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 "America first" vers l'isolement

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Xuan
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   Posté le 28-10-2017 à 22:11:01   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur un blog québecquois, un article assez judicieux sur un slogan qui l'est beaucoup moins :

La Chine, grande gagnante de «l’Amérique d’abord»


Julien Tourreille - 28 octobre 2017

Au lendemain de la guerre froide, les États-Unis se retrouvèrent dans une position hégémonique sur la scène internationale. Disposant de l’ensemble des attributs de la puissance et en l’absence d’États rivaux, ils étaient largement en mesure de façonner cette scène selon leurs intérêts. Les locataires qui se sont succédé à la Maison-Blanche depuis le début des années 1990 ont tous eu pour objectif de préserver cet avantage.

Avec son adage « l’Amérique d’abord » (« America First »), le président Donald Trump semble s’inscrire, d’une façon tout à fait assumée, dans cette lignée. Pour autant, l’émergence de nouveaux centres de gravité des relations internationales (particulièrement l’Asie), les crises secouant les États-Unis ainsi que leurs alliés occidentaux (terrorisme islamiste, crise économique et financière de 2007-2008) et une première année de présidence Trump désastreuse ont accéléré le réagencement de l’ordre international. Sans surprise, la Chine en est la grande gagnante.

Le poids démographique, le dynamisme économique, les inimitiés entre États et l’absence de mécanisme régional de sécurité collective sont autant de facteurs qui placent l’Asie au coeur des relations internationales du XXIe siècle. Porteur de formidables perspectives d’avenir tout autant que de risques de conflits majeurs, ce basculement du monde est un phénomène inéluctable qui commande une attention soutenue de la part des puissances occidentales, États-Unis en tête. Le président Obama l’avait bien compris en mettant en place une stratégie de rééquilibrage de la politique étrangère américaine vers l’Asie-Pacifique.

Cette stratégie était certes imparfaite, notamment au niveau de ses objectifs. S’agissait-il pour Washington de mettre sur pied un nouveau modèle de relations entre grandes puissances avec la Chine ? L’ambition du gouvernement Obama était-elle plutôt de créer un nouveau système d’alliances avec des partenaires de longue date se sentant menacés par la puissance chinoise ?

Quoi qu’il en soit, le président Obama était parvenu à faire des États-Unis un acteur durablement ancré en Asie-Pacifique. Bien plus qu’un accord commercial, le Partenariat transpacifique (TPP) devait symboliser la pérennité de l’engagement de Washington dans la région. En annonçant dès son arrivée à la Maison-Blanche sa volonté de se retirer de cet accord, Donald Trump mina la crédibilité des États-Unis auprès de leurs alliés asiatiques.

Leur confiance en la volonté de Washington de jouer en Asie un rôle d’encadrement et de rééquilibrage d’une Chine à la puissance de plus en plus affirmée fut mise à rude épreuve par ce retrait brutal. Pire, le gouvernement Trump n’a toujours pas énoncé de stratégie claire pour l’Asie et n’a pas pourvu les postes de hauts fonctionnaires affectés à cette région au sein de l’appareil gouvernemental. Il n’est dès lors guère surprenant que le niveau de confiance envers les États-Unis en Asie ait radicalement chuté au cours de la dernière année.

Comme si cela ne suffisait pas, la Maison-Blanche a annoncé plus tôt cette semaine que Donald Trump ne participera pas au sommet de l’ASEAN au terme de sa première tournée asiatique prévue début novembre. Cette rencontre aurait pu être l’occasion pour le président américain de rassurer ses homologues et d’aborder directement avec eux des enjeux de sécurité pressants, allant de la Corée du Nord aux tensions en mer de Chine méridionale, en passant par la lutte contre le terrorisme.

La nature ayant horreur du vide, le désengagement américain en Asie, et plus largement de la scène internationale, laisse le champ libre à Pékin. Alors que Xi Jinping est sorti renforcé du 19e Congrès national du Parti communiste, Trump devrait participer au sommet de l’ASEAN (d’autant plus qu’il quittera les Philippines, où se déroule le sommet la veille de son ouverture). Son absence ne fera en effet que consolider la perception d’un déclin, d’une inutilité et d’une perte de crédibilité de la puissance américaine.

Depuis janvier 2017, le président chinois n’a certes pas manqué d’exploiter la moindre occasion de se présenter comme le garant de l’ordre international et de ses avancées. Qu’il s’agisse du libre-échange, de la lutte contre les changements climatiques ou de l’accord sur le nucléaire iranien. Cela étant, la première année de la présidence Trump tend à démontrer que la principale vulnérabilité à l’hégémonie américaine ne se situe pas à Pékin, à Moscou ou à Bruxelles, mais bien dans le Bureau ovale. Trump a encore trois ans pour renverser la tendance.

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Xuan
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   Posté le 14-11-2017 à 20:22:10   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Trump humilié en Chine lors de la visite de Pékin souligne le nouvel ordre mondial en Asie


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NOV

Loin de souligner le leadership américain, le voyage a encore accentué l’émergence de la Chine comme pilier alternatif de la prospérité et de la stabilité dans la région la plus dynamique du monde, écrit Richard Heydarian cet article bien informé témoigne de ce que peut être le meilleur de la diplomatie chinois: utiliser la force et la brutalité de l’adversaire pour lui imposer sa propre volonté. (note et traduction de Danielle Bleitrach)

Publié: lundi 13 novembre 2017, 07h02
MISE À JOUR: lundi 13 novembre 2017, 23h19

Histoire et société



Richard Heydarian

13 nov. 2017

Parmi les étapes du voyage de Donald Trump dans cinq pays asiatiques celle qui est le plus caractéristique est Pékin. Après tout, la Chine est considérée comme le plus grand rival régional de l’Amérique, et elle a été souvent l’objet des tirades non-stop du président.

Tous les autres pays participant à la tournée sont soit des alliés issus de traités, à savoir le Japon, la Corée du Sud et les Philippines, soit un nouveau partenaire stratégique, à savoir le Vietnam.
La visite, dans laquelle on a vu Trump échouer à obtenir une concession majeure de la Chine, a été celle qui a souligné l’émergence tranquille mais indubitable d’un véritable ordre post-américain en Asie.

Loin de souligner le leadership américain dans la région, la visite a démontré l’émergence de la Chine en tant que pilier alternatif de prospérité et de stabilité dans le théâtre géopolitique le plus dynamique du monde. Trump s’est embarqué dans son voyage en Asie pour affirmer la centralité américaine dans les affaires mondiales, mais il a quitté Beijing comme le chef humilié d’une superpuissance en déclin.

Pendant sa campagne présidentielle, Trump avait pointé du doigt la Chine avec brio et vigueur, décrivant souvent la puissance asiatique comme une menace majeure pour le bien-être économique et la suprématie mondiale des États-Unis.

Adoptant un langage souvent belliqueux, il avait accusé la Chine de manipuler des devises, de vendre un excédent commercial excessif à l’Amérique, de dominer agressivement les eaux adjacentes aux dépens des alliés régionaux comme le Japon et les Philippines et d’aider des parias comme la Corée du Nord.

http://multimedia.scmp.com/widgets/trump/trump-asia-visit-2017/index.html

Il n’est donc pas étonnant que le monde ait eu un regard très attentif sur le président américain, qui parle dur, pouvait obtenir en matière de concession majeure sur les principaux points de divergence avec Pékin. Comme prévu, cependant, la Chine a réussi à apaiser et à apprivoiser le président américain, tout en restant sur ses positions dans les zones de désaccord.

Sous Trump, l’excédent commercial de la Chine avec l’Amérique s’est en fait élargi à 223 milliards de dollars américains au cours des 10 premiers mois de l’année – une augmentation à deux chiffres par rapport à l’année précédente. Mais au lieu de reculer sur des domaines d’intérêt fondamental pour elle, en particulier sur le commerce et la politique industrielle, la Chine a sciemment attenué la différence.

Pour calmer les inquiétudes américaines face à leur énorme déficit commercial avec la Chine, Beijing a offert 37 contrats d’investissement majeurs totalisant plus de 250 milliards de dollars à 30 PDG de grandes entreprises américaines. De grands noms tels que Boeing, General Electric, Goldman Sachs, Qualcomm, Cheniere Energy, Air Products étaient parmi ceux qui ont rejoint la délégation d’hommes d’affaires de Trump.

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a salué ces accords comme une étape cruciale pour fournir « une base solide pour une relation plus forte, plus libre, équitable et réciproque entre les Etats-Unis et la Chine ».

Aux applaudissements de son auditoire chinois, Trump est allé jusqu’à donner à « la Chine un grand crédit » pour sa capacité à « tirer profit d’un autre pays [l’Amérique] pour le bénéfice de ses citoyens … »

Au lieu de blâmer la Chine pour les problèmes commerciaux de l’Amérique, il a placé la responsabilité sur ses prédécesseurs pour ne pas avoir adopté une relation économique optimale avec la plus grande nation exportatrice du monde. Pour l’instant, il semble que l’administration Trump recule effectivement par rapport à ses menaces précédentes d’imposer des sanctions commerciales à la Chine.

Ainsi, Pékin a réussi à vider de son contenu la posture agressive de Trump à travers un ensemble soigneusement élaboré d’accords commerciaux mutuellement satisfaisants. C’était la politique chinoise à son niveau le meilleur.

Pour être juste cependant, le président chinois Xi Jinping a promis un environnement d’investissement ouvert et que «la Chine ne fermera pas ses portes» et gardera son énorme marché intérieur «plus ouvert, plus transparent et plus ordonné» pour les entreprises étrangères, y compris américaines. Ce fut une déclaration d’assurance opportune au milieu des préoccupations croissantes concernant la montée du nationalisme économique en Chine.

En ce qui concerne les zones de tensions géopolitiques, Trump est parti presque bredouille de Pékin. S’exprimant devant l’Assemblée nationale sud-coréenne un jour plus tôt, le président américain avait lancé une attaque à peine voilée contre la Chine pour avoir soi-disant choisi « d’ignorer » ou « pire encore, de permettre » la Corée du Nord. Il a carrément placé le «poids de la crise» sur la «conscience» de la Chine.

Pourtant, tout ce dur discours s’est rapidement traduit par une gratitude conciliatrice envers la Chine pour ses efforts visant à freiner le programme agressif de missiles balistiques et nucléaires de la Corée du Nord. A Pékin, Trump a simplement appelé « la Chine et votre grand président à travailler très dur », exprimant son optimisme que « si [Xi] travaille dur », il y aura une résolution rapide de la crise dans la péninsule coréenne .

Probablement, il n’y avait pas non plus d’accord significatif sur la montée des tensions sino-américaines en mer de Chine méridionale, la marine américaine contestant les activités de remise en état de la Chine par des «opérations de liberté de navigation» régularisées. Qualifiant les relations bilatérales de «nouveau point de départ historique», le président chinois a réitéré son point précédent: «L’océan Pacifique est assez grand pour accueillir la Chine et les États-Unis».

Ainsi, la Chine a manifesté sa volonté d’un «grand marché» émergent dans les eaux adjacentes, sans aucune résistance palpable de la part de l’administration Trump, qui cherche désespérément l’aide de Pékin sur la question de la Corée du Nord.

L’échec à obtenir une concession majeure sur des domaines clés de différence peut expliquer le refus controversé de Trump de répondre aux questions des médias lors de sa conférence de presse conjointe avec Xi. Comme on dit, parfois le silence en dit long. La visite paradoxale de Trump en Chine est probablement le signe avant-coureur d’un nouvel ordre en Asie, où l’Amérique n’est plus le numéro un incontesté.

Richard Heydarian est un universitaire basé à Manille et auteur de Rise of Duterte: une révolte populiste contre la démocratie d’élite

Cet article est paru dans l’édition imprimée de South China Morning Post sous le titre: Trump est venu avec des exigences, mais a obtenu l’état d’art à son meilleu

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   Posté le 14-11-2017 à 20:34:01   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

Il va falloir tous se mettre au mandarin-et très vite.

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   Posté le 15-11-2017 à 07:54:13   Voir le profil de Finimore (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Finimore   

moi je préfère la mandarine ou alors la clémentine (pas Autain)

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   Posté le 15-11-2017 à 18:47:52   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

mais si,mon raisonnement est juste,le monde va se siniser de la meme facon qu il s est angloaméricanisé et continue de l etre avec la domination planétaire des Etats Unis,désormais en déclin.

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