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 débats sur le 37e congrès du PCF

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Xuan
Grand classique (ou très bavard)
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   Posté le 16-03-2016 à 14:09:18   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Cette contribution résume bien les progrès réalisés dans la critique de la ligne révisionniste et qui constituent l’essentiel aujourd’hui du projet présenté au prochain congrès.

Que la classe ouvrière ait été dépossédée de son parti est un constat établi avec une grande clarté par J. Mischi, c’est aussi la conséquence de thèses révisionnistes sur « la classe ouvrière du manœuvre à l’ingénieur » , puis sur l’extinction de la classe ouvrière, puis des nouvelles catégories révolutionnaires, etc.
Cette contribution veut restituer à la classe ouvrière son parti de classe, révolutionnaire, fondé sur les principes marxistes-léninistes.
Nous soutenons cette démarche.

En même temps les objectifs qui sont définis traduisent des confusions assez largement partagées, qu’il nous faudra nécessairement éclaircir, et qui sont aussi des conséquences de la ligne révisionniste.
Je vous soumet notre point de vue.

> La contribution indique :
« Il s'agit pour nous d'abattre le capitalisme pour aller vers une société Socialiste .
Le socialisme s’étalera sans doute sur période prolongée, jusqu’au communisme, mais la société socialiste elle-même commence dès l’abolition du capitalisme.
Il s’agit pour nous d’abattre le capitalisme pour instaurer une société socialiste . C’est elle qui constitue la transition au communisme.
Nous devrions approfondir l’étude sur ce point, celui de la dictature du prolétariat, sinon que se passe-t-il entre le capitalisme et le socialisme ? Une « démocratie avancée » ?
Ce n’est pas un procès d’intention à l’endroit de cette camarade, mais plus généralement un rappel sur les nombreuses thèses qui ont dénaturé le marxisme en préconisant des étapes intermédiaires entre capitalisme et socialisme, dans un système qui serait encore capitaliste mais propice à une transformation socialiste de la société.

> La contribution préconise « Sortir du carcan antidémocratique des institutions européennes pour retrouver notre souveraineté nationale et populaire : sans cela rien ne sera possible !!! » .
C’est un objectif important du réseau formulé depuis longtemps. Mais rien ne démontre que la sortie de ce carcan soit la condition de l’abolition du capitalisme. Ou bien faudrait- il attendre cette sortie pour espérer changer de société ?
On peut affirmer qu’à l’inverse la révolution prolétarienne est la condition sine qua non du rejet des institutions européennes et du rétablissement de la souveraineté nationale.
Ce n’est pas un seul chemin : la sortie de l’Euro , mais : le socialisme, seule issue au carcan réactionnaire des institutions européennes .

> Enfin : « Exiger l'appropriation collective des grands moyens de production, d'échange et des secteurs clé de l'économie (banques, assurances, santé, éducation, sciences, agriculture,
transport, énergie, défense, médias, internet...) »
.
« Exiger » signifie que l’appropriation collective des grands moyens de production…est une revendication. C’est d’ailleurs ce qu’indique le projet alternatif.
La thèse des nationalisations comme étape vers le socialisme a servi de base au Programme Commun et elle a échoué. La reconduire en l’appuyant sur des mouvements de masse n’en change pas la nature foncièrement réformiste.

La collectivisation des moyens de production, d'échange et des secteurs clé ne peut être revendiquée par la classe dominée auprès de la classe bourgeoise dominante, mais imposée par le prolétariat dominant à la classe bourgeoise dominée. Elle ne peut être réalisée qu’après la prise du pouvoir. Il ne s’agit pas d’un raisonnement spécieux mais d’un principe formulé dès le Manifeste du Parti communiste :

« Le prolétariat se servira de sa suprématie politique pour arracher petit à petit tout le capital à la bourgeoisie, pour centraliser tous les instruments de production dans les mains de l'Etat, c'est-à-dire du prolétariat organisé en classe dominante, et pour augmenter aussi vite que possible la quantité des forces productives. » [K. Marx et Fr. Engels - Manifeste du Parti communiste.)]


On voit ici que la démarche déjà ancienne des pré requis, des préalables, des étapes, des marches ou des petits pas vers le socialisme constitue un véritable chemin de croix qui n’en diffère que par le nombre de stations, mais on pourrait y ajouter les scops, le salaire à vie, le retour aux acquis du CNR, la conquête des municipalités, la mutualisation des salaires, l’autogestion, etc.
Petits pas vers, mais aussi autant d’obstacles inébranlables à renverser, d’épreuves insurmontables à surmonter avant d’envisager l’objectif lointain du socialisme.
Celui-ci est ainsi repoussé dans les tréfonds du futur car aucune de ces conditions préliminaires sans laquelle rien ne sera possible ne peut être atteinte sous la dictature de la bourgeoisie.
Le 27 novembre 46, peu après l’interview de Thorez au Times, l’Humanité précisait que : « Les nationalisations ne sont pas des mesures socialistes ... La première condition de l'introduction du socialisme dans un pays, c'est l'institution d'un État socialiste. »
Mais la stratégie des étapes a été assénée si longtemps qu’elle a pris l’allure de vérités premières, de postulats, d’axiomes dispensés de toute remise en cause et de toute interrogation.


Il ne s’agit pas de nier la nécessité de lutter pour des réformes ou des revendications.
La question clé qui est éludée ici est celle de la prise du pouvoir.
Comme le socialisme a été censuré, la prise du pouvoir a été niée, comme si ce droit n’appartenait qu’aux partis bourgeois mais pas à la classe ouvrière. Dénégation et autocensure qui ne datent pas d’hier non plus car l’accusation de la subversion communiste remonte fort loin, on pourrait déjà citer le discours de Jules Moch en 1948, qui s’en prenait au léninisme du PCF et visait aussi la main de Moscou .

D’autre part, non seulement seul le socialisme peut mettre en œuvre la collectivisation des moyens de production, ou garantir l’indépendance nationale (en matière de monnaie par exemple), mais ces mesures fondamentales en constituent le caractère concret. Sans elles le socialisme reste une abstraction, un idéal sans vie.
Nous devons redonner vie au socialisme, en définir les contours, ses institutions, son expression démocratique (sans préjuger de l’initiative et de l’imagination du peuple au pouvoir), ses grands objectifs et les mesures de première urgence destinées à préserver son existence et les besoins immédiats des masses populaires.

Le débat devra se poursuivre au-delà du congrès, afin de faire progresser notre unité autour du marxisme-léninisme et de son application en France.

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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
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   Posté le 21-03-2016 à 09:42:05   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

PCF-37eme (3), Présidentielles : pas de primaires, une bataille communiste !

Suite de la diffusion de la base commune alternative "Unir les Communistes,
le défi renouvelé du PCF". Premier point de discussion.

Lire sur le site lepcf.fr, la signer en ligne.
Télécharger l’attestation individuelle de signature à remplir, et l’attestation de cotisation à demander à l’ADF de sa fédération. Ces documents doivent être scannés et transmis par mail à contact@lepcf.fr

Présidentielles : pas de primaires, une bataille communiste !


L’élection présidentielle a toujours été difficile pour nous car elle nous place devant une contradiction : nous combattons cette élection qui pervertit la république et en même temps, nous voulons mener cette bataille pour faire progresser nos idées et le rapport des forces en faveur du monde populaire. Mais à l’approche de 2017, le parti communiste est dans une impasse.

> Son nom reste porteur d’un idéal de changement de société que la violence du capitalisme mondialisé remet à l’ordre du jour. Bousculé par la contre révolution conservatrice et la diabolisation du socialisme réel, il avait rompu avec cette histoire et ses symboles, et s’en retrouve orphelin.
> Il a cherché depuis des décennies le chemin de l’union de la gauche, mais la victoire de 1981 a conduit aux politiques de privatisation et d’austérité, jusqu’à ce gouvernement rétrograde conduit par le parti socialiste. Il multiplie les tentatives de “gauche de la gauche” depuis son congrès de Martigues dans des alliances électorales à géométrie variable qui se soldent par la perte continue d’élus et de militants.
> En 2012, après un débat vif, le PCF a renoncé à présenter un candidat communiste au profit de Jean-Luc Mélenchon. Cette décision pèse lourd aujourd’hui dans nos difficultés face à cette échéance. Jean-Luc Mélenchon pense pouvoir capitaliser son score de 2012 dans une démarche “gaullienne” d’appel au peuple. Mais ce n’est pas un ’présidentiable’ qui peut faire reculer l’illusion électorale, gagner l’autonomie du mouvement social et sa capacité à s’organiser.
> Dans cette situation, la participation à des primaires est une fuite en avant dangereuse dans la présidentialisation qui conduit quasi inexorablement à soutenir un candidat socialiste au premier tour, aggrave l’effacement du parti communiste, de son projet de société, de ses forces organisées au risque de menacer jusqu’à son existence.


L’élection présidentielle est au cœur du système de domination de la grande bourgeoisie dans notre société. Périodiquement, elle met en concurrence les élites politiques autour d’une alternative entre deux “présidentiables” qui portent les intérêts dominants. Elle construit le discours idéologique qui permettra d’imposer les intérêts du capital aux couches sociales victimes de ce système, pourtant largement majoritaires. L’utilisation depuis 1985 du Front National comme exutoire aux colères populaires et repoussoir au deuxième tour arrive à son comble en 2017, les primaires vidant le vote du premier tour de tout contenu autre que le choix du candidat de deuxième tour.

C’est pourquoi nous devons rappeler notre position de fond : élection du président de la république par l’assemblée nationale, calendrier électoral plaçant les législatives avant les présidentielles, proportionnelle à toutes les élections.

Dans ces conditions, à quoi peuvent bien servir ces élections pour les communistes, pour les forces progressistes, pour le peuple ? Pas à choisir le président de la république ! "Il n’est pas de sauveur suprême" affirme l’Internationale. Mais c’est plus globalement l’échec historique de l’union de la gauche dont il faut tirer les leçons, ce que l’abstention massive dans les milieux populaires démontre depuis des années, comme le large rejet du PS et de Hollande. On ne change pas la société par en haut. Même les 16 % du candidat communiste Georges Marchais en 1981 n’ont pas empêché la pédagogie du renoncement pratiquée par le parti socialiste !

Une stratégie électorale n’a de sens que dans une stratégie de rassemblement populaire qui place en son centre la mobilisation et l’action dans l’entreprise, la rue, le quartier. Autrement dit, une élection est d’abord et avant tout une bataille politique pour renforcer les forces progressistes en conscience, en capacité d’action, en organisation. Le score et les éventuels élus en sont le résultat et en retour, l’appui à cette “puissance du peuple en action” qui est le seul chemin de toute transformation sociale.

Pour le parti communiste, ses directions, ses militants, les présidentielles de 2017 imposent un retournement complet de ses stratégies, de sa manière de parler d’un changement de société, du rassemblement populaire, des élections. Dans l’urgence il doit inventer de nouvelles réponses à la question historique de la “révolution dans un système capitaliste développé” en tenant compte de l’échec de celles apportées depuis le programme commun. Les communistes sont au pied du mur. Ils doivent créer les conditions d’un vote qui soit clairement un appel à la mobilisation populaire et à la reconstruction d’un parti communiste de combat, porteur du changement de société, d’un “socialisme pour la France” renouvelé. Les réactions de solidarité et d’engagement après les chemises arrachées d’Air France, le coup de poing télévisuel de Xavier Mathieu des Conti ou le tour de France de Mickael Wamen des Goodyear, montrent comment nous avons besoin de candidats et dirigeants ancrés dans le mouvement social, la réalité de l’entreprise, engagés dans l’affrontement capital/travail. Voilà le message utile pour soulever le peuple, le pousser à s’unir, à s’organiser, à reprendre pied pour lui-même dans la vie politique, et pour personne d’autre…

L’émancipation des travailleurs doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes.

Notre peuple a besoin d’un candidat qui porte le refus de la présidentialisation, la révolte anticapitaliste, l’alternative populaire et progressiste, la perspective communiste. Nous avons besoin d’un candidat combattant du mouvement social, au meilleur sens du mot, d’un candidat communiste. Malgré les difficultés actuelles, nous voulons tout faire pour en créer les conditions, une candidature ancrée dans le mouvement social et porteuse d’une perspective révolutionnaire. Et nous voulons construire dans le même esprit nos candidatures aux élections législatives pour des députés qui portent en toutes circonstances à l’assemblée nationale les intérêts populaires.

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Xuan
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   Posté le 21-03-2016 à 09:52:05   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un point de vue critique sur le projet du réseau faire vivre


Le débat se poursuit sur le projet alternatif au 37e congrès du PCF. Ce débat est très fructueux. Il porte fondamentalement sur la critique de la ligne révisionniste.
Nous savons que les points de vue sont différents, parfois très disparates. Certains reprennent des thèses révisionnistes qui ont il est vrai été matraquées pendant des dizaines d'années.
Une autre caractéristique est que ce débat est fraternel parce que l'objectif commun est la reconstruction d'un parti fondé sur le marxisme-léninisme.


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Mon point de vue sur le texte de la base commune alternative proposée dans Faire Vivre le PCF.

Suivi par une référence à un texte du KKE (Parti Communiste de Grèce) qui sur base des événements en Syrie nous donne son point de vue sur l’impérialisme et les unions impérialiste et les BRICS en particulier.

Je viens de lire en entier la base commune alternative proposée dans Faire vivre le PCF.
La première chose qui me saute aux yeux c'est qu'il faille se pencher bien bas pour "lever le seau".

(C'est une expression de Lénine, je crois, qui dit, en parlant de la conscience concrète de la classe ouvrière à un moment donné, qu'il faut prendre le seau là où il se trouvent ; donc ne pas se couper des masses populaires. Ici je parle de l'état des lieux du PCF tel que le suggère le texte de "La base commune".)


Il y a beaucoup de travail à faire et il faut que ce travail soit accompli en relation intime avec la base du Parti et au-delà, et en l'impliquant.
Quitte à ce que le résultat apparaisse parfois confus, chaotique.
Je suis sentimentalement fort attaché au PCF (je n'ai arrêté de lire l'Huma et l'Huma Dimanche qu'aux alentour des années 90 lorsque l'Huma Dimanche accorda 4 pages à Furet (Hitler = Staline) et lorsque Robert Hue abandonna jusqu'à Marx lors d'une confrontation télévisée avec Courtois (Le livre noir du Communisme).
Hier j'ai écrit une critique du texte proposé par Faire vivre le Communisme mais je l'ai retirée parce qu'elle n'était pas suffisamment positive.

D'ailleurs, dans ce texte, malgré certaines timidités, ce qui se comprend très bien, et ce que je considère comme des fausses pistes et des illusions (influence des progressistes sud-américains, du socialisme de marché à la Chinoise, de Lordon, Brics comme facteur de paix, etc.) l'essentiel pour la reconstruction du Parti est bien présent :

- priorité à la réorganisation du Parti sur des bases marxistes-léninistes (mais Marx, Lénine, Brecht sont seulement cités ; la défense du socialisme réel -bilan du point de vue du prolétariat et des petites gens des villes et des campagnes d'URSS et du monde ; du point de vue de la vitalité du Communisme dans le monde ; du point de vue des pays dominés ; du point de vue de la lutte contre le fascisme- est seulement suggérée) :
- revitalisation et recréation de cellules dans les usines et les quartiers populaires,
- formations,
- travail à la base,
- centralisme-démocratique (très timidement regretté alors qu'il est le seul moyen pour que les membres du Parti et au-delà puissent se sentir et être écoutés, mais dans la situation présente il peut n'être qu'un centralisme bureaucratique),
- sortie du PGE ; renouer avec les Partis Communistes,
- défense des exigences économiques, politiques et écologiques du prolétariat (ce mot n'est pas utilisé, je crois),
- construction d'un front populaire (il règne cependant une certaine confusion entre Parti et Front ),
- lutte pour la sortie de l'EURO, de l'EU, de l'OTAN et pour le socialisme (mais influence de Lordon).

Je pense que le PTB (Parti du Travail de Belgique) a raison d'affirmer : "Il n'y a, en terme de caractère de classe, aucune différence qualitative entre l'Etat supranational européen en construction et les Etats membres pris séparément" PTB Congrès 2015 p. 33.
Donc je ne crois pas judicieux de séparer la lutte pour la sortie de l'Euro, de l'EU, et de l'OTAN de la lutte pour le socialisme. Comme le dit le KKE (Parti Communiste de Grèce) : sous l'Euro ou sous la Drachme, c'est toujours le capitalisme. Et même si un mouvement se dessinait pour la sortie de l'Euro, par exemple, je pense que les communistes devraient le relier à la question du socialisme dans la propagande et dans l'agitation. ,
- etc.

Quelques points problématiques toutefois :

- Que signifie vraiment cette phrase : "Nous défendons clairement et simplement l’idée d’un plan conduit par un État démocratisé de haut en bas, possédant les moyens de le mettre en œuvre, avec des services publics élargis facteur d’égalité, DES CADRES REGLEMENTAIRES ET FISCAUX PLUS CONTRAIGNANTS POUR TOURNER L'EFFORT DES ENTREPRISES VERS LES OBJECTIFS DE LA SOCIETE …" ?

- Le texte se pose contre l'électoralisme -c'est très bien- mais défend, avec insistance, le démocratisme. Dans le cadre de nos institutions cela ramène dangereusement à l'électoralisme. Et désarme (objectivement et subjectivement) la classe ouvrière.

De plus, ni l'acquisition au Parti de la majorité du peuple, au parlement ou dans la rue, n'assure le renversement de la bourgeoisie ("La révolution n'est pas un pique-nique" dirait Lordon) ni ce renversement n'est impossible, dans certaines conditions, sans majorité au départ mais avec la mobilisation de la classe ouvrière et de ses alliés (les petites gens des villes et des campagnes, une bonne partie de la jeunesse), et la neutralisation des classes petite-bourgeoises hésitantes. Le prolétariat au pouvoir devra bien sûr articuler au mieux dictature du prolétariat et démocratie socialiste.


http://inter.kke.gr/fr/articles/LEQUATION-MILITAIRE-POLITIQUE-EN-SYRIE/ KKE (Parti Communiste de Grèce) (Extraits étendus de l’article publié dans la « Kommounistiki Epitheorisi », organe politique et théorique du CC du KKE, dans le premier numéro de 2016).
Elissaios Vagenas
Membre du CC du KKE,
Responsable du Département de Relations Internationales.


Edité le 21-03-2016 à 09:52:28 par Xuan




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Xuan
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   Posté le 23-03-2016 à 11:47:57   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur le site pcf


PCF-37eme (4), Pour construire une autre société, la France doit agir pour un autre monde


Publié le : 21 mars 2016

Suite de la diffusion de la base commune alternative "Unir les Communistes,
le défi renouvelé du PCF". Deuxième point de discussion.

Lire sur le site lepcf.fr, la signer en ligne.

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Pour construire une autre société, la France doit agir pour un autre monde


La mondialisation capitaliste qui détruit des États, des régions et organise la guerre de tous contre tous n’est pas une nouveauté. [i]« Par l’exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au grand désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l’industrie sa base nationale. » [/i] (Marx, Le Manifeste). Lénine a montré le lien étroit entre financiarisation, fascisation et guerre en caractérisant le stade mondialisé du capitalisme comme impérialisme.

La chute de l’URSS a libéré la violence de ce capitalisme qui « porte en lui la guerre comme la nuée l’orage » , mondialisé la concurrence de tous contre tous. L’impérialisme cherche toujours le (re)partage du monde, mais il ne peut s’étendre sur de nouveaux territoires “vierges”. Après l’Asie, l’Afrique est en plein développement malgré les inégalités et les violences. L’impérialisme fait face au monde issu du 20ème siècle, celui des indépendances nationales, et des formes de socialisme diverses marquant le développement du Sud.

Le développement chinois a sorti de la misère un milliard d’humains et construit une “société de moyenne aisance”. Les conditions de vie de la grande masse des chinois sont désormais meilleures que celle des couches populaires du Nord. Le dialogue avec les communistes chinois est essentiel pour connaître et comprendre cette transformation, ses contradictions sociales, ses perspectives politiques. La Chine est une des rares puissances qui développe des coopérations économiques sans intervention militaire, malgré les guerres que les USA et l’OTAN imposent.

La situation du monde un siècle après la première guerre mondiale n’est donc pas un nouvel affrontement entre blocs impérialistes concurrents, mais la mise en cause de la domination des USA et de l’OTAN par le développement des “BRICS” et du “socialisme de marché” chinois. Depuis la première guerre d’Irak et les “armes de destruction massive”, les guerres de Yougoslavie, d’Irak, d’Afghanistan, de Libye, du Yemen, de Syrie sont toutes marquées par cette situation qui voit l’Occident masquer ses visées impérialistes avec des médias aux ordres désignant les régimes amis et ennemis, quelle que soit leur nature. Et c’est en Ukraine, au cœur de l’Europe, que les USA ont imposé la guerre, en impulsant et armant les bandes nazies pour le coup d’État en Ukraine, en tentant d’imposer l’affrontement militaire aux portes de la Russie.

L’impérialisme a besoin de l’accès aux ressources, notamment énergétiques, mais il ne peut le faire sous la forme de la colonisation du 19ème siècle, car les États nationaux même dominés, ont une logique propre. Avec le pétrole, les marges pour une bourgeoisie locale docile existent encore. Mais le pétrole cher aide au développement des pays indépendants, et le pétrole bas affaiblit les bourgeoisies dociles… Le capitalisme n’a au fond plus rien à partager et organise au Sud comme au Nord la paupérisation généralisée annoncée par Marx qui le conduit à détruire les services publics, les systèmes sociaux et, quand il le peut, les états eux-mêmes. Car le pétrole continue à se vendre au cœur des horreurs libyennes, syriennes ou irakiennes !

L’impérialisme n’a pas toujours besoin d’États nationaux. Le développement national et sa condition pour tous les peuples, la paix, sont devenus antagonistes à la domination impérialiste. Le coup d’état fasciste en Ukraine montre que nous avons besoin de connaître les enjeux de l’impérialisme américain contre la Russie et la Chine, ainsi que l’histoire réelle de l’URSS. L’idéologie dominante contre le socialisme bloque toute approfondissement de notre réflexion communiste.

Le peuple de France doit choisir : défendre la place de sa bourgeoisie dans l’alliance atlantique en se mettant au service des guerres de l’OTAN et en tentant d’infléchir l’Union Européenne, ou ouvrir une brèche dans l’impérialisme en contribuant à un nouveau monde de coopérations entre nations souveraines, de paix et de progrès social, un nouveau monde qui fera apparaître le capitalisme pour ce qu’il est : historiquement dépassé.

Le parti communiste doit appeler à la sortie de l’OTAN, de l’Union Européenne et de l’Euro pour ouvrir la perspective d’une France socialiste dans un monde multi-polaire de coopérations et de solidarité pour la paix !

La sortie de l’OTAN est nécessaire pour agir pour la paix !


Les horreurs des guerres impérialistes, leurs conséquences humaines et économiques, sans compter l’impact environnemental et patrimonial, font de la paix une exigence première des forces progressistes.

Dans la mobilisation contre la première guerre d’Irak, l’émotion était forte dans le peuple français et les communistes actifs. Mais depuis que nous avons participé au gouvernement qui a bombardé la Yougoslavie, nous avons repris trop souvent le vocabulaire dominant dénonçant les “dictateurs” et célébrant les “révolutions orange” ! La guerre idéologique et médiatique destinée à justifier les guerres tout court, a marqué notre peuple qui regarde avec effarement ce monde violent sans comprendre qui il faut défendre, qui il faut dénoncer.

Le PCF doit reprendre avec énergie la bataille pour la paix avec deux idées fortes :

> L’OTAN est une alliance militaire agressive au service de la domination US. C’est le principal facteur de guerre, de prolifération des armements et désormais des mercenaires et des armées privées. La France, quatrième productrice mondiale d’armements, doit prendre des initiatives, y compris unilatérales, visant aux désarmements atomiques et conventionnels négociés.
> Respecter les indépendances nationales et le cadre de l’ONU. Ni la démocratie, ni le socialisme, ni le développement ne s’imposent par des armes étrangères, et le bilan des interventions “humanitaires” occidentales est terrible.

Le "droit d’ingérence" est un droit impérialiste qu’il faut combattre en affirmant le "droit à l’indépendance nationale". La solidarité avec les peuples en butte à des dictatures est utile aux forces progressistes, dans des actions de boycott économique, dans la diplomatie et la communauté internationale. Elle se fourvoie toujours dans l’acceptation de la guerre étrangère.

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   Posté le 23-03-2016 à 20:02:37   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

PCF-37eme (5), Sortir de l’U.E. et de l’Euro pour engager la sortie du capitalisme !


Publié le : 22 mars 2016

Suite de la diffusion de la base commune alternative "Unir les Communistes,
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Sortir de l’U.E. et de l’Euro pour engager la sortie du capitalisme !


La crise grecque, un révélateur

En 2015, les communistes français ont suivi attentivement la Grèce de Syriza. Le référendum du 5 juillet, son résultat sans appel – 61% de NON aux politiques d’austérité que voulait imposer l’U.E. – mettaient Alexis Tsipras en position de force face aux créanciers de la Grèce et aux forces politiques, PASOK et Nouvelle Démocratie, qui avaient accepté les deux premiers mémorandums. Or, Syriza a signé un accord léonin qui foule aux pieds la souveraineté grecque. Au sein du PCF, cette crise a instauré un débat de fond sur le rôle de l’U.E. et de l’Euro. Rester prisonnier du PGE, de l’Euro et des institutions européennes pourra-t-il durer ? Pour un parti révolutionnaire, n’y a-t-il pas d’autres propositions que « l’Europe sociale et sa monnaie unique » ? Le déni de la part de la direction nationale, malgré les interrogations de nombreux communistes, devient insupportable.

En effet, le troisième mémorandum grec est un véritable programme d’extermination économique, sociale et culturelle du peuple grec, une sorte de colonisation. Le prétexte de la dette et du sauvetage de l’Euro aura permis de mettre un pays officiellement sous tutelle. Le mémorandum impose un programme de privatisations, d’étouffement de l’activité par la surimposition, de diminution drastique des pensions de retraite, des salaires et des prestations sociales, faisant régresser le niveau sanitaire du pays. Qui peut croire que le « renflouement » de la Grèce par de l’argent prêté par la BCE et le FMI réglera quoi que ce soit ? Cette spirale infernale va approfondir l’endettement de l’État grec et sa dépendance à l’égard des bailleurs de fonds. Le fonds alimenté par la privatisation des actifs publics sera directement soumis à la gestion de l’UE. Et plus aucun texte, ni même alinéa... législatif ne pourra être présenté au "Parlement" grec sans obtenir l’aval préalable du Quartet (Troïka + FMI). D’autres pays sont en ligne de mire, à commencer par les plus faibles comme le Portugal. Pour de plus en plus de français, l’U.E., loin de l’émancipation annoncée, est un système dictatorial créé par le capitalisme pour soumettre les peuples en supprimant leur souveraineté.

A la direction du PCF, les positions de soutien jusqu’au-boutiste à Syrisa et à Tsipras, membres du PGE, ont conduit nos parlementaires à annoncer leur vote pour le mémorandum grec à l’Assemblée nationale, avant de reculer devant l’émotion de milliers de communistes. Comment défendre les choix du gouvernement grec, quitte à justifier ce que nous combattons, faisant passer un message de renoncement à la lutte en France ? Refuser le débat, nous replier sur le postulat que seule l’extrême droite contesterait l’euro et l’Union européenne, serait suicidaire à l’heure où la contestation de la construction européenne est largement partagée dans les milieux populaires. Pire, laisser la contestation de l’UE à l’extrême droite, contestation qui n’est que de façade, est une erreur politique qui pourrait se révéler lourde de conséquences.

La posture adoptée au début des années 90, l’espoir d’une réorientation de l’intérieur de l’UE, d’une "Europe sociale" est un leurre. Nous avons tous constaté avec la Grèce, que l’UE est un outil de domination du capitalisme contre les peuples, une superstructure politique dont les dirigeants n’hésitent pas à broyer la souveraineté populaire. Il faut donc, de toute urgence, ouvrir le débat sur la nature de l’Union européenne, et sur les conditions pour se libérer de ses diktats.

Sortir de l’U.E. et de l’Euro pour de nouvelles coopérations internationales

Toutes les étapes de la construction de l’U.E. ont été imposées aux peuples, jusqu’au traité constitutionnel de 2005, balayé par le vote des peuples de France et des Pays-Bas, mais que les gouvernements contourneront dans un véritable déni de démocratie. Comme l’a souligné J-Cl Juncker, le président de la Commission européenne, « il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ».

En 1951, Robert Schuman, issu du "Comité des Forges" aujourd’hui Medef, va avec Jean Monnet, l’homme des américains, imposer la CECA, entrainant des milliers de licenciements aux Charbonnages de France. Déjà, la concurrence libre et non faussée est un principe intangible. Mars 57, le Traité de Rome établit l’U.E. dans les grandes lignes antidémocratiques que l’on connaît aujourd’hui. Les communistes s’opposèrent à cette structure supranationale téléguidée par le patronat, depuis le cartel de l’acier d’avant-guerre jusqu’au « Besoin d’aire » du Medef actuel qui préconise l’abandon total des états-nations.

Cette construction européenne a été conçue pour répondre à la mondialisation capitaliste, afin de doper les taux de profits et faciliter l’accumulation des capitaux. Cela passait par la casse du cadre national et l’ouverture des frontières pour permettre la libre circulation des capitaux et de la main d’œuvre bon marché et par la dérégulation financière. L’U.E. a organisé le dumping social, avec la mise en concurrence déloyale de pays de développement économiques inégaux, faisant pression sur les salaires, les acquis sociaux et l’emploi.

L’U.E. a dépossédé les nations de toute souveraineté monétaire, financière, budgétaire et donc économique pour soumettre les peuples au système de la dette d’État, système déjà analysé par Marx il y a 150 ans. Le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG), élaboré avec la droite et le PS, encadre ce système afin d’imposer avec la dette et l’euro, la baisse automatique et autoritaire du prix de la force de travail, salaires, pensions, prestations sociales.

Mais tous les pays ne sont pas traités de la même façon. L’Euro correspond au niveau de développement de l’Allemagne. Il est bien trop fort pour les autres. Ce qui explique pourquoi le plus faible économiquement, la Grèce, a craqué en premier. Et d’autres pays suivront. L’Euro est un instrument de guerre contre les salaires et les services publics. Tout pays voulant rompre avec l’austérité est menacé de l’intérieur par l’Euro qui permet aux institutions européennes d’étrangler les banques nationales. L’Euro n’est pas utilisable pour mobiliser des crédits au service de politiques publiques. L’Euro n’a jamais été un instrument de résistance au dollar. Le traité de libre échange transatlantique (TAFTA) qui nous sera imposé confirmera que l’U.E. est soumise à la puissance économique américaine, comme elle l’est déjà sur le plan militaire au sein de l’OTAN.

Avec de tels objectifs de surexploitation, le capitalisme doit éteindre toute révolte populaire qui pourrait s’exprimer dans les urnes. L’U.E. a donc aussi comme objectif de détruire les institutions nationales, de remplacer le triptyque Nation-département-commune par l’U.E.-région-métropole, éloignant toujours plus les travailleurs des pôles de décision, contribuant à les décourager de voter. Cela favorise le régionalisme et le nationalisme qui alimentent le racisme et multiplient les foyers de tensions.

L’éclatement de la Yougoslavie montre jusqu’où peut aller l’exploitation des contradictions régionales. Le Français est mis en cause comme langue de la république avec la domination de l’anglais et l’institutionnalisation des langues régionales. L’Europe des régions se construit contre la nation. C’est ce qu’écrivait Huchon, ancien président PS de l’Ile-de-France, qui présentait la région comme « le seul territoire capable de rompre l’unicité de la loi ».

L’acharnement à parler d’une "Europe sociale" creuse un gouffre entre le PCF et le peuple. La violence de la « concurrence libre et non faussée » apparaît aux yeux de tous dans les murs, les miradors et les affrontements autour des migrants jetés sans droits dans les routes de l’Europe.

Il est impossible de rompre avec le capitalisme en France sans maîtriser une monnaie au service d’une politique progressiste, quelque soient les menaces et oukases des institutions de l’UE. Et il n’y aura pas de changement économique en France, sans sortir nos échanges avec le monde de la guerre des monnaies. Loin de toute stratégie de dévaluation compétitive, loin de tout repli nationaliste, sortir de l’Euro est la condition d’une rupture anticapitaliste en France, mettant en cause la mondialisation capitaliste. Une situation nouvelle serait ainsi créée en France et en Europe, porteuse de ruptures et de bouleversements au profit des peuples, permettant de construire des nouvelles coopérations mutuellement avantageuses entre nations souveraines.


Edité le 23-03-2016 à 20:15:15 par Xuan




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Un commentaire sur le texte ci-dessus

Un commentaire à propos de ce dernier texte, la partie européenne de la base commune « PCF-37eme (5), Sortir de l’U.E. et de l’Euro pour engager la sortie du capitalisme ! »

Naturellement nous partageons la volonté de rejeter les lois et règlements réactionnaires décidés par les bourgeoisies impérialistes dans le cadre européen.
Cette volonté a été clairement exprimée par notre peuple lors du référendum sur la Constitution, et elle a été foulé aux pieds par notre propre bourgeoisie. Nous ne l’oublions pas.
Le soutien aveugle à Syriza est aussi très justement dénoncé pas la « base commune ».
De même l’illusion d’une « Europe sociale » est balayée.

_____________________



Par contre sur la question européenne, le projet insiste de façon unilatérale sur la domination allemande et présente la France comme une victime de l’Euro.
Il existe des contradictions inter-impérialistes entre la France et l’Allemagne et des rapports concurrentiels c’est-à-dire inégaux par définition.
Mais pour autant la situation de la France ne peut absolument pas être comparée à celle de la Grèce.

En effet « tous les pays ne sont pas traités de la même façon » en Europe. Mais demandons-nous de quel côté se trouve notre pays : du côté des pays oppresseurs ou du côté des pays dominés ?

Rappelons que le 2 novembre 2011 à Cannes, ce sont Merkel et Sarkozy qui ont fait sauter Papandreou, tandis que le représentant « officiel » des instances européennes tenait la chandelle, comme c’est généralement le cas pour toutes les questions sérieuses.
Onze jours plus tard, c’est Berlusconi qui a dégagé après un véritable coup d’état financier réalisé par la Société Générale et la BNP en Italie.
L’été dernier le talon de fer sur la tête de la Grèce a été imposé par le duo franco-allemand et non par le seul impérialisme allemand.
Ce dernier préconisait on s’en souvient un ‘grexit’ et c’est l’intervention de Delors, rappelant la position stratégique de la Grèce pour l’OTAN, qui a fait pencher la balance et placer la Grèce dans un état de soumission et de débiteur à vie.
La négociation du ‘brexit’ , si on la compare avec celle du grexit , a aussi montré qu’il existe en Europe des pays dominants comme l’Allemagne, la France, la Grande Bretagne. La loi européenne s’accommode des volontés de leurs monopoles. Il n’en est pas de même pour les pays dominés qui doivent courber l’échine. Tout récemment la Turquie a été mise à genoux sur la question des réfugiés en lui faisant miroiter un accès conditionnel au club.

Il est surprenant que la nature impérialiste de la France soit justement rappelée sur les questions internationales, mais qu’elle soit oubliée en Europe. D’ailleurs le terme « impérialisme » ne figure pas dans cette partie.
Lorsque Parisot défendait le « Besoin d’aire » , s’agissait-il d’un « abandon total des états-nations » ou de la volonté expansionniste et impérialiste des monopoles français, au détriment des autres ?
Relisons attentivement le texte de Parisot en nous souvenant de la nature impérialiste de notre pays et sa finalité apparaîtra tout-à-fait clairement.

Ceci a des conséquences importantes pour l’objectif de la révolution socialiste :
Une société socialiste doit rompre définitivement avec les rapports impérialistes pratiqués par notre pays en Europe du sud.

Si nous dénonçons le leurre de l’Europe sociale , il nous paraît important de favoriser l’unité des prolétariats et des peuples d’Europe contre les bourgeoisies européennes et pour la paix.
Notre combat contre les monopoles de notre pays est un combat révolutionnaire et internationaliste. L’unité internationaliste, l’unité des classes ouvrières et des peuples d’Europe devrait figurer dans ce texte.
Ajoutons que la sortie de l’OTAN est liée à notre position sur l’Europe, parce qu’il s’agit d’une alliance belliciste au service de l’hégémonie US, dirigée contre la Russie et menaçant la paix dans cette région.

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La base commune dit aussi sur l’Europe :
« Avec de tels objectifs de surexploitation, le capitalisme doit éteindre toute révolte populaire qui pourrait s’exprimer dans les urnes ».
Cette observation a de quoi étonner, à comparer avec la teneur générale de la base commune qui dénonce l’électoralisme.

Et en conclusion :
« Il est impossible de rompre avec le capitalisme en France sans maîtriser une monnaie au service d’une politique progressiste, quelque soient les menaces et oukases des institutions de l’UE. Et il n’y aura pas de changement économique en France, sans sortir nos échanges avec le monde de la guerre des monnaies. Loin de toute stratégie de dévaluation compétitive, loin de tout repli nationaliste, sortir de l’Euro est la condition d’une rupture anticapitaliste en France, mettant en cause la mondialisation capitaliste. Une situation nouvelle serait ainsi créée en France et en Europe, porteuse de ruptures et de bouleversements au profit des peuples, permettant de construire des nouvelles coopérations mutuellement avantageuses entre nations souveraines ».

D’abord signalons encore que les menaces et oukases proviennent pour une bonne part de Paris, et reviennent ici avec le label « Bruxelles ».

Puis que signifie une monnaie « au service d’une politique progressiste » ?
Pourquoi l’objectif du socialisme, revendiqué par ailleurs, est-il ici remplacé par une politique progressiste , dont nous savons parfaitement qu’elle est absolument impossible dans le système capitaliste ?

Il tombe sous le sens que la maîtrise de la monnaie par le peuple ne peut être réalisée que sous la dictature du prolétariat, interdisant les flux incontrôlés de capitaux, les « murs d’argent », la spéculation à des fins subversives, etc.

Par conséquent nous devons restituer au concept de socialisme son contenu vivant et au lieu d’écrire « Il est impossible de rompre avec le capitalisme en France sans maîtriser une monnaie au service d’une politique progressiste » , déclarons qu’ « Il est impossible de maîtriser une monnaie au service du peuple sans instaurer le socialisme dans notre pays» .


Edité le 23-03-2016 à 23:51:51 par Xuan




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Une nouvelle contribution sur le site faire vivre


Contre le FN, un parti communiste populaire et rassembleur


Le FN correspond à la version adaptée du fascisme à l’époque de la mondialisation et de la numérisation. S’il se donne des airs de bonhomie avec l’arrivée de nouveaux cadres se réclamant du gaullisme et de la république, il reste fondamentalement une formation nationaliste, lié à ses origines.

Cette formation fondée en 1972 par un petit groupe de néofascistes issu du groupe Occident, de nostalgiques du régime de Vichy, d’ancien partisans de l’Algérie française et d’activistes de l’OAS, fût largement promotionné par la télévision publique dans les années 80 pour diviser la droite et favoriser la réélection de Mitterrand, sous l’impulsion des services de l’Élysée. Elle cristallise les reliquats idéologiques de plusieurs traditions de l’extrême droite fasciste, dont faut-il le rappeler, celle anti-patriotique du patronat de la fin des années trente qui proclamait « plutôt Hitler que le front populaire ».

Le FN est aujourd’hui utilisé comme leurre protestataire en même temps que repoussoir pour permettre et accélérer la recomposition politique dont le capital a besoin pour mettre en œuvre les politiques qui le servent au mieux de ses intérêts afin de dégager toujours plus de profits sur la force de travail. Après trois décennies d’un capitalisme débridé, la société arrive à un point à la fois de souffrance et d’impossibilité où la question politique va devoir se poser de nouveau dans les termes : « socialisme ou barbarie ».

Or le capital entend se donner libre cours. Toute avancée sociale est pour lui un frein à ôter, toute résistance salariale un obstacle à détruire. La dépendance vitale et la peur sont historiquement ses objectifs ultimes pour le salariat. Son corollaire est l’obéissance absolue. Quand cette structure se dévoile, voire se déchire dans les luttes de classes, le capitalisme a recours à la terreur qui est son fonds inaltérable. La main de fer dans un gant de velours, si caractéristique des sociétés libérales, perd son apparence souple et paternaliste. La violence devient sa réponse. La criminalisation des résistances syndicales comme dans le cas d’Air France et de Goodyear en est une des manifestations, le recours au fascisme une autre.

Le fascisme constitue un type de réponse à la crise structurelle et conjoncturelle qui agite les sociétés capitalistes dans la période d’entre-deux guerres. Il dénonce l’immoralité et les mauvaises mœurs issues des partis politiques traditionnels, les excès de la propriété privée causés par les monopoles capitalistes. Il donne préférence à la petite et moyenne propriété et s’oppose violemment aux organisations se réclamant de la lutte des classes.

S’il ne nie pas l’existence de classes sociales, il prétend les discipliner en soumettant les intérêts particuliers à l’intérêt national. Avec le nazisme, la lutte des classes se déplace vers des luttes raciales où s’affirme la solidarité fondamentale des citoyens devant les non-citoyens, version initiale de la préférence nationale.

Pour Dimitrov, le fascisme représente, malgré ses dénégations, l’idéologie du capital et de l’impérialisme. C’est ce que nous montre l’actualité en Ukraine et en Syrie, comme au Chili il n’y a pas si longtemps, et partout où il utilise des bandes armées fanatisées pour ses basses œuvres. Malgré ses prétentions populistes, le fascisme est une entreprise de soumission des masses dont il a besoin pour son assise. Il développe à cette fin une démagogie sociale effrénée. Il utilise le chauvinisme, la xénophobie et les replis identitaires pour tromper les masses, les détourner de leur soucis quotidiens, faire glisser leur attention des problèmes intérieurs vers ceux de l’extérieur.

Nous sommes dans une situation proche de celle de la veille des deux guerres mondiales où une crise financière majeure et structurelle est accompagnée par une montée des nationalismes, l’envie d’en découdre et l’absence d’une résistance cohérente et organisée pour apporter une réponse. C’est le contexte des élections régionales du 6 et du 13 décembre qui consacraient la victoire d’un FN se déclarant avec triomphalisme au porte du pouvoir.

D’élection en élection le FN poursuit son ascension malgré les campagnes morales de la gauche sociétale et les fronts républicains qu’elle prétend lui opposer. Car le FN ne cesse d’être promotionné à chaque scrutin. Cette complaisance lui permet d’influencer les débats et de pousser chaque fois un peu plus son hégémonie dans le domaine des idées, comme le prouvent les débats sur l’identité nationale, l’immigration, la sécurité, et la déchéance de la nationalité.

Grâce à la bienveillance socialiste et son double langage, toutes les conditions ont été réunies pour entraîner une part importante de la population, fragilisée par la désindustrialisation de régions entières et les pertes massives d’emplois, vers la haine anti-immigrés et pour détourner la colère des classes populaires vers des boucs émissaires. Le PS pour la cinquième fois de son histoire porte la lourde responsabilité de faire le lit de l’extrême droite, au lieu de s’attaquer aux causes et de les chercher dans la structuration capitaliste de la société.

La lutte contre le Front national est possible à condition de passer par la lutte contre le capital, son ventre nourricier. Comme l’écrivait Brecht, « le ventre est toujours fécond d’où est sortie la bête immonde » si nous ne nous attaquons pas à sa domination.

Le fascisme est un danger mortel pour la classe ouvrière, le danger principal contre lequel il faut en urgence rassembler les forces populaires et démocratiques. Si l’expérience nous montre que la réprobation morale ou les combinaisons de type front républicain ne sont d’aucun effet, nous savons depuis le Front populaire que le meilleur remède contre le fascisme est l’existence d’un parti communiste proche des couches populaires, apte à transformer les besoins de sécurité, de vie, en luttes unitaires pour l’emploi, la paix et les salaires, un parti qui sache organiser les rassemblements et désigner l’adversaire de classe, le responsable de la lutte de tous contre tous, le système capitaliste.

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   Posté le 27-03-2016 à 21:20:20   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

7e partie du projet :

Pour sortir de l’impasse de la gauche, un grand parti communiste, un rassemblement populaire majoritaire !


Les luttes, terrain premier des constructions politiques


Les emplois, salaires, retraites, protection sociale, mais aussi santé, formation, logement, libertés... tout ce qui porte progrès est acquis puis conservé par la lutte. Rien n’est jamais octroyé aux exploités. Passer du particulier, du corporatif au général, créer les conditions des convergences dans l’action est toujours une question décisive pour les communistes. Ne jamais instrumentaliser et ne jamais oublier que sans lutte de masse entraînant à un moment la majorité du peuple, aucun progrès idéologique et politique n’est possible.

Depuis des années (luttes contre le CPE), aucune lutte n’a été victorieuse, et cela a pesé lourd dans la détérioration des rapports de force idéologiques. Le FN, réponse "électorale" à jamais déconnecté des luttes démocratiques, y puise sa force.

Nous n’oublions ni Fralib, ni Pilpa, ni les femmes de ménage des grands hôtels parisiens pour ne citer que quelques victoires emblématiques, ni toutes les dures luttes menées : Air France, Goodyear... Ce qui a manqué, c’est le "tous ensemble" et des victoires à ce niveau.

Au moment où nous écrivons ce texte, nous ne savons pas quelle sera l’ampleur, la durée, le contenu exact de l’affrontement qui se dessine contre le projet El Khomri, mais le mouvement est là après des années de résignation, d’abstention électorale. Une partie de la difficile équation des présidentielles peut être modifiée.

Le rapport entre lutte et politique est complexe : effort permanent des sociaux-démocrates de récupérer et même instrumentaliser les luttes, difficulté permanente pour les communistes d’être au plus haut du possible, vécus comme utiles, améliorant la lecture de classe de chacun, permettant la victoire. Les actions peuvent parfois aboutir (1968,1995) et l’issue politique nous être défavorable (majorité écrasante UNR en juin 68, gauche plurielle devenue gauche "plus rien" en 1996). C’est donc bien d’un rapport étroit, en permanence en construction, dont il est question.

Les communistes, les militants, les responsables et les élus ont donc de lourdes responsabilités quotidiennes dans l’action. Chacun en agissant, modifie le réel. Les luttes sont donc une composante essentielle de notre formation, souvent un moment particulièrement favorable à l’adhésion. Prenons garde de ne pas oublier les 30.000 adhésions au PCF de mai 1968.

Les forces de la bourgeoisie savent tout cela, elles mobilisent énormément d’énergie pour empêcher les luttes, de la kyrielle des DRH et autres idéologues, aux forces de répression et aux mouchards. Communistes, consacrons aussi beaucoup d’énergie, de temps, d’efforts à ce que les luttes, toutes les luttes de classe, vivent, convergent, gagnent.

Un des plus grands reculs de ces dernières décennies – idéologique, politique, matériel – est l’affaiblissement rapide des liens entre syndicalistes de lutte et parti communiste. Il sera nécessaire, en lien avec les luttes réelles, de résoudre cette question.

Pour sortir de l’impasse de la gauche, un grand parti communiste, un rassemblement populaire majoritaire !


Le PCF, une organisation affaiblie

Depuis la « mutation » initiée par Robert Hue, le PCF a suivi, de congrès en congrès, des stratégies qui ont toutes conduit à un affaiblissement organisationnel, électif et politique.

La suppression des cellules d’entreprises et de quartiers, a porté un grave coup à l’organisation. Les cellules répondaient à un besoin organisationnel fort : rassembler des militants, leur donner des espaces de discussion et d’élaboration politique, pour leur permettre d’agir.

La disparition des cellules de quartiers a cassé le lien entre militants. Dans les assemblées de section, ce sont souvent les mêmes militants qui prennent la parole. Les militants des milieux populaires n’osent plus parler, et ce faisant, s’autocensurent et se détachent du parti.

Les cellules d’entreprises ont disparu, rompant le lien avec le monde du travail. Même dans de grandes entreprises, il n’y a plus de militants communistes, ni d’expression du Parti communiste. Dans plusieurs luttes emblématiques, les militants syndicaux organisés le sont rarement au PCF.

Trop souvent, le parti ne se mobilise plus que lors des échéances électorales, à l’opposé d’une organisation communiste qui devrait au contraire mener un travail politique de long terme, détecter des militants issus de la classe ouvrière, les former, et leur confier des responsabilités.

Ni les réunions nationales thématiques, ni les réseaux sociaux ne remplaceront le militantisme de terrain. Seule la reconstruction de l’appareil militant nous permettra de redevenir un parti qui soit l’expression des classes populaires, capable de mener des luttes, de créer des rapports de force, et de donner une perspective de rupture avec le système capitaliste.

Reconstruire un parti populaire de combat

Plusieurs études sociologiques sur le parti doivent nous alerter. Très peu de nos dirigeants viennent de l’industrie, beaucoup sont des salariés de la fonction publique, beaucoup ont toujours été élus ou au service d’élus. Nous avons de moins en moins de dirigeants issus des entreprises, nos liens avec les classes populaires se sont affaiblis considérablement. Comment s’étonner que nos campagnes politiques ou nos adresses à la nation soient déconnectées des réalités ?

Dans la période actuelle, où des mouvements de lutte et de résistance se multiplient – entreprises, universités, quartiers populaires, etc. – nous avons besoin d’une campagne très ouverte d’adhésion dans les luttes et les entreprises, en leur donnant toute leur place dans l’organisation.

Nous devons renouer avec le travail théorique et la formation. Nombre de nos adhérents n’ont jamais reçu de formation politique, ils sont idéologiquement désarmés. L’effort théorique est indispensable au communiste pour analyser une situation et apporter une perspective politique.

Démocratie et fraternité

Après les décennies de rénovation et métamorphose multipliant les collectifs, fronts, mouvements, forums, la question de l’organisation, de l’efficacité revient au premier plan. Comment créer les conditions d’une grève générale réussie, comment faire vivre et renforcer une organisation communiste ancrée dans le monde du travail ? La force historique des communistes, leur organisation, semble avoir disparue.

La démocratie sans cohérence se transforme en « chacun cause pour soi » inefficace, laissant les décisions aux exécutifs, comme le montre l’annonce des primaires avant tout débat des communistes. Les directions ne construisent plus la mise en cohérence des communistes au service de leur action. Les interventions des dirigeants ne portent plus une parole collective, construite dans la durée pour être identifiée, défendue, portée par les militants. Les "je" se multiplient sans jamais construire le "nous". La démocratie est en panne, et avec elle, l’action. Il faut réinventer une forme de démocratie efficace, qui était l’objectif du centralisme démocratique.

L’organisation dont nous avons besoin se construit d’abord sur le terrain. C’est pourquoi nous voulons rétablir la règle des quatre quarts, qui permettait aux organisations de base de bénéficier de la moitié des cotisations des adhérents. L’effort pour reconstruire nos organisations de base, cellules et sections est essentiel.

Rassemblement ou fuite en avant dans la dilution ?

Jamais le Parti communiste n’a été aussi fort que lorsqu’il a su travailler à de larges rassemblements dans le cadre d’un rapport de forces, comme en 1936 avec le Front populaire et à la Libération avec le Conseil National de la Résistance. Dans ces deux cas, le PCF n’a rabattu ni ses exigences ni son identité, au contraire. Mais ces dernières années, nos expériences d’alliances – collectifs antilibéraux et Front de gauche – se sont soldées par des déceptions, la perte d’élus et de crédibilité. Ce type d’alliance est inefficace, restant sur le modèle de l’union de la gauche. Or dans tous les domaines – politique intérieure, européenne ou internationale – le PS est un serviteur du capitalisme. Tant que nous restons dans la confusion, nous sommes sanctionnés par les électeurs.

Le rassemblement ne peut passer ni par un effacement de notre parti, ni par la soumission au PS. Nous devons revoir notre stratégie, réfléchir à une véritable politique de rassemblement et d’alliances et définir une ligne nationale qui permettra aux adhérents et aux sympathisants communistes de s’y retrouver.

Un nécessaire bilan

A chaque congrès, la direction nationale met en place tous les artifices pour empêcher de tirer le bilan de sa stratégie. Des textes à rallonge, qui ne posent pas les vraies questions, sont adressés aux communistes, qui dans leur grande majorité ne les lisent pas. Les questions essentielles sur l’organisation du Parti ou sur notre stratégie ne sont jamais abordées.

Nous demandons un véritable bilan des 15 dernières années, l’état réel de l’organisation par fédération, le nombre des adhérents, l’état des cotisations, le reversement des élus.

Malgré nos défaites électorales successives, nous restons une force dans le paysage politique français. Nous bénéficions de points d’appui importants partout. Nous avons un patrimoine immobilier, un patrimoine culturel, et un poids politique. Il n’y a donc pas de fatalité à notre déclin.

Un parti libre de ses choix

L’adhésion au PGE en 2004 a marqué une rupture avec plusieurs partis communistes. Le PGE ne s’inscrit pas dans le combat anticapitaliste. On lit sur son site internet en anglais « La vieille contradiction facilement comprise entre le Capital et le Travail est balayée par de nouvelles aspirations et contradictions entre les sexes, les générations, les cultures, les groupes ethniques et surtout par une conscience nouvelle de l’interrelation entre l’humanité et l’environnement ». Pire, ses statuts nous contraignent au respect des institutions européennes.

Les échanges avec des forces internationales diverses sont utiles. Mais quand les relations internationales entre partis communistes se multiplient, le PCF ne peut rester enfermé dans ce parti lié aux institutions européennes. Il doit reconstruire des relations fraternelles et solidaires avec tous les partis communistes.


Edité le 27-03-2016 à 21:20:51 par Xuan




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   Posté le 28-03-2016 à 00:33:32   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La 8e partie du projet (reproduite à la suite) est certainement une des parties les plus importantes puisqu’elle remet en cause l’abandon de la lutte pour socialisme décrétée par Robert Hue et le XXIXe congrès.

La prise de conscience des échecs subis depuis, les débats, l’étude du marxisme-léninisme, et l’approfondissement de la critique du révisionnisme ont permis cette importante rectification.

Il est indiqué par exemple :
« Il n’y a plus de marge de manœuvre dans le capitalisme, plus de compromis possible avec la grande bourgeoise, tant son intérêt vital pour maintenir ses revenus et son mode de vie, est d’obtenir une réduction massive des salaires et des droits.
La conséquence est qu’une solidarité réelle assurant des droits à tous nécessite une véritable révolution, oblige à s’inscrire dans la construction d’une autre société, dans le renversement du rapport de forces entre capital et travail.
L’incroyable socialisation des forces productives appelle plus que jamais une socialisation massive de la propriété »
(On comprend ici qu’il s’agit de la propriété des moyens de production et non de la propriété en général).

Il faudra néanmoins continuer dans le même esprit fraternel pour en tirer toutes les conséquences.

Tout le pouvoir au peuple

Le texte indique un peu plus loin :
"Oui, nous devons être porteurs d’un projet de socialisme du 21ème siècle, réduisant, par de larges nationalisations des grands moyens de production et d’échange, le pouvoir de la bourgeoisie"

Il y a là une confusion entre le pouvoir et la propriété des moyens de production.
Le Manifeste du parti communiste écrivait ceci :

"Le prolétariat se servira de sa suprématie politique pour arracher petit à petit tout le capital à la bourgeoisie, pour centraliser tous les instruments de production dans les mains de l'Etat, c'est-à-dire du prolétariat organisé en classe dominante, et pour augmenter aussi vite que possible la quantité des forces productives".

Ce n’est donc pas le pouvoir de la bourgeoisie qui est limité petit à petit mais son capital, sa propriété des moyens de production.
Le pouvoir dans la société socialiste n’appartient plus à la classe capitaliste mais au prolétariat, devenu la classe dominante, alors que la bourgeoisie est devenue classe dominée et n’a plus aucun pouvoir.

"Nous avons déjà vu plus haut que la première étape dans la révolution ouvrière est la constitution du prolétariat en classe dominante, la conquête de la démocratie." [Le Manifeste]

Il n’est pas question ici de la conquête de la démocratie parlementaire, de la démocratie bourgeoise, mais de la démocratie nouvelle, socialiste. Le projet écrit :

Nous nommons donc sans complexe notre projet de société comme une société socialiste. Nous défendons clairement et simplement l’idée d’un plan conduit par un État démocratisé de haut en bas, possédant les moyens de le mettre en œuvre, avec des services publics élargis facteur d’égalité, des cadres réglementaires et fiscaux plus contraignants pour tourner l’effort des entreprises vers les objectifs de la société, s’appuyant sur la mobilisation du mouvement populaire pour une nouvelle démocratie, de la cité à l’entreprise .

Le projet insiste sur cet aspect démocratique et c’est parfaitement naturel puisque le socialisme est le pouvoir de l’immense majorité.

La notion d’Etat démocratisé de haut en bas devra s’enrichir d’une réflexion approfondie sur les institutions socialistes remplaçant le parlementarisme bourgeois et fondées notamment sur des assemblées populaires, dont les prérogatives devront être définies avec les masses.

La dictature du prolétariat

L’autre aspect de ce pouvoir, c’est-à-dire la contrainte, est encore insuffisamment développé et se réduit à « possédant les moyens de le mettre en œuvre » et « des cadres réglementaires et fiscaux plus contraignants pour tourner l’effort des entreprises vers les objectifs de la société » .
On devine que sous cet aspect l’état socialiste ne sera pas simplement plus contraignant, mais devra se constituer comme instrument de domination du prolétariat sur la bourgeoisie, s’adjoignant les services de corps d’état répressifs destinés à empêcher toute tentative de sabotage, de subversion et de contre-révolution.

Le Manifeste écrit à ce sujet :

Cela ne pourra naturellement se faire, au début, que par une violation despotique du droit de propriété et du régime bourgeois de production

Marx et Engels puis Lénine ont précisé qu’il s’agissait là de la dictature du prolétariat .

Que la dictature du prolétariat n’apparaisse pas dans le projet traduit notre manque d’unité sur la question.
Naturellement rien n’empêche de formuler cette notion différemment, mais ne nous leurrons pas, nos ennemis de classe sauront très exactement à quoi s’en tenir et ne s’embarrasseront pas de périphrases pour appeler un chat un chat si nous ne le faisons pas nous-mêmes.

Là aussi une remise en cause s’impose, non plus sur les reniements de Robert Hue, mais sur un abandon qui remonte au XXIe congrès en 1976, annoncé plusieurs mois auparavant par Georges Marchais.
Cet abandon était lié à la stratégie d’Union de la Gauche. En renonçant à ce principe inséparable de l’exercice du pouvoir, il s’agissait de rendre le parti communiste acceptable pour ses alliés. Mais le compromis n’a été qu’un jeu de dupes et n’a servi qu’à entériner le discrédit et l’anathème lancé par la bourgeoisie contre le communisme.

En fait liberté et dictature sont deux aspects inséparables de l’exercice du pouvoir dans ne société divisée en classes, qu’elle soit capitaliste ou socialiste. Mais la première opprime le peuple et la seconde les exploiteurs. Voir l’article « Démocratie et dictature », ou sur ce site

Comment la rupture avec le capital ?

Le « programme de rupture du capital » présente des « revendications immédiates » qui permettraient d’aller vers le socialisme parce qu’elles figurent dans les mesures prises par l’état socialiste lui-même. C’est-à-dire qu’elles ne pourraient pas être prises auparavant.
On comprend la finalité, mais je ne crois pas qu’il s’agisse alors pour la totalité d’entre elles de « revendications immédiates » .

Les revendications salariales effectivement immédiates, le combat pour le code du travail, ou la sécurité au travail n’excluent nullement l’objectif du socialisme à condition de les relier ensemble dans le combat quotidien d’une cellule d’entreprise.
En fait le programme immédiat des communistes ne vise pas tant à construire des marchepieds qu'à organiser les masses pour la prise du pouvoir.

Mais le projet écrit :

Ce programme doit poser en même temps la question du pouvoir. Quel gouvernement mettrait en œuvre ces revendications

La notion de gouvernement renvoie à un changement de personnel politique, or il s’agit d’un Etat nouveau socialiste et non d’un nouveau gouvernement issu d’un Front Populaire.
Le « programme de rupture du capital » passe ici sur le renversement du pouvoir d’Etat et la création d’un nouvel Etat, doté d’une nouvelle constitution et de nouvelles institutions.
Il sera nécessaire de poursuivre notre réflexion sur ces institutions nouvelles, même en sachant qu’elles apparaîtront naturellement dans le cours de la lutte révolutionnaire.

Les partisans acharnés de la voie électorale ont voulu ridiculiser la révolution prolétarienne sous le sobriquet ironique de « grand soir ». En fait nous ne pouvons pas anticiper la forme qu’elle prendra et qui dépendra essentiellement de la résistance et de la violence contre-révolutionnaire des classes possédantes.
Quoi qu’il en soit le passage du capitalisme au socialisme constitue bel et bien une révolution, portant au pouvoir une nouvelle classe dirigeante, le prolétariat.



______________________


III. Notre projet et le chemin du socialisme pour la France


L’impasse de la gauche, l’affaiblissement du parti communiste, sont aussi la traduction de l’impossibilité de penser une autre société que le capitalisme, tant la bataille de diabolisation du socialisme du 20ème siècle a fait reculer l’idée d’un vrai changement de société. Les pays de l’Est étaient le mal absolu, la Chine est une puissance dangereuse, les expériences latino-américaines des échecs. Le parti communiste lui même, laisse dans le flou, des caractéristiques essentielles d’une société se libérant du capitalisme : la propriété publique, le pouvoir des travailleurs, la maîtrise de la monnaie. Il refuse jusqu’à aujourd’hui de nommer clairement son projet de société comme "socialiste", se faisant déborder sur sa gauche par un candidat… démocrate US !

Pourtant, les luttes sociales, et notamment les grandes luttes de défense des sites industriels (Conti, Goodyear, Aulnay, Fralib…) toutes interrogent la propriété des moyens de production. Il n’y a plus de marge de manœuvre dans le capitalisme, plus de compromis possible avec la grande bourgeoise, tant son intérêt vital pour maintenir ses revenus et son mode de vie, est d’obtenir une réduction massive des salaires et des droits. La conséquence est qu’une solidarité réelle assurant des droits à tous nécessite une véritable révolution, oblige à s’inscrire dans la construction d’une autre société, dans le renversement du rapport de forces entre capital et travail. L’incroyable socialisation des forces productives appelle plus que jamais une socialisation massive de la propriété. Il y a nécessité historique que le monde du travail prenne toute sa place dans la direction des affaires du pays, pour la maîtrise de ses moyens de production et d’échanges, de ses conditions de travail et de vie.

La bourgeoisie, avec ses rentiers, spéculateurs, affairistes spécialistes de la subvention publique, est inapte pour diriger la société dans le sens de l’intérêt général. Ce sont les travailleurs qui doivent se considérer comme les véritables dirigeants, ceux qui peuvent décider quel travail est utile, sous quelle condition, pour quelle production, pour quel besoin social.

Oui, nous devons être porteurs d’un projet de socialisme du 21ème siècle, réduisant, par de larges nationalisations des grands moyens de production et d’échange, le pouvoir de la bourgeoisie, recherchant des coopérations internationales libérées de la domination des règles des marchés, rompant radicalement avec les règles de la concurrence et de la spécialisation, pour imposer la planification en réponse aux besoins, le pouvoir des travailleurs dans une république sociale.

Nous nommons donc sans complexe notre projet de société comme une société socialiste. Nous défendons clairement et simplement l’idée d’un plan conduit par un État démocratisé de haut en bas, possédant les moyens de le mettre en œuvre, avec des services publics élargis facteur d’égalité, des cadres réglementaires et fiscaux plus contraignants pour tourner l’effort des entreprises vers les objectifs de la société, s’appuyant sur la mobilisation du mouvement populaire pour une nouvelle démocratie, de la cité à l’entreprise.

Ce projet doit porter la libération humaine de toutes les aliénations, dans la soumission au travail, dans l’intensité du travail, dans la consommation publicitaire, dans la guerre de tous contre tous. Il doit porter une réduction massive du temps de travail et un développement sans précédent de la formation, de la culture comme lieu essentiel de socialisation, de partage entre les hommes, de construction des conditions d’une démocratie réelle, d’une citoyenneté populaire.

Le socialisme que nous voulons répondra à la critique de Marx du capitalisme qui « épuise la Terre et le Travail ». Il assurera la gestion des ressources naturelles pour les besoins de l’humanité d’aujourd’hui et de demain, fera de la biodiversité, de la qualité de l’air et de l’eau, de l’efficacité énergétique, de la préservation des sols, de la réduction des pollutions, des critères essentiels de la planification et des choix économiques. Mais l’éco-socialisme est une formule souvent utilisée pour refuser d’affronter le véritable défi d’un socialisme du 21ème siècle, celui d’un développement continu et rapide des forces productives, appuyé sur la robotique, la biologie, le numérique, sans compter de nouvelles révolutions énergétiques (4ème génération du nucléaire, fusion, algo-carburants…). Si les circuits courts et l’économie circulaire peuvent jouer un rôle important dans un développement équilibré, ils ne peuvent apporter seuls des réponses à la hauteur des besoins sociaux. La mondialisation en cours de la distribution (Amazon, Alibaba…) nous montre au contraire la nécessité d’outils mondialisés de planification et de coopération.

Ce projet doit porter enfin l’exigence de paix, de rupture avec les institutions de la mondialisation capitaliste, la participation de la France à de nouvelles institutions d’un monde multipolaire ouvert aux pays du Sud, la sortie de l’OTAN et l’engagement dans le désarmement.

Un programme de rupture avec le capital

La bataille communiste d’ici 2017 doit faire grandir des revendications politiques fortes qui soient à la fois des outils pour le mouvement social, des revendications que les travailleurs peuvent porter dans leurs luttes, et qui soient des repères d’un programme politique de rupture, capable de porter l’exigence de rapidité dans la transformation sociale, et la capacité à porter à long terme le changement de société.

L’urgence est de se doter d’un programme ambitieux pour la défense de l’emploi et des salaires. Cette bataille pour l’emploi et les salaires doit être un point essentiel du combat des communistes, car elle concentre l’essentiel des luttes sociales actuelles.

Ce programme doit poser en même temps la question du pouvoir. Quel gouvernement mettrait en œuvre ces revendications, avec quel rapport de forces, quel « Front Populaire », libéré du carcan de l’UE et appuyé par le mouvement des salariés, des classes populaires et des jeunes et où le Parti Communiste jouerait bien évidement un rôle central.

Dans la période actuelle nous proposons un programme de revendications économiques immédiates pour faire reculer la misère et la souffrance populaire et instaurer plus de justice, mais aussi aller vers le socialisme :

>Nationalisation/socialisation des secteurs bancaires, financiers et assurances, des secteurs de la production vitaux pour le pays et de la grande distribution.
>Renationalisation immédiate d’EDF-GDF, de la SNCF (avec réunification), de la Poste, de France Telecom et d’Air France.
>Plan de développement des services publics, en priorité école, santé, transports et poste, avec les embauches statutaires nécessaires.
>Remise en cause fondamentale de la dette publique.
>Interdiction des licenciements et des délocalisations et appropriation par les salariés avec le concours de la force publique, des entreprises désertées ou bradées par leurs actionnaires.
>Réduction massive du temps de travail sans perte de salaires, semaine de 28h sur 4 jours augmentée de 4h de formation hebdomadaire pour tous.
>Rétablissement d’une indexation des salaires sur l’inflation, blocage des prix des produits de première nécessité.
>Création d’un grand service public de la formation continue permettant de proposer à tous les salariés des démarches de qualification, au service de l’innovation et la qualité au travail.
>Augmentation significatives des salaires, des pensions et minima sociaux.
>Rétablissement de la retraite à 60 ans à taux plein et départ dès 55 ans pour la pénibilité.
>Construction de logements sociaux à hauteur des besoins, blocage des loyers et interdiction des saisies et expulsions pour les familles en difficulté.
>Non-application des directives et traités européens.
>Sortie de l’OTAN et de l’alliance atlantique, refus de toute intervention militaire de la France dans un pays souverain.

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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
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   Posté le 04-04-2016 à 13:49:41   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un courrier de Danielle Bleitrach :

Le congrès des communistes: il ne doit pas y avoir de "déchéance de la citoyenneté communiste" suivant que vous vous prononcez pour la base commune ou une autre



Pourquoi je parle de « déchéance citoyenne » à propos du Congrès du PCF, parce que les conditions d’un véritable débat ne peuvent être réalisées tant qu’il sera instauré une différence entre texte dit légitime et textes qui ne le seraient pas. Donc voici d’abord une réflexion sur les conditions d’un véritable débat au sein du PCF et ensuite la présentation du résumé de notre base commune alternative que j’ai faite pour les communistes de ma section du 13e à partir de la réflexion de camarades de Vénissieux.

Pour ceux qui ne sont pas au courant des nouveaux rituels des Congrès du PCF, il y a plusieurs étapes avant le commencement dudit Congrès.

Le Conseil national sortant est censé faire un bilan de sa mandature et proposer des orientations jusqu’au prochain congrès. Cela s’appelle la base commune, elle est donc votée par le Conseil National. Ce qui a été fait au mois de février 2016. Oui mais voilà il y a eu une première « Innovation » de la part d’une partie de la direction puisque sitôt votée la base commune, ceux-là même qui l’avaient votée ont présenté un texte alternatif, de soutien à l’expérience du Front de gauche et de fait à la candidature de Mélenchon. C’est Patrice Cohen Seat, Nicole Borvo mais aussi Roland Leroy qui ont présenté cette orientation. Et l’on sait bien que des gens qui ne l’ont pas signée comme Marie-Georges Buffet sont proches. C’est leur droit et l’on doit se réjouir que chacun dise ce qui lui paraît le meilleur mais ils ont créé des conditions nouvelles.

Nous avons donc une situation extraordinaire dans laquelle une direction au plus haut niveau après avoir voté la base commune se divise autour de deux textes, la base commune et un texte alternatif, une autre proposition globale de base commune. La division de fait porte essentiellement sur la stratégie à adopter aux présidentielles: pour les uns il s’agit d’opérer des primaires avec en gros les frondeurs du PS, quelques verts non encore passés au gouvernement (ces derniers exigeant que l’Europe ne soit pas attaquée), le tout managé par Cambadelis et Cohn Bendit. L’autre partie de la direction proposant à la fois la candidature de Mélenchon et de fondre toujours plus le parti communiste dans un Front proche de l’expérience Syriza en Grèce et Podemos en Espagne.

Notre texte alternatif propose une autre démarche qui prend les élections y compris présidentielle dans une stratégie de changement de société, de rassemblement de type Front populaire avec un parti communiste proche des exploités étant la colonne vertébrale pour renouveler la confiance dans une issue de gauche, dans le socialisme. Luttes et élections favorisent l’intervention populaire et construisent une perspective de renouvellement de la politique. Ce qui suppose des candidats communistes, en particulier à la présidentielle, clé de voûte du système constitutionnel actuel. Ce fut une des conclusions de notre parti qui tout en condamnant ladite constitution affirma par la voix de son secrétaire d’alors la nécessité d’une candidature communiste.

Notons que notre proposition de base commune s’est heurtée dès le départ à des conditions d’inégalité manifestes. Si les deux tendances de la direction n’ont aucun mal à réunir les conditions de validation exigées pour que leur texte soit pris en considération, il n’en est pas de même pour d’autres textes/

Les conditions exigées pour qu’un texte soit validées sont en effet:

Il faut que 300 camarades à jour de leur cotisation aient soutenu ce texte. Alors que jusqu’ici c’étaient les trésoriers qui validaient les signatures, là il a fallu qu’on réclame une attestation auprès des ADF fédérales. Dans ma fédération ils ont même raffiné en exigeant que la procuration par laquelle un camarade pouvait récupérer plusieurs attestations soit assortie de la photocopie de papiers d’identité du demandeur. Dans d’autres ils ont menacé de vérifier avec bulletin de salaire à l’appui si la cotisation correspondait bien au salaire. Donc pour signer un texte dit alternatif, il fallait envoyer une attestation de cotisation à jour et une attestation de signature du texte. Par parenthèse nous avons eu le cas extraordinaire de signatures en blanc puisque le texte du 15e n’était pas paru. Notre texte, « unir les communistes » étant visiblement le seul contre lequel il y avait des consignes.

Toujours au titre des difficultés, ces 300 signatures devaient émaner de 24 fédérations différentes et aucune fédération ne devait présenter plus de trente signatures. Mais ce n’était pas tout, en effet dans ma section du 13e il s’est passé un déni de démocratie extraordinaire. Le permanent de la fédération avec l’aide d’un acolyte brutal m’a interdit de parler de tout texte alternatif sous le prétexte que n’ayant pas reçu les signatures des 300 il n’était pas validé, étaient seulement validée la base commune. Ils me condamnaient de ce fait soit à pratiquer un travail fractionnel, soit à créer un clash qui ferait imploser la section. Comme nous avions déjà les signatures et que je souhaite l’unité du parti, je me suis tue. Mais j’ai fait remarquer la manipulation et la tentative d’instaurer deux catégories de communistes d’une telle pratique.

Le parti communiste étant je dirai fort heureusement ce qu’il est, détestant les divisions mais aussi faisant confiance à sa direction comme garantie de l’unité du parti, a accepté à son corps défendant le principe des textes alternatifs. Personnellement j’ai toujours été contre et je l’ai exprimé par mes votes minoritaires. Je suis pour une base commune claire, qui propose aux communistes de se prononcer sur des orientations après un bilan de nos réussites et de nos échecs et surtout une analyse des conditions d’exploitation dont souffre notre peuple, notre classe ouvrière, la jeunesse et tous ceux qui souffrent d’une aggravation de leur situation qu’il s’agisse de leur origine ou de leur sexe. Si l’analyse est claire, les questions bien posées, il n’y a pas besoin de textes qui créent inutilement des camps.

Disons tout de suite que la base commune telle que la présente une partie de la direction sortante ne me paraît pas correspondre à cette exigence, c’est pourquoi je propose avec 400 autres communistes une base commune alternative.

Le Congrès doit être en mesure de faire de véritables choix et il ne doit pas utiliser la volonté des communistes au refus des divisions pour créer une légitimité artificielle autour d’un direction sortante qui s’avère désormais elle-même divisée. Ce serait instituer une sorte de déchéance citoyenne à l’intérieur des communistes à partir d’ailleurs de règles que les communistes ont votées: la seule solution si l’on veut garantir l’unité des communistes est de les placer dans le cadre de ce congrès dans une situation d’égalité. De considérer qu’il s’agit de choisir une base commune pour tous les communistes dans un grand dialogue démocratique.

Voici donc un résumé de notre base commune que j’ai écris à partir d’un texte de résumé d’autres camarades, texte pour ma section du 13e arrondissement à Marseille.

Danielle Bleitrach




Unir les communistes, le défi renouvelé du parti communiste!
Base commune alternative proposée par 400 communistes de toute la France


Alors que notre peuple, sa classe ouvrière, sa jeunesse, qui subissent une exploitation capitaliste toujours plus dure, ont un besoin vital d’un parti communiste, nous communistes avons de plus en plus de mal à faire la démonstration de l’utilité de ce parti : de sa capacité à créer des liens de solidarité et tracer une perspective de changement de société.

Ce sont la droite et l’extrême droite qui s’imposent avec leur concurrence entre les individus, la mise à mal des services publics et le démantèlement des acquis collectifs fruits de nos luttes et celles de nos anciens. La gauche est dans une impasse, le PS mène une politique réactionnaire, militariste. Le Front de Gauche est dispersé et incompréhensible.

Le PCF annonce participer avec les frondeurs du PS à des primaires qui ne seront qu’une tentative médiatique de sauver un système électoral dépassé et d’empêcher au profit du candidat socialiste une dispersion des voix de gauche. Dans le même temps d’ailleurs le gouvernement met en œuvre une transformation des conditions de l’élection présidentielle qui ne reconnait de droits qu’aux grands candidats.

Le bilan des derniers congrès est clair: plus le parti communiste s’efface au profit des « fronts », plus il s’affaiblit, se coupe du monde du travail, et plus la gauche dérive vers la droite dans la gestion de la crise capitaliste.

Pourtant, l’exaspération populaire est manifeste dans les conflits sociaux, le refus de la réforme du code du travail, posant plus que jamais la question communiste. Le 9 puis le 31 mars, une foule immense est venue dire son refus de la politique menée par le pouvoir et des manœuvres politiciennes comme les primaires paraissent hors de saison, incompréhensibles pour ceux qui protestent.

En 2007, les communistes avaient rejeté la « métamorphose » en choisissant de maintenir le PCF. En 2016, ils peuvent relancer leur parti en affirmant un projet de rupture avec le capitalisme, après un vrai examen des choix stratégiques du PCF, de ses échecs électoraux de 2012, 2014 et 2015. Mais le texte voté par le Conseil National refuse tout examen critique, et le congrès pourrait remettre sur le tapis la dissolution du PCF dans une nouvelle force politique soit faire de notre parti l’équivalent des radicaux de gauche, appendice du PS, soit le dissoudre un peu plus dans un mouvement proche de Podemos et Syriza.

Avec cette base alternative, nous voulons contribuer à un vrai dialogue entre communistes pour de nouvelles orientations stratégiques, retrouvant le fil de notre histoire cassé par la « mutation », retissant les liens avec le monde du travail, avec le mouvement communiste.

Le capitalisme, c’est la crise, payée par les peuples !

Pour maintenir sa domination, le capitalisme organise la régression sociale, la guerre de tous contre tous, la paupérisation de larges couches populaires. En France, Hollande le soi-disant « ennemi de la finance » est le relais de cette politique de coups redoublés contre les travailleurs, la jeunesse et les peuples. La politique gouvernementale livre à l’exploitation capitaliste des secteurs de l’économie qui lui échappaient encore en partie (enseignement, transports, santé, énergie, etc.), permettant au patronat avec la casse du code du travail, les travailleurs détachés, de nouvelles conditions d’exploitation et de destruction de l’environnement, faisant de la France un pays de bas salaires. Face aux résistances, il ne connait qu’une réponse la répression, de la mise en prison des syndicalistes au matraquage des lycéens en passant pas les tentatives de constitutionnalisation de l’Etat d’urgence, on voit bien quels sont ses ennemis et de qui il se fait l’allié, du patronat, de la fiance et des marchands d’armes.

La situation politique, l’impasse à gauche, le terrorisme

La crise sociale s’amplifie, plus de 6 millions de chômeurs, 8,5 millions de Français pauvres, des millions de salariés en difficulté dans le public comme dans le privé.

La crise politique atteint son paroxysme. Depuis 1981, tous les gouvernements ont renié leurs promesses. Comment s’étonner de la perte croissante de confiance dans les élus et les partis ? Les dernières élections l’ont montré : abstention, vote pour la droite ou le Front National, individualisme, anticommunisme, populisme se mêlant de communautarisme et d’affairisme. Les attentats qui ont profondément traumatisé notre peuple, sans pour autant le faire rentrer apeuré chez lui, sont le fruit d’un double mal qui frappe nos sociétés, la manière dont nos marchands d’armes et nos capitalistes sous des prétextes humanitaires et de défense des droits de l’homme pratiquent un nouveau colonialisme, bombardent des peuples et y créent le terrain de prolifération de bandes fascistes qui provoquent des exodes massifs. Mais cette nouvelle forme de fascisme à prétexte religieux concerne parfois aussi nos propres enfants confrontés au nihilisme de cette société sans avenir. Ce n’est pas un hasard si les réseaux de la drogue, ceux du trafic d’armes sont les mêmes que ceux de ces crimes aveugles et massifs. Le capitalisme organise le crime et se sert de la peur qu’il suscite pour faire monter les solutions de haine fascistes qui divisent les travailleurs.

Notre peuple, notre classe ouvrière, notre jeunesse qu l’on pouvait croire résignée, qui s’abstenait de plus en plus est en train de manifester sa colère et notre rôle à nous communistes est non seulement de faire monter ce mouvement, d’amplifier l’intervention populaire, mais de l’aider à construire une perspective politique.

Dans ce mouvement le FN apparaît pour ce qu’il est : il a tenté de copier notre politique, de se présenter en défenseur des travailleurs, tout en étant les soutiens du patronat comme tous les fascismes. Ce mouvement dévoile sa vraie nature. En revanche il pose plus que jamais la nécessité d’un parti communiste véritable colonne vertébrale d’un rassemblement de nouveau Front populaire. Si nous ne désertons pas les élections, alors qu’elles sont faites pour nous marginaliser, nous devons constater que seul un puissant mouvement social peut redonner confiance et faire reculer ces symptômes d’une crise historique.

L’émancipation des travailleurs doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. Les réponses électoralistes et institutionnelles de la direction du PCF, avec la proposition de primaires sont totalement dépassées, inefficaces et dangereuses pour le présent et l’avenir du peuple, du monde du travail et de la France, de notre parti. Il n’y a pas de perspective de reconstruction communiste en dehors de l’action et de l’organisation dans le peuple.

Présidentielles : pas de primaires, une bataille communiste !

Nous combattons l’élection présidentielle qui pervertit la république, mais nous voulons faire à chaque élection y compris celle-la, progresser le rapport des forces pour le peuple. Cependant, à l’approche de 2017, le parti communiste est dans une impasse. Porte-t-il encore une perspective communiste d’un changement de société ? Peut-il inventer de nouvelles formes de rassemblement tirant les leçons de l’échec de l’union de la gauche ? Les primaires seraient un contre-sens total, nous enfermant dans le piège présidentiel. Elles ne serviront pas à résister au FN, ni à la crise de confiance dans le système électoral. Nous devons au contraire porter notre refus de la présidentialisation, faire reculer l’illusion du sauveur suprême, aider l’électorat populaire à choisir une alternative progressiste à l’impasse de l’union de la gauche et au danger du FN.

Une stratégie électorale n’a de sens que dans une stratégie sur le long et moyen terme. Un parti révolutionnaire ne peut pas se jouer à chaque élection quand celles-ci sont faites pour nous marginaliser. Il doit situer chaque bataille électorale dans une perspective de rassemblement populaire en vue d’un changement de direction politique mais surtout de contenu politique, changer de politique, passer de l’austérité, du chômage, de la misère, à la justice et au progrès social. Aller enfin vers le socialisme tel que le peuple français le décidera. Une telle stratégie destinée à organiser et à élever la conscience des masses, place en son centre la mobilisation et l’action dans l’entreprise, la rue, le quartier. Une élection est avant tout une bataille pour renforcer les forces progressistes en conscience, en capacité d’action, en organisation, pour construire cette “puissance du peuple en action”, seul chemin de toute transformation sociale.

Pour le parti communiste, ses directions, ses militants, les présidentielles de 2017 imposent un retournement complet de ses stratégies, de sa manière de parler d’un changement de société, du rassemblement populaire, des élections. Nous voulons un langage clair, populaire, compréhensible de tous. Pas de propositions sans que nous indiquions les moyens d’y parvenir. Nous voulons tout faire pour créer les conditions d’une candidature communiste ancrée dans le mouvement social, porteuse d’une perspective révolutionnaire, de candidatures législatives qui portent en toutes circonstances à l’assemblée les intérêts populaires.

Pour construire une autre société, la France doit agir pour un autre monde

La mondialisation capitaliste qui détruit des États, des régions et organise la guerre de tous contre tous n’est pas une nouveauté. « Par l’exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au grand désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l’industrie sa base nationale. » (Marx, Le Manifeste). Lénine a montré le lien étroit entre financiarisation, fascisation et guerre en caractérisant le stade mondialisé du capitalisme comme impérialisme.

La chute de l’URSS a libéré la violence de ce capitalisme qui « porte en lui la guerre comme la nuée l’orage », mais dans le monde les indépendances nationales, des formes de socialisme diverses marquant le développement du Sud, du développement chinois qui a sorti de la misère un milliard d’humains et construit une “société de moyenne aisance” ne constituent pas un modèle, ce temps est révolu mais prouve que planification et maîtrise des leviers bancaires et industriels sont les seuls moyens du développement. Nous ne vivons pas un nouvel affrontement entre blocs impérialistes concurrents, mais la mise en cause de la domination des USA et de l’OTAN par le développement des “BRICS” et du “socialisme de marché” chinois. Le capitalisme sous domination des USA, né de la seconde guerre mondiale est entré en crise profonde et la nouveauté est la montée des alliances et des résistances dans un effort de paix et de respect des souveraineté. C’est la raison de la violence impérialiste en Irak, Libye, Syrie, Ukraine. Notre peuple doit choisir: défendre sa bourgeoisie dans l’alliance atlantique en tentant d’infléchir l’U.E., ou ouvrir une brèche en contribuant à un nouveau monde de coopérations entre nations souveraines. Le parti communiste doit appeler à la sortie de l’OTAN, de l’Union Européenne et de l’Euro pour ouvrir la perspective d’une France socialiste dans un monde multipolaire de coopérations et de solidarité pour la paix !

Nous devons renouer des liens de camaraderie dans l’égalité et la coopération avec les partis communistes et les forces progressistes du monde entier.

Sortir de l’U.E. et de l’Euro pour engager la sortie du capitalisme !

Nous avons tous suivi la Grèce de Syriza, les 61% de NON au référendum du 5 juillet, et l’accord léonin qui a suivi, foulant aux pieds la souveraineté grecque. Cette crise a instauré au PCF un débat de fond sur le rôle de l’U.E. et de l’Euro. Il a fallu les protestations de militants pour remettre en cause le vote annoncé de nos parlementaires pour le mémorandum grec. Le déni de la part de la direction nationale devient insupportable.

La posture adoptée depuis 1990 d’une « Europe sociale » est un leurre. Il faut de toute urgence ouvrir le débat sur les conditions pour se libérer des diktats de l’U.E. Le PCF avait eu raison de s’opposer à toutes les étapes de la construction de l’U.E., jusqu’au traité constitutionnel de 2005, balayé par le vote mais imposé. La construction européenne a été conçue pour doper les taux de profits par la libre circulation des capitaux et la mise en concurrence de la main d’œuvre. L’Euro est un instrument de guerre contre les salaires et les services publics. Il n’a jamais été un instrument de résistance au dollar. La violence de la « concurrence libre et non faussée » apparaît dans les murs et les affrontements autour des migrants jetés sur les routes de l’Europe.

Il est impossible de rompre avec le capitalisme en France sans maîtriser une monnaie au service d’une politique progressiste, quelque soient les menaces et oukases des institutions de l’UE. Loin de tout repli nationaliste, sortir de l’Euro est la condition d’une rupture anticapitaliste en France, porteuse de ruptures et de bouleversements au profit des peuples, permettant de construire des nouvelles coopérations mutuellement avantageuses entre nations souveraines.

Les luttes, terrain premier des constructions politiques

Emplois, salaires, retraites, santé, formation, logement,… tout ce qui porte progrès est acquis puis conservé par la lutte. Créer les convergences dans l’action est une question décisive pour les communistes. Nous savons que sans lutte de masse, aucun progrès idéologique et politique n’est possible. Mais le rapport entre lutte et politique est complexe : effort permanent des sociaux-démocrates de détourner les luttes, difficulté pour les communistes d’être utiles en élargissant le rassemblement. Et les actions peuvent aboutir (1968,1995) et l’issue politique nous être défavorable. Les communistes ont de lourdes responsabilités dans les luttes qui sont une composante essentielle de notre formation, notre renforcement.

Les forces de la bourgeoisie le savent. Elles mobilisent énormément d’énergie contre le potentiel des luttes, actions idéologiques, forces de répression, mouchards. Consacrons aussi beaucoup d’efforts à faire vivre toutes les luttes de classe. Un des plus grands reculs de ces dernières décennies – idéologique, politique, matériel – est l’affaiblissement rapide des liens entre syndicalistes de lutte et parti communiste. Il sera nécessaire, en lien avec les luttes réelles, de résoudre cette question.

Contre le FN, un parti communiste populaire et rassembleur

Le FN est utilisé comme leurre protestataire en même temps que repoussoir pour accélérer la recomposition politique dont le capital a besoin. La société arrive à un point à la fois de souffrance où la question politique se pose de nouveau dans les termes « socialisme ou barbarie ». Or le capital entend se donner libre cours. Toute avancée sociale est pour lui un frein à ôter. La main de fer dans le gant de velours des sociétés libérales, perd son apparence et la violence redevient sa réponse naturelle, de la criminalisation des résistances syndicales, Air France, Goodyear au recours au fascisme.

Comme à la veille des deux guerres mondiales, une crise financière majeure et structurelle est accompagnée par une montée des nationalismes, et l’absence d’une résistance cohérente et organisée. Le FN poursuit son ascension électorale malgré les campagnes morales de la gauche sociétale et les fronts républicains. La complaisance médiatique lui permet d’influencer les débats et réunir toutes les conditions pour entraîner une population fragilisée par la désindustrialisation vers la haine anti-immigrés. La lutte contre le Front national passe par la lutte contre le capital, son ventre nourricier. Comme l’écrivait Brecht, « le ventre est toujours fécond d’où est sortie la bête immonde » si nous ne nous attaquons pas à sa domination.

Le fascisme est un danger mortel pour la classe ouvrière, le danger principal contre lequel il faut en urgence rassembler les forces populaires et démocratiques. Le meilleur remède est l’existence d’un parti communiste proche des couches populaires, qui sache rassembler et désigner l’adversaire de classe, le système capitaliste.

Pour sortir de l’impasse, un grand parti communiste

Depuis la « mutation » initiée par Robert Hue, le PCF a suivi, de congrès en congrès, des stratégies qui ont toutes conduit à un affaiblissement organisationnel, électif et politique. Les organisations de base, cellules d’entreprises et de quartiers répondaient au besoin essentiel de rassembler des militants pour leur permettre d’agir. Même dans de grandes entreprises, il n’y a plus de militants communistes, nos liens avec les classes populaires se sont affaiblis considérablement. Le parti ne mobilise plus que lors des échéances électorales. Nous demandons un véritable bilan des 15 dernières années, l’état réel de l’organisation par fédération, le nombre des adhérents, l’état des cotisations, le reversement des élus.

Après les décennies de « mutation », la question de l’organisation revient au premier plan. Comment faire vivre une organisation communiste ancrée dans le monde du travail ? La démocratie sans cohérence est inefficace, laissant les décisions aux exécutifs. Les directions ne construisent plus la mise en cohérence des communistes au service de leur action, ne portent plus une parole collective, construite dans la durée pour être identifiée, défendue, portée par les militants. Les « je » se multiplient sans jamais construire le « nous ».

Dans le Front populaire comme avec le Conseil National de la Résistance, le PCF n’a rabattu ni ses exigences ni son identité. Les alliances de ces dernières années, restant sur le modèle de l’union de la gauche, se sont soldées par la perte d’élus et de crédibilité. Tant que nous restons dans la confusion avec le PS, nous sommes sanctionnés par les électeurs. Nous devons réfléchir à une véritable politique de rassemblement populaire et d’alliances sans soumission, dans une cohérence nationale qui permettra aux communistes de s’y retrouver.

Les relations internationales entre partis communistes se multiplient, le PCF ne peut rester enfermé dans un PGE lié aux institutions européennes.

Notre projet et le chemin du socialisme pour la France

L’impasse de la gauche, l’affaiblissement du parti communiste, sont aussi la traduction de l’impossibilité de penser une autre société que le capitalisme, tant la bataille de diabolisation du socialisme du 20ème siècle a fait reculer l’idée d’un vrai changement de société. Les pays de l’Est étaient le mal absolu, la Chine est une puissance dangereuse, les expériences latino-américaines des échecs. Le parti communiste lui-même laisse dans le flou des caractéristiques essentielles d’une société se libérant du capitalisme : la propriété publique, le pouvoir des travailleurs, la maîtrise de la monnaie.

Pourtant, les grandes luttes sociales interrogent toutes la propriété des moyens de production. La socialisation des forces productives appelle plus que jamais une socialisation massive de la propriété. Le monde du travail doit prendre toute sa place dans la direction des affaires, pour la maîtrise de ses moyens de production et d’échanges, de ses conditions de travail et de vie. La bourgeoisie, avec ses rentiers, spéculateurs, affairistes spécialistes de la subvention publique, est inapte pour diriger la société dans le sens de l’intérêt général.

Nous devons être porteurs d’un projet de socialisme du 21ème siècle, réduisant, par de larges nationalisations des grands moyens de production et d’échange, le pouvoir de la bourgeoisie, recherchant des coopérations internationales libérées de la domination des marchés, rompant radicalement avec les règles de la concurrence et de la spécialisation, pour imposer la planification en réponse aux besoins, le pouvoir des travailleurs dans une république sociale, assurant le développement continu de forces productives modernes pour répondre aux immenses besoins sociaux et environnementaux, d’éducation, de culture, portant l’exigence de paix, de rupture avec les institutions de la mondialisation capitaliste, la participation de la France à de nouvelles institutions d’un monde multipolaire ouvert aux pays du Sud, la sortie de l’OTAN et l’engagement dans le désarmement.

Un programme de rupture avec le capital

La bataille communiste d’ici 2017 doit faire grandir des revendications politiques fortes, que les travailleurs peuvent porter dans leurs luttes, et qui soient des repères d’un programme politique de rupture : Nationalisation/socialisation des grands secteurs économiques, dont EDF-GDF, SNCF, Poste… , Développement des services publics, école, santé, transports et poste…, Remise en cause fondamentale de la dette publique, Réduction massive du temps de travail sans perte de salaires, semaine de 28h sur 4 jours, indexation des salaires sur l’inflation, blocage des prix des produits de première nécessité, Augmentation des salaires, pensions, minima sociaux, retraite à 60 ans à taux plein, blocage des prix, Construction de logements sociaux, blocage des loyers, Non-application des directives et traités européens, sortie de l’OTAN,…

Un seul chemin, un rassemblement populaire conscient et organisé !

Pour tourner la page de la longue construction d’une union de la gauche au profit du parti socialiste, puis de son lent enfermement dans l’impasse actuelle, il faut proposer de nouvelles formes de rassemblement, un rassemblement populaire dont la fonction première n’est pas électorale, mais d’abord d’éducation populaire pour un peuple uni, conscient et organisé. Nous pensons que la rupture dans une société capitaliste est impossible sans un mouvement populaire capable de gérer dans la durée les tensions, les contradictions, les freins qui ne manquent pas de surgir dans tout processus de transformation politique.

L’alternative à l’union de la gauche suppose de construire pas à pas un « Front Populaire » moderne, outil d’éducation populaire pour que des millions de citoyens soient capables de s’informer sans dépendre des médias dominants, de s’unir malgré les contradictions locales ou corporatistes, de s’approprier les enjeux environnementaux, économiques, culturels, de la transformation socialiste. Le parti sans rassemblement est impuissant, le rassemblement sans parti est inconscient.

Oui, le défi du parti communiste !

Nous relevons le défi de faire vivre et renforcer un parti communiste de combat, populaire, marxiste. Nous avons un double atout : la montée du mécontentement populaire, l’unité qui se construit dans les luttes et ce que sont les communistes, leur volonté d’union. Ce qui unit les communistes est plus fort que ce qui les divise. Tous les communistes veulent que leur parti soit un grand parti des travailleurs, un parti démocratique où l’opinion de chaque adhérent compte pour un, un parti de responsabilité et de dévouement qui regagne la confiance du peuple. Nous abordons ce congrès dans un esprit de fraternité, d’écoute mutuelle. Il faut unir les communistes pour ouvrir la perspective d’un nouveau Front populaire vers le socialisme. Vive le Parti Communiste Français !

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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
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   Posté le 10-04-2016 à 15:50:28   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

la position de Paris XVe :

RECONSTRUISONS LE PARTI DE CLASSE ! PRIORITE AU RASSEMBLEMENT DANS LES LUTTES 37 ème congrès du PCF Avril – Juin 2016


Proposition alternative de « base commune de discussion », proposée par plus de 300 communistes de 25 fédérations. Formulaires de soutiens et attestations de cotisation signée par les trésoriers fédéraux à renvoyer à cahierscommunistes@orange.fr

Sommaire

I – Reconstruire un parti de classe : une nécessité historique. Cela passe par le refus des primaires et par faire le bilan de la politique de liquidation menée ces dernières années par la direction du PCF
II - Crise du capitalisme: lever quelques illusions réformistes. Rupture avec l’Union Européenne et l’euro
III – Propositions de luttes immédiates
IV – Retrouver notre engagement total contre l’impérialisme et pour la paix
V – Évaluer la crise de la démocratie bourgeoise
VI – Reconstruire le parti de classe, redevenir le parti de la classe ouvrière VII – Redonner son nom à notre projet de société : le socialisme Conclusion – Préparer le centenaire de 1917 et 1920


________________



I – Reconstruire un parti de classe est une nécessité historique. Cela passe par le refus des primaires et par faire le bilan de la politique de liquidation menée ces dernières années par la direction du PCF

Rompre avec le réformisme mortifère, renouer avec des positions communistes


Ce texte se propose comme un outil d’action et de combat. A l’occasion du 37 ème congrès du PCF, nous voulons permettre au plus grand nombre de communistes d’exprimer, en direction des adhérents du Parti mais aussi des travailleurs qui y sont attentifs, leur choix de rupture avec la ligne de liquidation réformiste de l’organisation et des positions communistes que poursuit l’équipe dirigeante depuis plus de 20 ans. La caricature des « primaires de la gauche », après l’approbation de l’état d’urgence, en est le dernier avatar.
Nous voulons surtout montrer que, partout en France, des organisations locales du PCF font vivre et renforcent le Parti sur des bases de lutte de classe , recherchent l’union dans cette voie, dans la réponse aux aspirations et à la colère du monde du travail, qu’elles ont entamé la réappropriation du PCF par ceux qui ont le plus besoin du parti révolutionnaire historique de la classe ouvrière en France, qu’elles travaillent à sa reconstruction.

Un texte de base commune et un congrès mal engagés

La préparation de ce congrès est une caricature. Le Conseil national avait initialement décidé d’un calendrier intelligent : il a été abandonné. Une convention nationale sur le projet devait se tenir au printemps 2016, le congrès à l’automne, réglant en temps et en heure, la question de l’élection présidentielle. Mais voilà que la haute direction a choisi de bousculer la donne, de précipiter l’organisation du congrès et de la plomber avec la présidentielle et le processus des primaires. La « base commune » de la direction est un texte hors du temps, abscons, évacuant à la fois tout bilan critique des trois dernières années de direction du PCF que les points saillants de la situation actuelle. Comme au 36 congrès, les camarades vont disposer d’à peine une semaine pour prendre connaissance d’un pavé, long comme un roman de Tolstoï, regroupant ce texte, les éventuels textes alternatifs, les textes d’accompagnement de la direction. Ce constat et l’expérience nous amènent, initiateurs de ce texte alternatif, à cibler quelques points de plus grande actualité et à renvoyer à des écrits antérieurs (dont les textes alternatifs des 4 derniers congrès) certaines analyses de fond.

Sortir de l'impasse des primaires

En préalable du congrès, nous demandons le retrait du PCF du processus des primaires pour les présidentielles 2016. Nous rappelons que la décision structurante d’y intégrer le Parti a été prise unilatéralement par Pierre Laurent et quelques dirigeants, sans aval du Conseil national, encore moins de consultation des communistes. Dès lors que le PCF rentre dans les primaires, une stratégie et un contenu politiques lui sont imposés par ce cadre ainsi que son insertion dans une recomposition politique dite de « gauche », en fait la constitution d’une deuxième social-démocratie de substitution.
Le congrès du PCF dans ces conditions n’est plus que décoratif et destiné à anesthésier les communistes. Nous ne l’acceptons pas. Nous avons trois raisons de récuser totalement les « primaires » à l’américaine .
Premièrement, c’est la caricature absolue, antidémocratique, de tout ce que nous dénonçons dans la présidentialisation du régime, la personnification, les grenouillages politiciens et opportunistes.
Deuxièmement, communistes, nous ne pouvons pas accepter la focalisation de la vie politique sur la présidentielle. Nous avons dénoncé le piège du quinquennat (même si la direction du PCF a appelé à l’abstention au référendum de 2000) qui fait coïncider les présidentielles et les législatives et subordonnent ces dernières aux premières. Ne rentrons pas dedans maintenant, encore moins après les expériences et les désillusions de 2007 et de 2012 ! Pour nous, quitte à aller à contre-courant, ce n’est pas la présidentielle qui doit structurer notre perspective politique, mais au contraire, notre ligne politique qui doit conditionner notre participation à la présidentielle.
Nous demandons que le 37ème congrès renvoie l’essentiel du débat et la décision sur la candidature éventuelle à une convention nationale du PCF à la fin de l’année.

De son côté, JL. Mélenchon rejette officiellement les primaires, mais c’est pour s’inscrire dans une même logique présidentielle tout à fait parallèle. Il ramasse des soutiens de personnalités diverses plus ou moins intéressées par cette locomotive, dont certains du PS ou du PCF, sur son objectif « JLM2017 ». Il pousse à l’outrance sa dérive personnelle, populiste, bonapartiste, teintée de chauvinisme, dénigrant la forme parti et niant la lutte des classes (la révolution par les urnes par le vote pour lui-même). Les travailleurs n’ont rien à faire de ces hommes ou femmes providentiels, même de plus présentables. L’expérience JLM 2012 parle d’elle-même.
Le bon score électoral – presque 4 millions de voix – n’a contribué aucunement à préparer la résistance, encore moins organisée, à la poursuite de la politique du capital par Hollande . Au contraire, dès le soir du 1 er tour, Mélenchon révélait son rôle de force d’appoint de sa maison-mère socialdémocrate en se désistant sans condition sur Hollande. Le Front de gauche s’est confirmé être ce que nous dénoncions dès le départ : un attelage politicien entre les ambitions de Mélenchon et la recherche par la direction du PCF d’une nouvelle formule pour poursuivre le processus de mutation réformiste en échec après l’épisode des « collectifs antilibéraux » de 2006/2007.
Depuis 2012, le FdG n’est que crises, conflits politiciens incessants, avec maints coups bas, surtout pour des places aux élections, discrimination et dénigrement du PCF . Avant 2012, il y a eu un élan réel, vite désillusionné. Nous ne pensons pas que conserver le logo « front de gauche » accolé à « PCF » aidera à le faire revivre sur une meilleure perspective.
Pour nous, le 37 ème congrès doit acter l’échec de la stratégie du Front de gauche, imposée aux communistes en 2008, en marge du 34 ème congrès. Troisièmement, notre opposition aux primaires s’appuie sur notre refus de la fausse alternative et la recomposition politiques qu’elles impliquent. Pour leurs partisans, dont les dirigeants du PCF, la condition du changement passe par l’arrivée au 2 nd tour en 2017, malgré le FN, d’un candidat de « gauche ». Admettons que Macron, Valls et même Hollande soient exclus du casting, les partenaires éventuels principaux du PCF restent alors les « frondeurs » du PS et EELV, sinon des personnalités, ni gauche, ni droite, comme Nicolas Hulot… Les « frondeurs » ont le programme Hollande 2012 comme référence. Ils ont approuvé quasiment tous les pires mauvais coups du gouvernement. Montebourg, que courtise maintenant Mélenchon, a été le ministre de la liquidation d’Arcelor-Florange et du démantèlement d’Alstom… EELV, groupement de politiciens, sans base sociale et théorique, voit ses dirigeants opportunistes valser, à tour de rôle, des postes gouvernementaux aux « tribunes contestatrices ». Aucun programme, aucun positionnement dans les luttes, réellement anticapitalistes, n’est compatible avec cet ensemble. Le comble est atteint lorsque l’on rappelle que Daniel Cohn-Bendit est à l’origine du premier appel aux primaires en janvier, cet anticommuniste, ultra-libéral et pro-européen viscéral… 4 Il est clair que Macron, Valls et Hollande sont allés trop loin dans la collaboration avec le capital pour pouvoir canaliser « à gauche », comme en 2012, le mouvement social. Le système met en scène une social démocratie de recours, sinon réellement pour les présidentielles, du moins pour l’après 2017 lorsque la droite aura – probablement – réinvesti Élysée et Palais Bourbon. Dans le même but : canaliser la colère populaire à « gauche ». La préparation de primaires improbables sert à des politiciens de « gauche » à se placer dans cette perspective.
Que les primaires aient lieu finalement ou non, le 37e congrès du PCF doit dégager totalement notre parti de cette recomposition politicienne. Nouvelle tromperie du peuple, elle porte aussi la disparition pure et simple de notre parti.

Dire stop aux combinaisons politiciennes qui accélèrent notre effacement

En 2015, aux élections départementales puis aux régionales, la direction du PCF a tenté d’imposer un rapprochement national avec EELV. Nous considérons, pour les raisons déjà mentionnées, qu’il est contrenature. EELV ne représente même rien de comparable socialement au PS, tout en étant aussi favorable à l’UE du capital. Dans les régions, les politiciens d’EELV ont été les plus ardents défenseurs de la loi « NOTRE » établissant les nouvelles eurorégions, ou de la régionalisation des opérateurs de transports.
Les efforts de communistes dans certaines régions pour préparer sérieusement les propositions pour la campagne ont été court-circuités par cette stratégie d’alliances qu’elle ait abouti ou non. Avec EELV, la direction du PCF restait aussi compromise dans la cogestion avec le PS. La nouvelle région LanguedocRoussillon-Midi-Pyrénées est le laboratoire de cette recomposition. La direction nationale du PCF a poussé, laissant les adhérents dans la méconnaissance des enjeux, à une alliance électorale derrière EELV, précisément derrière Gérard Onesta, corédacteur avec Giscard du projet de constitution européenne 2005. Aujourd’hui, à quelques exceptions, les élus PCF siègent dans un groupe unique « Nouveau monde » avec EELV, dirigé par Onesta. Cette situation est grave et injustifiable.
Pour nous, le 37 congrès doit demander aux fédérations du PCF et aux élus concernés de constituer un groupe communiste dans la région LRMP. La nocivité de la stratégie reprise par les primaires se mesure dans la bataille actuelle, majeure, contre la casse du code du travail et le projet de loi El-Khomri. Le gouvernement, de toute évidence, veut faire un coup double politique. D’une part, il pousse le démantèlement du statut du travail, après l’ANI de 2013 et la loi Rebsamen. Il aura été aussi loin que possible, quitte à faire semblant de reculer sur un point ou un autre. Le terrain sera préparé pour le gouvernement qui lui succédera en 2017 pour une remise en cause équivalente à ce que les travailleurs allemands, italiens ou espagnols ont déjà subi. D’autre part, avant 2017, se sachant disqualifié à « gauche », le pouvoir offre une bataille inaugurale pour légitimer une nouvelle « gauche » réformiste de rechange apte à canaliser la colère sociale (à gauche) d’ici les échéances électorales. Cette analyse n’est pas difficile tant les réactions opportunistes de Martine Aubry, des « frondeurs », des plants de la pépinière de cadres du PS qu’est l’UNEF, sans même parler de celle de la CFDT, sont téléphonées.
Mais voilà, la mobilisation des salariés est plus forte que prévue, comme nous, communistes, pouvions l'imaginer après notamment l’appel de la CGT du 9 avril. Elle dépasse largement les mouvements de jeunesse, qui en sont une part bienvenue. A quoi d’autre devraient tendre l’express ion et l’action du Parti dans la lutte sinon à déborder les organisations réformistes, à étendre le mouvement en mettant en avant les convergences flagrantes avec les luttes des cheminots contre la deuxième phase, antisociale, de la « réforme ferroviaire », ou avec celle des fonctionnaires, à gagner le retrait du projet de loi et la remise en cause l’ensemble de la politique gouvernementale depuis 2012 ? Au plan national du ème 5 PCF, pratiquement rien de cela ! Non, des discours du secrétaire national, des tracts renvoyant l’alternative à 2017, instrumentalisant ouvertement le mouvement pour construire des alliances de type primaires d’ici là (Pierre évoquant à la télévision EELV et Montebourg notamment !). Heureusement que de nombreux communistes, dans leurs entreprises et leurs sections locales, en militants révolutionnaires, ont le bon sens des priorités.

Abandonner toute collusion avec la gauche qui a trahi

Une question centrale doit être posée au 37 ème congrès : « la ligne suivie par la direction du PCF a-t-elle permis de combattre efficacement la politique au service du capital aggravée par la « gauche » depuis 2012 ? ». Clairement, nous répondons non.
Le bilan de 4 ans de Hollande/Ayrault/Valls est très lourd pour les travailleurs et le pays. On risque de s’en rendre pleinement compte plus tard quand éclatera la nouvelle phase de la crise du capital, avec par exemple, l’éclatement des bulles spéculatives, boursières et immobilières, gonflées par la politique de la BCE. La France a du retard en Europe sur la politique de casse sociale mais la « gauche » au pouvoir depuis 2012 est coupable déjà d’avoir accompli le plus gros transfert d’argent du travail, du salaire socialisé vers le profit capitaliste . Le « Pacte de responsabilité » avec le CICE, à lui seul, représentent 41 milliards d’euros par an. C’est 60 fois plus que le « bouclier fiscal » de Sarkozy. Pour… 60.000 créations d’emplois revendiquées ! Loi Macron, « transition énergétique », ANI, loi Touraine etc. la somme des contreréformes structurantes est accablante et à sens unique en faveur de la finance et du patronat. Le gouvernement de « gauche » prépare aussi l’avenir en renforçant, au nom de la lutte contre le « terrorisme », de façon inédite, l’arsenal répressif du pouvoir au service des possédants. Il a fait aussi le choix effrayant de favoriser la montée de l’extrême-droite en général et du FN en particulier.
Devant un bilan aussi accablant, l’image de Pierre Laurent, en décembre 2015, le poing levé, au meeting électoral régional de la « gauche » en Île-de-France, à côté du 3 ème personnage de l’État PS, Claude Bartolone et d'Emmanuelle Cosse future transfuge EELV au gouvernement détruit à elle seule des centaines d’heures de militantisme des militants communistes contre cette politique.
Ce sommet fait suite à bien d’autres compromissions, dont l’alignement aux municipales 2014 à Paris, pour une poignée de bonnes places, des candidats du PCF derrière le symbole du social-libéralisme petit-bourgeois, Anne Hidalgo, héritière de Bertrand Delanoë. Cette dernière vient de faire voter un vœu criminalisant la solidarité avec le peuple palestinien. Autant dire qu’une candidature Pierre Laurent aux présidentielles de 2017, comme les journalistes l’avancent sans être contredits, un pied dans la « gauche » Bartolone, un pied dans la gauche « primaires », ne peut que nous conduire à la mort, plus assurément encore qu’en 2007.
Mais il n’est pas question pour nous de laisser mourir notre parti.

Ni Parti Socialiste, ni Front de gauche : communistes !

Concernant Hollande, le ver est dans le fruit depuis le début et y reste. Quel communiste, en toute connaissance de cause, a pu croire à une rupture politique en 2012 avec son élection ? Ses quelques déclamations vagues contre l’argent-roi n’ont engagé que ceux qui y ont cru. Sa plaquette de propositions avançait très peu de points concrets. Son adhésion totale à l’UE du capital, jusqu’à faire campagne côte-àcôte avec Sarkozy pour la constitution Giscard de 2005 était connue. On ne peut pas parler de « trahison » 6 sous peine de passer pour naïf. Ceux qui ont semé des illusions le font payer très cher à notre Parti, encore davantage en s’alignant électoralement avec le PS A ce stade historique, considérant l’histoire de la gauche en France, nous estimons que le 37 congrès du PCF peut et doit affirmer le refus, dans les grandes collectivités, d’une collaboration dans les exécutifs à direction social-démocrates , le refus d’une fusion automatique avec les listes PS, le principe de désistement ou d’accord aux législatives et aux sénatoriales uniquement sur une base de rapport de force et sur une base technique. Sans, au minimum, ce niveau de clarté électorale, le PCF continuera à être confondu avec la gauche qui trahit.
Nous rappelons que le bilan des dernières années, en termes d’élus communistes, du Front de gauche comme des accords avec le PS est désastreux : entre un et deux tiers de pertes, avec toutes les conséquences que nous savons sur les organisations du Parti.
Nous affirmons la priorité à l’action et au rassemblement dans les luttes . Nous constatons que ce n’est pas le choix qui a été fait depuis des années. Il ne s’agit pas pour nous de nous poser en donneurs de leçons, d’autant que nous avons fait le maximum pour être conséquents dans les luttes qui nous concernaient, mais de souligner la gravité du contre-sens (pour les communistes) de la stratégie de la direction du Parti.

Être au rendez-vous des luttes avec des perspectives politiques

Nous avons évoqué la bataille présente contre le projet El-Khomri. Remontons un peu en arrière sur des luttes que la direction du PCF n’a pas ou a mal suivies. + En 2009, la volonté de défendre les services publics et La Poste en particulier s’est exprimée massivement. La « gauche » et ses satellites ont organisé une « votation » qui a recueilli plus de 2 millions de voix. Mais cette force s’est trouvée dévoyée vers la perspective électorale de 2012. Et la votation évitait un point principal : le rejet nécessaire de l’application de la directive européenne de mise en concurrence générale du courrier. La direction du PCF s’est coulée dans le moule unitaire, stérile. Depuis, des dizaines de milliers d’emplois ont été supprimés à la Poste, le prix du timbre a explosé, le service s’est dégradé (de 86% à 11% de J+1). Mais des dizaines de luttes résolues de postiers se développent chaque mois dans tout le pays contre les « restructurations ». Nous proposons que le PCF impulse une véritable nationalisation de la bataille de La Poste (en lien avec notre rejet de la réforme territoriale), en remettant en avant le refus des directives européennes.
+ Dès son arrivée en 2012, Hollande a validé le plan de liquidation des usines PSA en France, l’enterrement de la sidérurgie de Florange. Puis Montebourg a démantelé Alstom. Mais le PCF nationalement (et aucune force politique) n’a pas mis en avant la nécessité et les possibilités effectives, liées au rapport de force, de la nationalisation.
+ En juin 2014, les cheminots ont mené un mouvement de grande ampleur pour défendre une entreprise nationale centrale, des acquis sociaux importants pour tout le monde du travail. Leur mobilisation a déjoué le plan du gouvernement qui attendait une réaction résignée de complaisance. Elle préserve le développement et les convergences des luttes dans tout le secteur des transports. Il est nécessaire aujourd’hui de rappele rles positions de repli du porte-parole parlementaire du Front de gauche (PCF) qui s’est abstenu sur la dissolution de la SNCF de 1937 avant d’appeler à la fin de la grève. Les députés PS « frondeurs » ont voté comme un seul homme contre les cheminots et les usagers. Il est impensable de continuer à s’aligner sur eux !
+ En 2010, par millions, les salariés sont descendus dans la rue pour défendre la sécurité sociale et la retraite à 60 ans, des semaines durant. Englués dans le Front de gauche, le Parti n’a pas aidé à préciser les revendications – retrait de la loi Woerth -, a contribué à renvoyer l’issue vers les élections de 2012. Auparavant, la faiblesse du ème 7 soutien à la lutte contre la casse des régimes spéciaux en 2007, a participé de l’échec de 2010. Ce rapport de force pour la sécurité sociale ne s’est pas évaporé.
Mais sur ce sujet, comme sur les autres, une clarification de nos positions théoriques est indispensable, même si (d’autant plus si !) elle nous met en contradiction avec les organisations réformistes.

II - Crise du capitalisme: lever quelques illusions réformistes

De « crise » en « crise » : la crise générale du capitalisme

l’automne 2008 éclatait la « crise financière ». Elle suivait la « crise des « subprimes ». Les économies des principales puissances capitalistes (États-Unis, Europe, Japon…) ont connu en 2009 une récession d’une gravité souvent inédite depuis 1945. Ce mouvement de repli continue depuis 2010. On parle maintenant de la « crise des dettes publiques ». Nos économistes s’attendent à une nouvelle crise après 2017 avec l’explosion des bulles spéculatives, notamment immobilières, gonflées par la politique d’injection massive d’argent dans l’économie par la BCE. La succession rapprochée de ces crises, leur intensité donnent lieu à différentes interprétations. Pour nous, elles ne résultent pas d’un excès du capitalisme, du « néolibéralisme », mais de la manifestation de la crise générale du capitalisme.
La financiarisation du capitalisme ne date pas d’aujourd’hui. Elle a été précisément analysée déjà par Lénine en 1916 dans « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme ». La faculté du capitalisme à impulser et instrumentaliser à son profit de nouvelles techniques et technologies est inhérente à son essence. Un facteur peut expliquer l’intensification de la crise générale du capitalisme : l’affaiblissement, puis la disparition du contrepoids que représentait, dans le rapport de classe mondial, l’existence de l’URSS et des pays socialistes d’Europe de l’est. Notamment en Europe de l’ouest, la période du « compromis social » est révolue. Depuis 40 ans en France, la tendance à la paupérisation de la classe ouvrière, théorisée par Maurice Thorez, se confirme au grand dam des réformistes d’hier et d’aujourd’hui.
La disparition du « camp socialiste » a entraîné également une nouvelle étape de la mondialisation du capitalisme. Elle s’est caractérisée par une extension géographique du système, par une lutte encore plus exacerbée entre puissances capitalistes et multinationales pour le contrôle des richesses naturelles et des marchés.
Des économies dites « émergentes » ne semblent plus échapper à la crise du capitalisme, que ce soit le Brésil ou même la Chine.
L’analyse marxiste fondamentale se vérifie : La réalité du capitalisme, c’est la recherche du profit maximal confrontée à la baisse tendancielle du taux de profit. Ce qui est décrit comme la financiarisation de l’économie, l’explosion de la dette privée, notamment dans les pays anglo-saxons, puis de la dette publique est autant une manifestation de la crise qu’un instrument pour renforcer l’exploitation du travail. Le système a besoin, plus que jamais, de détruire du capital pour renforcer son taux de profit.
La crise est inhérente au système. Le capitalisme sait utiliser sa propre crise pour renforcer sa domination en l’absence d’un mouvement révolutionnaire suffisamment fort.

On assiste ainsi à un affrontement terrible entre le capital et le travail, à l’échelle planétaire, les uns pour maintenir et accroître leur taux de profit, les autres pour s’assurer des conditions d’existence décentes. Les gouvernements au service du capital entreprennent d’accélérer et d’aggraver brutalement, à la faveur de la crise, toutes leurs politiques antisociales qui sont pourtant à l’origine de cette dernière. Les mêmes recettes s’appliquent dans tous les pays, notamment d’Europe, où tous les acquis sociaux et démocratiques des peuples sont attaqués. Le risque de guerre s’aggrave.
Ces fondamentaux de notre théorie marxiste de la crise nous font réfuter certains raisonnements réformistes actuellement mis en avant, même à « gauche ». Il y a quelques années, la dénonciation par Sarkozy des « excès du capitalisme » et son invitation à « le moraliser » avaient amusé et scandalisé. Aujourd’hui est diffusée à « gauche » la thèse qu’il faudrait « baisser le coût du capital plutôt que le coût du travail ». L’expression semble opposer capital et travail, alors qu’au contraire elle légitime le système lui-même dans une formule trompeuse. Dans les deux expressions, la notion de coût suppose que l’on se mette dans la situation du patron, du capitaliste. Un taux de profit de 10% serait excessif, un taux de 5% légitime. Nous mesurons le danger de ces théories qui légitiment l’exploitation capitaliste et s’opposent aux revendications des travailleurs. Par ailleurs, nous savons que la captation du profit par les capitalistes s’effectue de plusieurs façons. La hausse constatée des dividendes servis aux actionnaires (à corriger statistiquement pas les dividendes servies aux maisons-mères) est totalement à dénoncer, mais elle coïncide avec des taux d’intérêt très bas. Notre seul combat doit être contre l’exploitation capitaliste.
De même, nous savons depuis Marx que le chômage est inhérent au système capitaliste qui a besoin « de l’armée de réserve » des chômeurs pour renforcer l’exploitation des actifs. Nous ne pouvons concevoir de lutte contre le chômage hors d’une lutte contre le capital. Nous luttons pour le renforcement de l’assurance chômage, de la formation professionnelle, financées par la cotisation patronale, pour des moyens nouveaux de Pôle emploi. Nous nous battons aussi pour la baisse du temps de travail (la semaine de travail à temps plein est remontée à 39,4 heures) et le rétablissement de la retraite pleine à 60 ans avec 37,5 annuités, revendication de progrès et de justice sociale, amenant une baisse du chômage.
Mais nous rejetons toute prise en charge par la collectivité – les travailleurs – de la précarité, de la flexibilité, d’une partie des salaires dus par l’exploiteur destinée à camoufler statistiquement le chômage tout en continuant à peser sur les salaires et les conditions de travail. Notre principal axe de lutte contre le chômage restant la défense de l’appareil productif, du salaire et du salaire socialisé, de la réponse aux besoins. Face au réformisme, une autre clarification s’impose : la levée du mythe d’une possible transformation de l’UE du capital en « Europe sociale ».

UE du capital/euro : la question, c’est comment s’en sortir !

L’UE est une machine à broyer les acquis sociaux et démocratiques nationaux. Ce constat est de plus en plus partagé. Les reculs sociaux dans chaque pays s'inscrivent dans le droit fil du Traité européen de Lisbonne. Au nom de la « concurrence libre et non faussée », de la recherche de « compétitivité », l’UE sert de prétexte et d’instrument aux gouvernements nationaux en vue d’augmenter le profit capitaliste , par le renforcement de l’exploitation des travailleurs et par l’extension du marché capitaliste à tous les domaines qui lui échappent, services publics, protection sociale.
L’UE dévoile encore plus clairement sa raison d’être, qui remonte au Traité de Rome , en faveur de la finance et des trusts. Avec le FMI et les gouvernements nationaux, elle est à la barre pour imposer les plans de recul social aux pays, similaires aux plans d’ajustements structurels qu’impose le FMI. L’exemple grec est éloquent.
Profitant de la crise, l’UE tente un pas de plus dans la remise en cause des démocraties nationales. La Commission européenne prétend maintenant placer les budgets nationaux directement sous sa tutelle pour imposer le carcan de Maastricht.
Les effets de l’euro, pour lequel devraient être consentis toutes les régressions sociales, apparaissent de façon flagrante. Ce que nous dénoncions dans les années 90, dans nos campagnes contre le traité de Maastricht, celui d’Amsterdam et la monnaie unique, se réalise exactement.
L’euro est conçu dans l’intérêt de la finance européenne. L’euro fort l’aide à spéculer, à délocaliser. Au sein de sa zone, l’euro accentue la mise en concurrence des économies et des travailleurs. Il écrase les activités économiques en développement , notamment dans les pays périphériques, mais favorise les groupes capitalistes les plus forts, notamment en Allemagne (mais pas les travailleurs allemands). Là encore, l’exemple grec illustre combien l’euro place les peuples sous la dépendance du capitalisme européen. Comme nous mettions notre pays en garde, l’euro, loin d’unir les peuples, les dresse les uns contre les autres et attise le nationalisme. Les campagnes de dénigrement, de haine, reprenant tous les clichés xénophobes, auxquelles nous assistons, l’attestent.
Le mythe européen, celui de l’Europe « qui protège, qui unit », a de plus en plus de plomb dans l’aile, malgré les campagnes idéologiques incessantes, à tous les niveaux, pour forger un nationalisme européen. L’UE, ce n’est pas la paix : elle attise les guerres comme on le voit en Ukraine. Loin de s’émanciper de l’impérialisme américain, l’UE, coordination des impérialismes européens, est plus associée avec lui dans l’OTAN, peut-être demain dans le TAFTA.

Transformer l’opposition de classe à l’UE en positions de classe et de lutte pour rompre avec elle

Le rejet de l’UE unit de plus en plus fortement les peuples , après les victoires du NON aux référendums de 2005 en France et aux Pays-Bas. Nous pouvons et nous devons le caractériser comme un rejet de classe du capitalisme européen que les peuples identifient, à juste titre, comme source de recul économique et social et de souffrance.
Les tenants de l’UE du capital tentent de dévoyer cette réaction dans des partis nationalistes et des part is d’extrême-droite. Ceux-ci servent, d’une part, de forces d’appoint politiques aux capitalismes nationaux dans leur concurrence au sein de l’UE. Ils servent surtout, d’autre part, à disqualifier l’opposition à l’UE du capital en l’associant à des positionnements xénophobes et racistes.

Communistes, il est de notre responsabilité, en France, de ne pas laisser faire, de ne pas laisser aux nationalistes le terrain de l’opposition à l’UE. De son côté, le mouvement réformiste peine de plus en plus à convaincre que l’on pourrait « changer l’UE ». On voit comment s’est traduite la volonté de Hollande en 2012 de « réorienter la construction européenne ». Sous un affichage plus « radical », le nouveau dirigeant du parti travailliste britannique Corbyn ou le leader du parti espagnol Podemos Iglesias s’efforce de contenir le mouvement populaire contre l’austérité dans le cadre de l’acceptation de l’UE. Tsipras défendait aussi en Grèce l’illusion d’une UE réformable. Au pouvoir il a fait la démonstration qu’aucune alternative politique n’est possible dans le cadre de l’acceptation (la soumission) à l’Union européenne dont il applique la politique violemment antisociale (et anti-migrants).
Notre parti doit revenir à ses positions historiques de rupture avec l’ Union européenne.
Aussi fermement qu’il s’est toujours battu pour le développement de coopérations mutuellement avantageuses entre les nations d’Europe (et d’ailleurs), devenu encore plus nécessaire, notre parti s’était opposé à l’Europe supranationale du capital, depuis le Traité de Rome, jusqu’à ceux de Maastricht en 1992 et d’Amsterdam en 1998, en passant par l’Acte unique de 1986. Nos positions, fortement ancrées dans le Parti et le pays, ont alimenté l’action décisive des communistes dans le rejet par notre peuple en 2005 du projet de constitution européenne.
Après 1997, la direction de notre parti a opéré un virage appelé alors « euroconstructif ». Le gouvernement de la gauche plurielle venait d’approuver le Traité d’Amsterdam et allait signer les conclusions du sommet de Barcelone. Ce revirement a amené la direction du PCF à abandonner la défense de la souveraineté nationale et à envisager une réforme de l’UE, allant dans le sens de « l’Europe sociale », indépendamment du droit de notre peuple à disposer de lui-même. L’adhésion au PGE, puis la collaboration avec la Confédération européenne des syndicats, CES (favorable au traité très libéral de Lisbonne), a accentué cette évolution.
La situation présente doit nous amener, avec encore plus d’urgence, à revenir sur ces orientations, sous peine d’être en porte-à-faux avec les aspirations de notre peuple et nos propres propositions. L’UE souffre d’un déficit croissant de légitimité. C’est tant mieux ! Elle n’est pas réformable.
Ce discrédit est un point d’appui pour mettre en échec les politiques menées en son nom dans l’intérêt du capital. En France, les traités, directives et règlements européens, par exemple ceux de marchandisation des services publics n’ont pas à s’appliquer, à servir de prétextes à la politique du pouvoir
La coopération entre les peuples ne se fera jamais dans le cadre de l’UE. L’UE, mais aussi la BCE et l’ensemble de ses institutions sont conçues pour imposer un niveau supranational où les trusts sont tout puissants mais sur lequel les peuples n’ont aucune prise. Affirmons clairement que « l’Europe sociale », comme la « refonte démocratique et solidaire de l’Europe » sont des leurres !
Comme la victoire du Non en France en 2005 ou la lutte héroïque des travailleurs grecs le montrent, les luttes de chaque peuple s’enrichissent des batailles nationales et de l’internationalisme, mais non de l’acceptation du cadre supranational du capital.
Aussi, nous proposons que le 37 ème congrès : - Ouvre une réflexion sur les conditions d’une sortie de la France de l’UE - Lance une campagne pour la sortie de la France de l’euro, synonyme, vu la position centrale et le poids de la France (à la différence du cas grec) de dissolution de cette monnaie et de la BCE - Renforce sa campagne contre le TAFTA, dont les négociations laborieuses et secrète illustrent les divergences entre les intérêts impérialistes américains et européens mais s’effectuent, de toute façon, sur le dos des peuples. - Félicite les organisations progressistes néerlandaises pour leur campagne pour non au référendum du 6 avril sur la ratification de l’accord d’association UE-Ukraine et la relaie en France. - Adresse un témoignage de soutien aux organisations progressistes, dont les partis communistes, de Grande-Bretagne et d’Irlande-du-Nord qui militent pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE en vue du référendum du 23 juin.

Cesser de cautionner le PGE pro-européen et renouer avec les partis communistes en Europe et dans le Monde

L’adhésion du PCF s’est faite dans la précipitation et la confusion en 2001, avec l’avis de moins d’un quart des communistes français. Des partis communistes importants, comme le KKE et PCP (Portugal) ont exclu d’y adhérer. Le Parti communiste allemand (DKP) vient de décider en congrès de s’en retirer.
Les communistes français doivent disposer de tous les éléments. Le PGE est un « parti européen », parrainé et financé par la Commission européenne. Il a inscrit dans ses statuts sa fidélité à l’intégration européenne et à ses mythes fondateurs. Au Portugal, en Grèce et ailleurs, il soutient structurellement des organisations ouvertement opposées aux PC. Son adhésion à la « construction » européenne est originelle. Elle s’est confirmée de façon flagrante et grave pour les progressistes européens. En Grèce, une de ses composantes, Syriza, est au pouvoir, relaie et applique les diktats antisociaux de l’UE et de la BCE. A côté de Tsipras, un autre dirigeant historique du PGE, l’Allemand Gregor Gysi, appelle, après les élections régionales qui ont vu la percée du parti nationaliste AfD, à des rapprochements avec … la CDU de Mme Merkel. Le PCF dispose d’un autre cadre, souple, d’échange avec des partis européens : le groupe au Parlement européen GUE-NGL. Aussi, nous demandons que le 37 ème congrès remette en cause l’appartenance du PCF au PGE et organise une consultation des communistes sur cette question.


Edité le 10-04-2016 à 15:55:26 par Xuan




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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
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   Posté le 10-04-2016 à 15:51:14   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

la position de Paris XVe :

RECONSTRUISONS LE PARTI DE CLASSE ! PRIORITE AU RASSEMBLEMENT DANS LES LUTTES 37 ème congrès du PCF Avril – Juin 2016


Proposition alternative de « base commune de discussion », proposée par plus de 300 communistes de 25 fédérations. Formulaires de soutiens et attestations de cotisation signée par les trésoriers fédéraux à renvoyer à cahierscommunistes@orange.fr

Sommaire

I – Reconstruire un parti de classe : une nécessité historique. Cela passe par le refus des primaires et par faire le bilan de la politique de liquidation menée ces dernières années par la direction du PCF
II - Crise du capitalisme: lever quelques illusions réformistes. Rupture avec l’Union Européenne et l’euro
III – Propositions de luttes immédiates
IV – Retrouver notre engagement total contre l’impérialisme et pour la paix
V – Évaluer la crise de la démocratie bourgeoise
VI – Reconstruire le parti de classe, redevenir le parti de la classe ouvrière VII – Redonner son nom à notre projet de société : le socialisme Conclusion – Préparer le centenaire de 1917 et 1920


________________



I – Reconstruire un parti de classe est une nécessité historique. Cela passe par le refus des primaires et par faire le bilan de la politique de liquidation menée ces dernières années par la direction du PCF

Rompre avec le réformisme mortifère, renouer avec des positions communistes


Ce texte se propose comme un outil d’action et de combat. A l’occasion du 37 ème congrès du PCF, nous voulons permettre au plus grand nombre de communistes d’exprimer, en direction des adhérents du Parti mais aussi des travailleurs qui y sont attentifs, leur choix de rupture avec la ligne de liquidation réformiste de l’organisation et des positions communistes que poursuit l’équipe dirigeante depuis plus de 20 ans. La caricature des « primaires de la gauche », après l’approbation de l’état d’urgence, en est le dernier avatar.
Nous voulons surtout montrer que, partout en France, des organisations locales du PCF font vivre et renforcent le Parti sur des bases de lutte de classe , recherchent l’union dans cette voie, dans la réponse aux aspirations et à la colère du monde du travail, qu’elles ont entamé la réappropriation du PCF par ceux qui ont le plus besoin du parti révolutionnaire historique de la classe ouvrière en France, qu’elles travaillent à sa reconstruction.

Un texte de base commune et un congrès mal engagés

La préparation de ce congrès est une caricature. Le Conseil national avait initialement décidé d’un calendrier intelligent : il a été abandonné. Une convention nationale sur le projet devait se tenir au printemps 2016, le congrès à l’automne, réglant en temps et en heure, la question de l’élection présidentielle. Mais voilà que la haute direction a choisi de bousculer la donne, de précipiter l’organisation du congrès et de la plomber avec la présidentielle et le processus des primaires. La « base commune » de la direction est un texte hors du temps, abscons, évacuant à la fois tout bilan critique des trois dernières années de direction du PCF que les points saillants de la situation actuelle. Comme au 36 congrès, les camarades vont disposer d’à peine une semaine pour prendre connaissance d’un pavé, long comme un roman de Tolstoï, regroupant ce texte, les éventuels textes alternatifs, les textes d’accompagnement de la direction. Ce constat et l’expérience nous amènent, initiateurs de ce texte alternatif, à cibler quelques points de plus grande actualité et à renvoyer à des écrits antérieurs (dont les textes alternatifs des 4 derniers congrès) certaines analyses de fond.

Sortir de l'impasse des primaires

En préalable du congrès, nous demandons le retrait du PCF du processus des primaires pour les présidentielles 2016. Nous rappelons que la décision structurante d’y intégrer le Parti a été prise unilatéralement par Pierre Laurent et quelques dirigeants, sans aval du Conseil national, encore moins de consultation des communistes. Dès lors que le PCF rentre dans les primaires, une stratégie et un contenu politiques lui sont imposés par ce cadre ainsi que son insertion dans une recomposition politique dite de « gauche », en fait la constitution d’une deuxième social-démocratie de substitution.
Le congrès du PCF dans ces conditions n’est plus que décoratif et destiné à anesthésier les communistes. Nous ne l’acceptons pas. Nous avons trois raisons de récuser totalement les « primaires » à l’américaine .
Premièrement, c’est la caricature absolue, antidémocratique, de tout ce que nous dénonçons dans la présidentialisation du régime, la personnification, les grenouillages politiciens et opportunistes.
Deuxièmement, communistes, nous ne pouvons pas accepter la focalisation de la vie politique sur la présidentielle. Nous avons dénoncé le piège du quinquennat (même si la direction du PCF a appelé à l’abstention au référendum de 2000) qui fait coïncider les présidentielles et les législatives et subordonnent ces dernières aux premières. Ne rentrons pas dedans maintenant, encore moins après les expériences et les désillusions de 2007 et de 2012 ! Pour nous, quitte à aller à contre-courant, ce n’est pas la présidentielle qui doit structurer notre perspective politique, mais au contraire, notre ligne politique qui doit conditionner notre participation à la présidentielle.
Nous demandons que le 37ème congrès renvoie l’essentiel du débat et la décision sur la candidature éventuelle à une convention nationale du PCF à la fin de l’année.

De son côté, JL. Mélenchon rejette officiellement les primaires, mais c’est pour s’inscrire dans une même logique présidentielle tout à fait parallèle. Il ramasse des soutiens de personnalités diverses plus ou moins intéressées par cette locomotive, dont certains du PS ou du PCF, sur son objectif « JLM2017 ». Il pousse à l’outrance sa dérive personnelle, populiste, bonapartiste, teintée de chauvinisme, dénigrant la forme parti et niant la lutte des classes (la révolution par les urnes par le vote pour lui-même). Les travailleurs n’ont rien à faire de ces hommes ou femmes providentiels, même de plus présentables. L’expérience JLM 2012 parle d’elle-même.
Le bon score électoral – presque 4 millions de voix – n’a contribué aucunement à préparer la résistance, encore moins organisée, à la poursuite de la politique du capital par Hollande . Au contraire, dès le soir du 1 er tour, Mélenchon révélait son rôle de force d’appoint de sa maison-mère socialdémocrate en se désistant sans condition sur Hollande. Le Front de gauche s’est confirmé être ce que nous dénoncions dès le départ : un attelage politicien entre les ambitions de Mélenchon et la recherche par la direction du PCF d’une nouvelle formule pour poursuivre le processus de mutation réformiste en échec après l’épisode des « collectifs antilibéraux » de 2006/2007.
Depuis 2012, le FdG n’est que crises, conflits politiciens incessants, avec maints coups bas, surtout pour des places aux élections, discrimination et dénigrement du PCF . Avant 2012, il y a eu un élan réel, vite désillusionné. Nous ne pensons pas que conserver le logo « front de gauche » accolé à « PCF » aidera à le faire revivre sur une meilleure perspective.
Pour nous, le 37 ème congrès doit acter l’échec de la stratégie du Front de gauche, imposée aux communistes en 2008, en marge du 34 ème congrès. Troisièmement, notre opposition aux primaires s’appuie sur notre refus de la fausse alternative et la recomposition politiques qu’elles impliquent. Pour leurs partisans, dont les dirigeants du PCF, la condition du changement passe par l’arrivée au 2 nd tour en 2017, malgré le FN, d’un candidat de « gauche ». Admettons que Macron, Valls et même Hollande soient exclus du casting, les partenaires éventuels principaux du PCF restent alors les « frondeurs » du PS et EELV, sinon des personnalités, ni gauche, ni droite, comme Nicolas Hulot… Les « frondeurs » ont le programme Hollande 2012 comme référence. Ils ont approuvé quasiment tous les pires mauvais coups du gouvernement. Montebourg, que courtise maintenant Mélenchon, a été le ministre de la liquidation d’Arcelor-Florange et du démantèlement d’Alstom… EELV, groupement de politiciens, sans base sociale et théorique, voit ses dirigeants opportunistes valser, à tour de rôle, des postes gouvernementaux aux « tribunes contestatrices ». Aucun programme, aucun positionnement dans les luttes, réellement anticapitalistes, n’est compatible avec cet ensemble. Le comble est atteint lorsque l’on rappelle que Daniel Cohn-Bendit est à l’origine du premier appel aux primaires en janvier, cet anticommuniste, ultra-libéral et pro-européen viscéral… 4 Il est clair que Macron, Valls et Hollande sont allés trop loin dans la collaboration avec le capital pour pouvoir canaliser « à gauche », comme en 2012, le mouvement social. Le système met en scène une social démocratie de recours, sinon réellement pour les présidentielles, du moins pour l’après 2017 lorsque la droite aura – probablement – réinvesti Élysée et Palais Bourbon. Dans le même but : canaliser la colère populaire à « gauche ». La préparation de primaires improbables sert à des politiciens de « gauche » à se placer dans cette perspective.
Que les primaires aient lieu finalement ou non, le 37e congrès du PCF doit dégager totalement notre parti de cette recomposition politicienne. Nouvelle tromperie du peuple, elle porte aussi la disparition pure et simple de notre parti.

Dire stop aux combinaisons politiciennes qui accélèrent notre effacement

En 2015, aux élections départementales puis aux régionales, la direction du PCF a tenté d’imposer un rapprochement national avec EELV. Nous considérons, pour les raisons déjà mentionnées, qu’il est contrenature. EELV ne représente même rien de comparable socialement au PS, tout en étant aussi favorable à l’UE du capital. Dans les régions, les politiciens d’EELV ont été les plus ardents défenseurs de la loi « NOTRE » établissant les nouvelles eurorégions, ou de la régionalisation des opérateurs de transports.
Les efforts de communistes dans certaines régions pour préparer sérieusement les propositions pour la campagne ont été court-circuités par cette stratégie d’alliances qu’elle ait abouti ou non. Avec EELV, la direction du PCF restait aussi compromise dans la cogestion avec le PS. La nouvelle région LanguedocRoussillon-Midi-Pyrénées est le laboratoire de cette recomposition. La direction nationale du PCF a poussé, laissant les adhérents dans la méconnaissance des enjeux, à une alliance électorale derrière EELV, précisément derrière Gérard Onesta, corédacteur avec Giscard du projet de constitution européenne 2005. Aujourd’hui, à quelques exceptions, les élus PCF siègent dans un groupe unique « Nouveau monde » avec EELV, dirigé par Onesta. Cette situation est grave et injustifiable.
Pour nous, le 37 congrès doit demander aux fédérations du PCF et aux élus concernés de constituer un groupe communiste dans la région LRMP. La nocivité de la stratégie reprise par les primaires se mesure dans la bataille actuelle, majeure, contre la casse du code du travail et le projet de loi El-Khomri. Le gouvernement, de toute évidence, veut faire un coup double politique. D’une part, il pousse le démantèlement du statut du travail, après l’ANI de 2013 et la loi Rebsamen. Il aura été aussi loin que possible, quitte à faire semblant de reculer sur un point ou un autre. Le terrain sera préparé pour le gouvernement qui lui succédera en 2017 pour une remise en cause équivalente à ce que les travailleurs allemands, italiens ou espagnols ont déjà subi. D’autre part, avant 2017, se sachant disqualifié à « gauche », le pouvoir offre une bataille inaugurale pour légitimer une nouvelle « gauche » réformiste de rechange apte à canaliser la colère sociale (à gauche) d’ici les échéances électorales. Cette analyse n’est pas difficile tant les réactions opportunistes de Martine Aubry, des « frondeurs », des plants de la pépinière de cadres du PS qu’est l’UNEF, sans même parler de celle de la CFDT, sont téléphonées.
Mais voilà, la mobilisation des salariés est plus forte que prévue, comme nous, communistes, pouvions l'imaginer après notamment l’appel de la CGT du 9 avril. Elle dépasse largement les mouvements de jeunesse, qui en sont une part bienvenue. A quoi d’autre devraient tendre l’express ion et l’action du Parti dans la lutte sinon à déborder les organisations réformistes, à étendre le mouvement en mettant en avant les convergences flagrantes avec les luttes des cheminots contre la deuxième phase, antisociale, de la « réforme ferroviaire », ou avec celle des fonctionnaires, à gagner le retrait du projet de loi et la remise en cause l’ensemble de la politique gouvernementale depuis 2012 ? Au plan national du ème 5 PCF, pratiquement rien de cela ! Non, des discours du secrétaire national, des tracts renvoyant l’alternative à 2017, instrumentalisant ouvertement le mouvement pour construire des alliances de type primaires d’ici là (Pierre évoquant à la télévision EELV et Montebourg notamment !). Heureusement que de nombreux communistes, dans leurs entreprises et leurs sections locales, en militants révolutionnaires, ont le bon sens des priorités.

Abandonner toute collusion avec la gauche qui a trahi

Une question centrale doit être posée au 37 ème congrès : « la ligne suivie par la direction du PCF a-t-elle permis de combattre efficacement la politique au service du capital aggravée par la « gauche » depuis 2012 ? ». Clairement, nous répondons non.
Le bilan de 4 ans de Hollande/Ayrault/Valls est très lourd pour les travailleurs et le pays. On risque de s’en rendre pleinement compte plus tard quand éclatera la nouvelle phase de la crise du capital, avec par exemple, l’éclatement des bulles spéculatives, boursières et immobilières, gonflées par la politique de la BCE. La France a du retard en Europe sur la politique de casse sociale mais la « gauche » au pouvoir depuis 2012 est coupable déjà d’avoir accompli le plus gros transfert d’argent du travail, du salaire socialisé vers le profit capitaliste . Le « Pacte de responsabilité » avec le CICE, à lui seul, représentent 41 milliards d’euros par an. C’est 60 fois plus que le « bouclier fiscal » de Sarkozy. Pour… 60.000 créations d’emplois revendiquées ! Loi Macron, « transition énergétique », ANI, loi Touraine etc. la somme des contreréformes structurantes est accablante et à sens unique en faveur de la finance et du patronat. Le gouvernement de « gauche » prépare aussi l’avenir en renforçant, au nom de la lutte contre le « terrorisme », de façon inédite, l’arsenal répressif du pouvoir au service des possédants. Il a fait aussi le choix effrayant de favoriser la montée de l’extrême-droite en général et du FN en particulier.
Devant un bilan aussi accablant, l’image de Pierre Laurent, en décembre 2015, le poing levé, au meeting électoral régional de la « gauche » en Île-de-France, à côté du 3 ème personnage de l’État PS, Claude Bartolone et d'Emmanuelle Cosse future transfuge EELV au gouvernement détruit à elle seule des centaines d’heures de militantisme des militants communistes contre cette politique.
Ce sommet fait suite à bien d’autres compromissions, dont l’alignement aux municipales 2014 à Paris, pour une poignée de bonnes places, des candidats du PCF derrière le symbole du social-libéralisme petit-bourgeois, Anne Hidalgo, héritière de Bertrand Delanoë. Cette dernière vient de faire voter un vœu criminalisant la solidarité avec le peuple palestinien. Autant dire qu’une candidature Pierre Laurent aux présidentielles de 2017, comme les journalistes l’avancent sans être contredits, un pied dans la « gauche » Bartolone, un pied dans la gauche « primaires », ne peut que nous conduire à la mort, plus assurément encore qu’en 2007.
Mais il n’est pas question pour nous de laisser mourir notre parti.

Ni Parti Socialiste, ni Front de gauche : communistes !

Concernant Hollande, le ver est dans le fruit depuis le début et y reste. Quel communiste, en toute connaissance de cause, a pu croire à une rupture politique en 2012 avec son élection ? Ses quelques déclamations vagues contre l’argent-roi n’ont engagé que ceux qui y ont cru. Sa plaquette de propositions avançait très peu de points concrets. Son adhésion totale à l’UE du capital, jusqu’à faire campagne côte-àcôte avec Sarkozy pour la constitution Giscard de 2005 était connue. On ne peut pas parler de « trahison » 6 sous peine de passer pour naïf. Ceux qui ont semé des illusions le font payer très cher à notre Parti, encore davantage en s’alignant électoralement avec le PS A ce stade historique, considérant l’histoire de la gauche en France, nous estimons que le 37 congrès du PCF peut et doit affirmer le refus, dans les grandes collectivités, d’une collaboration dans les exécutifs à direction social-démocrates , le refus d’une fusion automatique avec les listes PS, le principe de désistement ou d’accord aux législatives et aux sénatoriales uniquement sur une base de rapport de force et sur une base technique. Sans, au minimum, ce niveau de clarté électorale, le PCF continuera à être confondu avec la gauche qui trahit.
Nous rappelons que le bilan des dernières années, en termes d’élus communistes, du Front de gauche comme des accords avec le PS est désastreux : entre un et deux tiers de pertes, avec toutes les conséquences que nous savons sur les organisations du Parti.
Nous affirmons la priorité à l’action et au rassemblement dans les luttes . Nous constatons que ce n’est pas le choix qui a été fait depuis des années. Il ne s’agit pas pour nous de nous poser en donneurs de leçons, d’autant que nous avons fait le maximum pour être conséquents dans les luttes qui nous concernaient, mais de souligner la gravité du contre-sens (pour les communistes) de la stratégie de la direction du Parti.

Être au rendez-vous des luttes avec des perspectives politiques

Nous avons évoqué la bataille présente contre le projet El-Khomri. Remontons un peu en arrière sur des luttes que la direction du PCF n’a pas ou a mal suivies. + En 2009, la volonté de défendre les services publics et La Poste en particulier s’est exprimée massivement. La « gauche » et ses satellites ont organisé une « votation » qui a recueilli plus de 2 millions de voix. Mais cette force s’est trouvée dévoyée vers la perspective électorale de 2012. Et la votation évitait un point principal : le rejet nécessaire de l’application de la directive européenne de mise en concurrence générale du courrier. La direction du PCF s’est coulée dans le moule unitaire, stérile. Depuis, des dizaines de milliers d’emplois ont été supprimés à la Poste, le prix du timbre a explosé, le service s’est dégradé (de 86% à 11% de J+1). Mais des dizaines de luttes résolues de postiers se développent chaque mois dans tout le pays contre les « restructurations ». Nous proposons que le PCF impulse une véritable nationalisation de la bataille de La Poste (en lien avec notre rejet de la réforme territoriale), en remettant en avant le refus des directives européennes.
+ Dès son arrivée en 2012, Hollande a validé le plan de liquidation des usines PSA en France, l’enterrement de la sidérurgie de Florange. Puis Montebourg a démantelé Alstom. Mais le PCF nationalement (et aucune force politique) n’a pas mis en avant la nécessité et les possibilités effectives, liées au rapport de force, de la nationalisation.
+ En juin 2014, les cheminots ont mené un mouvement de grande ampleur pour défendre une entreprise nationale centrale, des acquis sociaux importants pour tout le monde du travail. Leur mobilisation a déjoué le plan du gouvernement qui attendait une réaction résignée de complaisance. Elle préserve le développement et les convergences des luttes dans tout le secteur des transports. Il est nécessaire aujourd’hui de rappele rles positions de repli du porte-parole parlementaire du Front de gauche (PCF) qui s’est abstenu sur la dissolution de la SNCF de 1937 avant d’appeler à la fin de la grève. Les députés PS « frondeurs » ont voté comme un seul homme contre les cheminots et les usagers. Il est impensable de continuer à s’aligner sur eux !
+ En 2010, par millions, les salariés sont descendus dans la rue pour défendre la sécurité sociale et la retraite à 60 ans, des semaines durant. Englués dans le Front de gauche, le Parti n’a pas aidé à préciser les revendications – retrait de la loi Woerth -, a contribué à renvoyer l’issue vers les élections de 2012. Auparavant, la faiblesse du ème 7 soutien à la lutte contre la casse des régimes spéciaux en 2007, a participé de l’échec de 2010. Ce rapport de force pour la sécurité sociale ne s’est pas évaporé.
Mais sur ce sujet, comme sur les autres, une clarification de nos positions théoriques est indispensable, même si (d’autant plus si !) elle nous met en contradiction avec les organisations réformistes.

II - Crise du capitalisme: lever quelques illusions réformistes

De « crise » en « crise » : la crise générale du capitalisme

l’automne 2008 éclatait la « crise financière ». Elle suivait la « crise des « subprimes ». Les économies des principales puissances capitalistes (États-Unis, Europe, Japon…) ont connu en 2009 une récession d’une gravité souvent inédite depuis 1945. Ce mouvement de repli continue depuis 2010. On parle maintenant de la « crise des dettes publiques ». Nos économistes s’attendent à une nouvelle crise après 2017 avec l’explosion des bulles spéculatives, notamment immobilières, gonflées par la politique d’injection massive d’argent dans l’économie par la BCE. La succession rapprochée de ces crises, leur intensité donnent lieu à différentes interprétations. Pour nous, elles ne résultent pas d’un excès du capitalisme, du « néolibéralisme », mais de la manifestation de la crise générale du capitalisme.
La financiarisation du capitalisme ne date pas d’aujourd’hui. Elle a été précisément analysée déjà par Lénine en 1916 dans « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme ». La faculté du capitalisme à impulser et instrumentaliser à son profit de nouvelles techniques et technologies est inhérente à son essence. Un facteur peut expliquer l’intensification de la crise générale du capitalisme : l’affaiblissement, puis la disparition du contrepoids que représentait, dans le rapport de classe mondial, l’existence de l’URSS et des pays socialistes d’Europe de l’est. Notamment en Europe de l’ouest, la période du « compromis social » est révolue. Depuis 40 ans en France, la tendance à la paupérisation de la classe ouvrière, théorisée par Maurice Thorez, se confirme au grand dam des réformistes d’hier et d’aujourd’hui.
La disparition du « camp socialiste » a entraîné également une nouvelle étape de la mondialisation du capitalisme. Elle s’est caractérisée par une extension géographique du système, par une lutte encore plus exacerbée entre puissances capitalistes et multinationales pour le contrôle des richesses naturelles et des marchés.
Des économies dites « émergentes » ne semblent plus échapper à la crise du capitalisme, que ce soit le Brésil ou même la Chine.
L’analyse marxiste fondamentale se vérifie : La réalité du capitalisme, c’est la recherche du profit maximal confrontée à la baisse tendancielle du taux de profit. Ce qui est décrit comme la financiarisation de l’économie, l’explosion de la dette privée, notamment dans les pays anglo-saxons, puis de la dette publique est autant une manifestation de la crise qu’un instrument pour renforcer l’exploitation du travail. Le système a besoin, plus que jamais, de détruire du capital pour renforcer son taux de profit.
La crise est inhérente au système. Le capitalisme sait utiliser sa propre crise pour renforcer sa domination en l’absence d’un mouvement révolutionnaire suffisamment fort.

On assiste ainsi à un affrontement terrible entre le capital et le travail, à l’échelle planétaire, les uns pour maintenir et accroître leur taux de profit, les autres pour s’assurer des conditions d’existence décentes. Les gouvernements au service du capital entreprennent d’accélérer et d’aggraver brutalement, à la faveur de la crise, toutes leurs politiques antisociales qui sont pourtant à l’origine de cette dernière. Les mêmes recettes s’appliquent dans tous les pays, notamment d’Europe, où tous les acquis sociaux et démocratiques des peuples sont attaqués. Le risque de guerre s’aggrave.
Ces fondamentaux de notre théorie marxiste de la crise nous font réfuter certains raisonnements réformistes actuellement mis en avant, même à « gauche ». Il y a quelques années, la dénonciation par Sarkozy des « excès du capitalisme » et son invitation à « le moraliser » avaient amusé et scandalisé. Aujourd’hui est diffusée à « gauche » la thèse qu’il faudrait « baisser le coût du capital plutôt que le coût du travail ». L’expression semble opposer capital et travail, alors qu’au contraire elle légitime le système lui-même dans une formule trompeuse. Dans les deux expressions, la notion de coût suppose que l’on se mette dans la situation du patron, du capitaliste. Un taux de profit de 10% serait excessif, un taux de 5% légitime. Nous mesurons le danger de ces théories qui légitiment l’exploitation capitaliste et s’opposent aux revendications des travailleurs. Par ailleurs, nous savons que la captation du profit par les capitalistes s’effectue de plusieurs façons. La hausse constatée des dividendes servis aux actionnaires (à corriger statistiquement pas les dividendes servies aux maisons-mères) est totalement à dénoncer, mais elle coïncide avec des taux d’intérêt très bas. Notre seul combat doit être contre l’exploitation capitaliste.
De même, nous savons depuis Marx que le chômage est inhérent au système capitaliste qui a besoin « de l’armée de réserve » des chômeurs pour renforcer l’exploitation des actifs. Nous ne pouvons concevoir de lutte contre le chômage hors d’une lutte contre le capital. Nous luttons pour le renforcement de l’assurance chômage, de la formation professionnelle, financées par la cotisation patronale, pour des moyens nouveaux de Pôle emploi. Nous nous battons aussi pour la baisse du temps de travail (la semaine de travail à temps plein est remontée à 39,4 heures) et le rétablissement de la retraite pleine à 60 ans avec 37,5 annuités, revendication de progrès et de justice sociale, amenant une baisse du chômage.
Mais nous rejetons toute prise en charge par la collectivité – les travailleurs – de la précarité, de la flexibilité, d’une partie des salaires dus par l’exploiteur destinée à camoufler statistiquement le chômage tout en continuant à peser sur les salaires et les conditions de travail. Notre principal axe de lutte contre le chômage restant la défense de l’appareil productif, du salaire et du salaire socialisé, de la réponse aux besoins. Face au réformisme, une autre clarification s’impose : la levée du mythe d’une possible transformation de l’UE du capital en « Europe sociale ».

UE du capital/euro : la question, c’est comment s’en sortir !

L’UE est une machine à broyer les acquis sociaux et démocratiques nationaux. Ce constat est de plus en plus partagé. Les reculs sociaux dans chaque pays s'inscrivent dans le droit fil du Traité européen de Lisbonne. Au nom de la « concurrence libre et non faussée », de la recherche de « compétitivité », l’UE sert de prétexte et d’instrument aux gouvernements nationaux en vue d’augmenter le profit capitaliste , par le renforcement de l’exploitation des travailleurs et par l’extension du marché capitaliste à tous les domaines qui lui échappent, services publics, protection sociale.
L’UE dévoile encore plus clairement sa raison d’être, qui remonte au Traité de Rome , en faveur de la finance et des trusts. Avec le FMI et les gouvernements nationaux, elle est à la barre pour imposer les plans de recul social aux pays, similaires aux plans d’ajustements structurels qu’impose le FMI. L’exemple grec est éloquent.
Profitant de la crise, l’UE tente un pas de plus dans la remise en cause des démocraties nationales. La Commission européenne prétend maintenant placer les budgets nationaux directement sous sa tutelle pour imposer le carcan de Maastricht.
Les effets de l’euro, pour lequel devraient être consentis toutes les régressions sociales, apparaissent de façon flagrante. Ce que nous dénoncions dans les années 90, dans nos campagnes contre le traité de Maastricht, celui d’Amsterdam et la monnaie unique, se réalise exactement.
L’euro est conçu dans l’intérêt de la finance européenne. L’euro fort l’aide à spéculer, à délocaliser. Au sein de sa zone, l’euro accentue la mise en concurrence des économies et des travailleurs. Il écrase les activités économiques en développement , notamment dans les pays périphériques, mais favorise les groupes capitalistes les plus forts, notamment en Allemagne (mais pas les travailleurs allemands). Là encore, l’exemple grec illustre combien l’euro place les peuples sous la dépendance du capitalisme européen. Comme nous mettions notre pays en garde, l’euro, loin d’unir les peuples, les dresse les uns contre les autres et attise le nationalisme. Les campagnes de dénigrement, de haine, reprenant tous les clichés xénophobes, auxquelles nous assistons, l’attestent.
Le mythe européen, celui de l’Europe « qui protège, qui unit », a de plus en plus de plomb dans l’aile, malgré les campagnes idéologiques incessantes, à tous les niveaux, pour forger un nationalisme européen. L’UE, ce n’est pas la paix : elle attise les guerres comme on le voit en Ukraine. Loin de s’émanciper de l’impérialisme américain, l’UE, coordination des impérialismes européens, est plus associée avec lui dans l’OTAN, peut-être demain dans le TAFTA.

Transformer l’opposition de classe à l’UE en positions de classe et de lutte pour rompre avec elle

Le rejet de l’UE unit de plus en plus fortement les peuples , après les victoires du NON aux référendums de 2005 en France et aux Pays-Bas. Nous pouvons et nous devons le caractériser comme un rejet de classe du capitalisme européen que les peuples identifient, à juste titre, comme source de recul économique et social et de souffrance.
Les tenants de l’UE du capital tentent de dévoyer cette réaction dans des partis nationalistes et des part is d’extrême-droite. Ceux-ci servent, d’une part, de forces d’appoint politiques aux capitalismes nationaux dans leur concurrence au sein de l’UE. Ils servent surtout, d’autre part, à disqualifier l’opposition à l’UE du capital en l’associant à des positionnements xénophobes et racistes.

Communistes, il est de notre responsabilité, en France, de ne pas laisser faire, de ne pas laisser aux nationalistes le terrain de l’opposition à l’UE. De son côté, le mouvement réformiste peine de plus en plus à convaincre que l’on pourrait « changer l’UE ». On voit comment s’est traduite la volonté de Hollande en 2012 de « réorienter la construction européenne ». Sous un affichage plus « radical », le nouveau dirigeant du parti travailliste britannique Corbyn ou le leader du parti espagnol Podemos Iglesias s’efforce de contenir le mouvement populaire contre l’austérité dans le cadre de l’acceptation de l’UE. Tsipras défendait aussi en Grèce l’illusion d’une UE réformable. Au pouvoir il a fait la démonstration qu’aucune alternative politique n’est possible dans le cadre de l’acceptation (la soumission) à l’Union européenne dont il applique la politique violemment antisociale (et anti-migrants).
Notre parti doit revenir à ses positions historiques de rupture avec l’ Union européenne.
Aussi fermement qu’il s’est toujours battu pour le développement de coopérations mutuellement avantageuses entre les nations d’Europe (et d’ailleurs), devenu encore plus nécessaire, notre parti s’était opposé à l’Europe supranationale du capital, depuis le Traité de Rome, jusqu’à ceux de Maastricht en 1992 et d’Amsterdam en 1998, en passant par l’Acte unique de 1986. Nos positions, fortement ancrées dans le Parti et le pays, ont alimenté l’action décisive des communistes dans le rejet par notre peuple en 2005 du projet de constitution européenne.
Après 1997, la direction de notre parti a opéré un virage appelé alors « euroconstructif ». Le gouvernement de la gauche plurielle venait d’approuver le Traité d’Amsterdam et allait signer les conclusions du sommet de Barcelone. Ce revirement a amené la direction du PCF à abandonner la défense de la souveraineté nationale et à envisager une réforme de l’UE, allant dans le sens de « l’Europe sociale », indépendamment du droit de notre peuple à disposer de lui-même. L’adhésion au PGE, puis la collaboration avec la Confédération européenne des syndicats, CES (favorable au traité très libéral de Lisbonne), a accentué cette évolution.
La situation présente doit nous amener, avec encore plus d’urgence, à revenir sur ces orientations, sous peine d’être en porte-à-faux avec les aspirations de notre peuple et nos propres propositions. L’UE souffre d’un déficit croissant de légitimité. C’est tant mieux ! Elle n’est pas réformable.
Ce discrédit est un point d’appui pour mettre en échec les politiques menées en son nom dans l’intérêt du capital. En France, les traités, directives et règlements européens, par exemple ceux de marchandisation des services publics n’ont pas à s’appliquer, à servir de prétextes à la politique du pouvoir
La coopération entre les peuples ne se fera jamais dans le cadre de l’UE. L’UE, mais aussi la BCE et l’ensemble de ses institutions sont conçues pour imposer un niveau supranational où les trusts sont tout puissants mais sur lequel les peuples n’ont aucune prise. Affirmons clairement que « l’Europe sociale », comme la « refonte démocratique et solidaire de l’Europe » sont des leurres !
Comme la victoire du Non en France en 2005 ou la lutte héroïque des travailleurs grecs le montrent, les luttes de chaque peuple s’enrichissent des batailles nationales et de l’internationalisme, mais non de l’acceptation du cadre supranational du capital.
Aussi, nous proposons que le 37 ème congrès : - Ouvre une réflexion sur les conditions d’une sortie de la France de l’UE - Lance une campagne pour la sortie de la France de l’euro, synonyme, vu la position centrale et le poids de la France (à la différence du cas grec) de dissolution de cette monnaie et de la BCE - Renforce sa campagne contre le TAFTA, dont les négociations laborieuses et secrète illustrent les divergences entre les intérêts impérialistes américains et européens mais s’effectuent, de toute façon, sur le dos des peuples. - Félicite les organisations progressistes néerlandaises pour leur campagne pour non au référendum du 6 avril sur la ratification de l’accord d’association UE-Ukraine et la relaie en France. - Adresse un témoignage de soutien aux organisations progressistes, dont les partis communistes, de Grande-Bretagne et d’Irlande-du-Nord qui militent pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE en vue du référendum du 23 juin.

Cesser de cautionner le PGE pro-européen et renouer avec les partis communistes en Europe et dans le Monde

L’adhésion du PCF s’est faite dans la précipitation et la confusion en 2001, avec l’avis de moins d’un quart des communistes français. Des partis communistes importants, comme le KKE et PCP (Portugal) ont exclu d’y adhérer. Le Parti communiste allemand (DKP) vient de décider en congrès de s’en retirer.
Les communistes français doivent disposer de tous les éléments. Le PGE est un « parti européen », parrainé et financé par la Commission européenne. Il a inscrit dans ses statuts sa fidélité à l’intégration européenne et à ses mythes fondateurs. Au Portugal, en Grèce et ailleurs, il soutient structurellement des organisations ouvertement opposées aux PC. Son adhésion à la « construction » européenne est originelle. Elle s’est confirmée de façon flagrante et grave pour les progressistes européens. En Grèce, une de ses composantes, Syriza, est au pouvoir, relaie et applique les diktats antisociaux de l’UE et de la BCE. A côté de Tsipras, un autre dirigeant historique du PGE, l’Allemand Gregor Gysi, appelle, après les élections régionales qui ont vu la percée du parti nationaliste AfD, à des rapprochements avec … la CDU de Mme Merkel. Le PCF dispose d’un autre cadre, souple, d’échange avec des partis européens : le groupe au Parlement européen GUE-NGL. Aussi, nous demandons que le 37 ème congrès remette en cause l’appartenance du PCF au PGE et organise une consultation des communistes sur cette question.


Edité le 10-04-2016 à 15:56:06 par Xuan




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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
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III – Propositions de luttes immédiates
Des axes de luttes immédiates


Notre parti a vocation à intervenir sur tous les sujets politiques pour construire, par ses propositions, ses actions dans les luttes, des rassemblements susceptibles de mettre en échec le pouvoir au service du capital. La « convention nationale du projet », annulée par la direction du PCF, aurait dû être la base de l’élaboration d’un programme général du Parti. Sa nécessité demeure. Dans cette attente, le 37 ème congrès doit proposer quelques grandes campagnes rassembleuses, en lien avec les principales luttes imminentes, porteuses des positions de rupture nécessaire pour gagner et contribuer à leur convergence.
La bataille la plus immédiate est celle contre la casse du code du travail . Nous avons précisé plus haut le contenu de notre action communiste, pour déborder les récupérations politiques, pour gagner le retrait pur et simple du projet de loi El-Khomri et pour faire éclater les convergences d’intérêt manifestes avec la lutte des cheminots contre les dispositions antisociales de la « réforme » ferroviaire et celle des fonctionnaires contre les atteintes au statut général de la fonction publique. Cette bataille générale pour le statut du travail, défendant tous les acquis, est une réponse à la tentative du système d’étendre l’exploitation par l’auto-entreprenariat. Le congrès appelle à une réflexion approfondie sur ce phénomène et la riposte à lui apporter.
En 2015, pour la première fois, l’espérance de vie a diminué sans cause exceptionnelle. Parallèlement, le gouvernement se flatte d’un « déficit » moindre que prévu de l’assurance maladie. L’attaque contre notre système de santé, notamment contre l’hôpital public s’intensifie. La loi Touraine est venue compléter la loi Bachelot avec les « groupements hospitaliers de territoire », machines à broyer les hôpitaux, notamment de proximité, et les services. La réforme territoriale et les nouvelles grandes régions l’aggravent. La généralisation du tiers-payant ne s’effectuera finalement que pour la part Sécu : elle a servi d’écran de fumée. La désertification médicale (offre de soin de secteur 1) s’aggrave, même en secteur urbain. Les centres de santé, dont la défense et le développement sont une de nos priorités, sont menacés par leur déficit structurel de financement, aggravé par la loi Bachelot. Les objectifs de cette politique, continue malgré les alternances, sont bien connus. Il s’agit d’un côté de développer le secteur privé lucratif, en particulier pour les longs et moyens séjours, de l’autre de détourner le financement de la sécurité sociale vers le profit. Nous faisons une priorité de l’unification des multiples luttes locales pour la défense des hôpitaux, de leurs moyens humains et matériels. Au cœur de nos propositions, se trouve le rétablissement et le développement du financement solidaire de la Sécurité sociale par la cotisation sociale. A la logique « baisse des cotisations sociales au profit du patronat - fabrication d’un déficit - destruction de l’offre de soin pour le combler », nous opposons « évaluation des besoins de santé – développement de l’offre – mise à niveau des cotisations sociales correspondante ».
Une nouvelle bataille fondamentale pour la défense du financement de la Sécu (toutes branches confondues, retraites, famille, maladie, AT-MP) s’annonce pour 2017. Le Pacte de responsabilité avec le CICE que Hollande va transformer en nouvelles exonérations définitives de cotisations patronales va à nouveau plomber les comptes et creuser les déficits d’autant plus que la politique d’austérité diminuera encore les compensations du budget de l’Etat. D’autres contre-réformes structurelles sont programmées en complément dont la retenue à la source de l’impôt et la fusion CSG-impôt sur le revenu. Notre campagne ne peut pas s’appuyer sur certaines propositions erronées. La « modulation des cotisations 14 sociales » en fonction de la politique d’emploi des entreprises est une fausse bonne idée qui légitime les exonérations, la pédagogie de la « baisse du coût du travail ». La taxation des revenus financiers des entreprises serait une très bonne chose mais non pour la Sécu dont le financement ne peut pas reposer sur les aléas de la finance comme les fonds de pension. Notre bataille doit essentiellement exiger la fin des exonérations de cotisations sociales patronales qui représentent au total 41 milliards d’euros par an, soit plus de quatre fois le « déficit ».
Education et enseignement supérieur. Sur ce sujet, une Commission du Parti a actualisé nos positions constantes. Nous proposons que le congrès appelle à mieux les diffuser. La création de 60.000 postes pendant le quinquennat, censés compenser (en fait insuffisamment) les suppressions sous Sarkozy était l’une des seules promesses concrètes du candidat Hollande. Alors qu’il ne lui reste plus qu’une rentrée, Hollande n’est même pas à la moitié de l’objectif. Avant 2017, pour des postes, des postes de remplaçants, contre les fermetures de classe, notre bataille politique saura reprendre cet engagement. Après la contreréforme Darcos du lycée, les « rythmes scolaires » de Peillon, maintenant la contre-réforme du collège de Vallaud-Belkacem, visent, sous différents affichages, à réduire l’offre en quantité et qualité l’offre publique d’enseignement, à attaquer l’unicité de l’éducation nationale et son principe d’égalité, à favoriser le secteur privé et l’intrusion d’acteurs privés et de la logique marchande dans l’école publique. Nous réaffirmons notre implication dans la bataille contre ces « lois », actuellement contre la « réforme » du collège. Nous faisons du rétablissement d’une carte scolaire, à tous les niveaux, redéfinie pour plus d’égalité, une priorité. Nous demandons plus que jamais la fin des subventions à l’école privée, la suppression immédiate des aides extra-légales que lui accordent les collectivités, l’obligation de scolarisation dans le public ou dans le privé sous contrat.
Logement : financer et construire 250.000 logements réellement sociaux par an pendant 5 ans . Le système et la politique des gouvernements successifs s’efforcent de faire du logement, besoin élémentaire, une marchandise toujours plus rare et plus chère. Le mal-logement frappe 3,8 millions de personnes. Le taux d’effort des ménages, pour des logements dont la qualité de s’améliore plus, ne cesse d’augmenter, dépassant 20% en moyenne du revenu (énergie et eau comprises), encore davantage avec le poids croissant des impôts locaux. Il dépasse 40% pour les revenus les plus modestes, dont les jeunes et les étudiants. Le budget des accédants et des « petits » propriétaires est aussi lourdement grevé pour une propriété de plus en plus précaire. Le taux d’effort dans le parc social tend également à monter, même si les aides sociales le répartissent sur l’ensemble de la collectivité. Le taux planché de logements « sociaux » (incluant en réalité des loyers « intermédiaires » mis en place dans les villes depuis la loi SRU ont peu modifié cette situation de pénurie. Les effets de la loi Boutin de 2008, abaissant les plafonds de revenus pour l’accès au logement social et généralisant les surloyers, se font sentir et renforcent la ségrégation sociale et spatiale, aux conséquences néfastes multiples. Pour répondre aux besoins, « détendre le marché », nous faisons de la construction de logements réellement sociaux notre objectif prioritaire : 250.000 constructions (nettes des démolitions) par an pendant 5 ans. Nous militons pour une forte augmentation de l’aide à la pierre, la centralisation intégrale de l’épargne du livret A à la Caisse des dépôts et consignations et son affection entière au logement sociale, le rétablissement du montant et des objectifs (logement des salariés) du « 1% logement ». Nous demandons la création d’un service public national du logement au service d’offices HLM publics autonomes (et non de SA).

Pour nous, l’écologie est une préoccupation essentielle mais qui ne saurait être dissociée de nos luttes contre le capitalisme . Ce système, dans sa recherche de profit maximum à court terme, tend à être indifférent à la détérioration du cadre de vie, de la santé des travailleurs et des populations, à gaspiller les 15 ressources, à menacer, dangereusement pour l’humanité, des équilibres écologiques, du local au planétaire. L’idéologie dominante utilise aujourd’hui les propres menaces que le capitalisme fait peser sur l’environnement pour développer de nouveaux marchés à son profit : marché des droits à polluer, « capitalisme » vert. Au nom de l’énergie renouvelable, des taxes nouvelles sont, par exemple, prélevées sur les factures des consommateurs. Le risque « écologique » sert de prétexte à la fermeture d’usine pour mieux les délocaliser, tandis que la recherche de compétitivité justifie l’abaissement, la « simplification » des règles de sécurité etc. Le réchauffement climatique constaté dans les dernières décennies du 20 siècle pose des inquiétudes légitimes. Ses causes font l’objet de recherche. Mais au-delà de cela, la « COP 21 » a été le symbole de l’instrumentalisation par le capital des préoccupations écologiques. Indifférentes, par exemple, à la faim dans le monde, les grandes puissances impérialistes enrôlent les opinions publiques dans cette nouvelle croisade morale. On invite les populations à accepter une restriction de la réponse à leur besoin au nom de cette cause, notamment dans les pays les moins développés. L’aide au développement est détournée vers le capitalisme « vert », tandis que le pillage des ressources énergétiques des pays les plus pauvres continue. Les puissances impérialistes, les lobbys représentant les différentes industries énergétiques s’affrontent dans ce cadre idéologique imposé par les impérialismes occidentaux. Parce que nous sommes communistes, nous sommes des écologistes conséquents. Nous replaçons les conséquences et les causes dans l’ordre et croyons à la science et au progrès.

L’agriculture française connaît une crise structurelle profonde.
La situation est grave.
Un tiers des exploitations sont menacées. La balance commerciale agricole du pays, hors vins et spiritueux, est passée dans le rouge. Le système, avec l’UE, passe à une nouvelle étape de la liquidation de l’agriculture paysanne. La PAC ancienne manière a organisé et accompagné la mise à mort des petites et moyennes exploitations, la concurrence dans le marché commun européen. La future PAC prépare, avec l’OMC, l’insertion totale dans le marché spéculatif mondial de l’alimentation. La fin des quotas sucriers l’an prochain en est une étape, par exemple. La disparition de quantité de productions en France, même des plus traditionnelles, est programmée. Les luttes paysannes, notamment des éleveurs, sont déterminées et cherchent une réponse politique que les tenants de l’agriculture industrialisée ne peuvent leur apporter. Communistes, nous défendons une agriculture paysanne répondant, en qualité et quantité, aux besoins de la population du pays, dans toutes les productions possibles, ouverte à des échanges équitables avec d’autres pays, moins avantagés par la nature notamment. Cela passe, non par des « aides » accompagnant la fin, mais par des prix rémunérateurs et donc par une régulation publique des marchés. Cela passe aussi par des financements nouveaux, prêts avantageux à très long terme, aux exploitations, par une relance publique d’un mouvement coopératif digne de ce nom. La proposition de nationalisation de la grande distribution rentre dans cette perspective. La rupture avec le « libre échange », la concurrence déloyale et le dumping social imposés par l’UE et l’OMC est une nécessité encore plus forte dans le secteur de l’alimentation humaine.
La défense et le développement des services publics, la lutte contre les privatisations. La question de la défense des services publics est décisive pour construire l’alternative politique tout de suite. Ils tiennent en effet une place structurante dans l’organisation et l’économie du pays. Ils constituent une référence sociale pour l’ensemble des salariés. La capacité de mobilisation et d’entraînement des salariés du secteur public est un atout déterminant pour l’ensemble du mouvement social. Le démantèlement, l’établissement des critères du privé, la privatisation de tous les services publics sont l’un des axes de la politique des gouvernements successifs. Le processus de privatisation suit un schéma similaire pour chaque entreprise, marqué notamment par la mise en concurrence et la marchandisation de ème 16 l’activité sous prétexte d’une directive européenne, la remise en cause des statuts de l’entreprise et des personnels.
La force et les suites de la lutte des cheminots en 2014 contre la « réforme ferroviaire » constituent de nouveaux points d’appui pour la résistance de tous les salariés des services publics et des usagers.
Les points de convergences avec les usagers et l’ensemble des citoyens sont très importants. L’expérience est faite des premières privatisations, aussi bien en termes de dégradation du service rendu, des conditions de travail et de sécurité, de remise en cause du principe d’égalité, de hausse des tarifs, de menaces de désertification, de suppressions d’emploi qu’économiquement, en termes de reconstitution d’oligopoles privés.
Pour nous communistes, la question des services publics et des entreprises nationales est essentielle parce qu’ils constituent un point de résistance fondamental au marché capitaliste, une première étape dans l’appropriation publique des moyens de production, le socle d’un développement de l’économie basé sur la réponse aux besoins. Nos camarades, à l’image de Marcel Paul, ministre communiste à la Libération, auteur de la nationalisation de l’électricité et du gaz, ont joué un rôle déterminant dans leur conquête.
Notre efficacité dans cette lutte suppose une clarification sans ambiguïté de nos positions : - refus de l’application en France des directives et règlements européens de mise en concurrence des activités de service public - revendication de la défense, de la reconquête et de l’extension des monopoles publics, notamment gagnés en 1937 et en 1944. - conception du service public « à la française » : la notion de service public est indissociablement liée à la propriété publique de l’opérateur.
La bataille pour la sauvegarde et le développement des services publics tout de suite doit aussi être dirigée vers les collectivités locales, régions, communautés d’agglomération, municipalités. Nous revendiquons la (re)municipalisation ou la création de régies (gérant directement l’exécution) par exemple pour assurer un service public de distribution de l’eau ou des transports urbains…

Pour la nationalisation des secteurs clés de l’économie. A côté de nos actions pour la reconquête des grands services publics nationalisés, nous proposons que le congrès reprenne résolument nos campagnes pour la nationalisation des secteurs clés de l’économie dans l’esprit des nationalisations démocratiques de la Libération. Le Parti n’a jamais prétendu que des nationalisations, sous régime capitaliste, représentaient un début de socialisme ou des îlots de socialisme. Mais la nationalisation représente une importante amélioration du rapport de force, en faveur des salariés et du peuple, pour développer les secteurs clés de l’économie, les défendre face à des projets destructeurs du capital, dans le sens de la réponse aux besoins du pays. Nous nous prononçons pour des nationalisations intégrales, à 100%, y compris par voie de réquisition, excluant l’actionnariat privé. Dans les entreprises publiques, la lutte reste constante contre l’étatisation au service du profit capitaliste réalisé dans le reste de l’économie, contre la « nationalisation des pertes ». La signification historique, démocratique, de la « nationalisation à la française » explique pourquoi le gouvernement de Sarkozy en 2008 s’est bien gardé de nationaliser les banques mais a eu recours à une autre forme pour son plan d’aide à la finance. En 2012, face au plan de liquidation de plusieurs usines de PSA en France, à l’enterrement de la sidérurgie de Florange, en 2013, face au plan de démantèlement d’Alstom, le Parti aurait pu et dû porter la revendication de la nationalisation dans une campagne nationale de soutien aux luttes. 17 Parmi les secteurs clés, dont la nationalisation s’impose, nous proposons que le congrès inscrive, entre autres : L’ensemble du secteur bancaire et financier, les industries sidérurgiques, automobiles, aéronautiques, pharmaceutiques…, les industries d’armement, le secteur énergétique, les autoroutes… Dans ces activités particulièrement, il existe objectivement un rapport de force potentiel national pour des nationalisations démocratiques.


IV – Retrouvons notre engagement total contre l’impérialisme et pour la paix
Le capitalisme mondialisé, c'est la guerre


Au plan international, nous assistons à une effrayante montée des périls. La fin de la « guerre froide » était censée ouvrir une période de détente et de désarmement. Le contraire se produit avec la multiplication des foyers de guerre et des risques d’embrasement régionaux voire mondiaux. Les dépenses d’armement, notamment celles des États-Unis, de la Chine ou de la France s’envolent. Nous analysons tout cela comme le résultat de la nouvelle étape de la mondialisation capitaliste et de l’exacerbation des oppositions interimpérialistes, notamment avec l’émergence de nouvelles puissances mondiales et régionales. La concurrence pour le contrôle des marchés, des matières premières, y compris l’alimentation, bat son plein.
Notamment depuis le 11 septembre 2001, les stratèges américains appliquent la théorie de la guerre permanente. Outre ses objectifs impérialistes directs, elle vise également à nourrir leur puissant lobby militaro-industriel. Elle rentre dans la logique du développement de grandes peurs collectives, pour écraser la contestation politique et sociale du système capitaliste par un renforcement de l’appareil répressif, par un embrigadement idéologique des peuples. Les impérialismes européens, dont les intérêts ne concordent pas exactement, s’intègrent globalement, comme alliés dans l’OTAN, dans la politique américaine, participant à ces guerres, prenant à leur charge les expéditions en Libye et en Afrique subsaharienne. Les puissances de l’UE et les États-Unis ont collaboré au coup d’État et au déclenchement de la guerre en Ukraine, facteur grave de déstabilisation du continent européen.
Pour autant, leurs intérêts principaux ne semblent pas coïncider entièrement, les États-Unis semblant chercher plutôt à juguler la puissance russe, les États européens et singulièrement l’Allemagne à disposer en Ukraine d’une base arrière de main d’œuvre et de délocalisation au moyen de l’accord d’association avec l’UE. La dénonciation de cette ingérence et de cet accord, le refus du régime de Kiev qui plonge le pays dans la faillite, le chaos et le fascisme, sont des priorités pour notre Parti. A ce congrès, nous en sommes encore à pousser notre réflexion sur la nature du régime russe.
La Russie de Poutine suit incontestablement une politique d’affirmation, y compris agressive, de puissance nationaliste. Pour autant, l’économie russe en pleine décadence, dilapidant ses matières premières et ce qui reste des acquis du socialisme, sans réellement de bourgeoisie avide de marchés et d’expansion, ne rentre pas dans la caractérisation de l’impérialisme. Le régime autoritaire de Poutine, érigé en modèle par une partie de la droite et de l’extrême-droite française ne suscite en rien notre sympathie, pas davantage avec sa pratique de détournement de certains symboles de l’URSS.
La Chine, en voie de surarmement, à l’économie et à la bourgeoisie expansionnistes, à la recherche de marchés, d’investissements et de ressources primaires présente les traits d’une puissance impérialiste. La montée des tensions avec le Japon, les tentatives d’expansion en mer de Chine face au Vietnam et aux Philippines sont préoccupantes pour la paix. Mais là aussi, notre analyse a besoin d’un complément d’information vu l’origine socialiste de ce pays et sa gouvernance par un parti « communiste ».
La Syrie est le théâtre dramatique de l’affrontement par procuration de la plupart des impérialismes mondiaux et régionaux (Turquie, pays du Golfe, Iran, Israël). Les groupes terroristes islamiques dont Daech sont les enfants directs de celles de ces puissances qui les ont armés et financés.

Notre parti doit reprendre son combat pour la paix et contre l'impérialisme

Notre théorie et notre expérience historique issue de l’opposition à la première guerre mondiale nous enseignent que notre Parti doit, dans le cadre de la solidarité internationaliste, pour la paix, contre l’impérialisme, combattre d’abord son impérialisme national. La direction et les parlementaires du PCF ont rompu avec les positions communistes de toujours en rentrant dans l’union « sacrée » derrière Hollande aux lendemains des attentats du 13 novembre, puis en votant la prolongation de l’état d’urgence et l’intensification des frappes en Syrie. Ils sont rentrés en contradiction avec des slogans aussi justes que « ne pas ajouter la guerre à la guerre » ou « leurs guerres, nos morts ».
Le congrès doit réviser cette position belliciste . Elle suit l’approbation, déjà, de l’opération militaire au Mali et surtout l’alignement derrière les positions chauvines, liées au lobby militaro-industriel français de Mélenchon (ami de Dassault), qui s’est prononcé pour une intervention militaire européenne en Libye. Les positions internationales du Parti ne peuvent plus se cantonner à des appels rituels à des tables rondes sous l’égide de l’ONU. L’ONU est certes la seule organisation disposant d’une légitimité et d’une légalité internationales mais ses résolutions sont limitées par les marchandages entre grandes puissances. Depuis la présidence de Sarkozy et encore plus depuis celle de Hollande, la diplomatie française connaît un infléchissement inquiétant qui pose question. Au refus sous Chirac de l’intervention US/OTAN en Irak a succédé l’intervention en Libye, la surenchère incendiaire en Syrie (Fabius allant jusqu’à saluer les mérites des terroristes d’Al Nosra). Le gouvernement a également apporté un soutien inacceptable à la politique guerrière, criminelle d’Israël (Gaza 2014), État colonialiste, fauteur de guerre, pointe avancée de l’impérialisme occidental. Nous devons poser la question des intérêts économiques qui ont amené à ce changement dans la politique de l’impérialisme français, notamment avec en lien avec les dictatures du Golfe.
Le 37 ème congrès doit affirmer ou réaffirmer :

- L’exigence de l’arrêt immédiat des opérations militaires françaises à l’étranger , de la fermeture des bases militaires à l’étranger, du rapatriement de tous les soldats français.
- L’exigence de la sortie de la France de l’OTAN et de toute forme d’Europe de la défense.
- Notre condamnation de la politique de l’État d’Israël, de guerre, d’oppression et de colonisation , de son soutien par les autorités françaises. Notre solidarité avec le peuple palestinien et les pacifistes israéliens qui s’ebattent pour une paix juste et durable.
- L’exigence de la suspension des livraisons d’armes et des accords économiques avec les dictatures obscurantistes du Golfe , à commencer par le Qatar et l’Arabie Saoudite.
- La nécessaire fin de la politique de complaisance avec le régime turc à tendance dictatoriale, à sa politique de répression des libertés, à ses guerres contre les populations kurdes de Turquie et de Syrie, à son soutien au terrorisme.
- Notre condamnation totale de l’accord UE/Turquie sur les « migrants » , concocté notamment par les premiers ministres Tsipras et Davutoglu, du marchandage d’êtres humains qu’il organise,
- l’exigence d’un accueil décent pour les réfugiés, l’expression de notre solidarité de classe avec eux , la condamnation des causes qui les poussent à partir - guerres et dictatures – du cynisme des capitalismes européens, notamment allemand à la recherche d’une main d’œuvre d’appoint.
Par ailleurs, le congrès doit être l’occasion
- de réaffirmer notre soutien à Cuba socialiste , dans la phase nouvelle, de détente, dans son affrontement avec l’impérialisme américain, l’exigence de la levée immédiate et complète du blocus US et du rétablissement de la souveraineté cubaine sur Guantanamo.
- De manifester notre soutien au peuple vénézuélien et notre condamnation de la tentative impérialiste de renversement de son expérience émancipatrice. Le congrès peut et doit enfin être le moment de clarifier la position du PCF sur l’arme atomique française, d’exiger son démantèlement unilatéral, d’enterrer définitivement les fables de la dissuasion et de l’indépendance de l’impérialisme français, d’exiger une baisse des dépenses militaires, la (re)nationalisation et la relocalisation des usines d’armement.

Nos campagnes historiques sont plus que jamais d’actualité : « l’argent pour l’école, pour l’hôpital, pour le développement et la coopération, pas pour la guerre ! ».

V – Évaluer la crise de la démocratie bourgeoise
Sur les ruines de la social-démocratie, rebâtir un parti marxiste et léniniste


Dans tous les pays, la démocratie bourgeoise « à l’occidentale » est en crise grave. Des États comme l’Espagne ou la Belgique restent des mois sans gouvernement issu des élections. L’adhésion au système s’effondre avec une augmentation générale de l’abstention. Des formations politiques nationalistes, même ouvertement d’extrême-droite, progressent. En Europe de l’Est, où la démocratie bourgeoise ne s’est jamais vraiment imposée, l’abstention est régulièrement majoritaire et des gouvernements ultraréactionnaires sont aux commandes dans plusieurs pays. Dans le même temps, les libertés démocratiques fondamentales sont dangereusement remises en cause. En France notamment, le système politique de l’alternance arrive à bout avec ses deux équipes qui se succèdent pour appliquer la même politique au service du patronat et du capital. La différence entre la droite et la « gauche », par rapport à ce que continuent de représenter ces notions dans le pays, tient désormais dans la répartition des rôles dans la même pièce qui se joue. Par exemple contre la Sécurité sociale, la droite attaque davantage les prestations, dont la plus symbolique, la retraite à 60 ans. La gauche en sape son financement. On a presque atteint le modèle américain avec quasiment aucune différenciation entre démocrates et républicains. Mais même ce modèle est en crise aux États-Unis comme on le voit dans la préparation de la présidentielle de fin 2016. Une théorie est développée par des intellectuels de gauche et reprise par la direction du PCF selon laquelle cette crise serait issue d’un double échec, celui du socialisme « réel » et du mouvement communiste d’un côté, celui de la social-démocratie réformiste de l’autre. Il faudrait maintenant reconstruire la gauche. Nous réfutons entièrement ce raisonnement et sa conclusion.
Pour nous, c’est le parti révolutionnaire marxiste et léniniste, le parti communiste qu’il faut reconstruire.
Avec la victoire de la contre-révolution à l’Est (y compris pour des raisons internes) et l’affaiblissement du mouvement politique révolutionnaire, la social-démocratie, le PS en France, a perdu la raison d’être qui était devenue la sienne depuis 1917 et 1920 : contenir le mouvement populaire, la lutte des classes, dans la loyauté au capital.
Le PS était là pour incarner et limiter les conquêtes sociales, les réformes réelles qu’en réalité la lutte des classes conduites par les organisations révolutionnaires avait permis de gagner.
Mais voilà, maintenant, il n’y a plus de « grain à moudre ». Au contraire même, le PS et la « gauche » sont mieux placés que la droite, de par cette histoire, pour détruire les acquis sociaux.
Alors, sauver la « gauche », tirer le PS à « gauche », sauver le PS ? Non, merci ! Dire cela ne signifie absolument pas que nous ne fassions pas toujours une différence, notamment en ce qui concerne la défense des libertés, entre ce que représente la gauche et ce que représente la droite, également entre ce que représentent la gauche et la droite d’un côté et ce que le danger que représente l’extrême-droite de l’autre (même si ce sont les politiciens de droite et de gauche qui font le lit de cette dernière).

Le capitalisme n'a plus besoin de la démocratie

Le capital se trouve devant une contradiction. Les formes de la démocratie bourgeoise qu’il a dû concéder dans un rapport de forces données, notamment en Europe occidentale, pour garantir sa domination constituent aujourd’hui, dans un rapport de forces bien plus défavorable pour le monde du travail, une entrave politique, un ralentisseur, à son besoin intrinsèque de maximisation des profits. Le capitalisme français en particulier est handicapé, face à la concurrence mondialisée, malgré l’aide de l’UE, par ses difficultés politiques nationales à liquider les acquis sociaux et démocratiques de notre peuple.
Communistes, nous ne sommes pas du tout des partisans de la démocratie bourgeoise dont nous avons analysé théoriquement la rasions d’être. Aujourd’hui, sa remise en cause se situe sur le front de la lutte des classes en France. Le capitalisme n’a pas la force de placer tout de suite notre pays sous dictature.
L’état d’urgence, la répression des mouvements sociaux, la multiplication sous tous les prétextes des milices privées et des systèmes de surveillance y tendent cependant dangereusement.
Le capitalisme en est au stade, dans les pays occidentaux, de vider de leur sens les acquis démocratiques. Nous devons lutter contre l’exclusion des masses de la vie politique. L’abstention (la non-inscription même sur les listes électorales) peut être un acte politique ponctuel justifié. Mais son inscription dans la durée, jusqu’à l’indifférence, est dangereuse. La meilleure façon pour nous de s’opposer à cette tendance est de redonner son sens au vote communiste.
Il nous faut évaluer également les effets de l’éclatement du débat public et de l’information avec les nouvelles technologies de la communication. Les référents communs, comme le JT ou la presse quotidienne, s’effacent. Avec internet, la hiérarchisation de l’information est remise en cause ouvrant à de nouvelles récupérations politiques, parfois extrémistes voire sectaires (théorie du complot). L’idéologie dominante sait aussi multiplier les débats de diversion, notamment lorsqu’ils renvoient les uns et les autres vers des identités ou des catégories présumées.

Nos congrès précédents ont consacré beaucoup de temps aux questions « sociétales » notamment. La plupart méritent une position politique du Parti mais sans que jamais elle ne soit coupée des enjeux de classe profonds et des questions économiques et sociales.

Pour les capitalistes, plutôt le FN que le PCF

C’est le cas pour la plus grave des positions de diversion qu’encourage l’idéologique dominante : la division entre les travailleurs par la xénophobie et toutes les formes de racisme. Le recours par le système à l’extrême-droite remonte à 30 ans en France (alors directement par le PS) mais il est passé depuis 2012 à un nouveau stade. La montée de l’extrême-droite ne se limite pas qu’au FN en France. A défaut pour l’instant – nous devons vérifier et réviser sans cesse la validité de ce constat – d’un parti fasciste de masse, des mouvements ultraréactionnaires, ou étroitement catégoriels (néo-poujadistes) ont envahi les rues ces dernières années et des groupuscules ouvertement néofascistes se manifestent plus bruyamment. Le mouvement est général dans les pays occidentaux mais prend des formes différentes suivant la force des traditions antifascistes et les besoins du capitalisme national (nous devons notamment étudier attentivement la poussée électorale récente du parti AfD et la signification des manifestations de rue antiimmigrés, anti-musulmans du mouvement « Pegida » en Allemagne). En France, le FN, dans toutes ses composantes, continue plus que jamais à dévoyer et détourner les colères populaires vers la haine. Mais le nouvel appareil dirigeant de ce parti a fortement augmenté la démagogie sociale dans son discours et l’a associée de façon nouvelle à un positionnement économique étatiste et technocratique.
Le système a décidé de pousser des franges beaucoup plus larges de la population, et notamment de la classe ouvrière, vers le FN et son organisation . La promotion éhontée du FN, érigé en opposant principal à la politique gouvernementale, par Valls notamment dans la dernière campagne électorale des régionales dépasse le calcul politicien à court terme. Nous devons mesurer attentivement la portée de deux prises de position récentes : l’appel solennel du président du Medef, Gattaz, à faire front contre le FN avant les élections régionales, la déclaration très calculée de Hollande comparant le discours du FN « à des tracts du PCF des années 70 ». Cette déclaration insultante pour nos camarades a suscité notre indignation générale. Il nous faut analyser en même à quel point le pouvoir essaie de valider et crédibiliser la démagogie sociale du FN en l’associant à notre histoire.

Mener le combat anticapitaliste est la meilleure arme contre les fascismes

L’axe de notre riposte au FN est la dénonciation de sa nature de classe au service du patronat et du capital par, en priorité, notre expression et notre action dans les entreprises, les quartiers et les campagnes, dans les luttes . Pour autant, cette position passe par le refus, largement exprimé par d’autres, de la banalisation du FN. Nous défendons sans relâche l’histoire et l’actualité de l’antifascisme. Nous ne tolérons aucun racisme, y compris dans nos rangs, en suivant le slogan toujours juste : « un raciste est quelqu’un qui se trompe de colère » . Ce refus de la banalisation du FN ne se confond en rien avec une « union sacrée », sur n’importe quelle base contre lui. Il n’est pas question pour nous de combattre le FN main dans la main avec le Medef ! Certaines positions « unitaires » récentes, notamment intersyndicales, opposant par exemple les soi-disant idéaux de « paix et de coopération » qui auraient présidé à la « construction de l’Europe » relèvent du parfait contresens ou de la tromperie dangereuse. L’opposition au FN ne saurait servir de prétexte à valider l’UE du capital qui porte intrinsèquement la mise en concurrence des peuples.
Nous avons été confrontés et nous allons être confrontés à la question de notre attitude au second tour des élections. Elle est piégeuse. Ne la laissons pas être structurante, diriger nos positionnements, notamment contre le FN. En rabattre sur nos positions anticapitalistes pour ménager des alliances électorales défensives contre le FN serait un parfait contresens. Au contraire, plus nous seront forts et clairs dans le combat anticapitaliste, dont la lutte contre le FN fait partie, plus nous serons à même d’échapper au piège électoral . Le moment venu, à partir de ce positionnement sans concession, nous pourrons faire la part des choses entre, d’un côté, l’impossibilité de cautionner, au nom de la lutte contre le FN, ceux dont la politique fait son lit et, de l’autre, l’enseignement historique qu’il ne faut laisser aucune tête de pont institutionnelle aux fascistes.
Dans le refus de la banalisation du FN, un exemple mérite d’être discuté au congrès. L’entreprise SAPAG, à Ham dans la Somme, produit des valves pour la grande industrie. Elle était menacée de fermeture imminente cet hiver par la multinationale qui l’a reprise (elle est toujours d’ici deux ans). L’intersyndicale a interpellé les élus de tous bords et organisé une réunion publique. A la tribune, se sont retrouvées toutes les étiquettes politiques dont le FN. Lorsque le FN est intervenu, avec un discours étudié en direction des salariés, personne de la tribune, pas même les élus communistes, n’a bronché. Seuls dans la salle, les représentants de la section voisine du PCF de Saint-Quentin ont manifesté ostensiblement leur refus de cette situation, entraînant un débat avec les ouvriers. Cette dernière position doit être tenue systématiquement et l’organisation du Parti doit donner le plus de moyens aux camarades pour la tenir. Faisons éclater les contradictions entre la démagogie sociale et la nature de classe du FN !
Lorsque les salariés d’Air France ont été sanctionnés, placés en garde à vue, après une lutte pour leur emploi, Philippot et Le Pen se sont rangés dans le camp des patrons. Il est impossible pour eux, sous peine de contrarier leur 24 base bourgeoise, de ne pas dénoncer les grèves ouvrières, les manifestations pour les retraites ou le code du travail. En bref, face au FN, soyons le mieux communistes possible !

Les nouveaux mouvements radicaux : crétins utiles du système

Devant la crise de sa démocratie bourgeoise, le système encourage aussi l’émergence d’une social démocratie de « gauche ». Il en a besoin pour contenir l’opposition populaire notamment du « peuple de gauche » attaché aux acquis sociaux et démocratiques. La vie politique reste formatée par les expériences comme l’Union de la gauche. La social-démocratie « de gauche », un certain gauchisme aussi, sont beaucoup moins stigmatisés que le point de vue révolutionnaire communiste, qui plus est en plein effacement depuis des années.
Nous allons à la rencontre des aspirations que nous partageons de ce « peuple de gauche », aussi des couches moyennes en voie de prolétarisation et de paupérisation. Mais nous devons y aller sur une base de classe, sur des objectifs de lutte. Nous développons à plusieurs reprises, dans ce texte de congrès, la thèse que le PCF ne doit pas s’effacer plus encore dans cette illusion, dans une nouvelle illusion, une nouvelle tromperie social-démocrate de « gauche », même teintée « d’indignation ». L’analyse de la situation politique dans d’autres pays l’étaye. Aux États-Unis, symétriquement au succès dans les primaires du candidat populiste de droite extrême Trump, on assiste à l’émergence de Bernie Sanders, sénateur indépendant, qui se prétend « socialiste », dans les primaires démocrates avec Hillary Clinton. Sa promotion médiatique est par elle-même le signe, comme celle de Trump, de l’épuisement du système politique américain et d’aspirations réelles à des changements sociaux, même si Sanders recueille principalement un soutien dans la petite bourgeoisie intellectuelle. Mais il n’y a aucune illusion à se faire sur Sanders. Ce « socialiste » exclut l’appropriation publique des moyens de production privés. Ses références sont Roosevelt ou Truman. Son directeur de campagne est celui qui a organisé la campagne d’Al Gore en 2000. Sur les questions très contestées des interventions américaines à l’extérieur, il les a quasiment toutes approuvées.

Il est clair que la candidature Sanders est le moyen de canaliser l'aspiration au changement pour renforcer la candidature d’Hillary Clinton, représentante directe de l’impérialisme US.
Au Royaume-Uni, Jeremy Corbyn est certainement le dirigeant du Parti travailliste le plus à gauche depuis 30 ans. Son élection est également un signe de crise de ce parti et du bipartisme britannique traditionnel. Pour autant, Corbyn est député depuis 28 ans et est un cadre du Parti social-démocrate le plus inséré historiquement et institutionnellement dans la collaboration de classe. Il peine à rassembler le Labour sur ses positions courageuses contre les bombardements en Syrie ou pour le désarmement nucléaire. Il recule sur ses positions hostiles à l’UE et appelle maintenant à voter pour le maintien du Royaume-Uni dans l’UE au référendum de juin. Comme si le rôle que le système lui aurait dévolu était d’empêcher l’émergence d’une position de gauche de rupture avec l’UE. En Espagne, le parti Podemos a canalisé, avec pour l’instant des succès électoraux, la contestation qui s’est exprimée notamment dans le mouvement diffus des « Indignés » ou dans la volonté de renouvellement politique manifestée, entre autres, par le changement d’équipes municipales dans les villes principales. Mais la nature opportuniste et politicienne de Podemos se révèle vite malgré la mise en scène d’une « nouvelle façon de faire de la politique » par son leader Pablo Iglesias. Non conformisme, «happening », « cyberdémocratie » d’un côté, mais négociations politiciennes très traditionnelles, recrutement – hautement symbolique – sur les listes électorales de l’ex général en chef de l’armée espagnole et de 25 l’OTAN de l’autre. En fait de modernité, Iglesias s’applique, en populiste, à mettre en avant sa personne, à rejeter la forme parti, à dénigrer le Parti communiste espagnol.

Le Grèce de Syriza et de Tsipras fournit l’exemple le plus abouti du rôle de ces nouvelles formes politiques « radicales » et réformistes dans le système. C’est le seule pays où l’une d’elle est arrivée au pouvoir. Le cas grec est devenu, encore plus en 2015, un sujet politique international. Cette expérience attire d’autant plus notre attention que Tsipras, dirigeant du PGE, a été et est toujours érigé en modèle par Pierre Laurent, ces dernières semaines encore, malgré l’accord UE/Turquie odieux contre les « migrants » qu’a préparé et défend Tsipras. La Grèce présente plusieurs particularités. Le retard de développement de son économie dans la zone euro, le niveau de corruption de son appareil politique traditionnel, notamment du Parti socialiste Pasok, ont fait subir à son peuple, encore plus gravement qu’ailleurs, la dernière crise « financière » du capitalisme après 2008. Sa position géostratégique en fait un élément indispensable à l’OTAN. Les luttes sociales ont été fortes en nombre et notamment orientées par le Parti communiste grec (KKE) et le syndicat PAME suivant une ligne anticapitaliste conséquente. Les puissances capitalistes européennes et américaines avaient donc encore plus de raisons d’empêcher une rupture de ce pays avec l’euro et l’UE et le précédent qu’elle aurait représenté. Depuis le départ, nous disposons de faits et d’analyses précis, notamment apportées par le KKE, sur la nature opportuniste et la ligne réformiste de collaboration de Syriza, malgré l’image de « radicalité » diffusée par l’idéologie dominante. Ensemble hétéroclite de petits groupes politiques, Syriza est devenue l’usine de recyclage de la social-démocratie. Le système avait besoin d’une nouvelle force d’opposition tant les partis d’alternance traditionnels, le PASOK totalement discrédité et la droite, se confondaient aux yeux du peuple. Vers 2010, le système pouvait craindre que la colère et les luttes populaires contre le gouvernement Pasok et la droite, tous deux pro-UE, débouchent sur une rupture avec l’UE. En quelques années d’attention particulière de la « Troïka » (UE, BCE, FMI), Syriza a pu monter en puissance à la fois comme force nouvelle prétendument d’opposition « radicale » mais fidèle à l’UE et l’euro. Sa réalité a éclaté dès sa victoire électorale de janvier 2015. Tsipras noue aussitôt une coalition avec un parti libéral et raciste de droite extrême (ANEL), donne des gages à l’Eglise, l’armée et aux armateurs. Il renforce ensuite l’intégration dans l’OTAN et s’allie de façon inédite avec Israël. Les mois de laborieuse négociation, début 2015, avec l’UE, la BCE et le FMI se confirment être rétrospectivement un travail politique de pédagogie de la résignation. Il débouche en juillet sur l’acceptation du pire plan antisocial infligé à un peuple d’Europe capitaliste depuis 1945. La porte est ouverte à un retour direct de la droite au pouvoir et à une poussée fasciste, encore davantage avec la gestion désastreuse de la question des « migrants ». L’utilité politique de l’exemple grec et de Syriza pour le capital vaut, comme école de la résignation, pour toute l’Europe. Nous soumettons ces faits et analyses, désormais peu contestables, au 37 ème congrès et proposons que le congrès acte une rupture avec Syriza et un rétablissement des relations officielles entre le PCF et le KKE et invite notamment ce dernier à la Fête de l’Humanité 2016. Moins flambante que la tromperie du réformisme « radical », la seule voie pour des communistes conséquents, c’est la reconstruction d’un parti de classe sur des analyses rigoureusement anticapitalistes.


Edité le 10-04-2016 à 15:57:10 par Xuan




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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
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   Posté le 10-04-2016 à 15:54:21   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

VI – Reconstruire le parti de classe, redevenir le parti de la classe ouvrière
Redevenir le parti des exploités, des petites gens, des travailleurs


99% de la population mondiale possède autant que l’autre 1%. Le chiffre affiché par l’ONG multinationale Oxfam fait florès. Il traduit symboliquement, moralement, au-delà de la méthode de calcul, la dynamique profondément inégalitaire du capitalisme. Ce n’est pas non plus une découverte. Que 99%, peut-être même 100%, certains à leur insu, des femmes et des hommes vivraient mieux sous un autre système que le capitalisme, c’est probable. Le slogan « l’humain d’abord » traduisait cette indifférenciation. Même Serge Dassault est humain après tout.
Mais que 99% aient également intérêt et soient également en situation d’agir pour combattre et renverser le capitalisme, c’est évident que non. Penser le contraire, c’est penser un parti petit-bourgeois sous l’emprise de l’idéologie dominante. Quand le Front de gauche réalise des résultats électoraux supérieurs dans des arrondissements bourgeois de Paris que dans des villes à tradition ouvrière de banlieue ou de province, cela pose question. Comme beaucoup de communistes, nous sommes sidérés devant les explications de dirigeants qui estiment que le message « exigeant » du Front de gauche est mieux compris par les couches plus éduquées et plus « politisées ».
Quelle amnésie (volontaire?) concernant notre propre histoire !
Une force historique de notre parti est d’avoir été le Parti de la classe ouvrière, d’avoir été l’outil d’une intervention politique directe et de haut niveau de centaines de milliers de ses représentants, ouvriers, employés, paysans, femmes au foyer.
Cette originalité unique dans notre pays est pratiquement effacée
.
L’évolution des conditions d’exploitation, des formes de travail, de la vie sociale y sont pour quelque chose. Le travail de destruction de la direction du PCF depuis la « mutation » de 1993 en est grandement responsable avec la suppression formelle – après avoir cessé d’alimenté leur activité - des cellules, de l’activité à l’entreprise, aussi de la plupart des CDH et de la remise de carte annuelle etc.
Nous nous sommes sans doute trop interrogés, à partir des années 70, sur les contours de la classe ouvrière alors que le capital faisait évaluer rapidement les conditions du travail proprement ouvrier en France. Avec le renforcement de l’institutionnalisation du Parti et son premier affaiblissement cela constitue un ensemble, une histoire que nous devons étudier.
Mais pour nous aujourd’hui , sans nier le besoin d’une actualisation théorique, il est clair que la classe ouvrière, suivant la mise en évidence de son rôle historique par Marx, se définit, parmi ceux qui n’ont que le travail pour vivre , par un niveau d’exploitation, un niveau objectif d’intérêt à renverser le capitalisme, par une position dans la création de plus-value, par des formes de travail plus propres au développement de la conscience de classe.

Reconstruire à la base, au plus près des problèmes et des luttes

A ce 37 ème congrès, nous voulons faire connaître et partager des expériences de sections du PCF, un peu partout en France, qui s’efforcent de faire vivre, revivre ce parti de classe, de reconstituer des cellules, 27 c’est-à-dire de reconstruire le PCF, conformément à ce qu’il continue à représenter dans le pays, dans son histoire, dans son inconscient collectifs, tel que de plus en plus de travailleurs, de syndicalistes, de jeunes l’attendent et le recherchent.
La question de forme, de structure est indissociable de la question de fond, des positions politiques. On comprend aisément que l’on ne conçoit pas le même parti dans une réunion le soir sur la répartition des places aux régionales entre composantes du Front de gauche et une discussion le midi, brève et furtive bien que patiemment organisée, au self sur la situation de son entreprise. Reconstituer le Parti dans les quartiers , ce n’est pas – du moins pas seulement – venir en tant qu’élu ou candidat offrir sa compassion ou mieux son aide, certainement pas non plus utiliser le clientélisme façon PS. Reconstituer le Parti à l’entreprise, ce n’est pas jumeler, suivant une courroie de transmission qui n’a pas lieu d’être, directions réformistes du parti et du syndicat. Les travailleurs en lutte ont raison d’utiliser toutes les tribunes. Mais l’instrumentalisation des luttes dans les meetings électoraux « pour faire bien », ou de certains militants recrutés sur les listes relève de la démagogie et du mépris. Le recul du point de vue communiste pèse lourdement sur l’orientation des syndicats de tradition révolutionnaire. Les bons militants communistes marchent sur deux pieds le syndical et le politique, c’est bien connu.

Le renforcement et la diffusion d’analyses de classe communistes sont une priorité, y compris dans notre conception du mouvement syndical, de son rôle spécifique et de son indépendance. Ce que les communistes peuvent et doivent développer, aussi pour se renforcer pour faire adhérer sur des bases de classe, c’est en priorité la traduction politique des préoccupations immédiates, la prise en main collective des problèmes, la construction de luttes, même petites.
Dans les grandes entreprises et les services publics, un début de fonctionnement en réseau entre camarades (et sympathisants) commence à se réinstaurer pour diffuser des analyses de lutte . Les nouveaux moyens de communication permettent d’échanger plus facilement des tracts, des journaux de cellule ou de quartier, des modèles d’affiches. Nous voulons donner une nouvelle impulsion à ces échanges à l’occasion du congrès.
Il est significatif qu’il faille remettre aujourd’hui dans un texte de congrès national le contenu de ce qui était historiquement des formations élémentaires et fédérales du Parti. La formation des communistes est capitale. La demande est forte des jeunes adhérents et d’autres. La liquidation de nos outils, exceptionnels, de formation dans les années 90 a été scandaleuse. Des expériences nouvelles de formation se développent.

Il faut les valoriser, en particulier celles qui font le lien entre nos fondamentaux théoriques et les luttes présentes. C’est une préoccupation majeure pour l’avenir du Parti.

Exiger des dirigeants de notre parti et de nos élus qu'ils mènent la lutte des classes à leur niveau

Ce travail de reconstruction du PCF peut-il se faire dans l’indifférence devant la gouvernance de l’appareil par la direction et ses dérives réformistes et politiciennes ? Bien sûr que non !
C’est pour cela notamment que nous intervenons à ce congrès pour sortir le parti du scénario mortifère des primaires. A trois reprises en dix-huit mois, notamment grâce aux interventions des initiateurs de ce texte, les communistes ont évité le pire. 28 En juin 2014, alors qu’André Chassaigne avait approuvé les amendements à la « réforme » ferroviaire et s’était abstenu sur l’article le plus grave de la loi, une pétition rapide a garanti un vote contre de la part des députés communistes. Sinon, le PCF risquait d’être totalement discrédité dans cette entreprise capitale dans la lutte des classes en France. En juillet 2015, P. Laurent et A. Chassaigne annonçaient leur intention de voter au parlement pourle plan antisocial imposé par l’UE et Tsipras au peuple grec. En partie grâce à une pétition en deux jours, leur vote s’est heureusement inversé. Comment lutter contre l’austérité en France quand on l’approuve en Grèce ? En novembre 2015, la forte réaction des communistes après l’adhésion des mêmes dirigeants à l’union sacrée après les attentats, état d’urgence compris a infléchi le vote de certain sur sa prolongation puis la position contre la déchéance de nationalité.
Faire vivre, renforcer le PCF doit se faire avec, sans ou même contre sa direction, comme l’avait exprimé le grand résistant André Tollet à une conférence de presse en 2000. C’est toujours et plus que jamais notre conviction.
Être le parti d’avant-garde socialiste ne se décrète pas mais c’est un objectif, même exigeant. Lorsqu’une lutte échoue, nous ne disons pas que c’est la faute des travailleurs (combien de fois pourtant l’entendons nous ?), mais nous nous demandons ce que nous n’avons pas réussi à faire et comment nous pourrons faire mieux pour la suite. Au 36 ème congrès, un mouvement s’est fait entendre pour la préservation du symbole du Parti, celui des travailleurs, la faucille et le marteau. Nous avions dénoncé leur suppression des cartes du Parti, transformées en carte du PGE (alors que les adhérents du PCF ne sont pas membres personnellement du PGE). La direction a été bien en mal d’expliquer aux médias la mise au placard du symbole historique. En 2014, faucille et marteau sont réapparus, même si c’est en minuscule, sur les timbres de cotisants.
Communistes, sachons utiliser cet identifiant fort en grand.

VII – Redonner son nom à notre projet de société : le socialisme La mutation et le Front de gauche sont morts : place au socialisme !

Face à l’offensive massive du capitalisme, la notion de socialisme revient en force un peu partout. Le socialisme est de nouveau synonyme d’alternative au système, même si le mot est souvent vidé de son sens comme dans la campagne présidentielle du sénateur américain Bernie Sanders qui se dit socialiste mais exclut l’appropriation sociale des moyens de production privés…
Très longtemps, le PCF a incarné cette alternative, le seul à la porter d’une façon théorique cohérente, s’appuyant sur le marxisme-léninisme, sur les expériences nées de la Révolution d’octobre et sur l’histoire du mouvement ouvrier français. Après la victoire de la contre-révolution à l’Est, sa direction a décidé d’effacer la perspective socialiste et, avec elle, la perspective même de rupture révolutionnaire, refoulant toute notion d’étape vers le changement de société. Le socialisme a été abandonné en 1996, avec la « Mutation ». C’est l’époque où Robert Hue, de la même façon que ses successeurs, reprend à son compte toute la propagande antisoviétique de l’idéologie dominante.
Avec le Front de gauche, la direction a dépassé la « visée communiste » pour la remplacer par « l’humain d’abord » , qui selon son programme « n’exprime pas seulement une préférence morale mais dit aussi sa stratégie contre la crise » et « vise l’intérêt général… face à la domination des marchés financiers ». Effectivement, cela n’a plus rien à voir, même de loin, avec le socialisme et le marxisme.
Pour notre parti, le PCF, le mot « socialisme » a une signification historique trop forte pour être déformée à l’envie, encore aujourd’hui.

Notre conception du socialisme charpente nos luttes

En 1968, le Manifeste de Champigny reprenait ainsi notre conception du socialisme : « Le socialisme, c’est tout à la fois la propriété collective des grands moyens de production et d’échange, l’exercice du pouvoir politique par la classe ouvrière et ses alliés, la satisfaction progressive des besoins matériels et intellectuels sans cesse croissants des membres de la société, la création des conditions propres à l’épanouissement de chaque personnalité ».
Nous jugeons nécessaire d’examiner à nouveau la perspective révolutionnaire aujourd’hui , comme l’histoire des expériences socialistes du 20ème siècle, suivant cette définition, sans éluder aucundes questionnements des dernières décennies sur le socialisme. Certains révisionnistes ont porté l’idée qu’il y aurait eu un socialisme non-démocratique et qu’il faudrait imaginer un « socialisme démocratique ». Mais pouvons-nous concevoir un socialisme qui ne soit pas démocratique à moins d’être imparfait ou usurpé ? Pouvons-nous imaginer une démocratie réelle sans socialisme, c’est-à-dire sans contrôle collectif des moyens de production ? D’autres tentent une expression astucieuse, « Le socialisme du 21 ème siècle », pour s’épargner l’étude du 20 C’est impossible. Parlons plutôt de socialisme au 21 ème siècle ! La question du socialisme se pose concrètement dans nos luttes quotidiennes, dans notre conception de la propriété des moyens de production, des nationalisations en régime capitaliste, selon l’état des rapports de classe, dans notre recherche d’étapes et de ruptures immédiates avec la politique du capital.
Face à l’offensive violente du capital contre les droits des travailleurs, le Parti Communiste Français doit faire face, assumer son héritage révolutionnaire, à l’image des partis communistes de Grèce ou du Portugal, et s’engager à nouveau résolument dans la construction du socialisme.

Conclusion – Préparer le centenaire de 1917 et 1920

L’histoire du PCF fait partie de l’histoire du pays et imprègne profondément ses traditions de lutte. Nous en sommes fiers. Elle est un enjeu de lutte idéologique en elle-même. On se souvient de la tentative de récupération et de « décommunisation » de la mémoire de Guy Môcquet et de la résistance communiste par Sarkozy.
Militants, nous entendons souvent des patrons ou des DRH nous dire qu’ils avaient un grand parent communiste. Comme un courant de sociologues spontanés, ils nous expliquent volontiers que le parti a permis l’ascension sociale de certains ouvriers pendant les « trente glorieuses », que ça avait été bien, mais que cela correspondait plus à une situation individuelle, dans un cadre historique révolu, qu’à un engagement révolutionnaire… Quel révisionnisme ! Cette année, on fête le 80 ème anniversaire du Front Populaire. Certains prétendent placer sous ces auspices leurs initiatives de recomposition politique « à gauche » ou « à la gauche de la gauche », dont notamment les primaires. Imagine-t-on Cécile Duflot ou Arnaud Montebourg à la place de Blum ? Qui à la place de Maurice Thorez ? Et que donnerait la photo ? Ce que l’on met moins en avant à propos du Front populaire, c’est que l’initiative d’une unité antifasciste revient au parti communiste, que le Parti et son formidable essor sont le moteur des luttes ouvrières à l’origine des grandes conquêtes sociales de 36 .
De son côté, Blum affichait sa loyauté aux possédants, abandonnait les Républicains espagnols. La majorité des parlementaires du Front populaire socialistes et radicaux – pas Blum – allaient voter les pleins pouvoirs à Pétain…
Le patronat cible ouvertement les conquêtes de la Libération issues du Programme du Conseil national de la Résistance. Communistes, leur défense, celles des grands monopoles publics nationalisés, sortis des « grandes féodalités économiques », celle de la Sécurité sociale sont une de nos priorités.
Mais, sauf le respect que l’on doit aux représentants des autres courants de la Résistance, nous ne pouvons pas laisser dire aujourd’hui que le programme du CNR est issu d’une alliance nationale. Comme nous ne pouvons pas laisser dire que la paternité de la Sécurité sociale reviendrait à De Gaulle et non au Parti communiste, à la CGT et en particulier à Ambroise Croizat ! Non, le programme du CNR est issu du rapport de classe existant à la Libération, alors que la bourgeoisie, en tant que la classe, s’était discréditée dans la collaboration et était momentanément très affaiblie et le PCF à la tête de la classe ouvrière, seule résistante en tant que classe, était très renforcé.

Il y a deux événements historiques dont personne ne disputera au PCF la commémoration : le centenaire de la Révolution d’Octobre et le centenaire de la fondation de notre parti au Congrès de Tours en 1920.
La direction du Parti depuis la Mutation 1993 a fait acte de repentance pour 1917 par la voix de Robert Hue. En 2008, Marie-George Buffet reniait à peu près tout le contenu du Congrès de Tours et déclarait: « Nous sommes au 21ème siècle, le monde a changé, les modèles se sont écroulés. Aussi, dans cette belle ville de Tours, si nous ne retenions de son célèbre congrès qu’une seule chose : le formidable espoir, cette énorme volonté politique de la part de nos camarades de construire une société meilleure. »
Nous ne partageons pas ces positions de reniement. Nous continuons à penser que la Révolution d’Octobre est féconde. Nous continuons à penser que la création, à l’appel de Lénine, des partis communistes, suivant le nom du Manifeste de Marx et Engels, prolongeant l’expérience inaboutie de la Commune de Paris, la constitution d’un parti de type nouveau, réellement un parti de classe, en rupture avec la collaboration de classe de la social-démocratie, restent d’actualité dans une perspective révolutionnaire.
Libres à des dirigeants actuels du PCF de penser le contraire. Mais nous leur faisons observer que l’identité du PCF se confond définitivement avec son histoire et sa naissance. Garder le nom « PCF », mais renier le principal de ce qu’il représente dans le pays, c’est se condamner à disparaître. C’est ce que nous constatons, durement, non spécialement depuis 1989, mais depuis 1997 et le congrès de Martigues de 2000.
Se renier et disparaître, ce n’est pas notre choix. Assumer, même de façon impitoyablement critique notre histoire, pour la poursuivre, si ! Aussi, nous proposons que le 37 ème congrès du PCF lance, à l’occasion du centenaire de la Révolution d’Octobre, une vaste commémoration , des rencontres nationales, non pas un colloque d’historiens choisis, mais une mise en débat général dans le Parti et au-delà de l’héritage et de l’actualité de 1917 . Un politicien socialiste, Jean-Marie Le Guen, a prédit, goguenard, que le PCF ne fêterait pas son 100e anniversaire. Nous l’assurons du contraire.

Nous pensons que les travailleurs, notre peuple ont besoin du Parti communiste français. Nous savons que le besoin ne suffit pas à l’existence du PCF. Le PCF doit donner la priorité au rassemblement dans les luttes et redevenir un parti de classe Notre texte est un appel à faire vivre, à renforcer, à reconstruire le PCF

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Xuan
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   Posté le 10-04-2016 à 23:54:09   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le projet présenté par Corinne Becourt présente des similitudes avec le projet faire vivre. Quelques remarques en positif et en négatif.

Une critique bienvenue de l’électoralisme, des combinaisons politiciennes du Front de Gauche, et de l’alliance sans principe avec la « gauche », conduisant à la liquidation du PCF.
L’appréciation « la gauche a trahi » est erronée. Elle oublie l’histoire du parti socialiste, qui a trahi dès la guerre de 14, justifiant alors la création du parti communiste au Congrès de Tours.
Le paragraphe « le capitalisme n’a plus besoin de démocratie », peut être encore un peu en avance sur les faits, reflète la fascisation en cours et le double jeu pratiqué avec le FN. Les institutions actuelles entravent en effet la course aux profits et les réformes anti sociales.
La gauche radicale est aussi critiquée à juste titre.
Le projet « reconstruisons le parti de classe » s’oppose également à la construction européenne et rejette les solutions réformistes.
Le document insiste aussi sur la priorité aux luttes et insiste sur le caractère de classe du parti communiste. La reconstruction d’un parti communiste est inséparable de la lutte des classes et les deux sont effectivement liés.
Il étudie la crise de l’agriculture qui est une conséquence directe des contradictions du capitalisme. De ce point de vue la cause principale ne se trouve pas à l’étranger mais bien dans la domination des monopoles français de l’industrie agro-alimentaire et de la grande distribution, ce que le projet ne relève pas.

Enfin l’objectif de la société socialiste et le retour aux principes marxistes-léninistes sont affirmés.

Sur de nombreux points l’unité de pensée peut progresser parmi les communistes opposés à la ligne révisionniste, au sein du PCF mais aussi parmi les marxistes-léninistes qui l’avaient quitté, en furent exclus, ou avaient déjà tenté de reconstruire un parti communiste.

Sur certains sujets le débat doit se poursuivre.

> Le document insiste sur la nature démocratique du socialisme. C’est une question importante et un combat nécessaire, en opposition avec la campagne anticommuniste déclenchée particulièrement depuis les années 70 et s’appuyant sur la dégénérescence révisionniste de l’URSS.
Cependant la démocratie socialiste n’a aucun compte à rendre aux exploiteurs à propos de l’indispensable dictature du prolétariat qui devra s’exercer sur eux.
La démocratie socialiste et la dictature du prolétariat sont inséparables et se conditionnent mutuellement. Il est regrettable que le texte « reconstruisons le parti de classe » n’en parle pas.

> Le projet « reconstruisons le parti de classe » revendique aussi la nationalisation des secteurs clés de l’économie « dans l’esprit des nationalisations démocratiques de la Libération ».
La notion de nationalisation démocratique est une vue de l’esprit et n’a rien à voir avec la conception marxiste. Cette position qui reprend des thèses réformistes sur la possibilité de nationalisations démocratiques en système capitaliste se trouve en contradiction avec la dénonciation du réformisme par ailleurs.


> Enfin le document affirme que « Le capitalisme mondialisé c’est la guerre » et dénonce particulièrement les méfaits de l’impérialisme US.
La menace réelle que fait peser l’impérialisme US existe parce qu’elle s’oppose à l’émergence des nations et des peuples. Elle s’oppose aussi aux intérêts impérialistes européens.
Il s’agit là d’un aspect spécifique de l’impérialisme à notre époque et depuis la chute de l’URSS, qui est l’hégémonisme des USA.
Ceci n’est pas assimilable à la mondialisation, y compris capitaliste car celle-ci ne concerne pas spécifiquement les USA mais l’ensemble des pays, des puissances impérialistes de second rang, des pays émergents et opprimés.
Que les anciennes colonies aujourd’hui indépendantes utilisent le commerce et la finance capitalistes ne change pas sur le fond les rapports de domination mais exprime sous une autre forme la poursuite de leur lutte anti impérialiste.
On ne peut comprendre les derniers conflits en Libye, en Ukraine et en Syrie séparément de ces contradictions et en se contentant de la notion de « capitalisme mondialisé ».

> Concernant la Chine le projet « reconstruisons le parti de classe » affirme qu’elle « présente les traits d’une puissance impérialiste » et assimile indistinctement ses dépenses d’armement à celles de la France ou des USA.
Dans la ‘contribution à la critique de l’économie politique’, Marx indique « Une formation sociale ne meurt jamais avant que soient développées toutes les forces productives auxquelles elle peut donner libre cours ». Or l’impérialisme n’a jamais permis au capitalisme chinois de développer les forces productives et le socialisme chinois, au cours de sa première phase, lui laisse cette possibilité sous le contrôle de la dictature du prolétariat.
On lira par exemple sur Qiushi : Travail idéologique dans les entreprises non publiques (malheureusement trad. automatique)
Les faits montrent que la situation du peuple chinois s’améliore et que face à la crise mondiale de surproduction, au lieu de l’austérité, la Chine développe la consommation intérieure, la hausse des salaires et la protection sociale. La Chine est socialiste au même titre que Cuba et son armement s’oppose à l’encerclement US.

Le document « reconstruisons le parti de classe » n’analyse pas d’un point de vue léniniste les contradictions mondiales et défend ici des thèses développées par les officines trotskistes, et largement reprises par la propagande bourgeoise, notamment par la feuille atlantiste et anti sociale « le Monde ».
Cette position « gauchiste » aboutit à mettre l’impérialisme US et la Chine socialiste dans le même sac et détourne la lutte impérialiste de son but fondamental actuel consistant à briser l’hégémonisme US.

Cette divergence ne se résoudra pas rapidement. Les groupes marxistes-léninistes sont aussi divisés sur ce point depuis la controverse sino-albanaise. On se souvient que l’Albanie socialiste n’avait pas résisté à l’offensive anti communiste des années 80 et 90, et se trouve aujourd’hui dans le giron de l’OTAN, sans que les positions du PTA n’aient été remises en question. Il existe pourtant un lien de cause à effet au même titre qu’entre la dégénérescence révisionniste et la restauration du capitalisme en URSS.

Nous invitons les camarades à poursuivre le débat et la remise en question du révisionnisme sur les questions en suspens, y compris sur les questions internationales.
Avec les luttes de la classe ouvrière, le débat fraternel pour l’unité des communistes sur la base des principes marxistes-léninistes, est l’autre élément essentiel de la reconstruction du parti révolutionnaire du prolétariat.


Edité le 11-04-2016 à 00:02:23 par Xuan




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   Posté le 11-04-2016 à 00:00:39   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Je ne reproduis pas ici les courriers qui ont accompagné la publication du texte de Paris XVe.
Il apparaît que sa fonction fondamentale consiste à diviser l'opposition à la direction révisionniste.

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marquetalia
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   Posté le 11-04-2016 à 08:30:16   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

"elle s oppose aussi aux intérêts impérialistes européens";à méditer.ainsi,la guerre au Rwanda et dans l ex Zaire a sans conteste ete une confrontation entre usa et France.dans les Balkans,Clinton a fait pression sur les Croates de Herceg Bosna pour s allier avec les Bosniaques au sein d une fédération pour briser l élan de l Allemagne,qui voulait créer une Grande Croatie d où auraient ete expulsés les orthodoxes et les musulmans.par contre,au Sahel,les intérêts us et Français convergent,dans le cadre de la dite"lutte contre le terrorisme".

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   Posté le 14-04-2016 à 23:48:43   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

NB : le texte "Reconstruire le PCF" de Paris XVe est publié ci-dessus. C'est celui-ci qui est accusé de constituer une division puisqu'il a été publié à la dernière limite, malgré des discussions pour un projet commun avec le réseau faire vivre.
Outre l'apparition de tendances, il s'agit d'une manifestation de l'esprit de scission.


Sur le Venissian - extrait :

Le sens du vote pour la base commune

Avec le texte validé par le Conseil National, cela fera 5 textes, un casse-tête qui peut décourager pas mal de camarades.
Cinq textes sont soumis au vote des communistes :

> Deux de la direction : un pour la continuité proposant des primaires, un pour défaire le PCF
>Deux textes de tendances…

Contre l’émiettement, nous proposons un texte pour unir les communistes !

"Le temps du commun" et ’"l’ambition communiste", deux textes d’une direction divisée, voudraient nous obliger à choisir entre le soutien à une candidature socialiste ou l’absorption du PCF dans un Front de gauche devenu nouvelle force politique ; c’est l’effacement refusé en 2007 qui continue !

Le texte de la Riposte fait vivre à chaque congrès une force extérieure au PCF, affiliée à une organisation internationale trotskyste.

Le texte "Reconstruire le PCF", frappé du sceau du secret et rendu public in extremis, ne se sépare du nôtre que sur le refus d’unir les communistes. C’est un texte qui brouille les cartes pour ceux qui veulent "Faire vivre et renforcer le PCF" !

Cette multiplicité de textes s’inscrit dans la volonté de la direction de mettre en place les tendances, c’est pourquoi plus il y en a, mieux c’est pour elle. Les risques d’explosion-délitement du PCF sont réels et nous ne les favoriserons pas. Notre texte veut construire.

La force que nous donneront les communistes sera un facteur d’unité et de résistance contre les forces de liquidation et de destruction à l’œuvre dans le PCF, une force pour dire « continuons le PCF, gagnons le pari de son existence et de son influence avec les travailleurs et les quartiers populaires face au capitalisme ».

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   Posté le 17-04-2016 à 23:52:03   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Ci-dessous, un intéressant courrier du camarade Daniel Rougerie.
On notera que les tribulations de Finkielkraut place de la République confirment ce qu'il dit au sujet de la démocratie : la démocratie bourgeoise consiste à donner la parole à la bourgeoisie, à ses représentants et à ses lèche-culs. Et gare si on rabaisse leur caquet ! Aussitôt on nous joue le grand air de l'insupportable dictature.
Eh bien justement reparlons de la dictature, et de celle "infiniment plus démocratique" du prolétariat.


"... je ne suis pas intervenu dans le débat sur la préparation du congrès du PCF, parce qu'il me semble illusoire et voué à l'échec. Les débats de congrès ne sont jamais victorieux si la victoire n'a pas été acquise avant ! Et c'est loin d'être le cas.

D'autre part, le vœu de création d'un Parti Communiste, en unissant ce qui traine de militants se réclamant du marxisme-léniniste, ne me semble pas pertinent. D'ailleurs, malgré les affirmations de volonté de convergence, les divergences l'emportent !

Dans la période actuelle, qui n'est d'ailleurs pas si défavorable que ça, la question de la démocratie (bourgeoise) est sans doute déterminante. La démocratie est au capitalisme ce que le catholicisme était à la féodalité : son soutien le plus ferme !

Le peuple a bien compris le problème en s'abstenant massivement, comme au 18° il avait bien compris le rôle de la religion en s'abstenant d'aller à la messe !

La pratique sociale du peuple est plus forte que les supputations électorales de nos amis !
Tout ceci non développé, et sans polémique !

Amitiés
DR"


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   Posté le 01-05-2016 à 23:00:38   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Deux textes sur la situation dans le pcf et les propositions pour éviter sa liquidation.
Le réseau faire vivre publie deux textes de Paul Barbazange et Danielle Bleitrach, ci-dessous, tous deux destinés à la rencontre de Vénissieux du 30 avril.
Le texte signé Danielle Bleitrach appelle à l'unité des communistes, et il est vrai que cette unité est indispensable.

Elle écrit :
"Les camarades de la direction qui ont pris le risque de faire imploser le PCF doivent tout faire pour créer les conditions de l’unité des communistes" .

Or tout démontre que les dirigeants révisionnistes - préoccupés par leurs querelles internes - n'ont nullement l'intention de revenir sur l'abandon du marxisme-léninisme, de la dictature du prolétariat, du socialisme. S'ils créent les conditions d'une quelconque unité, elle sera imposée à tous ceux qui rejettent la dérive social-démocrate et réformiste de leur parti.

Contrairement à ce que décrit Danielle Bleitrach les dirigeants du pcf ne sont pas des camarades susceptibles de corriger une ligne erronée dans un débat fraternel. Ce sont des ennemis de l'unité, des ennemis du communisme.
Danielle Bleitrach ne veut pas "cliver les camps" .
S'adressant à l'ensemble des membres du pcf l'appel à l'unité est compréhensible, cependant le clivage existe d'ores et déjà et se manifeste par les procédés mis en place par la direction révisionniste pour entraver toute forme d'expression démocratique, et elle en a fait encore récemment l'expérience.
L'appel à l'unité sera inévitablement brisé par la direction et il faudra alors en tirer toutes les conséquences.

Les communistes sincères dans le pcf n'ont pas d'autre choix que de combattre le révisionnisme moderne de manière ouverte, de la même façon que les communistes qui ont fondé le PCF ont combattu les dirigeants de la SFIO, dans une lutte sans merci.


__________________


PCF : Unir et agir face à des dirigeants qui ont pris le risque de l’implosion …


Samedi 26 mars 2016 sur pcf

Un duo qui a l’accent du sud, Danielle Bleitrach et Paul Barbazange se répondent !
Commençons donc par un texte de l’ami Paul Barbazange (Hérault) et son résumé de la situation et sur lequel je rebondirai…

Unir les communistes et agir…

Dans un mois de mars qui va je le souhaite se terminer par un grand 31 de luttes, de revendications, d’espoir avec une France en partie à l’arrêt, un vrai débat agite nombre de militants communistes.

Tous perçoivent qu’avec la publication d’un texte alternatif visant à la promotion de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle 2017, c’est l’avenir du parti communiste né à Tours en 1921, construit dans les luttes, les multiples histoires, parfois la douleur et le sang qui est en jeu.
A un moment où des réponses audacieuses au capitalisme mondialisé sont nécessaires en France comme partout.
Allons-nous dans les prochains jours céder face à l’échéance des présidentielles parce que c’est trop difficile ! Parce que cette présidentalisation quasi monarchique est organisée depuis 1964 par la bourgeoisie et le pouvoir personnel contre nous. Parce qu’à la majorité, nous avons choisi en 2012 comme représentant un Mélenchon, certes pétri de qualités d’orateur de rudesse et d’habileté, mais avant tout socialiste mitterrandien.

Parce que beaucoup d’entre nous, combattants courageux de la lutte des classes, risquent un repli sur quelques bastions illusoires ?

Un autre chemin est possible, nous en continuerons le tracé en marchant : celui du maintien en France d’un vrai parti communiste de masse et de classe, ancré partout au plus près des exploités. Nous ne voulons pas vivre ce qu’ont été les 6 mois de liquidation du parti communiste italien. Nos camarades et le peuple italien savent ce qu’il en coûte.

C’est au fond ce que propose le texte alternatif "Unir les communistes" ; il était écrit avant une partie des derniers développements. Il est l’héritier des luttes et des textes qui ont vu le jour depuis l’échec des huistes en 2008 dans leur tentative d’en finir avec le PCF. Il est plus que jamais dans l’actualité.

Deux tâches pour l’heure :
- Faire signer par les membres du parti le formulaire permettant sa prise en compte au congrès, récupérer partout les attestations de cotisation auprès des ADF.
- Réussir une grande journée de lutte le 31 pour que l’anticapitalisme de classe puisse à nouveau s’exprimer avec force d’ici les présidentielles.

Paul Barbazange

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Empêcher les divisions et se donner une stratégie sur le long terme

Ce texte, je crois correspond bien à l’émotion que l’on peut constater chez les militants. Ils préparent la manifestation du 31 et voient un gouvernement de gauche s’entêter dans le démantèlement du code du travail et aller jusqu’à organiser la répression des lycéens. Face à cela, à leur colère, ils ont eu la stupéfaction de voir débouler deux initiatives anti-démocratique, celle de J.L.Mélenchon s’autoproclamant candidat aux présidentielles et celle tout aussi invraisemblable de la mise en œuvre de primaires avec les socialistes.

Ce qui domine chez les militants, hier comme aujourd’hui, c’est une volonté de préserver l’outil qu’est le PCF. Face à l’exaspération populaire, celle de la jeunesse en particulier, un parti, un collectif conscient de ses responsabilités est indispensable. Un parti qui ne soit pas occupé par des jeux d’appareil, des ambitions de sommet mais qui développe la solidarité partout et s’engage dans une perspective politique nouvelle. C’est ce qui devrait distinguer un parti révolutionnaire.

Mais au même moment s’exercent dans le parti des forces destructrices dont certaines inconscientes.

Au titre des aspects délétères, il y a non seulement l’affaiblissement du parti, les échecs électoraux, le départ des militants, et pour couronner le tout des déclarations insensées, anti-démocratiques, comme l’annonce des primaires suivi de la division de la direction.

C’est pourquoi ce Congrès doit être réellement extraordinaire vu la gravité des enjeux, et la direction prend le risque de faire imploser le parti.

Il n’y a plus une base commune de la direction mais deux, celle de Pierre Laurent et celle de fait de Patrice Cohen-Seat autour du Front de gauche. Ainsi, le texte, dit base commune, dont les insuffisances sont manifestes, qui avait été voté à 90% par le Conseil National, il y a peu, est remis en cause de fait par les membres de la direction qui l’avaient voté et il y a publication de deux textes disons officiels, ce qui consacre une des formes de la liquidation, un parti de tendance. L’accélération de la social-démocratisation sous des formes apparemment antagoniques mais qui vont dans le même sens, celui d’une liquidation du parti soit dans une subordination au PS, soit dans l’aventure d’une métamorphose repoussée par divers congrès, appliquée cependant et qui nous a menés à l’échec.

Donc il n’y a plus de base commune votée par le Conseil National mais deux textes.

Si cela devait se confirmer, notre propre texte qui a toute chance d’être le troisième légitimé par le choix des adhérents s’avère le seul à poser la question d’un parti révolutionnaire au Congrès ; il devra donc être proposé dans les mêmes conditions, publié et soumis à amendements.

Mais il faut aussi, au-delà des textes, adopter un mode de travail dans ce Congrès, qui permette de rester sur le seul choix réel : faut-il un parti communiste qui dégage une perspective de transformation profonde de la société par un rassemblement majoritaire construit dans les luttes et les élections ? Quel parti ? Sa forme doit être déterminée par une unique question : favoriser l’intervention populaire de ceux qui ont intérêt à ce changement.

Les camarades de la direction qui ont pris le risque de faire imploser le PCF doivent tout faire pour créer les conditions de l’unité des communistes et cela passe désormais par une vue beaucoup plus démocratique et ouverte sur l’avenir d’un parti révolutionnaire face au bouleversement du mode de production capitaliste dans lequel nous sommes aujourd’hui :

- Partir non des querelles de sommet, des ambitions personnelles de tel ou tel, mais de la souffrance, des difficultés quotidiennes que vit notre peuple français dans sa majorité comme d’ailleurs la plupart des autres peuples.
- Reconstituer une relation à notre base naturelle, la classe ouvrière, les exploités, pour rassembler tous ceux qui ont intérêt au changement.
- Se donner les moyens d’avoir un parti uni dans ses buts stratégiques et fort pourtant de sa diversité qui est celle de notre nation, dans son histoire comme dans son actualité, un parti capable de développer l’intervention populaire vers le socialisme tel que le voudra la majorité. Un parti capable de toujours mieux développer une vision internationale de paix et de coopération.
- Pour cela la première tâche est de dépasser les divisions actuelles et unir les communistes.

Permettez-moi de parler de ce qui m’a fait retourner au PCF. Nulle ambition, chacun s’en doute, mais la conscience que se joue l’idéal d’une vie. J’ai choisi dans le cadre du Congrès de soutenir la liste "Unir les communistes".

Il y a deux originalités à laquelle je tiens dans notre démarche "Unir les communistes" : premièrement ne pas cliver les camps, se rendre compte que dans l’état de confusion politique, non seulement des communistes mais de la société tout entière, des gens, voire des militants peuvent très bien se positionner pour un texte, voire pour un leader en période électorale, tout en aspirant sur le fond à tout autre chose et nous allons probablement vers des temps qui obligeront les individus à des choix. Et c’est l’état des nécessités auxquelles sont confrontées la classe ouvrière, ceux qui souffrent, la jeunesse qui doivent à chaque moment nous déterminer et pas les manœuvres d’appareil. Il faut également dès aujourd’hui prendre conscience qu’il y a plus de communistes hors du parti que dedans. La rencontre de Vénissieux du 30 avril me paraît correspondre à cette nécessité.

Un parti révolutionnaire ne se joue pas à chaque échéance électorale, surtout quand les élections sont justement conçues pour le marginaliser. Il doit certes ne négliger aucune échéance, ni électorale, ni des luttes, mais il doit les aborder dans une visée stratégique à long terme. Le texte "Unir les communistes" n’est pas parfait, mais il est le seul à affirmer cette exigence d’un parti révolutionnaire, communiste, d’une manière non sectaire mais ouverte…

Il invite les communistes à unir et à agir, ce qui va ensemble…

Danielle Bleitrach


Edité le 01-05-2016 à 23:19:42 par Xuan




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   Posté le 03-05-2016 à 23:16:18   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sans illusion mais confiante dans l'avenir, Danielle Bleitrach :

La réflexion du jour: le bien le plus précieux en politique, la confiance….

03
MAI


Aujourd’hui en fin de journée, je vais aller me plier à un rituel auquel je ne crois pas: je vais aller voter pour le texte du Congrès que je soutiens et qui s’intitule « unir les communistes ». J’expliquais dernièrement à un ami et néanmoins camarade: si je suis revenue au parti, c’est une manière de « régulariser ». Je suis communiste, je l’ai toujours été, je suis convaincue par expérience que tant que que des conditions objectives de désintéressement, de fraternité ne seront pas réunies avec la fin de la propriété privée sur ce qui gouverne la vie de tous, les moyens de production, les êtres humains seront des loups les uns pour les autres. J’ai la foi du charbonnier en ce qui concerne ce fait, j’ai beaucoup vécu, fait le tour de la planète, multiplié les expériences et je conserve cette conviction…

Elle s’est encore amplifiée avec la montée de ce qu’on appelle la crise et qui est la permanence de la dégénérescence d’un système, le capitalisme à son stade de sénilité meurtrière avec y compris la menace d’une guerre nucléaire et le retour de tous les fascismes.

Donc je suis communiste depuis toujours et reprendre ma carte au PCF était simplement régulariser une situation, puisque pour le meilleur comme pour le pire, les Français reconnaissent encore les communistes dans ce parti. Mais c’est un peu comme si un individu choisissait de se marier avec un vieil amant qu’il a aimé passionnément alors qu’aujourd’hui le désir a disparu et que le promis n’a plus rien de séduisant. Ce n’est pas ce lit conjugal là dans lequel je retrouverai les flammes d’antan, il y a dans les structures telles qu’elles se décomposent sur place quelque chose de mort, je n’ose même pas y toucher tant je les sens fragiles, les individus malheureux et hargneux du moins dans ma fédération des Bouches du Rhône…

Donc je vais aller voter, je le fais sans illusion, rien ni personne ne surveille les procédures, le secrétaire de section et la représentante de la fédé ont pris les choses en main, ils feront voter les morts. Alors que nous avons eu droit à une folie d’attestation , de preuves pour faire entériner nos soutiens aux textes alternatifs, ceux-ci étaient donnés à d’autres et ce sont les mêmes qui sans le moindre contrôle recueillent les votes. Je dirais que ceux-ci sont déjà prévisibles et que voter dans ces conditions est l’escroquerie habituelle

Ce n’est pas d’aujourd’hui que l’on vote ainsi dans les bouches du Rhône, je sais à quel point dans cette fédération le bourrage des urnes est une tradition qui n’est pas celle des communistes mais qu’ils ont empruntée aux socialistes et qu’ils sont fiers de pratiquer… J’ai quitté le parti en 2003 parce que la secrétaire de section de l’époque Mireille Mavrides sur ordre de Christine Mendhelsson a bourré les urnes et comme je protestais a envoyé des sans papier déchirer mes vêtements et me frapper ; il m’a fallu 13 ans pour oublier ce qu’étaient ces gens là, je les ai retrouvés égaux à eux-mêmes, minables et manoeuvriers entre eux, de vieux galopins grossiers et un peu bêtassons qui se croient malins.

Je voterai donc ce texte mais je n’irai ni à la conférence fédérale, ni au Congrès pour y retrouver aux côtés de vieux militants qui depuis toujours ont le parti chevillé au coeur et continuent à se battre héroïquement au quotidien un petit groupe de voyous qui détruisent le parti et le déshonorent et croient faire de la politique quand ils exercent la brutalité de leur arbitraire… Utilisent le sacrifice de ceux qui comme mon mari ont subi tortures et internement, on donné leur vie pour un idéal, ce parti là il nous reste à le recréer. Et pour cela il faut unir les communistes dans et hors parti.

Dans le fond, si j’ai choisi ce texte alternatif « Unir les communistes », c’est à cause de la politique qu’il défend, mais c’est surtout pour une raison simple et élémentaire : j’ai confiance en ces gens-là, dans leur projet, pour moi les communistes qui se sont regroupés autour de ce texte, du Pas de Calais à l’Hérault, en passant par la Gironde, et dans le Var, dans chaque coin de France où ils ont surgi, je les ai retrouvés les mêmes, fraternels, goguenards, sans acrimonie mais sans illusion, ils représentent non seulement le vrai parti celui des fusillés, du journal que l’on vend un matin un dimanche, de l’honneur d’être communiste face à des liquidateurs que personnellement je ne peux pas regarder avec fraternité.

Le bien le plus précieux en politique c’est la confiance et j’ai confiance en ces gens, en ce texte pour lequel je vote, en leur capacité d’action et de rassemblement. La confiance c’est comme les allumettes on ne l’utilise qu’une fois et en tant d’années jamais ils ne m’ont fait défaut, pas pour moi, pour les épreuves personnelles que je traversais, faut pas rêver… Non! pour ce en quoi je croyais et que je désigne comme le communisme… Je suis comme Robespierre je crois que nos raisons d’exister valent mieux que notre existence et eux, ils ont préservé les raisons qui me font exister, me tenir droite y compris dans les plus terribles des épreuves qui ne manquent à aucun d’entre nous… Depuis tant d’années ils m’ont aidée à mener des combats que j’estimais justes, je les ai tous retrouvés à Vénissieux ce samedi 30 avril, ils sont encore au parti, ou ils n’y sont plus, ils sont fermes sur les principes, droits mais pas sectaires, ils sont marxistes mais ouverts à tous les débats, ils se battent au quotidien avec les entreprises, avec les pauvres dans les cités.
Encore aujourd’hui dans le Pas de Calais certains d’entre eux sont traînés au commissariat pas parce qu’ils sont des casseurs, parce qu’ils ont combattu les huissiers.

Voilà je vais aller voter pour eux, pour dire mon amitié et ma confiance en sachant que dans les Bouches du Rhône, les dirigeants actuels ont déjà les résultats dans leurs urnes sans la moindre surveillance, que le débat y est impossible dans certains lieux, je déteste les tendances et j’aurais préféré pouvoir vivre au sein de ce parti, mais je découvre à quel point il est mortifère et à quel point les communistes qui ne se résignent pas ont besoin de se retrouver entre eux, avec ceux qui ont déjà réussi à changer les choses autour d’eux… Alors voilà je n’ai rien d’autre à vous proposer que de continuer à écoper, à assainir la situation partout et de le faire avec patience en gardant clairement l’objectif, la justice et la paix pour notre peuple et ceux du monde.
Bien sûr ce serait mieux si comme moi vous reveniez au PCF, si on travaillait ensemble à sa recréation, mais je sais pas expérience que c’est une tâche difficile et que je ne peux conseiller à personne un combat qui peut paraître stérile comme l’est le vote dans les Bouches du Rhône, ce Congrès vidé de tout contenu… avec des gens qui non contents d’avoir atteint le fond continuent à creuser… Pourtant je ne regrette pas d’avoir fait ce pas là, aussi étonnant que cela puisse paraître à la lecture de ma réflexion d’aujourd’hui…

Mais j’espère parce que même dans ce département des choses ont commencé à naître, les luttes, l’expérience communiste est là, l’avenir est à nous mes chers camarades…

Je vote sans illusion mais avec beaucoup d’espoir dans notre capacité à changer les choses.


Danielle Bleitrach

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DUROC
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   Posté le 04-05-2016 à 14:52:45   Voir le profil de DUROC (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à DUROC   

Salut Xuan,
Tu es plein de compréhension pour les plumitifs de quelques "courants" qui s'animent dans le P"C"F à l'occasion du 37 ème Congrès de ce parti. Je veux parler, pour être clair de Danielle Bleitrach en particulier et de quelques autres. Tous se lamentent de l'effondrement du P"C"F et veulent sans trop y croire refaire de ce parti un véritable parti communiste.
Je voudrais dire que vu l'âge et les responsabilités qu'ils ou elles ont eu au sein de la direction du P"C"F, ces "communistes"ont complètement accompagné la dégénérescence de ce parti en parti social-démocrate, après qu'il eut trahi le marxisme léninisme et dégénéré en parti révisionniste.
Il faudrait que ces gens-là s'interrogent sur quelles furent leurs positions dans le grand débat des années 60/80 entre le révisionnisme krouchtchévien et ses prolongements euro-communistes et le mouvement communiste marxiste-léniniste.
Plus profondément que leur chagrin que le P"C"F soit en passe d'être liquidé, il conviendrait que ces personnes se demandent: Quelles sont les causes de cette destruction du P"C"F en tant que parti communiste, et se renseignent sur comment les dirigeants révisionnistes ont agi pour interdire ce débat.
Mais cela est-il possible?
Ils ou elles ont adhéré au P"C"F et pour certains et certaines accédé à des postes dirigeants sur la base de la politique antirévolutionnaire de ce parti.
Ils ou elles n'auront jamais le courage et la capacité d'aller jusqu'aux racines lointaines du passage de leur cher parti dans la voie de la social démocratisation. Ce serait se remettre en cause eux ou elles-mêmes. Je tirerai mon béret à celui ou celle qui franchirait ce pas.
En tout cas, refaire du P"C"F un véritable Parti Communiste est un rêve creux et voué à l'échec. C'est hors du P"C"F et sur une ligne idéologique et une stratégie politique que les communistes doivent s'unir. Toute autre voie est une illusion ou une tromperie. Il faut le dire clairement.

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Xuan
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   Posté le 06-05-2016 à 23:48:03   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Salut Duroc,

il est clair que nombre d'entre eux conservent une grande nostalgie pour la ligne Marchais, alors que c'est précisément cette ligne qui propulsa l'Union de la Gauche. Danielle Bleitrach y occupait alors un poste dirigeant. Sans doute avait-elle des critiques à formuler mais elle en approuvait l'essentiel sinon elle aurait quitté le pcf plus tôt.
C'est bien sous la direction de Marchais que fut abandonnée la dictature du prolétariat et le centralisme démocratique, sans parler de son numéro d’équilibriste à propos des interventions du social-impérialisme russe.
Il y a chez ces militants des contradictions qui ne sont pas résolues, dans la mesure où la critique du révisionnisme de leur part s'arrête à Robert Hue.
La nature des nationalisations ou la thèse d'une révolution par étapes (comme la sortie de l'Europe, la multiplication des coopératives, les thèses de Friot, etc.) continuent d'entraver l'approfondissement de la critique.
Mais dans le processus en cours la volonté de revenir aux principes marxistes-léninistes existe aussi. La remise en cause du révisionnisme reste un fait que j'ai pu constater à travers des courriers et des débats, et ces débats doivent se poursuivre tant qu'ils y restent ouverts. L’oppression accentuée du capital d’une part, l’inamovibilité de la direction d’autre part ne peuvent qu’encourager l’esprit de critique et le retour au marxisme-léninisme.

La liquidation du parti révisionniste n'est pas la liquidation du révisionnisme, c'est la poursuite du processus révisionniste lui-même (c’est pour cette raison que je continue de parler de lutte anti-révisionniste alors que plusieurs camarades m’ont fait remarquer que ce parti était devenu « social-démocrate »).
Il est notable que dès 58 le PCF appelait à voter Mitterrand contre le "pouvoir personnel de De Gaulle" et qu'en 65 il n'a même pas présenté de candidat communiste pour soutenir Mitterrand. C’était d'ores et déjà une forme de liquidation.
Elle peut se poursuivre jusqu'à l'abandon de son nom ou sa dissolution dans une association du genre Front de Gauche, ou NPA pour la LCR.

Une chose est certaine, cette liquidation n'est pas une bonne chose, y compris pour ceux qui considèrent le pcf irrécupérable et qui veulent reconstruire un parti communiste sur d'autres bases. Loin de nous aider elle ne pourrait que compliquer notre tâche, contrairement à la première impression.
La ligne révisionniste et la liquidation, c'est de l'anticommunisme, comme l'abjuration publique du stalinisme par Robert Hue.
Du point de vue de la bourgeoisie cela constitue un encouragement à pousser plus loin la criminalisation du communisme, à transformer les communistes en justiciables, dans l’espoir d'éradiquer le marxisme-léninisme et toute possibilité de révolution.

Ton observation concernant l'avenir de ce parti se trouve confirmée par des résultats partiels que D. Bleitrach publie sur histoire et société.
On y observe que le projet du réseau a progressé, mais l'appareil est bien aux mains de la direction, elle peut maîtriser un congrès et dispose d'une base de classe nullement prolétarienne bien entendu.
Je crois que les militants du réseau ne se font pas d’illusions sur le résultat du congrès, mais ils se battent quand même et sur le fond ils ont raison.
Cette lutte interne au pcf participe de la reconstitution du futur parti communiste, quelle que soit la forme qu’elle puisse prendre et y compris à l’extérieur.

Je distingue ici le réseau faire vivre d'autres groupes comme la Riposte , dont les orientations sont clairement trotskistes, ou d'autres fondés sur des ambitions personnelles.


Edité le 07-05-2016 à 00:00:58 par Xuan




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Xuan
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   Posté le 10-05-2016 à 22:55:20   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Des commentaires sur le scrutin des bases politiques dans le parti révisionniste. Ci-dessous le blog de D. Bleitrach

Les votes des textes au Congrès du PCF et mes remarques personnelles


07
MAI



Cette image concernant l’éducation des enfants dans l’ex-Union soviétique, n’a pas apparemment grand rapport avec cet article, quoiqu’en cherchant bien on mesure à quel point les enfants dévoyés du communisme peuvent se mal conduire en se croyant les héritiers, les copropriétaires d’un parti qu’ils détruisent en continuant à profiter des quelques miettes d’un patrimoine et d’une réputation que d’autres ont payé de leur sang… Mais que l’on se rassure, il y a de l’ironie dans cette référence (1)…

Ces résultats me paraissent à la fois illustrer le degré de deshérence et d’inertie de notre parti mais aussi la responsabilité de ceux qui ont choisi de s’engager dans le texte « UNIR LES COMMUNISTES » qui s’avère de fait la seule alternative politique à la liquidation.

commentaires sur les Résultats

– le parti perd plus de 11000 cotisants en 3 ans… et près de 5000 votants au mieux, mais le fond de ces résultats est la contestation dans des proportions jamais vues de la direction du PCF, ce qui est remis en cause c’est une stratégie de soumission au PS et le choix des primaires. Les refondateurs qui ont pensé bénéficier de ce mécontentement ne réussissent pas non plus leur pari.

En effet, la direction sortante obtient la majorité absolue dans 58 départements et elle est minoritaire absolument dans 34. C’est le cas dans cinq des onze fédérations ayant encore plus de 1.000 cotisants (Nord, Pas-de-Calais, Paris, Seine-Maritime, Rhône), la direction restant majoritaire dans les Bouches-du-Rhône, le Val-de-Marne, la Seine-Saint-Denis, les Hauts-de-Seine, la Haute-Garonne et la Gironde. Les résultats des Bouches du Rhône et du val de Marne au moins posent quelques questions.

– dans ce contexte notre texte « unir » comme le texte « classe » du 15eme progressent légèrement en voix, et donc nettement en %, les résultats dans le Pas de calais, mais aussi dans le nord et dans l’Hérault sont remarquables.

– de ce point de vue, nous sommes presque au double du 15eme, avec presque 13% contre moins de 7%…Leur refus de faire l’union sous des prétextes fallacieux voir diffamatoires, les rumeurs qu’ils ont fait courir sur tel ou tel et qui relèvent des tribunaux ont joué leur rôle au profit de la direction du PCF… S’il y avait eu comme nous le proposions un seul texte alternatif au lieu de deux, assez proches sur le fond, plus la dynamique unitaire autour d’un parti communiste de lutte, de classe, la situation de reconquête aurait été beaucoup plus facilitée..

Nous serions tous dans de meilleures conditions au sortir de ce Congrès.

le cas des BOuches du rhône que j’ai pu observer de près

A noter cependant que ce texte de division progresse de 38 voix dans les BDR ou nous en perdons 39 malgré l’engagement des copains… et la situation de St-Quentin qui comme le Val de Marne et la Loire progresse nettement en votants… J’ai dis ce que je pensais des conditions de transparence dans les Bouches du Rhône, et des petites manoeuvres mais là n’est sans doute pas l’essentiel, qui est et demeure le terrible affaiblissement du parti dans ce qui fut une des plus fortes fédérations de France, affaiblissement en nombre mais aussi au niveau du débat et de la formation des militants.

A titre personnel je dois dire que je me suis trés vite aperçue que je risquais de polariser autour de ma personne des antagonismes inutiles et comme j’étais confrontée à de graves problèmes personnels, je me suis retirée du devant de la scène, ce qui a probablement limité les dégâts et pu faire mener un combat dans la sérénité à ceux qui défendaient politiquement le contenu de notre texte. Il est clair que si j’avais la moindre vanité concernant mon audience personnelle, la manière dont la direction fédérale m’utilise comme un bouc émissaire me l’aurait ôté, cette prise de conscience salutaire est un des acquis personnels de la période… Que chacun en fasse autant et se rende compte qu’il n’y a pas de sauveur suprême de groupuscules, nous reconstruirons tous ensemble ou nous périrons…:-)

,Les réalités ce ne sont pas les petites manoeuvres, les campagnes ad nominem contre tel ou tel mais bien une fédération parmi les plus importantes de France, une des villes les plus pauvres de France, une classe ouvrière combative, la corruption partout, un PS mafieux et déconsidéré et un parti en incapacité de proposer autre chose que les petites combinaisons contre tel ou tel, les luttes de clan, les rumeurs infondées. La faiblesse politique, un débat tronqué, pourtant il y a des ressources dans les bouches du Rhône comme ailleurs.

Un congrès préparé dans des conditions bien au-dessous des exigences du moment

Quand on lance un Congrès sur fond de débâcle électorale que l’on analyse jamais et en faisant porter tout le débat sur les primaires ou sur le rassemblement derrière la candidature « au dessus des partis » de Melenchon, que peut-on en attendre? Certainement pas le débat de fond dont on besoin les communistes, l’appel à un légitimisme usé jusqu’à la corde, des textes alternatifs leurre ?

Notons également que les Bouches du Rhône ressemblent aux fédérations de la Région parisienne et de la Loire il y a des résultats qui interrogent avec un nombre de cotisants qui augmente ou de votants qui baisse moins qu’ailleurs, le tout au seul profit de la base commune.

– le résultat de la base commune qui était annoncé à 50,4% hier soir sans l’Héraut qui le réduisait à 50,2%… mais les fédés qui avaient retardé leur résultat (Loire, Loire Atlantique,…) arrivent ce matin avec des scores supérieurs pour la base commune qui arrive à dépasser les 51%… notez le dernier résultat exceptionnel de la Loire qui frole les 80% pour la base commune…

– le cas particulier de la Loire se confirme avec le nombre de cotisants qui augmente de 215 et près de 30% alors qu’il baisse de 21% nationalement… Même cas pour le Val de Marne dont le nombre de cotisants augmente de 15% . Toujours au titre d’un certain folklore, le cas de Saint Quentin qui augmente miraculeusement ses cotisants qui unanimement à une exception près votent tous pour le texte 4, le tout validé par la direction nationale malgré le refus de verser les dites cotisations. Mais cet intéressant folklors n’a pas grande importance sur le fond qui demeure un fort mécontentement et le refus de renoncer à un parti communiste.

– Et toujours face à ces mouvements de fond, il est a noter que la fédé des refondateurs, la seine-st-denis, s’effondre, perdant 43% de ses cotisants en 3 ans… 50 votants à St-Denis, « plus grande ville communiste de France… »

A noter la différenciation nette entre région parisienne et province…
– la base commune fait 55,6% dans la RP et seulement 50,2% en province
– les refondateurs font 28% en RP et seulement 22,6% en province..
– nous faisons 14,5% en province, et seulement 6% en RP…
– le parti perd 18% de ses votants en province et seulement 3% en RP
– alors qu’il perd seulement 20% de cotisants en province et 24,3% en RP…

En gros, le parti se défait plus vite dans la RP, et c’est là où la direction se maintient…
Tout cela ne serait rien si toutes ces manipulations, ces petits jeux ne correspondaient pas à une absence totale de perspective politique et c’est à ce titre que je considère que nous avons une responsabilité importante qui va bien au-delà de ce Congrès.

Les faits sont têtus, la France, sa jeunesse est en état de révolte, la colère, le mépris de notre peuple enfle tous les jours, les manoeuvres politiciennes qui vont encore s’amplifier dans la préparation des présidentielles exigent une toute autre attitude des communistes.

Que faire ?

– A noter que nous nous approchons de 4000 votants pour notre texte, c’est un potentiel important qu’il ne faut pas sousestimer, beaucoup de camarades qui se sont engagés dans cette bataille sont conscients du fait que se jouait l’avenir du parti et qu’il n’était plus possible de le laisser s’éteindre sous les coups d’une direction diviseé sur la manière de faire disparaître le PCF mais pas sur le but. Ils ont fait preuve d’esprit de responsabilité, ayant à coeur de maintenir l’unité du parti partout où c’était possible. Il faut continuer, tout en nous donnant les moyens de nous retrouver.

Il est clair que nous sommes face à un désaveu de la direction, après des élections calamiteuses (municipales et régionales), la proposition de cette direction a été une fuite en avant dans les primaires, ce qui a provoqué un fort mouvement de contestation dans le parti. Face à ce refus des primaires, Pierre Laurent a tenté de récupérer la situation en faisant part du refus des communistes de participer à une primaire dont le vainqueur pourrait être le président de la République.Ce qui ne rassurait personne.

Plus juste a été la position de la direction du PCF sur l’opposition à la loi Khomri et aussi sur la répression policière. Pierre laurent et ceux qui le suivaient ont tenté de reprendre pied sur cette position juste en rassemblant tous ceux qui s’opposaient à la loi El Khomri, ce qui revenait à la position initiale des primaires avec les frondeurs, on a même envisagé comme vainqueur potentiel Arnaud Montebourg.

Mais je crois qu’il faut bien mesurer que cela n’est pas apparu suffisant à un grand nombre de communistes qui ont de plus en plus de doutes sur des élus frondeurs du PS, les parlementaires socialistes en question ont approuvé le traité budgétaire européen sans renégociation, voté la traduction législative de l’ANI, le CICE, la loi réformant les retraites, ou le pacte de responsabilité, les budgets d’austérité et les réformes territoriales, quand ils n’ont pas tout récemment (le 5 avril) approuvé la loi modifiant les règles de la présidentielle et dénoncée par le PCF comme « un nouveau coup porté au pluralisme » au profit du PS, de LR et dans une moindre mesure du FN.Sans parler de la politique guerrière du PS, et ils ont abouti à l’idée basique que sans un parti communiste fort et sur des bases claires, il n’y aurait aucune politique de gauche valide. Et c’est cette prise de conscience qu’il faut saluer et se donner les moyens d’amplifier.

Des camarades sortis plus résolus plus aguerris de cette bataille sont demandeurs d’approfondissements et de réflexions communes en particulier sur l’Europe, sur la perspective, sur l’articulation entre luttes et élections, mais aussi sur la paix, sur l’histoire du communisme. Nous avons du pain sur la planche et un réseau à étendre.

Notons au titre du positif qu’une fois de plus les communistes se sont prononcés contre la fin du PCF, qu’ils l’aient fait en donnant leur voix à la direction par refus des tendances, qu’ils l’aient fait en choisissant notre liste ou celles de division, le fait est qu’une fois de plus les communistes ont repoussé la solution préconisé par les refondateurs, l’adhésion directe au Front de gauche, le soutien à la candidature de Mélenchon et le refus de primaires qui ne sont que l’acceptation de la soumission définitive au PS. Nul doute que la base commune profondément rénovée qui sortira de ce Congrès devra en tenir compte mais on ne peut pas se contenter de ce voeu renouvelé à chaque Congrès, il faut se donner les moyens de faire vivre un parti qui corresponde à ce voeu.

Conclusion tout à fait personnelle : C’est pour toutes ces raisons que ma proposition de retour au PCF faite à tous les camarades me paraît plus que jamais d’actualité.

Danielle Bleitrach

(1) et mon bien connu amour du cinéma… La référence est ici le magnifique « poëme de la mer » de Dovjenko tourné par son épouse après sa mort et qui raconte la manière dont la société soviétique perd ses valeurs…


Edité le 10-05-2016 à 23:01:38 par Xuan




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   Posté le 10-05-2016 à 22:59:59   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Un second commentaire sur le site de Guillaume Sayon adjoint à la culture de la ville d'Avion et membre de la direction départementale du PCF (62)

Congrès du PCF : les communistes face à l’histoire !



De nombreux camarades ont écrit sur les résultats de la consultation des communistes pour choisir le texte qui deviendra base commune du congrès. Pour autant, je ne pouvais pas rester sans donner mon point de vue sur ces résultats historiques. Comme d’autres, je me suis beaucoup impliqué dans cette première étape du congrès. J’ai signé le texte « Unir les communistes » et j’ai produit de nombreux écrits pour tenter de convaincre un maximum de camarades de l’intérêt d’éviter les pièges qui, inéluctablement, nous ramèneraient très rapidement à une période de crise interne et au danger de la disparition.

Beaucoup de camarades me demandent mon sentiment avec toujours ce regard de grande inquiétude. Et pour cause, il y a un réel danger d’éclatement du PCF tant ces résultats reflètent l’incompréhension d’une grande partie des militants face aux choix stratégiques de la direction. La question n’est bien évidemment pas de savoir s’il faut réclamer la démission de Pierre Laurent ou pas. Le problème est bien plus profond et sérieux. C’est toute la direction du parti qui porte une lourde responsabilité dans l’affaiblissement de notre organisation, y compris les frondeurs avides de liquidation et leur texte attrape-tout « L’ambition communiste ». Un affaiblissement qu’on ne peut pas simplement ramener à des causes conjoncturelles inhérentes à l’histoire. Oui il y a eu l’effondrement du bloc soviétique, oui il y a eu une conversion des valeurs de nos sociétés guidée par un capitalisme méthodique et militant, entre les mains d’une oligarchie organisée, répondant pour le coup aux schémas de la lutte des classes pensés par Marx et Engels. C’est d’ailleurs l’argument majeur qui me pousse à penser et à dire que l’expérience Nuit debout ne pourra, en l’état actuel, que se solder par un échec.

Il semblerait que les mouvements de contestation du capitalisme d’aujourd’hui réfutent violemment, comme s’il s’agissait d’une thérapie de choc, toute tentative d’organisation directement inspirée du marxisme et de ses héritiers, les léninistes. A l’inverse, le capital lui exécute rigoureusement les principes qui font qu’un groupe social aux intérêts communs devienne une classe au sens marxiste du terme. C’est d’autant plus vrai en cette phase d’impérialisme où le capital se concentre fortement entre quelques mains. Les citations d’oligarques qui vont dans ce sens vous les connaissez et pour peu que l’on pratique les sciences sociales avec sérieux, ce phénomène ne peut que nous sauter à la figure. Reste que notre parti comme d’autres organisations contestataires, refusent de se convaincre de l’évidence. On ne peut répondre à une machine de guerre parfaitement huilée qu’en dressant en face une autre machine de guerre elle aussi parfaitement organisée. Cela réclame donc le soucis de l’organisation, point névralgique de la stratégie, mais aussi du projet fédérateur qui lui donne son âme. L’un ne peut aller sans l’autre.


Le PCF nie aujourd’hui l’intérêt de l’organisation, ne pensant les événements et les batailles que sous l’angle de la stratégie électorale et du mythe du cartel, et il n’a même plus de projet à proposer à la société, aux exploités. Le programme l’humain d’abord n’est qu’une plate-forme programmatique répondant aux prérogatives d’un élection, l’élection présidentielle. Quel projet pour la société les communistes proposent t-ils ? Aucun ! Voilà, il me semble, exactement les chantiers que ce congrès aurait du ouvrir en mettant tout le parti en ébullition et au travail. Mais non … Il ne sera question que de 2017 car Pierre Laurent et les autres ont saboté notre congrès dès janvier en engageant notre organisation dans le processus des primaires. Pour couronner le tout, en jouant aux petites combines et querelles pré-électorales, nous subirons le mouvement d’humeur de Mélenchon qui rendra notre congrès inaudible et transparent car tous les médias ne parleront que de sa marche militante organisée à Paris en même temps que notre congrès. Personne ne saura que des centaines de communistes se seront réunis pour discuter de leur utilité au quotidien. Bien joué !

Les conséquences nous les connaissons. Un parti qui se transforme en paquebot perdu en mer du Nord abandonné par ses militants avant qu’il ne sombre dans les eaux profondes. Les chiffres de la consultation le montrent, par rapport au dernier congrès et sa consultation de l’époque, une perte de 11.317 cotisants et 4.535 votants en moins. Sans aller jusqu’à parler d’hémorragie, ces chiffres ont tout de même de quoi nous inquiéter. Puisqu’on ne peut raisonnablement pas faire d’analyse de ce genre sans évoquer quelques chiffres, un autre extrêmement révélateur, celui de l’adhésion toute limitée au texte proposé par le Conseil national. Il ne recueille que 14.942 voix (51,20 %) soit une perte de 9.655 voix par rapport à 2012. C’est un résultat historiquement bas pour un texte proposé par la direction, comme le soulignait très justement ma camarade Danielle Bleitrach sur son blog. Malgré toutes les difficultés, malgré le combat inégal puisque pour défendre notre texte nous n’avions que notre énergie et la force de nos convictions, nous sommes (les initiateurs du texte « Unir les communistes » ) en progression par rapport au dernier congrès et ce malgré les textes de division proposés par les trotskistes de la Riposte et les malfaiteurs de Paris XV et sa secte obscure Dang Trannienne. A noter que nous arrivons en tête dans deux des plus grosses fédérations de France, celle du Nord et celle du Pas-de-Calais. Dans les autres grosses fédérations de France, c’est notamment vrai dans les Bouches-du-Rhône, les chiffres communiqués sont relativement stupéfiants tant ils marquent des contre-tendances aussi bien au niveau de la participation que des résultats. Je laisse chacun en tirer les conclusions.

Va maintenant s’ouvrir une nouvelle phase dans ce congrès. Très rapidement, les sections et les fédérations vont se réunir en conférence et vont devoir mener la bataille des amendements. Le texte n’a pas changé depuis que nous l’avons combattu ces dernières semaines. C’est une coquille vide et une grosse partie de ce dernier s’attelle à nous vendre les bienfaits de la primaire à gauche.
Alors je nous invite, mes camarades, à être méthodique pour ce nouveau travail. Certains ont d’ores et déjà décidé d’abandonner le combat, se résignant avec douleur au constat que ce parti est perdu. Ils décideront donc de le quitter le fragilisant de fait encore d’avantage. Puis d’autres, des milliers de camarades et je m’y inclus, ne déserteront pas le champ de bataille.
Il n’est pas question d’abandonner le parti de Thorez entre les mains des convertis au réformisme gentillet. Surtout que des millions de nos compatriotes souffrent plus que jamais de l’exploitation et que la disparition du PCF ne ferait que faire perdre un temps précieux au mouvement révolutionnaire. Alors stratégiquement, au travers de la bataille des amendements, il nous faut mettre en échec l’idée de la primaire à gauche, qui n’est rien d’autre que la pelle du fossoyeur, celle que les liquidateurs ont marqué des points, ce qui est empiriquement faux, et celle qui se traduit dans les faits par un affaiblissement de notre organisation.
Peut-être faudra t-il alors imaginer créer un groupe de travail chargé de formuler quelques amendements simples mais efficaces que nous pourrions proposer un peu partout dans les sections et les fédérations. J’y ajouterais tout de même, un amendement solide sur l’Europe pour mettre un terme à la stratégie portée par le PGE qui soutient les mouvements opportunistes au détriment de ceux qui, ailleurs en Europe, mènent la bataille sur une ligne classe contre classe comme au Portugal par exemple.

Il faut être aveugle ou ne rien comprendre à l’histoire et ses mouvements pour ne pas être convaincu de l’impérieuse nécessité de faire vivre un mouvement communiste fort et organisé. Le mouvement social partout dans le monde patine du fait de l’absence de réelles perspectives de transformation radicale de la société. La sphère révolutionnaire ne peut pas marcher sur une seule jambe. Il lui faut une assise solide pour véritablement exister et être conquérante. C’est là, camarades, notre responsabilité collective devant l’histoire et devant nos toutes jeunes générations engagées dans leur première lutte sociale en France contre la loi travail.

G.S
guillaumesayon.wordpress.com

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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
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