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 la dette européenne "intenable"

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Xuan
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   Posté le 24-07-2013 à 00:23:56   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Dans les Echos, l'économiste bourgeois Vittori s'inquiète des proportions prises par la dette en Europe et avance l'idée d'effacer l'ardoise.
Sur l'accroissement de la dette, le Figaro titre : En Europe, les dettes publiques ne cessent pas d'augmenter.

Lire également les données statistiques publiées par eurostat le 22 juillet, et qui ont déclenché ces réactions dans la presse économiques


Réfléchir à l'effacement des dettes publiques

Par Jean-Marc Vittori | 23/07

C'est intenable. En un an, la dette publique a augmenté de 450 milliards d'euros dans les pays de l'euro. En face, la production annuelle de richesses a progressé de 30 milliards. Or c'est sur la seconde qu'il faudra prélever de quoi rembourser la première. C'est donc intenable. Sauf à augmenter les impôts jusqu'au ciel, sauf à sabrer la dépense publique jusqu'au ravin, sauf à croire que ces déficits jettent les bases de l'avenir alors qu'ils reflètent les errements du passé, sauf à espérer le retour de la croissance alors que cette croissance est étouffée par les excès de dettes, par la politique budgétaire, par une crainte qui empêche l'action.

Pour sortir de l'impasse, il faudra faire marche arrière. Il y a deux manières d'y arriver.
La première est une méthode douce mais paradoxale. Elle consiste à desserrer le garrot budgétaire dans les pays en difficulté pour redonner un peu d'air à la croissance, laisser filer un peu plus le déficit aujourd'hui pour le réduire davantage demain. Le mouvement a déjà commencé sous la pression des événements. La plupart des organismes internationaux le préconisent après avoir souvent prescrit le contraire. Mais la Commission européenne avance à reculons pour faire cette marche arrière, alors qu'elle doit jouer un rôle majeur dans la redéfinition des règles du jeu.

La deuxième manière est sans nul doute plus violente, mais elle va sans doute finir par s'imposer : c'est l'effacement d'une partie de la dette. En jargon, on parle de restructuration pour ne pas effrayer l'épargnant qui détient cette dette d'une manière ou d'une autre. La Grèce y est passée l'an dernier. Le Portugal, qui aura beaucoup de mal à lever les 15 milliards d'euros prévus sur les marchés l'an prochain, risque d'y aller. Les autorités européennes acceptent peu à peu la perspective de la restructuration, comme l'ont prouvé le plan grec de l'an dernier, l'intervention chypriote cette année, ou l'imputation des pertes des banques à leurs créanciers prévue dans le projet d'union bancaire. Le FMI, lui, a lancé en avril dernier un vaste chantier sur le sujet en soulignant que les restructurations ont souvent été par le passé trop faibles et trop tardives. Les propositions abondent : processus d'arbitrage, création d'une cour internationale de restructuration des dettes, allongement automatique des maturités des obligations émises par un Etat en cas d'assistance financière fournie par le Mécanisme européen de stabilité… La sortie de la crise européenne dépendra de notre capacité collective à gérer un effacement de dettes, puis ses conséquences économiques et sociales. Il est urgent d'y réfléchir.


Edité le 24-07-2013 à 00:32:33 par Xuan




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   Posté le 24-07-2016 à 19:46:58   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Les Echos s'inquiètent à nouveau à propos de la détention de titres de dettes dans le bilan de la BCE :

Le bilan de la BCE s'envole au-dessus de 3.000 milliards d'euros


GUILLAUME BENOIT Le 21/07




Sous l'effet des différents stimuli monétaires, le bilan de la BCE dépasse les 3.200 milliards d'euros.
Les risques semblent cependant mesurés et ne s'opposent pas à un renforcement de son intervention.

3.249 milliards d'euros. C'est la taille du bilan de la Banque centrale européenne (BCE). Soit près d'une fois et demi le PIB de la France pour 2015. Et 31 % de celui de l'ensemble de la zone euro. Mais ce qui est plus impressionnant encore, c'est sa progression. Il ne s'élevait qu'à 2.767 milliards d'euros en fin d'année dernière, et à 2.360 milliards au printemps 2015, avant que l'institution financière ne lance son programme d'achat de dettes des pays de la zone euro (QE).

Car ce ne sont pas les réserves d'or ou les créances sur le FMI qui ont progressé, mais bien sa détention de titres de dette liée à sa politique d'assouplissement quantitatif. Et l'augmentation du rythme du programme, qui est passé de 60 à 80 milliards d'euros d'achats mensuels, et s'est ouvert aux obligations d'entreprise, a amplifié le phénomène. Sur cinq semaines par exemple, la BCE a acquis plus de 10,42 milliards d'euros de dette de groupes européens. De façon plus marginale, le montant net des emprunts des banques dans le cadre des opérations de refinancement ciblées de long terme (TLTRO) est venu également renforcer le total. Le sujet prend donc toute son importance, alors que lors de la réunion de ce jeudi, Mario Draghi, le président de l'institut d'émission, sera pressé de questions à propos d'éventuelles nouvelles mesures. D'autant que le Brexit a ranimé les interrogations sur la zone euro.

Création monétaire ex nihilo

En engageant ainsi son bilan, la BCE fait en fait tourner la planche à billets. Elle achète les titres de dette en créditant les comptes des banques qui servent d'intermédiaires à l'opération. Elle substitue donc de la monnaie à des obligations. Cette création monétaire ex nihilo devrait normalement entraîner une croissance de l'activité économique et une hausse de l'inflation, même si pour l'instant les résultats ne sont pas au rendez-vous.

Cette explosion du bilan de la BCE présente-t-elle un risque ? La banque ne dispose que d'un capital (en y associant les réserves) de 100 milliards d'euros. Soit 33 fois moins que le montant des actifs qu'elle porte. Un matelas qui paraît bien mince face à l'éventuel défaut d'un Etat.
La BCE détient, par exemple, 144 milliards d'euros de dette italienne.

Plusieurs pare-feu existent toutefois.

D'abord la BCE dispose sur son bilan de comptes de réévaluation qui s'élèvent aujourd'hui à 376 milliards d'euros. Il s'agit de plus-values latentes sur des titres qu'elle détient. Elles seront automatiquement mobilisées pour amortir un éventuel choc. Il faudrait donc que celui-ci soit important pour que les Etats soient obligés d'aider la BCE.

En outre, les actifs, souvent des obligations souveraines, apportés par les banques en garantie de leur financement sont réévalués constamment, et font l'objet d'appel de marge en cas de baisse de leurs valeurs. Et pour Gilles Moëc, chef économiste Europe de Bank of America Merrill Lynch, l'intervention de la BCE sur les marchés en elle-même écarte le risque de défaut.
Si, malgré ces précautions, les pertes de la BCE étaient trop importantes, les Etats actionnaires de l'institution de Francfort devraient la recapitaliser. En 2010, sous le coup de la crise financière, ils avaient d'ailleurs procédé à une petite augmentation de capital. Peu de chances toutefois qu'une telle solution soit adoptée prochainement, car elle enverrait un signal négatif au marché.

Guillaume Benoit, Les Echos

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