote par les US n'ont jusqu'à présent pas permis d'endiguer les actions et le développement des FARC
3°) Suite à leurs récentes déclarations en faveur de l'échange humanitaire, Uribe comme les FARC bénéficiaient d'une opinion beaucoup plus favorable auprès de la communauté internationale; si l'attentat n'a pas nui médiatiquement aux FARC (n'ayant pas touché le "peuple"), il n'en est pas de même pour Uribe, qui s'est "grillé" par sa déclaration à chaud privilégiant une offensive militaire à des négociations. Bref en quelques semaines seulement, le rapport de force s'est inversé et le crédit dont pouvait se revdniquer Uribe après son triomphe aux dernières élections a quasiment disparu.

On en saura certainement plus dans les prochains jours avec la confirmation de la revendication (ou non) de l'attentat par les FARC, même s'ils ne commentent que très rarement les actions perpétrées en milieu urbain.
Quant à Uribe, il ne serait pas étonnant qu'il revienne sur ses déclarations irréfléchies dans les jours à venir
Membre désinscrit
   Posté le 02-11-2006 à 01:10:15   

Attaque des FARC contre un poste de police

Les FARC ont pris d'assaut dans la matinée de mercredi le poste de police de Tierradentro, dans le département de Cordoba. Cette localité et ses environs sont un ancien bastion de l'EPL, aujourd'hui le théâtre d'affrontements entre les FARC d'un côté, et les ACCU (principale composante des AUC) soutenus par l'Etat d'autre part.
Le bilan provisoire est de 15 policiers morts et 3 blessés, il y aurait également des victimes dans les rangs de la guerilla.
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   Posté le 03-12-2006 à 15:15:49   

Le bilan définitif de l'attaque est de 31 morts, 17 policiers, 3 civils et 11 membres des FARC.
Entre 350 et 500 guerilleros ont participé à cette attaque, la plus importante de l'année, qui a été dirigée par le front 17 des FARC. Les guerilleros ont investi mardi soir (31 octobre) la localité de Tierradentro, la plupart se réfugiant dans des habitations et ont pris d'assaut au mortier le poste de police (effectif:70 membres) à 3h du matin. S'en est suivi une fusillade entre les FARC et les policiers qui s'est poursuivie jusque dans la journée de mercredi et l'arrivée des renforts qui ont contraint les FARC à se replier.

"Ce que nous vivons aujourd'hui est le résultat des déclarations guerrières d'Uribe. Je ne suis pas surpris car ce qui se passe rentre parfaitement dans une logique absurde de la confrontation", a déclaré à l'AFP Carlos Lozano, l'un des médiateurs qui cherchent à amener les deux parties à un accord humanitaire pour libérer les otages retenus par la guérilla.
"Uribe a joué les durs en affirmant qu'il réglerait le conflit par la force et en insultant les chef guérilleros. Aujourd'hui, ces derniers prouvent qu'ils peuvent lui infliger des revers militaires où ils veulent et quand ils veulent", a-t-il ajouté.

Uribe a lancé un appel à la communauté internationale pour qu'elle condamne "les activités terroristes" des FARC. "Que l'on ne viennne pas prétendre que les FARC ne sont pas des terroristes, sous prétexte qu'elles attaquent des installations de la force publique", a-t-il dit. "Ici en Colombie, un terroriste est aussi bien celui qui tue un civil que celui qui tue un policier".

L'assaut contre le poste de police de Tierradentro, un ancien fief des Autodéfenses unies de Colombie (AUC), les groupes paramilitaires d'extrême droite dont plus de 30.OOO miliciens se sont récemment démobilisés dans la région, a totalement surpris les forces de l'ordre.
Entre 350 et 500 guérilleros, selon les dernières estimations militaires, ont investi le village sans provoquer la moindre réaction des autorités.
Mais plus grave encore, les familles de policiers tués ont affirmé jeudi (2 novembre) que ces derniers avaient été informés dès mardi soir de l'imminence d'une attaque d'envergure de la guérilla.

"Le bilan est de 17 policiers morts, trois civils morts, deux policiers blessés et 11 guérilleros tués", a indiqué le général Castro dans un nouveau bilan définitif. Les trois civils, dont deux femmes, ont trouvé la mort à la suite de blessures par balles.
"C'est l'attaque la plus meurtrière que nous ayons subie" cette année, a-t-il estimé reconnaissant que des "erreurs ont été commises" par les forces de l'ordre. L'alerte avait été lancée mardi soir par la police du village avant même l'attaque des guérilleros et les forces de l'ordre ne sont intervenues que tardivement.
Selon lui, les rebelles ont attaqué avec des mortiers de fabrication artisanale et des armes automatiques le poste de police mercredi vers 03H00 locales.
Le général précise que "les premiers guérilleros se trouvaient dans le village mardi dans la nuit et se sont cachés dans les maisons pendant que d'autres se sont mêlés aux paysans afin de préparer l'attaque".
Le commandant de la force aérienne colombienne, le général Jorge Ballesteros, a pour sa part déclaré que les rebelles "qui tiraient de tous les côtés" dans le village l'avaient contraint à déployer un nombre important d'hélicoptères de combat ainsi qu'un avion espion.
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   Posté le 03-12-2006 à 15:38:43   

Sur l'attaque à la voiture piégée dans l'enceinte militaire, Uribe a déclaré détenir des preuves que l'attentat avait été commis par des preuves mais il a jusqu'à présent refusé de les montrer.

Du côté des FARC, le communiqué laisse entendre qu'ils ne sont pas responsables, mais reste ambigü.

1. El portazo presidencial en la cara de los prisioneros de guerra reafirma la profunda animadversión de Álvaro Uribe hacia el canje por considerarlo lesivo a su estrategia de seguridad.

2. Su demagogia y ausencia de compromiso real con los familiares de los prisioneros, con las organizaciones amigas del intercambio, con los colombianos que lo anhelan y con los gobiernos que ofrecieron su concurso, quedaron al desnudo abruptamente bajo el pretexto de lo ocurrido en la Escuela Superior de Guerra, como si el país no fuese escenario cotidiano de una intensa confrontación aupada por el mismo Presidente y conociéndose que los generales ponen bombas para culpar a las FARC e impedir cualquier salida política al conflicto.

3. Vale recordar que no ha pasado un solo día desde su posesión en agosto del 2002, en que los aviones, helicópteros y la Fuerza Pública Oficial hayan dejado de lanzar bombas y metralla sobre selvas, campos y poblados buscando afectar opositores armados y desarmados. Ni un solo día ha cejado en su empeño por rescatar los prisioneros. Su frustración es muy grande, pues tanto en uno como en otro caso, sus fracasos son de público conocimiento.

4. El desastroso impacto socio económico que sobre los sectores populares ha tenido la gestión uribista, la impúdica generosidad presidencial con las mafias del narco- paramilitarismo y con los infames "Falsos Positivos" de la fuerza pública, así como sus "pírricas" victorias sobre la Insurgencia Revolucionaria, le están acarreando múltiples dificultades de gobernabilidad, que aspira a sortear reciclando su machacado discurso de tono camorrero contra todos aquellos que se aparten de su concepción dictatorial del poder.

5. No aspiramos a lisonjas de nuestros adversarios, pero tampoco creemos que la ofensa personal acerque a la reconciliación ni mucho menos que aproxime el triunfo militar. Eso sencillamente denota ausencia de grandeza.

6. Ratificamos nuestra voluntad y propuesta para materializar el canje y la plena disposición para que una vez superada esa etapa, podamos entre todos avanzar en procesos políticos que lleven a acuerdos de convivencia y de paz.

Secretariado del Estado Mayor Central
FARC-EP

Montañas de Colombia, octubre 26 del 2006


Traduction:
1. La volte-face d'Uribe est une nouvelle preuve de son absence de volonté pour parvenir à l'échange humanitaire, contraire à sa stratégie sécuritaire
2. L'attentat qui a eu lieu à l'université militaire n'est qu'un prétexte pour mettre fin aux négociations, alors même qu'il a été prouvé et dénoncé publiquement que l'armée a plusieurs fois accusé les FARC d'attentats qu'elle a elle-même commis
3. Il ne s'est pas passé 1 seul jour depuis son investiture en août 2002, sans que l'armée ne bombarde et ne mitraille les forêts et campagnes colombiennes, sans aucun résultat. Cet échec militaire ne fait qu'augmenter sa frustration.
4. Le résultat desastreux de sa politique économique, son laxisme envers les paramilitaires liés au narco-trafic et les responsables des "falsos positivos" (attentats commis pas l'armée et attribués aux FARC), ainsi que ses victoires à la Pyrrhus ont fragilisé son gouvernement, le contraignant à durcir son discours contre tous ceux qui ne partagent pas sa conception dictatoriale du pouvoir.
5. L'agressivité d'Uribe et ses offenses répétées sont un signe de faiblesse et n'oeuvrent pas à la réconciliation
6. Nous réitérons notre appel en vue d'un échange humanitaire, devant permettre l'organisation d'un processus politique pour parvenir à des accords de paix
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   Posté le 03-12-2006 à 16:28:45   

Les FARC proposent aux États-Unis un échange humanitaire

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC - guérilla marxiste) ont proposé jeudi 9 novembre à Washington un échange humanitaire des trois prisonniers américains qu'ils détiennent contre deux responsables rebelles incarcérés aux États-Unis.

Dans une lettre adressée à des intellectuels de la gauche américaine et publiée par l'agence ANNCOL (proche des rebelles), Raul Reyes, le numéro deux de la guérilla, propose que tous ces prisonniers «retrouvent la liberté».
«Thomas Howes, Keith Stansell et Mark Gonsalves sont vivants», ils se trouvent «sous une surveillance respectueuse et digne, dans la jungle», écrit Raul Reyes.
Il «promet» dans cette missive de fournir prochainement des preuves que les trois prisonniers sont en vie.

Il affirme ensuite que «Simon Trinidad et Sonia», les pseudonymes de deux dirigeants rebelles dont les FARC réclament la libération en échange des prisonniers, ont été extradés vers les États Unis sur la base de fausses accusations fabriquées par les services de renseignements colombiens.
Le procès de Ricardo Palmera, alias Simon Trinidad, accusé de l'enlèvement des trois Américains en Colombie, a débuté le 16 octobre devant un tribunal fédéral de Washington.
La justice américaine le soupçonne d'avoir participé à l'enlèvement de trois civils américains travaillant pour une entreprise privée de sécurité, accusés par les FARC d'appartenir à la CIA.

Gonsalves, Howes et Stansell ont été enlevés en février 2003 après que l'avion à bord duquel ils voyageaient se fut écrasé dans la jungle colombienne, dans une région contrôlée par les FARC. La dernière vidéo diffusée par leurs geôliers les montrant vivants a été diffusée en juillet 2003.

Carta abierta al pueblo de los Estados Unidos

Señores

James Petras, Noam Chomsky, Jesse Jackson, Angela Davis, Michel Moore, Oliver Stone y Denzel Washington (1)

Recurrimos a ustedes, símbolos de la intelectualidad y del pensamiento honrado de la patria de George Washington, Abraham Lincoln y Martín Luther King, para dirigirnos por su intermedio, al pueblo de los Estados Unidos llamado a incidir, por encima de sus gobernantes, en el futuro de paz, justicia y confraternidad de los pueblos del mundo.

En febrero de 2003 el avión de inteligencia de combate tripulado por Thomas Howes, Keith Stansell y Mark Gonsalves, de nacionalidad estadounidense, fue derribado por guerrilleros de las FARC en territorio colombiano, en los pliegues de la cordillera oriental que se extienden hacia el Caquetá. Los tres fueron hechos prisioneros legítimamente, por cuanto estaban desarrollando una acción de guerra en medio de un conflicto armado que libran por el poder las FARC, Ejército del Pueblo, y el Estado colombiano.

Howes, Stansell y Gonsalves están vivos bajo custodia respetuosa y digna en la selva. Son los únicos prisioneros de guerra norteamericanos vivos en el mundo.

Washington ha invertido miles de millones de dólares en el marco del Plan Patriota del South Command intentando un peligroso como insensato rescate militar. Por esa misma actitud el Presidente Uribe causó en el pasado reciente la muerte lamentable de un ex ministro de defensa, un gobernador y 8 militares. De hecho, durantes estos tres largos años los prisioneros estadounidenses han corrido riesgos innecesarios con los operativos militares que buscan su liberación a sangre y fuego. Por esta causa no podemos acompañar esta misiva con pruebas de supervivencia que hubiesen podido llevarles, al menos, un poco de tranquilidad a sus familiares, pero prometemos hacerlas llegar en ocasión propicia.

Al pueblo de los Estados Unidos le pedimos su solidaridad siempre generosa para que presione ante el Presidente Bush una actitud de su gobierno a favor del canje de prisioneros de guerra en Colombia, o intercambio humanitario, como prefieren llamarlo en el Palacio de Nariño. Tenemos que ganar esta batalla de humanidad, que además puede abrir senderos para la paz con justicia social en este país.

Desafortunadamente el manejo con cabeza caliente que el Presidente Uribe le ha dado a la situación, ha sembrado de obstáculos el camino. Cuando hoy se han generado grandes expectativas frente al canje de prisioneros en Colombia, Uribe se ha apresurado a decir que en un eventual intercambio no podrían incluirse a los guerrilleros Simón Trinidad y Sonia por el hecho de estar en manos de la justicia norteamericana.

Simón Trinidad, vocero político de las FARC en los diálogos de paz con el gobierno de Pastrana en el Caguán, fue extraditado a los Estados Unidos bajo falsas imputaciones y sucios montajes de la inteligencia militar colombiana y de la Fiscalía, que nunca lograron ocultar la conducta retaliatoria motivante de esa determinación.

A la cédula de ciudadanía de Sonia, digna guerrillera campesina, le estamparon la huella digital de una narcotraficante y hasta le cambiaron el nombre para poderla extraditar.

A su llegada a los Estados Unidos fue recluida durante 6 meses en un oscuro foso de castigo. Simón ha permanecido siempre encadenado y aislado y se le ha impedido el ejercicio pleno del derecho a la defensa legal ante un estrado judicial extranjero que no habla su lengua ni tiene por qué juzgarlo. Aunque no es integrante del Estado Mayor Central de las FARC, pérfidamente las autoridades lo presentan como tal para vincularlo a todo un concierto de delitos inventados, entre los que sobresale el de terrorismo.

En ellos se pretende castigar la resistencia de las FARC a la política de recolonización neoliberal y de predominio del imperio en Nuestra América, la del sur. Simón y Sonia fueron extraditados a los Estados Unidos violando el dique constitucional que prohíbe perentoriamente la extradición de nacionales por razones políticas.

De corazón deseamos el canje para poner término al largo cautiverio de los prisioneros en poder de las partes contendientes, incluidos Simón, Sonia, Howes, Stansell y Gonsalves. A no ser que los gobiernos de Colombia y Estados Unidos, frente a estos prisioneros, tengan alguna otra iniciativa razonable para convenirla con las FARC. Lo importante es que todos recobren su libertad.

A Noam Chomsky, a James Petras y a los pueblos de Estados Unidos y Colombia los convocamos a levantar esta justa bandera del canje y de la paz, que al mismo tiempo es un apoyo a la solución política y diplomática del conflicto. Como lo hemos expresado en reciente comunicado público dirigido a los militares colombianos “los programas sociales, los cambios de estructura, los acuerdos de paz, son más eficaces y poderosos que las balas y los operativos”.

Nos gustaría ver un cambio de actitud en el gobierno de Washington. Que en lugar de calificar como organización terrorista a las FARC con el resbaloso propósito de deslegitimar una organización política y al mismo tiempo justificar su intervención en un conflicto interno, piense en el derecho universal de los pueblos al alzamiento contra regímenes injustos y oprobiosos. El Libertador Simón Bolívar nos ha enseñado que: “el hombre social puede conspirar contra toda ley positiva que tenga encorvada su cervíz”, y que “cuando el poder es opresor, la virtud tiene derecho para anonadarlo”. “El hombre virtuoso se levanta contra la autoridad opresora e inaguantable para sustituirle… por otra respetada y amable”.

Confiamos en las acciones del pueblo pensante y amante de la paz que palpita más allá del Río Bravo, buscando que los conflictos del mundo y del continente se resuelvan civilizadamente teniendo en cuenta la dignidad de los pueblos.

Reciban nuestro saludo cordial.

De ustedes, atentamente,

FARC-EP, Comisión Internacional
Raúl Reyes, integrante del Secretariado

Montañas de Colombia, octubre de 2006


(1) Petras, Chomsky et Davis sont des universitaires de gauche (Petras est anti-impérialisme et anti-sioniste, Chomsky est anarcho-synidcaliste et Angela Davis est notamment une ancienne Black Panther); Jesse Jackson est un révérend et activiste politique qui se bat pour les droits des Noirs; les 3 autres sont des réalisateurs et/ou acteurs d'Hollywood

Cet appel à des personnalités américaines de gauche est une initiative parallèle des FARC qui les incite à se mobiliser en faveur d'un échange partiel: Sonia et Simon Trinidad contre les 3 américains. Raul Reyes rappelle dans cette lettre le combat des Colombiens pour la démocratie, le rôle impérialiste joué par les US, notamment au travers du Plan Patriote, et insiste sur la violation des lois colombiennes (indépendamment des conventions internationales sur le droit des prisonniers politiques) par l'extradition de prisonniers pour des raisons politiques, ainsi que sur l'innocence des 2 commandants des FARC.
A ma connaissance aucune de ses personnalités n'a depuis répondu à cet appel...

Traduction:

Messieurs James Petras, Noam Chomsky, Jesse Jackson, Angela Davis, Michel Moore, Oliver Stone et Denzel Washington,

Nous en appelons à vous, symboles de l'intelligence et de la pensée honnête de la patrie de George Washington, Abraham Lincoln et Martin Luther King, pour que vous fassiez pression, par l'intermédiaire du peuple des Etats-Unis, pays influent, sur son gouvernement, en faveur d'un avenir de paix, de justice et de confraternité de tous les peuples du monde.En février 2003, l'avion de combat piloté par Thomas Howes, Keith Stansell et Mark Gonsalves, d'origine américaine, a été abattu par les guérilleros des Farc en territoire colombien, dans les plis de la cordillère orientale qui s'étendent vers le Caquetá. Les trois hommes ont été faits légitimement prisonniers parce qu'ils menaient une action de guerre au milieu d'un conflit armé que se livrent, au nom de la liberté, les Farc, Ejército del Pueblo (l'Armée du peuple) et l'Etat colombien.
Howes, Stansell et Gonsalves sont vivants, gardés dans la forêt et traités avec respect et dignité.

Ils sont les seuls prisonniers de guerre nord-américains vivants dans le monde.

Washington a investi des milliers de millions de dollars dans le cadre du Plan Patriota del South Command et tenté un dangereux et insensé sauvetage militaire. En agissant de la même manière, le président Uribe a causé dans le passé la mort déplorable d'un ancien ministre de la Défense, d'un gouverneur et de huit militaires.De fait, durant ces trois dernières longues années, les prisonniers américains ont couru des risques insensés à cause des opérations militaires destinées à obtenir leur libération dans le feu et le sang. Pour cette raison, nous ne pouvons pas accompagner cette lettre de preuves de vie qui pourraient apporter, au moins, un peu de tranquillité à leurs familles, mais nous promettons de donner des nouvelles au moment propice. Au peuple des Etats-Unis, nous appelons à sa solidarité toujours généreuse et pour faire pression sur le président Bush et son gouvernement pour qu'ils soutiennent un échange de prisonniers en Colombie, ou un échange humanitaire, comme ils préfèrent le nommer dans le Palais de Nariño. Nous devons gagner cette bataille de l'humanité, qui peut, en outre, ouvrir la voie à la paix et de justice sociale dans ce pays.
Malheureusement, la méthode façon tête brûlée employée par le président Uribe a semé de nombreux obstacles sur ce chemin.

Alors qu'on crée aujourd'hui de grands espoirs avec l'échange de prisonniers en Colombie, Uribe s'est empressé de dire qu'un éventuel échange ne pourrait pas s'appliquer aux guérilleros Simón Trinidad et Sonia pour le simple fait qu'ils sont entre les mains de la justice américaine.

Simón Trinidad, porte-parole des Farc lors des négociations de paix avec le gouvernement de Pastrana, a été extradé aux Etats-Unis sous de fausses imputations et de sales assemblages des services secrets et du Fisc colombien, qui n'ont jamais nié sa conduite motivée et sa détermination.
Sur la carte de citoyen de Sonia, digne guérillera paysanne, ils ont fait appliquer l'empreinte digitale d'une narcotrafiquante, allant jusqu'à changer son nom, tout cela afin de l'extrader.
A son arrivée aux Etats-Unis, elle fut incarcérée six mois dans un cellule obscure. Simón est resté toujours enchaîné, isolé, et on lui a retiré le plein exercice de ses droits légaux de défense devant une cour judiciaire étrangère qui ne parlait pas sa langue et ne savait même pas pourquoi elle le jugeait.
Bien qu'il ne soit pas membre de l'Etat-major central des Farc, les autorités l'ont présenté, avec perfidie, comme tel pour l'impliquer dans tout un concert de délits inventés, notamment lié au terrorisme.
A travers eux, on tente de punir la résistance des Farc à la politique de recolonisation néo-libérale et de supériorité de l'empire américain dans Notre Amérique, celle du sud. Simón et Sonia ont été extradés aux Etats-Unis par la violation du droit constitutionnel qui interdit l'extradition de citoyens pour des raisons politiques.
Nous désirons de tout cœur l'échange de prisonniers pour mettre un terme à la longue captivité des prisonniers des deux camps opposés, Simón, Sonia, Howes, Stansell et Gonsalves.
Sauf si face à ces prisonniers, les gouvernements de Colombie et des Etats-Unis envisagent une autre initiative raisonnable à proposer aux Farc. Le plus important est que tous recouvrent la liberté.
Noam Chomsky, James Petras et les peuples américain et colombien, nous les convoquons tous à se rejoindre sous ce juste drapeau de l'échange et de la paix, qui constitue en même temps un premier pas à la solution politique et diplomatique du conflit.
Comme nous l'avons exprimé dans un récent communiqué destiné aux militaires colombiens, "les programmes sociaux, les changements de structure, les accords de paix, sont plus efficaces et puissants que les balles et les opérations".
Nous aimerions voir un changement d'attitude de la part du gouvernement de Washington.
Au lieu de qualifier les Farc d'organisation terroriste avec des propos visant à délégitimer une organisation politique, au lieu de justifier son intervention dans un conflit national, qu'il pense au droit international des peuples à lutter contre les régimes injustes et oppresseurs. Le Libérateur Simón Bolívar nous a appris que "l'homme social peut conspirer contre toute loi positive qui veut infléchir sur son esprit" et que "quand le pouvoir oppresse, la vertu donne le droit de le renverser". "L'homme vertueux se lèvera contre l'autorité répressive et insupportable pour la remplacer par une autorité respectueuse et aimable".
Nous avons confiance dans les actions du peuple pensant et désireux de paix dont le cœur palpite au-delà du Rio Bravo, en espérant que les conflits du monde et du continent se résolvent dans la civilité et en tenant compte de la dignité des peuples.

Recevez notre salutation cordiale.

FARC-EP, Commission internationale
Raúl Reyes, membre du secrétariat
Montagnes de Colombie, octobre 2006
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   Posté le 03-12-2006 à 16:47:23   

Seule réaction à cet appel, la déclaration de la mère de l'un des otages:

La mère d'un otage américain en Colombie lance un appel à Bush
10/11/2006

La mère d'un des trois otages américains des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) a lancé vendredi un appel au président George W. Bush lui demandant d'accepter un échange humanitaire, prôné par la guérilla marxiste.

Les FARC ont proposé jeudi à Washington d'échanger leurs trois prisonniers américains, Thomas Howes, Keith Stansell et Mark Gonsalves, contre deux responsables rebelles incarcérés aux États-Unis.

«On pourrait parvenir à l'échange demandé par les FARC si Bush exerçait une certaine pression» sur Bogota, a déclaré Mme Jo Rosano, mère de Mark Gonsalves, lors d'un entretien téléphonique à la radio privée RCN de Bogota.

«Cela peut être le commencement, d'une manière ou d'une autre, pour que le gouvernement américain dise au président colombien Alvaro Uribe que les balles, que la guerre, ce n'est pas la meilleure manière pour arriver à un échange», a-t-elle ajouté.
Membre désinscrit
   Posté le 03-12-2006 à 16:53:36   

Article extrêmement intéressant du RISAL

La guerre s’étend aux parcs nationaux
par Gary Leech

Cécilia faisait le tour de sa petite maison en bois en montrant du doigt les bananiers et les plants de yucca qui avaient été détruits par la fumigation aérienne qui avait eut lieu huit jours plus tôt. Elle expliquait comment les produits chimiques ont recouvert non seulement les récoltes de coca qu’elle et son mari cultivent pour survivre, mais aussi leurs cultures alimentaires et leurs deux jeunes enfants. Maintenant, la famille est en train de lutter pour survivre dans cette partie de la Colombie où habite Cécilia depuis qu’elle est née : le Parc national de la Macarena. D’après les résultats des premières fumigations, il semble que la décision du président colombien Alvaro Uribe de commencer à pulvériser les cultures de coca dans les parcs nationaux du pays ne fera qu’intensifier le conflit, accroître la crise humanitaire et augmenter les dégâts écologiques dans certaines des zones les plus vierges de la Colombie.

Le Parc national de la Macarena est situé à l’Est des Andes dans le département du Meta, là où les plaines découvertes du Nord, connues comme Los Llanos, rencontrent la forêt amazonienne au Sud. Le parc lui-même offre une géographie montagneuse spectaculaire, des montagnes recouvertes d’une végétation luxuriante, de nombreuses rivières et canyons, la plupart d’entre eux accessibles seulement aux voyageurs les plus hardis. En 1989, le gouvernement colombien a enfin fini par faire de cette merveille naturelle un parc national, tandis que l’UNESCO le classait « patrimoine de l’humanité ».

Alors que l’intérieur du parc est en grande partie non habité, plusieurs milliers de paysans qui ont colonisé la région au cours des 30 années avant la création du parc, continuent à y vivre : une pratique courante dans les parcs nationaux de Colombie. Les premiers colons étaient des paysans fuyant la répression du gouvernement dans les années 1950 et au début des années 1960, pendant la période connue comme La Violencia. Les mouvements d’autodéfense formés par les paysans déplacés, afin de protéger leurs terres et leurs familles de l’armée colombienne, sont finalement devenus en 1966 les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC). Aujourd’hui, 40 ans plus tard, les guérilleros des FARC contrôlent toujours le Parc national de la Macarena ainsi que ses environs.

Il est impossible de décrire avec précision la vie dans le Parc de la Macarena sans évoquer le rôle des FARC. Pas seulement parce que les guérilleros tirent profit de la culture de coca - un fait sur lequel ont insisté à maintes reprises les gouvernements états-unien et colombien - mais aussi parce qu’ils sont organiquement liés à la population paysanne locale - un fait que les mêmes gouvernements précités ont décidé d’ignorer. Les conditions qui ont poussé les paysans à coloniser la partie colombienne de l’Amazonie et à former les FARC il y a presque un demi-siècle sont toujours présentes aujourd’hui dans la Macarena. C’est une région qui a été largement négligée par l’Etat de toutes les manières imaginables exceptée une : la répression militaire. La seule présence du gouvernement national dans la région a consisté en des bombardements aériens, des offensives militaires de courte durée et aujourd’hui des fumigations aériennes.

Durant ces 50 dernières années, sans aucun soutien du gouvernement national, la population paysanne locale a construit un réseau primaire de routes de terre à travers la forêt vierge et qui ne sont praticables qu’en 4x4. Les paysans ont mis en place des lignes électriques alimentées par des générateurs à essence, pour leurs villages et petites villes. Et ce sont les FARC qui sont devenues leur gouvernement, leur fournissant des services publics comme, entre autres, la sécurité, une aide sociale et un système judiciaire.

Contrairement à d’autres régions de la Colombie où les FARC -ainsi que les militaires et les paramilitaires de droite- imposent leurs règles aux populations locales, les guérilleros dans la Macarena forment clairement un gouvernement « du peuple ». De nombreux foyers de la région ont au moins un membre de la famille qui fait partie des FARC. La population locale interagit aussi naturellement et aisément avec les rebelles que les citoyens ruraux des pays du Nord le font avec les fonctionnaires de leurs gouvernements locaux et les agents de maintien de l’ordre. Comme l’explique un paysan, « quand quelqu’un a un problème avec une autre personne, une bagarre par exemple ou autre chose, ils peuvent aller se plaindre auprès des FARC, qui enquêtent alors et déterminent qui est fautif et quelle sera la sentence ». Il continue son explication en insistant sur le fait qu’il n’y a pas de prison avec les FARC, les sentences prononcées à l’encontre des coupables incluent la réparation des routes ou du travail dans les champs des fermes communales.

Pour la plupart, les paysans ont réussi à survivre dans la région de la Macarena grâce à l’agriculture de subsistance, dont l’élevage de vaches, de cochons et de poulets, et les cultures alimentaires diverses comme la banane, le yucca, la papaye et les avocats. Ce n’est qu’il y a 20 ans que de petites cultures de coca ont fait leur apparition afin de permettre aux familles paysannes de compenser le manque d’infrastructure, qui les empêchait de transporter leurs récoltes de denrées alimentaires jusqu’aux marchés éloignés. Cependant, ce n’est que durant ces cinq dernières années que la plantation de coca est devenue la culture la plus importante dans la région de la Macarena. Les paysans font pousser les plants de coca, récoltent les feuilles et les transforment en pâte qu’ils vendent aux trafiquants de drogue, qui ensuite la transforment en cocaïne. Les FARC profitent de la culture de coca dans la Macarena en prenant une part sur toutes les transactions de la drogue dans la région.

La récente intensification de la culture de coca dans la Macarena a coïncidé avec la mise en place du Plan Colombie soutenu par les Etats-Unis, qui en prenant pour cible les cultures de coca du Sud du pays a provoqué une démultiplication des cultures de coca dans tout le pays. Pour répondre à ce changement des modèles de culture, les fonctionnaires états-uniens de lutte contre la drogue ont commencé à faire pression sur le président Uribe pour approuver des fumigations aériennes sur les parcs nationaux colombiens, qui étaient restés épargnés des opérations de pulvérisation.

Au lieu d’autoriser des fumigations aériennes, Uribe a annoncé un plan alternatif en décembre 2005 consistant à envoyer 1 000 « éradicateurs » manuels dans le Parc national de la Macarena, sous la protection de 3 500 militaires. Dans les mois qui ont suivis, plus d’une douzaine de militaires on été tués dans des attaques de rebelles. En réponse, les militaires ont bombardé les positions des FARC par voie aérienne dans le parc. La dureté de la vie dans ce dernier, situé dans un endroit retiré, et les attaques répétées des FARC contre les opérations d’éradication ont finalement provoqué le départ de nombreux « éradicateurs » qui sont rentrés chez eux, hors de la région. Finalement, après la mort de six d’entre eux, le 2 août, Uribe a donné l’ordre de commencer les fumigations aériennes sur les cultures de coca dans le Parc national de la Macarena.

Quelques jours après, des avions vaporisateurs fournis par les Etats-Unis et des hélicoptères de combat ont commencé les opérations de fumigation dans les zones du parc où la culture de coca progressait, en pulvérisant une concoction chimique dont l’usage n’a jamais été autorisé aux Etats-Unis : l’herbicide gyphosate mélangé avec du Cosmo Flux 411-F, un agent tensioactif, et d’autres additifs. Après une semaine de pulvérisation, la police colombienne anti-drogue a affirmé avoir détruit l’entièreté des 4 548 hectares de coca du parc.

Il est apparu très rapidement que le gouvernement colombien avait exagéré le succès de l’opération de fumigation aérienne ; du moins dans cette partie du parc visitée par l’auteur de ces lignes huit jours après la fin des fumigations. Alors que la plupart des cultures de coca ont été pulvérisées, 20% environ sont restées intactes. En plus, des paysans ont sauvé quelques récoltes de coca pulvérisées en coupant le haut des plants avant que les substances chimiques ne puissent atteindre et détruire les racines. Par conséquent, ces plants continueront à donner cinq récoltes de feuilles de coca par an. Entre temps, la fumigation a aussi tué de nombreux arbustes et buissons dans le périmètre de forêt tropicale se trouvant autour des champs de coca.

Alors que les paysans qui agissent rapidement peuvent sauver leurs cultures de coca en les coupant en en coupant le sommet, le même procédé est inefficace avec des cultures alimentaires moins résistantes comme la banane, la papaye ou l’avocat, ou sur des plantes plus petites comme le yucca. Pratiquement toute la coca dans la région de la Macarena est cultivée par des paysans locaux sur de petites exploitations de 5 hectares ou moins. L’argent que gagnent ces paysans de leurs récoltes de coca leur permet de compléter les produits alimentaires qu’ils cultivent avec d’autres biens. Par conséquent, parce que la culture de coca ne leur fournit pas de gros revenus, la destruction des récoltes de denrées alimentaires a provoqué pour beaucoup de foyers une crise alimentaire majeure.

De plus, de nombreux membres des familles et des ramasseurs de coca salariés étaient présents dans les exploitations agricoles quand la pulvérisation a ciblé de façon indifférenciée les maisons situées au milieu des cultures alimentaires et de coca. C’est ainsi que de nombreux enfants et ramasseurs de coca, qui gagnent approximativement 10 dollars par jour de récolte, ont été aspergés par des substances chimiques qui leur ont causé différents problèmes gastro-intestinaux. Cécilia a décrit comment ses deux enfants ont tous les deux commencé à vomir peu de temps après la pulvérisation et comment ils ont souffert de diarrhée pendant plusieurs jours.

Des enfants ont également souffert de traumatismes psychologiques dus à la nature militaire de l’opération de fumigation. Des hélicoptères de combat sont descendus en piqué fort bas au-dessus des exploitations seulement quelques minutes avant que les avions ne pulvérisent les zones, afin de déclencher les tirs de barrage des mitrailleuses dans les périmètres autour des champs de coca. La terre est vérolée de trous faits par les balles des fusils-mitrailleurs alors que des centaines de cartouches salissent le sol, souvent dangereusement près des maisons.

Les gouvernements états-unien et colombien prétendent que la destruction des cultures de coca dans la zone de la Macarena contrôlée par les FARC diminuera les ressources financières que les rebelles perçoivent du commerce illégal de la drogue, ce qui les affaiblira militairement. Le ministre de la Défense colombien, Camilo Ospina, a expliqué l’objectif militaire de la campagne d’éradication de la coca : « Nous ne pouvons prétendre qu’éliminer le carnet de chèques des guérilleros sera un processus aisé. Le procédé dans la région de la Macarena consiste à éradiquer la coca dans une des zones du monde qui a les plus hauts taux de culture, et qui représente la plus importante source de financement des groupes subversifs, en particulier les FARC. »

Pour sa part, l’administration Bush a été comblée par le fait que le président Uribe ait finalement répondu à ses demandes répétées de déployer des avions pulvérisateurs sur les parcs nationaux du pays. James O’Gara du Bureau national pour la politique de contrôle des drogues de la Maison blanche (White House’s Office of National Drug Control Policy) a déclaré : « Si les FARC pensaient que le gouvernement allait autoriser les cultures de coca à prendre de l’ampleur éternellement dans ses parcs nationaux, elles se sont manifestement trompées. » Cependant, selon un commandant local des FARC, « les fumigations ont touché les paysans plus que les guérilleros. Ce sont eux qui sont les plus dépendants des cultures de coca pour leur survie ». Bien que les fumigations affectent probablement à un certain degré les finances des FARC, l’application durant plus de six ans du Plan Colombie n’a que peu démontré que cette stratégie affaiblit de façon notable la capacité militaire des groupes rebelles. Si effet il y a, de telles tactiques ne font que renforcer le soutien populaire des guérilleros dans les régions reculées du pays telles que la Macarena.

En plus des opérations de lutte contre la drogue du Plan Colombie, les militaires colombiens ont aussi mis en oeuvre le Plan Patriota soutenu par les Etats-Unis, une opération de grande envergure de contre- insurrection qui a pour but de prendre le contrôle des régions contrôlées par les FARC dans le Sud et l’Est de la Colombie, dont la région de la Macarena. Mais le Plan Patriota a montré son inefficacité, consistant souvent uniquement en des offensives sporadiques au sol dans les régions contrôlées par les FARC. Selon des paysans de la région de la Macarena, l’armée tue souvent des civils pendant ces incursions et blâme ensuite publiquement les FARC - des accusations qui sont ensuite rapportées en bonne et due forme par les médias nationaux et internationaux sans qu’il n’y ait aucune enquête sur les crimes.

Il y a eu aussi plusieurs incidents dans le cadre du Plan Patriota : des paysans de la région de la Macarena ont été arrêtés arbitrairement par les troupes colombiennes et emmenés à la base militaire de Vista Hermosa, située du côté de la rivière Guapaya qui est contrôlée par l’Etat. Lors d’un incident en janvier 2006, l’armée a rassemblé huit paysans et les a emmenés à la base militaire. Des agents de l’Etat prétendent que tous ceux qui furent arrêtés ont été relâchés par la suite bien qu’un seul d’entre eux n’ait été revu jusqu’à présent. Les sept autres paysans, semble-t-il, « ont été disparus » par les paramilitaires de droite qui, selon plusieurs résidents de Vista Hermosa, sont toujours actifs dans la région en dépit de leur supposée démobilisation .

La situation pour les paysans qui vivent dans la Macarena a peu changé depuis qu’ils s’y sont installés il y a de cela 50 ans. Jusqu’à ce jour, les politiques du gouvernement national de Bogota se sont limitées à des opérations militaires qui se sont souvent terminées par de flagrantes violations des droits humains. Avec le Plan Patriota sous le mandat d’Uribe, il n’y a eu aucune tentative de fournir aux paysans qui habitent traditionnellement dans les régions contrôlées par les rebelles, des programmes économiques et sociaux afin de gagner la bataille « des coeurs et des esprits » de la population locale. L’ampleur de cet échec a été clairement expliquée à un comité du Congrès états-unien en juin 2004 par Adam Isacson, un analyste de longue date de la Colombie qui travaille pour le Center for International Policy basé à Washington :

Ces dernières années en Colombie sont pleines d’histoires d’offensives militaires soi-disant réussies. Le modèle est connu : des milliers de militaires déferlent sur un bastion de la guérilla, les guérilleros offrent une résistance minimale et se retirent dans la jungle. Les troupes restent quelques semaines, voire même quelques mois, mais le gouvernement colombien ne consacre aucune ressource pour amener le reste du gouvernement dans la zone. Ils ne peuvent pas rester éternellement - et puisqu’ils agissent avec une impunité virtuelle, ce n’est pas toujours une mauvaise nouvelle pour les civils qui habitent dans la zone. Quand les militaires doivent finalement rentrer à leur base, on voit pourtant qu’aucun changement n’a été fait pour installer des juges, des policiers, des professeurs, des docteurs, des constructeurs de routes, ni aucun autre service d’un gouvernement civil dont a besoin toute société et toute économie pour fonctionner.

La région de la Macarena est un exemple parfait du processus décrit par Isacson. Cependant, cette histoire ne se répète pas seulement depuis ces dernières années mais depuis un demi-siècle. Avec l’échec total du gouvernement pour même essayer de fournir à la population locale quelques services de base, ce sont les FARC qui ont pris en charge de remplir ce vide en aidant à construire des routes, à fournir l’électricité, à veiller au maintien de l’ordre, à installer des juges et d’autres services publics qui sont traditionnellement assurés par l’Etat. Comme le fait remarquer un paysan local, « quand les fermiers ou quelqu’un de leur famille tombe malade et qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter des médicaments, ce sont les FARC qui leur donnent de l’argent pour acheter ce dont ils ont besoin ».

La population paysanne de la région de la Macarena ne voit aucune raison de faire confiance à un gouvernement qui ne leur a rien offert si ce n’est la répression, ou au mieux, un abandon total. En août, le gouvernement s’est assuré que cette méfiance se renforce en lançant cette campagne de fumigation militarisée qui a rendu les enfants malades tout en détruisant des récoltes alimentaires essentielles pour les habitants. Une fois de plus, c’est la population civile qui a été victime de la stratégie de contre-insurrection du gouvernement. Pour la population paysanne locale, les seules personnes vers qui ils peuvent se tourner en cas de besoin, ce sont les guérilleros, ce qui sape les très précieux objectifs de la contre-insurrection que le gouvernement devrait essayer d’atteindre : gagner les coeurs et les esprits des gens.

En fin de compte, il est peu probable que les fumigations éliminent la culture de coca dans la région de la Macarena. Un pourcentage significatif des cultures a survécu à la pulvérisation et beaucoup de celles qui ont été détruites seront simplement remplacées par de nouvelles. Parfois, ces replantations se feront sur les mêmes terrains, parfois les paysans abattront plus d’arbres de la forêt afin de pouvoir replanter. Mais comme l’a souligné un paysan, « si vous commencez simplement à abattre des arbres pour planter plus de cultures, les FARC vous condamneront à une amende. Nous devons obtenir l’autorisation des guérilleros pour pouvoir abattre des arbres de la forêt. » Il n’est pas toujours facile d’obtenir cette autorisation, parce que les FARC tentent de trouver un équilibre entre le financement de leur rébellion par les cultures de coca, qui permettent aux paysans de vivre, et la maîtrise de la destruction d’un des trésors écologiques les plus précieux du pays.

Rien ne prouve que le gouvernement colombien soit disposé à essayer de trouver un équilibre de son côté afin de mettre en place une stratégie de contre-insurrection plus globale. Tant que le gouvernement n’offrira pas aux paysans comme Cecilia autre chose que la répression militaire, les populations locales des régions telle que la Macarena continueront à voir leur bien-être social et leur survie comme inextricablement entremêlés aux FARC. Par conséquent, la violence continuera à faire des ravages sur un autre trésor national du pays : sa population.

Source : Colombia Journal 3 septembre 2006.

Traduction : Raphaëlle Barret, pour le RISAL
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   Posté le 03-12-2006 à 17:30:39   

Pour la 1ère fois depuis l'enlèvement de sa fille, Yolanda Pulecio a enfin condamné l'action d'Uribe, accordant plusieurs interviews durant ce mois de novembre.

Dans l'une d'entre elles interview elle accuse Uribe de vouloir sciemment torpiller tout espoir d'échange humanitaire, et reconnaît en revanche aux FARC la volonté de vouloir parvenir à cet accord. Elle va même plus loin en affirmant:

"Je ne justifie pas les actions sauvages de la guerilla non plus, bien sûr que non, et même je ne justifie jamais les séquestres comme a été ma fille et tous ceux qui sont là-bas, mais je comprends que ça existe en Colombie à cause du manque de pensée au peuple, de travailler vraiment pour le peuple. On ne fait pas de la politique pour eux."

Par ailleurs il a été confirmé dans cette interview que les FARC mettent à disposition de tous les otages une radio branchée sur une station qui donne la parole une heure par jour aux familles des otages. Ce geste humanitaire, unilatéral, fait evidemment beaucoup pour le moral des otages aux mains des FARC.

D'autres extraits d'interviews de Yolanda Pulecio:

"Vous expliquez que 71 pc des Colombiens sont en faveur de l'accord humanitaire qui permettrait de libérer les otages. Pourtant, le président Uribe a été réélu cet été alors qu'il n'y est guère favorable. Comment expliquez-vous cela?

YP - Il nous a menés en bateau pendant cinq mois (avant l'élection, NdlR.) en disant qu'il allait appliquer l'accord humanitaire. Moi, la première, j'ai cru de nouveau au président Uribe. Je n'ai jamais pensé qu'il pourrait reculer après l'engagement qu'il avait tenu avec les familles des séquestrés... Même les partisans de Uribe que je rencontrais me disaient : "Ecoutez, Yolanda. Maintenant, il ne peut pas reculer. C'est un engagement d'Etat avec les pays qui nous aident". C'était un compromis d'Etat. Je ne pouvais pas croire que d'un moment à l'autre, le Président allait tout faire basculer.

- Après sa réélection, le président Uribe a d'ailleurs fait des déclarations en faveur de négociations sur le sort des otages. Et puis il y a eu cet attentat à la voiture piégée contre l'Université militaire de Bogota, le 19 octobre, après lequel le chef de l'Etat a annoncé renoncer à envisager l'échange de prisonniers. Pour vous, est-ce que cet attentat est suspect ?

YP - Bien sûr. Une demi-heure après l'attentat, Alvaro Uribe a accusé les Farc. Avant mon voyage en Europe, le procureur de Colombie a encore affirmé qu'il n'avait aucune preuve que les Farc étaient responsables de l'attentat... Pourquoi le président Uribe, dans un discours très haineux, a-t-il refusé au médiateur de paix d'entamer les négociations avec la guérilla sur l'accord humanitaire ? Et en plus, il a ordonné à l'armée de libérer les otages par la force... Je ne pouvais pas y croire. J'ai pleuré.

- Comment expliquez-vous la politique du président Uribe ?

YP - Au fond de lui, il ne veut pas l'accord humanitaire. Pourquoi ? Parce qu'il ne pense qu'à lui. Pourquoi ne pense-t-il pas à toutes les familles qui souffrent ? Je ne veux pas avoir de sentiment négatif à son égard. Je l'ai vu il y a un an. Je lui ai dit directement : "Je ne veux pas vous détester parce que je suis catholique. Je demande pardon à Dieu. J'ai dû me confesser pour tous les sentiments que j'éprouve à votre égard". Car, pour une maman, savoir qu'il a la clé de la libération de sa fille et qu'il ne fait rien...

- Une des clés de la question des otages n'est-elle pas aussi aux Etats-Unis et dans l'alliance entre Uribe et Bush ?

YP - En Amérique du Sud, c'est le seul qui est encore aux côtés de Bush, qui était pour la guerre en Irak. Il est pour la guerre, pour la violence. Il ne veut pas établir le dialogue. Le président Uribe est très intelligent. Il a mélangé la question de l'"accord humanitaire" avec celle du processus de paix.

- La question des otages n'a-t-elle pas aussi une dimension politique ?

C'est humanitaire. La Colombie a signé les Conventions de Genève pour le droit international humanitaire. Il a fallu que le Président accepte qu'il y a un conflit armé en Colombie; il ne voulait pas le reconnaître. Il s'alignait sur Bush en affirmant que les Farc ne sont que des terroristes [...] Il faut établir un dialogue avec la guérilla pour parvenir à une négociation, et ne pas mélanger l'accord humanitaire avec le processus de paix comme le président l'a fait. Ce n'est pas possible, ce sont deux choses complètement différentes
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