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 classe contre classe

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Xuan
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   Posté le 29-06-2017 à 15:14:58   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L'élection de Macron souhaitée et organisée par le grand capital a pour but la baisse des salaires, la destruction du code du travail et de toute forme d'organisation des salariés pour la lutte de classe.

La CFDT est clairement un syndicat d'Etat et on ne s'étendra pas là-dessus.

Depuis la lutte contre la loi travail, on constate que FO se tient sur des positions attentistes voire conciliatrices alors que la volonté clairement affichée de l'Etat est de poursuivre et achever le travail entamé par Sarkozy et Hollande dans l'esprit de la commission Attali.

Dans la CGT la masse des adhérents est convaincue de la nécessité de la lutte contre l'Etat et les lois anti sociales. Pour autant les positions défensives et attentistes retardent aussi l'appel à la lutte d'ensemble classe contre classe.
Ci-dessous un article critique sur le site oùvalacgt

Enfin les reliquats de la collaboration de classe qui avaient servi à museler les syndicats n'ont aujourd'hui plus de raison d'être dans la nouvelle donne et une sévère révision devrait s'engager.


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La CGT, Macron et la loi Travail



Il est temps de faire le point, les choses se décantent après la période électorale.
Beaucoup autour de nous s’inquiètent du peu de réactions syndicales, essayons d’y voir clair.

1) Petit retour en arrière : les élections présidentielles et la CGT

Dans sa déclaration du 24 mars à l’occasion des élections, la Confédération se prononçait « pour le progrès social » ce qui ne mangeait pas de pain, mais se concluait par une formule qui faisait consensus dans le syndicat : « Nous refusons d’avoir le choix entre le pire et le moins pire. Nous voulons le meilleur » . A l’époque, c’était la position moyenne entre les électeurs du PC, de Mélenchon et de Hamon.

Mais ça n’a pas duré. De glissement en glissement, Martinez a quasiment appelé à voter Macron (voir « La CGT vote Macron sans oser le dire » ). Lors d’une interview le 1er mai, il s’en est même pris violemment au Front Social et à une de ses affiches, comme nous l’avons rapporté dans cet article.

Tout cela est connu, mais il est utile de le rappeler avant d’aborder le dossier de la loi Travail XXL. On notera quand même que la CGT n’a eu aucune réaction après l’élection de Macron, n’a pas participé aux manifestations du 8 mai (lendemain de la présidentielle) et du 19 juin (lendemain des législatives), qu’il n’a organisé que des rassemblements le 29 juin avant d’appeler à une journée d’action… le 12 septembre ! Pourquoi pas en décembre ?
Pire même : dans un courrier aux organisations (voir ci-contre) la confédération s’en prend violemment au Front Social qui tente d’animer une résistance, quoiqu’on pense par ailleurs de son rôle.


2) Les ordonnances Macron sur la loi Travail

On ne pourra pas dire que Macron nous aura pris par surprise. Les ordonnances étaient annoncées depuis la campagne électorale, et la loi Travail XXL était connue dans ses grandes lignes depuis l’époque (et pour cause, il s’agit de valider les articles prévus et retoqués à l’époque de la loi El Khomri, sans vraiment de nouveauté).

La surprise, elle est plutôt du côté des syndicats. Une opposition de façade plutôt molle, même le Figaro s’en gargarise (6 juin 2017) : « En marche vers la réforme ? Mais on ne rêve pas : alors que le premier ministre vient de remettre aux syndicats un projet de refonte de droit du travail - par ordonnances, s'il vous plaît ! -, tous font preuve d'une surprenante et inédite modération » .
De son côté, Mailly (FO) est à fond dans « la concertation constructive », au fond comme la CFDT, mais en plus il s’en vante

Du côté de la CGT, aucune réaction de front, aucune opposition claire aux ordonnances ; au départ, sans même s’y opposer, la CGT ne cherche qu’à grappiller quelques semaines. Le Compte rendu de la rencontre avec le Premier Ministre le 29 mai dernier est plus que modéré.

Mais la colère est là, partout. Le souvenir des grandes mobilisations de l’an dernier n’est pas passé, et les faits sont connus, le projet de Macron n’a pas besoin de beaucoup d’explications supplémentaires : plus de précarité, plus de flexibilité, plus de fragilité et moins de droits pour les travailleurs.

Des syndicats se rassemblent autour du Front Social, 20 000 personnes dans 34 rassemblements le 19 juin, ce n’est pas si mal quand cela se fait à côté, voire contre la Confédération. Pour beaucoup de participants, ce sont les seules initiatives qui existent, il est impératif d’être présents vu ce qui nous attend, même si la base ne dépasse pas beaucoup le « Résistons, Contre Macron et ses lois » partagé par tous.

De son côté, la CGT attend la journée du 27/06 pour organiser des rassemblements dans toute la France, participation « modeste » quand même, bien sûr un peu plus qu’avec le Front Social – heureusement – mais surtout le public des permanents, directions syndicales, équipes militantes. On annonce 5000 aux Invalides, encore une fois une belle blague, franchement ça commence à nous saouler cette propagande minable sur les participations… Par contre une belle tribune de récupération pour les nouveaux députés du PC et de la FI, comme s’il fallait bien ancrer dans les esprits que la bataille allait se jouer au niveau parlementaire, alors que c’est bien sûr archi-faux (voir l’an dernier) et qu’en plus avec les ordonnances…

Participation modeste donc, mobilisation interne plus que modeste (on voit les boites mail quand la CGT décide de mettre le paquet, et on sait aussi les voir vides…). Et l’appel était triste à pleurer, vous savez cette langue de bois qu’on connaît tellement trop bien, celle qui se veut ronflante dans les généralités pour ne pas avouer qu’on n’a pas envie de faire grand-chose, qu’il s’agit juste de se montrer… Relisez la déclaration du 13 juin : « Depuis plusieurs semaines déjà, la CGT appelle ses organisations à se déployer partout sur tous les lieux de travail afin de débattre avec les salariés, d’élaborer avec eux leurs cahiers revendicatifs, de faire de la 3ème semaine du mois du juin des temps forts d’initiatives et de mobilisations, de profiter de l’été pour aller à la rencontre des saisonniers , des salariés lors des festivals, du Tour de France… » Ouah, tremblez bourgeois, la CGT mobilise…


Et tout ça pour déboucher sur une « journée d’actions et de grève » le 12 septembre, on voit le même flou des formulations : « Nous refusons d’ores et déjà d’entendre dire fin septembre que les ordonnances, présentées par le gouvernement, auraient été co-élaborées avec les syndicats » . Non, non, pas grève générale, même une seule journée, comme l’affirme BFM qui ne connaît pas bien les subtilités de la langue de bois CGT.

Quand on sait que la loi de validation doit sortir juillet, que les ordonnances doivent être adoptées au conseil des ministres 20/09, on comprend qu’il est urgent d’attendre et de ne rien faire. Et là encore on nous annonce la présence de la FI et sans doute du PC. Ca ne sent pas bon… On verra ce qu’il en sera de la préparation, il y a à peine deux semaines, sachant que la rentrée scolaire est le 4…

De son côté, le Front social propose une nouvelle mobilisation, le 14 juillet à Paris au moins pour l’instant, et il faut en être pour tous les présents, on ne va pas attendre la fin de la séquence comme nous le propose Martinez ?

3) Qu’est-ce qu’il y a derrière tout ça ?

Comme le disent certains autour de nous, « il y a un problème, là, à la CGT ». C’est le moins qu’on puisse dire ! Là où c’est plus compliqué, c’est de comprendre de quel problème. Nous en voyons en fait trois, étroitement reliés, bien sûr.


> D’abord les Illusions sur la légitimité électorale du nouveau président. L’idée qu’il a été élu, qu’il a une majorité, et que donc il a l’appui nécessaire pour ces réformes. La CGT étant parfaitement intégrée dans le capitalisme qu’il ne s’agit que de réformer, dans le parlementarisme et le jeu des élections et des lois, ça paralyse – c’est sûr. Ce n’est pas la première fois que ça se passe, si nos lecteurs ont bonne mémoire : lors de l’élection de Sarkozy en 2007, beaucoup avaient été très surpris de voir Thibault passer son temps dans les cabinets ministériels, à discuter avec Soubie et cie… Nous renvoyons à un article de 2009 : « Thibault et l’Elysée, toute une histoire ».


> Ensuite, probablement des illusions sur la relance économique représentée par Macron. A l’heure où le programme industriel de la CGT se tourne de plus en plus vers des contre projets pour la défense de l’impérialisme, cela fait peut-être hésiter la confédération qui ne voudrait pas trop mettre des bâtons dans les roues du gouvernement. Car la CGT, déjà incrustée dans la défense de l’emploi industriel (voir « défendre l’emploi industriel : le débat ») vire de plus en plus ouvertement dans la défense de l’impérialisme français et de ses monopoles (dernier exemple en date, la participation au Salon du Bourget « Retrait de la CGT du Salon aéronautique du Bourget » mais aussi l’énergie et le nucléaire, la défense « Livre blanc sur la défense : FNTE et FTM défendent l’impérialisme »). Il y a peu, la Confédération a entrepris de recenser tous les contreplans industriels développés par ses structures – la FTM est bien en pointe ! – dans une carte parlante voir ci-contre...


> Enfin, et tout aussi inquiétant, voilà que la presse (un article du Parisien, repris par un article de Capital) se met à parler d’une soumission à un chantage sur le financement des syndicats, appuyé sur le fameux rapport Perruchot de décembre 2011 (voir le rapport complet ICI) qui avait fait un beau scandale à l’époque avant d’être enterré. Macron en fait menacerait d’appliquer aux organisations syndicales la loi de transparence dont on voit les effets ravageurs dans les rangs politiques… Bien entendu tout le monde dément d’une seule voix… Mais Macron a rencontré Perruchot pendant la campagne électorale… Or on sait qu’il n’y a pas de sujet plus sensible dans la CGT (entre autres), journées de formation bidon, gestion des CER SNCF… Et en interne, ces histoires de sous, de petits (ou gros) avantages, de voitures de fonction, de notes de restos, de comptabilité pas claire, il y en a des kilos et c’est hyper sensible. Sur ce blog, nous avons un gros dossier publié, et autant sous le coude, en attente de preuves complémentaires… Alors nous, pas de souci pour la transparence, un bon coup de nettoyage dans ces écuries ne ferait pas de mal !!!

Alors, que Macron ait décidé de « tenir » les syndicats par ce biais, ce ne serait pas plus étonnant que cela, il n’est pas lié au consensus paritaire qui prévaut depuis des années, accepté plus ou moins tacitement par les partenaires institutionnels traditionnels… D’ailleurs, une autre rumeur similaire avait été diffusée dans le Canard Enchaîné du 24 mai, sous le titre « Pommade sur ordonnance » un peu plus tôt avec l’info que Macron « tenait » les syndicats, en particulier FO et la CFDT par le biais du paritarisme…
En fait, la seule question importante, c’est de savoir ce qui se trame et se négocie en coulisse, hors de notre vue, la seule question c’est la défense des intérêts des travailleurs et le refus absolu de toutes les compromissions !

4) Alors ? Plus que jamais, le combat dans la CGT

> Plus que jamais contre les orientations de défense de l’impérialisme qui sont de plus en plus explicites.
> Plus que jamais contre les compromissions et les collusions, contre les discussions d’alcôves et de cabinet, pour les mobilisations de masse
> Plus que jamais pour la défense de l’intérêt des travailleurs et rien d’autre : Non à la loi Travail XXL, non aux mesures qui suivront, organisons notre camp contre les restructurations capitalistes !
> Plus que jamais le combat ouvert et frontal contre les orientations réformistes dans nos structures, à tous les niveaux !

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   Posté le 30-06-2017 à 11:54:04   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Amiante : l'impunité !


On rappelle que les salariés de l'Alstom avaient été déboutés

vidéo

Amiante : pour des victimes, le parquet de Paris a pris «une décision inacceptable»


Par Anne Jouan Mis à jour le 28/06/2017 à 14:29 Publié le 28/06/2017 à 11:47
Des veuves de salariés victimes de l'amiante manifestant le 30 septembre 2006, à Paris.


http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/06/28/01016-20170628ARTFIG00116-amiante-pour-des-victimes-le-parquet-de-paris-a-pris-une-decision-inacceptable.php


INTERVIEW - Le parquet de Paris a requis la fin des investigations dans une vingtaine d'enquêtes sur l'amiante. Pour Pierre Pluta, président de l'Association régionale de défense des victimes, cette décision «méprise les victimes».

Le parquet de Paris a requis la fin des investigations dans une vingtaine d'enquêtes sur l'amiante. La raison: il serait impossible de dater l'intoxication des malades. Les victimes sont ulcérées. Les non-lieux qui pourraient être prononcés concernent une vingtaine de dossiers actuellement instruits au pôle de santé publique de Paris: celui de la société Eternit, premier producteur français d'amiante-ciment jusqu'à l'interdiction de la fibre, de l'usine de Condé-sur-Noireau dans le Calvados, de l'entreprise Everite implantée par Saint-Gobain, des anciens chantiers navals de la Normed à Dunkerque ou encore du campus de Jussieu. Mais dans les cas de Jussieu et la Normed, la justice doit se prononcer le 15 septembre sur les mises en examen de plusieurs protagonistes.

Pierre Pluta est président de l'Association régionale de défense des victimes de l'amiante (Ardeva) à Dunkerque. Il se bat depuis une vingtaine d'années pour que justice soit faite.

LE FIGARO. - Comment réagissez-vous à la décision du parquet de Paris?

Pierre PLUTA. - C'est la colère. C'est finalement ce que nous pensons depuis des années: la Chancellerie et l'instruction protègent ceux qui savaient que leurs décisions - et celles qu'ils n'ont pas voulu prendre — allaient tuer des dizaines de milliers de personnes. Cette réquisition du parquet de Paris demandant de clore ces instructions judiciaires méprise les victimes. Elle est scandaleuse et indigne de la justice de notre pays. À Dunkerque, notre dossier Solac est concerné par cette décision.

Dans quel état d'esprit sont les victimes de Solac?

La veuve d'un homme qui a travaillé 20 ans pour Solac et qui est décédé d'un mésotéliome m'a appelé ce matin. Elle est consternée. Cette décision est inacceptable, inadmissible. En 2005, nous avions déposé plainte pour trois anciens salariés décédés. Solac, ce sont 527 victimes recensées par notre association et reconnues comme ayant une maladie professionnelle due à l'amiante. Parmi elles, 95 sont décédées.

En somme, vous estimez que la justice protège les puissants?

Oui, c'est absolument ça. Et la justice prépare l'avenir. Elle dit aux empoisonneurs actuels et futurs, ceux qui fabriquent les pesticides, les fibres céramiques réfractaires, ou le chrome 6 qu'ils pourront tuer des milliers de personnes en toute impunité au nom du profit. Exactement comme cela a été le cas avec l'amiante. Aujourd'hui, notre devoir est de nous battre pour que la justice ne prononce pas un non-lieu pour la Normed, l'autre grand dossier amiante de notre région du Nord.

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Xuan
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   Posté le 08-07-2017 à 17:09:19   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Bouamama : « Il y a une France des dominés et une France des dominants »


Publié le 8 juillet 2017 par bouamamas

Faire barrage à l’extrême droite. Bien. Et après ? Dans un contexte marqué par la confusion idéologique, Emmanuel Macron a pris le devant de la scène, s’est accroché au podium et a étalé ses idées fétiches : « société civile », « présidence jupitérienne », « esprit de conquête »… On a le droit de s’interroger sur ce langage prétentieux. Car pendant ce temps-là les dérives liées à l’état d’urgence, les tentatives d’attentats déjoués, les attaques islamophobes, l’exclusion des jeunes ou encore le fléau du sexisme vont toujours bon train. Quelle place pour « les gens qui ne sont rien » ? Pour se faire une idée, nous avons interviewé le sociologue Saïd Bouamama, spécialiste de l’aspect structurel des discriminations en France et auteur de nombreux ouvrages de référence.

Alex Anfruns,Investig’Action




Le gouvernement Macron a mis en avant une notion de rassemblement de la “société civile” autour de son projet. Comment définiriez-vous cette fameuse “société civile”, et quelles sont ses limites ?

Le concept de société civile est devenu une tarte à la crème du débat politique et médiatique acquérant autant de définitions que de personnes l’utilisant. Cette polysémie du concept souligne que son sens est l’objet de multiples interprétations qui le détournent du sens qu’il avait pris dans les polémiques politiques depuis les débuts du mode de production capitaliste.

Nous sommes loin de la définition de Rousseau : « « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : “Ceci est à moi”, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile ». Pour cet auteur la société civile renvoie donc au monde de la propriété privée.

Nous sommes encore plus loin de la définition de Marx nous rappelant que « L’anatomie de la société civile doit être cherchée dans l’économie politique ». Autrement dit, il n’y a pas une société civile unique, homogène et unie face à un Etat ou une bureaucratie mais une société civile clivée par des intérêts de classes.

Tout le subterfuge de Macron est de vouloir gommer ce clivage interne à la société civile pour masquer que l’Etat n’est au service que d’une seule partie de cette fameuse société civile. Il ne se situe pas au-dessus de la société civile et de ses divisions mais au service d’une partie contre une autre. Macron est au service de la société civile dominante économiquement et contre la société civile dominée économiquement.

Il n’est qu’à prendre en compte l’appartenance de classe des députés macronistes pour se rendre compte qu’ils ne reflètent pas l’ensemble de la société civile mais bien une seule partie.

L’offensive idéologique est de masquer dans les consciences le clivage dominants/dominés, riches/pauvres, exploiteurs/exploités en évoquant uniquement un rapport vertical haut/bas, personnel politique/citoyens, etc. Bien sûr le clivage vertical existe mais il est au service du clivage horizontal constitué par la lutte au sein de la société civile entre classes aux intérêts divergents.

Récemment, la néo-députée Danièle Obono a été soumise à un véritable procès à la radio en direct, où on lui a rappelé ses origines et sa chance d’avoir été élue dans ce pays. Elle a été sommée de reconnaître une sorte de dette envers les valeurs de la République. Quelle est votre réaction face à cette affaire?

La campagne contre Danièle Obono est tout simplement raciste et sexiste. Elle est attaquée pour avoir signé une pétition me soutenant moi-même et le rappeur Saïdou du groupe ZEP lors de la plainte déposée par l’extrême-droite contre nous pour avoir dit dans le livre/CD « nique la France-devoir d’insolence » : «Nique la France et son passé colonialiste, ses odeurs, ses relents et ses réflexes paternalistes. Nique la France et son histoire impérialiste, ses murs, ses remparts et ses délires capitalistes.»

Nous sommes dans la même opération qu’avec le concept de « société civile ». Il s’agit ici d’essentialiser la nation France en niant les conflits qui la traversent hier comme aujourd’hui. Il y a une France des dominés et une France des dominants, et celles-ci s’affrontent.

Ce qu’on reproche à Danièle Obono, ce sont ses prises de position antiracistes, anticolonialistes et anti-guerre. Que ce soit de surcroît une femme noire qui adopte ces positions est insupportable aux oreilles de ceux qui défendent la France impérialiste qui, de la Côte d’Ivoire, au Mali, en passant par la Libye et la Syrie, ne cesse de participer à des guerres meurtrières pour le pétrole, le gaz et les minerais stratégiques.

Deux semaines après l’attentat de Londres, il s’est produit une attaque contre la mosquée de Finsbury Park. Fin juin, un individu a essayé de renverser les fidèles qui sortaient de la mosquée de Créteil. Cette semaine encore, une fusillade a eu lieu devant la mosquée d’Avignon. Le contraste entre la médiatisation des attentats et les nombreuses tentatives ratées, et celle des attaques islamophobes est saisissant. Comment l’expliquez-vous ?

Comme je l’ai souligné dans plusieurs textes récents, nous sommes dans une séquence historique caractérisée par une banalisation de l’islamophobie. Ce nouveau visage du racisme remplit des fonctions systémiques tant sur le plan international que sur le plan des pays européens. Sur le plan international, il réunit les conditions permettant de forger du consensus au sujet des guerres pour les ressources naturelles en les couvrant de l’alibi « anti-terroriste ». Sur le plan national, il permet de dévier les colères populaires montantes contre l’ultralibéralisme vers de fausses cibles, de faux adversaires, de faux dangers, etc. Bref l’islamophobie est un débat-écran à forte productivité idéologique.

Le danger social et politique est que cette islamophobie diffusée par les plus hautes autorités de l’Etat en ce qui concerne la France (de la loi sur le foulard en 2004 au débat sur l’identité nationale en passant par la ridicule interdiction du burkini sur les plages françaises l’année dernière, etc.) imbibe désormais une partie du peuple de ce pays, ou, pour le dire autrement, qu’il a accéléré un processus de fascisation qu’il ne faut pas sous-estimer. En témoignent les passages à l’acte islamophobes mais aussi la hausse des violences policières contre des jeunes des quartiers populaires.

Le double standard dans le traitement médiatique consistant à diffuser de l’angoisse se rajoutant à l’angoisse spontanée lorsqu’il s’agit d’un attentat dit « djihadiste » d’une part et à se contenter du service minimum lorsqu’il s’agit d’une violence islamophobe d’autre part, contribue au processus de fascisation.

Ce double standard se trouve également dans les différentes grilles explicatives avancées : la fragilité psychologique de l’acteur de violence islamophobe contre le calcul conscient dudit « djihadiste ». Bien sûr cela ne signifie pas forcément pour la majorité des journalistes un choix conscient de couvrir différemment ces deux types de violences.

Le centrage sur l’audimat, le besoin de sensationnel, l’entre soi journalistique, l’instrumentalisation politique tacticienne, etc., convergent pour produire ce double standard. Il est, selon moi, urgent qu’un mouvement social s’organise pour poser la question de la presse et de sa manière de couvrir l’actualité en question.

Vous connaissez bien le large éventail de problèmes qui touchent la jeunesse des quartiers populaires. Comme dans n’importe quel pays, ces jeunes ont un potentiel de créativité et sont toujours à la recherche de voies d’émancipation. Quels sont les pièges que cette société leur tend et comment les aider à les éviter?



Les raisons de la révolte des jeunes de quartiers populaires en général et des jeunes issus de l’immigration en particulier sont légitimes. Les choix économiques qui sont fait depuis plusieurs décennies paupérisent et précarisent les classes populaires en général et leur composante issue de l’immigration encore plus fortement. De surcroît l’ultralibéralisme a pour effet une hausse de la concurrence pour les biens rares (emplois, formations, logements, etc.) qui conduit inéluctablement à une paupérisation accrue des plus pauvres, une précarisation accrue des plus précaires et à une hausse des discriminations racistes et sexistes systémiques.

Cette révolte légitime peut s’orienter vers un mouvement social porteur d’un rapport de force susceptible de contraindre les dominants à prendre en compte ces classes populaires ou peut s’égarer dans des impasses individuelles (autodestruction et violences contre les proches, mythe de la réussite individuelle en écrasant les autres, toxicomanie, etc.) ou collective (attirance vers le nihilisme, écoute des charlatans se couvrant d’un discours religieux ou politique, etc.). La seule manière d’éviter ces impasses reste l’organisation collective pour ne pas être que dans la réaction.

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   Posté le 18-07-2017 à 22:18:37   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Solidarité avec les travailleurs de l’usine de TORAY


Depuis le 11 juillet les ouvriers de l’usine de TORAY CFE, sur le complexe de Lacq (64), sont en grève pour obtenir la réintégration d’un de leur camarade licencié pour « insubordination »[1]. L’usine est quasiment à l’arrêt. La direction préfère perdre des millions d’euros par la paralysie de la production que de céder à la revendication des travailleurs. Voilà qui est révélateur du véritable visage du patronat qui ne tolère pas, au-delà de toute autre considération, que l’on puisse contester son autorité et son pouvoir dans « son » usine. Le travailleur doit rester son esclave salarié !

Mais voilà que contre toute attente de sa part, habitué à mettre les travailleurs en condition de concurrence les uns par rapport aux autres, il voit s’exprimer la solidarité de cette classe de prolétaires qu’il méprise et exploite et sans le travail de laquelle il n’est rien et ne pourrait vivre un seul instant.

Cette lutte vient grossir toutes les luttes et grèves en cours partout en France et que les médias couvrent de leur silence. Viendra le jour où ces luttes iront grossir le fleuve qui emportera cette société malade du capital et grosse d’une société sans exploitation. Société socialiste dans laquelle ce sont les travailleurs qui auront le pouvoir.

Popularisons cette grève exemplaire, soyons prêts à répondre à toute demande de solidarité de leur part. Leur détermination et leur unité dans la lutte sont une garantie d’une issue victorieuse.

ROCML le 16 juillet 2017


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Grève dans l’usine Toray CFE (64)


Dans les usines TORAY CFE sur le complexe de Lacq qui embauche plus de 400 salariés, la quasi-totalité des ouvriers s’est mise en grève depuis le 11 juillet pour un salarié licencié injustement ! Presque toute l’usine est depuis à l’arrêt, chose qui ne s’était jamais produite dans l’histoire de cette entreprise. C’est environ 200 grévistes qui se mobilisent pour une seule personne sur le principe de « un pour tous, tous pour un ». Ce n’est ni une logique financière, ni un mot d’ordre national qui a conduit tous ces salariés en grève mais la solidarité. Les salariés et la Cgt réclament la réintégration immédiate de notre camarade dont la direction lui reproche une insubordination. Ce que l’ensemble des grévistes conteste. Nous sommes à l’heure actuelle toujours en grève dans une usine qui est quasiment à l’arrêt complet. La Direction ne veut faire aucun geste envers notre camarade alors nous continuons la lutte.

La Cgt Toray-CFE
cgt.toray@laposte.net


pg

[1] Voir le communiqué du syndicat de TORAY que nous reproduisons ici.
Solidarité avec les travailleurs de l’usine de TORAY

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