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 2017 : le débat est ouvert

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Finimore
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   Posté le 21-11-2016 à 16:14:18   Voir le profil de Finimore (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Finimore   

Lu sur le site de l'Huma

Entretien réalisé par Aurélien Soucheyre
Dimanche, 20 Novembre, 2016

Clémentine Autain : « Nous voulons mener la campagne de Jean-Luc Mélenchon dans un cadre commun, large et pluraliste »

http://www.humanite.fr/clementine-autain-nous-voulons-mener-la-campagne-de-jean-luc-melenchon-dans-un-cadre-commun-large-et

Le mouvement Ensemble !, qui a très majoritairement voté en faveur d’un soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle de 2017, souhaite développer un cadre commun sans intégrer La France insoumise. Entretien.

42% des militants d’Ensemble se sont exprimés pour un soutien à Jean-Luc Mélenchon tout en souhaitant poursuivre la construction d’un large rassemblement de la gauche de transformation sociale et écologiste. 30% ont voté pour une participation plus directe à la campagne du candidat de la France Insoumise. Enfin, 25% ont considéré que la situation n’était pas mûre pour se prononcer en faveur d’un candidat. Que démontre selon-vous ce vote ?
Clémentine Autain. Au total, 72%, soit plus de deux tiers de notre organisation, a voté pour soutenir Jean-Luc Mélenchon. Sur ce point essentiel, c'est un vote franc et net. La candidature de Jean-Luc Mélenchon incarne aux yeux des Français une gauche distincte du bilan de Hollande et Valls, une gauche qui est porteuse de ruptures avec le néolibéralisme, une gauche de transformation sociale et écologiste. Nous ne voulons pas d’un scénario mortifère avec plusieurs candidatures issues de la gauche d'alternative. Je pense même que nous pouvons nous fixer un objectif ambitieux avec Jean-Luc Mélenchon : celui d’être en tête de la gauche.

Comment les militants d’Ensemble souhaitent-ils mener campagne avec la France Insoumise ?

Clémentine Autain. Suite au vote, nous avons tenu à valider une motion commune à l’ensemble de notre mouvement. Celle-ci nous engage concrètement dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon que nous voulons mener dans un cadre commun, large et pluraliste, intégrant toutes les forces
soutenant cette candidature : la France insoumise, Front commun, mais aussi, s’ils le décident, ce que j’espère vivement, le PCF et des courants écologistes.

Une rencontre devrait avoir lieu de façon imminente entre la France insoumise et Front commun (appel de citoyens et militants d’horizons divers qui souhaitent soutenir Jean-Luc Mélenchon sans intégrer la France insoumise-NDLR), afin que les mouvements politiques qui entendent soutenir cette candidature puissent trouver leur place dans cette campagne. Des propositions concrètes sur la Charte politique (proposée aux candidats pour les législatives- NDLR) et la place des partenaires devraient être avancées.

Ensemble souhaite-t-il travailler au programme qui sera porté par Jean-Luc Mélenchon ?

Clémentine Autain. Bien sûr ! Mais quand on compare le programme l’Humain d’abord du Front de gauche en 2012 et celui de l’Avenir en commun de la France insoumise pour 2017, ce qui frappe, c’est la grande proximité des projets. Sur l’essentiel, ce qui est défendu relève du même arsenal programmatique. Il est évident que si de nouvelles forces s’impliquent, elles doivent pouvoir l'enrichir ou discuter d’éventuels bougés. Je ne dis pas qu'Ensemble est d'accord avec tout mais honnêtement, je ne crois pas que les embûches et difficultés potentielles se nichent là...

Ensemble s’est exprimé pour la présidentielle et aussi pour les législatives ?

Clémentine Autain. Nous avons adopté une feuille de route pour les législatives. Nous nous battrons pour construire des candidatures unitaires partout où cela est possible, en rassemblant toutes les forces qui veulent une politique de gauche en opposition à l’orientation du gouvernement actuel. Nous chercherons à éviter la division de la gauche de transformation sociale et écologiste. C’est pour nous absolument déterminant.

Nous estimons que l’éclatement de nos forces serait tout à fait dramatique pour la famille politique que nous représentons ensemble. Nous entendons également poursuivre notre rôle de passerelle avec les socialistes dissidents, les écologistes, les mouvements sociaux, intellectuels, culturels critiques, les espaces citoyens... Chacun voit bien que nous allons vers de grandes recompositions politiques. Ensemble sera acteur du large rassemblement nécessaire pour affronter les droites dures et ouvrir l'espoir.

Que pensez-vous du risque d’élimination de la gauche dès le premier tour de la présidentielle ?

Clémentine Autain. Bien sûr, nous aurions voulu que notre candidature à la présidentielle rassemble plus largement encore. Mais force est de constater qu’EELV aura son propre candidat, et que les socialistes critiques jouent le jeu de la primaire avec le risque de soutenir in fine un candidat issu de la ligne gouvernementale. Notre vote reflète la prise en compte de cette réalité. L'échiquier politique comme le débat d’idées se polarisent aujourd’hui à droite toute. Nous avons besoin d'une gauche mordante, avec de l'odeur et de la saveur, pour renouer un lien de confiance avec les milieux populaires et la jeunesse. Nous n'allons quand même pas laisser le profil révolutionnaire à Emmanuel Macron et chercher notre sauveur parmi les anciens ministres de l'ère Hollande !
Même si nous avons des débats voir des divergences sur la méthode ou sur certains partis pris de Jean-Luc Mélenchon, il ne faut pas perdre de vue l’essentiel : l’état des rapports de force sociaux et politiques dans le pays, qui ne sera pas le même si nous faisons un bon score en 2017 ou si nous sommes dans les choux. Nous avons donc besoin d’un projet et d’un candidat qui plante le drapeau de cette gauche franche dans le pays, contestant le pouvoir du capital, le productivisme, visant l’égalité et la démocratie. C’est cette gauche-là que nous avons la responsabilité de faire grandir.

Aurélien Soucheyre
Journaliste

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Xuan
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   Posté le 21-11-2016 à 17:43:55   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur le réseau faire vivre le pcf dans la rubrique "les communistes décident...":

Candidature communiste : les faits sont têtus !


Mardi 15 novembre 2016, par Marie-Christine Burricand


Depuis que la conférence nationale du PCF a placé le choix de la candidature communiste en tête, nous assistons à un sérieux enfumage par l’équipe dirigeante visant à cacher ce qui s’est vraiment passé et à décourager les partisans de la candidature communiste.

Le vote très majoritaire de la résolution est systématiquement mis en avant pour faire passer au second plan le vote de la conférence nationale qui s’est prononcée à 55,69 % pour l’option 2, malgré la prise de position de dernière heure du secrétaire national en faveur de Mélenchon. Ce résultat n’est pas rien et c’est une indication qu’il faut donner aux communistes !

De la même manière, les partisans du « tout sauf une candidature communiste » se répandent sur le caractère "retirable" de la proposition, sans expliquer que le soutien à Mélenchon est lui aussi "retirable", et bien plus facilement encore. N’ayant pas été désigné par les communistes, il s’agit non de retirer une candidature mais un simple soutien !

Enfin, les rumeurs sur les candidats possibles brouillent les cartes, notamment sur la candidature Chassaigne, comme s’il fallait absolument laisser croire qu’André Chassaigne ne serait pas le candidat de la direction nationale, alors que sa prise de position en faveur de la candidature, l’annonce de sa disponibilité pour cette bataille ont évidemment rassuré ceux qui se demandaient comment faire si aucun dirigeant ne voulait affronter une telle bataille.

Et puis, la pédagogie de la peur se met en route, sur le thème du « nous sommes trop faibles pour porter une candidature ».

Pour inacceptable que soit une telle attitude, elle traduit d’abord la déception de ceux qui ont choisi « tout sauf une candidature communiste », l’absence de dynamique du soutien à Mélenchon. Ces manœuvres en recul pour affaiblir la décision de la conférence nationale et peser par découragement sur le vote à venir des communistes ne doivent pas nous impressionner.

D’ailleurs, cette attitude révèle en creux la nature du soutien à Mélenchon pour ce qu’elle est, un choix de faiblesse, difficile à justifier. Certes des camarades défendent cette candidature pour des raisons stratégiques, et c’était déjà le cas au congrès, celle de la reconstruction d’une nouvelle force de la gauche de la gauche dans laquelle le PCF s’intègrerait, disparaissant sous la forme parti. Mais le plus grand nombre de ceux qui s’y rallient, le font faute de mieux, parce qu’ils pensent que le PCF n’a plus la force de mener sa propre bataille, idée entretenue depuis plusieurs années par nos dirigeants.

Ces camarades doivent réfléchir : notre effacement au profit de Jean-Luc Mélenchon en 2012 a accéléré notre disparition du paysage politique national ; notre recul en forces organisées et électorales est depuis continu. Faut-il en rajouter en renouvelant une opération aussi néfaste ?

Le climat autour de la candidature communiste à la conférence nationale était à l’offensive et au rassemblement.

Ce n’est pas son retrait possible qui passionnait les intervenants mais plutôt la détermination à la faire avancer jusqu’au bout parce qu’elle représente une vraie chance pour l’avenir. Peut-on prétendre reconstruire la gauche sans travailler à la remontée de l’influence du PCF ? Non, et poser une candidature communiste aux présidentielles c’est affronter cette question et chercher à la résoudre. L’élection de Trump aux États-Unis montre qu’aucune personnalité, aussi présidentiable soit-elle, ne peut battre le FN sans que les idées et l’organisation révolutionnaire ne progressent dans le pays.

Peut on prétendre exister et nous développer comme grand parti national et passer notre tour une nouvelle fois à la présidentielle ? Les délégués ont répondu NON affirmant une candidature non pas identitaire mais existentielle pour le PCF et la gauche.

Qu’est ce qui aidera mieux nos candidats aux législatives ?
Là aussi les délégués à la conférence nationale ont répondu la candidature PCF, tirant la leçon de 2012 et du caractère personnel et présidentiel de la France insoumise.

Personne n’a prétendu que la candidature communiste serait facile. Mais, c’est le seul chemin aujourd’hui qui laisse ouvert l’avenir du PCF et d’une gauche bien à gauche.

C’est aussi mettre en action la capacité de rassemblement des communistes et de leurs élus, car nous n’avons aucun complexe à avoir de ce point de vue, ni envers les partis groupusculaires d’extrême gauche, ni envers le mouvement « made in présidentielle » France insoumise, encore moins envers un parti socialiste déconsidéré par sa politique gouvernementale et les compromis locaux qui l’accompagnent.

Choisir la candidature communiste, c’est choisir de faire l’effort d’une bataille nationale, militants, candidats aux législatives et candidat à la présidentielle ensemble, c’est s’appuyer sur nos forces organisées, donc travailler à leur renforcement, c’est créer les conditions d’une bataille de masse dans la rencontre avec la population.

Choisir la candidature communiste, c’est construire en se confrontant à la réalité l’unité des communistes

Portons sans complexe la candidature communiste. La conférence nationale a entrouvert la porte, ouvrons là en grand. Plus le vote en faveur de la candidature communiste sera important, plus cette candidature sera renforcée dans le PCF comme dans le pays. Ténacité, conviction et volonté de rassembler doivent nous guider jusqu’au bout !


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Un vent de fraîcheur a ragaillardi le PCF


Lundi 14 novembre 2016, par Pascal Brula

Ce que j’ai ressenti à l’annonce du résultat de la consultation de la conférence nationale du 5 novembre dernier, c’est comme un vent de fraîcheur qui aurait soufflé dans le PCF, mortifiant ce microcosme politicien qui s’affaire à sa direction. Des portes se sont désormais ouvertes.
La situation est loin d’être parfaite, il y a certainement des aspirations contraires dans ce vote, mais c’est la première fois qu’une majorité d’adhérents retrouve une certaine confiance, loin de toute autophobie si bien décrite par Domenico Losurdo dans son ouvrage "Fuir l’histoire".
Ce vote répond du tac au tac aux magouilles de Pierre Laurent qui, avant le 37ème congrès, avouait dans une interview à Valeurs actuelles, excusez du peu, qu’il « travaillait en permanence » depuis déjà longtemps avec les frondeurs du PS pour discuter des prochaines échéances électorales, et qu’il se réjouissait presque, que le candidat qui en ressortirait ne serait pas issu du PCF.
Entre temps, a eu lieu le mouvement contre la "loi Travail" et le rejet général du PS, parti qui est apparu alors aux yeux de tous sous son vrai visage, à savoir un des nombreux fers au feu de la grande bourgeoisie. Et la primaire à laquelle Pierre Laurent voulait soumettre le PCF en la faisant accepter par le congrès, a pris alors beaucoup de plombs dans l’aile.
Cerise sur le gâteau, voyant que ses plans étaient mis à mal, il a préféré, la veille de la conférence nationale, jeter le PCF dans les bras d’un autre réformisme, celui de Mélenchon, que les médias capitalistes n’arrêtent pas de gonfler pour l’annoncer possible présent au second tour, comme en 2012...

Alors le résultat de ce vote interne, on peut le savourer, même s’il recouvre, je le répète, une grande disparité, voire même des volontés contradictoires : il marque cependant le premier coup de semonce à cette démarche continue des directions successives du PCF d’aller vers sa liquidation, qui amènerait la France vers une situation à l’italienne.
Un des corollaires à ce premier enseignement, c’est que Pierre Laurent et sa clique dirigeante sont morts politiquement. En tireront-ils les leçons ? Cela n’a pas l’air, puisqu’ils jettent encore leurs derniers feux au service d’une hypothétique "candidature de rassemblement" ; en effet, au cas où les adhérents choisiraient un des leurs pour les représenter, « cette candidature pourrait à tout moment, sur la base d’un accord politique, se retirer au profit d’une candidature commune d’alternative à l’austérité » selon le texte qu’ils ont fait voter le 5 novembre. Leur acharnement à vouloir la fin du PCF est édifiante, car c’est bien de cela qu’il s’agit.



Mélenchon et Marie-Georges Buffet

De l’autre côté, il y a Mélenchon qui est l’autre face du même problème, à savoir celui de la liquidation.
Par qui est-il porté au sein du PCF ? Au 37ème congrès par le texte 1 qui avait clairement affiché la couleur : la démarche est mouvementiste, contre les partis, à la manière inspirée de Podemos ; les auteurs de ce texte promettaient même de dissoudre en douceur le PCF dans un Front de Gauche renouvelé.

Derrière ce texte, il y a l’équipe de Marie-Georges Buffet ainsi que la mouvance de ceux que l’on a appelé à tort les "refondateurs" (notamment à l’origine de la destruction de la fédération de Seine-Saint-Denis), dont une partie a quitté le PCF et créé "Ensemble" avec la très médiatisée Clémentine Autain, dont les propos, notamment en matière internationale, sont le plus souvent franchement réactionnaires.
Depuis la première heure, tout ce petit monde œuvre pour Mélenchon.

Comment pourrait-il en être autrement, puisque c’est M-G. Buffet qui l’a imposé en 2011, elle qui voulait « métamorphoser » le PCF et qui avait été battue sur cette question par une conférence nationale (déjà !?) en 2007 suite à sa calamiteuse candidature antilibérale.
Le vote du 5 novembre l’a rendue furieuse : « depuis des mois, nous portons ce message de rassemblement de la gauche pour un vrai changement et ce soir, le message donné par la conférence nationale, casse tout ce combat en privilégiant une candidature communiste » a-t-elle déclaré !
Son positionnement relève également d’un acharnement à gommer le PCF, elle qui prétendait poursuivre la "mutation" de Robert Hue, et qui, il y a quelques années de cela, à la question d’un journaliste de France Inter, rejetait le marxisme d’un revers de manche. Pire, aux questions de camarades du Bassin d’Arcachon au soir d’une campagne législative partielle, elle lâchait « le communisme c’est fini » alors qu’elle était secrétaire générale du PCF. Il n’y a donc rien à attendre de ce côté-là.

L’effacement voulu par les directions

Mais certains prétendent que l’absence de candidature aux présidentielles n’est pas grave, car le plus important, ce serait les législatives puisque nous sommes opposés à ce système présidentielle relevant d’un scrutin ô combien antidémocratique. Peut-être bien, mais rien n’est plus faux, rien n’est plus erroné que de ne pas tenir compte de cette réalité, même si elle ne nous plait pas.

Pour rappel, je voudrais dire que j’ai vécu en interne, jeune adhérent, les conséquences de notre absence aux présidentielles de 1974 au profit de Mitterrand ; suite à cela, le PCF s’était juré collectivement de ne plus refaire une telle erreur. Mais depuis, il y a eu Robert Hue et la participation au gouvernement Jospin, gouvernement de collaboration de classe, puis la catastrophique candidature antilibérale de M.-G. Buffet et surtout l’effacement derrière Mélenchon en 2012.
Cette année là, avec l’illusion créée par son score aux présidentielles, ça se bousculait au portillon des circonscriptions, et puis patatras, la baudruche médiatique s’est dégonflée aux législatives au détriment encore du PCF dont l’absence aux présidentielles a forcément joué (même si je n’oublie pas tous les renoncements à son identité révolutionnaire et le recul de son implantation dans les milieux populaires).

Ainsi donc, l’absence du PCF aux prochaines élections présidentielles, consciemment voulue par ses dirigeants, qu’il s’agisse de P. Laurent ou M-G Buffet, relève d’une volonté de défaire, de détricoter la structure, l’organisation, le parti ; elle révèle leur vrai visage, celui du réformisme, qui n’attache plus aucune importance à l’organisation communiste, ni à l’analyse du capitalisme, et donc encore moins à l’objectif à moyen terme que nous pourrions mettre en avant, le socialisme, société de rupture avec la capitalisme. La présentation d’un candidat PCF à l’élection présidentielle doit donc se voir comme un acte de survie du parti. Car il y aurait tout à perdre à se retrouver dans une situation à l’italienne.

Paradoxalement, nombreux dans la mouvance communiste hors PCF, se sont réjouis de la tournure des évènements, voyant logiquement dans la division de la direction et dans la soumission à une candidature réformiste (frondeurs ou Mélenchon), la fin de l’organisation PCF et donc la possibilité de récupérer les "futurs" militants qui seraient alors en déshérence, afin de construire ce parti théorique dont la France aurait besoin. Manque de chance, les évolutions diverses qui ont rejailli sur le PCF en interne (mouvement social, arrivées de jeunes communistes…) ont fait que la conférence nationale a dit non. Désolé pour leur idéalisme contrarié, les adhérents du PCF n’ont pas encore dit leur dernier mot… ce qui devra toutefois être confirmé à la fin du mois.

Pour quel programme ?

Reste la question du programme. Même si certains à la direction jouent encore désespérément la carte d’un futur "candidat de rassemblement" issu du PS, Pierre Laurent, en prenant fait et cause pour Mélenchon, semble avoir laissé de côté la solution "frondeur".
Il n’y a donc en concurrence, que le programme de Mélenchon et celui du PCF : or les deux font essentiellement référence à "L’Humain d’abord" qui est un programme réformiste, social-démocrate, d’aménagement du capitalisme (cf. la comparaison avec les 110 propositions de Mitterrand).

Cela explique que certains au PCF, essayent de trouver des différences entre les deux, et comme celles-ci ne sont pas significatives, ils taclent Mélenchon de manière bête et méchante (chauvin, populiste…) et non pas politique, même si effectivement, il y a ponctuellement des différences (SMIC à 1300 €, fin du nucléaire civil…).
Son langage "radical" et ses rodomontades n’y changent rien ; si on creuse un peu, derrière son plan B, il n’y a aucune volonté de sortir de l’UE et de l’euro dont il faut absolument s’affranchir si l’on a l’intention de mener une autre politique.

Mélenchon en reste encore à ce qu’il avait dit lors de son vote pour Maastricht, à savoir « l’avènement de la nation européenne porteuse de paix, de civilisation et de solidarité » .
Mais au-delà de la question programmatique, il y a bien un problème avec Mélenchon : vouloir s’inféoder à ce personnage, c’est s’enfermer volontairement, se suicider politiquement. Il s’agit d’un social-démocrate, un keynésien qui nous berce de l’illusion qu’il est possible de s’arranger avec le capitalisme, et dont la culture politique est fondamentalement anticommuniste.
Certains veulent croire, à l’instar des médias capitalistes, qu’il a des chances d’être au second tour, qu’il va tout renverser, et qu’à lui seul il serait capable de "rassembler pour un vrai changement" (dixit la très anticommuniste MG Buffet), ce n’est que du rêve éveillé.
La baudruche Mélenchon, lorsqu’elle sera dégonflée au soir du premier tour, entrainera hélas beaucoup de désillusions qui feront encore reculer les espoirs de changement.

Une situation inédite

Cette question du programme est en fait surtout reprochée par la mouvance communiste hors PCF, qui craint que si les adhérents venaient à gagner un candidat estampillé PCF, cela ne servirait à rien puisqu’il n’aurait pas de programme communiste. Mais chaque chose en son temps.
Gagnons d’abord en interne la bataille de la candidature, ce qui n’est pas encore fait, et la bataille du programme viendra par la suite : la lutte commence au sein du parti disait Lénine.
Gagner le fait qu’un candidat aux présidentielles s’affiche PCF, même si ce candidat ne porte pas de programme communiste, serait un progrès que l’on mesure mal ; ce serait d’abord une défaite sans précédent de la direction réformiste.

Cela ne pourrait qu’aider tous ceux qui se réclament du communisme, compte tenu de ce que représente le PCF dans l’histoire et l’inconscient collectif des français ; être le parti de la Sécurité sociale, cela ne peut pas s’effacer !

Ne pas avoir de candidat serait troquer une attitude de combat contre une attitude électoraliste de soumission propre au mouvement social-démocrate, et éteindre pour longtemps toute lueur révolutionnaire. L’état actuel du rapport de forces dans la société est tel que, oser penser que la "gauche" puisse remporter ce cycle électoral, montre l’incompétence de nos dirigeants.
La seule certitude que nous ayons, c’est que si le PCF existe encore demain et qu’il a gagné en forces communistes organisées, nous serons ressortis plus forts de cette épreuve et nous serons mieux à même d’affronter les importants combats contre les régressions sociales qui nous sont promises par les "chiens de garde" du capital.


Edité le 21-11-2016 à 18:01:02 par Xuan




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   Posté le 21-11-2016 à 18:15:19   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le texte de P. Brula est intéressant. Les contradictions internes dans la direction révisionniste sont clairement désignées. Il remarque à juste titre que la candidature de Mélenchon n’a aucun avenir et ne dépassera pas le second tour.

« Certains veulent croire, à l’instar des médias capitalistes, qu’il a des chances d’être au second tour, qu’il va tout renverser, et qu’à lui seul il serait capable de "rassembler pour un vrai changement" (dixit la très anticommuniste MG Buffet), ce n’est que du rêve éveillé.
La baudruche Mélenchon, lorsqu’elle sera dégonflée au soir du premier tour, entrainera hélas beaucoup de désillusions qui feront encore reculer les espoirs de changement »
.

MJ Burricand indique de son côté « les partisans du « tout sauf une candidature communiste » se répandent sur le caractère "retirable" de la proposition[1], sans expliquer que le soutien à Mélenchon est lui aussi "retirable" ».

[1]Il s’agit de l’option Chassaigne, censé se désister pour les socialos au second tour.

En fait ce genre de calcul, tant pour les partisans de Mélenchon que de Montebourg est déjà caduc. Quelle que soit la position respective des uns et des autres, ils sont capables de se désister en chœur et au nom de la défense de la République, non pour les socialistes mais directement pour Fillon.

« Cette question du programme est en fait surtout reprochée par la mouvance communiste hors PCF, qui craint que si les adhérents venaient à gagner un candidat estampillé PCF, cela ne servirait à rien puisqu’il n’aurait pas de programme communiste. Mais chaque chose en son temps.

Gagnons d’abord en interne la bataille de la candidature, ce qui n’est pas encore fait, et la bataille du programme viendra par la suite : la lutte commence au sein du parti disait Lénine.

Gagner le fait qu’un candidat aux présidentielles s’affiche PCF, même si ce candidat ne porte pas de programme communiste, serait un progrès que l’on mesure mal ; ce serait d’abord une défaite sans précédent de la direction réformiste. »


Ici P. Brula confond la liquidation organisationnelle du pcf et sa liquidation politique.
Si le candidat du pcf n’a pas de programme communiste quelle est donc la nature de son programme ? Et quelle position défendra donc au second tour un parti « communiste » sans programme communiste ?
Une candidature communiste s’opposant à la liquidation du pcf ne peut que défendre l’abolition du capitalisme et l’instauration du socialisme, sinon il n’y a pas de différence de nature entre cette candidature et celle des « insoumis » ou des « frondeurs ».

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La cause de la liquidation du pcf ou de sa survie est d’abord en lui, dans la contradiction entre révisionnisme et marxisme-léninisme, entre réforme et révolution, entre ligne bourgeoise et ligne prolétarienne.

Par contre on ne peut pas séparer les choses et isoler le courant révisionniste (lui-même divisé entre « insoumis » et « frondeurs » ) à la direction du pcf, d’avec le courant réformiste qui lui est extérieur : P. Laurent ou Buffet d’avec Mélenchon, Montebourg, ou Aubry, etc.
Et de la même façon on ne peut pas séparer le courant marxiste-léniniste au sein du pcf et à l’extérieur du pcf, les deux sont liés et agissent l’un sur l’autre.

Il existe un autre aspect qui est la forme de cette transformation. Dans le cas où le courant réformiste l’emporte il n’est pas nécessaire que le pcf soit liquidé en tant qu’organisation mais il est nécessaire qu’il le soit en tant que parti communiste. C’est-à-dire que Mélenchon a besoin du pcf en tant qu’outil, avec ses cadres, son infrastructure, ses militants.
Et pour les dirigeants révisionnistes, un candidat « présidentiable » c’est-à-dire compatible avec les institutions bourgeoises, est nécessaire pour préserver un appareil ancré dans les niches administratives de la république bourgeoise.
Il n’est pas exclu non plus que certains cadres du pcf s’opposent au soutien à Mélenchon parce qu’il signifie pour eux la liquidation de leur ligne révisionniste au profit d’une social-démocrate qu’ils considèrent étrangère à leur parti.
La liquidation dans le pcf pourrait être une fusion en son sein du révisionnisme et de la « nouvelle gauche » dont Mélenchon poursuit le travail de sape anti-communiste.

A l’inverse la survie du pcf - mais sur des positions communistes - serait la victoire des communistes sur le révisionnisme. Elle exclut évidemment toute forme de désistement en direction des « insoumis », « frondeurs » et autres « atterrés ».
La forme que pourrait prendre cette survie pourrait être l’exclusion politique des dirigeants révisionnistes, ou sinon la division en deux du pcf, ou encore la création d’un nouveau parti communiste. Dans un cas comme dans un autre ce serait l’échec de la liquidation.
Ceci dépend du rapport des forces en son sein, mais aussi des conditions externes :
de la campagne publicitaire de Mélenchon, de l’échec visible de la voie électorale, de la volonté des masses populaires, de l’influence des marxistes-léninistes extérieurs au pcf, etc.

Et précisément c’est à cette aune qu’on peut juger le ralliement de groupes ml à la campagne de Mélenchon. Il est clair qu’un tel ralliement nuit à la lutte contre la liquidation et à la reconstitution du parti communiste.


Edité le 21-11-2016 à 18:26:53 par Xuan




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   Posté le 23-11-2016 à 18:40:33   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

La "lettre ouverte" des Cercles Communistes , qui s'avisent de "plumer la volaille socialiste" maintenant que plus un prolo ne parierait un jeton de caddie sur les socialos, et qui prétendent se tenir "un pas en avant des masses" en soutenant le paltoquet réformiste Mélenchon .

Lettre ouverte aux communistes sur la nécessité de la candidature Jean-Luc Mélenchon


Cercles Communistes
MARDI 22 NOVEMBRE 2016

Chers camarades,
Depuis 9 mois la candidature de Jean-Luc Mélenchon, annoncée par celui-ci en février 2016, fait débat chez les militants communistes, que ce soit au sein du PCF, ou au sein des organisations communistes extérieures au PCF. [Dans ce cadre, le scrutin des militants du PCF aura lieu du 24 au 26 novembre, sur le soutien des communistes à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, où la présentation d’une candidature communiste issue de ses rangs.]

Dans ce débat, il nous semble que bon nombre de militants oublient l’objectif principal qui doit nous guider : être utile aux masses, être utile au développement de la lutte de classe.
Or quels sont les besoins des masses aujourd’hui ? Il s’agit de résister à la broyeuse libérale antisociale pilotée par le MEDEF et le gouvernement PS, sous la férule de l’Union Européenne. Il s’agit d’exprimer politiquement le rejet des politiques libérales, austéritaires, antisyndicales, racistes, guerrières, qui pavent la voie au fascisme. Il s’agit, plus spécifiquement, de dénoncer et battre ce parti de trahison sociale qu’est le PS, lequel parti passe encore, aux yeux de millions de gens, pour être de « gauche », c’est-à-dire, dans l’esprit commun, pour être un parti se plaçant « du côté des travailleurs et de la justice sociale ».

Or le rejet populaire des politiques libérales (dont par exemple le rejet de la loi El Khomri, qui a aggravé le fossé avec le PS) et le rejet des politiciens y compris corrompus (cf. Cahuzac) qui incarnent ces politiques – rejets qui s’expriment en partie dans l’abstention aux différentes élections – peuvent s’exprimer aujourd’hui positivement par un vote de masse en faveur d’un candidat en capacité de briser la domination politique du PS sur la « gauche ». Le verrou du bipartisme « gauche/PS » contre « droite », qui alimente le FN (dénonciateur de « l’UMPS »), peut sauter par le vote Mélenchon, ce qui ouvrira ainsi un espace politique aux forces révolutionnaires.

Battre le PS

Militer pour le vote Mélenchon à la présidentielle, et viser qu’il passe devant le candidat PS, c’est travailler à défaire l’hégémonie du PS et donc du coup favoriser l’alternative à sa gauche. Jean-Luc Mélenchon est certes un social-démocrate de gauche, mais il représente de fait la séparation en cours entre les libéraux et les antilibéraux (forcément inconséquents) au sein de la social-démocratie. C’est un processus objectif produit par l’aggravation de la crise du capitalisme, ses conséquences sur les masses et la montée de la menace fasciste. De larges couches de la société, notamment des couches dites moyennes soutiens traditionnels de la social-démocratie, sont touchées par la crise du système capitaliste, par la gestion libérale de celle-ci, et rentrent en opposition avec le système et les partis qui le défendent. Mélenchon est le reflet et le catalyseur de ce processus, processus qui a atteint aujourd’hui un stade tel que la social-démocratie libérale (le PS) peut perdre son hégémonie sur la « gauche ».
Les forces communistes doivent rompre avec le PS pour participer à ce front de résistance mené par Mélenchon, l’adversaire du moment du PS. Si demain nous voulons aller plus loin, obtenir des changements plus décisifs, il convient de commencer d’abord, avec Mélenchon, de mettre à bas la domination de la social-démocratie libérale.
Etre un pas en avant des masses, ce n’est pas se couper d’elles
Certes Mélenchon n’est pas communiste, mais ce n’est pas cela qui est posé dans une démarche de front. Chavez au Venezuela ne l’était pas plus, mais cela n’a pas empêché le Parti Communiste Vénézuélien de le soutenir, lui et son « Mouvement pour la Vème République ». Ce qui importe, c’est l’objectif commun, et il faut mettre en avant la personnalité la plus capable de faire progresser le front en direction de cet objectif, voire d’atteindre l’objectif.

D’aucuns diront qu’il n’y a pas réellement de « front », en ce sens que la « France Insoumise » - puisque tel est le nom de la structure qui soutient sa campagne- n’est pas un front constitué de différents partis, comme pouvait l’être le « Front de Gauche ». Mais s’arrêter à cela n’est que s’attacher à la forme, au détriment du fond, qui doit primer : qu’importe si la « France Insoumise » n’est qu’un mouvement construit autour du PG, ce qui nous intéresse c’est le sens et l’objectif de cette campagne, et ce que représente Mélenchon pour de larges masses. Or il incarne bien la résistance populaire actuelle, ce qu’illustrait par exemple la présence sur le plateau de la Convention programmatique à Lille de représentants des principales luttes sociales du moment ; et le mouvement ouvrier et populaire passera de la défensive à l’offensive en soutenant et promouvant cette candidature.

Marx disait dans Le Manifeste que « les communistes ne forment pas un parti distinct opposé aux autres partis ouvriers. (…) Ils sont la fraction la plus résolue des partis ouvriers » ; « Dans les différentes phases que traversent la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité ».
Il faut bien comprendre par là que les communistes, tout en ayant leur propre organisation qui ne se dilue jamais (tout comme le PC vénézuélien ne se dilua pas dans le PSUV), sont partie prenante des différentes phases du combat mené par les travailleurs, tout en continuant à viser plus loin. Ainsi, ouvrir le chemin ultérieur vers la révolution, dans le contexte actuel de régression sauvage et de menace fasciste, c’est aujourd’hui bâtir un solide front de résistance aux attaques libérales et surmonter la domination politique de la social-démocratie libérale.

Programme minimum et programme maximum

Dire qu’il faut un « programme communiste » pour cette élection présidentielle, et critiquer le programme de Mélenchon à cette aune-là, n’est pas une approche juste : le « programme » pour une candidature à une élection présidentielle est nécessairement un « programme minimum » qui correspond aux besoins immédiats de la lutte des masses et qui peut mettre en mouvement ces masses, et non pas le « programme maximum » qui est le programme de la révolution et de la construction de la société socialiste étape vers le communisme. Lénine et les bolchéviks, en 1917, réclamaient la paix et la terre, mesures qui, en soi, n’étaient pas « communistes » : la distribution de la terre aux paysans était même une mesure démocratique bourgeoise, mais c’était la mesure qui correspondait aux besoins du moment des masses paysannes sans terre.
Il ne faut donc pas rejeter le programme de Mélenchon en le déclarant « non-communiste », ce qui n’a pas grand sens, mais le prendre pour ce qu’il est (un programme immédiat qui correspond aux besoins immédiats de la lutte de classe), un programme même assez avancé sur la question européenne par exemple, ce qui n’empêche qu’il peut être et doit être critiqué (dans un esprit constructif) et amélioré pour qu’il réponde au mieux aux besoins immédiats des masses. Mais mettre cela en avant, critiquer tel ou tel aspect du programme (alors que le programme du PCF par exemple est tout aussi critiquable) pour refuser de soutenir Mélenchon est tout simplement un prétexte pour ne pas répondre à la question décisive qui est le besoin objectif des masses de sanctionner dans les urnes le PS libéral, de se défendre et d’aller à la contre-offensive avec la candidature Mélenchon.

Sur la question de la « candidature communiste »

Il en est de même de la notion de « candidature communiste ». Nous comprenons la volonté de militants [...] de vouloir absolument retrouver une « identité communiste » menacée et de vouloir porter une « parole communiste » dans cette campagne. Mais il y a là une confusion : tout d’abord une candidature portée par le PCF ne sera pas, ipso facto, une « candidature communiste », mais simplement une « candidature PCF », sauf à vouloir attribuer au terme « communiste » simplement la signification usuelle de « membre du PCF ».

Ensuite [...] , cette candidature n’en sera pas plus efficace dans la lutte de classe, au vu de l’objectif atteignable du moment qui est de contester et même battre la domination du PS. Car aujourd’hui l’enjeu est bien d’être en capacité d’exprimer la révolte populaire et de battre le PS, et Mélenchon – l’homme qui a déjà obtenu 4 millions de voix sur son nom en 2012 et qui a une très forte popularité au sein du peuple de gauche – est le seul aujourd’hui en capacité d’atteindre cet objectif, qu’on l’aime ou pas, qu’on le veuille ou non. Il nous faut le meilleur candidat capable de porter ce programme immédiat ; c’est l’objectif qui détermine le candidat. Tout comme, dans un syndicat, celui qu’on choisit comme dirigeant, est celui qui est le meneur, le plus à même de faire avancer la lutte et le camp des travailleurs. Alors oui, souvent, ce meneur peut être justement un militant communiste, et c’était souvent le cas quand le PCF était [...] composé principalement de militants ouvriers très engagés.

Mais c’est de moins en moins le cas, et cette élection présidentielle n’est au fond que le révélateur de 40 ans de dérive opportuniste et de liquidation du PCF : ce n’est pas Mélenchon qui liquide le PCF, c’est au contraire la liquidation du PCF qui amène Mélenchon (et, soit dit en passant, le « tout sauf Mélenchon » ne pourra par conséquent « traiter le mal »).Il y a 35 ans, même avec ses défauts, le PCF était encore capable d’avoir un Georges Marchais tribun du peuple capable de fédérer au-delà des rangs du PCF. Aujourd’hui, c’est un Mélenchon, socialiste de gauche, qui joue ce rôle-là. Il faut le voir.

D’aucuns s’illusionnent, estimant qu’il suffirait de la désignation d’un « candidat communiste » doté d’un « programme communiste » pour reprendre, de facto, une position dirigeante dans le mouvement ouvrier et populaire, contre la social-démocratie. Seulement, le fait pour les communistes d’être l’avant-garde des fronts anticapitalistes, antifascistes et anti-impérialistes n’a jamais été acquise « de droit », mais a toujours résulté d’un travail de terrain acharné. Chemin faisant, les communistes avaient acquis une place incontournable dans le mouvement ouvrier et populaire. Aujourd’hui, nous devons acter nos reculs pour préparer l’avenir, et non les nier en nous contentant de réaffirmer nos succès d’hier.

D’autres camarades, plus lucides face à la situation, mais arc-boutés sur la nécessité d’avoir un « candidat communiste », en viennent à définir d’autres objectifs pour cette campagne présidentielle, reproduisant sans s’en rendre compte les postures traditionnelles des organisations trotskistes : il s’agit alors d’avoir un « candidat communiste » coûte que coûte, simplement pour « porter la parole communiste », simplement pour témoigner finalement. Que le mouvement communiste en soit réduit à cela est une régression.Certains cherchent à justifier cela par une perspective à long terme : « qu’importe si le score est faible, au moins on aura sauvegardé notre existence et notre indépendance et on pourra continuer à construire demain ». Mais cela signifie sacrifier la possibilité de victoire immédiate contre la social-démocratie libérale qui ouvrira une respiration et un espace au mouvement ouvrier et, ce faisant, aux forces révolutionnaires ; c’est diviser la résistance au PS incarnée par Mélenchon et, de facto, c’est favoriser le PS. C’est aussi ne pas prendre la mesure du danger fasciste et de la nécessité de faire émerger un pôle jouant à armes égales avec les partis traditionnels PS/ droite de la bourgeoisie, permettant d’attirer les déçus et autres travailleurs dégoûtés de l’alternance libérale eurocratique PS/droite.

Sur la question des législatives

Souvent hélas, il y a surtout des calculs d’appareil dans cette volonté d’avoir absolument un « candidat communiste », en liant cette campagne présidentielle, même avec un score faible, aux législatives à venir, enjeu décisif (au-delà de la question du groupe parlementaire) pour l’accès au financement public pendant 5 ans. Aux pragmatiques qui diront que l’argent est le nerf de la guerre et qu’il est politiquement essentiel de sauvegarder un groupe de députés à l’Assemblée, nous dirons que rien de tout cela n’est en réalité impossible avec la France Insoumise. Mais qu’à force de traîner, cela devient certes plus difficile. En fait, à force de rester arrimé au PS pour avoir des « députés communistes », on finit par tout perdre et, finalement, seul le FN, parti fasciste, en profite.

Si Mélenchon a annoncé que la France Insoumise désignerait 577 candidats aux législatives, il faut le lire en miroir du travail que fait actuellement le PCF pour désigner aussi 577 candidats. Donc là n’est pas la question. Et il ne faut pas en déduire que Mélenchon est prêt à faire battre des députés sortants du Front de Gauche, rien ne permet de l’affirmer. Ce n’est d’ailleurs pas son intérêt. La question clef qui permettra d’ouvrir une discussion/négociation, c’est bien entendu la question des présidentielles, qui est la bataille cruciale. Il est logique de concevoir que les élections législatives, qui auront lieu 5 semaines après la présidentielle, se fassent en lien avec elle.

Conclusion : sachons saisir une opportunité historique !

Chers camarades,

En 2012, face à la droite au pouvoir, le PS se présentait comme « force principale d’opposition de gauche ». Le « Front de Gauche », avec Mélenchon comme candidat, émergeait en montrant aux yeux de larges masses qu’il y avait une « autre gauche » plus combative, qui voulait s’en prendre réellement aux maux de cette société. 4 millions de voix (11%) se sont portées sur Jean-Luc Mélenchon, retrouvant un score inédit pour une candidature à la gauche du PS.

Aujourd’hui, après 5 années de destruction accélérée des conquis sociaux et démocratiques par un gouvernement PS clairement à la solde du MEDEF et de l’Union Européenne, nous avons la possibilité avec Mélenchon de passer une étape supérieure, celle de surpasser électoralement le PS, décrédibilisant nettement ce Parti et permettant ainsi d’ouvrir un nouveau chemin pour les forces progressistes.

Mélenchon futur Tsipras ou Mitterrand?

D’aucuns ont l’exemple grec à la bouche pour indiquer que dépasser la social-démocratie, voire prendre le pouvoir, n’est pas en soi un gage de succès pour les travailleurs si à l’arrivée c’est une trahison à la Tsipras qui nous attend. La référence à Mitterrand est aussi faite.A cela nous répondrons que les combats que l’on mène, on n’est pas sûr de les gagner, mais que les combats que l’on ne mène pas sont perdus d’avance.

Mais il faut avoir perdu le sens des réalités pour faire la fine bouche sur le besoin de devancer toute candidature du PS alors que le mouvement ouvrier est à ce point sur la défensive, qu’il subit des coups très durs (voir notamment la très forte répression antisyndicale), et que les travailleurs ont tout simplement besoin de souffler, de relever la tête. Toute avancée sur le front électoral de Mélenchon sera vécue par des millions de gens comme une bouffée d’oxygène, doublée d’une saine satisfaction si le PS est à terre, dépassé. Ce sera un puissant moteur permettant à la classe ouvrière de reprendre confiance en elle, voire de repartir à l’offensive.Comparaison n’est pas raison. Chaque contexte politique est différent. Mitterrand voulait « plumer la volaille communiste » ; aujourd’hui voter Mélenchon, c’est « plumer la volaille socialiste » !

A quoi cela servira-t-il, demandent encore certains, si, au final, c’est pour terminer 3ème de la présidentielle derrière la droite et le FN ? A cela nous répondons que briser la domination du PS sur la « gauche » est en soi un objectif, puisqu’il permettra ensuite une reconstruction de cette gauche dans laquelle le mouvement communiste pourra jouer un rôle beaucoup plus important qu’aujourd’hui, à condition bien sûr que nous sachions nous rassembler dans et hors du PCF contre l’opportunisme.

Mais un tel questionnement interroge. Est-ce à dire que pour certains il faille absolument trouver l’équation permettant à la « gauche » (mais quelle gauche ?!) de se trouver au second tour. Car, mis à part Mélenchon lui-même (que certains analystes, encore rares bien sûr, situent même à cette deuxième place), envisager un « candidat de gauche » au second tour de la présidentielle ne peut que vouloir dire soutenir un candidat issu du PS. Or c’est précisément cela que le peuple ne veut pas : faire croire qu’il y a une différence entre la social-démocratie libérale incarnée par le PS et la droite libérale.

Pour en finir avec la social-démocratie libérale, il faut choisir Mélenchon !

A moins que…. le secret espoir de certains (et notamment à la direction du PCF) soit que ce soit un « frondeur » qui gagne la « primaire du PS », un Montebourg par exemple (qui semble le mieux placé des frondeurs). Auquel cas cette direction du PCF jugerait « plus facile » de faire accepter le ralliement du PCF dès le premier tour à ce candidat du PS frondeur. Cela ne serait alors qu’une tentative inacceptable de sauver le PS dans le vain espoir d’avoir un retour d’ascenseur au moment des législatives.

Montebourg représente l’illusion d’une « critique de gauche » au sein du sérail. Le « Ministre liquidateur de Florange », qui a soutenu l’arrivée de Valls au poste de premier ministre, peut difficilement être présenté comme un opposant de gauche, radical, permettant d’ouvrir une alternative. Sa seule fonction est de capter des voix au détriment de Mélenchon pour tenter de sauver le PS ou tout au moins de limiter les dégâts. Non, il n’y a pas d’échappatoire possible, la seule alternative aujourd’hui, c’est Mélenchon.

Toute tentative de trouver un autre candidat, par la « gauche » (candidature « communiste » ou par la « droite » (candidature PS « frondeur »), que ce soit dès aujourd’hui ou demain après avoir attendu les résultats de la « primaire du PS », ne peut qu’affaiblir le principal adversaire de gauche du PS qu’est Mélenchon et, ce faisant, ne peut que favoriser le PS et renforcer sa domination.

Nous appelons donc à soutenir la candidature et à voter Mélenchon. C’est travailler à se débarrasser de la plaie libérale anti-populaire de la gauche du capital qu’est le PS.

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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
9266 messages postés
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Les positions du réseau faire vivre :

La candidature communiste pour l’avenir

Mercredi 23 novembre 2016, par Marie-Christine Burricand

Les communistes sont appelés jusqu’à samedi à voter pour choisir leur stratégie aux présidentielles.
Bref rappel : chaque communiste peut voter s’il est à jour de cotisations et cette mise à jour peut se faire jusqu’au moment du vote !
Nous aurons dans ces derniers jours tout lu et tout entendu, mensonges et peurs utilisés pour dissuader les communistes de choisir l’option 2, celle de la candidature issue du PCF.

Le pire revient sans doute à ceux qui présentent l’option 2 comme substituable au soutien à une candidature issue de la primaire PS. Or ce sont les plus fervents défenseurs de l’option Mélenchon au sein de la direction, notamment Pierre Laurent, qui portaient la participation à la primaire du PS et qui présentaient la très aléatoire victoire de Montebourg à cette primaire comme un évènement dont il faudrait tenir compte !

L’option 2, celle de la candidature communiste, en plaçant jusqu’au bout les décisions dans les mains des communistes nous garantit contre toute manœuvre de sommet.
Chacun peut lire que ce n’est pas le cas de l’option 1, le soutien à Jean -Luc Mélenchon, sur laquelle aucune garantie de ce type n’est affirmée.

Il y aurait beaucoup à dire aussi du thème utilisé de notre faiblesse qui nous empêcherait d’avoir un candidat ; chacun mesure que plus on s’enfonce dans cette voie sans issue qui consiste à s’accrocher à un présidentiable, plus nous nous enfonçons dans notre effacement.

La primaire de la droite confirme le glissement à droite de la société française et du corps électoral. Elle confirme aussi que les "vedettes" sont usées jusqu’à la corde.
Notre pays a besoin d’une candidature communiste parce qu’il n’y a pas d’issue durable à la crise sociale, politique, économique sans rouvrir l’hypothèse de la transformation révolutionnaire, l’hypothèse communiste. Ces idées doivent trouver leur place dans la bataille des présidentielles.

La fracture politique s’agrandit et livre les catégories populaires à l’abstention, au FN et à la droite extrême, à la colère impuissante !
Un candidat communiste, c’est le meilleur outil pour s’adresser à tous ceux qui ne se reconnaissent pas aujourd’hui dans ces présidentiables tous issus du système politico-médiatique.

Et surtout, nous avançons dans tes temps difficiles et les batailles nationales et internationales vont être rudes. Il faut un parti communiste pour les affronter et battre la barbarie qui s’annonce.


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Le vote pour une candidature communiste est le vote pour l’avenir !
réflexion du matin: le fondamental d’un choix


20 Nov

Dans le fond si je dois résumer ma position par rapport à la candidature de Mélenchon et mon choix d’un candidat communiste, je ne peux pas en mon âme et conscience recommander de voter pour Mélenchon, je n’ai aucune confiance en l’avenir de ce vote. Ce qui me permet de combattre pour un candidat communiste est d’une tout autre nature, tant qu’il existe un parti communiste, quelle que soit la politique de ses dirigeants, je peux tabler sur ce collectif, ce qu’il représente encore de force de résistance, d’ancrage dans la classe ouvrière, dans les victimes du capital, et dans le peuple de mon pays comme au niveau international. Ce qu’il y a de plus vivable, de plus entêté dans le monde tel qu’il est. Si je devais choisir entre deux hommes Pierre Laurent ou Mélenchon je m’abstiendrais, mais je choisis entre un individu dont tout m’incite à me méfier et un parti dont j’espère encore qu’il pourra représenter une force dans les temps troubles qui nous attendent.

Ce qu’individuellement j’ai subi d’injustices de la part des directions successives de ce parti témoigne du fait que cette conviction ne repose en rien sur un intérêt personnel, non une simple conviction intellectuelle et politique que l’avenir dépend d’une force organisée capable de favoriser l’intervention populaire sur des bases de justice, de paix, ce qu’il faut désormais plus que jamais privilégier.

Danielle Bleitrach

PS. A ceux qui me disent que le vote des communistes en faveur d’un candidat communiste va être utilisé comme mode de ralliement à une candidature socialiste issue de leur primaire, je réponds que le péril de la dissolution du PCF, de son groupe autant que de son parti dans une candidature mélenchon est là, tandis que celui qu’ils agitent est un devenir contre lequel on peut se battre dès aujourd’hui et là il n’y a pas d’autres solutions que de faire confiance aux communistes, en la manière dont ils viennent de témoigner de leur capacité à refuser la destruction de leur parti. Faire confiance aux communistes c’est voter avec eux pas s’abstenir sur ces questions de fond.

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Nous, les jeunes engagés dans le PCF sommes contraint de sortir de notre silence


Mercredi 23 Novembre 2016
Intervention qui n'a pas eu la chance de passer dans L'Echo ! (journal dirigé par le "communiste (in)soumis" Christian Audouin)


Nous, les jeunes du PCF sommes contraint de sortir de notre silence suite à la position de certains camarades qui usent de leur statut de « responsable » pour inciter les adhérents de notre Parti à opter pour un soutien à Jean-Luc Mélenchon, à quelques jours du scrutin interne. Il est très dommageable que peu de temps avant le vote, on use de polémique qui dessert le Parti Communiste Français, qu'ils disent représenter, en brouillant notre débat démocratique. Fondement de notre organisation politique. La question se pose au sein du mouvement communiste sur le réel bien fondé de cet acte. Nous, nous opposons clairement à cette initiative qui malgré de bonnes intentions décrites dans l'appel à soutenir Jean-Luc Mélenchon, nuit à notre unité. L'article paru dans l'Echo du centre le 18/11/2016 n'a jamais était validé par la direction départementale du PCF qui par choix démocratique a choisi de garder une totale neutralité pour laisser a chacun sa liberté de penser. Une fois de plus, ceci démontre la division au sein de la gauche et n'est pas représentative de nos valeurs.

Le choix majoritaire des délégués à la convention nationale d'opter pour une candidature communiste permettant le rassemblement des forces de gauche, prouve que Jean-Luc Mélenchon en 2017 n'est pas celui que nous avons largement soutenu en 2012 et les camarades dans leur article l'avouent eux mêmes.

Nous sommes une génération qui à commencée à militer avec le programme l'Humain d'abord et le Front de gauche, avec lesquels la France Insoumise à rompu. Nous communistes appelons a mettre un terme a nos divergences qui seront tranchées par le vote interne de la semaine prochaine. Nos désaccords avec la France Insoumise sont nombreux tant sur le plan de la recomposition à gauche que programmatique. Les communistes proposent un nouveau front populaire et citoyen, Jean-Luc Mélenchon opte pour un ralliement pur et simple à son nouveau parti. De plus l'aspect de l'homme providentiel type Ve république, n'est pas en adéquation avec la construction politique que nous avons réussi en 2012.

Une question se pose souvent sur l'avenir du PCF, sur notre manque de visibilité médiatique, mais n'est-ce pas en s'alliant sans contrepartie que nous nous affaiblissons ? Alors même qu'il y a un regain militant partout en France, la consultation citoyenne menée durant l'été à montré une recrudescence de l’intérêt de la population pour les idées communistes. De plus, comment regagner notre lisibilité sur la scène politique, quand nos candidats aux législatives seront choisis et estampillés France Insoumise, ou qu'ils seront concurrencés par cette même organisation ? L'utilité des élus communistes dans les exécutifs est capital pour la défense des classes populaires et n'est plus à démontrer.

De surcroît, le programme de la France Insoumise même s'il reprend certains thématiques de l'Humain d'abord est en retrait avec ce que nous avons proposé en 2012. De ce point de vue, on peut qualifier ces propositions économiques comme un programme social-démocrate très étatique, encore plus timide que ceux qui ont échoué à plusieurs reprises contre la crise du capitalisme contemporain en France (1997-2002) comme ailleurs en Europe. C’est le cas en particulier de la proposition de « transformation de la CSG et de l’impôt sur le revenu actuel en un nouvel impôt citoyen sur les revenus, garantissant les recettes de la Sécurité sociale et de l’État ». La fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG conduirait à imposer des contribuables jusque-là non-imposables, c’est une démarche qui remplace les cotisations sociales des entreprises par l’impôt. Un prélèvement fiscal sur les revenus des salariés se substituerait au prélèvement sur les profits des entreprises, mettant en cause un des fondements du projet d’Ambroise Croizat. L'abandon du mix énergétique, tout en continuant le nucléaire militaire, est acté dans le programme de la « France insoumise » alors qu’il ne figure pas dans L’Humain d’abord. Ce choix, reprenant l’hypothèse irréaliste d’un passage à 100 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2050, conduirait en fait à brûler davantage de combustibles fossiles, comme l’Allemagne a été amenée à le faire avec le charbon. Il priverait la France des moyens de faire face au défi écologique majeur, le réchauffement climatique. Ce ne sont que quelques différences majeures entre les communistes et la France Insoumise, comme la non nationalisation des banques ou de très timides avancées sur la démocratie en entreprise ou les minimas sociaux ect....

Si notre seul objectif à nous les communistes est de dépasser de quelques pour cents le candidat du gouvernement sortant, en suivant Jean-Luc Mélenchon actuellement crédité d'environ 10 à 15 % dans les sondages, en 2002 Chevènement aussi était au dessus de la barre des 10 %, tout en laissant le champ libre à la droite et à son extrême. C'est que nous avons rompu avec notre volonté de transformation radicale de la société et toutes les luttes menées par les communistes depuis la création du PCF en 1920.

Nous ne cachons pas notre position et notre intention de vote, les jeunes du Parti voteront massivement pour l'option n°2, qui n'est pas un choix « identitaire », mais nous n’influencerons pas les camarades. Quelque soit l'option choisie, nous y adhérerons.

Signataires:

Simon Gervais (20 ans), Emilie ( 22 ans), Valentin Bastié (28 ans), Amélie (19 ans), Estelle Lemuhot (22 ans), Dimitri (24 ans), Mélanie (21 ans), Kévin Roggy (22 ans), Antonin (19 ans), Thomas Rainsard (25 ans), Noellie Peuch (20 ans), Thibaut (19 ans), Lucas Brousse (20 ans), Jordan (21 ans), Anouk Artiaga (17 ans), Thibaut Lemuhot (18 ans), Bryan (18 ans), Hamza Tahiri (23 ans), Thomas (18 ans), Yann Denichou (16 ans), Floryane (20 ans), Romain Barrat (21 ans), Anthony Delpech (17 ans).

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[centre=http://haute-vienne.pcf.fr/94048]PCF Haute Vienne[/centre]

nous, Communistes


Mercredi 23 novembre 2016, par communistes

Un appel d’André Chassaigne pour la candidature communiste.

Réunis en conférence nationale le 5 novembre à Paris, les délégués du PCF de tout le pays ont envoyé un message fort, dont la teneur et le sens profond méritent ici d’être précisés. Les médias l’ont en effet interprété comme un vote contre Jean-Luc Mélenchon. Cette lecture est superficielle. Certes, la personnalisation de cette candidature, comme son orientation, suscitent de justes interrogations auprès de nombre de nos militants. Il n’empêche, l’essentiel est ailleurs. Ce vote revêt un sens positif, constructif et dynamique.

Dans le contexte actuel, une candidature issue du parti communiste est légitime et nécessaire pour faire entendre la voix des communistes. Bien au-delà, elle a vocation à rassembler les progressistes de notre pays. Malgré les coups de boutoirs assénés depuis 2012 par les gouvernements socialistes, nous demeurons toujours animés par un "esprit de conquêtes sociales", par un attachement viscéral aux valeurs humanistes, celles de paix, de justice, de partage, d’égalité et de fraternité. Ces mots et ces valeurs nourrissent et animent l’engagement de nos militants dans tous nos départements. Notre identité est une identité généreuse. C’est aussi une identité d’avenir, celle d’où viendra le salut de la gauche.

Alors que certains sont pressés d’enterrer les communistes et annoncent la fin de leur parti historique, nous sommes pourtant toujours vivants, debout, combatifs, force organisée et ouverte, présents dans les assemblées élues comme dans les combats menés par nos concitoyens. Nous, communistes, avons vocation à fédérer le peuple de gauche, à unir tous les progressistes et former ainsi un front uni contre les forces de l’austérité et de la xénophobie. Loin de toute ambition personnelle, nous pensons que les défis à relever sont collectifs : contrer à gauche la dérive libérale du parti socialiste, empêcher le retour au pouvoir d’une droite extrême et faire face au danger du Front National, refuser l’abandon de l’idéal progressiste de notre Contrat social hérité de la Révolution et de la Résistance. Il revient aux communistes, forts de leur histoire faite de luttes sociales émancipatrices, de porter aujourd’hui une candidature de la révolte face à la résignation, une candidature qui rassemble, dans le respect, tous ceux qui souhaitent incarner une alternative à la dérive libérale qui gangrène notre société et désespère les peuples. Une candidature qui portera l’exigence et l’urgence de mettre en chantier une société nouvelle. Une candidature qui n’affronte pas seulement la finance par les mots, mais par les actes, en s’appuyant sur les intelligences et les mobilisations sociales.

Cette fin de semaine, par leur vote, les communistes se doivent de prendre leur responsabilité devant l’Histoire, notre Histoire.


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Mélenchon pape ? - Le blog de descartes


Descartes
Quand un ami m’a proposé d’assister à « l’assemblée générale des Insoumis » des Bouches du Rhône le 8 octobre dernier, j’ai sauté sur l’occasion d’observer ces « insoumis » dans leur sauce. Je dois avouer en effet que depuis que j’ai quitté la région pour aller travailler ailleurs, je n’y fais que des sauts occasionnels et je ne garde que de loin un œil sur l’évolution de la situation politique locale.

Nous nous sommes donc retrouvés à 250 dans une salle municipale de la banlieue de Marseille, avec la disposition « en cercle » devenue classique dans ce genre de réunion depuis que la « gauche radicale », se laissant aller à ses penchants gauchistes, a décidé qu’il n’y aurait plus d’estrade, de tribune, ni rien qui puisse établir une séparation entre « dirigeants » et « dirigés ». Oh, je vous rassure, la séparation est toujours là, plus forte que jamais, et c’est pourquoi il ne faut pas qu’elle soit visible. J’y reviendrai.

Après la disposition, le public. Je n’ai bien entendu aucun moyen de faire une statistique, mais sur les 250 personnes présentes, une très grande majorité de têtes blanches. En fait, cela avait un petit côté « minuit à Paris » : on se serait cru revenus aux « collectifs antilibéraux » de 2007. Etaient présentes le ban et l’arrière ban des vieilles gloires gauchistes locales que j’ai connues autrefois. Essentiellement des enseignants ou des professions libérales, abonnés permanents à tous les « forums », « collectifs » et autres causes perdues qui vont de la lutte contre un contournement routier aux campagnes contre « l’islamophobie ». Quelques jeunes, essentiellement des étudiants. Un ou deux syndicalistes. On notait la présence de beaucoup d’ex militants du PCF, et l’absence de tout dirigeant local de cette formation.

La réunion était structurée en trois temps : une intervention d’introduction confiée à Alexis Corbière en tant que porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, un débat de politique générale, et un deuxième débat sur l’organisation de la campagne. Pour ce qui concerne le débat de politique générale, c’était là encore un retour nostalgique vers le passé, qui m’a renforcé dans la conviction que ces gens n’ont rien oublié, et rien appris. On a entendu les mêmes discours devenus à force de répétition quasi-rituels. Il y eut le « jeune » qui intervient « en tant que jeune » et qui explique que les jeunes sont une « catégorie sociale » - comme si les intérêts du jeune ouvrier était plus proche du jeune bourgeois que de l’ouvrier adulte. Il y eut la militante « contre l’islamophobie » pour appeler les femmes présentes à « se baigner en burkini » en solidarité avec leurs sœurs musulmanes. Il y eut le traditionnel appel à « ne pas relativiser la question sociale » suivie d’une avalanche de questionnements sociétaux. Seule dissonance, venue d’anciens militants du PCF : la demande d’une position plus claire et plus ferme vis-à-vis de la sortie de l’Euro et de l’UE. Clairement, ceux qui militent dans les quartiers sentent combien il est difficile de contrer l’argumentaire du FN avec des logiques du type « plan A/plan B ».

Pour ce qui concerne le débat sur la campagne, ce fut là bien plus intéressant pour l’observateur dans la mesure où le sujet qui semble obséder les dirigeants « insoumis » est la cueillette des 500 parrainages. Le discours à tenir aux élus qu’on démarche semble d’ailleurs assez honnête : « on ne vous demande pas d’être d’accord avec nous, mais de permettre à un candidat soutenu par quelque 10% de l’électorat de se présenter ». C’était drôle d’entendre cela dans la bouche de ceux qui en d’autres circonstances se sont battus pour que Jean Marie Le Pen – qui à l’époque avait lui aussi le soutien de 10% de l’électorat – n’ait pas les parrainages pour se présenter, mais bon, s’il n’y avait que ça… Le principal problème est qu’on passe assez vite de cette noble position à la question des pressions qu’on peut exercer sur des élus – et surtout ceux du PCF – pour obtenir leur parrainage. Et très vite – chassez le nature, il revient au galop – une partie de l’audience perd de vue l’objectif stratégique pour voir dans cette affaire une opportunité de régler les comptes avec les communistes. Il faut « leur mettre la pression », les « menacer de mettre des candidats contre eux ». Ca promet pour la campagne…

Et finalement, le discours de Corbière. Au départ, un discours assez classique, répétant les différents arguments qu’on a entendu mille fois dans la bouche de Mélenchon – y compris les absurdités comme la « règle verte » (1). Mais le plus intéressant ne se trouvait pas là, mais dans la justification de l’organisation adoptée par – ou plutôt pour – les « Insoumis ». Car si tous les « Insoumis » sont égaux, il apparaît clairement qu’à l’heure de participer aux décisions, certains sont bien plus égaux que les autres. Il y a « l’insoumis de base », qui écoute assis sur sa chaise et à qui on donne de temps en temps la parole, « l’insoumis intermédiaire », qui organise les réunions, distribue les tracts et colle les affiches. Et en haut de l’échelle, il y a « l’insoumis d’élite » qui fait partie du cercle étroit de ceux qui ont accès à Mélenchon en personne et qui participe aux décisions. Et cette division est subtilement dissimulée par le langage. Prenons par exemple l’usage du pronom « nous ». En général, il est utilisé par Corbière pour désigner l’ensemble des « insoumis ». Mais plus tard, ayant entendu des remarques et des critiques, il promet : « nous tiendrons compte de vos remarques ». Qui est ce « nous » particulier qui écoute ce que le « nous » général a à dire ? Georges Marchais avait pour habitude de dire « nous les communistes » où « nous au bureau politique », pour distinguer les deux cas. Chez les « insoumis », on ne prend pas de pareilles précautions.

Mais si je vous parle de tout ça, c’est qu’en écoutant Corbière j’ai vraiment pris conscience de quelque chose qui me tarabustait depuis longtemps dans l’organisation du mouvement mélenchonien. Et j’ai pu confirmer mon analyse en regardant la « convention de la France insoumise » de Lille la semaine suivante. Nous sommes devant un phénomène rare à gauche : celui d’un mouvement totalement vertical, où la souveraineté réside en une seule personne. Tous ceux qui chez les « insoumis » exercent une fonction, une autorité, le font au nom du Chef et investis par lui. Qui a décidé de faire d’Alexis Corbière un porte-parole ? De Manuel Bompard un directeur de campagne ? De confier à Jacques Généreux et Charlotte Girard la rédaction du programme ? Et cela ne concerne pas seulement les nominations. Qui décide en dernier ressort du contenu du programme ? Qui a décidé d’organiser la « convention » et fixé sa forme et son ordre du jour ? Qui choisit les candidats pour les législatives – ou ce qui revient au même, la commission chargée de les sélectionner ?

Ces questions ont une double réponse. La première est qu’on ne sait pas. Les processus de décision à l’intérieur du « mouvement des insoumis » sont totalement opaques. Celui-ci n’a pas de statuts, pas de dirigeants connus (2), pas d’instances constituées. On ne connaît les processus de décision que par des confidences ou des lapsus de ses dirigeants. La deuxième, c’est que cette opacité a pour fonction – ou du moins pour effet – d’occulter la toute-puissance du Petit Timonier, toute-puissance qu’il ne partage qu’avec quelques fidèles choisis par lui. Au PG, Mélenchon faisait déjà la pluie et le beau temps et se réservait le droit de décider en dehors de toute procédure et de toute instance – on l’a vu lors de l’adhésion au PG de Martine Billard et de ses amis, lorsqu’il fut annoncé que Martine Billard avait « accepté de co-organiser le congrès du PG » sans qu’on sache très bien qui lui avait proposé ni dans quel cadre statutaire se plaçait cette « co-organisation ». Mais même au PG la dictature de Mélenchon avait été occultée derrière les apparences de la démocratie, avec des comités nationaux et des bureaux exécutifs élus en théorie par les militants et des statuts votés par un congrès et rendus publics, même si in fine on n’en tenait aucun compte. Chez les « insoumis », on ne s’encombre plus de telles précautions.

Certains trouveront que je pinaille. Je ne le pense pas : la démocratie repose en dernière instance sur l’existence de procédures formalisées et transparentes de décision. Ce sont elles qui garantissent que les décisions reflètent la volonté des citoyens, et non celle d’un homme ou d’un groupe. Dès lors que le dirigeant peut les adapter ou les redéfinir à sa convenance sans avoir à rendre des comptes, il n’y a plus de démocratie. A cela, les partisans de Mélenchon répondent qu’on n’avait pas le temps de constituer des procédures car « il fallait agir vite ». Une sorte de « état d’urgence politique ». Or si l’argument de l’urgence est traditionnellement invoqué – et pas forcément à tort – pour justifier toutes sortes de violations des règles et des procédures démocratiques, l’expérience fait que dans ce cas particulier la justification paraît douteuse. Après tout, Mélenchon a eu huit ans pour donner au PG un véritable fonctionnement démocratique. Il ne semble pas qu’il se soit empressé de le faire. On est conduit à conclure donc que loin d’être une question d’urgence, la structuration du « mouvement des insoumis » en pontificat absolu de son leader obéit à un choix politique mûrement réfléchi, et non à une quelconque urgence.

Mais le plus surprenant, ce n’est pas tant que Mélenchon veuille devenir pontife. Après tout, sa trajectoire et ses affinités sont toujours allées dans ce sens. Ce n’est pas par hasard s’il y a toujours une place dans son autel intime pour Mitterrand. Ce qui est plus étonnant, c’est qu’il y ait autant de gens dans la « gauche radicale » pour le laisser faire. C’est d’autant plus surprenant lorsqu’on songe au fait que cette gauche a une vieille tradition de méfiance envers les sauveurs suprêmes et autres hommes providentiels, bref, envers tout ce qui sent de près ou de loin le pouvoir personnel. Ceux qui ont fréquenté cette gauche n’ont pu qu’être frappés par l’importance donnée aux procédures démocratiques formelles et aux instances délibératives, à la méfiance presque instinctive vers toute tentative d’accaparation du pouvoir par une personne ou un groupe. Et voilà que tout à coup, ces gens si sourcilleux de délibération collective et de démocratie participative – et croyez-moi, à Marseille ce jour-là j’ai vu des gens qui dans d’autres circonstances auraient crié à la manipulation – sont ravis, extatiques de se voir annoncer par le porte-parole du Chef des décisions prises en dehors d’eux et par une structure totalement opaque. Avouez qu’il y a de quoi perdre son latin…

Comment comprendre cette abdication ? Et bien, je ne vois une explication : lorsqu’on observe les choses, on s’aperçoit que le fonctionnement du « mouvement des insoumis » tient plus du mouvement religieux que du politique. La vision « insoumise » évacue le propre du politique – c'est-à-dire, le conflit entre des conceptions et des intérêts différents – pour se placer dans une logique de communion entre des gens qui partagent un projet « naturel » qui n’admet aucune discussion. Le mouvement se conçoit plus comme une élite d’illuminés qui, ayant vu la Vérité, vont porter la bonne parole au monde. Et bien entendu, une fois confronté à cette Vérité qui relève de l’évidence, l’homme de bonne foi ne pourra que l’admettre. Seuls la refuseront ceux qui ont partie liée avec Satan, les suppôts du « 1% » et du Grand Kapital. Cette Vérité est de l’ordre de la morale transcendante, et non politique. Ecoutez Mélenchon parlant à Toulouse en septembre dernier : vous entendrez un prêche – avec ses « Hypocrites ! » lancés à la volée – pas un discours politique. C’est d’ailleurs pourquoi le « projet » n’est pour les « insoumis » qu’un exercice secondaire, qui n’intéresse personne. Au point qu’on adhère aux « insoumis » avant de connaître le projet, et même avant qu’il y ait un projet à connaître.
Ce penchant religieux concerne autant le fond que la forme. Les discours « déambulatoires » qui sont devenus la règle dans les rassemblements mélenchoniens rappellent curieusement les techniques des évangelistes américains. Le « défilé des insoumis » qui ressemblait drôlement à une procession, présenté par une Charlotte Girard aux accents de télé-évangeliste. Ajoutez à cela la rupture totale avec la symbolique traditionnelle du mouvement ouvrier français (la couleur rouge, l’Internationale…) qui permet de fabriquer un langage symbolique autoréférent (la couleur bleu ciel, le « phi »…), et vous retrouverez des éléments qui sont d’habitude l’apanage des églises et des sectes.

Mélenchon tire en fait profit de la demande de « religio » qui affecte notre société, et qui est particulièrement forte chez les « classes moyennes » qui voient des catastrophes se profiler à l’horizon et que trente ans de matérialisme forcené ont laissée sans références transcendante. La Vérité qui fait les « insoumis » n’est pas si différente que celle qui fait Daesh : dans les deux cas, on rejette un monde perçu comme corrompu au nom d’un idéal de pureté. Il y a à gauche un public qui a besoin de croire, et ce public est prêt à tout abdiquer au bénéfice de celui qui répondra à ce besoin. Et ce besoin de croire s’impose à toutes les contradictions : on peut tonner contre la « monarchie présidentielle » et diriger son propre mouvement comme un monarque, et personne ne trouve rien la chose bizarre…

Le « mouvement des insoumis » n’est pas un parti politique, c’est une église. Une église avec un dieu – le « peuple » - qui comme sied à un dieu reste silencieux mais nous envoie un messie pour parler en son nom. Un messie qui tient son autorité non de l’investiture de ses camarades, non d’un projet, non d’une théorie politique, non d’une élection, mais qui s’autorise de lui-même. Et qui par conséquent ne saurait être contredit, ou voir son autorité contestée.

Le mérite de Mélenchon – dont on ne saurait trop dire que c’est un tacticien hors pair – est d’avoir compris avant tous les autres ce besoin de croire et de l’avoir exploité. Cependant, si Mélenchon est un grand tacticien il s’est révélé ces dernières années un piètre stratège, et on peut se demander jusqu’où le « mouvement des insoumis » peut survivre l’élection présidentielle. En effet, le contexte de l’élection présidentielle se prête particulièrement aux débordements messianiques. Mais une fois l’élection passée, la politique ne peut plus se faire d’une manière aussi centralisée. Rien que pour les législatives, la désignation des candidats implique rentrer dans des logiques locales complexes qu’il est difficile de piloter depuis un centre. Et une fois désignés, il sera difficile d’éviter que ces candidats deviennent autonomes, agissant en fonction de leurs propres idées – et leurs propres intérêts – plutôt que des directives venues du centre. On a vu les difficultés que la faiblesse de ses institutions internes a posé au PG lorsqu’il s’est agi de négocier des positions locales. Le refus de toute institutionnalisation chez les « insoumis » risque de poser des problèmes encore plus sérieux.

PS: Suite à la publication de ce papier et de l'avalanche de commentaires qu'il a provoqué, un de mes commentateurs m'a suggéré de signaler aux lecteurs combien ces commentaires démontrent post facto la thèse de mon papier, à savoir, que la logique des "insoumis" est d'ordre religieux et non politique. Je vous laisse découvrir...
Descartes

(1) La règle verte formulée par Mélenchon « consistant à ne pas prélever sur la nature davantage que ce qu'elle peut reconstituer » est en effet une absurdité. Si elle était appliquée – et l’ambition de Mélenchon est de l’inscrire dans la constitution – elle aboutirait à interdire tout prélèvement minéral, car les dépôts de fer, de cuivre, de pierre de construction, de sable, etc. ne se reconstituent jamais. Mais aussi tout prélèvement fossile, puisque les fossiles – charbon, gaz, pétrole – se reconstituent avec une extrême lenteur. Imagine-t-on une société qui à une échéance de quelques années voire de quelques décennies pourrait se passer de tout prélèvement sur les ressources minérales ou fossiles ?
(2) Dans les « mentions légales » du site internet JLM2017 on peut lire que l’éditeur responsable du site est une association, « l’Ere du peuple », dont il est impossible de se procurer les statuts ou la liste des dirigeants. Le JO nous dit que l’association a été dûment déclarée le 9 janvier 2016. La date n’est pas innocente, parce qu’elle montre que l’équipe Mélenchon songeait à partir en campagne en solo bien avant que le PCF se prononce pour une participation à une primaire de gauche

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Socialistes, frondeurs, trotskystes, refondateurs, mouvementistes, écosocialistes... la grande alliance de ceux qui ne veulent pas de candidat communiste ! Réaction à la déclaration du PRCF


Dimanche 20 novembre 2016, par pam

La déclaration du pôle de renaissance communiste en France (PRCF) soutenant la candidature de Jean-Luc Mélenchon a surpris de nombreux communistes qui suivent avec attention ce que fait et dit le PRCF. La lettre ouverte à André Chassaigne confirme cette position et place de fait le PRCF dans l’arc-en-ciel hétéroclite de tous ceux qui ne veulent pas de candidature communiste en 2017.

C’est réellement dommage et incompréhensible. Lecteur régulier d’Initiative Communiste et des livres de Georges Gastaud, j’avais pris soin, avec d’autres, de faire connaitre aux responsables du PRCF notre position, l’opportunité de faire bouger les lignes chez les communistes, en les aidant à réouvrir la question communiste, et à l’inverse la certitude que le faux choix des deux M (Mélenchon/Mondebourg), n’était que les deux faces du même renoncement, le renoncement au parti communiste.

La déclaration du PRCF justifie sa position de soutien à Jean-Luc Mélenchon en constatant qu’une candidature du PCF ne porterait pas un programme réellement communiste, et pourrait se retirer au profit d’une candidature type Mondebourg.

La lettre ouvert à André Chassaigne détaille les arguments critiques de son éventuelle candidature, le cadre affirmé par la direction du PCF d’une candidature retirable au profit d’une candidature de rassemblement, enfermée dans la stratégie d’union de la gauche avec le parti socialiste, le refus d’’affirmer la nécessité d’une rupture progressiste rapide et franche avec l’euro et l’UE-OTAN dans la perspective du socialisme pour la France.

Nous savons en effet ce que la direction du parti communiste veut et ce qu’elle ne veut pas. Elle veut [1] une nouvelle forme de rassemblement électoral après l’union de la gauche, la gauche plurielle, les collectifs anti-libéraux, le Front de Gauche... ne tirant aucune leçon, ni de cette longue impasse stratégique qu’a été le programme commun et l’union de la gauche, ni de l’impasse tactique dans lequel s’est retrouvé le Front de Gauche après ce qui avait semblé être un succès en 2012 [2]. Elle assume une orientation totalement électorale, centrant tous ses efforts sur les rassemblements de partis, de personnalités, sans jamais se confronter à la réalité de l’union du peuple et de ses difficultés. Elle ne pense plus la transformation politique autrement que dans le cadre du système tel qu’il est, et notamment dans le cadre européen.

Et elle ne veut surtout pas d’une candidature communiste, ce qui a conduit Pierre Laurent, constatant qu’il n’arrivait pas à faire accepter la primaire à gauche, ni l’attente de la primaire socialiste, et qu’une proposition Montebourg serait rejetée massivement, à annoncer son soutien à Jean-Luc Mélenchon la veille de la conférence nationale du PCF.

Cette volte-face de Pierre Laurent, qui a sans doute énervé plus d’un de ses soutiens et contribué à ce vote surprise, n’a fait que grandir la liste de tous ceux qui considèrent que Jean-Luc Mélenchon serait l’outil politique efficace en 2017, s’ajoutant à sa légitimité offerte gracieusement par le parti communiste en 2012, sans compter tous ceux qui comme Marie-Georges Buffet, prédécesseure de Pierre Laurent à la direction du PCF, considèrent que la question du PCF est réglée vers sa disparition.

Le fait est qu’objectivement, les trotskystes de la Riposte, les socialistes contestataires qui ont suivis Mélenchon, les marxistes des rassemblement des cercles communistes, du PCOF, et donc du PRCF, les mouvementistes d’Ensemble, et une grande part de ce que "la gauche radicale" a produit de collectifs, mouvements ou cercles se retrouvent donc avec Jean-Luc Mélenchon. Il faut bien prendre acte qu’ils ont tous un point commun au final, ils pensent que le PCF doit (ou va) disparaitre.

Jean-Luc Mélenchon est de ce point de vue le fils politique de François Mitterrand, son "rouge" verbal vaut bien d’ailleurs celui qui en 1981 haranguait le monde du travail sur un ton qui nous parait aujourd’hui totalement révolutionnaire, tellement le débat politique s’est droitisé.

Nous répétons donc ce que nous avions dit au PRCF avec insistance quelques jours avant son communiqué...

1/ Oui, la direction du PCF ne veut pas mener une bataille communiste en 2017 et son programme refuse toutes les ruptures pourtant nécessaires avec la dictature des institutions européennes comme des institutions bancaires et monétaires. Nous le savons depuis longtemps, mais ne pas voir qu’elle est mise en difficulté par le vote de la conférence nationale est une faute. Car ce qui compte, ce ne sont pas les déclarations, ce sont les situations concrètes ! Si celui qui prend la barricade est plein d’idéalisme, il apprendra si on l’aide à tirer des leçons de son expérience, et donc s’il a un parti organisé, un parti communiste ! Si les communistes ont une bataille à mener en 2017, une bataille sur leur nom propre ce qui serait une nouveauté pour toute une génération, ils apprendraient !

2/ Oui, il n’y a pas de programme communiste véritable porté par le PCF et les questions décisives de la rupture avec le système existant restent enfouies sous le discours réformiste de l’Europe sociale ou de la 6ème république. Clairement, le socialisme n’est pas à l’ordre du jour au PCF. Mais ne pas voir que tout échec de la direction sur la base d’une volonté d’affirmation des militants de l’existence d’un parti communiste autonome est le meilleur chemin pour faire bouger les consciences est tout autant une faute. Car le PRCF est bien placé pour mesurer les difficultés de la construction d’une organisation communiste efficace, les difficultés des assises du communisme comme par ailleurs les vicissitudes de l’URCF, montre le chemin à parcourir et comme nous avons eu souvent l’occasion de le dire, l’affaiblissement d’une base militante communiste, quelle que soit son histoire, n’est une bonne nouvelle pour personne.

3/ Non, JLM n’est pas un moyen efficace pour « combattre le fascisant FN, Valls-MEDEF et la droite thatchérienne, tout en ouvrant l’espace politique le plus large possible aux luttes à venir » . Les législatives de Hénin Beaumont en 2012 ont montré les limites de la mise en scène médiatique des "fronts", quand le combat contre le FN suppose une bataille quotidienne au cœur du monde du travail et des quartiers populaires. JLM ne peut pas ouvrir un espace politique aux luttes tant il ne se définit que par la présidentielle et sa mise en scène médiatique, tant il l’incarne, cherchant à concilier les deux figures tutélaires de la 5eme république, Charles de Gaulle et François Mitterrand dans un "appel au peuple". Car cet appel est l’appel à un sauveur suprême qui vient tous les 5 ans mobiliser la colère de gauche dans l’urne. Mais pour en faire quoi ? Qu’a-t-il fait des 4 millions de voix dont une bonne part fourni par le PCF en 2012 ? Quel rôle politique dans les luttes quand ses militants étaient sur les trottoirs des manifestations contre la loi travail, et pas dans l’organisation des grèves ?

Certains au PRCF se disent peut-être qu’après tout, que le PCF aille au bout de son réformisme, qu’il disparaisse, l’espace politique sera plus ouvert pour reconstruire. Il ne faut pas une longue expérience militante pour se rendre compte que c’est exactement l’inverse. Si le PCF allait au bout de sa métamorphose comme en Italie, ce serait un recul historique pour le camp du travail, l’effacement d’une longue histoire qui reste, quoi qu’on en dise, un repère politique utile aujourd’hui. Quand un habitant, parfois plus jeune que moi, me dit "ah si nous avions Marchais !", il me confirme à quel point le PCF reste un objet politique "chaud", porteur d’une capacité populaire subversive que JLM ne porte au mieux que dans les couches moyennes.

Les communistes du PCF peuvent peut-être créer la surprise . Non seulement, ils peuvent confirmer en l’amplifiant le vote de la conférence nationale, mais ils peuvent déjouer jusqu’au bout les manœuvres de la direction du PCF qui tentera de retirer une candidature au profit d’un des deux M. Bien sûr, il aurait fallu un candidat plus jeune, plus porteur du mouvement social, et d’un programme pleinement communiste, mais André Chassaigne est sans doute, dans le délai contraint que nous a imposé la stratégie de la direction, le seul capable de s’engager rapidement dans la bataille, et contraint alors d’ouvrir en grand le chantier d’une bataille communiste. Pour mobiliser les militants, pour chercher l’appui du mouvement social, pour exister dans l’affrontement terrible qui monte en puissance, il devra prendre des risques, il ne pourra pas en rester au discours idéaliste de l’Humain d’abord qui est la base du programme des "insoumis"... L’avenir sera alors ouvert, et personne ne peut dire à quel rythme les consciences avanceront dans cette bataille.

Quel que soit le résultat, une chose est sûre. Le PS sera sanctionné et nous aurons une bascule à droite terrible et douloureuse. Nous oublierons tous les diverses opérations médiatiques pour "vendre" les présidentielles au peuple, on devrait dire les 3 M... Mélenchon, Mondebourg, Macron, tous ces leurres médiatiques pour que la question communiste disparaisse de l’histoire. Et nous mesurerons alors une seule chose. Combien de travailleurs ont mis un bulletin communiste dans l’urne, sans aucune illusion sur le résultat électoral, mais pour se donner de la force, pour donner de la force à la reconstruction communiste.

Les militants qui se réclament du communisme et qui auront contribué à une nouvelle illusion électoraliste avec JLM devront en tirer toutes les leçons. Le fait d’être en dehors du PCF n’immunise pas contre l’idéalisme. [3]

[1] Enfin, elle cherche un peu désespérément.
[2] Enfin semblé à ceux qui se berçaient encore d’illusions électoralistes.
[3] Franchement, si les motivations sont bien sûr opposées, cela doit fait mal au PRCF de se retrouver avec les trotskystes et la direction réformiste du PCF sur le même soutien en 2017 : quelle ironie de l’histoire !

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PCF : faire le choix de l’audace !

Jeudi 24 novembre 2016, par Guillaume Sayon

Voilà nous y sommes. Ce week end de très nombreux militants communistes vont choisir la voie qu’ils veulent emprunter pour les échéances à venir. Deux choix s’offrent à nous. Le choix de soutenir Mélenchon ou le choix de construire une candidature issue de nos rangs. On pourrait discuter la formulation du bulletin de vote. On pourrait de nouveau rappeler que ce processus arrive bien trop tard. On pourrait s’insurger face aux sournoiseries en cours depuis la conférence nationale au travers du journal l’Humanité, ou même face au dernier billet de Pierre Laurent publié sur son blog qui fait comme si une importante majorité des participants de la conférence nationale n’avait pas fait un choix clair, libre, contraire à celui que ce dernier avait formulé la veille. Nous en avons vu d’autres et c’est avec la même constance que nous continuons à rester cohérent et à argumenter dans le respect et avec le soucis prioritaire de l’unité du Parti. Même si, et c’est suffisamment singulier pour le souligner, c’est une première de voir un secrétaire national désavoué à ce point.

La première chose qui me vient à l’esprit, c’est la fierté d’appartenir à cette grande famille communiste. Malgré toutes les tentatives successives depuis le début de l’année pour contourner l’hypothèse d’une candidature communiste, c’est en lucidité et en faisant preuve de beaucoup d’intelligence que de nombreux communistes font pourtant actuellement ce choix. Cela n’était pas évident puisque le parti est historiquement légitimiste. Des réseaux internes se sont constitués pour porter la contradiction se pliant toujours néanmoins au fait majoritaire. Cependant, très globalement, les communistes suivent la direction que nos congrès établissent et qui est déclinée dans le texte proposé par la direction sortante. C’est ainsi que la réaction à la mutation portée par Robert Hue a pris beaucoup de temps, que de trop rares camarades s’y sont opposés dès le départ. Même chose concernant Marie-George Buffet et le choix de participer aux collectifs antilibéraux. Alors que nous avions arraché une magnifique victoire en 2005 lors du référendum sur le projet de constitution pour l’Europe ouvrant un chemin intéressant, nous avons sans doute fait le pire des choix : nous engluer dans une fronde de groupuscules gauchistes qui partageaient tous un même trait de caractère, leur détestation du PCF. C’est ainsi qu’ils ont fait le choix tardif de José Bové alors que Marie-George Buffet avait été choisie par la consultation populaire. Le même José Bové et sa moustache légendaire qui siège aujourd’hui sur les bancs des Verts, à côté de Daniel Cohn-Bendit, au parlement européen. C’est ainsi qu’on peut relire avec délice Clouscard qui était sans doute le plus lucide des intellectuels sur ce qu’était mai 68 et les leaders de la trempe de Dany le rouge.

Il y avait à l’époque (déjà !) des collectifs antilibéraux, Clémentine Autain. J’ai une détestation viscérale pour ce genre de personnage. Après avoir profité d’un mandat d’adjointe à la mairie de Paris sur le contingent des communistes, elle a passé son temps ensuite dans les colonnes de son journal Regards, à cracher sur le PCF, à dire à quel point nous sommes rétrogrades, mauvais, arriérés. Elle a nourri, non sans un certain talent, les conceptions communautaristes, bras d’honneur aux dynamiques de classes qui se sont affaiblies avec les conséquences que l’on sait. Elle a pu compter et peut toujours compter sur le concours de Martelli, l’historien révisionniste, qui lui aussi ne manque jamais d’inspiration pour démolir le PCF. Les mêmes sont aujourd’hui ceux qui nous font la leçon, eux qui n’existent que grâce ou plutôt à cause du PCF. Et voilà que les « plus rouge que moi tu meurs » se rangent eux aussi derrière Mélenchon. Le PRCF, la Coordination Communiste… Pour de très nombreux membres de ces organisations j’ai du respect et de l’amitié. Mais l’enthousiasme dont ils font preuve pour s’immiscer dans nos débats internes et pour nous vendre les qualités incontestables du "Jaurès insoumis" devient délirant. Tous deviennent nerveux parce que les communistes restent insensibles à leurs manœuvres.

Dans le même temps, nous devons supporter l’insupportable. Les envolées hystériques du "fan club insoumis". Tous répètent à la virgule près, le même prêchi-prêcha du grand chef. Nous devons subir des torrents d’insultes, des caricatures insidieuses. Pire encore, alors qu’ils pensent se draper du manteau souverain de la pureté révolutionnaire, ils ne se rendent pas compte qu’ils perpétuent la vieille tradition poujadiste, ce populisme abscons anti-parti. Beaucoup vont déchanter quand les élections de 2017 passées, la France insoumise deviendra un parti. Il arrive même parfois que le délire atteint de tels sommets qu’il nous est impossible de pouvoir y répondre avec raison. J’avoue que plus d’une fois j’étais partagé entre le fou-rire et la consternation. Et nous devrions donc donner de la force et du crédit à cette chose ?

Aucune remise en cause, aucune contradiction, aucune écoute raisonnable sur les arguments économiques ou sur le nucléaire. Dans les évangiles selon Jean-Luc c’est dit comme ça, point à la ligne. Vous leur expliquez que proposer la sortie du nucléaire demande à être discuté, que des bassins industriels entiers dépendent de l’existence de centrales, que là où on stoppe la production du nucléaire civil comme en Allemagne on finit par émettre beaucoup plus de gaz carboniques… Non Jean-Luc a dit on sort du nucléaire et c’est comme ça ! Je les invite donc à venir taper aux portes dans les quartiers avec nous, à se rendre à la sortie des entreprises et à l’expliquer aux salariés. On va rire deux secondes. Ce discours qui a sans doute une belle portée chez ceux qui n’ont jamais vu une usine ou qui se complaisent dans les discours faciles à la Al Gore, ne mesurent pas que l’urgence est à relancer la machine industrielle, seule capable de créer les millions d’emplois dont notre pays a besoin pour sortir du marasme économique dans lequel il s’enfonce toujours un peu plus. Bien évidemment il va falloir lancer d’importants programmes publics de recherche dans les énergies du futur, mettre des centaines d’ingénieurs au travail pour inventer la production énergétique de demain. Cependant, Le Pen triomphera dans l’électorat populaire si nous continuons à axer symptomatiquement notre discours là-dessus. L’édification de quelques centrales thermiques ou l’installation d’éoliennes en mer ne permettront certainement pas de répondre aux défis colossaux qui nous attendent pour éviter le pire. Des millions de français veulent pouvoir avoir la certitude de mettre quelque chose dans leur assiette et celle de leurs enfants. D’ailleurs, bien évidemment il est juste d’évoquer les problématiques des protéïnes carnées et des circuits courts. Mais combien de foyers n’ont plus la possibilité de manger de la viande ne serait-ce qu’une fois dans la semaine ? Un peu de bon sens serait le bienvenu …

On pourrait parler également du fait que le programme proposé par la France insoumise ne propose pas de détruire les logiques systémiques qui fondent le modèle libéral. Encore moins le modèle capitaliste. Hormis la proposition du retour à l’impôt progressif et l’augmentation du Smic, rien de bien palpitant il faut le dire. Le programme de 1981 était plus révolutionnaire encore que celui de Mélenchon. Dans le projet de la France Insoumise, on propose un plan de relance via le vecteur de l’économie verte aux potentialités réelles il est vrai, mais limitées. Quid de la nationalisation bancaire ? Quid de la place des salariés dans l’entreprise et de la possibilité de prendre progressivement le pouvoir dans cette dernière ? Quid des moyens proposés pour mettre fin à l’exil fiscal ? … Mélenchon travaille à perpétuer l’héritage du réformisme social-démocrate. Par ailleurs la révolution citoyenne, la refonte institutionnelle ne peuvent pas et ne doivent pas se limiter à un bidouillage constitutionnel qui ressusciterait la quatrième République et à inscrire la règle verte dans la prochaine constitution. Règle verte qui, si nous l’avions suivie à la lettre jusqu’ici, ferait que nous vivrions encore aujourd’hui à l’âge de pierre. La démocratie elle doit avant tout exister dans les entreprises et au travers d’assemblées populaires locales.

Bref j’invite mes camarades à aller au-delà l’enrobage qui peut paraître séduisant. Voyez l’arrivée de la droite la plus réactionnaire depuis la guerre et l’urgence de porter une alternative ambitieuse, véritablement révolutionnaire. De terribles années nous attendent sûrement et il va falloir une force organisée, patiente, militante pour pouvoir y faire face. Pas une auberge espagnole où l’on apprend par cœur son catéchisme pour ensuite le répéter en boucle sur les réseaux sociaux. Il faut des militants qui se forgent une conscience reposant sur une matrice philosophique solide, un marxisme de notre temps, une approche dialectique et matérialiste de l’histoire. Comment un militant qui pense qu’un homme peut tout changer peut-il avoir conscience de ce que sont les rapports de classes ? Que sans luttes, le progrès démocratique n’est rien ? Que la démocratie bourgeoise ne pourra jamais aller plus loin que ce qu’elle est ? Il ne s’agit pas de problématiques anodines mais bien du cœur de notre engagement.
Ne permettons donc pas, nous communistes, à cette entreprise de s’imposer seule dans le paysage alternatif. Ne nous abandonnons pas dans cette dynamique qui s’avérerait fatale en fin de compte. Nous subissons aujourd’hui encore les errements et renoncements du rassemblement autour du programme commun, ceux qui résultent également de la gauche plurielle qui a permis à Le Pen d’accéder au second tour de la présidentielle pour la première fois. Tirons donc les enseignements de nos échecs passés.

Que deviendra la France Insoumise sans son chef ? Ces gens qui n’ont pas l’expérience du temps long, qui n’ont pas l’expérience de la force collective pour surmonter l’adversité, les défaites successives, retrouverons-nous les demain pour empêcher les plans de la bourgeoisie de se réaliser ? Après 2012, où étaient-ils tous passés ? Pourquoi nous sentions-nous finalement si seul pour continuer la bataille ? Le candidat Mélenchon dans la circonscription d’Hénin-Beaumont, pourquoi n’est-il jamais revenu ? Pourquoi n’était-il pas, il y a peu, avec nous devant le local du Secours Populaire pour s’opposer à la sale manœuvre de la mairie FN ? Pourquoi pour s’opposer aux expulsions locatives il n’y avait que les communistes ?

Toutes ces interrogations doivent guider notre choix. Ne nous laissons pas endormir par les sondages ou les discours aventureux des uns et des autres. Le PCF ne rassemble plus parce que depuis des années nous nous sommes convaincus que nous n’en avions plus la force, la capacité. Pourtant, localement, lorsque nous sommes actifs, organisés, que nous ne renions pas ce que nous sommes, nous nous renforçons, nous rassemblons. Il est clair que nos concitoyens réclament de l’authenticité, de l’audace, du courage et une force qui leur ressemble. Non pas une simple bulle médiatique. Non pas de beaux discours bien prononcés. Nos idées ont de l’avenir. Elles ne pourront survivre et grandir que si elles sont portées par une organisation capable de ne pas flancher, capable de se déployer vite et bien, d’être en prise avec le réel, dans les quartiers et les entreprises. Alors camarades, l’heure n’est pas venue d’abdiquer ou de faire un choix contraint et forcé. L’heure est venue d’exister.
G.S


Edité le 26-11-2016 à 11:36:36 par Xuan




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[suite]

Jérémie Ozog

Dix bonnes raisons de ne pas choisir l'option 1 pour les adhérents du PCF.


1- Opter pour l'option 1 ça veut dire quoi ?
L'option 1 consiste à soutenir Mélenchon sans espoir d'être au deuxième tour mais pour qu'il soit premier des derniers.
Et renforcer son parti "La France Insoumise" pour que les futurs candidats de ce parti aux législatives puissent argumenter d'être premiers des derniers contre les candidats du PCF ou soutenus par le PCF.

2- La visibilité
Un argument donné par les élus en faveur de l'option 1 est que le PCF a besoin de visibilité.
Or de ce point de vue l'option 1 est au contraire assurer une absence totale de visibilité au PCF dans les radios et medias. Il faudrait alors demander et mendier auprès de Mélenchon la permission de parler en TV et radios car cela serait décompté du temps qui lui est accordé.
"Faire campagne sur nos propres idées et programme" est de fait impossible dans les medias !

3- C'est le choix d'autres partis, dont ENSEMBLE.
Pas tout à fait ! Presque pas du tout. Les autres partis ont des exigences que l'option 1 du PCF n'a pas. Ce qui laisse à penser que Mélenchon finira par refuser leur soutien. Sauf à croire que Mélenchon accorderait à ENSEMBLE ce qu'il refuse au PCF, scénario peu probable.

4- La France Insoumise a déjà une dynamique.
Faux encore, la France Insoumise en dix mois n'a aucune dynamique. Ni sur le terrain des luttes comme l'indique André Chassaigne, pas plus que sur les réseaux sociaux. Parti à 15% en mars 2016, neuf mois après Mélenchon plafonne toujours à 15% en prenant la meilleure configuration, voix PCF incluses ! A plus de 10% du meilleur deuxième.
La gauche du PS, les ecologistes, le NPA et LO ne le rejoindront pas c'est une certitude, le prétexte de rejoindre mélenchon pour avoir une chance d'être au deuxième tour ne tient plus.

5- La candidature PCF ne serait qu'une candidature de plus.
Ou une candidature de moins ! Le NPA, LO, et EELV auront leur candidat désormais, Macron absorbera des voix PS, ainsi que le candidat PS désigné en janvier. Mélenchon lui-même par tous les signaux qu'il donne indique vouloir être indépendant du PCF dans sa campagne, il s'agirait d'un candidat de moins à son seul profit, sans aucun avantage pour le PCF.

6- Argument financier.
Une candidature PCF aurait un coût mais un soutien à Mélenchon probablement davantage, à cause des répercussions sur les futures élections locales.
Un bon score du PCF à cette présidentielle permettrait d'établir concrètement un rapport de force, et de connaître réellement celui de La France Insoumise avec et sans Mélenchon tête de liste.

7- La France Insoumise un projet nouveau.
Pas si nouveau sans remonter à "Désir d'Avenir" de Ségolène Royal qui n'était pas si différent, "La France Insoumise" est dans la lignée des échecs cuisants de Jean-Luc Mélenchon : la révolution citoyenne, les listes citoyennes, le M6R, les appels citoyens. Comment croire que Mélenchon réussirait d'ici avril 2017 à gagner un pari qu'il a déjà perdu tant de fois ?
Fin novembre 2016, c'est déjà un échec cuisant.
- "onvautmeuxqueca" a réussi à réunir un million de signatures en trois jours contre la loi-travail et 1,4 en une semaine.
- En neuf mois, JLM2107 malgré l'obligation de soutenir pour voir le programme, a réuni 150000 signatures seulement, dont moins de la moitié donne signe de vie.
- Non, non et non Mélenchon ne peut pas se comparer à Bernie Sanders, JLM2017 est un fiasco et ne témoigne que du rejet d'un opportiniste, un politicard comme les autres sinon pire.

8- Les témoignages accablants d'ex-membre du PG.
Bien qu'ils aient tous fait part de leur avis publiquement, inutile de les nommer tous sans leur consentement. Néammoins un extrait de l'un d'eux qui résume bien, non des moindres :
"Cet homme, bourré de qualités, d'une culture immense, est rongé par un mal profond : il n'est pas capable d'accorder sa confiance à d'autres qu'aux conditionnels dont il a testé la fidélité inébranlable. Ce qui suppose une antériorité auprès de lui, ce qui implique une vraie méfiance à l'égard de ceux qui se rallient à lui."
Depuis sa création le Parti de Gauche créé par Mélenchon a perdu plus des 2/3 de ses adhérents, véritable catastrophe au sein de la gauche de la gauche. En février 2016 son créateur fut obligé de changer de nom pour "La France Insoumise" et d'engager son propre nom pour faire illusion.
Mais qu'iraient faire les communistes dans cette galère ? Basée sur une notoriété médiatique dont ils sont co-propriétaires ! Avant 2008 et la co-création du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon était un parfait inconnu du Grand Public.
Sans le PCF, Jean-Luc Mélenchon ne serait qu'un frondeur comme un autre, probablement pas député n'ayant jamais eu de succès dans les scrutins majoritaires, ou à la tête d'un groupuscule comme Nouvelle Gauche Socialiste.

9- Intérêts du PCF et de Mélenchon.
Difficile de comprendre l'intérêt porté par Mélenchon au PCF et ses militants, parallèlement à un dénigrement systématique dans les medias et l'envoi de fous furieux sur les pages facebook des sympathisants PCF, élus PCF et même page du Secrétaire National.
La disproportion entre le désintérêt de JLM envers Nouvelle-Donne et l'intérêt qu'il porte au PCF traduit bien ce qui l'intéresse seulement : les sous, les bras, les parrainages !
L'option 1 c'est lui offrir ce qu'il veut, sans contrepartie aucune.

10- Les délégués ont choisit l'option 2 sans ambiguité.
Les militants auraient certainement emboîté le pas. Nous avons néammoins observé un retournement de veste d'élus depuis le 5 novembre en faveur de l'option 1 sans véritable argumentation. "Des doutes" qui seraient survenus subitement ! Prises de paroles publiques, tribunes dans l'Huma, dépassant les prérogatives, abusant d'une certaine notoriété pour influencer les militants sans passer par le simple avis interne. Alors que le PCF avait démontré son aspect démocratique en opposition et donnant leçons à des mouvements qui ne le sont pas, une position contraire des délégués et des militants ferait désordre. Plongeant le Parti dans des tourments sans fin, dans la division chaque partie ayant sa légitimité.

Choisir l'option 2 est le choix le moins risqué, laissant encore ouvertes toutes les possibilités. L'option 1 en plus de nous lier à Mélenchon, est la garantie de troubles au sein des adhérents, faute d'un choix collectif unanime et incontestable.


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environnement-energie.org

Faire le choix de l’avenir

Par Amar Bellal (Contribution avant le vote des communistes pour 2017)

On entend un peu partout que, finalement, les débats de fond, le programme politique, le projet , tout cela, ce n’est pas si important, qu’on peut s’asseoir dessus juste le temps d’une campagne pour des raisons de stratégie, en fonction de l’opportunité et des sondages du moment … C ‘est le cas avec un éventuel soutien de la candidature de JLM : de nombreux points de son programme nous sont éloignés et notamment bien loin du programme de « l’humain d’abord » de la campagne de 2012. On pourrait évoquer en économie la fiscalisation de la sécurité sociale, le niveau du Smic très bas proposé, le traitement de la question européenne sous un angle nationaliste, plusieurs économistes communistes ont relevé de nombreuses autres contradictions de ce type…on pourrait aussi pointer ses multiples dérapages verbaux avec cette dérive assumée de ne plus se référer aux valeurs de gauche. Il y a les insultes aussi… Peu dans nos rangs contestent cela, mais tout en le reconnaissant, des camarades argumentent, en étant bien conscients de la difficulté de l’exercice – à tel point que, volontairement, dans leurs argumentaires, le nom du candidat n’est même pas prononcé – qu’il faut malgré tout soutenir la candidature de Mélenchon, compte tenu de la difficile situation politique : ce serait quelque part un « moindre mal » nous expliquent-ils de bonne foi.

Je pense pour ma part le contraire, pour plusieurs raisons, que je vais me permettre de préciser aux camarades tentés par l’ « option 1 » (celle d’un soutien à JLM) .

Tout d’abord le rapport à l’industrie, les discours de JLM sur les modes de production, qui feront fuir un électorat populaire déjà frappé durement par le chômage. Ainsi en est-il par exemple avec la proposition de détruire la filière électro-nucléaire de notre pays (tout en épargnant l’armement nucléaire…). C’ est une aberration au regard des besoins mondiaux, de l’enjeu climatique et accessoirement une catastrophe économique : c’est une des dernières industries qui nous restent en France, 400 000 emplois, et pas des emplois « MacDo ». La désertification industrielle de nos territoires est un des terreaux du FN, n’en rajoutons pas en proposant la fermeture volontaire d’usines qui existent déjà et qui font vivre des centaines de sous-traitants, des territoires entiers, n’en rajoutons pas non plus avec une hypothétique transition énergétique par les énergies marines ou des concepts comme la décroissance qui sont hors de la réalité que vivent des millions de Français. Et nous ne le répèterons jamais assez : cela n’a rien d écologique la sortie du nucléaire, au contraire (voir l’Allemagne).

De même des idées comme la « règle verte » ( « on ne prélève pas plus que ce que peut régénérer la nature » : si elle avait été appliquée depuis le début, l’Humanité n’aurait même pas dépassé l’âge de la pierre, et on devrait du jour au lendemain abandonner toutes les exploitations minières et arrêter toutes les activités économiques.… mais qui voterait pour cela ? cela peut plaire à un type d’électeurs souvent aisés qui ne sont pas familiers avec les processus de production, n’ont aucune idée des ordres de grandeurs et des implications technologiques et industrielles que supposent leurs propres modes de vie… mais pour une grande partie de la population qui vote massivement pour le FN et qui se prend le chômage en pleine figure, recherchant désespérément des emplois qui font sens, qui leur donne un avenir, une stabilité… quel message on envoie avec ce genre de propositions? N’y a t il pour eux que les boulots précaires dans les centres commerciaux, qui pullulent partout sur nos territoires, à leur proposer?

Ce serait aussi sur le plan stratégique, une situation inédite : soutenir un candidat dont on ne soutient pas le programme. Je crois qu’aucun parti politique n’a encore osé faire cela. Ce serait complètement incompréhensible, la campagne « autonome » impossible à mener sur le terrain, ou alors en bafouant les valeurs les plus élémentaire de l’engagement politique des militants, leur dignité même. Apres un tel épisode, proposer aux militants de se former, les inciter à lire des revues du parti, les brochures, participer à des journées thématiques, aux universités d’été, afin qu’ils puissent mieux argumenter au quotidien sur tel ou tel sujet, relèvera de la plaisanterie.

Enfin, si nous somme d’accord que l’un des objectifs essentiel ici, ce sont les législatives, nous savons depuis 2007 et 2012, qu’avec 1,9% (2007) au premier tour des présidentielles, on peut faire deux fois mieux qu’avec un candidat pourtant porté à 12% (2012). En effet, tout dépend de la façon dont on mène la campagne présidentielle. Avec nos candidats identifiés à un soutien à JLM, et la violence verbale dont il fera preuve durant les 6 mois de campagne vis à vis de toutes les autres forces politiques, nos candidats, loin de bénéficier d’un effet JLM comme certains l’espèrent sincèrement, en souffriront gravement. Le scénario d’un Mélenchon à plus de 10% (et c’est loin d’être gagné), et à la clé, notre disparition à l’assemblée nationale, est tout à fait envisageable. Voir l’exemple de JLM en 2012. Voir aussi Bayrou en 2007 et ses 17%.

Ce sont, entre autre, toutes ces raisons qui me font préférer une candidature issue de nos rangs (choix 2), qui, je le pense vraiment, peut faire un score honorable, nous avons des candidats potentiels de talent pour cela, pourvu qu’on s’en donne les moyens dès maintenant. Cela permettra de faire entendre nos propositions, de ne pas disparaître des médias dans un moment clé, et laissant ainsi une chance à nos candidats aux législatives. Ce sera de toute manière difficile, mais c’est à mon sens le vrai choix qui préserve l’avenir de notre organisation et ainsi les idées que nous défendons.
AB

_____________________________


Candidature, rassemblement et projet. Quelle stratégie politique faut-il adopter pour l’élection de 2017

Il faut un candidat Communiste. Pour ne pas insulter l’avenir !

Ivan Lavallée
Lundi, 21 Novembre, 2016
Humanite.fr
Par Ivan Lavallée.

La bataille essentielle est celle des législatives, en relation avec la présidentielle ; nous avons besoin d’élus déterminés à la défense du monde du travail. Le Parti Communiste est indispensable pour organiser la lutte et mener la bataille idéologique. Des communistes résignés ne peuvent être des militants à l’offensive.
Certains camarades entendent soutenir l’option JLM c’est leur droit strict, toutefois, les arguments que je leur ai vu développer jusqu’à présent m’ont paru plutôt défensifs, voire résignés. Résignation ne rime pas avec révolution.

1) JLM a déjà perdu, et c’est lui seul qui a créé cette situation en connaissance de cause; pourquoi ? Il est même peu probable qu’il soit au second tour de l’élection présidentielle. Quel que soit le résultat de la consultation des communistes, une moitié des militantes et des militants ne fera pas campagne pour lui, or, en dehors des médias qui s’en chargeront, ne serait-ce que par anticommunisme, il n’a quasiment pas de militants autres que les militants communistes pour mener campagne;

2) son programme est démagogique et incohérent, vouloir produire l’essentiel de l’énergie nécessaire au peuple français à partir de la géothermie, c’est avoir certes un certain sens de l’humour, - surtout lorsqu’on a précédemment expliqué que tout devait venir de la mer -, mais ça ne va pas plus loin, condamner la filière nucléaire qui a permis à la France de produire 408 Twh d’électricité sur 546, c’est tout simplement de la démagogie, c’est de plus ignorer totalement les évolutions en cours, technologiques comme démographiques ; tout ça pour gagner quelques voix écologiques qui ont manqué à Jospin en d’autres temps.
On ne peut pas à la fois vouloir relancer l’industrie et l’emploi et faire l’impasse sur la production énergétique;

3) le césarisme de JLM est en contradiction totale avec notre démarche démocratique de communistes, croire qu’on peut à la fois mener campagne pour faire voter JLM et développer cette démarche est un leurre, nous serons constamment renvoyés à ce soutien. Assumons nous comme communistes et défendons notre façon d’être. Cessons également de parler du «peuple de France», la référence au peuple est une abstraction qui a été utilisée par tous les démagogues.
Nous sommes le Parti du monde du travail, l’organisation de lutte de classe que combattent Warren Buffet, le medef, la social-démocratie et éventuellement plus pernicieusement JLM. C’est notre originalité, notre fierté et nous ne devons pas déroger à ce rôle sous peine de recul historique majeur, et dilution dans une dérive sociétale qu’on avait pourtant commencé à enrayer depuis 2007.
Le renoncement à une telle candidature aurait des conséquences désastreuses à terme. La bonne stratégie aujourd’hui est de recadrer le PCF sur des bases de classe, en portant l’analyse sur le mouvement des forces productives, et de ses conséquences sur les rapports de production, la façon de produire, la structuration de la société, la lutte de classes à l’heure de la Cyber Révolution.


Edité le 26-11-2016 à 11:44:18 par Xuan




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Le débat est clos :
PCF - Parti Communiste Français


source

53,6 % pour l'option 1, des communistes unis pour faire grandir le rassemblement

Suite à la Conférence nationale du 5 novembre, les 120.000 membres du Parti communiste français étaient invités à poursuivre le débat engagé sur leur choix pour les échéances électorales de 2017. Ils l'ont fait sur la base de l'analyse des développements de la situation politique, de la résolution adoptée par la Conférence nationale et des deux options qui étaient soumis à leur vote pour l'élection présidentielle. La discussion des communistes a confirmé l'inquiétude et la lucidité partagées devant la montée des dangers de droite, d'extrême-droite et de populismes rétrogrades, et aiguisé la conscience des responsabilités qui sont les nôtres pour ouvrir un nouveau chemin d'espoir.

Des dizaines de milliers de communistes ont activement participé à cette consultation dans un état d'esprit respectueux et de grande responsabilité, faisant honneur à la vie démocratique de leur parti et de la vie politique nationale. Ils ont largement exprimé leur volonté de sortir unis et rassemblés de cette consultation pour mener les batailles cruciales qui nous attendent.

Sur les 56 365 cotisants à jour de leurs cotisations et pouvant donc participer au vote, 40.937, soit 72% des inscrits, ont voté ces 24, 25 et 26 novembre.

Plus de 92 % ont adopté la résolution stratégique « Uni-e-s pour l'humain d'abord, les communistes en campagne » , qui fixe le cap général de nos batailles pour 2017 : porter un pacte d'engagements pour la France à même de sortir notre pays de la crise dans laquelle il est plongé ; construire le rassemblement de toutes les forces disponibles pour un nouveau pacte de majorité à gauche alternatif à l'austérité; présenter dans toutes les circonscriptions de France des candidat-e-s capables de porter ce projet et cette démarche de rassemblement.

Sur le choix présidentiel, 53, 60 % des exprimés ont voté pour l'option 1, qui devient de ce fait la décision du Parti communiste Français, et 46,40 % ont voté pour l'option 2. Le comité exécutif national appelle donc l'ensemble des communistes à se rassembler autour du choix majoritairement validé.

Les votes et les débats sur ces deux options ont été partagés. Quels qu'aient été leurs choix, l'unité des communistes est désormais indispensable. Elle est nécessaire pour permettre une mise en œuvre efficace de nos combats. Pour être forte, cette unité doit se faire dans le respect du choix majoritaire, de tous les communistes, du débat qui a lieu, des convictions et des questionnements qu'il a exprimés.

C'est dans cet état d'esprit que le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, et l'ensemble du comité exécutif national, s'engageront au service du choix démocratiquement effectué.

Le choix 1 retenu par la majorité des votants est celui d'une campagne communiste autonome appelant à voter Jean-Luc Mélenchon, « considérant qu'un rassemblement peut s'opérer avec cette candidature et qu'elle porte une grande partie des propositions de la gauche alternative à l'austérité » . Ce choix indique également que « les communistes poursuivront leurs efforts pour une candidature commune, porteront cet appel en conservant leur autonomie, critique et constructive, travailleront à un cadre collectif de campagne élargi afin d’œuvrer à la construction d'un rassemblement le plus large possible » .

Le Conseil national du PCF se réunira le jeudi 1er décembre pour prendre toutes les décisions nécessaires à la mise en œuvre offensive de ce choix : porter sans attendre nos propositions dans le débat national, prendre de nouvelles initiatives de rassemblement en mettant notre choix de candidature au service de cette démarche, impulser notre campagne et la désignation de nos candidat-e-s pour les législatives.

Le Comité exécutif national invite dès à présent tous les communistes à amplifier le travail sur les élections législatives, la désignation des candidat-e-s - ainsi que la désignation des chefs de file pour les élections sénatoriales - et la construction des rassemblements nécessaires. Le 14 janvier 2017, le Conseil national validera les candidatures présentées ou soutenues par le PCF à ces élections.

Le Comité exécutif national remercie tous les secrétaires départementaux, tous les conseils départementaux, les secrétaires de sections pour l'organisation du vote qui s'est déroulé dans de très bonnes conditions. Il félicite tous les communistes pour la qualité du débat mené. Aujourd'hui, le choix des communistes nous engage. Soyons ensemble pour le mettre en œuvre.

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   Posté le 29-11-2016 à 23:22:30   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le débat est clos...ou pas.

En fait la situation créée par le vote majoritaire en faveur du soutien à Mélenchon ne règle pas la contradiction dans le pcf entre révisionnisme et marxisme-léninisme. Au contraire elle est de plus en plus visible.

IL est donc exclu que le pcf présente un candidat. Mais ceci n'interdit pas aux marxistes-léninistes de mener une campagne communiste à l'occasion des présidentielles, soit à l'extérieur du pcf soit à l'intérieur, et sous de formes appropriées.

Le débat se poursuit dans tous les cas parce que certains vont traîner les pieds, mais aussi parce que des groupes qui se réclament du marxisme-léninisme appellent aussi à soutenir Mélenchon : Les CC et le PRCF.

En rappelant que ce dernier avait appelé à voter Hollande en 2012 "sans rien demander en échange" , et qu'il annonçait à cette occasion "renverser la table" , il est nécessaire de poursuivre d'un point de vue marxiste-léniniste la dénonciation des socialos et de leurs satellites. Une opposition au courant réactionnaire montant ne peut pas se construire sur le sable de leurs discours.

Au contraire les marxistes-léninistes devraient faire une campagne commune afin de rendre visible la perspective d'un nouveau parti communiste et du combat pour le socialisme.

Ci-dessous l'argumentation du PRCF en faveur du soutien à Mélenchon :


__________________


A propos du soutien critique du PRCF à « La France insoumise » : ni liquidation ni repli identitaire sur fond d’arrimage à l’union de la gauche : retour au léninisme !


initiative communiste

Pour des léninistes, une divergence tactique à propos d’une élection bourgeoise n’est pas une divergence stratégique, encore moins une divergence de principes méritant les anathèmes que nous percevons ça et là dans les rangs clairsemés de certains « identitaires » depuis le soutien critique apporté par le PRCF à la candidature Mélenchon pour la prochaine élection présidentielle. Ces reproches disproportionnés, qui amalgament le PRCF à… Pierre Laurent (alors que les auteurs de ces reproches sont membres du Parti de Pierre Laurent, lui-même affilié au PGE) n’ont en effet rien de structuré, et pour cause ; sans mettre en cause les responsable du réseau Faire Vivre et Renforcer le PCF, qui se sont exprimés avec mesure et auxquels le PRCF a répondu fraternellement, les attaques virulentes que nous subissons proviennent trop souvent de léninistes en paroles, de titulaires du nom de communistes, uniquement soucieux de gérer un héritage moral conquis de haute lutte par d’autres qu’eux, et dont les fondateurs et dirigeants du PRCF sont hautement fondés à se réclamer.

Nous avons déjà eu l’occasion de nous exprimer sur le paradoxe qu’il y a à prétendre lutter contre la liquidation du communisme en France en pratiquant un abandon du léninisme similaire à celui des liquidateurs sociaux-démocrates.
Pour certains « blogueurs » péremptoires, ayant abandonné le centralisme démocratique et ne fonctionnant plus que de manière soit lassalienne sur le mode du culte du chef, soit menchevique dans un bazar régulé par une idée vague et messianique du communisme, toute idée d’alliance, fût-elle critique, est perçue par eux, non sans raison d’ailleurs, comme un danger mortel pour leur structure labile. Car forcément, l’alliance ou le soutien implique qu’on traite avec quelqu’un de différent de soi, et l’on ne peut s’allier sans se perdre que si l’on reste ferme sur ces principes, ce qui ne peut se faire que par l’exercice strict du centralisme démocratique et l’application de principes directeurs éprouvés. Notons que le PRCF n’a renié aucun de ces principes, n’a tu aucune de ces divergences avec JLM et n’a procédé à aucun révisionnisme au sens marxiste du terme, c’est-à-dire à un recul dans la théorie même, lequel diffère d’un repli tactique imposé par les circonstances. Il a simplement mesuré, avec la gravité qui s’impose, les risques majeurs pour le mouvement social, qu’entraînerait uneextrême-droitisation générale du paysage politique français à la prochaine élection bourgeoise et a tenu à souligner l’évolution, certes imparfaite, mais allant dans le bon sens, du mouvement hétérogène mais prometteur qu’est la France insoumise.

Pour revenir à nos détracteurs les plus véhéments, on voit clairement se profiler chez eux une surenchère gauchiste qui guette et s’accentue de façon ridicule à mesure que leurs forces vieillissent et se rabougrissent. Car ce n’est pas seulement l’idée d’alliance qui est pour eux un « péché ». Ils compensent par le fantasme rédempteur d’une parousie de la dictature du prolétariat qui tomberait du ciel. Ils adoptent ainsi le point de vue jugé « pédantesque et ridicule » par Lénine, lequel consiste à attendre une révolution sociale « pure » avec deux armées bien définies prenant position l’une pour le socialisme, l’autre pour l’impérialisme (cf. Lénine sur l’insurrection irlandaise de 1916). Et Lénine d’ajouter, dans le même texte, qu’aucune révolution sociale n’est « concevable » sans participation « d’une partie de la petite bourgeoisie avec tous ses préjugés » (souligné dans l’original).

En lieu et place de ce à quoi nous aspirons sans nous en cacher, à savoir le rôle dirigeant et moteur de la classe ouvrière dans une alliance de type CNR (toutes les forces de progrès unies contre le grand patronat et l’extrême droite), qui est pour nous la définition même de la dictature réussie et efficace du prolétariat, nos aimables contradicteurs pensent ou pire, du moins laissent entendre, que la classe ouvrière devrait ne compter que sur elle-même et se substituer entièrement à la nation : ce qui revient à dire, court-circuitons les élections présidentielles à haut risque et laissons les bases CGT de classe, qui viennent d’essuyer une répression massive (au moins mille militants syndicaux poursuivis !) prendre en pleine figure le raz-de-marée thatchérien programmé par Fillon sans autre « arrière » politique qu’une candidature-témoignage du PCF, voire qu’un ralliement chemin faisant à ladite candidature Montebourg, si ce n’est à des candidatures communes PC/PS au 1er tour des législatives : bref, comme souci de l’avenir du mouvement social… et de l’identité communiste, on peut rêver mieux ! Le plus cocasse étant que cette surenchère en paroles s’accompagne de compromissions tendancieuses avec tel ou tel dirigeant du PCF-PGE et de son groupe parlementaire (qui a voté à l’unanimité l’état d’urgence en novembre, rappelons ce « détail »), c’est-à-dire d’un parti non seulement mutant mais désormais complètement muté sans espoir de retour.

Dans le fond, le procès qu’on nous fait à propos de ce soutien critique est de la même farine que les récriminations anti-PRCF quant à sa conception strictement marxiste-léniniste de la nation, et notamment son alliance des deux drapeaux, rouge et tricolore, alors qu’il s’agit ni plus ni moins que de la ligne historique – et victorieuse – du PCF de 1935 jusqu’à la liquidation eurocommuniste. Ces années sont pourtant un repère un peu plus solide que les spéculations sur une candidature Chassaigne, une candidature Montebourg, ou sur le redressement miraculeux du PCF « chemin faisant » qu’on nous promet depuis vingt-cinq ans.

J’appelle donc fraternellement nos grands excommunicateurs « identitaires »… en apparence, à un peu de modestie, et à réétudier l’histoire. En pleine réaction stolypinienne, Lénine n’hésitait pas, par exemple, à propos des troudoviki (parti socialiste agrarien, majoritairement petit-bourgeois), d’appeler à « venir en aide aux faibles démocrates petits-bourgeois » et à « les arracher à l’influence des libéraux, former un camp de la démocratie contre les cadets contre-révolutionnaires » (Histoire du PCbURSS, éd. 1949, p. 107). Lénine avait, de plus, identifié deux formes de liquidation, la liquidation opportuniste proprement dite et l’autre, plus subtile, représentée par lesdits « otzovistes » (dont le terme signifie « partisans du retrait »), lesquels prétendaient décliner au nom d’une pureté identitaire toute participation aux institutions légales (syndicats, parlement) et risquaient ainsi par leur intégrisme d’isoler les bolcheviks et de les couper des masses.

Rappelons aussi à ces camarades qu’il ne s’agit pas seulement de s’unir entre communistes (au contraire, tant mieux si des divergences constructives apparaissent entre nous et que nous les traitions fraternellement, sans perdre de vue la stratégie de plus en plus partagée des « quatre sorties » mais de s’unir au peuple de France, dans ses diverses composantes.
Ce soutien critique lors d’une élection bourgeoisie, conjoncturel et n’impliquant aucun reniement de notre part, n’a ainsi d’importance excessive que pour nos détracteurs les plus véhéments, et dont certains vont jusqu’à l’insulte. Mais il est l’occasion pour nous de voir parfaitement ce qu’ils sont.

Aymeric Monville, membre de la Commission exécutive du PRCF, 25 novembre 2016

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Dans les courriers, trois interventions :


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"...L’histoire de la corde et du pendu revient comme le concombre chaque fois qu’on nous demande d’élire un social-démocrate. Mais depuis les années 70 que j’entends cette rengaine, le pendu n’a pas été celui qu’on a dit.

Pour « venir en aide aux faibles démocrates petits-bourgeois » et « les arracher à l’influence des libéraux, former un camp de la démocratie contre les cadets contre-révolutionnaires » (ce qui n’est pas exactement la même chose que les pendre), il faudrait d’abord qu’il s’agisse bien de « faibles démocrates petits-bourgeois » et non de représentants patentés de la bourgeoisie.
Il faudrait qu’ils ne soient pas eux-mêmes des keynésiens convaincus comme l’a rappelé Mélenchon en parlant de lui.
Il faudrait qu’ils soient démocrates et pas issus du même sérail que ceux qui ont déclenché « une répression massive (au moins mille militants syndicaux poursuivis !) »
Et s’il s’agissait de les pendre, il faudrait que les marxistes-léninistes tiennent la corde, mais ce n’est pas le cas.

En principe c’est le peuple qui tient la corde. Et il pourrait bien faire un lot de tous ceux qui lui ont menti toutes ces années et fait la retape pour les socialos « sans rien demander en échange », en assurant « retourner la table ! ».
Aujourd’hui les masses populaires sont échaudées par ces discours et désabusées. Comme le berger farceur qui criait « au loup ! » plus personne ne l’écoute et le loup peut bien venir pour de bon sans qu’aucun voisin ne lève le petit doigt.

Du point de vue de la classe dominante, le futur président a pour cahier des charges la poursuite et l’approfondissement rapide des réformes anti sociales engagées par le PS, la reconquête de l’électorat de Le Pen, et la réorientation de la politique extérieure.
Les socialos excluent tout changement de leur ligne atlantiste, ils sont vomis dans presque toutes les couches de la société, et le discrédit de cette équipe de bras cassés les conduit à se crocheter les tibias pour sauter par-dessus bord. Il n’est pas surprenant que les médias préparent l’élection de Fillon.

Toutes les conditions sont donc réunies pour une déculottée historique de la « gauche », et qui ne fera pas dans le détail.
S’imaginer après cela que Mélenchon puisse faire un score au premier tour, exceptionnellement ne pas se désister, puis être élu au second…c’est rêver debout et partir au boulot avec le traversin autour du cou.

La classe ouvrière a besoin d’un parti communiste de combat, et l’action syndicale elle même a besoin d’un objectif, qui n’est pas le succès de Mélenchon."


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"... fait remarquer que mon dernier courrier tourne un peu en rond et qu’il a un goût d’inachevé. En effet, c’est insuffisant et le courrier [suivant] va plus loin.

La division actuelle au sein du pcf (mais aussi au sein de ceux qui se réclament du marxisme-léninisme en général) a plusieurs causes externes comme la confrontation des classes pendant la loi Travail et la candidature unilatérale de Mélenchon.
Et des causes internes comme la composition de classe du pcf et la lutte entre révisionnisme, et marxisme-léninisme.
Il est net que ces contradictions ont fait progresser le marxisme-léninisme, mais le courant révisionniste a encore emporté la majorité des adhérents et donné à Mélenchon le statut de candidat du pcf malgré tout le baratin sur le soutien critique : quand on supporte un candidat contre la réaction on ne lui tire pas dans les pattes en même temps.
La candidature de Mélenchon censure toute forme d’expression communiste et entrave la reconstitution du parti communiste.

Les camarades adhérents au pcf considèrent que l’organisation en elle-même constitue un avantage sur la désorganisation, qu’ils peuvent s’exprimer, convaincre, manifester la permanence du combat communiste, etc.
Inversement elle constitue un désavantage parce qu’ils sont contraints au risque d’exclusion à une discipline statutaire, qu’ils y sont minoritaires, que le matériel central qu’ils distribuent manifeste la domination de la ligne révisionniste, etc.
Cette situation censure aussi l’expression communiste et entrave la reconstitution du parti communiste.

Evidemment je suis partisan de déposer aux deux tours de ces élections un bulletin frappé de la faucille et du marteau et intitulé par exemple « je vote communiste ».
Ce vote signifie que le communisme s’exprime encore, malgré toutes les tentatives pour l’étouffer. Il pourrait s’effectuer ouvertement ou non, mais il faudrait qu’il réponde à un appel visible a minima à l’extérieur du pcf, pour avoir un sens.

Je maintiens qu’il faut poursuivre la critique du point de vue d’Aymeric et du PRCF, y compris pour définir notre action à venir et le processus de reconstitution du parti communiste.
« La maladie infantile du communisme (le « gauchisme » ) tirait un bilan approfondi de la révolution bolchévique en 1920, au moment où le gauchisme constituait un obstacle particulier, mais en précisant que « l'erreur représentée par le doctrinarisme de gauche dans le mouvement communiste est, à l'heure présente, mille fois moins dangereuse et moins grave que l'erreur représentée par le doctrinarisme de droite ».
Ce texte contient de nombreux enseignements, et j’invite les camarades à le relire ou à le lire, justement dans le cadre du centenaire de la révolution bolchévique.
On s’aperçoit que les bolchéviques n’ont pas réussi parce qu’ils avaient une tactique définie une fois pour toutes et valable pour toutes les situations, mais parce qu’ils ont su s’adapter à des situations contradictoires, par exemple en alliant « le travail clandestin à l'utilisation expresse des possibilités légales » .

Le parti bolchévique a aussi réussi parce qu’il avait identifié les classes et les partis politiques dans la Russie tsariste. Faire des copier-coller en France et aujourd’hui n’est pas une méthode matérialiste dialectique, ce n’est pas une méthode léniniste.

Je prends un exemple :
« Les communistes anglais doivent, à mon avis, rassembler leurs quatre partis et groupes (tous très faibles, certains même tout à fait faibles) en un seul parti communiste sur la base des principes de la IIIe Internationale et de la participation obligatoire au parlement. Le Parti communiste propose aux Henderson et aux Snowden un "compromis", un accord électoral: nous marchons ensemble contre la coalition de Lloyd George et des conservateurs…»

Lénine parle de réunifier les communistes « sur la base des principes de la IIIe Internationale » .
Mais cette condition préalable – celle des 21 conditions au congrès de Tours - n’existe pas maintenant dans le pcf.
Nous n’allons pas reconduire les 21 conditions, opposées historiquement au social-chauvinisme, mais nous pouvons dresser un réquisitoire contre la réaction socialiste et ses satellites, contre le révisionnisme et la liquidation, et ébaucher une sorte de manifeste pour la reconstitution du parti communiste."



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"La situation après le vote des militants du PCF en faveur du ralliement à la candidature de Mélenchon.

Les militants du PCF opposés au soutien à Mélenchon, sont devant des choix importants.
Doivent-ils se satisfaire et se soumettre à la ligne électoraliste/opportuniste ?
Comment faire entendre une autre voix et construire une autre voie ?
Ne serait il pas judicieux pour les militants d'organiser la rupture et de proclamer haut et fort qu'ils ne soutiendrons pas Mélenchon ?
Dans un premier temps peut-être qu'une pétition ou un appel permettrait d'organiser la construction d'un rapport de force avec les électoralistes/opportunistes ?
Un appel à l'abstention ou au vote (avec un bulletin communiste -faucille et marteau-) peut aussi être envisagé, mais cela n'est pas suffisant car il s'agit bien de la construction d'un véritable Parti Communiste Révolutionnaire qui est en jeu.
Le ralliement de la CC ou du PRCF à la candidature de Mélenchon, est une illustration de l'absence d'une véritable rupture avec le crétinisme parlementaire.
Le choix pour les communistes encore membres du PCF est soit ils prennent la direction du Parti (en y chassant les opportunistes -c'est pas facile-) ou soit ils organise une scission révolutionnaire au sein du Parti.
En dehors de ses deux solutions ils poursuivrons le processus de disparition de la référence communiste et à terme du PCF.

Voilà en gros ce que m'inspire la situation".



Edité le 29-11-2016 à 23:32:28 par Xuan




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   Posté le 30-11-2016 à 00:22:22   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Les amis de Mélenchon appellent à un front commun avec les socialos :



Madame, Monsieur,
Nous sommes désormais près de 8.000 signataires de notre appel pour un Front commun en 2017 dans un cadre unitaire et pluraliste de campagne, avec la candidature de Jean-Luc Mélenchon et le mouvement France insoumise. Partout en France se tiennent des assemblées des signataires qui permettent, en acte, la convergence sur le terrain pour les présidentielles et les législatives.
L’appel que nous avons lancé connait une dynamique qui a fortement contribué à la convergence que les militants des forces du Front de gauche attendent. Ainsi, après Ensemble !, les adhérent-e-s du PCF ont décidé ces derniers jours que leur parti soutiendrait la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Ce sont de grands pas en avant vers un large rassemblement, allant bien au delà des forces du Front de gauche, susceptible de créer un espoir sans lequel il n’y aurait aucune chance d’éviter un face à face mortifère entre la droite et l’extrême droite.

Nous nous félicitons de ces avancées. Reste à obtenir que ces forces politiques ne fassent pas campagne en ordre dispersé mais décident, comme le demande notre appel, de créer un cadre commun et pluraliste de campagne. Il faut donc redoubler d’efforts.
Nous pensons que franchir une nouvelle étape est possible, et peut-être décisif.

C’est pourquoi nous avons proposé que se tienne le 3 décembre une rencontre nationale des signataires de notre appel, à laquelle nous avons invité les forces et groupements politiques concernés : Parti de gauche et France insoumise, Parti communiste, Ensemble !, socialistes et Verts critiques, etc..

Elle sera l’occasion de faire entendre avec force la voix de la raison, c’est à dire du rassemblement. Et en même temps d’examiner ensemble comment, en fonction des évolutions de la situation, permettre au plus grand nombre possible de femme et d’hommes qui le désirent maintenant impatiemment de s’engager sans attendre dans la campagne.
Nous vous proposons de vous engager dans cette démarche unitaire :
D'abord en signant l'appel à faire Front commun
En vous engageant pour organiser dans votre ville, votre circonscription, votre département, une rencontre locale des signataires que nous pouvons vous aider à organiser.
En participant à la rencontre nationale du 3 décembre qui aura lieu

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   Posté le 13-12-2016 à 22:42:06   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Ci-dessous un courrier de Gilbert Remond à propos du vote et du choix du pcf, suivi par les documents signalés :

Bonjour

Il y a un peu plus de quinze jours avait lieu le vote des communistes. Nous en connaissons tous le résultats, du moins celui qui s'est affiché dans les rédactions des grands médias proches de établissement , où dans les multiples officines de pouvoirs étrangères a notre cause. Parmi elles, hélas il faudra compter la direction du PCF puisque sont seul acte de foi, sa principale motivation est d'en rejoindre les arcanes dans les plis d'une gauche respectablement de gauche par tous les moyens y compris celui de s'opposer a ses cadres et a sa majorité active qui avait décidé lors d'une conférence nationale à plus de 55 % de se déterminer sur un choix claire en présentant une candidature communistes.

Cette dernière s'est une fois de plus distinguée dans la circonstance par sa capacité à prendre et se ranger derrière des couleurs propices aux décisions les plus électoralistes, tout en entretenant un flou artistique sur ses motivations finales. C'est la raison pour laquelle de nombreux communistes, croyant opter pour une décision d'efficacité politique préservant l'autonomie du parti, lui ont signer un chèque en blanc sans en mesurer la conséquence. «De nombreux camarades l'on fait par défaut, insistant pour que soit développée une bataille communiste autonome de la France insoumise, pour l'élection présidentielle comme pour les législatives» souligne le communiqué de « faire vivre le PCF », qui se déclare dans sa conclusion « déterminé à travailler pour que le peuple se renforce en organisation, en conscience et action pour affronter les durs combats qui s'annonce» et affirme dans cette logique qu'au contraire de ce qui s'est décidé «nous avons besoin d'un véritable parti communiste. Oui nous voulons relever le défi d'un parti communiste moteur de la transformation révolutionnaire dans grand parti anti capitaliste développé»


Pour Denis Durant, signataire du choix clair, le parti militant s'était exprimé le 5 novembre. C'était les militants les plus engagés qui avaient soutenu l'option d'une candidature communiste. Leur décision a été contredite trois semaines plus tard par le parti municipale. Ce paradoxe conduit le Pcf a s’effacer dans la campagne des présidentielles. IL fait remarquer que le choix qui en résulte« s’opère au profit d'un leader qui a renoncé a structurer son programme à partir des principales revendications syndicales pour faire le choix d'un populisme de gauche » « Pour la première fois depuis près d'un siècle, le mouvement social - les syndicalistes, les milliers de citoyens qui se sont mobilisés dans le mouvement contre la loi El Khomri - n'aura pas de relais dans la campagne électorale nationale. » Pour autant poursuit-il, on peut se dire que ces faits politiques regrettables recèlent une autre face qui elle, est porteuse d'avenir car elle indique un fait sans précédent « la réaffirmation du visage militant du parti qui s'est manifestée à la conférence nationale, sans crainte(... ) d'entrer en contradiction avec les prises de position du secrétaire national » Aux deux premiers visages ( celui du parti militant et celui du parti municipal), ce fait en ajoute un troisième , qui avait été effacé au cour des dernières décennies, « celui d'un parti d'action et de lutte, ancré dans les entreprises, là où le pouvoir du capital s'exerce le plus directement, là où ses ressorts les plus profonds peuvent être contesté, dans un affrontement qui dessine les valeurs et les moyens concrets d'une nouvelle civilisation »


Nicolas Marchand autre signataire du même appel et proche de la commission économique du parti, estime lui aussi que cette décision met notre parti en danger. Dans une intervention au conseil départemental du Val de Marne, il voit également un motif de confiance dans la lecture qu'il fait du vote. Il voit se dégager de ce dernier une majorité, « entre ceux qui ont voté pour une candidature communiste et qui ont crée l’événement par leur nombre, malgré des pressions de la direction sans précédents », ceux qui se sont abstenu et « beaucoup de ceux qui ont fait l'autre choix(…) convaincu de la nécessite d'un parti communiste autonome et rassembleur, a ne pas vouloir sa dissolution dans quelque recomposition politique que ce soit »

Néanmoins il juge que parmi ces derniers beaucoup de communistes restent inquiets a cause de la précarité de cette situation. En effet, dans la pratique elle nous confronte a une double contradiction. E n premier lieux une contradiction entre notre programme et celui de la « France insoumise » dont la cohérence et le contenu sont différents sur plusieurs points importants. En deuxième lieu « la contradiction entre notre conviction commune de la nécessité d'un parti communiste et l'objectif de Mélenchon de construire, grâce à sa campagne présidentielle, et avec des candidats signataires de sa charte partout aux législative,une force politique qui absorberait tout ou partie du PCF »

Nous retrouvons la trace de cet imbroglios le lendemain du vote dans le communiqué de la Direction quand Pierre Laurent explique dans un entretient accordé a l'humanité que "nous sommes menacé par le même piège politique qui a ouvert la porte au Brexit et à la victoire de Trump" qu' en conséquence pour lui " la seule solution d'échapper à ce piège, c'est de construire une candidature porteuse d'un nouveau projet de gauche" Elle s'est concrétisé dans un premier temps par " l'appel a voter Mélenchon" : « ce n'est pas un fin en soi poursuit-il, mais juste un palier pour aller encore plus loin dans le rassemblement de la gauche ».

Dans une lettre envoyé aux adhérents, il confirme cette proposition, après s'être félicité d'un aspect du vote qui a échappé a beaucoup . Cet aspect, concernait la résolution stratégique approuvé a 94 % fixant le cap général de la campagne que mèneront les communistes. Elle fût voté quasiment a la cantonade tant l'attention de tous portait sur les options1 et 2. Le secrétaire général se faisait encore plus précis dans cette direction en donnant dans son adresse a chacun, un nouveau cadre résumé dans ces lignes:

« nos initiatives de rassemblement doivent elles aussi continuer à se déployer à plusieurs niveaux, car, comme je l'ai déjà dit, notre appel à voter jean- Luc Mélenchon n'est pas pour nous une fin, mais un levier pour aller plus loin . Nous ne rejoindrons d’ailleurs pas le cadre trop étroit de la « France insoumise », nous voulons aller beaucoup loin, rassembler plus largement….. Le 10 décembre, dans une grande rencontre à Paris, toutes celle et tous ceux avec qui nous dialoguons depuis maintenant un an et qui se désespèrent de la situation a gauche. Nous voulons faire bouger le cadre de la campagne de Mélenchon pour élargir et continuer d'interpeller tous ceux et toutes celles qui peuvent avec nous hisser la gauche et des solutions anti-libérales au second tour de l'élection présidentielle »

Nicolas Marchant relevait dans son intervention que de nombreux camarades constataient que nous étions dans la merde, ce que je peux confirmer après avoir participé a plusieurs réunion et AG pour lancer la campagne et reçu les confidences désabusée de ceux que nous croisons sur les marcher et dans nos initiatives public. Comme il le dit on ne doit ni s'en réjouir ni baisser les bras, par contre il faudra le moment venu faire le bilan de ce gâchis parler des responsabilités et des changement nécessaires a apporter suite a tant d'incompétences et de manifestation liquidatrices.

Nous le savions, nous l'avions dit, mais nul n'a cherché a l'entendre ! Surtout pas les droitiers gauchistes des organisations estampillées par leur propre soin du label marxiste léniniste. Ceux là dans un effet de mode soudains et d' unanimisme, ne nous ont pas épargné de leur flèches empoisonnées et se sont objectivement fait les porteurs d'eau de la direction aux abois. A cette fin, ils se sont remis a la lecture de" la maladie infantile du communisme" pour reprendre quelques aphorismes délicats du style "nous le soutiendrons comme la corde le pendu" ; Chacun en reprenait les termes et la formule dans un assaut prosélyte, pour nous mettre en face de la bonne parole léniniste mais avant tout pour justifier un ralliement, leur ralliement critique mais en définitive opportuniste à la dernière occurrence petite bourgeoise destiné à forclore la seule option réaliste d'une politique prolétarienne dans un engagement communiste non « identitaire » mais concret auprès de ceux qui luttent, pour un changement de société. De ce point de vu, voltes faces, chicaneries, formules vides de sens, contrevérités, se sont succédé pour jeter un voile de mensonge sur la réalité de l'alternative proposée par la majorité de la conférence du 5 novembre.

Par une coalescence surprenante j'ai vu reprendre la métaphore à maintes occasions par la suite au cours d'échanges entre plusieurs camarades qui à leur tour reprenaient à leur compte la référence cynique. Les contenus de ces échanges m'ont surpris par leur désinvolture et leur méconnaissance du texte, utilisé de manière très fragmentaire et surtout en dehors de tout contexte historique . Je l'étais aussi par leur méconnaissances des conditions dans lesquelles se jouait une dimension particulière de la lutte des classes aujourd'hui: son reflet idéologique dans notre organisation . La présente analyse et les textes qui suivent montre une réalité beaucoup plus contrastée et surtout permettent de comprendre que la bataille engagée dans le parti communiste français est sans précédent puisqu'elle existe depuis plus d'une dizaine d'année pour sa reconquête sur des bases de classe.

Pour la première fois depuis la chute du mur de Berlin, un parti communistes connait une remise en cause de sa ligne "réformiste" sur fond de débats internes dans le respects des sensibilités et des influences qui le compose, et laisse l'espace et le temps à une opposition de développer ses arguments dans des documents soumis à la lectures de chacun puis exposés dans des débats contradictoires. Cette opposition est apparue unie dans la dernière période .Elle s'est renforcée au cours de la bataille pour la candidature. Elle représente les forces vives et actives du parti, exprime la radicalité qui monte dans le monde du travail et se veut être le relaie des luttes syndicales et citoyennes dans le politique. Je le dis tout net à certains camarades qui se sont exprimé récemment dans ce sens: la situation n'est pas celle qu'ils attendent ou conforme à ce qu'il projettent. Il n'est absolument pas pertinent de penser a une scissions pour reconstruire ailleurs un autre parti communiste avec les révolutionnaires . Bien au contraire. Elle devrait être considéré comme celle où il faut venir renforcer le parti communistes pour aider ceux qui défendent ses objectifs premiers, pour défendre ce qu'une majorité s'étaient donné au congrès de Tour pour sortir de la nuit où les avaient conduit les opportunistes et le chauvinisme.

Je rappellerai qu'en la circonstance ce ne sont pas les majoritaires qui avaient fait scissions mais la minorité qui choisissait de rester dans ce que Blum avait appelé la vieille maison. je voudrait dire aussi que si une scissions était sur le point de se faire, elle serait le fait de ceux qui veulent intégrer "la France Insoumise" ou reconstruire un grand parti de la gauche antilibérale, ce qui à proprement parler ne veut rien dire. (Le PS du Congrès d'Epinay avait rappelons nous le déjà cette vocation). J'en appelais hier à écouter nos défaites. Je pense que si le parti communiste dois écouter les siennes, d'autres formations ont les leurs à entendre. De ce point de vu il a existé par le passé des scissions qui devraient entendre les conséquences de leurs décisions. Nous ne sommes plus en 1965, quand toute dissidence était durement combattue et faisait à chaque fois l'objet d'une fatale exclusion. Si le débat avait été alors possible dans le parti, je doute que les historiques du PCMLF aient pris la décision de la rupture. Elle a eu lieu parce qu'il n'existait pas d'autres options possibles. Nous ne sommes plus dans ce cas, notre persistance le prouve, les débats de ces derniers jours aussi.

Vous avez les uns et les autres fait référence à Lénine , je prendrais le temps de revenir sur ses déclarations mais concernant les Anglais qu'il visait dans " la maladie infantile", il prenait la peine de préciser en incipit du chapitre "le communisme de gauche en Angleterre: qu'il " Il n'y a pas encore de pari communiste en Angleterre, mais il y a parmi les ouvriers, un mouvement communiste jeune, large, puissant, dont la croissance est rapide et qui autorise les plus radieuses espérances. Il y a plusieurs partis et organisations (parti socialiste britannique, parti ouvrier socialistes, association socialiste du pays de galles du sud, fédération socialiste ouvrière) qui désir créer un parti communiste...... Il s'avère qu'un des principaux obstacles à la constitution immédiate d'un parti communiste unique est le désaccord sur le problème de la participation au parlement et de l'adhésion du nouveau parti communiste au vieux labour Party opportuniste et social-chauvin et composé surtout de trade-union".

D'aucun tire argument de cette situation historiquement daté dans des conditions déterminées pour justifier le ralliement a la France insoumise. Mais mis a part la différence des contextes et des circonstances, un détail incongrue devrait frapper les esprits: il existe en France un parti communiste qui a eu une implantation de masse dans la classe ouvrière et qui s'il souffre des décisions opportunistes prisent par ses directions depuis de nombreuses année, est en train de se renouveler dans des conditions qui font plus que débat. Enfin; il est utile de rappeler que Lénine ne se satisfaisait pas de son constat. Il se faisait plus précis, pour reprendre ses propres termes, plus indicatif même quand il disait " les communistes anglais doivent à mon avis rassembler leurs quatre partis et groupes( tous très faibles, certains même tout a fait faibles) en un seul parti communiste sur la base des principes de la IIIè internationale et de la participation au parlement. Plus loin, il les invitait a intégrer le labour party a l'instar d'une des composantes précité. Mais faut-il le rappeler, le mouvement trade-union avait plusieurs siècle d’existence et l'internationale quelques jours. Nous ne sommes pas dans ce cas de figure!

Dans un texte antérieure "Comment la politique sociale chauvine se retranche derrière des phrases internationaliste " il agençait plusieurs réflexion que je vais vous livrer pour terminer

A ses lecteurs il demandait :quel est le rapport entre les faits politiques et la littérature politique? Entre les évènements politiques et les mots d'ordres politiques? Entre la réalité politique et l'idéologie politique? Cette question est actuellement de la plus haute importance pour qui veut comprendre dans son ensemble la crise de l’internationale, car toute crise et même chaque tournant dans l'évolution, entraine inévitablement une rupture entre l'ancienne forme et le nouveau contenu. Nous n'insisterons pas sur le fait que la société bourgeoise produit constamment de ces politiciens qui aiment à se dire en dehors des classes, et de ces opportunistes qui aiment à se dire socialistes, et que tous ces gens là trompent sciemment et systématiquement les masses par les phrases les plus pompeuses, les plus à gauche. Mais , a une époque de crise, on observe à tout instant, même chez ceux qui en sont des propagandistes consciencieux, une divergence entre la parole et les actes. Toutes les crises, même les plus pénibles et les plus douloureuses, ont une grande valeur de progrès, notamment parce qu'elles dévoilent et rejettent avec une rapidité, une force et une évidence admirable les paroles véreuses, fussent elles de bonne foi et les institutions véreuses, fussent-elles fondées sur les meilleurs intentions du monde." Il me semble que de ce point de vu l'année qui vient de l’écoulée a été riche en crises, en remise en cause et en prise de conscience.

Enfin, par ce que l'opportunisme est une vielle ficelle quoiqu'elle cherche à pendre ou à soutenir, je vous laisse deviner qui ont les Martov et Axelrode d'aujourd'hui . Ceux ci écrivaient en 1915 :

"Le mots d'ordre central de combat du prolétariat de Russie doit être actuellement une assemblée constituante populaire chargée de liquider le tsarisme et la guerre". Nous pourrions entendre aujourd'hui la Vè république et le chômage de masse, quoi la guerre ne nous soit pas étrangère non plus si l'on tient compte des théâtres d'opération de l'armée française et de l'état d'urgence . A ces boniments Lénine de son côté répondait "C'est la un mot d'ordre qui ne vaut absolument rien, qui n'est ni central, ni combatif, car il manque l’essentiel: le contenu social de classe, nettement défini au point de vu politique, de cette notion de double liquidation. C'est une phrase vulgaire de démocrate bourgeois, et non un mot d'ordre central combatif prolétarien. Enfin , pour l'essentiel, c'est a dire la liaison avec les masses de Russie, le résultat obtenu par Martov et compagnie est non seulement nul mais négatif. Car il n'y a personne derrière eux"

Précédemment c'est-à-dire quelques lignes en amont, Lénine demandait: 'Que signifie, en général prendre une position politique? C'est :1è formuler au nom de l'organisation dans une série de résolution, un jugement sur la situation du moment et la tactique; 2è donner un mot d'ordre de combat pour le moment considéré; 3è relier l'un à l'autre à l'action des masses prolétariennes et de leur avant garde consciente"

Il parait qu'être léniniste aujourd'hui c'est ringard, pourtant n'avons nous pas quelques leçons à prendre de celui qui réussissait la première révolution prolétarienne durable, sur sa manière de penser le rapport au politique et aux gens? N'y a t-il pas à apprendre de sa manière de structurer le travail politique? N 'est-il pas instructif de comparer comme il le suggère les attitudes des différentes classes et des divers partis face à la crise ou au contexte politique du moment ? , Il importe de comprendre comme, il nous invite à le penser que l'opportunisme n'est pas un phénomène intérieure à une organisation politique en particulier, mais" l'influence exercée par la bourgeoisie sur le prolétariat. Qu'il est une politique ouvrière bourgeoise " résultant d'une poignée d'éléments proches du prolétariat, avec la bourgeoisie..... L'unité avec l'opportunisme , argumentait-il, c'est l'unité du prolétariat avec sa bourgeoisie nationale, c'est-à-dire la subordination à cette dernière et la scission de la classe ouvrière révolutionnaire internationale. Cela ne signifie pas que la rupture immédiate avec les opportunistes soit souhaitable, ni même seulement possible, dans tous les pays : cela signifie que cette rupture est mûre du point de vu historique, quelle est devenue inéluctable et progressiste, qu'elle est indispensable à la lutte révolutionnaire du prolétariat et que l'histoire en passant du capitalisme pacifique à l'impérialisme, a mis cette rupture à l'ordre du jour. "Volentem ducunt fata, nolentem trahunt"( le destin mène celui qui l'accepte et traine celui qui le refuse)

Il ne suffit pas de vouloir à quelques uns la construction d'un parti révolutionnaire pour qu'il se mettent à exister. L'existence de celui-ci est toujours le résultat d'un processus, d'une "maturation" et rien ne permet de penser qu'il ne surgisse de rien, ou d'ailleurs ou par ajout de petites entités secrétées autour d'un leader particulier, maitre penseur ou syndicaliste aguerrie. Au contraire toute l'histoire nous apprend que de telles phénomènes se produisent toujours en fonction de stades déjà connus, qui permettent d'aller par bonds à un degré plus élevé.Le quantitatif se transforme en qualitatif suite au développent interne des contradictions" du choc des forces et tendances diverses agissant sur un corps donné dans un cadre donné"; c'est de notre point de vu ce qui se passe dans le PCF; Dans la première partie de la maladie infantile, Lénine nous expliquait que la bataille des bolchéviks pour la révolution a durée vingt cinq années, divisées en plusieurs phases dont la première fut la conquête de la majorité dans l'organisation puis sa consolidation dans les batailles de colloques et de congrès, dans un lien dialectique avec les masses et l'organisation de leur luttes. Là ou il y a une volonté existe un chemin disait-il.


Gilbert Rémond

références bibliographique
-Unis et à l'offensive pour une bataille communiste" unir les communistes" faire vivre le PCF"
-réunir les trois visages du PCF Denis Durand
-Nicolas marchand intervention au conseil départemental du val de marne
-interview de Pierre laurent a l'humanité
-Lettre aux adhérents de Pierre Laurent
-Lénine la maladie infantile du communisme " le gauchisme" œuvre complète tome 31
-Lénine comment la politique sociale-chauvine se retranche derrière des phrases internationalistes œuvres complètes tome21
-Lénine l'opportunisme et la faillite de la IIè internationale œuvres complètes tome 21
-Lénine Karl Marx œuvres complète tome 21


Edité le 13-12-2016 à 22:42:34 par Xuan




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Unis et à l’offensive pour une bataille communiste !

46,5 % pour l’option 2, celle de la candidature communiste, 53,50 % pour l’option 1 visant à soutenir Jean Luc Mélenchon, jamais une décision stratégique ne se sera prise à une aussi courte majorité dans le PCF, alors que nous continuons de nous affaiblir puisque nous avons perdu depuis 2012 plus de 12000 cotisants.

C’est une victoire à la Pyrrhus pour Pierre Laurent et son équipe car elle s’est faite très largement sur la pédagogie de la peur, de l’affaiblissement de notre parti et de l’hésitation : recherche d’une hypothétique primaire de la gauche pour un candidat commun, refus de mettre la candidature communiste en débat au 37éme congrès, absence d’appel explicite à candidature, menaces d’un score catastrophique... l’exécutif national a tout fait pour rendre une candidature issue du PCF impossible. Jusqu’à la menace entretenue au coeur même du vote d’un possible retour vers un candidature issue de la primaire socialiste.Des camarades ont cru l’éviter en votant pour l’option 1, alors qu’elle reste présente dans les déclarations et décisions de la direction et de Pierre Laurent.

Nous apprécions donc très positivement le résultat de l’option 2 qui démontre l’attachement des communistes à leur parti, leur opposition aux tentatives liquidatrices et leur exigence croissante d’une bataille communiste. Il témoigne de capacités à se rassembler pour l’existence et l’avenir du PCF qu’il faut encore élargir.
Nous avons combattu le choix de soutenir Jean-Luc Mélenchon parce que ce choix accélère l’effacement du PCF de la vie politique nationale et internationale et ferme donc la perspective d’une alternative durable face aux forces du capital, au risque de l’extrême droite. Ce choix ne sera pas un point d’appui pour l’élection de députés communistes.
Cependant le vote sur l’option 1 est divers dans ses motivations. De nombreux camarades l’ont fait par défaut, insistant pour que soit développée une bataille communiste autonome de la France insoumise, pour l’élection présidentielle comme pour les législatives.
Engagé pour une candidature communiste dès le congrès, nous avons porté notre position jusqu’au bout du débat :

« Loin des présidentiables éphémères, notre parti peut porter un candidat et un programme communistes, se renforcer en influence idéologique et forces organisées, contribuer à ce que les forces populaires gagnent en conscience et en force face aux combats qui s’annoncent. Le PCF peut porter un candidat représentatif de ces millions de travailleurs qui ont combattu la Loi El Khomri et ne veulent pas baisser les bras. Cette candidature sera un point d’appui pour nos 577 candidats aux législatives, qu’il nous faut désigner rapidement, et affirmera notre volonté de continuer le PCF. »
Notre engagement pour l’avenir du PCF a irrigué le rassemblement autour de la candidature communiste. Nous avons contribué à ce que les communistes affirment fortement au travers de leur vote, leur détermination à continuer leur combat dans une forme d’organisation qui leur est propre et qui ne saurait être sacrifiée à l’air du temps en même temps que progresse l’exigence d’une bataille communiste offensive.
Pour conforter et étendre leur domination sur toute l’activité humaine et les richesses de la planète, la bourgeoisie et le capital s’apprêtent à verrouiller toute alternative à la présidentielle. Les renoncements de la gauche, de la soumission à l’Union européenne jusqu’à l’enfermement dans les institutions et le système électoral, nourrissent les surenchères réactionnaires, fascistes et racistes de la droite et du Front National.
Le combat pour la rupture avec le capitalisme ne peut se déléguer ni se réduire à un bulletin de vote : luttes, unité de la classe ouvrière, rassemblement populaire, programme. Nous avons besoin d’un véritable parti communiste. Oui, nous voulons relever défi d’un parti communiste moteur de la transformation révolutionnaire dans un grand pays capitaliste développé.

Nous n’aurons pas de candidat à la présidentielle mais des milliers de communistes peuvent être les candidats de leur parti et d’un programme communiste.

Nous prendrons toute notre place dans cette bataille et porterons un programme autour de cinq grands chantiers communistes pour une assemblée nationale
constituante, ouvrant la perspective d’une nouvelle république, la première république socialiste, autogestionnaire et internationaliste :
> Pour un emploi digne et utile pour tous, conquérir la souveraineté populaire sur l’économie
> Pour le droit au logement et à une santé de qualité pour tous, sortir de la marchandisation
> Pour la paix, le développement humain, la planète, sortir du néocolonialisme et des affrontements impérialistes.
> Pour une démocratie autogestionnaire, sortir du rôle répressif de l’état par une autre organisation des pouvoirs.
> Pour le développement des individus, sortir de la violence par la culture et la démocratie
Nous sommes déterminés à travailler pour que le peuple se renforce en organisation, en conscience et action pour affronter les durs combats qui s’annoncent. Avec la montée de l’extrême droite et d’une droite bien décidée à liquider ce qui reste des acquis sociaux, nous avons plus que jamais besoin d’une force révolutionnaire, pas d’un rassemblement hétéroclite qui se reconstitue à chaque échéance électorale pour se dissoudre entre deux élections. Notre parti doit redevenir l’outil indispensable aux combats à venir.
Vive le Parti Communiste Français !


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unir les communistes en évitant le piège de l'élection présidentielle

Chassagne : Une nécessité absolue : battre la droite ultralibérale et l'extrême-droite

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Un texte nécessaire: Denis Durand : réunir les trois visages du PCF
30 Nov
Publié le 29 novembre 2016 par Front de Gauche de Pierre Bénite

À quelques semaines d’intervalle, le Parti communiste a montré deux visages apparemment contrastés et en réalité inséparables l’un de l’autre.
À la conférence nationale du 5 novembre, c’est le « parti militant » qui s’est exprimé, dans le vote nettement majoritaire des 500 délégués en faveur d’une candidature communiste à l’élection présidentielle, et plus encore dans la tonalité des débats. Ce sont, non pas les « cadres » comme l’a prétendu une interprétation journalistique un peu sotte mais les militants les plus engagés du parti qui se sont surtout prononcés pour l’option d’une candidature communiste : jeunes, syndicalistes, militants attentifs aux efforts déployés au sein du parti, par exemple dans sa commission économique, pour développer un marxisme vivant.

Trois semaines plus tard, c’est le « parti municipal » qui a donné une courte majorité à un ralliement à Jean-Luc Mélenchon. La majorité qui s’était exprimée à la conférence nationale en faveur d’une candidature communiste a été submergée par les votes en provenance de grandes villes, souvent dirigées par un maire communiste. On reste particulièrement impressionné par les centaines de voix, avec des taux de participation de 100 % dans certaines sections, qui donnent une majorité de près de 80 % à la candidature Mélenchon dans un département comme la Seine-Saint-Denis, en net décalage avec la tendance générale dans l’ensemble du pays.

Aujourd’hui, la décision est prise et il reste désormais à la mettre en œuvre. Un point important fait l’objet d’un large consensus au sein du parti : opposer l’un à l’autre les deux visages du PCF, l’un plus militant et idéologique, l’autre plus institutionnel et parlementaire, n’aurait aucun sens tant ils sont constitutifs d’un même sujet politique. Chacun s’est plu à souligner, à juste titre, combien les mœurs qui prévalent ailleurs dans la vie politique contrastent avec la dignité du débat interne dans les sections du PCF et le climat de respect mutuel dans lequel il s’est déroulé, alors qu’aux yeux de beaucoup de ceux qui y participent c’est l’existence même du parti qui est en jeu.
De fait, l’engagement idéologique pour une transformation radicale de la société et la conquête, dans cette perspective, de positions concrètes de pouvoir dans les institutions politiques sont deux des composantes historiques qui font la spécificité du Parti communiste, lui ont donné les moyens d’agir concrètement sur la situation des citoyens, et ont conféré son importance au rôle qu’il joue dans la politique française depuis près d’un siècle.

Paradoxe, ce qui fait cette force a aussi contribué à conduire, dans l’état actuel, le PCF à s’effacer de la campagne présidentielle. Cet effacement n’est plus un projet, il devient un fait pour l’élection qui structure les idées politiques des Français.
Il s’opère au profit d’un leader qui a renoncé à structurer son programme à partir des principales revendications syndicales pour faire le choix d’un « populisme de gauche » dont les accents – Jean-Luc Mélenchon a tenu à le souligner lui-même – ressemblent beaucoup, sur certains sujets déterminants comme les questions européennes, à ceux du populisme d’extrême-droite que Marine Le Pen s’efforce d’installer comme courant hégémonique dans la vie politique française.

Pour la première fois depuis près d’un siècle, le mouvement social – les syndicalistes, les centaines de milliers de citoyens qui se sont mobilisés dans le mouvement contre la loi El Khomri – n’aura pas de relais dans une campagne électorale nationale. Il risque de ne pas en avoir non plus au Parlement après les élections législatives.

On a de bonnes raisons de considérer cette situation comme tragique alors que montent les périls politiques, sociaux, écologiques, économiques, financiers. On peut aussi se dire qu’un autre fait politique est, lui, porteur d’avenir : la réaffirmation du visage militant du parti qui s’est manifestée à la conférence nationale, sans crainte, fait sans précédent, d’entrer en contradiction avec les prises de position du secrétaire national. En effet, cet événement a reposé à la fois sur un fort engagement de jeunes générations militantes et sur une conscience renouvelée de l’originalité de ce que les idées communistes peuvent apporter à notre peuple.

Face à cette poussée, Pierre Laurent et les dirigeants qui l’entourent ont obtenu un vote majoritaire pour une candidature Mélenchon en affirmant que le PCF pourrait quand même défendre ses propositions de façon « autonome » dans la campagne présidentielle. Il leur incombe désormais d’en apporter la preuve.

L’enjeu n’est pas seulement l’unité du parti. C’est sa capacité, lorsque les Français et tous ceux qui vivent sur notre sol devront affronter les prochaines convulsions de la crise sociale, économique, financière, politique, morale qui bouleverse notre civilisation, à jouer le rôle qu’il a joué dans d’autres moments de notre histoire.

Pour en avoir la force, sans doute faudra-t-il que le PCF montre à nouveau un troisième visage, lui aussi inséparable des deux précédents mais effacé progressivement au cours des dernières décennies : celui d’un parti d’action et de lutte, ancré dans les entreprises, là où le pouvoir du capital s’exerce le plus directement, là où ses ressorts les plus profonds peuvent être contestés, dans un affrontement qui dessine les valeurs et les moyens concrets d’une nouvelle civilisation.
Publié dans Le débat sur l’alternative

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   Posté le 13-12-2016 à 22:51:56   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

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Nicolas Marchand
Intervention au Conseil départemental du Val de Marne – 5/12/2016


Du vote du 26 novembre résulte la décision du parti de ne pas présenter de candidat communiste et d’appeler à voter Mélenchon. Une décision qui va de pair avec l'engagement de ne se fondre en aucun cas dans la « France insoumise » et de mener une campagne communiste autonome.
Cette décision engage le parti, tout adhérent gardant, je cite nos statuts, « le droit de défendre et d'exprimer son point de vue ».

Cette décision met notre parti en grand danger. Elle va tendre de fait à effacer le PCF de la scène politique jusqu'en mai 2017, le réduisant à un second rôle. On a déjà une illustration après l'annonce du retrait de Hollande, qui aurait pu ouvrir un espace à un candidat communiste, et sur lequel seule la parole des candidats a intéressé les médias. C'est aussi ce qu'indique ce commentaire de l'éditorialiste du Monde : « Jean-Luc Mélenchon est en passe d'achever son OPA, commencée il y a 5 ans, sur la gauche radicale et ce qui reste du communisme … tous les partis sont mortels. Les radicaux et les communistes, longtemps incontournables, ont pratiquement disparu du paysage. »

Loin de moi l'idée de prendre cela pour argent comptant. Mais le fait est que la situation donne à ceux qui rêvent depuis longtemps au bouleversement fondamental de la vie politique française que serait la disparition du PCF des raisons d'espérer pouvoir avancer vers leur objectif. Le danger est plus sérieux qu'il n'a jamais été.
Il s'agit de les mettre en échec, dans les conditions complexes qui résultent de la décision prise.

Un motif de confiance est que nous sommes une grande majorité, ceux qui ont voté pour une candidature communiste et qui ont crée l’événement par leur nombre, malgré des pressions de direction sans précédents, ceux qui n'ont pas voulu choisir, et beaucoup de ceux qui ont fait l'autre choix, à vouloir démentir cette analyse, à être convaincus de la nécessité d'un parti communiste autonome et rassembleur, à ne pas vouloir de sa dilution dans quelque recomposition politique que ce soit. Pas tous. Mais une grande majorité.
Depuis le vote, je vois, parmi les camarades qui ont fait le choix majoritaire, beaucoup de camarades inquiets ; une candidature communiste, si tardive par la faute de la direction, les inquiétait ; mais ils ne sont pas vraiment rassurés. Même des dirigeants, qui ont pesé pour ce choix et que j'ai entendu me dire, pardonnez l'expression, « on est dans la merde ». C'est vrai et on ne doit ni s'en réjouir ni baisser les bras. Le moment venu, il faudra tirer les leçons, faire le bilan, parler des responsabilités et des changements nécessaires.

Pour le moment il faut affronter la situation, ses difficultés, ses contradictions, pour que le parti s'en sorte au mieux, avec le meilleur résultat possible aux législatives, face à la droite, face à une possible remontée d'un « vote utile » PS, et aussi face aux appétits du candidat que le parti soutient.

Nous allons être maintenant confrontés en pratique à une double contradiction :

• la contradiction entre notre programme « La France en commun » et celui de « France insoumise », avec le fait que le PCF appelle à voter Mélenchon sans soutenir son programme, mais avec ses propres propositions dont la cohérence et le contenu sont différents, et sur plusieurs points importants opposés au programme dont le candidat a commencé à faire la promotion;

• la contradiction entre notre conviction commune de la nécessité d'un parti communiste et l'objectif de Mélenchon de construire, grâce à sa campagne présidentielle, et avec des candidats signataires de sa charte partout aux législatives, une force politique qui absorberait tout ou partie du PCF.

Cela nous met au défi d'une véritable campagne autonome, autonome du parti de JLM « France insoumise » et de ses initiatives, porteuse de façon offensive de nos propositions, sans refouler des sujets majeurs au motif qu'ils feraient problème, comme l'Europe, la BCE et la mobilisation de ses moyens pour les services publics, l'emploi, le financement de la protection sociale, les questions de pouvoir à l'entreprise et sur l'argent, la transition énergétique … et l'exigence de cohérence entre objectifs sociaux et moyens.

Cela nous met au défi aussi de l'engagement immédiat de nos candidats pour les législatives qui ne doit pas être conditionné par les exigences du candidat à la présidentielle, ni plombé par le contenu de sa campagne. Miser sur son résultat peut s'avérer hasardeux alors que peu à peu se met en place un dispositif qui ouvre de l'espace à une remontée du « vote utile » PS face à Fillon et pour empêcher à tout prix un 2eme tour Fillon-Le Pen.
Même si les deux élections sont liées par le calendrier, il y a besoin pour les législatives d'une campagne distincte, large, porteuse de propositions cohérentes, pas limitée par le choix qui a été fait pour les présidentielles.
Nous devons viser, pour le premier tour, et pour le deuxième, un rassemblement plus large que celui dont le candidat à l'élection présidentielle est porteur.
Par exemple ne devrait-on pas pouvoir viser, sans attendre que la présidentielle soit passée, l'appui à tel ou tel de nos candidats par des citoyens, des personnalités au delà de celles qui soutiendront JLMélenchon. Cela suppose une autonomie réelle.

L'enjeu va au-delà d'une campagne présidentielle dont l'issue la plus probable est la mise en place du pouvoir le plus à droite que la France ait connu depuis longtemps. L'enjeu c'est pour les législatives, et après, face à la droite et face aux crises, peut-être les cataclysmes, qui viennent en Europe et dans le monde, le besoin comme jamais de la cohérence transformatrice qui fait l'originalité de nos propositions, qui fonde notre unité et l'utilité du PCF, pour des luttes ne se limitant pas à la protestation, mais ouvrant vraiment une perspective.

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   Posté le 13-12-2016 à 22:55:44   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

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PCF 2017 : Nous dénonçons la mascarade du « vote interne » et l’effacement derrière un candidat issu du PS et/ou derrière Mélenchon. Exigeons du Conseil national le respect des statuts du Parti !

consultation des communistes : comment unir les communistes
Analyses et cartographies des résultats de la consultation des 24,25 et 26 Novembre

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suite :

(chiffres et tableaux non reproduits)

PCF : radiographie d’un vote militant
30 Nov

selon cet article de Regard, » les militants communistes ont voté. À une majorité modeste, ils ont choisi le soutien à Jean-Luc Mélenchon, mais le résultat global dissimule d’importantes inégalités. Comment comprendre les évolutions internes du monde militant ? Regard sur un vote éclaté« … Cette analyse est effectivement intéressante à la seule différence près qu’elle a tendance à sous-estimer la conscience de l’enjeu (mis cependant en évidence) la disparition du Parti communiste Français. C’est cette conscience et non la passion des débats qui explique l’ampleur du vote. Comme c’est cette conscience qui selon moi est susceptible de fournir la base d’un rassemblement. Enfin, je crois qu’il faut noter l’influence à la marge de groupuscules qui se sont prononcés pour le vote Mélenchon d’une manière tout à fait inattendue pour mettre en cause la direction « opportuniste » du PCF et l’hypothétique volonté de rallier le PS. Qu’il s’agisse du PRCF, de la coordination communiste ou des Rouge-vifs de Charles Hoareau, ils ont fourni une aide appréciable à l’option Mélenchon. Nous sommes effectivement dans une galaxie aux choix parfois instables, mais je le répète pour moi l’essentiel est le rassemblement de ceux qui sur des bases diverses considèrent l’existence d’un parti communiste comme essentielle et si les rancœurs peuvent s’effacer c’est autour de ce choix et surtout de son utilité pour la classe ouvrière, les exploités et notre pays face à la régression sociale annoncée..j’ajouterai et c’est bien sûr une opinion totalement individuelle le problème est ceux qui ont « les clés de la maison »non seulement pour continuer (de plus en plus difficilement à maîtriser les votes, mais à jouer la bascule entre les différentes options pour créer l’inertie comme au Congrès, donc il faut se donner une direction qui corresponde à l’enjeu: avoir un parti à la hauteur des exigences. (Danielle Bleitrach)
Les analyses qui suivent s’appuient sur les chiffres officiels rendus publics par la direction du PCF. Les données détaillées par département peuvent être téléchargées (format .xls) en bas de cet article.
1. Entre 2011 et 2016, le corps électoral communiste s’est rétracté : il est passé de 69.300 à 56.600, soit un recul d’un peu moins de 20%. Désormais, plus de 40% des cotisants communistes se trouvent regroupés dans 13 départements qui comptent plus de 1.000 cotisants à jour. La passion du débat interne a provoqué une participation légèrement plus importante qu’en 2011 : 7 cotisants sur 10 se sont déplacés pour voter.

2. En 2011, Jean-Luc Mélenchon avait recueilli 59,1% des suffrages exprimés ; cette fois il n’en recueille que 53,5, soit un recul de 5,4%.

Il progresse dans 24 départements ; dans 10 d’entre eux, il progresse de plus de 10% et, parmi eux, dans des départements a priori inattendus comme le Puy-de-Dôme, le Nord et le Pas-de-Calais. En revanche, il recule de plus de 30% dans 7 départements, il est vrai d’implantation modeste, à l’exception de la Corrèze.

Une grande part de renversement de situation entre la Conférence nationale et le vote militant semble s’être joué dans cinq grosses fédérations, la Seine-Maritime (où le maire de Dieppe Sébastien Jumel s’était engagé en faveur de JLM), le Nord et le Pas-de-Calais (où les mauvais résultats communistes des européennes ont peut-être atténué les propensions à un solo communiste), le Gard et le Val-de-Marne (où le poids des élus a pesé en faveur de Mélenchon). Ces cinq fédérations regroupent de fait plus de 20% du nombre national de cotisants.

3. Un fait mérite de retenir l’attention. À trois reprises, en juin 2016 (vote des militants pour le 37e Congrès), le 4 novembre 2016 (Conférence nationale) et à la fin novembre les votes internes au Parti communiste se sont soldés par de courtes majorités, en faveur de la direction ou contre elle.
Mais les majorités n’ont jamais été les mêmes. Si l’on observe la ventilation des résultats entre les différentes options, on est tenté de suggérer qu’il y a désormais quatre sensibilités dans l’organisation, d’importance sensiblement égales. Un quart des suffrages se retrouvent dans les options les plus « ouvertes », qui ne font pas de la protection de l’organisation le critère premier des alliances politiques : ce groupe s’est retrouvé au Congrès autour de la motion « Ambition communiste » et a participé à l’initiative récente de « Front commun ».
Un second groupe, aux traits très marqués, est avant tout sensible à la nécessité d’affirmer une identité communiste en tant que telle, ce qui suppose de concourir sous l’étiquette communiste aux élections, surtout les plus structurantes. C’est cette sensibilité qui a porté avec le plus de cohérence l’option d’une candidature communiste.
Un troisième groupe conserve l’attachement à l’existence d’un parti communiste distinct, mais comme condition pour peser dans des alliances à gauche, et d’abord avec le parti socialiste. Héritière de l’esprit de « gauche plurielle », cette sensibilité a promu la candidature communiste en 2016, sans renoncer à la possibilité d’une alliance de la plus large gauche, si les conditions se modifient au début 2017.
Enfin, le quatrième groupe est structuré autour du groupe dirigeant actuel. Il considère que le communisme ne peut exister sans parti communiste déclaré pour le faire vivre. Attaché à l’existence d’une structure pérenne et dotée de moyens matériels, il considère que l’option tactique, notamment électorale, est seconde par rapport à cet objectif. Selon les moments, il privilégie le rapprochement avec tel ou tel des groupes précédents. C’est en cela qu’il se considère comme l’axe des rassemblements internes.
Un équilibre instable
Au Congrès du printemps 2016, la direction s’est appuyée plutôt sur le troisième groupe qu’il a intégré dans le dispositif en place. Dans la phase préparatoire à l’élection présidentielle, ce sont le second et le troisième groupes qui ont convergé pour porter l’option d’une candidature communiste. Dans l’ultime phase, à la veille de la Conférence nationale, c’est un rapprochement avec la première sensibilité qu’a fini par choisir le secrétaire général, inquiet des effets destructeurs possibles d’une candidature communiste. Sans l’engagement déterminé de cette sensibilité, le renversement de majorité n’eût pas été possible.
Le problème est que cet équilibre, où aucun groupe n’est un bloc sans nuances, est par essence instable et la fragilité des majorités en atteste. Jusqu’à ce jour, la culture de l’unité partisane l’a emporté mais, il est vrai, dans des contextes où les minorités étaient réduites et relativement isolables dans l’organisation. C’est ce trait qui a permis l’épuisement de toutes les « dissidences » antérieures, à plus ou moins longue échéance.
L’élection présidentielle et ses conséquences, ses effets sur la restructuration politique générale, et notamment à gauche, permettront-ils la reproduction de cette culture ? Il est bien sûr impossible de le dire. Dans l’immédiat, la majorité des militants qui se sont exprimés ont choisi de s’engager dans le soutien, étroit ou plus distancié, à celui qui fut le candidat du Front de gauche en 2012. Cet engagement sera-t-il profond ? Les rancœurs de la période récente s’effaceront-elles dans une dynamique commune ? Les semaines et les mois à venir le diront.

__________________


le 29 Novembre 2016 par Descartes (http://descartes.over-blog.fr/2016/11/et-maintenant-mes-freres-prions-melenchon.html)6 Décembre 2016
Publié par El Diablo

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contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit
Xuan
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suite :
A propos du vote majoritaire des adhérents du PCF pour un soutien critique à J.L.Mélenchon : Au delà des polémiques...(PRCF)

FRANCE INSOUMISE : j'ai survécu aux "réunions de circonscription"... (Le témoignage de Descartes sur son blog)

interview Libé : Pierre Laurent : «La reconstruction d’une force de gauche doit avoir lieu maintenant, pas après 2017, pas après le désastre»

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Saluant leur choix de le soutenir, le candidat de La France insoumise s’est dit à la « disposition » des communistes pour « entendre (leurs) propositions de partage de travail ».
Depuis des mois les relations n’étaient pas au beau fixe, mais entre La France insoumise (FI) de Jean-Luc Mélenchon et le PCF le dialogue semble se renouer. Après le vote des communistes ce week-end en faveur d’un appel à voter pour le député européen assorti d’une campagne autonome du PCF, le fondateur de FI a réagi sur Facebook lundi soir. Saluant « leur vote franc et clair », comme il l’avait fait dimanche soir sur France 2, Jean-Luc Mélenchon prend soin de dire qu’il « sai(t) que les points de vue en présence jouissaient d’une égale cohérence et dignité », en référence à la seconde option soumise à la décision des militants, plus celle d’une candidature issue du PCF. Les remerciements faits, il « donne acte » à ses nouveaux soutiens de ne pas vouloir intégrer « le cadre large de La France insoumise ». « Je me mets à leur disposition ainsi que toute notre équipe de campagne pour entendre les propositions de partage de travail à accomplir dans la rude campagne qui nous attend », ajoute le candidat.
« Nous avons besoin de tout le monde »
Une porte ouverte ? « On ne retire rien de ce que nous avons dit. Si le Parti communiste ou d’autres forces souhaitent rejoindre La France insoumise, ils sont les bienvenus. Ce n’est pas la décision qu’a prise le PCF. Nous le respectons et nous avons besoin de tout le monde, la bataille est importante. Donc on va travailler et réfléchir avec eux à la manière dont ils peuvent contribuer à cette bataille », précise Manuel Bompard, son directeur de campagne, sans que ne soit arrêtée la date de cette rencontre.
Le message est bien accueilli du côté du PCF. « Jean-Luc Mélenchon a eu les mots qu’il fallait à la fois sur notre débat et son résultat. Bien évidemment il faut des échanges entre le PCF et La France insoumise mais, au-delà, avec l’ensemble des organisations politiques, des associations, des syndicats, des personnalités que nous voulons faire converger », a réagi hier Olivier Dartigolles.
Pour le porte-parole du PCF les prochaines semaines ne doivent pas être consacrées à la « chronique des relations » entre les deux formations. « L’essentiel de ce qui nous préoccupera et nous mobilisera, c’est le débat politique et populaire que nous voulons mener avec tous ceux qui ne veulent pas d’un second tour droite-FN, qui se retrouvent dans les valeurs de gauche, qui veulent tourner la page des années Hollande. Nous avons décidé d’entrer en campagne pour, au plus près des territoires, débattre de l’alternative de gauche avec tous ceux qui ne veulent pas de cette catastrophe », détaille-t-il. Et le PCF entend bien maintenir sa démarche de rassemblement de la gauche alternative jusqu’au bout. « L’appel à voter Jean-Luc Mélenchon : ce n’est pas une fin en soi, mais juste un palier pour aller encore plus loin dans le rassemblement de la gauche », a rappelé Pierre Laurent dans Libération hier, dénonçant « l’irresponsabilité (des) leaders de gauche » face à François Fillon et Marine Le Pen, et accusant la « direction socialiste » d’avoir « saboté » à dessein « la primaire de toute la gauche » proposée en janvier afin de « préserver François Hollande ».
« La seule solution pour échapper à ce piège, c’est de construire une candidature porteuse d’un nouveau projet de gauche », estime le dirigeant communiste. Un objectif que partage le député André Chassaigne, qui reste cependant convaincu que le choix des communistes « ferme la porte à un rassemblement qui aurait permis de construire une alternative crédible à la dérive libérale », a-t-il confié au quotidien régional la Montagne. Signe d’une unité menacée du PCF ? « Non, absolument pas. Un choix majoritaire a été fait, répond cependant l’élu du Puy-de-Dôme. Il sera appliqué en fonction de la conscience de chacun, mais je ne crois pas à un risque d’éclatement. »

Julia Hamlaoui

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Xinhua publie un article intéressant sur la candidature de Le Pen et ses possibilités de victoire électorale :

Marine Le Pen n'est pas une Donald Trump à la française


Publié le 2016-12-31 à 14:30 - french.xinhuanet.com


Par Claudine Girod-Boos

PARIS, 31 décembre (Xinhua) -- Si la progression de l'extrême droite dans l'Hexagone est indéniable, voir en l'égérie du Front national Marine Le Pen une Donald Trump à la française capable de remporter l'élection présidentielle en 2017 relève d'une méconnaissance des systèmes et de la culture politiques des deux pays.

Depuis la victoire du Brexit au Royaume-Uni en juin, l'élection surprise de Donald Trump à la tête des Etats-Unis en novembre, les résultats du référendum italien en décembre, chacun scrute sa boule de cristal et échafaude toutes sortes de scénarios de fiction politique. Dans ce contexte, la présidentielle française, une des grandes échéances électorales en 2017, cristallise l'émotion dans un climat de catastrophisme où l'irrationalité prime sur l'analyse.

Des sondeurs qui se sont trompés, des éditorialistes politiques qui n'ont rien vu venir, des réseaux sociaux qui auraient biaisé les résultats des élections, un électorat déboussolé, des élites déconnectées des réalités des citoyens, un establishment corrompu, de multiples fractures sociales, un accroissement des inégalités, une crise de la démocratie (...) Autant de facteurs d'instabilité qui font dire à certains que désormais tout est possible et que Marine Le Pen, forte de ses derniers succès dans les urnes, pourrait être en passe de devenir la Donald Trump française.

C'est aller bien vite en besogne comme l'a rappelé le 12 novembre dernier sur le site indépendant Médiapart le politologue Joël Gombin, spécialiste de sociologie et de géographie électorales, qui vient de publier "Le Front national" (Ed. Eyrolles). "La comparaison entre le futur président états-unien et la présidente du Front national est d'abord rendue difficile par les différences, majeures, entre les systèmes politiques des deux pays ainsi qu'entre leurs contextes sociaux et politiques", écrit-il.

"L'histoire n'est pas linéaire et écrite d'avance: considérer que des événements se déroulant dans des contextes aussi différents que le Brexit ou l'élection de Trump annoncent la victoire de Marine Le Pen lors de la prochaine élection présidentielle française relève un peu de la pensée magique" , note d'abord ce membre de l'Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès.

"Le mode de scrutin présidentiel américain, à un seul tour, ne rend possible que deux partis principaux et deux candidats crédibles à l'élection présidentielle. A l'inverse, le mode de scrutin majoritaire à deux tours pratiqué en France permet, même s'il ne le favorise pas, l'existence de forces tierces qui viennent perturber le jeu politique et électoral. Dans ce contexte, si Marine Le Pen peut réaliser un score important au premier tour, l'emporter au second tour constitue un défi d'une autre nature, car si elle parvient à se qualifier pour le second tour, elle sera immanquablement combattue par les deux partis adverses" , résume le chercheur.

"Nous sommes dans un climat où règne beaucoup d'irrationnel" , explique à Xinhua la spécialiste de droit européen Frédérique Berrod, professeure à Sciences Po à Strasbourg et au collège d'Europe de Bruges (Belgique), pour qui cela relève "de l'ordre du fantasme" .

L'hypothèse que Marine Le Pen arrive au second tour de l'élection présidentielle, comme son père en 2002, reste certes tout-à-fait plausible. "Mais je ne pense pas que Marine Le Pen ait la réserve de voix pour accéder au second tour et qu'elle puisse aller chercher des voix au centre" , ajoute-t-elle.

Interrogé par Xinhua, Philippe Pelletier, docteur en géographie, enseignant chercheur à l'Université Lyon 2, partage ce point de vue. "Le système politique français, ce n'est pas le système américain; la culture politique non plus n'est pas la même. Les histoires sociales et politiques des deux pays sont profondément différentes" , rappelle-t-il.

"La gauche a tellement déçu son électorat (...) Dans un climat d'insécurité sur le terrorisme comme sur les questions environnementales, relayé bien souvent par des discours catastrophistes, le tout sur fond de question identitaire, le FN ramasse la mise" , poursuit-il, tout en notant que "Marine Le Pen ne peut pas gouverner".

Joël Gombin insiste par ailleurs sur le fait que "Donald Trump, quel que soit le personnage qu'il s'est construit et quelles qu'aient pu être les oppositions qu'il a rencontrées au sein de l'establishment républicain, était le candidat d'un des deux grands partis. Marine Le Pen, elle, est la candidate d'un parti qui occupe une position tierce dans le champ politique français. Ce parti est certes porté par une dynamique électorale solide" .

"En France, l'imaginaire universaliste républicain n'a pas fait historiquement émerger la dimension ethnique comme un déterminant du vote, même si on commence à avoir des indices laissant supposer que le FN contribue à ou bénéficie d'une ethnicisation progressive des comportements électoraux", ajoute encore le chercheur.

Les affiches de campagne de Marine Le Pen surfent sur "l'idée que les migrants sont mieux traités que les Français" , souligne en effet Frédérique Berrod. Mais Marine Le Pen, contrairement à Donald Trump et à ses outrances langagières, prend garde de ne pas déraper dans ses discours sur le plan idéologique. Elle s'efforce de donner une image calme et souriante, à l'inverse de la stratégie de provocation médiatique de son père Jean-Marie, dont les références douteuses à la Seconde Guerre mondiale et aux guerres coloniales ont plus d'une fois défrayé la chronique, lui valant de multiples condamnations en justice.

Les adversaires du Front national affirment que Marine Le Pen, de par cette stratégie de "dédiabolisation", serait "plus dangereuse que son père", car elle permettrait une "banalisation" du parti d'extrême droite et élargirait sa base électorale.

"Je ne souscris pas à cette idée de dédiabolisation, car cela laisse sous-entendre que le FN a pris un véritable virage idéologique. Je pense que non. Selon moi, cela s'inscrit plutôt dans un rééquilibrage des stratégies et des forces sociales en lien avec l'évolution de la société française qui explique le recentrage anticapitaliste, protectionniste et souverainiste dans le discours du FN. Mais le fond de commerce reste le même" , avance le professeur Philippe Pelletier.

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Xuan
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   Posté le 23-01-2017 à 12:04:45   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Sur le réseau faire vivre :


Présidentielle et législatives : Pour une campagne communiste !

Dimanche 22 janvier 2017

Le dernier Conseil National a témoigné des difficultés considérables dans lesquelles se débattent les communistes alors que les campagnes de la présidentielle et des législatives s’amorcent.

Le renoncement à une candidature communiste à la présidentielle continue d’affaiblir considérablement notre visibilité nationale et handicape nos candidats aux législatives. Dans ces conditions, la campagne autonome annoncée tient de la prouesse.

Notre soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon se heurte à son indifférence apparente.
Il est clair que celui-ci, sur le terreau de la décomposition politique, s’installe dans une démarche présidentiable et personnelle visant entre autres à dépasser les partis et tout particulièrement le PCF, avec l’objectif de s’approprier notre électorat achevant ainsi le projet entamé par François Mitterrand.

La vieille union de la gauche, issue du programme commun, agonise des renoncements de la social-démocratie et d’une conception renvoyant au sommet la transformation sociale. Certains espèrent pourtant toujours profiter de l’intransigeance de Jean-Luc Mélenchon et agitent la chimère d’une candidature de rassemblement issue de la primaire socialiste, alors que les communistes ont largement rejeté cette hypothèse et que le Parti socialiste est au bord de la décomposition/recomposition.

Dans ces conditions, de très nombreux camarades s’interrogent sur la stratégie suivie depuis plusieurs années et la légitimité de la direction nationale. Le refus de l’effacement du PCF est de plus en plus largement partagé, c’est un point d’unité qui peut être le fil rouge d’un renouveau de notre parti. Le respect du choix des communistes pour la présidentielle et la mobilisation de toutes nos forces pour les législatives sont essentiels.

Nous prenons date pour un débat stratégique, bilan, perspectives et responsabilités de la direction nationale , qui devra s’ouvrir après la période électorale qui se terminera par les sénatoriales. Ce débat ne peut se limiter aux présidentielles, il doit aborder autant la question de l’Union européenne que celle des grandes réformes nationales nécessaires, en passant par la bataille pour la Paix. Nous avons besoin de construire le chemin de la conquête du pouvoir et de la révolution populaire dans un pays capitaliste développé, alors que de plus en plus de citoyens mesurent les limites d’une démocratie renvoyée au seul système électoral.

Avec la présidentielle, le capitalisme n’a qu’un objectif : créer les conditions d’une nouvelle aggravation de l’exploitation des salariés, de la marchandisation de la vie humaine et de sa domination sur toute la planète. Il ne peut y parvenir avec un gouvernement en faillite et lance donc ses pions pour garder la main : droite dure avec Fillon, fascisme avec Marine Le Pen et le leurre Macron, celui qui promet que « quand on croit à ses rêves, ils finissent par se réaliser », le comble du cynisme quand on sait les rêves brisés par la misère, la guerre et le pillage de la planète de millions d’êtres humains.

Notre combat, c’est de construire la résistance à ce nouveau recul social et démocratique qui s’annonce , jusqu’à l’empêcher et à ouvrir une nouvelle perspective.Nous appelons les communistes à refuser la paralysie, le renoncement et les vieilles combines d’appareil qui ne peuvent que nous enfoncer dans l’effacement du PCF. Soyons nous-mêmes et travaillons ensemble à une campagne communiste appuyée sur l’ancrage de nos militants dans les entreprises et les quartiers, le travail et le rayonnement de nos élus. Par nos propositions ,nos actions et nos initiatives politiques, redonnons confiance au peuple dans sa force et sa capacité à transformer la société. Plus que jamais notre pays a besoin d’un parti communiste qui joue pleinement son rôle.

Déclaration signée par :

Caroline Andreani, Danielle Trannoy, Gilles Gourlot, Jean-Pierre Meyer, Jean-Jacques Karman, Paul Barbazange, Anne Manauthon, Marie-Christine Burricand, Michaele Lafontant, membres du Conseil National et Hervé Poly, secrétaire départemental du Pas De Calais

Michelle Bardot(67), Floriane Benoît (38), Gilbert Rémond (69),, Laurent Santoire (93), Hervé Fuyet (92), ), Pascal Brula (69), ), Robert Brun (26), Pierre-Alain Millet (69), Bernard Trannoy(33), Guillaume Sayon (62), Clara Gimenez (34), Rémy Ferront(73), Moachel Dechamps (06), Nicolas Peyraud (13), Christian Harquel (34), Danielle Bleitrach (13), Willy Pepelnjak (38), Luc Bazin (26)

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   Posté le 23-01-2017 à 13:20:19   Voir le profil de DUROC (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à DUROC   

Faut pas se la jouer, Xuan. Frondeurs et insoumis du P"C"F ne seront jamais que des radicaux révisionnistes. leurs postures actuelles ne pourront pas occulter qu' ils ont tous souscrit aux reniements successifs du marxisme léninisme. A moins d'une grande et profonde autocritique sur leur passé, aucune chance avec eux de reconstruire un véritable parti communiste.
Duroc

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   Posté le 23-01-2017 à 17:46:58   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

DUROC a écrit :

Faut pas se la jouer, Xuan. Frondeurs et insoumis du P"C"F ne seront jamais que des radicaux révisionnistes. leurs postures actuelles ne pourront pas occulter qu' ils ont tous souscrit aux reniements successifs du marxisme léninisme. A moins d'une grande et profonde autocritique sur leur passé, aucune chance avec eux de reconstruire un véritable parti communiste.
Duroc


Il faut composer avec qui,alors,les trotskystes et les anars?

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DUROC
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   Posté le 23-01-2017 à 19:00:03   Voir le profil de DUROC (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à DUROC   

Demande à Xuan!
duroc

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   Posté le 25-01-2017 à 23:51:53   Voir le profil de Xuan (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Xuan   

Le parti révisionniste se trouve dans une impasse. Ceux qui veulent réellement le socialisme, et ils existent dans ce parti, n'ont pas d'autre issue que de faire le bilan autocritique.
Je peux t'assurer que ce bilan a commencé, de manière inégale, mais il progresse au prorata des échecs. Et ce mouvement est une nécessité objective qui découle de la lutte des classes.
La conscience des masses progresse face à une oppression grandissante. Le rejet du PS a été foudroyant. C'est-à-dire à quel point l'échec de ligne d'Union de la Gauche est patent.
De leur côté les marxistes-léninistes en dehors du PCF ont de profondes contradictions, notamment sur les questions internationales. Doit-on dire que le mal est incurable chez nous aussi ? Je suis convaincu que la lutte des classes à l'échelle mondiale forcera l'unité.

Il faut considérer les transformations en cours du point de vue du matérialisme historique, balayer les scories de la social-démocratie et s'organiser face à la réaction.

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marquetalia
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   Posté le 26-01-2017 à 01:57:53   Voir le profil de marquetalia (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à marquetalia   

Il y a des contradictions dans la solidarité internationale,en particulier avec les communistes des pays musulmans opposés à l impérialisme,à commencer par le Soudan,où les Usa effritent graduellement le territoire.

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