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 économie socialiste de marché en Chine

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Xuan
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   Posté le 18-10-2014 à 13:46:27   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur l'encyclopédie en ligne cocowikipedia, l'article suivant apporte quelques éléments sur l'économie socialiste de marché en Chine. Il n'aborde pas la question du révisionnisme ni de la lutte entre les deux voies mais il soulève des questions importantes sur l'étape de transition au communisme.

Economie socialiste de marché chinoise


Marx, Engels, Lénine et l’économie socialiste de marché chinoise


Marx, Engels, Lénine ont-t-il jamais eu l’idée d’une économie socialiste de marché?
Selon le professeur Yu Wenlie, professeur d'économie chinois, dans certains travaux de Marx et d’Engels, comme le Manifeste du Parti Communiste, Principes du communisme, Critique du programme de Gotha et La Guerre civile en France, on peut trouver l’idée d’une longue période de transition entre le moment où le prolétariat accède au pouvoir et celui de la première étape du communisme où toute la société gérera en commun la production sociale. Au cours de cette période de transition, la propriété privée n’est pas entièrement éliminée, pas plus que les entreprises capitalistes ne sont complètement supprimées. C’est ainsi que la production de biens et l’échange continuent d’exister ainsi que le marché.

Le marxiste étatsunien James Lawler s'est penché sur cette question (voir bibliographie)

"De là il suit que pour qu’il y ait développement humain, il faut qu’il y ait un développement des forces productives. C’est la tâche historique de la classe capitaliste d’assurer ce développement-ci, sans lequel la classe ouvrière ne peut assurer ce développement-là : « La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production. » , écrivaient Marx et Engels dans Le Manifeste. Cette révolution permanente des instruments de production est ce sans quoi la productivité du travail ne peut générer les surplus sans lesquels la question de la qualité de la vie est éclipsée par celle de la survie.

C’est ce bien ce qu’expliquait Lénine, durant la NEP :

« Cela signifie que, dans une certaine mesure, nous re-créons le capitalisme. Nous le faisons vraiment ouvertement. C’est le capitalisme d’Etat. Mais le capitalisme d’Etat dans une société où le pouvoir appartient au capital et le capitalisme d’Etat dans un Etat prolétarien, sont deux concepts différents. Dans un Etat capitaliste, le capitalisme d’Etat signifie que le capitalisme est reconnu par l’Etat et contrôlé par lui dans l’intérêt de la bourgeoisie, et au détriment du prolétariat. Dans l’Etat prolétarien, la même chose est faite dans l’intérêt de la classe ouvrière, dans le but de renverser la bourgeoisie encore forte, et de la combattre. Il va de soi que nous devons accorder des concessions à la bourgeoisie étrangère, au capital étranger. Sans la plus petite dénationalisation, nous devrons louer à bail des mines, des forêts et des gisements de pétrole aux capitalistes, et recevoir en échange des biens manufacturés, des machines, etc., et ainsi restaurer notre propre industrie. » [1]

Lénine ajoutait:

"L’expérience a prouvé que nous avions tort. Il apparaît qu’un certain nombre de stades de transition étaient nécessaires- le capitalisme et le socialisme d’Etat- pour se préparer- par des nombreuses années d’efforts- à la transition vers le communisme. Sans se reposer directement sur l’enthousiasme, mais aidés par l’enthousiasme engendré par la grande révolution, et sur la base de l’intérêt personnel, de la motivation personnelle et des principes des affaires, nous devons d’abord nous mettre au travail dans ce pays de petite paysannerie pour construire des passerelles solides vers le socialisme au moyen du capitalisme d’Etat. Autrement, nous n’arriverons jamais au communisme, nous n’amènerons jamais des vingtaines de millions de personnes au communisme. Voilà l’expérience que nous a enseigné le cours objectif du développement de la révolution" . [2]

La théorie de Deng s'inscit donc dans le prolongement de la pensée des fondateurs et continuateurs du marxisme.

"Nous disons que le socialisme est la première étape du communisme. Quand un pays arriéré essaie de construire le socialisme, il est naturel que durant la longue période initiale ses forces productives ne soient pas au niveau de celles des pays capitalistes développés et qu’il ne soit pas capable d’éliminer complètement la pauvreté. Par conséquent, dans la construction du socialisme nous devons faire tout ce que nous pouvons pour développer les forces productives et graduellement éliminer la pauvreté, en élevant constamment le niveau de vie des gens. Autrement, comment le socialisme sera-t-il capable de triompher du capitalisme? Dans le second stade, ou stade avancé du communisme, quand l’économie sera hautement développée et qu’il y aura une abondance matérielle écrasante, nous serons capables d’appliquer le principe « de chacun suivant ses capacités à chacun suivant ses besoins ». Si nous ne faisons pas tout notre possible pour accroître la production, comment pouvons nous développer l’économie? Comment pouvons-nous démontrer la supériorité du socialisme sur le capitalisme?" [3]
La période de transition peut être divisée en deux étapes liées à la transformation de la propriété : la première est celle de l’étape "mixte capitaliste-socialiste" , qui s’étend à partir de la transformation de la propriété dominante capitaliste privée, après la révolution, à l’étape où la propriété publique devient dominante; la seconde étape est celle de "l’économie socialiste de marché" pure ou "du marché socialiste pur" , qui s’étend de la fin de la première étape à celle où la production marchande est remplacée par la gestion collective. En la comparant avec le "socialisme avancé ou complet" (la première étape du communisme chez Marx), cette étape peut être appelée "étape primaire du socialisme" . C’est exactement à cette étape historique que correspond le socialisme aux caractéristiques chinoises.

Evidemment, la Chine est encore un pays en développement, et la tâche de la "transition" est plus complexe et plus difficile.

Les différentes formes de socialisme de marché

Beaucoup de chercheurs identifient l’économie socialiste de marché chinoise avec le "socialisme de marché" revendiqué pour l’Europe ou l’Amérique, opinion que le professeur Yu Wenlie ne partage pas. Il retrace brièvement les voies qui ont mené au socialisme de marché et distingue ses différentes formes. Nous pourrons ainsi trouver les différences entre l’économie socialiste de marché chinoise et "l’économie de marché " .

Le socialisme de marché : une longue histoire

Il a connu différentes formes et modèles suivant les époques et les pays, dépendant des manières dont le socialisme a été combiné avec l’économie de marché. On peut diviser les différentes formes de socialisme de marché, et leur développement historique à partir de la naissance du modèle de Lange, en quatre étapes :

1/ "Le modèle Lange" : socialisme de marché apparu dans les années 1930, avec un plan stimulant le marché.

2/ "Le modèle décisionnel divisé " : c’est un socialisme de marché dans lequel le marché co-existe avec la planification. Il est apparu dans les années 1960-1980 avec le développement des réformes économiques structurelles dans les pays socialistes est-européens.

3/ "Le marché contrôlé " : le socialisme de marché qui a été développé par les théoriciens de la gauche britannique à la fin des années 1980 en opposition au fondements des politiques de régulation développées par le Parti travailliste britannique.

4/ Différentes constructions nouvelles de socialisme de marché élaborées par des théoriciens de gauche occidentaux suite aux changements dramatiques qui se sont produits dans l’ex-URSS et les pays socialistes est européens.
Par ailleurs, avec l’apparition du "marché contrôlé " et du socialisme de marché comme ligne de division, ces quatre étapes peuvent être divisées en deux périodes.

Les deux étapes antérieures constituent la "première période " et les deux dernières étapes la "période récente " . Nous pouvons appeler la première période "socialisme de marché classique " et la dernière "socialisme de marché contemporain " .

La division en "deux périodes et quatre étapes" ne prend pas seulement en compte les traits différents de socialisme de marché, liés aux différences essentielles entre les modèles de socialisme de marché concernant les différentes formes de propriété publique, les fonctions différentes attribuées à la planification centrale et au marché ainsi que d’autres caractéristiques mais cette division relie également le socialisme de marché à la montée et à la chute du mouvement socialiste mondial au XX° siècle. (…)

Les différences clefs entre l’économie socialiste de marché chinoise et le socialisme de marché

Si on comprend le "socialisme de marché" comme la réalisation la plus large de la combinaison du socialisme avec l’économie de marché, l’Économie socialiste de marché chinoise (ESMC) peut être considérée comme un type de socialisme de marché. On ne peut pas nier que les théories et les modèles ainsi que leurs "expérimentations" offrent des matériaux de référence pour l’établissement et le développement de l’Économie socialiste de marché chinoise. Mais on ne peut pas confondre le socialisme de marché avec l’ESMC. Entre les deux apparaissent des différences majeures.

Si on la compare avec les visions traditionnelles sur le socialisme de marché, l’ESMC a dépassé les premiers traits de socialisme de marché qui étaient basés sur un plan stimulant le marché ou sur un marché coexistant avec le plan. L’économie socialiste de marché chinoise contemporaine utilise "le marché contrôlé".
En comparaison avec le socialisme de marché contemporain (SMC), l’ESMC possède les caractéristiques suivantes :

1/ Il possède la garantie crédible du système politique. Il opère dans le cadre du système de socialisme aux caractéristiques chinoises (période initiale), alors que la plupart des SMC négligent la question "d’où vers où " et celle du type de système politique et des forces sociales sur lesquelles il s’appuie pour transformer le système économique existant en modèles économiques recherchés et fonctionnant avec souplesse.

2/ Selon les principes de base du système économique socialiste, les buts du modèle chinois sont définis à partir des principes directeurs de la propriété publique comme secteur dominant lié au développement collectif de facteurs multi-économiques, et il est également souligné que la forme de réalisation de la propriété publique doit être diversifiée. La propriété publique est principalement propriété d’État et propriété collective. Pour leur part, la plupart des modèles de SMC sous-estiment le rôle de la propriété d’État. Certains modèles sont concentrés plutôt sur un revenu égal que sur la question du contenu de la propriété. D’autres soutiennent certaines formes de propriété publique : par exemple, le "socialisme de coupon " soutenu par John Roemer et le "bureau de propriété publique " de J. Yunker. Mais ces caractéristiques peuvent-elles tenir dans une économie de marché? Ces propositions aboutissent-elles à une distribution égale des revenus parmi les citoyens comme ils l’imaginent?

3/ Dans les mécanismes opérationnels, les différences entre le modèle chinois et le SMC sont surtout concentrées sur l’étendue de la régulation gouvernementale de l’économie de marché par des moyens macro-économiques. L’objectif du modèle chinois est de faire jouer au marché le rôle de base pour l’allocation des ressources dans le cadre de la régulation macro-économique par l’État. En soulignant le rôle fondamental du marché, mais sans ignorer la régulation macro-économique par l’État, l’objectif est de faire de l’économie chinoise un puissant marché compétitif, alors qu’il est encore faible, mais avec une base lui permettant de soutenir la compétition du marché international et d’éviter la crise. La plupart des modèles étrangers prônent une diminution de l’intervention gouvernementale dans l’économie de marché, et le pouvoir de contrôle de l’État est seulement limité à guider l’orientation de l’investissement et des composants pour l’investissement en contrôlant et régulant les taux d’intérêts.

4/ Tandis que la Chine poursuit l’objectif d’économie socialiste de marché, elle place un accent important sur le facteur spirituel, ce qu’on appelle l’altruisme. Dans la pratique de l’économie socialiste de marché, ce qui doit être mis en avant est l’esprit de dévotion à la recherche scientifique, l’esprit d’entreprise et l’ouvrier modèle ainsi que d’autres valeurs nobles – sans préoccupation pour les conditions économiques personnelles. On doit ériger des monuments et écrire des biographies pour compenser l’insuffisance de rémunération matérielle. Subissant l’influence de l’économie traditionnelle, la plupart des modèles de SMC mettent l’accent sur les activités de marché vues comme "un choix rationnel " de personnes recherchant uniquement la maximisation des profits. On suppose que ce ne sont que des égoïstes qui volent la richesse personnelle par tricherie ou par force. Mais le professeur Yu Wenlie pense que le processus d’innovation du système socialiste doit équilibrer les deux motivations d’atteinte de la richesse matérielle maximale et de la richesse spirituelle maximale.(…)

Un fondement solide est nécessaire pour mener la transformation économique de la Chine; un mode de réforme des entreprises d’État doit aussi être défini et il y reste beaucoup de travail pour améliorer l’économie socialiste de marché.
Tous ces problèmes peuvent être attribués à l’immaturité et au caractère incomplet de la viabilité et de la validité des règles économiques du marché socialiste.
Le socialisme doit aboutir à l’égalité et rechercher l’efficacité en même temps. Il y a des tâches importantes qui doivent être explorées par les économistes socialistes de marché.
Mais ceux qui étudient cette jeune discipline sont encore peu nombreux, ce qui est complètement disproportionné avec ceux qui étudient l’économie capitaliste. La théorie doit mener au développement de la cause du socialisme.
La Chine en est seulement à la première étape de l’économie socialiste de marché, et elle a encore un long chemin à parcourir. (…) Le professeur Yu Wenlie pense que l’innovation institutionnelle en Chine permettra d’atteindre un équilibre entre la recherche d’une richesse matérielle maximale et la recherche d’une abondance spirituelle maximale. Il pense que la société humaine se développera dans la compétition pacifique entre différents systèmes sociaux.

D'autres spécialistes comme Marie-Claire Bergère , professeur à l'Inalco à Paris, parlent plutôt d'un capitalisme d'Etat chinois. Selon Marie-Claire Bergère, un nouveau capitalisme d'État est en train d'émerger, fondé sur le rôle primordial d'un secteur public rénové et sur le dynamisme soigneusement circonscrit du secteur privé. Marie-Claire Bergère avance la théorie de la nature hybride du régime chinois. Elle pense que les réformes lancées depuis 1980, dont l'objectif n'est pas de créer un système capitaliste, veulent utiliser au mieux les ressources du marché pour développer la richesse de la Chine, renforcer sa puissance sous la direction du Parti communiste.

Selon le professeur Bergère, qui reflète une attitude hostile au communisme chinois très répandue en France, même dans certains milieux "progressistes", "le parti unique demeure la clé de voûte de ce système, un parti qui tire sa légitimité non plus de l'idéologie, mais de la croissance et de l'exaltation nationaliste" .
Marie-Claire Bergère prévoit cependant une croissance économique persistante, même si ralentie, mais parle d'un régime à la fois autoritaire et flexible.[4]
Henri Alleg notait à propos des Chinois " qu'ils savaient aussi rappeler, et parfois de façon spectaculaire, dans quel camp ils se situent et à qui va leur solidarité comme lors de la visite de Jiang Zemin à Fidel Castro (à Cuba), après sa rencontre avec Bill Clinton ( à Seattle en novembre 1993). En fait, précise Henri Alleg, la Chine est aujourd'hui la seule puissance à contester le leadership mondial américain" [5]

Notes et références de l'article

1. Lénine, Collected Works, vol. 32, p. 491
2. Lénine, Collected Works, vol. 32, p.350
3. Deng Xiaoping, Selected Works, Vol.3, pp.21-22)
4. Bergere Marie-Claire, Chine, le nouveau capitalisme d'Etat, Fayard 2013
5. Henri Alleg, Le Siècle du Dragon,Paris, 1994, p.237


Liens et documents externes

> Les chercheurs américains qui soutiennent ce point de vue, comme le professeur James Lawler de l’Université de l’Etat de New York à Buffalo, ont examiné cela en détail. Voir James Lawler, dans Market Socialism : The Debate Among Socialists, edited by Bertell Ollman, p. 23-52, New York, Routledge, 1998.

> Le texte qui est à l'origine de cet article a été présenté par le professeur Yu Wenlie à la conférence "Marxisme 2000", Université du Massachussets à Amherst les 21-24 septembre 2000.

> Cet article de Cocowikipedia doit beaucoup, pour sa base de départ, au blog de Marc Harpon et de son article sur le sujet :
[http://socio13.wordpress.com/2008/03/19/leconomie-socialiste-de-marche-chinoise-1-par-yu-wenlie-professeur-deconomie-pekin/ ]

> Alleg Henri,Le Siècle du dragon,Le Temps des Cerises, 1996, ISBN : 2-84109-016-7

> Bergere Marie-Claire, Chine, le nouveau capitalisme d'Etat, Fayard 2013

> Delaunay Jean-Claude , La Chine, la France, La France, La Chine [1]

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   Posté le 23-12-2015 à 17:40:37   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Xi Jinping : la décision clé sur les réformes définit les relations entre le marché et le gouvernement



Mis à jour le:2013-11-20
Par:Xinhuanet Source:french.xinhuanet.com


  BEIJING, 16 novembre (Xinhua) -- Le Parti communiste chinois (PCC) doit reconnaître le rôle clé du marché dans la répartition des ressources, a affirmé Xi Jinping, président chinois et secrétaire général du Comité central (CC) du PCC, dans son explication concernant une décision clé du CC du PCC.

  La Chine approfondira sa réforme économique afin d'assurer que le marché joue un rôle "décisif" dans la répartition des ressources, d'après une décision sur les grandes questions liées à l'approfondissement global des réformes approuvée le 12 novembre lors de la troisième session plénière du 18e CC du PCC.

  Au nom du Bureau politique du CC du PCC, Xi Jinping a expliqué cette décision lors de la session plénière. Le texte intégral de son explication a été publié vendredi.

  M. Xi considère la définition du rôle du marché comme l'une des principales réussites théoriques de cette décision.

  Une bonne relation entre le marché et le gouvernement reste le coeur de la réforme économique en Chine, a-t-il expliqué.

  Au cours des vingt et quelques dernières années, la Chine a bâti une économie socialiste de marché, mais celle-ci reste confrontée à de nombreux problèmes, a admis M. Xi.

  Le marché ne fonctionne pas de manière ordonnée, et de nombreuses personnes cherchent à obtenir des bénéfices au travers de moyens illégaux, a-t-il déclaré, ajoutant que le marché des facteurs clés de production, tels que la main-d'oeuvre, les capitaux et les terrains, accusait un retard important.

  Les règles du marché ne sont pas unifiées, et l'on assiste à un protectionnisme prédominant entre différents départements gouvernementaux et entre régions. Le manque de concurrence empêche l'élimination des acteurs les moins compétitifs.

  La Chine doit respecter la loi fondamentale de l'économie de marché et s'attaquer aux problèmes de son système de marché sous-développé, de l'intervention excessive du gouvernement et d'une mauvaise supervision du marché, a-t-il précisé.

  Le président chinois a toutefois ajouté que laisser le marché décider ne signifiait pas qu'il fallait le laisser décider de tout.

   "L'économie socialiste de marché a besoin à la fois du marché et du gouvernement, mais ces derniers jouent chacun un rôle différent" , a-t-il indiqué.

  Le gouvernement doit maintenir la stabilité macro-économique, offrir des services publics, garantir une concurrence loyale, superviser le marché, assurer l'ordre du marché, promouvoir le développement durable et agir en cas de défaillance du marché, selon Xi Jinping

  Le rôle du marché dans la répartition des ressources est défini comme "fondamental" depuis que le pays a décidé de bâtir une économie socialiste de marché en 1992.

   "Aujourd'hui, le CC du PCC est convaincu que les conditions sont mures pour donner une nouvelle interprétation théorique à cette question" , a déclaré Xi Jinping.

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   Posté le 12-05-2016 à 21:10:08   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur Histoire et Société

Les commandes de la « locomotive de l’économie mondiale » sont encore entre les mains des communistes chinois


05
AOÛT



http://kprf.ru/international/new-world/145053.html
à partir d’un article de la Pravda par Oleg Tcherkovets, Docteur en Sciences économiques

La «Pravda» a déjà parlé à ses lecteurs du rapport spécial de la Banque mondiale consacré au développement de l’économie de la Chine publié au début de juillet. Dans ce document, en particulier, il était fait état de la croissance économique du PIB de la Chine de 7,4% l’an passé, ainsi que la prévision de croissance cette année à 7,1 %, et en 2016 à 7 %. Cela prouve que, dans le contexte ​​de stagnation où se trouvent les économies des pays capitalistes les plus développés, la Chine reste la locomotive de l’économie mondiale, ce que d’ailleurs, quelques jours plus tard à Oufa, dans le cadre des sommets de l’OSC et des BRICS, a souligné le président russe Vladimir Poutine.

Peu après est venue une confirmation de cette conclusion absolument logique par une agence d’analyse occidentale de bonne réputation « Morgan Stanley ». Selon leurs estimations, si en 2010 la part de la Chine représentait 23 % du volume total de la croissance économique mondiale, selon les résultats de 2014 ce chiffre est passé à 38 %. Imaginez : près de 40 % de la croissance économique de l’ensemble de la planète porté par un seul pays. Et après ça certains ont le culot de parler de « ralentissement de la croissance chinoise. » En fait, on aimerait bien tous avoir un petit peu de ce « ralentissement »! ..

Toutefois, si le rapport de la Banque mondiale a attiré l’attention de la communauté mondiale, ce n’est pas seulement pour avoir apporté la preuve de la réussite économique évidente de la Chine. En effet, il n’y a là rien de surprenant, dès qu’il s’agit de la deuxième économie du monde, qui sera bientôt la première. Mais les circonstances qui ont accompagné la sortie de ce document, et ce qui s’en est suivi immédiatement après, constituent un événement vraiment exceptionnel. Nous pouvons dire qu’on a là un scandale de proportions mondiales : jamais auparavant dans son histoire, la Banque mondiale n’a été amenée à retirer un chapitre entier d’un document publié sous son autorité, mais maintenant c’est arrivé – quatre jours seulement après la publication du rapport. Que s’est-il passé?

Le chapitre supprimé était consacré au développement du système bancaire et financier de la Chine et aux « recommandations » de la Banque mondiale concernant ses voies de développement. Il rapportait des données importantes non seulement au niveau économique, mais aussi et surtout au niveau sociopolitique. Donc, aujourd’hui, le gouvernement chinois contrôle officiellement près des 2/3 des actifs bancaires dans le pays (pour comparaison: selon la Banque mondiale, en Russie et au Brésil, puisque nous parlons des pays – membres de l’organisation BRICS, environ 40 % des actifs bancaires sont contrôlés par l’Etat). Une telle différence, même si elle est de poids, n’est pas ce qui impressionne le plus. Selon les calculs des experts de la Banque mondiale, en réalité, le gouvernement en Chine par le biais de l’actionnariat et de leviers juridiques et administratifs contrôle au moins 95 % (!) des actifs bancaires. Et cela signifie que tout le « système sanguin » de cette économie super puissante est aux mains de l’Etat socialiste en la personne de ses institutions gouvernementales, ce qui permet d’appliquer pleinement les principes importants de l’économie socialiste – non seulement assurer les règles juridiques, mais octroyer directement les prêts pour les projets à dimension nationale et sociale. Toutes choses qui, par exemple, dans notre réalité russe semi-bourgeoise et semi-criminelle, sont vraiment difficiles à imaginer.

Oui, c’est précisément la concentration de l’activité bancaire et de la finance directement dans les mains ou sous le contrôle de l’Etat socialiste qui donne la base matérielle d’une offensive économique sans précédent et véritablement pacifique, comme l’ écrivaient déjà les classiques du marxisme-léninisme et que la Chine met en œuvre devant nos yeux littéralement dans le monde entier.
Des experts donnent les informations suivantes : la contribution de la Chine – la plus grande – au capital de la nouvelle banque de développement («BRICS Bank» est de 41 milliards $, un accord qui a finalement été atteint au début de juillet lors du sommet des BRICS à Oufa ; 40 milliards $ – pour grand projet interétatique « La ceinture économique de la Route de la Soie». Plus 25 milliards $ pour un projet intitulé «Route de la Soie maritime».
Mais ce n’est qu’un « apéritif. » Dans l’ensemble, les plans d’investissement de la Chine dans le monde entier pour la période allant jusqu’à 2025 sont de 1,41 trillions de dollars (!). Le magazine américain « Foreign affairs » estime que ces investissements sont à une échelle sans précédent dans l’histoire du monde, et, à titre de comparaison nous rappelle que le célèbre «Plan Marshall» américain, qui a lié en grande partie les pays d’Europe occidentale aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale, ne représente, en termes de dollars d’aujourd’hui pas plus de 103 milliards. Comme on dit, sentez la différence!

Soulignons une fois encore : les données fournies montrent non seulement la valeur des ressources accumulées en or et en devises par la Chine socialiste, qui est proche du chiffre astronomique de 5 trillions ( !) de dollars, mais aussi sur un fait beaucoup plus important – le succès de la politique financière et de crédit de l’Etat socialiste. Et comment ne pas mentionner certains de nos causeurs de salon qui se mettent littéralement en quatre pour essayer de donner une imagine de la République populaire comme un pays non-socialistes, et sa politique – comme une politique capitaliste. Mais que dire alors de la tentative directe de la Banque mondiale dans le rapport cité par nous, qui « recommande vivement » à la Chine de privatiser le secteur bancaire, et par la même occasion les grandes entreprises publiques dans le secteur de l’industrie? «Privatiser» – comme ce mot nous est familier, n’est-ce pas!

Cependant la réaction du Parti communiste chinois et de la Chine à cette « recommandation », si l’on peut dire, a été diamétralement opposée à celle que l’on observe en général en Russie et chez la plupart de nos voisins de la CEI, à l’exception, bien sûr, du Bélarus. Les camarades chinois ont directement et officiellement dénoncé l’ingérence dans les affaires intérieures de la Chine de l’organisation internationale dans le but – tenez-vous bien! – de miner le système socialiste dans le pays. Tout cela est fort juste, et c’est exactement le jugement que portent les communistes russes sur les tentatives de privatisation dans notre pays des restes de la grande propriété publique. Il est vrai que nous n’avons plus, malheureusement, un système socialiste. Mais les communistes chinois ont une fois de plus montré qu’ils ne vont pas répéter les erreurs des communistes soviétiques de l’époque Gorbatchev.

Et enfin – la chose par laquelle nous avons commencé. Après les vives critiques de Pékin, la Banque mondiale a accompli un geste sans précédent dans son histoire en éliminant le chapitre incriminé. Le géant rouge a remporté une victoire politique de plus. Ceci, incidemment, prouve encore une fois, à quel point les commandes de la «locomotive» de l’économie mondiale sont dans de bonnes mains.

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   Posté le 30-08-2016 à 17:26:03   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le modèle socialiste de la Chine surpasse le capitalisme


Par John Ross Source: Global Times Publié: 23/08/2016 00:18:40



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Illustration: Peter C. Espina / GT



Depuis la promotion du "Consensus de Washington» néolibéral, les quatre premières économies à plus forte croissance, suivent tous ou sont fortement influencées par le modèle de développement de la Chine. Ces pays sont la Chine, le Vietnam, le Cambodge et le Laos.
En revanche les modèles de développement capitaliste ,dont le Consensus de Washington, ont été un échec. Les pro-capitalistes en Chine préféreraient évidemment que ces faits fussent méconnus du public car ils sapent l'idée que la Chine devrait abandonner sa voie socialiste du développement et adopte celle capitaliste.

Ces faits ont également des implications politiques internationales. Le modèle de développement socialiste suivi par la Chine est une création du Parti communiste chinois (PCC).

Le consensus de Washington est la stratégie économique dominante mise en avant par les institutions économiques internationales telles que le FMI et la Banque mondiale, et il est enseigné dans les universités occidentales. Pourtant, la supériorité économique écrasante des pays qui ont suivi une politique de développement socialiste, plus en ligne avec le modèle chinois, montre que non seulement celui-ci surpasse les alternatives capitalistes mais que le PCC a une meilleure compréhension de la situation que les économistes occidentaux.

Une comparaison factuelle dans les résultats internationaux des deux développements économiques, l’approche néolibérale du consensus de Washington par rapport à la stratégie de développement socialiste chinoise, montre clairement comment celui-ci surpasse l'ancien.

Il apparaît aussi que les partisans du Consensus de Washington semblent détester fortement les comparaisons factuelles systématiques des deux approches pour des raisons évidentes dans les données suivantes.

Afin d'évaluer les stratégies concurrentes, nous allons considérer la Chine elle-même, ainsi que trois autres pays. Ce sont le Vietnam, qui se définit comme socialiste et s’est beaucoup inspiré de l’approche chinoise de l’économie de marché socialiste, le Cambodge et le Laos, qui tous deux ont été fortement influencée par le modèle de développement de la Chine.

Un résumé des données sur le taux de croissance annuel moyen du PIB par habitant, réparti en trois périodes de temps (à partir de 1993 lorsque les données sur l'ensemble des quatre pays sont disponibles), post-consensus de Washington en 1989, et après les propres réformes de la Chine en 1978, indique le succès du modèle chinois.

Les données sont extrêmement frappantes. De 1993 à 2015, la Chine, le Cambodge, le Vietnam et le Laos sont classés respectivement n ° 1, n ° 2, n ° 3 et n ° 4 dans le monde pour la croissance du PIB par habitant (les cas périphériques des pays avec des populations de moins de 5 millions ou dominé par la production de pétrole ne sont pas inclus).
De 1989 à 2015 la Chine, le Vietnam et le Laos sont classés respectivement n ° 1, n ° 2 et n ° 3 dans le monde pour la croissance du PIB par habitant. Et à partir de 1978 la Chine est classée n° 1 parmi toutes les économies en termes de croissance économique.

Le degré auquel les économies influencées par le modèle de développement chinois ont surpassé la moyenne mondiale a été énorme. Depuis 1989, le Vietnam et le Laos ont progressé trois fois plus vite que la moyenne mondiale. Depuis 1978, le taux de croissance de la Chine était presque six fois celui de la moyenne mondiale.


Les contrastes non seulement en moyenne par la croissance du PIB en capital, mais aussi dans l'éradication de la pauvreté sont tout aussi écrasants. Depuis 1981, la Chine a sorti 728 millions de personnes de la pauvreté telle que la définit la Banque mondiale. Le Vietnam a sorti de la pauvreté plus de 30 millions de personnes selon les mêmes critères. Dans le reste du monde, dans lequel le modèle dominant préconisé par le FMI était le Consensus de Washington, seuls environ 120 millions de personnes ont dépassé le seuil de pauvreté. Pendant ce temps, 83 % de toute la réduction de la pauvreté se produisait en Chine, 85 % dans les pays socialistes et seulement 15 % dans les pays capitalistes.

Ces données anéantissent l'affirmation selon laquelle le capitalisme est le principal moteur de la croissance économique rapide et de la réduction de la pauvreté. Si le capitalisme était le moteur de la croissance économique et de la réduction de la pauvreté, la croissance serait la plus rapide et la réduction de la pauvreté la plus grande dans les pays capitalistes. Au lieu de cela, c’est en Chine et au Vietnam que la plus grande réduction de la pauvreté a eu lieu et c’est en Chine, au Vietnam, au Cambodge et au Laos que la croissance économique la plus rapide a eu lieu.


Le modèle de développement socialiste de la Chine devrait donc être considéré comme un énorme succès en contraste avec le consensus de Washington. Pour l'écrasante majorité de la population mondiale le développement économique reste la question la plus fondamentale.

Selon les dernières données de la Banque mondiale 84 % de la population mondiale vit dans les pays en développement. Toute analyse objective cherchant à maximiser le potentiel de développement des pays devrait donc commencer par le modèle de développement socialiste de la Chine.

Les faits montrent que les politiques de la Chine, qui comportent un rôle dominant du secteur public, des plans à grande échelle pour éradiquer la pauvreté et une orientation politique socialiste, réussissent à produire à la fois la croissance économique et la réduction de la pauvreté.

Le simple fait que les quatre premières économies à croissance la plus rapide depuis que le Consensus de Washington a été défini utilisent toutes le modèle chinois de développement socialiste démontre la supériorité de la voie de la Chine sur les alternatives capitalistes.


l'auteur est chargé d’études à l'Institut Chongyang des Etudes Financières , Université Renmin de Chine.
bizopinion@globaltimes.com.cn

Publié dans: « évaluation d' experts »

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DUROC
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   Posté le 30-08-2016 à 17:54:22   Voir le profil de DUROC (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à DUROC   

Soyons sérieux: l'augmentation du PIB chinois n'est pas dû à quelque sorte de "socialisme" fût-il baptisé à la chinoise ! Il est le résultat des investissements financiers des divers monopoles impérialistes internationaux. Il est clair que le prix de la force de travail en Chine, de même que les qualifications professionnelles sont une manne pour l'impérialisme international et...... pour la bourgeoisie d'Etat chinoise. Que le prolétariat chinois en tire quelques miettes, c'est possible. On a vu ça aussi dans les pays capitalistes occidentaux durant les" trente glorieuses ". Mais l'essentiel, c'est que les rapports sociaux de production sont dirigés par les mécanismes du profit. Ce qui n'a rien à voir avec le socialisme !

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Xuan
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   Posté le 30-08-2016 à 19:15:47   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Les "trente glorieuses" n'ont pas connu une crise mondiale jusqu'en 1974.
D'autre part elles s'appuyaient sur le pillage des colonies et n'ont pas globalement diminué la pauvreté.

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DUROC
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   Posté le 30-08-2016 à 20:57:22   Voir le profil de DUROC (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à DUROC   

Ma référence aux " trente glorieuses " signifie simplement que quand l'impérialisme se porte bien, il peut lâcher quelques miettes aux prolétaires.
Il est vrai que la situation n'est plus la même qu'à l'époque des " trente glorieuses ".
Mais c'est précisément la crise générale du système impérialiste occidental qui a trouvé en Chine un moyen de retarder son implosion. Pour le profit de la nouvelle bourgeoisie chinoise, et les miettes ( diminution de la pauvreté ) pour le peuple. Le progrès du PIB n'est pas le critère marxiste permettant de juger que des rapports de production sont capitalistes ou socialistes. Souviens-toi, Xuan de la lutte contre la théorie des forces productives ! Mais tu me diras que les choses ont changé...

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DUROC
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   Posté le 30-08-2016 à 21:03:49   Voir le profil de DUROC (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à DUROC   

Je voudrais te rappeler une autre chose, Xuan:
Lors de la crise de 1929, alors que l'économie capitaliste impérialiste s'effondrait, l'URSS de Staline progressait à pas de géant. Non pas en faisant de la place aux capitaux occidentaux, mais en mettant en pratique les lois économiques du socialisme !

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Xuan
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   Posté le 30-08-2016 à 22:48:04   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Les « investissements financiers des divers monopoles impérialistes internationaux » n’ont pas servi à éradiquer la pauvreté ailleurs qu’en Chine (et d’autres pays comparables), y compris avec de faibles salaires, parce que la Chine a maîtrisé l’utilisation des ces investissements.
C’est la particularité de la Chine et des modes de production comparables, au Vietnam, au Cambodge et au Laos.

La différence entre la Chine et l’URSS est que la première sortait du colonialisme et du féodalisme. Pour rattraper son retard immense la Chine a utilisé ce qu’elle pouvait dans le capitalisme : capitaux, technologies, science, etc. pour les mettre au service du développement socialiste de la société.

Je rappelle : « Une formation sociale ne meurt jamais avant que soient développées toutes les forces productives auxquelles elle peut donner libre cours ; de nouveaux rapports de production, supérieurs aux anciens, n'apparaissent jamais avant que leurs conditions matérielles d'existence n'aient mûri au sein de la vieille société. » [contribution à la critique de l’économie politique]

Les rapports sociaux de production ne sont pas « dirigés par les mécanismes du profit » mais dépendent de la forme de la propriété, qui est diverse mais sous domination publique.
Il n’est écrit nulle part que le socialisme établit immédiatement cette propriété publique dans l’ensemble de l’économie. Le Manifeste indique que « Le prolétariat se servira de sa suprématie politique pour arracher petit à petit tout le capital à la bourgeoisie, pour centraliser tous les instruments de production dans les mains de l'Etat »
Quant au « mécanisme du profit » ça n’a pas de sens dans l’absolu. Dans un pays socialiste les entreprises publiques réalisent aussi un profit, qui est réinvesti, ou redistribué par l’Etat, parce que la théorie de la reproduction s’applique au socialisme comme au capitalisme.

Sauf que le profit de ces entreprises n’est pas le but de la société socialiste, qui est d’ « assurer au maximum la satisfaction des besoins matériels et culturels sans cesse croissants de toute la société, voilà le but de la production socialiste ; accroître et perfectionner constamment la production socialiste sur la base d'une technique supérieure, voilà le moyen d'atteindre ce but.
Telle est la loi économique fondamentale du socialisme. »
[Staline – problèmes économiques du socialisme en URSS]


Tu écris que « la crise générale du système impérialiste occidental … a trouvé en Chine un moyen de retarder son implosion » .
Tu as raison sur ce point. Les analystes – y compris marxistes ou progressistes – avaient annoncé une catastrophe qui n’a pas eu lieu malgré bien des fermetures d’entreprises et des licenciements. Et nous leur avons emboité le pas il faut le reconnaître.
La raison est que nous avons jugé la crise économique de façon unilatérale comme une crise de surproduction mondiale. Or le développement des pays émergents a absorbé ce déséquilibre.
Dans le cas d’une crise de surproduction, ceci n’est pas dû avant tout aux bas salaires de ces pays, mais aussi au fait qu’ils absorbent une partie de la production des pays industrialisés.
Ceci ne pourrait pas se produire si les ouvriers chinois ne ramassaient que « des miettes » .
Je regrette mais la réduction de la pauvreté ce n’est pas « des miettes » .
Le développement de ces pays n’obéit donc pas aux mêmes règles que celui des pays impérialistes. Mettre toutes les économies dans le même sac aboutit à des interprétations erronées.

Aujourd’hui les économistes occidentaux attendent encore que la Chine et d’autres sortent les pays impérialistes d’affaire. Et si la Chine passe de 7 à 6,5 c’est tout juste si on ne la rend pas responsable des malheurs de la France et du monde entier.
Si l'économie chinoise parvient à enregistrer une croissance de 6,7% en 2016 cela représentera 1,2 point de pourcentage de la croissance du PIB mondial de cette année. L'économie américaine, la première économie mondiale, devrait croître de 2,2% cette année, soit 0,3 % de la croissance du PIB mondial, soit seulement un quart de la contribution de la Chine. Celle-ci est de moitié plus élevée que celle de 0,8 % de l’ensemble des économies impérialistes.
Concernant les autres pays en développement, l'Inde devrait enregistrer une croissance de 7,4% cette année, mais elle ne contribuera qu'à hauteur de 0,6 % à la croissance du PIB mondial, car le pays ne représente que 7,6% de la production mondiale.

La Chine ne cherche pas à faire imploser l’économie mondiale mais au contraire à éviter la crise et la guerre. C’est pourquoi elle a développé les accords commerciaux sud-sud, lancé la « route de la soie » , et c’est le sens de ses propositions au prochain G20.
Au milieu des années 70, les pays impérialistes représentait les deux tiers du PIB mondial, d'ici 2030, ce chiffre ne devrait plus représenter qu’un tiers. Pourtant ces pays dominent toujours les institutions économiques mondiales.

Inévitablement les propositions de la Chine viseront à abolir les rapports de domination impérialistes, mais elles n’aboliront pas les contradictions inter-impérialistes ni les contradictions de classe. De sorte que la crise se poursuivra ici notamment.

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marquetalia
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   Posté le 30-08-2016 à 22:54:09   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

Il ne faut pas oublier quatre facteurs qui vont compromettre le Pcc;le vieillissement de la population,du a la saignée de la politique de l enfant unique;le fait que la secte Falung Fong compte plus de membres que le Pcc.l americanisation galopante,et l essor des églises évangéliques,véritables chevaux de Troie de l impérialisme u.s


Edité le 31-08-2016 à 20:07:43 par marquetalia




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DUROC
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   Posté le 31-08-2016 à 18:57:37   Voir le profil de DUROC (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à DUROC   

Oui ou non, La Russie de Staline a-t-elle réussi à édifier le socialisme en développant les forces productives dans les années 1930 ?
Oui ou non, les succès de l'URSS ont-ils pour source l'application des lois économiques du socialisme telle que le Parti Bolchévik avec à sa tête Staline les a définies et appliquées?

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marquetalia
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   Posté le 01-09-2016 à 19:43:31   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

Comment se fait il que le modèle soviétique ne s est pas imposé aux pays capitalistes qui étaient eux memes en crise,a l opposé de l URSS de Staline?le Pcf,crée en 1920,aurait il alors pu prendre le pouvoir en France,qui avait encore son immense empire colonial,qui aurait pu s émanciper?

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Xuan
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   Posté le 01-09-2016 à 23:15:49   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

DUROC a écrit :

Oui ou non, La Russie de Staline a-t-elle réussi à édifier le socialisme en développant les forces productives dans les années 1930 ?
Oui ou non, les succès de l'URSS ont-ils pour source l'application des lois économiques du socialisme telle que le Parti Bolchévik avec à sa tête Staline les a définies et appliquées?


Tu n'as pas lu mon dernier post.

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   Posté le 02-09-2016 à 12:40:45   Voir le profil de DUROC (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à DUROC   

Si, j'ai lu ton post. Il s'écarte du Léninisme, du stalinisme, et de la victorieuse expérience de l'Union Soviétique avant la trahison révisionniste. En revanche, tu te rapproches des conceptions (excuse-moi) trotskistes de Bibeau pour qui le socialisme n'était pas possible en raison de la non maturité des conditions "objectives" économiques de l'URSS...

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Xuan
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   Posté le 03-09-2016 à 17:59:02   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Laissons l’immaturité à Bibeau et aux trotskistes si tu veux bien.
J’ai écrit que :

« La différence entre la Chine et l’URSS est que la première sortait du colonialisme et du féodalisme. Pour rattraper son retard immense la Chine a utilisé ce qu’elle pouvait dans le capitalisme : capitaux, technologies, science, etc. pour les mettre au service du développement socialiste de la société. »

Il est parfaitement clair qu’il s’agit du développement socialiste de la Chine et non du développement capitaliste de la Chine, pour qui veut bien lire ce qui est écrit.

La coexistence de différentes formes de propriété ne signifie pas que la Chine soit simultanément capitaliste et socialiste (comme le chat de Schrödinger mort et vivant à la fois) parce que la propriété d’Etat est dominante.

Les communistes chinois disent aussi que la Chine se trouve au tout début de la société socialiste, et que cette phase transitoire durera longtemps.

C’est tout-à-fait compréhensible si on considère la réalité socio-économique d’un pays qui sort du féodalisme depuis moins de 70 ans. C’est une orientation qui a précédé la révolution culturelle et qui est toujours d’actualité :

« L'économie d'Etat de la république de démocratie nouvelle placée sous la direction du prolétariat est de caractère socialiste et constitue la force dirigeante dans l'ensemble de l'économie nationale ; mais cette république ne supprime pas les autres formes de propriété privée capitaliste ni n'interdit le développement de la production capitaliste lorsque celle-ci "ne contrôle pas les moyens d'existence du peuple", en raison de l'état encore très arriéré de l'économie chinoise. » « la Démocratie Nouvelle »

Le développement économique de la Chine l'a propulsée dans le 21e siècle mais il est inégal, la Chine présente encore sous certains aspects les traits d'un pays du tiers monde. L'objectif de parvenir à un développement moyen reste à l'ordre du jour et se double de la suppression définitive de la pauvreté.

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DUROC
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   Posté le 03-09-2016 à 21:29:01   Voir le profil de DUROC (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à DUROC   

Bla bla bla... Tes "arguments" sont de même facture que ceux des révisionnistes pour "justifier" la restauration du capitalisme en URSS et dans les autres pays de l'ex camp socialiste. Je retiens quand même que grâce à la Chine, l'impérialisme occidental a réussi à ne pas s'effondrer. Quelle contribution à la révolution socialiste mondiale !!!
Mais tu diras que le moment n'est pas encore venu.. Au fait, tu n'as pas répondu, dans un autre sujet, sur le soutien internationaliste au peuple kurde? peut-être attends-tu les positions des Russes, des Chinois et autres pays "émergents" ? ça risque d'être compliqué!

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marquetalia
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   Posté le 03-09-2016 à 23:12:17   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

La thèse du Prcf selon laquelle les Etats Unis veulent dépecer la Chine,qui était aussi diffusée par Lutte Communiste et le Regroupement Communiste est farfelue!

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Xuan
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   Posté le 05-09-2016 à 16:08:20   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La contribution à la révolution mondiale ne consiste pas à provoquer des crises économiques Duroc. Ce sont les économies capitalistes qui sont à l'origine de crises.
Réfléchis un instant, ta réflexion n'a rien de marxiste mais relève du révolutionnarisme petit-bourgeois.

Je passe sur le "bla bla bla" et sur la "facture", tu es probablement capable de fournir des arguments si tu t'en donnes la peine, mais là c'est court.


Edité le 05-09-2016 à 16:30:22 par Xuan




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Xuan
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   Posté le 07-09-2016 à 13:33:40   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

extrait de "Pourquoi la Chine peut humilier Obama"


[...] La Chine demeure la seule ‘power house’ économique sur Terre

Sur le site du Project Syndicate, Stephen S. Roach, ancien président et économiste en chef de la branche asiatique de la banque d’investissement américaine Morgan Stanley, rappelle que la Chine demeure le plus grand contributeur de la croissance du PIB mondial :

“Si la croissance du PIB chinois atteint 6,7 % en 2016 – en ligne avec les objectifs officiels di gouvernement, et seulement légèrement plus que les dernières prévisions du Fonds Monétaire International (FMI) – la Chine compterait pour 1,2 % de la croissance du PIB mondial. Le FMI s’attend à une croissance économique mondiale de seulement 3,1% pour 2016, et la Chine contribuerait pour près de 39% du total. Cette proportion éclipse la contribution des autres grandes économies. Par exemple, alors que l’on vante la forte reprise des Etats-Unis, leur PIB ne devrait croître que de 2,2 % cette année, juste assez pour contribuer de seulement 0,3 % à la croissance mondiale, soit seulement un quart de la contribution de la Chine. L’économie européenne sclérosée ne devrait ajouter que 0,2 % à la croissance mondiale, tandis que le Japon ne devrait même pas ajouter 0,1 %.

En fait, la contribution de la Chine à la croissance économique mondiale est 50 fois plus importante que les 0,8 % cumulés de toutes les soi-disant économies développées.

De plus, aucune économie émergente ne se compare à la Chine en matière de contribution à la croissance mondiale. Le PIB de l’Inde devrait croître de 7,4 % cette année, soit 0,8 % plus rapidement que celui de la Chine. Mais l’économie chinoise représente 18 % de l’économie mondiale (mesurée sur la base de la parité du pouvoir d’achat) – plus du double de la part de l’Inde de 7,6 %. Cela signifie que la contribution de l’Inde à la croissance du PIB mondial ne sera probablement que de 0,6% cette année, seulement la moitié des 1,2 % que l’on attend de la Chine”
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