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 Aulnay-sous-bois : criminels et provocateurs

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Xuan
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   Posté le 08-02-2017 à 19:47:57   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Aulnay-sous-bois : criminels et provocateurs


A l’occasion de l’ignoble agression sexuelle fasciste et raciste de la police à Aulnay, chacun a pu remarquer la présentation mensongère des faits par le ministère public, reprenant la version des agresseurs et répétée en chœur, le doigt sur la couture du pantalon par une bonne partie des médias et notamment des télés.
Le viol manifeste et incontestable était déguisé en « coup porté horizontalement » , tandis que le pantalon de Théo aurait malencontreusement et mystérieusement « glissé » . Et silence radio aussi sur les insultes « salope », « négro », « bamboula » qui ont accompagné l'agression.
Le sordide de ces explications boiteuse n’a d’égal que la visite du chef de l’état au blessé, visant avant tout à le convaincre d’appeler au calme, alors que l’agression crapuleuse des flics avait encore une fois mis le feu aux banlieues.

On voit à cette occasion que rien n’a changé depuis la marche des beurs : pauvreté, chômage, discrimination raciste, contrôle au faciès, provocations et agressions, condamnation systématique pour « outrages » , tel est la réalité du capitalisme français dans les quartiers populaires. L’expression de « guerre » éclaire d’un jour cru la nature de l’oppression exercée par la classe dominante, comme le confirme l’utilisation de balles réelles dans les quartiers.


Dans une déclaration relayée par
‘Valeurs Actuelles’, Marine Le Pen étale sans complexe la provocation au crime en jugeant « inadmissible de clouer au pilori des policiers avant même que l’enquête ait débuté ». « D’abord je soutiens les forces de police » .
Et VA en remet une couche en rappelant que « Théo, 22 ans, estime avoir été violé par un membre des forces de l’ordre pendant son interpellation » .

Voilà qui remet les choses en place : l’agression sexuelle dûment constatée et connue de tous n’est plus qu’une interprétation subjective dont on pourrait somme toute discuter. Pour VA il s’agit de « versions » différentes « Qui dit la vérité ? L’enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de cette arrestation, ainsi que la responsabilité et la culpabilité éventuelle des forces de l’ordre. »
« si les policiers ont mal agi dans cette affaire… »
Ajoute Le Pen. La question se pose en effet, au cas où enculer un jeune avec une matraque puisse être une bonne action.

En écho à celles des syndicats de police, ces déclarations qui donnent envie de vomir n’ont pas pour seule fonction de passer la pommade aux flics fascistes et racistes, avec quelque arrière-pensée électoraliste.
Elles rappellent que le FN est le principal instigateur du racisme et du fascisme dans notre pays, et l’agression d’Aulnay trahit l’influence évidente de ce cancer au sein des corps répressifs de l’Etat, la police mais aussi l’armée.
Il serait naïf de croire que les autres partis bourgeois – y compris sociaux-démocrates - aient la moindre volonté d’éradiquer cette idéologie et ces comportements. Si c’était le cas les sanctions pleuvraient, mais la présomption d’innocence a servi à remettre les coupables en liberté. Si l’inverse s’était produit les jeunes seraient en prison et ne risqueraient pas d’en sortir.
Aux USA les sociaux démocrates n’ont absolument rien empêché alors que les meurtres se sont multipliés sous l’administration Obama.

Aujourd’hui la crainte d’une « révolte sociale » comme en 2005 agite de nouveau la bourgeoisie, mais elle n’a pas d’autre solution que la répression et la justice ne sera pas rendue. Déjà les complices ne sont pas accusés de « complicité de viol » de sorte que la qualification est faussée. De même le caractère ouvertement raciste a été évacué du dossier.

Cette violence de classe est de la même nature que celle qui s’est abattue contre les manifestations sur la loi travail. Même si elle porte un caractère raciste dans un cas et antisyndical dans l’autre, elle montre que l’état bourgeois est un instrument de domination d’une classe contre une autre, la classe bourgeoise contre les classes populaires.
Il est nécessaire de relever le caractère spécifique et le caractère général de cette contradiction de classe, et de lier les deux dans un même combat contre la bourgeoisie fascisante et pour le socialisme.



Edité le 08-02-2017 à 20:18:08 par Xuan




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marquetalia
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   Posté le 08-02-2017 à 19:57:56   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

C est ce genre d exactions qui donne des ailes aux Black Bloc Revenge,qui cassent du flic.

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Xuan
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   Posté le 08-02-2017 à 20:20:58   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

L'unité du peuple contre la classe bourgeoise n'a pas besoin de zorros.

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Xuan
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   Posté le 08-02-2017 à 20:35:02   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Unité du peuple contre l'impunité policière


A titre d'information un témoignage reproduit sur BFMTV :

Affaire Théo: "dans les quartiers, on a le sentiment que les policiers s'en sortent toujours"


08/02/2017 à 13h55


Six jours après la violente interpellation de Théo à Aulnay-sous-Bois, pendant laquelle il a été grièvement blessé, RMC.fr a recueilli le témoignage de Oussouf Siby, qui habite dans un des quartiers populaires de la ville. Il raconte que les relations entre les jeunes des quartiers et la police s'est profondément dégradée ces dernières années, et que les interpellations sont aujourd'hui "toujours brutales" .

Oussouf Siby a 26 ans. Il est né, a grandi et vit toujours à Aulnay-sous-Bois, dans la cité de l'Europe, quartier situé près de la Rose-des-Vents où Théo a été grièvement blessé lors de son interpellation par des policiers qu'il accuse de viol. Il est également assistant parlementaire de Daniel Goldberg, député PS de Seine-St-Denis.


"Cette situation ne date pas d'hier. Je l'ai vu et je le vois dans ma ville. Lorsque les policiers viennent dans les quartiers les interpellations se font toujours de manière brutale, on a l'impression que ce sont des cow-boys qui descendent de leur voiture et mettent les jeunes contre le mur. Le tutoiement est devenu banal, il y a les regards insistants des policiers quand ils passent. Evidemment si une personne commet un méfait avéré il doit être contrôlé et interpellé. Mais si une personne n'a rien à se reprocher et qu'on commence à mal lui parler, ça ne participe pas à un respect mutuel.
L'année dernière, juste avant le ramadan, des bruits de cochons ont été lancés depuis une voiture de police en passant devant un groupe de jeunes. On ne peut pas demander aux jeunes d'arrêter de provoquer les policiers si de l'autre côté on a des provocations qui enflamment bêtement les choses.
On ne demande pas des choses exceptionnels mais juste: 'bonjour, contrôle d'identité, merci et au revoir'. On en est arrivé à quémander ce qui devrait être la norme.

"Dans les quartiers, il y a une peur de la police"

Les choses ont empiré. Les relations se sont dégradées au fil des années entre les jeunes et la police. Maintenant, il n'y a plus de dialogue. Pire, il y a même des mamans qui déconseillent à leurs enfants, pourtant majeurs, de sortir dès que la nuit tombe, de peur qu'il leur arrive quelque chose. On se dit que ce qui est arrivé à Théo aurait pu nous arriver aussi. On en arrive à penser que les policiers, censés nous protéger, sont devenus un danger pour nos enfants et pour les jeunes de la ville. Effectivement, il y a des policiers qui ont la boule au ventre quand ils vont dans les quartiers, mais on a également de la part de la population une défiance, une peur de la police.

"S'ils en sont arrivés là sur Théo, c'est parce qu'ils imaginaient qu'ils allaient en sortir impunis"

Ce qui est incompréhensible aux yeux de la population c'est que les policiers mis en examen ont été remis en liberté. Qu'aurait-on dit si cela avait été des jeunes qui avaient été remis en liberté après des faits de délinquance? La population a le sentiment qu'il y a deux poids deux mesures entre les condamnations de forces de l'ordre et celles de jeunes des quartiers. Il y a le sentiment que les policiers ne sont jamais condamnés.
Si des policiers ont pu en arriver là sur Théo, c'est parce qu'ils s'imaginaient qu'ils allaient en sortir impunis. On a le procès de Zyed et Bouna, le procès d'Adama Traoré dans lesquels les policiers mis en cause n'ont pas été condamnées… Les habitants se disent que de toute façon ils s'en sortiront toujours.

Le cafouillage autour de la requalification des faits, n'a pas non plus permis de calmer les choses. Les Aulnaysiens demandent que la vérité soit établie et que les policiers soient condamnés pour les atrocités qu'ils ont commises. Moi, j'ai confiance dans la justice, j'espère que la sanction sera proportionnelle aux actes et que ce sera la dernière fois qu'on aura en France ce type de faits. »…


On peut rêver !


Edité le 08-02-2017 à 20:47:22 par Xuan




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Xuan
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   Posté le 09-02-2017 à 08:58:07   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le déni de justice se précise, sur LCI :

"Selon nos informations, l’IGPN, l’Inspection générale de la police nationale, a transmis ses premières observations et comptes-rendus d’enquête à la juge d’instruction en charge de l’affaire de l'arrestation du jeune Théo à Aulnay-sous-Bois. Et dans ses premières constatations, l’IGPN retient la thèse de l’accident et non du viol"

Par contre deux jeunes écopent de six mois de prison ferme...


Edité le 09-02-2017 à 09:00:21 par Xuan




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   Posté le 09-02-2017 à 22:32:57   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

le Parti Communiste Maoïste :


Flics, violeurs, assassins !

02/09/2017


Encore une fois, les flics se sont illustrés par leur barbarie. Théo, 22 ans, a été interpellé ultra violemment par 4 policiers lors d’un contrôle au faciès : en plus des violences, crachats et insultes habituelles, ces policiers l’ont violé en lui enfonçant leur matraque dans l’anus… C’est un acte ignoble qui montre bien la mentalité raciste et barbare qui existe au sein de la police. Opéré d’urgence après sont interpellation, il est aujourd’hui dans un état très préoccupant. Le médecin lui a prescrit 60 jours d’ITT et il doit porter une poche. Sa famille et le corps médical s’inquiètent des séquelles qu’il pourrait garder.


Contrairement à ce qu’on peut entendre, les violences policières ne sont pas des « exceptions » ou des « bavures ». Théo a eu le bon réflexe de se placer dans le champ d’une caméra. Un voisin est également intervenu. Mais ce n’est malheureusement pas le cas tout le temps. Ce cas a fait surface, témoignage des pratiques policières quotidiennes dans les quartiers populaires.

Comme pour Zyed et Bouna en 2005, comme pour Adama Traoré l’an dernier, les médias, les politiciens et la « Justice » ont pris immédiatement parti pour la police, et pas plus tard qu’aujourd’hui, alors que la juge avait retenu la requalification en viol pour l’un des policiers, l’IGPN apporte comme conclusion qu’il y aurait eu un « viol accidentel » ! On se fout vraiment de notre gueule !

La police est un corps raciste, xénophobe, qui protège l’État et les possédants en terrorisant au quotidien les classes populaires, en particulier les Noirs et les Arabes dans les quartiers populaires pour les dissuader de vouloir améliorer leurs conditions de vie et les maintenir dans des ghettos. Elle agit comme une force coloniale d’occupation (citons comme exemple flagrant les descentes armées, les blocages et les contrôles renforcés lors de l’Aïd…).

Depuis samedi, les jeunes, énervés avec raison, affrontent la police à Aulnay et aux alentours dans le 93. Le président Hollande en personne est venu rendre visite Théo à son chevet. Pourtant, hier, les députés ont voté une loi assouplissant la légitime défense des flics, et rappelons-le, l’IGPN considère l’acte commis par les policiers comme un « viol accidentel ».

Les porcs doivent payer ! Et ça sera le cas, au fur et à mesure que les résistances dispersées formeront un seul et même fleuve révolutionnaire qui emportera ce système pourri jusqu’à la moëlle !

Justice pour Théo !
Flics, violeurs, assassins !





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   Posté le 10-02-2017 à 00:27:18   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le racisme ordinaire de Luc Poignant, représentant du syndicat Unité police SGP-FO : "bamboula, ça reste à peu près convenable"
...après le déni de l'IGPN, le dialogue avance.


Edité le 10-02-2017 à 00:29:00 par Xuan




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   Posté le 12-02-2017 à 09:21:11   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Barbarie policière à Aulnay-sous-Bois : la vraie nature de l’Etat bourgeois




Le jeudi 2 février 2017 un homme de 22 ans a été victime, sans aucune raison, d’une violence insoutenable de la part de quatre policiers. Ces derniers ont inséré une matraque dans le fessier du jeune homme, provoquant des blessures graves : une lésion du canal anal de dix centimètres de profondeur qui lui vaut, à ce stade, soixante jours d’interruption totale de travail. La scène a été filmé et ne laisse guère de doutes quant à la nature barbare de cet acte.

Cependant la machine de la désinformation est déjà en marche. Le parquet de Bobigny qui avait ouvert une information judiciaire le samedi 4 février pour « viol en réunion par personnes dépositaires de l’autorité publique » a requalifié le lendemain les faits, pour trois des policiers, en « violences volontaires en réunion avec arme par personnes dépositaires de l’autorité publique » . La justice bourgeoise accrédite déjà la thèse ridicule que le pantalon de la personne interpellée aurait glissé « tout seul » et que le policier n’avait pas l’intention de frapper à cet endroit !

Nous savons déjà comment cette histoire risque de se terminer. Comme dans l’affaire Adama Traoré la justice se contentera d’adresser un blâme ou de blanchir les auteurs des faits. L’impunité des forces de police dans ce genre d’affaire est à la fois révoltante et révélatrice de la nature de l’appareil sécuritaire : le rôle de toute police, en pays capitaliste, est fondamentalement de protéger, non pas les citoyens, mais l’ordre social bourgeois injuste et inégalitaire. Sa mission implique donc de museler la voix des opprimés et de leur faire sentir qu’il est vain de se révolter, y compris aux moyens d’exactions, de brimades quotidiennes (comme les contrôles « au faciès » qui empoisonnent la vie quotidienne de la jeunesse populaire), de meurtres ou de viols. Pour preuve l’utilisation par les policiers de tir à balles réelles lors des nuits suivantes à Aulnay pour disperser les « émeutiers ».

La « lune de miel » entre la police et le peuple, vendue par les médias, depuis les attentats de Charlie Hebdo s’était déjà émoussée avec la violence de la répression lors du mouvement El-Khomri. Les bavures policières récurrentes et l’absence de justice pour les victimes démontrent qu’il ne faut pas « embrasser un flic » mais dénoncer et combattre sans répit les violences policières qui sont l’expression de la domination de la bourgeoisie sur l’ensemble de la société.

Assez de l’impunité des forces de répression !
Solidarité totale à Théo et à toutes les victimes des violences policières !
Renforçons la lutte et l’organisation contre cet ordre bourgeois injuste et inégalitaire !


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Xuan
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   Posté le 12-02-2017 à 09:36:06   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

A titre indicatif, mais très instructif sur la façon dont les institutions bourgeoises comptent régler la question, l'intervention de la représentante du groupe CRC à l'Assembleé nationale :


Mme Éliane Assassi . Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, tout le monde dans cette enceinte a pris connaissance de l’acte abominable commis à l’encontre de Théo Luaka à Aulnay-sous-Bois.

Face à cette violence inouïe, qui peut être qualifiée d’acte de barbarie, nos pensées et notre compassion vont bien sûr vers Théo, sa famille et ses proches, qui vivent un moment très douloureux.

Aujourd’hui, quatre agents de la brigade spécialisée de terrain, la BST, sont mis en examen, dont un pour viol. Le Défenseur des droits a ouvert une enquête. Et pour cause : d’après ses déclarations, le jeune homme aurait fait l’objet, en plus des coups et du viol, de moqueries, de crachats et d’injures racistes. Cela est profondément révoltant !

Malheureusement, ces faits ne constituent pas un événement tragique et isolé ; ils font écho à des pratiques pour le moins douteuses de contrôle policier et d’interpellation bien connues dans les quartiers populaires.

Mon propos en l’occurrence n’est pas de remettre en cause le travail et la déontologie de l’ensemble de nos forces de sécurité, dont nous reconnaissons la qualité de l’engagement,…

M. Bruno Sido . Quand même !

Mme Éliane Assassi . … qui plus est dans le contexte actuel, et avec le peu de moyens dont elles disposent.

Mais une tension permanente, dont témoignent les forces de l’ordre et les citoyens, existe dans ces quartiers. Nous reconnaissons la dégradation des conditions de travail de la police de terrain, mais il convient aussi d’entendre les voix des nombreuses associations et des citoyens, voire du Défenseur des droits lui-même. Tous évoquent des contrôles d’identité discriminatoires, parfois répétés, voire systématiques. Les palpations de sécurité sont souvent faites hors des règles du code de déontologie des forces de sécurité, et s’apparentent trop fréquemment à une véritable atteinte à la dignité humaine.

Monsieur le ministre, certes, il faut rester serein, mais comment ignorer que, lorsque certains sont soumis à la justice expéditive de la comparution immédiate, d’autres bénéficient d’une réelle instruction ?

Mme Évelyne Didier . C’est incroyable !

Mme Éliane Assassi . La justice, aussi, doit être la même pour tous ! Il faut revenir aux réalités du terrain et, surtout, remettre à plat la doctrine et les pratiques du maintien de l’ordre en France, avec le retour d’une véritable police de proximité, recrutée et formée pour ces missions.

Dans ce cadre, il est nécessaire de mettre en place d’urgence le récépissé de contrôle, afin d’en finir avec les contrôles au faciès. Ces mesures sont attendues depuis cinq ans. Pourquoi ne pas utiliser le projet de loi Sécurité publique actuellement en discussion pour les faire adopter ?

Oui, il faut rétablir la confiance, afin qu’il n’y ait plus de Théo, d’Alexandre, d’Ahmed Selmouni ou d’Adama Traoré ! (Applaudissements sur les travées du groupe CRC.)

M. le président . La parole est à M. le ministre de l’intérieur.

M. Bruno Le Roux , ministre de l’intérieur. Madame Assassi, dans un premier temps, j’appelle chacun d’entre nous à la prudence. Il ne s’agit pas de minimiser ce qui s’est passé, mais, au moment où la justice est en train de faire son travail, tous les éléments lui ayant été transmis, il ne nous appartient pas de qualifier ce qui s’est passé.

Mme Éliane Assassi . Il suffit de constater !

M. Bruno Le Roux , ministre. Vous pouvez constater, mais tous vos mots ne peuvent pas remplacer l’enquête menée aujourd’hui par la justice.

Je souhaite qu’un message d’apaisement, éminemment républicain, et de confiance renouvelée soit adressé à ceux qui investiguent aujourd’hui pour faire éclore la vérité. S’il y a des faits à reprocher, et à l’évidence les faits sont graves, ils doivent être sanctionnés.

M. Éric Doligé . Très bien !

M. Bruno Le Roux , ministre. Respectons le fonctionnement normal de la justice plutôt que d’utiliser, les uns après les autres, des qualificatifs qui ne font qu’exacerber les tensions. Tel n’est pas notre rôle, surtout quand on sait la crispation qui règne dans un certain nombre de nos quartiers. ( Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et républicain, de l’UDI-UC et du groupe Les Républicains. )

Pour ma part, je continuerai d’appeler au calme, tout en réfléchissant très concrètement, madame la sénatrice, à la façon d’aller plus loin ensemble, y compris dans le cadre du projet de loi relatif à la sécurité publique, qui a été débattu dans votre assemblée, et adopté hier à l’Assemblée nationale.

Je veux revenir sur la question des caméras mobiles, qui me semblent aujourd’hui utiles. À mon sens, il serait dommage de rêver à un dispositif qui supplanterait celui que nous nous apprêtons à expérimenter aujourd’hui. Avec le déclenchement automatique prévu par la loi Égalité et citoyenneté, le système visé permettra d’apporter un niveau de sécurité supplémentaire lors des contrôles d’identité et des interventions qui se passeront dans nos quartiers. Dans un premier temps, 2 000 caméras pourvues d’un système de déclenchement automatique vont être déployées dans la police et 600 dans la gendarmerie.

J’y insiste, ce dispositif est, à mon avis, bien plus opérationnel qu’un récépissé, qui entraînerait une forme de lourdeur, et qui, surtout, n’offre pas de réponse à une question essentielle : sommes-nous prêts, demain, à constituer dans notre pays un fichier des personnes contrôlées dans nos quartiers ?

Mme Éliane Assassi Il ne s’agit pas de cela !

M. Bruno Le Roux , ministre. Pour ma part, je ne m’y résous pas. Madame la sénatrice, vous ne trouverez pas d’utilisation du récépissé véritablement opérationnelle.

M. le président. Il faut conclure, monsieur le ministre.

M. Bruno Le Roux , ministre. C’est à mon sens une chimère !

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